Interview de Peter Schuseil, Président de Vevey Libre sur le dossier du Parking sous la Place du Marché

La proposition de Vevey Libre (VL) de retrait du préavis de parking souterrain à la Place du Marché suscite déjà des réactions politiques fortes. Réveiller un monde politique en état d’hibernation quelques jours après les Fêtes de fin d’année n’est visiblement pas du goût de tous. Pour bien comprendre le sens de cette proposition, Peter Schuseil, président de Vevey Libre, répond à quelques questions au sujet de cette proposition.

Il y a longtemps que l’on sait que ce préavis ne suscite pas l’enthousiasme, pourquoi avoir attendu si tard pour faire cette proposition?

Nous avons depuis longtemps fait part de notre opposition au projet de parking souterrain et de notre scepticisme face aux chances d’aboutir d’un tel préavis. Notre municipal Jérôme Christen nous a fait savoir qu’il entendait demander le retrait du préavis par la Municipalité. Après mûres réflexions, notre groupe a décidé de soutenir cette proposition qui est apparu comme la plus raisonnable plutôt que laisser la Municipalité continuer de courir à l’échec. Si VL avait fait cette proposition avant, on lui aurait reproché de refuser le débat d’entrée de cause, de ne pas laisser la commission faire son travail, de vouloir torpiller le projet par une manœuvre dilatoire.

Les deux commissaires VL ont accepté la proposition de réduction du nombre de places de parc à la Place du Marché de 440 à 340, or en cas de retrait du préavis, cette mesure ne pourra être prise…

Les deux commissaires ont adopté cette position en commission par esprit de consensus. Pour la majorité du groupe, il s’agit d’une mauvaise option si des mesures compensatoires ne sont pas prises. Il n’y aura en effet pas moins de trafic à la place du Marché si l’on diminue le nombre de places de parc. Au contraire, les automobilistes tourneront encore plus que maintenant. Cette mesure n’est judicieuse pour mettre en valeur la place du Marché uniquement si l’on met en place les mesures d’accompagnement suivantes: création de places de parc hors du centre à un prix attractif, amélioration de la desserte des transports publics, affichage aux entrées de ville du nombre de places de parc disponibles dans chaque parking, etc. Sans quoi cette réduction tournera à l’autogoal. Nous le disons depuis longtemps et notre municipal également.

Vevey Libre ne prive-t-elle pas le Conseil communal d’un débat intéressant?

Les avis des uns et des autres sont connus. On n’apprendra rien de nouveau dans le cadre de ce débat et la crédibilité de la Municipalité sera entamée. Notre municipal, qui n’a cessé de mettre en garde ses collègues sur ce dossier depuis le début de la législature, ne doit en tout cas pas porter le chapeau. Il a tout tenté pour arriver à un consensus, mais s’est heurté à un blocage. Le débat pourra avoir lieu dans tous les cas lorsque la Municipalité proposera un projet qui a une chance d’aboutir.

Qu’est-ce que Vevey Libre aura de plus avec un retrait du préavis, plutôt qu’un refus?

En apparence, le résultat est le même. Mais ne vaudrait-il pas mieux que la Municipalité revienne avec un projet acceptable par une majorité, plutôt que l’ensemble de son préavis passe aux oubliettes avec des difficultés d’interprétation du refus puisque nous assisterons à une addition d’oppositions aux motifs radicalement différents. L’objectif que s’est fixé la Municipalité, soit de soumettre la question au scrutin populaire ne sera pas atteint, car un référendum n’est possible qu’en cas de vote positif du Conseil communal. Nous attendons de la Municipalité qu’elle vienne avec une nouvelle proposition capable de trouver une majorité. En cas de refus du préavis, il faudra quelques années avant qu’un projet de réaménagement de la place du Marché soit à nouveau présenté.

Faut-il une énième fois reporter ce débat après tant d’années d’attente, ne faut-il pas enfin trancher cette question de parking souterrain?

Nous ne voyons évidemment pas d’inconvénient à ce que cette fausse bonne idée de parking souterrain soit reléguée aux oubliettes le plus vite possible, mais la question de la réduction des possibilités de parcage sur la place du Marché pour mettre en valeur cet espace exceptionnel est trop importante pour que nous soyons mis dans la situation désagréable de jeter le bébé avec l’eau du bain. Un refus du projet municipal laissera forcément des traces préjudiciables pour la suite. La Municipalité jouit, d’une manière générale, d’un certain crédit grâce au travail entrepris depuis le début de la législature. Pour qu’elle puisse mener à bien d’importants dossiers, il nous paraît important qu’elle conserve ce crédit.

Que peut-on espérer d’un retrait du préavis par la Municipalité?

Que la Municipalité renonce au parking souterrain et propose des mesures compensatoires avant de diminuer le nombre de places de parc à la place du Marché, et qu’elle tienne compte des conclusions de l’étude de l’entreprise Estia qui propose plusieurs pistes de solutions intéressantes. Le retrait du préavis ne signifie pas l’abandon de l’idée de mettre en valeur la Place du Marché par une réduction du nombre de places de parc, bien au contraire. Mais la Municipalité doit venir avec des mesures d’accompagnement de sorte que cette réduction se fasse dans de bonnes conditions pour avoir l’effet escompté et ne pas mettre en péril le commerce local.

6 réflexions sur « Interview de Peter Schuseil, Président de Vevey Libre sur le dossier du Parking sous la Place du Marché »

  1. Pas mal l’interviewer caché…est-on certain que c’est bien la personne indiquée qui répond ? VL réveille les marmottes ? Bel avenir…mais on peut se demande qui roupille dans cette histoire ?! Soit ce sont les 2 commissaires VL qui attendent rien de moins qu’1 mois et demi pour annoncer qu’ils préfèrent ne rien faire ou alors ce sont les membres de VL qui on dû se gourrer de date sur leur montre le soir du réveillon ; pour preuve en annoncant bien trop à l’avance l’ordre du jour de la séance de MUN du 7… On ose espérer que le groupe VL, in corpore, saura remettre les pendules à l’heure pour le 22 janvier… avant de tout renvoyer aux calendes grecques !

  2. Bonjour Cassandre,

    Peut-être avez-vous dormi pendant la première séance du Conseil communal de l’année 2007 où Vevey Libre avait DÉJÀ proposé de renoncer à dépenser de l’argent (par les fenêtres) pour l’étude du parking souterrain avec, DÉJÀ, la même position que celle dont on parle aujourd’hui.

    Pour mémoire:
    http://www.veveylibre.ch/2007/02/03/conseil-communal-du-1er-fevrier-2007

    Alors ne roupillez pas pendant les séance du conseil mais ouvrez grand vos oreilles!

  3. Quelques points nouveaux dans cet interview par rapport à la déclaration de Jérôme Christen. Examinons-les, sans revenir sur ce qui a déjà été dit.

    Passons sur la prétention à «réveiller un monde politique en état d’hibernation» alors que ces derniers jours encore les membres de la commission chargée d’étudier le préavis en cause corrigeaient le rapport majoritaire de la commission, et, pour certains, mettaient la dernière main à un rapport de minorité. Vevey-libre n’était pas seul à être réveillé !
    Et venons-en aux questions et réponses, dans l’ordre.

    Il y a longtemps que l’on sait que ce préavis ne suscite pas l’enthousiasme, pourquoi avoir attendu si tard pour faire cette proposition?
    • Il est clair que proposer le retrait avant le début des travaux de la commission aurait pu prêter aux accusations évoquées par Peter Schusseil, mais dès le début des travaux de cette commission, les commissaires de Vevey-libre, s’ils avaient été si convaincus que le préavis était mauvais, auraient eu tout le temps de proposer son retrait.

    Les deux commissaires VL ont accepté la proposition de réduction du nombre de places de parc à la Place du Marché de 440 à 340, or en cas de retrait du préavis, cette mesure ne pourra être prise…
    • Les commissaires de Vevey-libre n’ont guère insisté sur le fait que la réduction de 100 places était une mauvaise mesure. Le désaveu des délégués de Vevey-libre par la «majorité du groupe» est justifié par le fait que la limitation du nombre de places de parc aurait comme seul résultat de d’accroître le trafic par le fait que «les automobilistes tourneront encore plus que maintenant». Ce n’est pas sérieux : cela supposerait un manque d’information total des automobilistes, alors que «l’affichage aux entrées de ville du nombre de places de parc disponibles dans chaque parking» réclamée par Peter Schusseil est dans les intentions affichées de la Municipalité.

    Vevey Libre ne prive-t-elle pas le Conseil communal d’un débat intéressant?
    • Certes les positions des différents groupes politiques sont assez établies et le débat ne va guère amener de nouveaux arguments. Cependant, d’une part, le préavis contient plusieurs points qui peuvent donner lieu à des réponses pas forcément liées entre elles, d’autre part, les groupes ne sont pas monolithiques. Même si le débat devant le Conseil municipal aboutissait à un refus au vote final, les différents votes permettraient à tout le moins d’avoir une photographie plus précise des intentions du Conseil et d’interpréter ses intentions, ce qui serait utile pour imaginer le «projet acceptable par une majorité» réclamé par Vevey-libre

    Qu’est-ce que Vevey Libre aura de plus avec un retrait du préavis, plutôt qu’un refus?
    Faut-il une énième fois reporter ce débat après tant d’années d’attente, ne faut-il pas enfin trancher cette question de parking souterrain?
    Que peut-on espérer d’un retrait du préavis par la Municipalité?
    • Encore une fois, le refus global n’est pas l’issue la plus probable du débat au Conseil. Un projet de consensus majoritaire existe, même s’il n’est pas parfait, c’est celui voté par la majorité de la commission, dont les délégués de Vevey-libre ; il peut parfaitement retrouver cette majorité en séance plénière, … sauf si Vevey-libre le torpille en joignant ses voix à celles des automobilolâtres qui veulent le maximum de places de parc au centre-ville et sont donc partisans du statu-quo. La proposition de la commission inclut l’étude du réaménagement de surface de la place, et peut tout à fait être soumis à un vote populaire (pour cela, techniquement, il suffit qu’il y ait un vote positif sur un des points des conclusions).
    • Si Vevey-libre préfère le retrait au rejet, c’est qu’il pense effectivement « jeter le bébé avec l’eau du bain» et voter le rejet. La question qui n’est pas posée à Peter Schusseil est donc : pourquoi Vevey-libre préfére-t-il le rejet aux conclusions de la majorité de la commission ?
    • Si le Conseil communal accepte les propositions de la commission, tout ce qu’attend Peter Schusseil du retrait du préavis suivi de l’élaboration d’un nouveau par la Municipalité est posible :
    – la renonciation au parking souterrain serait acquise ;
    – la réduction du nombre de places de parc à la Place du Marché serait acquise ;
    – la mise en valeur de la place dépend de l’étude approuvée par la commission ;
    – des améliorations aux transports en commun sont déjà au programme ;
    – même le fameux parking derrière la Gare est déjà au plan des investisements
    – par contre, plusieurs des points souhaités par Peter Schusseil, comme les mesures ; d’accompagnement (par exemples issus de l’étude Estia), seraient de compétence municipale et ne sauraient être incluses formellement dans un préavis ; mais elles peuvent être mises en œuvre par la Municipalité, après une décision du Conseil approuvant les propositions de la Commission.

    Pourquoi donc Vevey-libre en vient-il à désavouer ses délégués à la commission du Conseil ? La seule explication qu’on pourrait imaginer réside dans l’insistance finale sur le «péril» que risque «le commerce local», et sur la nécessité de compenser intégralement et immédiatement les places supprimées. Bref la conversion à une légende qui a servi à justifier les pires aménagements urbanistiques «d’un autre temps» comme le dirait le municipal Christen, et l’engagement dans une politique locale qui empêchera tout réelle réduction du trafic en ville.

    Doit-on, malheureusement, conclure qu’au pied du mur, le vernis «écolo» de Vevey-libre s’effrite ?

  4. Quel blabla… Vous ne voyez pas la poutre que vous avez dans l’oeil? Le PS n’est pas uni derrière ce projet; les radicaux sont contre car ils veulent 400 places alors que le projet en prévoit une centaine de moins; les libéraux sont contre car ils ne veulent pas dépenser 16 millions pour des places de parc en moins; le PDC rejette le projet en bloc, tout comme l’UDC et les Verts.

    Alors… Qui votera pour ce projet farfelu? Quelques socialistes en déroute aveuglés par l’idolâtrie qu’ils vouent à leur Syndic.

    En bref, ne nous faisons pas d’illusion. Ce sera “non”. Et donc, pas de référendum populaire possible. Le projet sera enterré.

    Vevey Libre l’avait déjà constaté au début 2007 et avait alors proposé de renoncer à dépenser le crédit d’étude de plusieurs centaine de milliers de francs pour ce projet dont personne ne voulait. Mais les autres partis ont gaillardement voté pour ce crédit d’étude qui les mène où ils en sont aujourd’hui.

    Pour rattraper ces bêtises, une seule solution: le remède de cheval! La municipalité reprend son projet et prépare quelque chose d’acceptable. Les autres partis qui rouspètent devant cet état de chose n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes… et réfléchir un peu avant de voter.

  5. A la relecture du matin, à tête reposée, la charge du dernier paragraphe est peut-être un peu rude.

    Mais elle est l’expression d’un énervement croissant devant l’impossibilité de comprendre les motivations de Vevey-libre, d’un gouffre infranchissable entre le discours actuel et les discussions de fin 2008 avec les délégués de Vevey-libre à la commission et avec le Municipal Christen, pendant les séances et après les séances.

    Les explications actuelles, qui tentent de se placer dans une imperturbable continuité ne tiennent pas la route. Il y a eu un changement. Lequel exactement ? Pourquoi ? A ce jour, mystère et langue de bois…

  6. Si cette version révisée, gardant les infos, mais supprimant les «méchantes insinuations» agrée Vevey-libre, le webmaster peut supprimer les 3 paragraphes ci-dessus. qui seuls n’ont guère de sens.

    Sganarelle est bien brave. Et semble – ou fait semblant – de ne rien comprendre aux institutions politiques communales et à la façon dont elles prennent leurs décisions. Une simple paille devant son oeil suffit même à l’empêcher de lire correctement la presse du jour et saisir les nuances des positions des partis (p. ex. Verts et UDC).
    Peut-on donc lui tenir grief de dire n’importe quoi concernant le crédit d’étude ? Signalons-lui qu’il a été approuvé en juin 2001 par les deux tiers du Conseil communal (environ 50 contre 24 selon les votes), à l’issue d’une chaude discussion et malgré l’opposition «farouche» du soussigné et du groupe nommé alors «solidaritéS» (voir http://www.vevey.ch/data/dataimages/upload/PV6-28062001.pdf), alors que Vevey-libre n’existait pas encore. La proposition de Vevey-libre de début 2007, d’utiliser le solde de ce crédit pour étudier d’autres emplacements, elle a été refusée en février 2007 par 57 voix contre 22, malgré le soutien des groupes Verts et Alternatives (voir http://www.vevey.ch/data/dataimages/upload/pv_1_2_2_07.pdf).
    Quant à ses prophéties concernant les décisions que va prendre le Conseil communal, elles seraient probablement justes, si le Conseil communal ne pouvait se prononcer que par oui ou non sur une seule et unique proposition municipale – la construction d’un parking souterrain au prix de 16 millions.
    Or ce n’est pas le cas. Il y a une dizaine de points à décider, qu’on peut regrouper en trois questions:
    1) Quel doit être le nombre de places de parking à la Place du Marché, que ce soit dessus ou dessous ou les deux ? Faut-il le réduire, le maintenir ou l’augmenter?
    2) Ces places de parking, veut-on les enterrer et construire un parking souterrain, ou pas ?
    3) Est-on d’accord de lancer une étude pour l’aménagement de surface de la place (il faut évidemment que les deux décisions précédentes soient prises pour que l’on sache quoi étudier) ?
    La Commission, qui est représentative de la diversité des opinions du Conseil communal a voté tout à la fin de ses travaux sur l’ensemble de ces points. A une très large majorité constituée des représentants des partis socialistes (30 conseillers), Vevey-libre (13), Alternatives (8), UDC (8), et Verts (7), elle a proposé au Conseil communal, par son vote final, de prendre les décisions suivantes:
    1) de diminuer le nombre de places à la Place du Marché de 440 à 340
    2) de ne pas construire de parking souterrain sous la Place du Marché
    3) de lancer l’étude pour l’aménagement de surface.
    Le NON au parking souterrain est donc accompagné d’un OUI à l’étude de surface et d’un OUI à une réduction du nombre de places de parc.
    Si les partis votent comme leurs représentants à la commission, c’est à une large majorité de 66 voix sur 100 que ces trois propositions devraient être approuvées. Cette décision peut parfaitement être soumise au référendum.
    Et même si Vevey-libre en venait à «retourner sa veste», et votait avec ceux qui ont approuvé le crédit d’étude en 2001, et avec ceux qui ont refusé sa proposition de début 2007, il resterait encore une petite majorité pour les approuver.
    Les motivations de Vevey-libre sont difficiles à comprendre, et laissent l’impression d’un gouffre infranchissable entre le discours actuel et les discussions de fin 2008 avec les délégués de Vevey-libre à la commission et avec le Municipal Christen, pendant les séances et après les séances.
    Les explications actuelles, qui tentent de se placer dans une imperturbable continuité ne tiennent pas la route. Il y a eu un changement. Lequel exactement ? Pourquoi ? A ce jour, mystère et langue de bois…

    Alain Gonthier

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