Face à la menace de fermeture des abattoirs de Clarens, Vevey Libre avait réagi par la voix de son co-président de groupe Jérôme Christen pour demander que des mesures soient prises pour le maintien de cet outil précieux. La réponse de la Municipalité est affligeante de pauvreté, mais bonne nouvelle, elle affirme «qu’elle soutiendra tous projets qui visent à maintenir une filière de ce type dans la région et s’engage à soutenir toute initiative visant à reprendre la gestion de l’abattoir par une coopérative de producteurs et de bouchers de la région ou une structure équivalente ». Le Conseil communal a par ailleurs largement accepté une résolution qui demande que la Municipalité s’engage de manière déterminée par le maintien d’abattoirs dans la région.
Il n’y a pas de surdimensionnement
Dans son appréciation, la Municipalité relève que «le comité de Direction du SIGE souligne que l’objectif initial était d’abattre environ 4’000 tonnes de viande par an, soit le double de la quantité actuelle, ce qui représente pour lui bel et bien un surdimensionnement. »
A ce sujet, Jérôme Christen estime que « la Municipalité a été très mal orientée sur la situation passée des abattoirs et son prétendu surdimensionnement.
Les murs du bâtiment des abattoirs de Clarens datent de 1917. Ils hébergent depuis leur création une écurie de réception et une halle avec une chaîne d’abattage pour gros animaux (soit les bovins et les chevaux), une deuxième écurie de réception pour petit bétail (soit les porcs, les moutons et les chèvres) avec une halle et sa chaîne d’abattage. Entre les deux, une triperie pour le traitement des abats et un frigo pour entreposer et faire rassirdes carcasses jusqu’à leur enlèvements par leurs propriétaires.
Ce bâtiment n’a jamais été agrandi au cours des divers travaux de mise en conformité des lois sur l’hygiène alimentaire. Pas plus dans les derniers travaux que durant le siècle précédent, vous pouvez vérifier sur les données cadastrales. La capacité d’un abattoir est définie par sa capacité d’accueil de ses écuries.
Quant à l’efficacité mécanique et le débit des chaînes, il n’est dû qu’à une évolution technologique qui peut parfaitement s’adapter aux nombres de personnes disponibles sur la chaîne.
Aucun agrandissement n’a donc été fait à Clarens hormis un local de découpe réfrigéré en bout de chaîne, implanté sous et à côté du couvert existant mais ouvert à tous vents et rendu obligatoire par les exigences d’hygiène alimentaire. Il a simplement été répondu aux exigences de la législation qui a évolué au fil des années.
Le personnel nécessaire au fonctionnement des chaînes a été défini par les besoins des artisans bouchers membres de l’association régionale lesquels ont investi 1 million de francs lors des travaux précédents en contre-partie de l’engagement des communes à maintenir et entretenir les abattoirs dans la durée.
C’est ainsi qu’est né le Service des abattoirs Vevey-Montreux (SAMV) qui a toujours équilibré ses comptes et assuré également le bon fonctionnement des abattoirs et du Centre de Collecte des Déchets Animaux (CCDA) sans faire appel à l’argent des communes, avant qu’il ne soit repris par le SIGE.
Avant son absorption par le SIGE, le SAMV avait préparé puis remis un projet de convention avec l’association des maîtres bouchers pour garantir un volume d’abattage annuel de 5000 tonnes à Clarens.
C’est à dire suffisamment de quantité pour une saine gestion des installations. Les quatre cinquièmes du personnel des chaînes n’étaient présents que pendant leur fonctionnement et étaient fournis par les bouchers utilisateurs de l’abattoir. Les 4 autres employés à plein temps du SAMV, étaient rodés, déjà présents avant les transformations comptant entre 12 et 25 ans de maison
Il n’y a jamais eu de surdimensionnement ni dans le volume ni dans la capacité et encore moins dans le fonctionnement de l’abattoir. Il aurait suffi au Comité et à la direction du SIGE de finaliser la Convention convenue entre le Services des abattoirs et l’Association des maîtres bouchers pour garantir un futur sans surprise ni désagrément aux abattoirs de Clarens ! »
L’interpellateur souligne qu’il s’agit d’un précieux outil en mains publiques qui permet de mettre sur le marché des produits locaux consommés dans la région. Un bel exemple de circuits courts profitables à la sauvegarde de l’environnement. Une fermeture des abattoirs serait incontestablement un énorme gâchis aussi bien sur le plan environnemental qu’économique et de gestions des biens communaux.
Dans ce contexte, il a proposé la résolution suivante :
« Le Conseil communal de Vevey souhaite que la Municipalité de Vevey s’engage de manière déterminée avec le SIGE pour le maintien de l’activité d’un abattoir sur la Riviera en collaboration avec la filière labellisée et les maîtres-bouchers dans le but de maintenir des circuits courts de consommation de produits carnés locaux qui correspondent aux objectifs du développement durable. »
Pour la justifier, le co-président du groupe Vevey Libre relève que « sur le plan écologique, sanitaire, économique et éthique, un abattoir régional, pour une consommation de produits carnés locaux, est essentiel. Sa fermeture serait un énorme gâchis aussi bien sur le plan environnemental qu’économique et de gestions des biens communaux. Nous devons défendre ce modèle plutôt que celui de l’atrocité des grands abattoirs internationaux qui sont de véritables « fabriques à viande » sans plus aucune intervention humaine ou la machine conduit à se détacher totalement du respect du vivant. Il y a également la problématique des transports, avec leur pollution et une souffrance animale qui peut être évitée avec des circuits courts. »
La réponse de la Municipalité au point 10.2 de ce lien:
https://www.vevey.ch/ConseilCommunal/seances/?ID=139
