11 décembre 2025
AACTS est l’un des quatre centres d’accueil à bas seuil du canton de Vaud, soit un centre offrant des prestations de base à toute personne en difficulté sans critère de sélection.

Vevey Libre inquiet suite aux restrictions d’accès d’un espace d’accueil social

À la suite d’une altercation, l’espace AACTS (Addiction, Action Communautaire, Travail Social), toujours plus fréquenté, a dû se résoudre à réduire ses horaires d’ouverture pour garantir la sécurité du personnel et des bénéficiaires. Il est désormais fermé le lundi et ses bénéficiaires doivent se débrouiller autrement ce jour-là. « Aacts effectue un travail remarquable depuis plusieurs décennies dans la lutte contre la précarité des personnes » a souligné Sarah Dohr. C’est dans ce contexte qu’elle est intervenue au nom de Vevey Libre lors de la séance du Conseil communal du 3 octobre 24 pour demander à la Municipalité et à l’ARAS (Action sociale) Riviera des précisions sur leur vision à court et moyen terme.

AACTS est l’un des quatre centres d’accueil à bas seuil du canton de Vaud, soit un centre offrant des prestations de base à toute personne en difficulté sans critère de sélection. En raison de l’explosion de la demande, les tensions entre les différents groupes cibles qui se côtoient sont de plus en plus grandes. Le dernier rapport d’activité d’Aacts de 2023 interpelle. Voici un extrait du mot du directeur qui indique :
 
 

« Ce n’est plus à démontrer, les différentes crises structurelles récentes ont amplifié des situations de vulnérabilité préexistantes. Nous voyons ainsi, mois après mois, des situations déjà complexes basculer dans des états de précarité totale et les conduites à risques et l’abus de substances s’aggraver. La crise sanitaire de 2020-2022 a certes rendu visibles des situations qui passaient auparavant sous le radar. Mais l’érosion actuelle généralisée du pouvoir d’achat, le durcissement des conditions d’existence, le balayage inexorable vers les marges d’une partie de la population qui ne peut pas ou plus correspondre aux exigences administratives ou sociétales, constituent de véritables bombes à retardement. Cette vulnérabilisation touche particulièrement les couches moyennes inférieures de la population et atteint lentement la classe moyenne.

Parallèlement, le rapport annuel 2023 de l’ARAS (Association Régionale d’Action Sociale Riviera) ne fait aucune référence à l’urgence de la situation. C’est pourtant cette institution qui gère tous les aspects sociaux de notre région de Saint-Saphorin à Veytaux.

La situation est complexe et d’autant plus préoccupante que le nombre d’usagers de ce lieu, qui est le seul point de chute de la région Riviera et même du Chablais, est en augmentation. Nous savons tous que ni la pauvreté, ni la drogue et encore moins le trafic de drogue de rue ne connaissent de frontières intercommunales ou même intercantonales.

Dans ce contexte, et en rappelant que nous vous avons déjà alerté la Municipalité il y a un an sur le déplacement des problèmes de précarité de Lausanne et Yverdon en direction de Vevey, nous posons les questions suivantes :

  1. A partir de ces constats, notre Municipalité et l’ARAS Riviera ont-elles des mesures anticipatives face à cette évolution de la précarité dans notre ville et notre région ?
  2. Est-ce que notre Municipalité et ARAS Rivera sont en contact direct avec d’autres grandes villes comme Lausanne, Villeneuve, Aigle et encore Monthey pour anticiper les déplacements des personnes en précarité, qui pourraient se retrouver isolées ici, à Vevey, puisque aucune infrastructure similaire n’existe dans ces autres villes ?
  3. Est-ce que la Région du Chalais prévoit-elle d’ouvrir une institution similaire à la nôtre afin de ne pas concentrer toutes les personnes concernées à Vevey ?
  4. La Municipalité et ARAS sont-elles disposées à négocier des prestations supplémentaires avec le canton et la fondation Aacts, en vue de permettre à cette institution d’ouvrir ses portes 7 jours sur 7 dans les plus brefs délais ?
  5. Quelles démarches la Municipalité et ARAS Riviera ont-t-elle entreprises auprès du canton à ce sujet ?
  6. Quelle est la vision de la Municipalité et de l’ARAS Riviera à court et moyen terme dans la lutte de la précarisation des personnes ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *