18 avril 2026

Les trafiquants de drogue se sont appropriés la gare de Vevey, les bornes sont dépassées!

Les usagers/ères de la gare de Vevey ont en marre du harcèlement des trafiquants de drogue. Le conseiller communal Vevey Libre Nicolas Bonjour  a traduit cette agacement par une interpellation intitulée “Vevey plaque tournante de la drogue” développée il y a dix jours et transmise à la Municipalité qui a un mois pour y répondre.

Nicolas Bonjour, par ailleurs président de de Vevey Libre, n’hésite pas à parler de lieux «gangrenés par ce fléau» où «ces trafiquants n’hésitent pas à interpeller toute personne (enfants, jeunes, moins jeunes) qui aurait encore le courage de s’aventurer dans ces rues», rapporte 24 Heures dans son édition du 15 septembre. Et d’ajouter: «Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il a pris depuis quelques mois des proportions insupportables.»

Au nom de son groupe, il demande à la Municipalité un point de situation et des pistes pour «contenir et marginaliser» ce trafic, tout en évitant de «simplement reporter le problème ailleurs».

Voici son texte original et intégral:

Depuis la fin de la Fête des Vignerons et le départ des flots de touristes en Ville ce sont les trafiquants de drogue qui arpentent à nouveau nos rues en toute impunité, Toute la zone de la Gare ainsi que la Rue de Communaux, le Chemin de l’Espérance, le Parterre de St-Martin, La Rue des Bosquets et le Passage Saint-Antoine sont gangrénés par ce fléau.

Ces trafiquants n’hésitent pas à interpeller toute personne (enfants, jeunes, moins jeunes) qui aurant encore le courage de s’aventurer dans ces rues, avec pour objectif de leur proposer tous types de stupéfiants

Ce phémomène n’est pas nouveau, mais il a pris depuis quelques mois des proportions insupportables dès lors que les passants (habitants de la ville, pendulaires, touristes et hôtes de pasage) sont désormais constamment harcelés. Vevey, ville d’Images, mais quelle image lorsque le premier contact avec la ville que l’on vous propose en sortant de la gare est d’acquérir de la drogue ?

Nous questions à la Municipalité sont les suivantes :

  • Est-ce que la Municipalité est consciente de cette problématique ? Que va-t-elle mettre en œuvre rapidement pour contenir et marginaliser le trafic de drogue dans nos rues et ainsi assurer la sécurité de tous ?
  • Pourquoi Vevey est-elle devenue une plaque tournante de la drogue dans le canton ? D’où viennent ces trafiquants ? S’agit-il d’un transfert d’une autre ville qui s’expliquerait par une action de répression moins forte, voire laxiste à Vevey ?
  • Quelles mesures la Municipalité de Vevey et ASR comptent-ils prendre pour résoudre ce problème rapidement ?
  • Conscient de la problématique sociale et des conditions précaires des trafiquants, qu’est-ce que la commune peut s’engager à faire pour, ne pas simplement reporter le problème ailleurs ?

484 réflexions sur « Les trafiquants de drogue se sont appropriés la gare de Vevey, les bornes sont dépassées! »

  1. TRAFFIC
    Je suis désolé mais c’est pas nouveau que Vevey est une plaque tournante. Cela a toujours été depuis plus de 30ans qu’a Vevey on trouve de tout. Pour ces dealers de Coke c est vraiment plus une vie que de rentrer du travail en train et a peine on pose le pied sur le quai 1-2-3-4 on se fait agrésser par les dealers black en sortant de la gare même chose en allant a la Copp Pronto ou au Vème la même chose . Même mon fils en revenant du travail depuis derrière la Migros des Deux-Gares il a 16ans et se fait interpeller par ces dealers de mort et il a même vu un gars sniffer en pleine journée et devant tout le monde sans que personne ne dise rien. Ces dealers viennent de Lausanne ou de Montreux ou Bex. Pour la cocaine c’est depuis plus de 10ans qu’il y en a dans les rues et de l’herbe dans presque chaque bâtiment ça deal et personne fait rien non plus mais il y a de l’héroine aussi et pleins d’autres drogues ici à Vevey. Moi, j ‘habite un immeuble non loin de la gare et on voit tout. Par exemple.. Un dealer-père au foyer deal tous les jours en présence de ses enfants mineurs, ça fume l’herbe au balcon et la fumée rentre chez nous…au moment ou mes enfants vont se coucher vers 22h00 et donc 15 à 30 minutes a aérer les chambres parce que ça pue ( entre 18h00 et 1h00 du matin) on la sent cette fumée qui est beaucoup plus forte et dense que celle de la cigarette mais selon la police qui a dit a ce voisin… fumé vous pouvez mais à l’intérieur de votre appartement et que la fumée passive d’herbe ne DÉRANGE PAS LES VOISINS!. Je parle pas de la CBD! Mais les vente et les clients qui se croisent et que l’on croise dans les escaliers ça continue toujours encore et encore sans que ce dealer père au foyer ne se fasse pas inquiéter et aussi de recevoir l’aide sociale chaque mois.
    Donc alors c’est tellement facile de vendre de l’herbe illégale chez soit sans avoir de problèmes et en plus avec des enfants mineurs en bas âges!!?? Et la protection SPJ que dira-t-elle?

  2. Je suis cliente chez Migros 2 gares et depuis qu’ils ont ouvert cet migros je fait mes cours car ce tout proche de ma maison. Un jour après avoir fait mes courses avec mon caddie j’étais harcelé quand j’allais sortir du magasin, 4 hommes de couleur on entrée du côté du bancomat de la poste et m’ont presque poussé car ils était les uns a côté des autres. En plus ils n’avait même pas de masque et sont toutes les jours assises dehors et des fois ils sont même en train de charger leur natel sur la prise de l’entrée je ne trouve pas normal et je me sens de plus en plus en insécurité car ils sont lá toutes les jours même dans le tunnel que va a la gare et dans les quais. Je doit prendre le train pour aller a Lausanne ou même Montreux et très souvent ses gens se approchent de nous et la réponse donné par la commune de Vevey c’est de baisser mes yeux et continuer mon chemin le problème ce que certains messieurs essaye même de nous toucher. Alors quoi faire dans ce cas? On peut pas se défendre? Il faut se laisser faire violer ou voler s’ils ont envir? Ou pire on peut terminer sur les roues du train si ils ont envie de nous pousser comme ils ont fait il a pas si long temps avec un homme ils n’ont même pas mis sur le jornal mais on a vu plein d’ambulances même des hélicoptères.

  3. C’est devenu n’importe quoi la gare de Vevey et les alentours. Des geteurs de partout, des petits sachets entrouverts dans les tunnels de la gare (j’imagine qu’il y avait de la drogue), les dealers qui planquent leurs saloperies sur le quai 1, maintenant ils envahissent la rue des moulins/l’espace devant la migros. On les voit aussi monter dans les RE pour redescendre aussitôt. Que fait vevey, la municipalités, la police? Cela fait 8ans que j’ai emménagé ici, mais je me pose sérieusement des questions. Déjà qu’au niveau éducation c’est flippant, alors si la sécurité n’est plus là, à quoi bon résider à vevey ? J’ai la chance de gagner un bon salaire, mais je n’ai pas emménagé à Vevey pour me sentir moins en sécurité qu’à Paris.

  4. Une aberration que de laisser faire ce trafic à la vue de tout le monde. Honte à ces politicars veveysans plus enclins à faire contrôler les disques de parcage que de penser au bien-être de sa population. Franchement je suis Suisse mais la honte m’envahit.

  5. Dépenser les deniers publics pour peindre Charlot sur la tour de gilamont OK Mais au moins en le montrant en train de sniffer une ligne… Comme ca les touristes qui arrivent dans cette superbe ville seront tout de suite mis au parfum et ne seront pas étonné de voir ce trafic international se passer sous leurs yeux ébahis lors de leur passage à la poste pour envoyer leur belle carte postale de Vevey avec nestlé et le drapeau Suisse en arrière plan à leur famille.

  6. Bonjour,
    Ça fait rire lorsque je vois un policier discuter pendant des heures avec son ami et les trafiquants de drogue se trouve auprès de la Migros 2 gares.

  7. 8 mois depuis l’article… Je suis repassé à Vevey voir ma famille et la situation est toujours la même. Ok, je me fais pas interpeller. Ils te regardent juste avec insistance et c’est tout. Mais franchement, pourquoi y a toujours pas de présence policière? C’est nul comme atmosphère quand t’arrives à Vevey.

  8. Je suis rassuré de lire vos commentaires et de me sentir moins seul à être offusqué de cette réalité, qu’il faut prendre en main au plus vite et avec fermeté, si cela est possible légalement évidemment.

    Par moment, ils sont entre 20 à 30, si l’on part de la gare en passant par la place Robin et en redescendant vers le quartier des Bains-Payants. Une bien triste image de notre ville, que cela soit pour les résidents ou les commerçants.

    Ils sont devenus très insistants depuis quelques mois, masqués ou non évidemment, peu importe si c’est uniquement du regard ou en approchant verbalement tout ce qui passe… et franchement je suis mal à l’aise même en pleine journée, alors que je suis un homme de grande taille.

    D’un autre côté, il faut être clair: après les déconvenues voire scandales politiques de ces dernières années et du sursis avec quelques jours-amende dans le pire des cas, nous récoltons aujourd’hui les conséquences du laisser-aller à tous les niveaux. La municipalité actuelle devrait avoir honte, j’ose espérer qu’elle réalise être directement responsable de la situation actuelle.
    Les forces de l’ordre sont blasées, et je les comprends. Et ce n’est probablement pas la prochaine législature qui y changera grand-chose, même si je suis plutôt de gauche. J’espère néanmoins qu’elle reprendra à son compte le volet thématique du programme PLR concernant le deal de rue.

    À quand une analyse des eaux usées comme cela est fait à Zurich, afin de comprendre si il s’agit essentiellement d’une consommation ‘de proximité’…

  9. Les villes suisses à la recherche de la bonne recette contre le deal de rue
    swissinfo.ch/fre/les-villes-suisses-à-la-recherche-de-la-bonne-recette-contre-le-deal-de-rue/47711974
    Politique fédérale
    RTS-SWI
    En Suisse, la récente irruption du crack sur le marché de la drogue et la difficulté des villes à combattre ce trafic a relancé un vieux débat sur la lutte contre le deal de rue, qui revient de façon cyclique dans l’actualité politique.

    Ce contenu a été publié le 29 juin 2022 – 10:45 29 juin 2022 – 10:45
    Cécile Durring, Joël Boissard & Vincent Cherpillod, RTS

    À la fin des années 1980, la drogue explose à la vue de tous. La tristement célèbre Platzspitz, à Zurich, est le symbole de ce que l’on nommera les «scènes ouvertes de la drogue».

    Genève ne connaîtra pas de tel ghetto, mais la vente se fait dans divers lieux publics. La situation est telle que les autorités réagissent et prennent des mesures encore inédites à l’époque dans le monde: ce seront les débuts de la distribution contrôlée d’héroïne et l’ouverture de locaux d’injection.

    >> Le témoignage d’Evelyn G., dont le quotidien se conjugue depuis trente ans avec la prise d’héroîne médicale:

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    «Sans ce programme, je serais morte»
    Ce contenu a été publié le 27 janv. 2014 27 janv. 2014 Depuis vingt ans, la Suisse fournit de l’héroïne à des toxicomanes en toute légalité. Quelque 1500 personnes participent au programme public de…

    Politique des quatre piliers
    Ces solutions sont le résultat de la politique dite des quatre piliers, adoptée dans les années 1990 par la Confédération et toujours valable aujourd’hui: prévention, répression, thérapie, aide à la survie.

    «Dans les années 90, alors qu’on avait des discussions idéologiques dans beaucoup de pays, la Suisse a pris des décisions très pragmatiques qui ont permis de sauver des milliers de gens», s’est félicité le vice-directeur d’Addiction suisse, Frank Zobel, interrogé par la Radio télévision suisse (RTS). «Avec la prescription médicale d’héroïne, par exemple, on a retiré au marché des drogues ses meilleurs clients».

    Entre prévention et répression
    Mais les dealers ne disparaissent jamais vraiment: ils changent de lieu, et leur nombre fluctue jusqu’au prochain ras-le-bol des habitants et des commerçants, à l’instar des coups de gueule lancés par certains restaurateurs installés en bordure de la place de la Riponne, à Lausanne. La police intervient alors par des opérations coup de poing, ou en augmentant sa présence quotidienne.

    Dans un premier temps, Genève et Lausanne tirent un bilan positif de leurs actions. «La présence des agents sur le terrain et un très fort travail de pression ont déployé leurs effets», se félicitait ainsi en 2016 Pierre Maudet, alors conseiller d’État à la tête du Département genevois de la sécurité.

    Deux ans plus tard, son homologue au sein de la Ville de Lausanne, Pierre-Antoine Hildebrand, mentionnait lui un dispositif dédoublé, préventif d’un côté avec une «présence perpétuelle», et répressif de l’autre, avec «autant d’arrestations qu’avant».

    «Vous n’allez jamais faire disparaître ça»
    «Vous réussissez à faire reculer un peu la problématique, mais d’autres problématiques plus urgentes prennent la place, nuance toutefois Frank Zobel. Vous avez un trafic lucratif, avec une demande. Vous n’allez jamais faire disparaître ça. Mais vous pouvez peut-être trouver des arrangements avec lesquels la situation est supportable et la population protégée».

    Aujourd’hui, c’est l’apparition du crack à Genève qui inquiète. Habitants et commerçants tirent à nouveau la sonnette d’alarme et veulent que la police agisse.

    Mais c’est plus facile à dire qu’à faire: «Venir dire qu’on peut éradiquer le deal de rue par des présences quotidiennes dans ces lieux sensibles, je pense que c’est un leurre. On ne peut évidemment pas le faire, sinon ce sera au détriment d’autres actions», a prévenu le conseiller d’État genevois Mauro Poggia, interrogé par la RTS.

    Aujourd’hui comme hier s’impose un constat difficile: la lutte séculaire contre la drogue est un éternel recommencement.

    >> L’analyse de Sandro Cattacin, professeur de sociologie à l’Université de Genève et spécialiste des politiques de drogue:

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  10. «Platzspitzbaby», la soif de vivre d’une enfant de toxicomane
    swissinfo.ch/fre/cinéma-suisse_-platzspitzbaby—la-soif-de-vivre-d-une-enfant-de-toxicomane/45514704
    Pour supporter sa situation familiale difficile, Mia se réfugie dans des mondes imaginaires. © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.
    Un film de fiction s’intéresse pour la première fois aux scènes ouvertes de la drogue présentes en Suisse au début des années 1990. «Platzspitzbaby», inspiré d’une histoire vraie, raconte l’amour d’une jeune fille pour sa mère toxicomane et son combat pour rester avec elle.

    Ce contenu a été publié le 28 janvier 2020 – 16:50 28 janvier 2020 – 16:50
    «PlatzspitzbabyLien externe» est un long métrage réalisé par Pierre MonnardLien externe, avec dans les rôles principaux Luna Mwezi et Sarah Spale. Le film est sorti sur les écrans suisses alémaniques à la mi-janvier et s’est directement hissé en tête du box-officeLien externe. Il est au programme du festival cinématographique des Journées de SoleureLien externe qui se tient jusqu’au 29 janvier et sera ensuite projeté dans le reste de la Suisse.

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    Mia a ses écouteurs sur les oreilles et tente de se concentrer sur la musique pour échapper au décor qui l’entoure. Elle marche au milieu d’une foule qui crie, titube, rampe sur le sol et s’injecte de l’héroïne dans les veines. Mia cherche désespérément sa mère dans le chaos du Platzspitz, une place au centre de Zurich occupée par des milliers de toxicomanes.

    La première séquence du film «Platzspitzbaby» nous replonge directement dans la brutalité des scènes ouvertes de la drogue des années 1990. «C’était important pour moi de planter le décor tout de suite, afin de permettre aux gens qui n’ont pas connu cette époque de se rendre compte de la situation», dévoile le réalisateur Pierre Monnard.

    Mais le spectateur ne reste que quelques minutes avec Mia dans l’enfer du Platzspitz, car le film s’intéresse à ce qui s’est passé après. Qu’est devenue la petite fille lorsque les autorités zurichoises ont décidé de fermer les scènes ouvertes et de renvoyer tous les toxicomanes dans leur commune d’origine?

    Bande-annonce du film Platzspitzbaby
    Ce contenu a été publié le 28 janv. 2020 28 janv. 2020 © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.

    Mia espère un nouveau départ, mais elle se rend vite compte que sa mère ne parvient pas à décrocher. À onze ans, elle se retrouve bien seule avec une adulte dépendante à la maison, le ménage, la fatigue et des camarades de classe qui la traitent de fille de junkie. «On ne peut pas raconter le parcours des 3000 toxicomanes du Platzspitz, alors on se concentre sur une seule personne, une enfant. C’est la force de ce film», relève Pierre Monnard.

    Une histoire vraie
    Le long métrage s’inspire de l’enfance de Michelle HalbheerLien externe, qui a publié en 2013 une autobiographie intitulée «PlatzspitzbabyLien externe». Pierre Monnard a lu l’ouvrage dès sa sortie et a tout de suite pensé qu’il y avait là matière à faire un film. Le réalisateur était adolescent dans les années 1990 et a été marqué par les scènes ouvertes de Zurich et de Berne, même s’il a grandi à Châtel-St-Denis, dans le canton de Fribourg. «J’avais un ami qui se rendait régulièrement au Platzspitz. Un jour, il n’est pas revenu», confie-t-il.

    Environ 250 figurants ont joué dans la première scène du film, sur le Platzspitz. © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.
    Pierre Monnard et le scénariste du film, André Küttel, s’approchent alors de Michelle Halbheer. Enthousiaste, elle leur raconte à nouveau son histoire avec davantage de détails et des anecdotes sur les autres enfants qui vivaient la même situation. «Ces histoires sont venues nourrir notre travail d’écriture, c’était vraiment une inspiration», déclare Pierre Monnard.

    Pourtant, l’adaptation d’un récit autobiographique au cinéma n’est pas aisée. Michelle Halbheer se réfugiait dans des mondes fantastiques pour adoucir son quotidien, un mélange de rêve et de réalité compliqué à représenter en images. Les concepteurs du film ont décidé de créer un ami imaginaire, qui accompagne Mia dans les moments difficiles en jouant de la guitare et en chantant des chansons. Les apparitions de ce personnage lumineux sont bien dosées et apportent une touche originale et rafraîchissante.

    Stupéfiantes actrices
    Pour réaliser le film, Pierre Monnard a travaillé avec plusieurs toxicomanes ou survivants du Platzspitz. Ils apparaissent notamment dans la première scène, parmi les 250 figurants qui ont fait revivre, le temps d’un tournage, les heures les plus sombres du parc zurichois. C’est à ce moment-là que l’actrice qui incarne Mia, Luna Mwezi, a été confrontée à cette réalité. Elle s’est approchée de Pierre Monnard et lui a confié: «Je comprends maintenant, il faut vraiment la retrouver. Elle ne peut pas rester là, car j’ai trop peur pour elle.»

    Le réalisateur Pierre Monnard en plein tournage avec Luna Mwezi. © Aliocha Merker
    La jeune actrice est tout simplement éblouissante dans ce film et tellement juste dans sa façon d’incarner Mia. «Elle a une capacité à lâcher prise qui est impressionnante et un rapport direct à ses émotions», explique Pierre Monnard, admiratif. Une alchimie s’est vite créée entre Luna Mwezi et l’actrice qui joue sa mère, Sarah Spale. Et le spectateur le sent: la relation entre les deux protagonistes semble toujours authentique, malgré toute sa complexité.

    En Suisse, environ 100’000 enfants vivent avec un parent alcoolique ou accro à une autre substance. Ils ont beaucoup plus de risques de développer à leur tour une dépendance ou de souffrir de problèmes psychiques et n’osent souvent pas parler des difficultés qu’ils rencontrent. L’association Addiction SuisseLien externe organise une fois par année une semaine d’actions pour donner une voix à ces enfants et sensibiliser le public ainsi que les professionnels.

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    La performance de Sarah Spale est d’ailleurs à souligner, car elle réussit à incarner parfaitement la maman toxicomane. «Elle a fait une recherche très poussée sur le personnage, elle a commencé à fumer, à porter ses fausses dents, à adopter des postures dans la rue et à crier sur les passants, raconte Pierre Monnard. Elle s’est vraiment immergée dans le rôle avec une authenticité bluffante. Même moi, parfois, je ne la reconnais plus.»

    Le tour de force de Sarah Spale est d’avoir réussi à rendre ce personnage attachant, malgré tous ses défauts. «Elle n’a jamais jugé cette mère, elle s’est mise dans ses baskets et a commencé à réfléchir comme elle, précise le réalisateur. Mais ce rôle n’est pas facile et Sarah était très impliquée, elle m’a confié qu’elle rêvait comme son personnage. Elle rêvait même qu’elle perdait ses dents!»

    La performance des actrices, le scénario et la musique font de «Platzspitzbaby» un film réellement exceptionnel. Les émotions sont à vif et on en ressort secoués, mais avec dans le regard cette petite lueur d’espoir. En vivant cette histoire à travers les yeux d’une fillette, on ne tombe jamais dans le trash, l’horreur ou la dépression. Mia tente sans relâche de prendre le meilleur de ce qui lui arrive et de trouver des solutions. «On voulait donner une voix à tous les enfants qui vivent ce genre de situation, affirme Pierre Monnard. Même en Suisse ces problèmes sont toujours d’actualité, il faut qu’on soit meilleurs.»

    La relation entre Mia et sa mère oscille toujours entre tendresse et frustration. © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.
    Le traumatisme des scènes ouvertes de la drogue

    La diffusion de stupéfiants comme l’héroïne et la cocaïne fait naître plusieurs scènes ouvertes de la drogue dans des parcs publics suisses au milieu des années 80. Les villes de Zurich et Berne sont particulièrement touchées. Le Platzspitz, situé juste à côté de la gare de Zurich, accueillait chaque jour plus de 3000 toxicomanes et était considéré comme la plus grande scène ouverte d’Europe.

    Les autorités évacuent le PlatzspitzLien externe en 1992, mais les personnes dépendantes et les trafiquants se déplacent autour de la gare désaffectée du Letten, elle-même évacuée en 1995. Les toxicomanes sont alors renvoyés dans leur commune d’origine, souvent mal préparée pour accueillir ces nouveaux citoyens et prendre en charge leurs enfants.

    L’expérience de ces scènes ouvertes a conduit les autorités à développer une politique des droguesLien externe plus progressiste, basée sur quatre piliers: prévention, thérapie, réduction des risques et répression. La Suisse a été le premier pays au monde à mettre en place une distribution contrôlée d’héroïne et à ouvrir des locaux d’injection.

  11. L’indispensable réforme de la lutte mondiale contre les cartels de la drogue
    swissinfo.ch/fre/après-le-covid-19_l-indispensable-réforme-de-la-lutte-mondiale-contre-les-cartels-de-la-drogue/45757390
    Opération de police contre de présumés consommateurs de drogue à Manille en 2016. «Le gouvernement philippin a reconnu au moins 6 600 homicides imputables à la police. Des éléments de preuve laissent à penser que plusieurs milliers d’autres personnes ont été tuées par des individus armés non identifiés ayant probablement des liens avec la police», pointait Amnesty International l’été dernier. Keystone / Mark R. Cristino
    Freiné par les coupures des routes du commerce international pour cause de pandémie, le trafic de drogue pourrait rebondir dès que les frontières se rouvriront, selon un rapport de l’ONU. Il est donc d’autant plus urgent de se concentrer sur les responsables du crime organisé, plaide, de son côté, la Commission globale de politique en matière de drogue.

    Ce contenu a été publié le 14 mai 2020 – 16:45 14 mai 2020 – 16:45
    Frédéric Burnand, Genève

    Résilientes, agiles et efficaces, les organisations criminelles qui contrôlent le marché des drogues illicites se réinventent en permanence. Leur avantage comparatif est évident: elles ne respectent aucune loi, corrompent les agents de l’État et assassinent, si nécessaire, ceux qui se mettent en travers de leur chemin. Même la pandémie de Covid-19 ne semble ralentir que momentanément leurs activités.

    Dans un rapportLien externe publié la semaine dernière, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) constate que les mesures de confinement instaurées un peu partout dans le monde ont bien produit des effets notables. Il note que de nombreux pays de toutes les régions ont fait état d’une pénurie de différents types de drogues au niveau de la rue. Conséquence immédiate, nombre de consommateurs se sont rabattus sur des produits plus frelatés et plus dangereux encore.

    La résilience des cartels de la drogue
    Mais l’ONUDCLien externe souligne également la grande souplesse des cartels de la drogue:

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    «L’adaptation rapide des groupes criminels organisés à de nouveaux environnements a déjà été signalée dans certains pays des Balkans où des groupes criminels organisés impliqués dans le trafic de drogue se tournent vers des formes de criminalité liées au virus Covid-19, comme la cybercriminalité et le trafic de médicaments falsifiés.»

    L’agence spécialisée est tout aussi inquiète pour le moyen terme. Se référant aux effets de la crise financière de 2008, l’ONUDC estime probable que le ralentissement économique conduise à une transformation durable des marchés des drogues illicites et à une croissance du secteur dans le monde. Pointant les pertes d’emplois dans les secteurs formels et informels en Amérique latine notamment, l’ONUDC craint que le crime organisé puisse en tirer profit pour se renforcer.

    «Pendant la pandémie COVID-19 en cours, on rapporte que les cartels distribuent des fournitures sur leurs territoires d’influence et utilisent l’action sociale pour gagner la bonne volonté de la population locale. L’augmentation du chômage, la baisse des revenus et la hausse des prix des cultures illicites (par exemple, la cocaïne et l’héroïne) risquent de rendre l’adhésion à un cartel de la drogue de plus en plus attrayante», note le rapport.

    De l’urgence de changer de cap
    Ces perspectives rendent d’autant plus saillant le dernier rapportLien externe de la Commission globale de politique en matière de drogue (GCDP) qui réunit depuis 2011 un groupe de personnalitésLien externe pour inciter les États comme les organisations internationales à réorienter fondamentalement la «guerre aux drogues» décrétées par les États-Unis au début des années 1970.

    «En dix ans à peine, des centaines de milliers d’individus sont morts, victimes collatérales de la prohibition. Ils représentent le coût d’une politique qui n’a fait qu’enrichir et renforcer les organisations criminelles, alimenter la corruption et le blanchiment d’argent et contribuer à l’augmentation du trafic, du nombre des routes et des réseaux qu’il emprunte, ainsi que du nombre d’États défaillants en partie contrôlés par la criminalité organisée», écrit l’ancienne conseillère fédérale et présidente de la Commission, Ruth Dreifuss, en préambule du rapport qui se concentre, cette fois-ci, sur le crime organisé.

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    100 milliards de dollars jetés par les fenêtres
    Alors que le marché mondial des drogues illicites est évalué à 500 milliards de dollars par année, «la facture annuelle mondiale de la répression associée au contrôle des drogues dépasserait 100 milliards de dollars», souligne le nouveau rapport de la Commission basée à Genève.

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    Lutte contre le blanchiment: la Suisse est presque une bonne élève
    Ce contenu a été publié le 24 oct. 2019 24 oct. 2019 La Suisse a amélioré son système de lutte contre le blanchiment d’argent. Il reste quelques lacunes à combler d’ici début 2020.

    «La lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption sont les deux moyens à privilégier», précise Ruth Dreifuss à swissinfo.ch. Il est également nécessaire à ses yeux d’organiser autrement les réponses développées à l’international: «La coopération internationale n’est pas suffisante. Tout est très éclaté. Les nombreuses organisations qui s’occupent de criminalité internationale devraient beaucoup plus collaborer entre elles.» Des faiblesses dont profitent largement les cartels de la drogue pour contourner les législations et les actions à leur encontre.

    La décriminalisation de la consommation de drogue et le développement d’une approche centrée sur la santé des toxicomanes que défend la GCDPLien externe depuis 10 ans convainquent un nombre croissant d’États sur les continents européens, américains et asiatiques.

    Blocage persistant à l’ONU
    Mais cette évolution n’a pas encore permis de faire évoluer l’approche prohibitionniste de la Commission des stupéfiantsLien externe des Nations unies dont dépend l’ONUDC cité plus haut. «La situation y est bloquée actuellement, avec deux camps qui s’opposent. Cela alors que les lois et les conventions internationales devraient pouvoir être révisées ou remplacées, puisque l’on constate que l’objectif affiché est loin d’être atteint», regrette Ruth Dreifuss.

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    «Un monde sans drogues, vous y croyez?»
    Ce contenu a été publié le 28 avr. 2017 28 avr. 2017 La Thaïlande et la Birmanie s’ouvrent à une approche centrée sur la santé en matière de consommation de drogue. Une évolution notable dans une…

    Selon l’ancienne présidente de la Confédération suisse, les partisans de la prohibition centrée sur la répression mènent une bataille idéologique où les drogues et leurs consommateurs sont considérés comme l’incarnation du Mal. «Selon ces gouvernements, ces personnes doivent être éloignées de la société, soit tout le contraire de ce qu’il faut faire, si l’on veut réellement lutter contre les méfaits sociaux et sanitaires du trafic de drogue et diminuer l’emprise du crime organisé», pointe Ruth Dreifuss.

    En engageant une guerre à outrance contre les consommateurs et les revendeurs de drogue, le président philippin Rodrigo Duterte incarne jusqu’à la caricature cette politique prohibitionniste. Dans un rapportLien externe publié ce mardi 13 mai, Amnesty international s’inquiète de voir que le Cambodge s’est engagé sur la même voie: «La guerre contre la drogue menée depuis trois ans par le gouvernement cambodgien, juste après une visite d’État du président philippin, engendre une vague croissante d’atteintes aux droits humains, remplit dangereusement les centres de détention et se traduit par une situation sanitaire très inquiétante, davantage encore depuis l’arrivée de la pandémie de Covid-19.»

  12. «La prescription d’héroïne est une histoire de prestige»
    swissinfo.ch/fre/soigner-la-toxicomanie_-la-prescription-d-héroïne-est-une-histoire-de-prestige-/37771512
    La scène ouverte de la drogue en 1990 à Zurich. Keystone
    Au début des années 1990, les images effarantes de la scène ouverte de la drogue du Platzspitz, dans la métropole économique de Zurich, avaient fait le tour du monde. La Suisse a réagi avec une politique basée sur la distribution médicalisée d’héroïne. Fortement critiqué au départ, ce programme est devenu un modèle international.

    Ce contenu a été publié le 27 janvier 2014 – 11:01 27 janvier 2014 – 11:01
    Gabriele Ochsenbein, swissinfo.ch

    André Seidenberg, médecin qui a traité 3500 patients au cours de sa carrière, avait été à l’époque parmi les premiers à plaider en faveur de la distribution de seringues propres aux toxicomanes. La police et la justice avaient tenté de régler le problème par la répression, mais en vain. Au contraire, cette solution n’aurait fait qu’encourager la toxicomanie et le marché de la drogue, affirme le médecin zurichois. Interview.

    swissinfo.ch: Cela fait aujourd’hui vingt ans que la Suisse a lancé son programme pionnier de prescription contrôlée d’héroïne aux toxicomanes incurables. Une histoire à succès?

    André Seidenberg: C’est le cas, mais il faut bien voir que le programme de distribution d’héroïne est marginal et, à ma connaissance, il n’a jamais touché plus de 5% des patients. C’est une sorte de programme-témoin, une histoire de prestige.

    Mais le fait qu’en Suisse, une majorité des personnes dépendantes aux opioïdes soit en traitement, la plupart avec de la méthadone et une petite minorité avec une thérapie lourde à l’héroïne, est en soi un succès. Il serait judicieux d’augmenter le nombre de personnes traitées. A l’époque, j’aurais souhaité qu’on aille plus loin dans la médicalisation et la légalisation du marché.

    «Sans ce programme, je serais morte»
    Ce contenu a été publié le 27 janv. 2014 27 janv. 2014 Depuis vingt ans, la Suisse fournit de l’héroïne à des toxicomanes en toute légalité. Quelque 1500 personnes participent au programme public de…

    swissinfo.ch: Cela aurait donc eu des effets sur le marché noir selon vous?

    A.S.: Bien sûr. Le marché noir est stimulé par la répression et propose finalement de mauvais produits, qui sont nocifs pour la santé. Je souhaite une attitude moins hypocrite face à la drogue.

    swissinfo.ch: Dans ce cas, vous êtes favorable à une légalisation générale des drogues?

    A.S.: Je suis favorable à une amélioration de la réglementation du marché. C’est un problème international puisque la guerre de la drogue continue très ouvertement dans de nombreuses régions du monde.

    C’est très difficile de réglementer le marché de manière adéquate. Par exemple, on ne peut pas se borner à légaliser la cocaïne et imaginer que tous les problèmes seront résolus. Il faudrait donc procéder de manière très précise. La dépendance touche différents domaines, à commencer par le tabac ou l’alcool. Il faut essayer de créer un environnement permettant de limiter au maximum les dégâts causés par ces diverses substances chez un maximum de personnes.

    Scènes ouvertes de la drogue à Zurich
    Ce contenu a été publié le 30 janv. 2014 30 janv. 2014 Il y a une vingtaine d’années, les médias du monde entier se faisaient l’écho de la misère au grand jour du Platzspitz, derrière le Musée national…

    swissinfo.ch: Que se passe-t-il pour quelqu’un qui ne consomme pas son héroïne dans la rue, mais qui la reçoit régulièrement comme un simple médicament?

    A.S.: Une personne qui reçoit sa substance deux fois par jour va mieux, psychiquement, elle est plus stable à tous les égards. Bien sûr, il y a des effets secondaires et même un préjudice permanent. Celui qui prend de la drogue quotidiennement peut présenter une diminution de la libido, des troubles du sommeil ou une perception des sensations limitée à l’euphorie et à la souffrance.

    D’autre part, les gens qui participent au programme de prescription d’héroïne ne sont plus contraints de financer leur existence avec des activités illégales. Ce qui contribue à faire diminuer la délinquance, la prostitution et la déviance sociale sous toutes ses formes.

    swissinfo.ch: Ils peuvent donc mener une vie normale, dans une certaine mesure?

    A.S.: Cette possibilité d’approvisionnement est décisive, car l’illégalité tend à augmenter la dangerosité de la consommation: la majorité des toxicomanes ne sont pas toujours en mesure de se faire des injections sans aucun danger de contracter des infections et des maladies. Le risque d’overdose est aussi considérablement accru.

    Si nous arrivons à approvisionner les gens de manière médicale, ces risques sont en grande partie supprimés. La distribution contrôlée permet aux personnes de mener une vie tout à fait normale, même s’il y a plus de bénéficiaires de rentes d’invalidité dans le programme de distribution d’héroïne que dans celui de méthadone.

    Politique suisse de la drogue
    swissinfo.ch: Alors il s’agit, sur le plan médical, avant tout de limiter et de stabiliser les dégâts, et non pas d’abstinence?

    A.S.: Pour nous, médecins, la priorité est d’empêcher des dégâts physiques graves et la mort. Le salut de l’âme ne passe qu’après après l’intégrité physique, dans le catalogue de la médecine.

    swissinfo.ch: L’abstinence ne devrait-elle pas être le but de la politique de la drogue de l’Etat?

    A.S.: C’était le but de la politique, du public, et aussi de beaucoup de médecins qui cultivent encore cette illusion. Mais c’est une stratégie très dangereuse. La dépendance à l’héroïne est une maladie chronique. Seule une très petite minorité des personnes dépendantes aux opioïdes peut devenir durablement abstinente. Et la majorité souffre de l’abstinence.

    A la différence de l’alcool, la privation d’héroïne ne donne pas un sentiment de confort et de bonne santé. En période d’abstinence, la mortalité est 3 à 4 fois plus élevée chez ceux qui consomment de l’héroïne ou de la méthadone sous prescription médicale. Des tentatives d’abstinence répétées peuvent déclencher des difficultés psychosociales qui peuvent alors conduire à des actes dangereux.

    swissinfo.ch: Actuellement, l’héroïne est-elle encore un sujet de préoccupation?

    A.S.: Heureusement, nous n’avons plus que très rarement affaire à des jeunes qui tombent dans l’héroïne. La consommation a diminué massivement. Parmi les personnes nées en 1968, soit la génération du Platzspitz, 1% d’entre elles sont devenues dépendantes, dont beaucoup sont mortes ou en bonne partie toujours dépendantes.

    Aujourd’hui en Suisse, l’âge moyen des héroïnomanes se situe vers 40 ans. Si nous n’avions pas réussi à stopper le phénomène au début des années 1990, toutes les autres classes d’âge seraient touchées. Dans certains pays, comme les Etats de l’ex-Union Soviétique ou l’Iran, où une part élevée de la population est dépendante aux opioïdes.

    swissinfo.ch: Vous avez déclaré avoir expérimenté vous-mêmes certaines drogues, dont l’héroïne. Pourquoi n’êtes pas devenu dépendant?

    Plus
    À quel point la Suisse est-elle vraiment neutre?
    Alors que d’autres États disent adieu à la neutralité classique, la Suisse s’accroche à son rôle particulier… avec quelques entorses.

    A.S.: Peut-être que j’ai eu de la chance, simplement. Dans ma jeunesse, j’ai effectivement expérimenté presque toutes les drogues. Cela m’a permis de satisfaire ma curiosité et cela m’a peut-être aussi appris certaines choses qui se sont avérées utiles pour mes patients. J’ai aussi découvert les dangers de la drogue: beaucoup de mes amis en sont morts, même avant mes études de médecine.

    swissinfo.ch: Faut-il avoir consommé des drogues pour être un bon médecin pour toxicomanes?

    A.S.: Non, et je ne le recommanderais pas. Quand on a affaire à des problèmes liés au psychisme, cela aide sans aucun doute de garder un esprit ouvert. Mais pour cela, il ne faut pas tout expérimenter, car cela peut faire des dégâts et être dangereux.

  13. Héroïne: la politique libérale porte ses fruits
    swissinfo.ch/fre/héroïne–la-politique-libérale-porte-ses-fruits/5233248
    Le local d’injection est l’un des aspects les plus controversés de la politique suisse des drogues. Keystone
    Selon une étude de l’Université de Zurich, l’approche tolérante choisie par la Suisse depuis 1991 a permis de faire chuter le nombre de nouveaux consommateurs d’héroïne.

    Ce contenu a été publié le 02 juin 2006 – 11:49 02 juin 2006 – 11:49
    Cette enquête publiée dans la revue scientifique «The Lancet» montre toutefois que les toxicodépendants s’en sortent rarement.

    Le sociologue Carlos Nordt et le psychiatre Rudolf Stohler ont suivi depuis 1990 plus de 7000 héroïnomanes. Leur objectif: déterminer les conséquences de la politique suisse dite des quatre piliers sur la consommation de drogue.

    Lorsque cette politique a été mise en place, certains craignaient une augmentation du nombre de consommateurs d’héroïne.

    En plus de la prévention et de la répression, cette politique implique en effet de nouvelles formes de thérapies comme la distribution de méthadone ou l’aide à la survie.

    Les deux scientifiques arrivent à la conclusion que la politique libérale a en réalité permis de réduire continuellement le nombre de nouveaux adeptes de l’héroïne.

    Entre 1975 et 1990, leur nombre décuplait chaque année (850 en 1990). Mais dès 1991, il a nettement diminué, pour s’établir à 150 nouveaux en 2002.

    Comparaison internationale

    Le succès de cette politique libérale est confirmé par la comparaison avec des pays restés répressifs comme l’Italie et l’Australie.

    En dix ans, le nombre de nouveaux héroïnomanes en Suisse a diminué d’un facteur 4 par rapport à ces deux pays, souligne l’étude.

    Les deux experts zurichois donnent une explication à ce recul. L’injection d’héroïne a perdu son image «d’acte de rébellion» avec la médicalisation de la prise en charge des héroïnomanes.

    Une «drogue de perdant»

    En Suisse, «l’héroïne semble plutôt être considérée comme une maladie qui doit être traitée par un médecin que comme un acte criminel», précise Carlos Nordt.

    Plus même. L’héroïne est désormais perçue par beaucoup de toxicomanes comme une «drogue de perdant».

    En clair, la libéralisation n’a pas banalisé la consommation, bien au contraire, constatent les deux chercheurs.

    Un bémol toutefois. L’étude est moins positive en ce qui concerne les toxicomanes soignés pour dépendance à l’héroïne.

    Plus
    À quel point la Suisse est-elle vraiment neutre?
    Alors que d’autres États disent adieu à la neutralité classique, la Suisse s’accroche à son rôle particulier… avec quelques entorses.

    Difficile sortie de dépendance

    Seuls quelques héroïnomanes ont réussi à se désintoxiquer durablement sur les milliers qui ont suivi une cure à base de méthadone.

    Dans le canton de Zurich, on recensait quelque 7’100 personnes dépendantes à l’héroïne en 1996. L’an dernier, il y en avait encore 6’200.

    «Nous n’avons plus forcément affaire à de nouveaux consommateurs mais à des gens dépendants depuis parfois plus de trente ans», précise Carlos Nordt sur les ondes de la radio suisse alémanique.

    «Maintenant, la question est donc plutôt de savoir comment traiter ces gens qui ne parviennent pas à décrocher», poursuit le sociologue.

    Une précision: cette étude part du cas zurichois. Mais les chercheurs estiment que ce cas peut être extrapolé à l’ensemble de la Suisse.

    Il n’en reste pas moins aussi que la consommation de cannabis, d’amphétamines et de cocaïne continue d’augmenter en Suisse, constatait l’an dernier l’Organe international de contrôle des stupéfiants.

    swissinfo et les agences

  14. https://faits-chiffres.addictionsuisse.ch/fr/alcool/chiffres-cles/consequences.html

    https://www.addictionsuisse.ch/actualites/prises-de-position-daddiction-suisse/alcool/
    Rappel des faits
    – La consommation d’alcool par tête s’élève à 7.7 litre d’alcool par an.
    – 10% de la population boit quotidiennement de l’alcool et environ 11% de la population adulte boit la moitié de la totalité de l’alcool consommé.
    L’alcool et ses conséquences
    – environ 250’000 personnes sont dépendantes de l’alcool en Suisse.
    – 1600 décès dus à l’alcool par an (voir également notre page statistique: alcool – mortalité)
    – environ un demi-million de personnes en Suisse souffrent à cause du problème d’alcool d’un proche, auxquels s’ajoutent quelque 100’000 enfants vivant avec un parent souffrant d’une consommation problématique d’alcool.

    https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/zahlen-und-statistiken/zahlen-fakten-zu-sucht/zahlen-fakten-zu-alkohol.html
    La majorité des gens apprécient l’alcool lors d’occasions spéciales et de moments conviviaux. Toutefois, une personne sur cinq en consomme de manière abusive.
    Nocif pour la santé, l’abus d’alcool perturbe la vie en commun et génère des coûts considérables. L’OFSP s’engage avec d’autres partenaires de prévention pour une consommation d’alcool qui rime avec respect.

    https://faits-chiffres.addictionsuisse.ch/fr/tabac.html

    https://www.addictionsuisse.ch/actualites/prises-de-position-daddiction-suisse/tabac/
    La nicotine est une des substances psychoactives qui rend le plus vite dépendant. On peut en déduire que la plupart des fumeurs quotidiens (qui représentent le 70% de tous les fumeurs) sont dépendants. Presque 60% des fumeurs quotidiens souhaitent arrêter, un quart d’entre eux a déjà essayé durant les douze mois précédant l’enquête.
    Les conséquences du tabagisme
    – chaque année, 9500 personnes décèdent des suites du tabagisme en Suisse
    – 5,5 milliards de francs: c’est l’estimation des coûts sociaux liés au tabagisme pour l’année 2000, dont 4 milliards sont à charge de l’économie et 1,5 milliard aux cantons.

  15. Extra pure
    https://www.fr.fnac.ch/a7405586/Roberto-Saviano-Extra-pure

    “Se plonger dans les histoires de drogue est l’unique point de vue qui m’ait permis de comprendre vraiment les choses. Observer les faiblesses humaines, la physiologie du pouvoir, la fragilité des relations, l’inconsistance des liens, la force colossale de l’argent et de la férocité. L’impuissance absolue de tous les enseignements mettant en valeur la beauté et la justice, ceux dont je me suis nourri. Je me suis aperçu que la coke était l’axe autour duquel tout tournait. La blessure avait un seul nom. Cocaïne. La carte du monde était certes dessinée par le pétrole, le noir, celui dont nous sommes habitués à parler, mais aussi par le pétrole blanc, comme l’appellent les parains nigérians. La carte du monde est tracée par le carburant, celui des moeurs et des corps. Le pétrole est le carburant des moteurs, la coke celui des corps.” Après Gomorra, Roberto Saviano poursuit son travail d’enquête et de réflexion sur le crime organisé. Mais, cette fois, il sort du cadre italien pour penser à l’échelle mondiale. D’où le crime tire-t-il sa force ? Comment l’économie mondiale a-t-elle surmonté la crise financière de 2008 ? Une seule et même réponse : grâce à l’argent de la cocaïne, le pétrole blanc. Pour le comprendre, Extra pure nous convie à un voyage du Mexique à la Russie, de la Colombie au Nigeria, en passant par les États-Unis, l’Espagne, la France et, bien sûr, l’Italie de la ‘ndrangheta calabraise. Au fil de cette exploration, l’auteur raconte avec une puissance épique inégalée ce que sont les clans criminels partout dans le monde. Et il va plus loin encore, car c’est tout le fonctionnement de l’économie qu’il démonte impitoyablement. Extra pure n’est ni une enquête ni un essai, ni un roman ni un récit autobiographique, mais tout cela à la fois et bien plus encore. Pour Roberto Saviano, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir, de se confier, d’évoquer avec gravité et sincérité le danger et la solitude, le désir de mener une vie comme celle des autres et la détermination à poursuivre son combat.

  16. La police vaudoise a démantelé un réseau et saisi 14 kilos de cocaïne
    letemps.ch/suisse/police-vaudoise-demantele-un-reseau-saisi-14-kilos-cocaine

    Drogue
    Cette saisie est l’une des plus grosses jamais réalisées dans le canton. Les forces de l’ordre ont procédé à 13 arrestations au terme d’une enquête qui avait des ramifications jusqu’aux Pays-Bas

    Les policiers ont saisi plus de 13 kilos de cocaïne. — © Police cantonale vaudoise
    La police vaudoise a démantelé un vaste réseau de trafiquants de drogue. Elle a saisi 13,8 kilogrammes de cocaïne et arrêté treize individus, annonce-t-elle mardi. L’enquête a duré plusieurs mois, en collaboration avec la police genevoise et les gardes-frontières. Les trafiquants opéraient principalement à Yverdon-les-Bains et Vevey.

    Lire aussi: La cocaïne, cet obscur plaisir des Suisses

    La brigade des stupéfiants s’est focalisée sur l’arrestation des trafiquants de cocaïne actifs dans le canton de Vaud ayant des contacts à l’étranger. Composé en majorité d’Africains de l’Ouest, le réseau avait des ramifications jusqu’aux Pays-Bas.

    Les treize personnes arrêtées sont âgées de 28 à 51 ans, précise le communiqué de presse. Il s’agit de six Nigérians dont cinq domiciliés en Suisse, de deux Roumains domiciliés aux Pays-Bas, de deux Polonais aussi aux Pays-Bas, de deux Allemands domiciliés en Allemagne et d’une Albanaise habitant en Suisse.

    Plusieurs centaines de kilos importés par ces trafiquants
    Outre les 13,8 kilos de cocaïne, la police a aussi saisi plus de 91 000 francs et 54 000 euros. L’enquête a démontré que «plusieurs centaines» de kilos de cocaïne avaient été importées en Suisse, note la police sans préciser le volume exact.

    La particularité du réseau réside dans le fait que la quasi-totalité des transporteurs de drogue étaient d’origine européenne. Sur les six Nigérians, un seul était un transporteur, les autres étaient les destinataires de la marchandise. Les trafiquants ont été placés en détention en Suisse.

    Cette saisie de près de 14 kg de cocaïne est l’une des plus grosses jamais réalisées dans le canton de Vaud, selon la police.

  17. Nouveau plan vaudois de lutte contre le trafic et la consommation de drogue
    rts.ch/info/regions/vaud/12491855-nouveau-plan-vaudois-de-lutte-contre-le-trafic-et-la-consommation-de-drogue.html
    14 septembre 2021
    Nouveau plan vaudois de lutte contre le trafic et la consommation de drogue [RTS]
    Le canton de Vaud veut intensifier et mieux coordonner sa lutte contre la consommation et le trafic de drogues. Une nouvelle stratégie sur 5 ans qui cible davantage les consommateurs a été présentée mardi.

    Prévention, thérapie, réduction des risques, répression. Ce sont les quatre piliers sur lesquels s’appuie la nouvelle politique du canton.

    “La répression seule ne suffit pas”, a déclaré la ministre en charge de la sécurité Béatrice Métraux. “C’est pourquoi nous mettons en place un plan d’action dont le maître-mot est la pluridisciplinarité”, a-t-elle annoncé. Le canton veut mettre davantage l’accent sur la demande, soit la consommation, tout en continuant à agir sur l’offre, soit la vente et le trafic de drogue.

    Le canton juge qu’il est illusoire d’espérer une diminution accrue de l’offre sans agir sur la demande.

    “Drug Checking”
    Parmi la douzaine de mesures proposées sur 5 ans (2022-2026) pour un coût total de 10 millions de francs, figure un dispositif de surveillance du marché des stupéfiants, appelé “Drug Checking”. Il s’agit d’un projet-pilote d’analyse des substances des drogues (qualité, composition, coupage, etc), notamment sur celles de synthèse, pour évaluer leur dangerosité et informer sur les risques.

    L’idée est de cibler des lieux de fêtes – festivals, rave-party, etc – afin de proposer aux consommateurs d’analyser sur place les produits qu’ils s’apprêtent à utiliser avec un “laboratoire de poche”. Cet appareil “NIRLab”, développé par l’Ecole des sciences criminelles de l’UNIL, doit permettre d’augmenter le nombre d’analyses des produits stupéfiants et livrer rapidement leurs résultats à des fins préventive (dangerosité des produits) ou policière (remontée des filières).

    Prévention renforcée et répression accrue
    Parmi les autres mesures phares figurent le renforcement de la prévention en milieu scolaire et la création d’une plateforme cantonale permettant de repérer les jeunes en situation de vulnérabilité.

    Les effectifs de la division flagrant délit de la police cantonale seront aussi renforcés. Et les policiers pourront également définir des interdictions de périmètre allant de 24 heures à 3 mois au maximum afin d’éloigner les dealers.

    Quant à la prise en charge des personnes toxicomanes, le canton tient à ce qu’elles bénéficient d’une prise en charge adaptée et prévoit, en ultime recours, un programme de prescription d’héroïne pharmaceutique.

    Un marché lucratif
    Le marché vaudois de la drogue est “extrêmement lucratif”, a rappelé Béatrice Métraux. Son chiffre d’affaires annuel se monte à 80 millions de francs en moyenne. Quelque 3,5 à 5 tonnes de cannabis sont consommées chaque année par 25’000 à 35’000 individus. La cocaïne suit avec 500 kilos par an (14’000 consommateurs) et l’héroïne avec 200 kilos par an (2000 consommateurs).

    >> Les précisions de Béatrice Mettraux, conseillère d’Etat en charge du Département de l’environnement et de la sécurité:

    Les autorités vaudoises combattent le deal de rue. Les précisions de Béatrice Mettraux, conseillère d’État vaudoise. / 12h45 / 2 min. / le 14 septembre 2021
    >> Le débat mardi dans Forum entre Xavier de Haller, conseiller communal PLR à Lausanne, et Frank Zobel, directeur adjoint d’Addiction Suisse:

    Nouveau plan vaudois contre le deal de rue: débat entre Xavier de Haller et Frank Zobel / Forum / 10 min. / le 14 septembre 2021
    cab avec ats

    Publié le 14 septembre 2021 à 14:43 Modifié le 14 septembre 2021 à 21:18

  18. Politique de la drogue – La répression est le pilier de trop
    24heures.ch/la-repression-est-le-pilier-de-trop-314356907140
    Politique de la drogueLa répression est le pilier de trop
    La police, la justice et les prisons engloutissent des montagnes d’argent dans une croisade illusoire. Et si l’on parlait de dépénalisation?

    Jérôme Cachin
    OpinionJérôme Cachin
    Publié: 14.09.2021, 20h33
    Prévention, thérapie, réduction des risques et répression. Les quatre piliers de la politique suisse de la drogue ont été rappelés par une autorité de ce pays: mardi, trois membres du gouvernement cantonal ont donné les points forts de sa mise en œuvre pour les cinq prochaines années.

    Ces quatre piliers sont devenus indissociables. C’est un compromis. C’est ainsi que fut signée la paix entre les partisans de la répression et les tenants d’une approche sociale et thérapeutique. Cette litanie politique dure depuis près de trente ans. Ainsi, la Suisse n’a guère avancé sur la dépénalisation des drogues.

    Certes, elle a développé une mansuétude à l’égard des petits consommateurs. Mais la répression existe encore, comme un principe intangible, comme un tabou.

    Police, justice, prison: le monde entier engloutit des milliards dans une lutte utopique contre les drogues. Les responsables vaudois s’inscrivent bon gré mal gré dans cette croisade qui les dépasse. La dépénalisation complète des drogues n’est malheureusement pas à l’ordre du jour. Pas encore.

    Cette révolution libérerait pourtant des moyens considérables en faveur des victimes des drogues aujourd’hui illégales. L’immense foule des consommateurs réguliers n’est pas moins digne d’attention que les alcooliques ou les joueurs compulsifs.

    Un détenu vaudois sur deux est derrière les barreaux pour une infraction liée à la loi sur les stupéfiants. Les prisons débordent. Mais les très coûteuses chimères de la stratégie répressive aveuglent encore et toujours les élus.

    Pour preuve, cette absurdité qu’on peut lire sous la plume du Conseil d’État au sujet de la prochaine prison qu’il veut bâtir dans la plaine de l’Orbe: «Seule la construction de l’établissement des Grands-Marais, dont le crédit d’étude a été voté par le Grand Conseil en septembre 2018, permettra d’apporter une réponse définitive au manque de places de détention dans le canton.»

    C’est à croire que le gouvernement vaudois a fumé la moquette.

    Jérôme Cachin est journaliste à la rubrique vaudoise depuis 2019, spécialisé en politique. Il a été le responsable de la page Vaud de La Liberté de 2003 à 2019. Il est l’auteur d’Institutions politiques vaudoises, avec Mix & Remix (Loisirs et Pédagogie), paru pour la première fois en 2013.

    Plus d’infos
    Publié: 14.09.2021, 20h33
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  19. https://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/gc/fichiers_pdf/2017-2022/18_INT_195_depot.pdf

    Art. 115 et 116 LG(, L’interpellation est une- dema-nde d’explications-ou de précisions-adressée au CE sur un fait du gouvernement ou de son administration. Elle porte sur une compétence propre ou déléguée du CE et peut être développée oralement devant le GC. Les questions qu’elle contient sont exprimées de telle manière que le CE puisse y répondre et sont suffisamment précises pour qu’une réponse courte y soit apportée dans le délai légal (attention : ne pas demander un rapport, auquel cas il s’agit d’un postulat).

  20. Le Conseil d’Etat adopte une stratégie globale de lutte contre la consommation et le trafic de drogues
    vd.ch/toutes-les-autorites/departements/departement-de-la-sante-et-de-laction-sociale-dsas/actualites/news/14957i-le-conseil-detat-adopte-une-strategie-globale-de-lutte-contre-la-consommation-et-le-trafic-de-drogues

    Depuis plus de 10 ans, diverses actions dissuasives ont été mises en œuvre (opération STRADA, opérations policières d’envergure dans certaines communes, etc.) pour lutter contre le « deal de rue ». Si elles ont abouti à des effets positifs, notamment une meilleure connaissance des marchés et des pratiques des trafiquants, il est nécessaire aujourd’hui de coordonner le volet répressif avec les composantes préventive et sociosanitaire.

    En effet, fort du constat qu’il est illusoire d’espérer une diminution accrue de l’offre si l’on ne parvient pas à agir sur la demande, la volonté affichée des départements concernés (DES, DSAS, DFJC) est de cibler davantage les consommateurs. Afin d’instaurer une réelle politique publique en matière de lutte contre le « deal de rue » dans le canton, un groupe de travail pluridisciplinaire a travaillé durant deux ans sur la réponse à apporter à ce phénomène complexe.

    Ainsi, le Canton mise sur une action coordonnée qui implique tous les acteurs sociosanitaires et sécuritaires. Se basant sur la politique dite des quatre piliers (prévention, thérapie, réduction des risques, répression), il propose un plan d’action comprenant de nombreuses mesures (cf. tableau annexé). Parmi elles figurent notamment la création d’un dispositif de monitorage du marché des stupéfiants, le renforcement de la prévention en milieu scolaire, la création d’une plateforme cantonale permettant de repérer les jeunes en situation de vulnérabilité, une collaboration renforcée entre Police cantonale et Office du Médecin Cantonal, ou encore le renforcement des effectifs de la Division flagrant délit de la Police cantonale.

    L’expérimentation en phase pilote de l’appareil « NIRLAB » développé par l’Ecole des sciences criminelles devra aussi permettre d’augmenter significativement le nombre d’analyses des produits stupéfiants à des fins à la fois préventive (dangerosité des produits) et policière (remontée des filières).

    La mise en œuvre de ce plan d’action, déployé sur cinq ans (2022-2026), fera l’objet d’un monitorage régulier en coordination entre les départements et services concernés pour en évaluer l’efficacité et l’adapter en fonction des données récoltées et partagées. Avec cette nouvelle stratégie, le Conseil d’Etat met en place une politique publique globale et coordonnée destinée à répondre à une problématique de santé publique qu’est l’addiction à des produits stupéfiants.

    Communiqué de presse du 14 septembre 2021

  21. « Génération Kalach : la face cachée des cités », mercredi 29 septembre sur RMC Story
    coulisses-tv.fr/index.php/documentaires/item/19378-«-génération-kalach-la-face-cachée-des-cités-»,-mercredi-29-septembre-sur-rmc-story
    Jean-Marc VERDREL

    Mercredi 29 septembre à 21:05, RMC Story diffusera le documentaire inédit « Génération Kalach : la face cachée des cités » réalisé par Jérôme Pierrat.

    Il y a quelques jours, le Président de la République Emmanuel Macron était en visite à Marseille pour évoquer notamment la question de la sécurité dans la cité phocéenne. Une visite qui fait suite à de nombreux épisodes de violence, d’assassinats et de règlements de compte en lien avec le trafic de drogue. Emmanuel Macron s’est rendu notamment dans la cité Bassens, haut lieu du trafic de stupéfiant de Marseille.

    C’est sur ces terres que Jérôme Pierrat, journaliste d’investigation et grand spécialiste du crime organisé, s’est rendu à l’occasion de ce film exceptionnel.

    « Génération Kalach : la face cachée des cités » est une plongée édifiante dans ce que le « Milieu » a de plus noir, de plus terrifiant. Au-delà des trafics, de l’argent, du fantasme de « la belle vie », il existe une réalité qui régit ce monde, la face la plus sombre d’un univers déjà opaque, son extrême violence. Et c’est d’ailleurs la seule règle. La criminalité est une jungle dans laquelle règne la loi du plus fort.

    La nouvelle génération des voyous, les « narcobandits », issue des quartiers sensibles ont imposé de nouvelles méthodes radicales tout en affichant une détermination sans faille. Les rafales de Kalachnikovs sont devenues la signature, la norme, pour régler les problèmes et les jeunes trafiquants tombent sous les balles. On meurt de plus en plus jeune, de plus en plus violemment, pour des raisons de plus en plus futiles.

    Le grand banditisme traditionnel s’entretuait pour des motifs « sérieux ». Les armes ne sortaient que pour régler les comptes en dernier recours. Aujourd’hui, pour quelques kilos de shit, quelques milliers d’euros, des exécutions sont programmées. Avec des auteurs et des victimes qui sortent parfois à peine de l’adolescence. Aujourd’hui, on ne tue plus seulement des caïds, mais de simples guetteurs de seize ans ; on mitraille en commando des immeubles de cité en pleine journée, pour intimider.

    En 2020, soixante jeunes hommes sont morts, tués par balles. La plupart avait moins de 25 ans.

    À Marseille, au rythme de plus d’une vingtaine par an, en banlieue parisienne qui connaît une vague de règlements de compte mortels sans précédent, mais aussi, et c’est un phénomène nouveau, à Toulouse, Nantes, Clermont-Ferrand, Montpellier, Besançon…

    Là, où il y a quelques années encore, les fusillades se cantonnaient aux capitales du Milieu : Paris, Lyon et Marseille. Elles se déroulent aujourd’hui dans des villes qui ne connaissaient jusqu’alors qu’une délinquance mineure ou de seconde zone. Les rafales d’armes de guerre résonnent désormais sur tout le territoire.
    Questions à Jérôme Pierrat, réalisateur de ce documentaire.
    Vous avez réalisé plusieurs documentaires, écrit plusieurs livres sur ce sujet, comment avez-vous eu l’idée de vous intéresser au grand banditisme ?

    J’ai fait ce métier pour travailler sur les questions de grande criminalité qui m’intéressent depuis adolescent. J’ai moi-même grandi dans le 93 et passé mon temps libre à observer mes « futurs » clients…
    Pourquoi et dans quel but avez-vous décidé de réaliser ce documentaire « choc » « Génération Kalach » ?

    Voilà des années que je suis le phénomène des règlements de compte à Marseille et dans d’autres centres urbains mais depuis un an ou deux, on constate qu’il se banalise et se développe partout en France. On parle de « Marseillisation »… des banlieues.
    Comment êtes-vous parvenu à intégrer ce milieu très fermé et très risqué des quartiers chauds de Marseille ?

    Je travaille depuis près de 25 ans sur ces questions et notamment à Marseille. Avec les années j’ai développé un carnet d’adresses et une certaine confiance s’est installée entre eux et moi.
    Interviewer les traficants, guetteurs, dealers… n’est-ce pas vous exposer à des risques ? Votre vie a-t-elle déjà été mise en danger ?

    Il y a toujours des risques, mais dès l’instant où vous ne piégez personne et respectez les règles que vous vous êtes fixées mutuellement, vous les limitez grandement.
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    Publié dans Documentaires

  22. Confinement et cannabis font bon ménage
    lecourrierdesstrateges.fr/2022/07/05/confinement-et-cannabis-font-bon-menage
    Cannabis thérapeutique
    Selon un rapport publié par l’ONU, la consommation de cannabis a augmenté avec la légalisation et les confinements du COVID. Confinement et cannabis font bon ménage. Cette consommation accrue du cannabis a même favorisé le risque de dépression et de suicide.

    La « politique enfermiste » prônée par l’OMS a accentué les risques liés aux drogues, notamment l’augmentation de la consommation de cannabis. Dans son rapport annuel, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a indiqué que le cannabis est devenue la drogue la plus consommée dans le monde. Ce rapport offre une vue d’ensemble de l’offre et de la demande d’opiacés, de cocaïne, de cannabis, de stimulants de type amphétamine et de nouvelles substances psychoactives (NPS), ainsi que de leur impact sur la santé, en tenant compte des effets de la pandémie de Covid-19.

    Une hausse de la consommation de cannabis chez les jeunes adultes

    Selon le rapport annuel sur les drogues dans le monde de l’ONUDC, la pandémie a alimenté la consommation de cannabis en 2020, notamment chez les jeunes adultes. Selon le rapport, sur les 284 millions d’individus dans le monde (soit 5.6% de la population mondiale) qui consomment de la drogue (héroïne, cocaïne, amphétamines, ecstasy…) 209 millions ont pris du cannabis.

    L’ONUDC souligne également que le cannabis commercialisé est de plus en plus fort en termes de teneur en tétrahydrocannabinol(THC), une molécule psychoactive. Notons que le rapport de l’ONU concerne notamment les Etats de Washington et de Colorado aux États-Unis, l’Uruguay et le Canada.

    Le document indique que la consommation accrue du cannabis dans ces pays est liée à la légalisation de son usage non médical et au confinement. En effet, selon le rapport, “les périodes de confinement pendant la pandémie de COVID-19 ont entraîné une augmentation de la consommation de cannabis… en 2020”.

    Ainsi durant la pandémie, avec la hausse de la consommation de drogue, de nombreux pays ont mis en place des services de Télémédecine . Des travailleurs de la santé ont pu ainsi proposer des conseils ou des évaluations initiales par téléphone et utiliser des systèmes électroniques pour prescrire des substances contrôlées pour les toxicomanes.

    La consommation du cannabis à l’origine de troubles psychiatriques et de suicide
    Le rapport note également que la consommation régulière du cannabis optimise le risque de dépression et de suicide. En effet, l’organisation a observé une corrélation entre l’augmentation de la prise de cette drogue et la hausse du nombre de personnes atteintes de troubles psychiatriques et des tentatives de suicide.

    Pour rappel, selon une note scientifique publiée au mois de mars par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en 2020 la prévalence mondiale de l’anxiété et de la dépression a augmenté massivement, de 25 %.

    Le rapport a également révélé que la production de cocaïne a explosé et atteint un chiffre record en 2020. Selon, les données relatives aux saisies de 2021, il existe un nouveau marché de la drogue, avec une expansion en dehors des deux principaux marchés que sont l’Amérique du Nord et l’Europe, les chaînes d’approvisionnement en cocaïne se diversifient, et concernent de plus en plus l’Afrique et l’Asie.

    Les marchés de la drogue sur le Dark web sont également en hausse. Le Dark Web est devenu une plateforme pour vendre les médicaments et autres substances illicites.

    En ajout à tout cela, les décès par overdose suite à la prise d’opioïdes ont également augmenté aux États-Unis en 2021. Selon le rapport, on a recensé 107 622 décès par overdose lié au fentanyl aux États-Unis en 2021.

    Les dossiers d’Aventin
    Retrouvez les dossiers de référence de Laurent Aventin sur le COVID et la vaccination, pour enfin être informé clairement et avec rigueur sur la situation
    Je veux lire les dossiers
    ESSENTIEL

  23. Il y a quelque années des créanciers en UK envoyaient des personnes déguisées en Panthère Rose suivre leurs débiteurs

    Lors d’une discussion ce week-end, l’idée a pointé de faire de même mais avec des clowns, ce pour les dealers

    Sur le principe, c’est non violent, drôle, visible, gênant pour l’incriminé etc

    Y a-t-il des Grock dans la salle ?

  24. Lausanne, capitale de la drogue en Suisse ? | Temps Présent

    28 sept. 2018

    “Lausanne, les vacances du dealer”, Temps Présent du 27 septembre 2018, une émission de la @RTS – Radio Télévision Suisse.

    Avec ce sujet nous revenons sur la situation de la scène de la drogue à Lausanne, une situation qui alerte toute la Suisse romande. Vous verrez que cette situation mène à une tension extrême, en particulier au sein de la police.

    Mais tout d’abord, rappelez-vous : il a fallu juste avant l’été le coup de gueule du cinéaste Fernand Melgar, dont les méthodes lui ont valu les critiques furieuses d’une partie de sa corporation, pour qu’apparemment, la capitale vaudoise se bouge. Est-ce ce coup de gueule ou les hasards d’un calendrier prévue de longue date, toujours est-il que 20 policiers ont battu les trottoirs du centre-ville sous le caniculaire soleil de l’été. Au grand bonheur des passants, et surtout des commerçants, particulièrement remontés. Les dealers se sont faits discrets, et on a pu croire un instant que, comme par miracle, ils s’étaient évaporés vers des cieux plus cléments et moins répressifs.

    Mais pendant la torpeur de l’été, il y en a un qui n’a pas chômé, c’est notre réalisateur Wilfred Rebetez. Il est allé filmer autour de la fameuse place de la Riponne. Il a vu en effet un centre-ville apaisé, nettoyé de ses dealers. Mais devinez quoi ? A la nuit tombée, une fois les chats-policiers rentrés, les souris dealers reviennent danser. Et si on a rassuré un peu le citoyen, on a de loin pas réglé le problème de la scène de la drogue, qui semble avoir simplement ajusté ses horaires !

    Et les politiques dans tout cela ? Il se sont pas mal agités, au Grand-Conseil vaudois, juste avant l’été et ont résolu, de justesse, à exiger plus de répression en renforçant la chaîne pénale et les places de détention. Reste à savoir comment : ce sera la tâche du gouvernement vaudois, pressé de toutes parts pour présenter des solutions.

    Un reportage de Wilfred Rebetez
    Image : Thomas Szczepanski
    Son : Beat Lambert
    Montage : Brigitte Duc

    #Drogue #Toxicomane #Héroïne

    https://www.youtube.com/watch?v=AwDZFhn1wQw

  25. « Je dois passer au milieu des dealers » : Insultés, suivis et parfois agressés, les étudiants de Perpignan excédés par l’insécurité du campus de Mailly
    lesobservateurs.ch/2022/09/13/je-dois-passer-au-milieu-des-dealers-insultes-suivis-et-parfois-agresses-les-etudiants-de-perpignan-excedes-par-linsecurite-du-campus-de-mailly
    12 septembre 2022
    À Perpignan, le campus qui accueille les étudiants en droit est implanté au milieu d’un quartier gitan défavorisé. Insultés, suivis, et parfois agressés, ils effectuent leur rentrée dans un sentiment d’insécurité, entendu par la municipalité.

    «Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un coupe-gorge, mais presque». Formule alarmante mais pesée, c’est ainsi que Marie* définirait l’université dans laquelle elle a effectué sa dernière année de licence de droit, à Perpignan. Implanté au cœur du quartier Saint-Jacques, centre historique de la ville occupé désormais par la communauté gitane, le campus dit «Mailly» détonne au milieu des immeubles délabrés.

    Un quotidien difficile pour les filles surtout
    (…) Marie, étudiant sur le campus jusqu’en 2021, garde le souvenir désagréable d’un lieu où s’additionnent «pauvreté, prostitution, drogue, violence» et, de fait, «une énorme insécurité». «En tant que fille notamment, c’est très difficile au quotidien: je me fais siffler et interpeller tous les jours, pour aller à la fac je dois passer au milieu des dealers, certaines personnes me crachent dessus ou à mes pieds. C’est comme si, tout à coup, deux mondes se rencontraient», poursuit-elle.

    «Dès que tu descends de la navette, tu rentres le plus vite possible dans la fac et tu essaies de n’en ressortir que le soir, pour passer le moins de temps possible dehors», poursuit Marie.

    (…) Conscients que le lieu est propice à l’insécurité, les intervenants ont détaillé aux étudiants les comportements à éviter aux abords du campus. «Évitez de sortir seul(e), à la nuit tombée», «évitez de porter de manière ostensible des objets de valeur» ou encore «criez en cas d’agression», les conseils transmis sont plutôt inquiétants.

    «Même si on fait tout pour ne pas provoquer les riverains, quand on se fait cracher dessus ou insulté, on se sent forcément comme un intrus», poursuit le jeune homme.

    (…) Face à ces inquiétudes, la mairie se veut confiante. «Nous avons choisi d’implanter du service public dans un quartier réputé difficile et nous devons tenir nos promesses. Cette année encore, nous allons multiplier les initiatives: commencer à rénover le quartier, offrir un vrai point de restauration sur le campus, multiplier la fréquence des navettes. C’est un pari qui n’est pas gagné d’avance, mais nous nous investissons», promet Philippe Mocellin. Reste encore à convaincre les étudiants concernés.

    Le Figaro

    (Merci à Tara King)

    Extrait de: Source et auteur

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  26. Pays-Bas, Belgique, France: Ces pays submergés par la coke et les cartels
    blick.ch/fr/news/france/dans-les-ports-les-douaniers-sont-depasses-les-cartels-de-la-coca-ne-de-plus-en-plus-puissants-en-europe-id18114234.html
    Richard Werly4 décembre 2022
    Dans les ports, les douaniers sont dépassés

    Les cartels de la cocaïne, de plus en plus puissants en Europe

    De plus en plus d’observateurs et de policiers européens font le même constat: le vieux continent est aujourd’hui submergé par la cocaïne et ses cartels. Le sommet entre l’Union européenne et les Balkans, le 6 décembre, devrait évoquer ce sujet.

    Publié: 15:47 heures

    |

    Dernière mise à jour: 17:56 heures

    keystone-sda.ch

    Europol, l’Office européen de police, a annoncé le 24 novembre le démantèlement d’un “super-cartel” dirigé des Émirats arabes unis (EAU), qui contrôlait «environ un tiers du commerce de la cocaïne en Europe». Près de 50 personnes ont été arrêtées entre le 8 et le 19 novembre.

    Richard WerlyJournaliste Blick

    Un continent submergé par le trafic de drogue, où les cartels de la cocaïne achètent les polices, les douanes, les autorités portuaires et les gouvernements… L’Europe est-elle en train de devenir la nouvelle Amérique latine? Alors que tous les projecteurs des médias et des experts en matière de sécurité sont tournés vers l’Ukraine, une autre guerre bat son plein. Elle a lieu dans l’ombre. Elle se joue jour et nuit dans les forêts de containers débarqués à Rotterdam (Pays-Bas), Anvers (Belgique), Le Havre (France) ou Cadix (Espagne).

    Ses combattants traquent les pains de poudre blanche, dissimulés dans les cargaisons de fruits, dans des boîtes de conserve, ou à l’intérieur de troncs d’arbres tropicaux préalablement évidés. L’argent de la coke est déjà un poison au sein des forces de l’ordre. En bref, cette guerre-là est comme celle qui a lieu en Ukraine: s’ils ne montent pas en gamme dans leur offensive, les Européens ne sont absolument pas sûrs de la gagner.

    Fragilité de la police et des douanes
    Un seul fait démontre la fragilité des institutions spécialisées dans des pays tels que la Belgique, les Pays-Bas et la France: le démantèlement, le 28 novembre, d’un «supercartel» de la cocaïne basé à Dubaï, aux Émirats arabes unis. C’est Europol, l’office européen de coordination policière, qui l’a annoncé. Des «raids coordonnés» ciblant «le centre de commandement et l’infrastructure logistique» de ce réseau ont permis l’arrestation de pratiquement 49 personnes, affirme Europol.

    Ce coup de filet intervient après l’extradition vers la France, le 17 décembre 2021, par les autorités de Dubaï d’un caïd marseillais, Hakim Berrebouh. Il est aussi l’une des conséquences de l’interpellation le 1er janvier sur une aire d’autoroute de Pelousey (Doubs) du frère de Sofiane Hambli, l’un des plus gros trafiquants de drogue français. L’homme avait sur lui de faux documents d’identité suisses. Sofiane Hambli a pour sa part été condamné à vingt ans de prison au Maroc, pays auquel la France réclame l’extradition du Franco-algérien.

    L’infiltration de la messagerie cryptée Sky
    Le supercartel de la cocaïne démantelé par Europol a pu être en partie localisé et identifié grâce à l’infiltration par la police de la messagerie cryptée Sky, utilisée par les trafiquants. Son importance? «L’ampleur de l’importation de cocaïne en Europe sous le contrôle et le commandement des suspects était massive. Plus de 30 tonnes de drogue ont été saisies par les forces de l’ordre durant les investigations», précise l’agence européenne. «Il y a clairement une volonté d’inonder l’Europe. On n’arrive pas à juguler ce flux», argumentait récemment dans l’hebdomadaire «Le Point» Laurent Laniel, un expert en stupéfiants.

    Et d’ajouter: «L’Europe est un marché en développement depuis environ dix ans. Cela concerne surtout l’Europe de l’Ouest et l’Italie, mais aussi, de plus en plus, l’Europe de l’Est, ainsi que la Turquie, à la fois pays consommateur et dont les organisations criminelles sont impliquées dans le trafic. Une autre tendance notable est le développement sur le sol européen de la production de chlorhydrate de cocaïne. On a démantelé des laboratoires aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne… À quand la France? On estime que quelques dizaines de tonnes seraient déjà produites chaque année en Europe.»

    Une terreur de la poudre blanche
    En Belgique comme aux Pays-Bas, cette terreur de la poudre blanche porte un nom: la «mocro-mafia», surnom de la mafia marocaine qui gère le trafic. En 2020, la police néerlandaise a découvert lors d’investigations sur une livraison de cocaïne une chambre de torture mobile, un conteneur où se trouvait une chaise de dentiste, un scalpel, des pinces, une scie. Les dockers et les gardiens de prison sont de plus en plus souvent achetés, ou intimidés.

    Un magistrat belge interrogé par RTL a résumé en chiffres sonnants et trébuchants l’ampleur du trafic: «Un gramme de cocaïne coupée trois fois en moyenne rapporte 150 euros. L’année dernière, 90 tonnes ont été saisies par les douanes. Imaginez-vous maintenant que nous sommes à 12% de saisies. Vous multipliez par 900 tonnes en une année, et ce sont des milliers de milliards d’euros qui sont en cause.»

    À lire aussi

    La Suisse n’est pas à l’abri. Sa position géographique fait d’elle un couloir privilégié de transit sud-nord, le plus souvent géré par les groupes mafieux italiens et albanais. En août dernier, 27 personnes liées à un trafic de drogue international ont été arrêtées sur le sol helvétique. Des points de revente ont été démantelés dans treize cantons. Six personnes ont été arrêtées dans le canton de Lucerne, dont l’une était responsable de l’écoulement de 82 kilos de cocaïne. Précédemment, à l’automne 2021, un trafic d’amphétamines dirigé par un ressortissant néerlandais avait été démantelé en Valais.

    «L’infiltration dépasse toutes les fictions»
    La vice-procureure de Paris Laure Beccuau a donné l’alarme dans Le Monde. «L’infiltration de nos sociétés par les réseaux criminels dépasse toutes les fictions» a-t-elle asséné le 18 novembre.

    Son constat: les États européens sont fragilisés. «Il suffit de regarder ce qui se passe en Belgique et aux Pays-Bas pour démontrer que les organisations que l’on affronte n’ont aucune limite dans leurs moyens financiers, aucune limite dans leurs frontières ni dans leurs champs d’action […] Si on n’a pas une réaction suffisante, la contagion est annoncée. Nous savons que ces groupes ont atteint dorénavant un seuil dans leur présence sur les points d’entrée de la drogue en France. Notamment les ports, qui constituent des points de fragilité extrême. Ces organisations se projettent déjà sur les structures portuaires et aéroportuaires, avec des hommes de main présents sur le territoire français.»

    La question de l’entraide judiciaire
    Le problème? L’entraide judiciaire internationale avec les pays d’origine de la cocaïne, en Amérique latine, et ceux par où transitent les cargaisons ou les flux financiers, comme Dubaï. Autre difficulté: les Balkans, toujours tenus à l’écart de l’Union européenne et grands pourvoyeurs de réseaux criminels, y compris en Suisse.

    Le prochain sommet entre l’UE et les Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Serbie et Monténégro) a lieu ce mardi 6 décembre dans la capitale albanaise Tirana. Or, la question de la coopération policière n’y sera abordée qu’en matière de migration. La Serbie, très proche de la Russie, continue par ailleurs son jeu trouble. Et pendant ce temps-là, la coke peut déferler.

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  27. Guerres de la drogue et destruction de l’environnement : dans son discours à l’ONU, le président colombien accuse les États-Unis
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    10 novembre 2022
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    10.novembre.2022 // Les Crises
    Colombie, ONU, USA
    Lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, le président colombien de gauche nouvellement élu, Gustavo Petro, a dénoncé la guerre contre la drogue et la destruction de la planète menée par les États-Unis. Nous reproduisons ici l’intégralité de ses propos.

    Un discours intéressant à (re)lire en période de COP27…

    Source : Jacobin Mag, Gustavo Petro
    Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

    Le président colombien Gustavo Petro prend la parole lors de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) au siège de l’ONU, le 20 septembre 2022, à New York. (Anna Moneymaker / Getty Images)

    Lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies cette semaine, le président colombien de gauche nouvellement élu, Gustavo Petro, a dénoncé la guerre contre la drogue et la destruction de la planète menée par les États-Unis. Nous reproduisons ici l’intégralité de ses propos.

    Ce qui suit est une traduction du discours du président colombien Gustavo Petro devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

    Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres, Excellences, mesdames et messieurs les chefs d’État et chefs de mission accrédités à la 77e Assemblée générale des Nations Unies ; Madame la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies Amina Mohammed, vous tous.

    Je viens de l’un des trois plus beaux pays de la planète. Là explose la vie. Il y a des milliers d’espèces multicolores dans les mers, dans les cieux, dans les terres. Je viens du pays des papillons jaunes et de l’enchantement. Là, dans les montagnes et les vallées qui revêtent toutes les nuances de vert, non seulement les eaux abondantes coulent, mais aussi les torrents de sang.

    Je viens d’un pays à la beauté gorgée de sang. Mon pays n’est pas seulement beau —il est aussi violent.

    Comment la violence et la beauté peuvent-elles coexister ainsi ? Comment la biodiversité de la vie peut-elle être entrelacée avec les danses de la mort et de l’horreur ? Qui est à blâmer pour avoir rompu l’enchantement en faisant régner la terreur ? A qui ou à quoi doit-on faire porter la responsabilité de vouloir noyer la vie derrière la routine des décisions liées à la richesse et à l’intérêt ? Qui nous conduit à la destruction en tant que nation et en tant que peuple ?

    A qui ou à quoi doit-on faire porter la responsabilité de vouloir noyer la vie derrière la routine des décisions liées à la richesse et à l’intérêt ?

    Mon pays est beau, parce qu’il abrite la jungle amazonienne, la forêt du Chocó, les eaux, la cordillère des Andes et les océans. Dans ces forêts tropicales, le monde émet de l’oxygène et absorbe du CO2 atmosphérique. Parmi des millions d’espèces, l’une de ces plantes qui absorbe le CO2, est l’une des plus menacées sur la Terre. Partout où elle pousse, on cherche à la détruire. C’est une plante amazonienne. C’est la coca, la plante sacrée des Incas.

    La jungle que nous essayons de sauver est, au même moment, détruite, comme à une croisée des chemins paradoxale.

    Pour détruire la plante de coca, on pulvérise des poisons, des quantités massives de glyphosate qui se déversent dans les eaux, on appréhende ses cultivateurs et on les emprisonne. Pour détruire ou posséder la feuille de coca, un million de Latino-Américains sont assassinés, et deux millions d’Afro-Américains sont emprisonnés en Amérique du Nord.

    « Détruisez la plante qui tue », criez-vous depuis le Nord, « Détruisez-la ». Mais cette plante n’est qu’une parmi des millions d’autres qui périssent lorsqu’on déchaîne le feu sur la forêt tropicale.

    « Détruisez la forêt tropicale », «[Détruisez] l’Amazonie » tel est le mot d’ordre suivi par les États et les entreprises. Peu importe que les scientifiques aient fait de la forêt tropicale l’un des grands piliers du climat. Pour les gens de pouvoir de ce monde, la forêt tropicale et ses habitants sont à blâmer pour le fléau qui les frappe. Les gens de pouvoir sont rongés par la dépendance à l’argent, à leur propre pérennité, au pétrole, la cocaïne et les drogues les plus dures afin de mieux s’anesthésier.

    Rien n’est plus hypocrite que les discours pour sauver la forêt tropicale. La forêt tropicale brûle, Messieurs, pendant que vous faites la guerre et en jouez. La forêt tropicale, pilier climatique du monde, disparaît avec toute sa vie. La grande éponge qui absorbe le CO2 de la planète s’évapore. La forêt tropicale – salvatrice – est considérée dans mon pays comme l’ennemi à vaincre, comme une mauvaise herbe à éradiquer.

    La contrée de la coca et des paysans qui la cultivent, parce qu’ils n’ont rien d’autre à cultiver, est diabolisé. Mon pays ne vous intéresse pas, si ce n’est pour remplir ses forêts tropicales de poison, mettre ses hommes en prison et jeter ses femmes dans l’exclusion.

    L’éducation de ses enfants ne vous intéresse pas, vous préférez tuer sa forêt tropicale et extraire le charbon et le pétrole de ses entrailles. L’éponge qui absorbe le poison est inutile ; vous préférez répandre davantage de poison dans l’atmosphère.

    Nous sommes votre excuse pour le vide et la solitude de votre propre société qui vous ont poussés à vivre dans votre bulle de drogue. Nous vous masquons ces problèmes que vous refusez de résoudre. Il est plus simple de déclarer la guerre à la forêt tropicale, à ses plantes, à ses habitants.

    Pendant que vous laissez brûler les forêts, pendant que les hypocrites éradiquent les plantes avec des poisons pour cacher les désastres de leur propre société, on nous demande toujours plus de charbon, toujours plus de pétrole pour assouvir l’autre addiction : celle de la consommation, du pouvoir, de l’argent.

    Qu’est-ce qui est le plus toxique pour l’humanité : la cocaïne, le charbon ou le pétrole ? Les diktats du pouvoir ont décidé que la cocaïne est le poison et doit être poursuivie, même si les décès par overdose qui lui sont imputables sont en nombre minimes (on en compte bien plus qui sont dus aux substances qui lui sont ajoutées en raison de son illégalité imposée).

    Pendant ce temps, le charbon et le pétrole doivent être protégés, même si leur utilisation peut éradiquer toute l’humanité. Telles sont les façons du pouvoir mondial, de l’injustice, de l’irrationalité, parce que le pouvoir mondial est devenu irrationnel.

    Dans l’exubérance de la forêt tropicale, dans sa vitalité, vous voyez la luxure, le péché – la coupable origine de la tristesse de vos sociétés est inscrite dans la profonde compulsion illimitée de possession et de consommation. Comment cacher la solitude du cœur – sa sécheresse au sein de sociétés dépourvues de sentiments, compétitives jusqu’à emprisonner l’âme dans la solitude – si ce n’est en accusant la plante, l’homme qui la cultive, les secrets libérateurs de la forêt tropicale. Selon les puissances mondiales irrationnelles, ce ne serait pas la faute du marché si l’existence est écourtée, c’est celle de la forêt tropicale et de ceux qui l’habitent.

    Les comptes bancaires ne connaissent plus de limites. Même au cours des siècles, l’argent détenu par les plus puissants de la Terre ne pourrait pas être dépensé. La tristesse existentielle induite par cet appel artificiel à la concurrence est remplie de bruits et de drogues. La dépendance à l’argent et aux avoirs a un autre visage : la dépendance à la drogue chez ceux qui perdent la compétition, les perdants de cette course artificielle en laquelle l’humanité s’est transformée.

    On ne guérit pas la maladie de la solitude en pulvérisant du glyphosate sur les forêts tropicales. La forêt tropicale n’est pas coupable. La coupable, c’est votre société qui a été formatée à la consommation sans fin, à cette confusion stupide entre consommation et bonheur qui permet aux poches du pouvoir de se remplir d’argent. La coupable de la toxicomanie n’est pas la forêt tropicale – c’est l’irrationalité de votre pouvoir mondial.

    Éclairez votre pouvoir par la raison. Allumez à nouveau les lumières du siècle. La guerre contre les drogues sévit depuis quarante ans. Si nous ne rectifions pas le tir et que nous continuons pour quarante années de plus, les États-Unis verront 2 800 000 jeunes mourir d’overdose due au fentanyl, qui n’est pas produit dans notre Amérique latine. Vous verrez des millions d’Afro-américains emprisonnés dans vos prisons privées – l’Afro-américain emprisonné deviendra le pion des entreprises pénitentiaires. Un million de Latino-Américains de plus seront assassinés ; nos eaux et nos champs verts se rempliront de sang. Vous verrez mourir le rêve de la démocratie, tant dans mon Amérique que dans l’Amérique anglo-saxonne. La démocratie mourra là où elle est née, dans la grande Athènes de l’Europe occidentale.

    En cachant la vérité, vous verrez mourir la forêt tropicale et les démocraties.

    La guerre contre les drogues est un échec. La lutte contre le changement climatique est un échec. Vous avez augmenté la consommation mortelle de drogues. Vous êtes passés des drogues douces aux drogues les plus dures. Un génocide a eu lieu sur mon continent, et dans mon pays, des millions de gens ont été condamnés à la prison. Pour cacher votre propre culpabilité sociale, vous avez accusé la forêt tropicale et ses plantes. Vous avez nourri vos discours et vos politiques d’absurdités.

    Depuis mon Amérique latine blessée, j’exige la fin de la guerre irrationnelle contre les drogues. La réduction de la consommation de drogues n’a pas besoin de passer par les guerres ou les armes ; elle passe par la construction par nous tous d’une société meilleure : une société plus solidaire, plus aimante, où l’intensité de la vie nous sauve des dépendances et des nouveaux esclavages. Voulez-vous moins de drogues ? Réfléchissez à moins de profit et à plus d’amour. Réfléchissez à un exercice rationnel du pouvoir.

    Ne touchez pas avec vos poisons la beauté de mon pays. Aidez-nous, sans hypocrisie, à sauver la forêt amazonienne pour sauver la vie de l’humanité sur la planète.

    Vous avez réuni les scientifiques, et ils ont parlé avec raison, avec des modèles mathématiques et climatiques. Ils nous ont dit que la fin de l’espèce humaine était proche, que son existence ne se comptait plus en millénaires, ni même en siècles. La science a tiré les sonnettes d’alarme, et nous avons refusé de l’écouter. La guerre a servi d’excuse pour ne pas prendre les mesures nécessaires.

    Quand il fallait agir, quand les discours ne servaient plus à rien, quand il était indispensable de mettre de l’argent dans les fonds pour sauver l’humanité, quand il fallait sortir au plus vite du charbon et du pétrole, on a inventé une guerre, et puis une autre, et encore une autre. Vous avez envahi l’Ukraine, mais aussi l’Irak, la Libye et la Syrie. Vous avez envahi ces pays au nom du pétrole et du gaz. Vous avez découvert au XXIe siècle la pire de vos addictions : l’addiction à l’argent et au pétrole.

    Les guerres vous ont servi d’excuse pour ne pas agir contre la crise climatique. Les guerres vous ont montré à quel point vous êtes dépendants de ce qui va mettre fin à l’espèce humaine.

    Les guerres vous ont servi d’excuse pour ne pas agir contre la crise climatique.

    Quand vous constatez que les populations affamées et souffrant de la soif migrent par millions vers le Nord, là où se trouve l’eau, vous les enfermez, vous construisez des murs, vous déployez vos mitrailleuses, vous tirez sur eux. Vous les expulsez comme s’ils n’étaient pas des personnes, vous avez multiplié par cinq les comportements de ceux qui ont élaboré les politiques conduisant aux chambres à gaz et aux camps de concentration ; vous êtes en train de reproduire 1933 à l’échelle planétaire, date du grand triomphe de l’assaut contre la raison, le jour du grand triomphe de l’assaut contre la raison.

    Ne voyez-vous pas que la solution au grand exode qui s’est abattu sur vos pays dans le Nord est de faire revenir l’eau qui remplit les rivières et les nutriments qui emplissent les champs ?

    La catastrophe climatique nous inonde de virus qui s’emploient à nous envahir et nous ravager, mais pendant ce temps, vous faites du business avec les médicaments et transformez les vaccins en marchandises. Votre proposition est que le marché nous sauve de ce que le marché lui-même a créé. Le Frankenstein de l’humanité réside dans le fait de laisser le marché et la cupidité agir sans planification, en renonçant à la matière grise et à la raison, en plaçant la rationalité humaine sous le joug de la cupidité.

    Pourquoi la guerre, si ce qu’il nous faut c’est de sauver l’humanité ? A quoi servent l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et les empires, si ce qui se profile c’ est la fin de l’intelligence ?

    La catastrophe climatique va tuer des centaines de millions de gens – et écoutez bien – cette catastrophe n’est pas le fait de la planète, elle est le fait du capital. C’est le capital qui est à l’origine du désastre climatique. La logique qui consiste à entrer en relation les uns avec les autres pour consommer toujours plus, pour produire toujours plus, pour que quelques-uns gagnent toujours plus, produit le désastre climatique. Vous avez énoncé la logique de l’accumulation accrue du capital; le charbon et le pétrole sont devenus les moteurs de l’énergie et vous avez déclenché l’ouragan : les changements chimiques dans l’atmosphère sont toujours plus graves et plus mortels. Actuellement, dans ce monde parallèle, l’accumulation accrue du capital est une accumulation accrue de la mort.

    Votre proposition est que le marché nous sauve de ce que le marché lui-même a créé.

    Depuis les terres de la forêt tropicale et de la beauté, où vous avez décidé qu’une plante de la forêt amazonienne serait une ennemie, qu’il fallait extrader et emprisonner ses cultivateurs, je vous invite à mettre fin à la guerre et à arrêter la catastrophe climatique.

    Ici, dans cette forêt amazonienne, l’humanité est en échec. Derrière les brasiers qui la consument, derrière son empoisonnement, il y a un échec intégral, civilisationnel de l’humanité.

    Derrière la dépendance à la cocaïne et aux autres drogues, derrière la dépendance au pétrole et au charbon, se cache la véritable dépendance de l’époque actuelle de l’histoire humaine : la dépendance au pouvoir irrationnel, au profit et à l’argent. C’est l’énorme machine mortelle qui peut mettre fin à l’humanité.

    En tant que président d’un des plus beaux pays du monde et de l’un des plus ensanglantés et violents, je vous propose de mettre fin à la guerre contre la drogue – et à toutes les guerres – et de permettre à notre peuple de vivre en paix.

    J’en appelle à toute l’Amérique latine à cette fin. J’en appelle à la voix de l’Amérique latine afin que nous nous unissions pour vaincre l’irrationnel qui martyrise notre corps. Je vous demande de sauver la forêt amazonienne, toute la forêt amazonienne, grâce aux moyens qui pourront être affectés à la vie dans le monde entier.

    Si vous n’êtes pas en capacité de trouver les fonds pour redonner vie à la jungle, si pour vous il est plus important d’affecter votre argent aux armes plutôt qu’à la vie, alors réduisons notre dette extérieure afin de pouvoir libérer et alimenter nos propres budgets et pouvoir ainsi réaliser la tâche de sauver l’humanité et la vie sur la planète. Si vous, gens du Nord ne voulez pas le faire, alors nous le ferons. Il suffit de remplacer la dette par la vie, seulement de remplacer la dette par la nature.

    Telle est ma proposition, et j’appelle l’Amérique latine à en faire de même, à entamer le dialogue afin de mettre fin à la guerre. Ne nous contraignez pas à aligner nos armées sur les champs de la guerre. L’heure est à la Paix. Que les peuples slaves se parlent entre eux, que les peuples du monde se parlent entre eux. La guerre n’est qu’un piège qui nous rapproche de la fin des temps dans la grande orgie de l’irrationalité. Depuis l’Amérique latine, nous appelons l’Ukraine et la Russie à faire la paix.

    Ce n’est que par la paix que nous pourrons sauver la vie sur cette Terre qui est la nôtre. Il n’y aura pas de « paix absolue » tant qu’il n’y aura pas de justice sociale, économique et environnementale. Nous aussi, nous sommes en guerre – avec la planète. Sans Paix avec la planète, il n’y aura pas de paix entre les nations. Sans justice sociale, il n’y aura pas de paix sociale.

    Traduit initialement en anglais par ONU et Finance Colombie. Édité par Seth Wulsin.

    Gustavo Petro est le trente-quatrième président de la République de Colombie.

    Source : Jacobin Mag, Gustavo Petro, 24-09-2022

    Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

    Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

  28. «J’ai cuisiné la coke dans les labos» _ Jorge continue le combat de son père contre le narcotrafic

    January 11th, 2023

    En 1984, Rodrigo Lara Bonilla, le ministre de la justice colombien est assassiné par des hommes de main de Pablo Escobar. 40 ans plus tard, Jorge Lara continue le combat de son père contre les trafiquants de drogue qui gangrènent son pays.

    https://odysee.com/@aniballes:2/%C2%ABJ%E2%80%99ai-cuisin%C3%A9-la-coke-dans-les-labos%C2%BB-_-Jorge-continue-le-combat-de-son-p%C3%A8re-contre-le-narcotrafic:c

  29. Le marché du crack se développe en Suisse romande
    20min.ch/fr/story/le-marche-du-crack-se-developpe-dans-le-canton-856613971066
    8 février 2023
    Publié8 février 2023, 16:26

    Vaud: Le marché du crack se développe dans le canton

    Après Genève, Yverdon-les-Bains fait face à un boom de la consommation de crack. Un scénario qui inquiète les autorités.

    À Genève, certaines rues du quartier des Pâquis sont le théâtre de points de deal.
    À Genève, certaines rues du quartier des Pâquis sont le théâtre de points de deal.

    LUCIEN FORTUNATI
    La «drogue du pauvre» séduit de plus en plus. Déjà solidement installé à Genève, le crack s’implante peu à peu dans le Nord vaudois. En cause, le prix modeste de ce dérivé de la cocaïne et la forte dépendance qu’il implique. Si le phénomène semble pour l’instant se cantonner à Yverdon-les-Bains, la police craint une expansion de ce dernier, relate «24 heures».

    Outre la question sanitaire, le comportement des personnes dépendantes inquiète. À Genève, la présence d’une zone de deal aux abords de l’école primaire des Pâquis a déchaîné la chronique durant plusieurs mois. De nombreux débordements liés à la consommation de crack sont également venus troubler le fragile équilibre du Quai 9, local d’injection, situé derrière la gare Cornavin.

    Les autorités vaudoises assurent veiller à ce qu’un scénario similaire ne se reproduise pas dans le canton. Si la consommation est en hausse à Yverdon-les-Bains, la situation n’est pas aussi grave qu’à Genève. La ville de Lausanne, quant à elle, semble pour l’instant épargnée, comme l’a rapporté la police municipale au quotidien vaudois.

    (sbv)

  30. Bilan 2022 de la criminalité dans le canton de Vaud
    vd.ch/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/detail/communique/bilan-2022-de-la-criminalite-dans-le-canton-de-vaud-1679903933
    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    État de Vaud

    Publié le 27 mars 2023

    Les autorités communiquent un bilan 2022 plutôt positif en matière de criminalité sur le sol vaudois. Concernant le Code pénal par rapport à 2021, le nombre d’infractions a connu une légère hausse de 3% et le nombre de prévenus une hausse plus élevée de 12%. Si les dommages à la propriété, les lésions corporelles graves et les infractions liées à la violence domestique sont en baisse, les cambriolages, les vols et les lésions corporelles simples sont en hausse. Le nombre de cas de brigandages est resté stable.

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    A l’occasion de la présentation annuelle des chiffres de la criminalité, Vassilis Venizelos, conseiller d’Etat et président du Conseil cantonal de sécurité (CCS), a souligné « l’important travail fourni ces dernières années par l’ensemble de la chaîne pénale au service de la population vaudoise malgré les incertitudes et l’instabilité tant sur le plan sanitaire, que sur celui de l’approvisionnement en énergie, voire géopolitique. La Police cantonale et les polices communales vaudoises, notamment, ont contribué au maintien de la qualité de vie dont bénéficie le canton. Sur le plan de la criminalité, la stabilité constatée en 2022 témoigne de l’efficacité de l’action des partenaires sécuritaires ».

    Vaud : légère hausse des infractions au CP et baisse des infractions à la LStup et à la LEI
    Au cours de l’année 2022, 43’812 infractions au Code pénal (CP) ont été constatées, contre 42’500 infractions en 2021. Cela représente une légère augmentation de 3%. Après deux années caractérisées par la pandémie, la police constate un retour à la situation de 2019. En revanche, les infractions à la Loi sur les stupéfiants (LStup) connaissent une diminution de 8% pour un total de 5’550 infractions (6’037 en 2021). Les infractions à la Loi sur les étrangers et l’intégration (LEI) connaissent une baisse plus marquée de 17% pour un total de 1’961 infractions (2’353 en 2021).

    Une hausse de 12% du nombre de prévenus au CP a été observée avec 9’410 prévenus (8’396 en 2021). Si les infractions au CP ont fortement baissé depuis 2012 (78’536), le nombre de prévenus a continuellement progressé, illustrant ainsi les résultats positifs des investigations policières.

    Parmi les infractions au CP, 64% concernent le patrimoine (27’843), 14% la liberté (6’004), 8% la vie et l’intégrité corporelle (3’315) et 2% l’intégrité sexuelle (915). A ces chiffres s’ajoutent 5’112 infractions concernant d’autres titres du CP et 623 infractions contre l’autorité publique, dont 212 pour violences ou menaces contre les autorités ou les fonctionnaires.

    Au nombre de 3’955, les cambriolages ont augmenté de 11% par rapport à 2021 (3’569). Une lecture à plus long terme indique toutefois une tendance à la baisse. Cette dernière est perceptible depuis 2013 (11’510). Par ailleurs, il faut relever que le volume observé en 2022 est le 3ème plus faible des 10 dernières années avec des chiffres encore plus bas en 2020 et 2021. L’augmentation constatée est donc à inscrire dans un phénomène de retour à une certaine « normalité » avec la levée des restrictions liés au Covid-19.

    Les cas de dommages à la propriété ont connu une baisse conséquente de 16% par rapport à 2021 (3’946 contre 4’716). Néanmoins, les cas de vols (sans vols de véhicules) ont connu une hausse de 10% (13’082 contre 11’868), avec une augmentation de 29% pour les vols à l’étalage en particulier (948 contre 1’223). De même, on constate une hausse des vols de véhicules de 5% (2’464 contre 2’336), avec une augmentation des vols de cyclomoteurs électriques (eBikes) de 45% (885 contre 612).

    Une certaine stabilité du nombre de brigandages est observée avec 193 cas en 2022 par rapport à 191 cas en 2021, sachant que le nombre de brigandages avec une arme dangereuse est passé de 48 en 2021 à 43 en 2022. Si les lésions corporelles simples sont en hausse de 21% avec 797 cas pour 2022 contre 658 pour 2021, les lésions corporelles graves sont en baisse notable de 62% avec 15 cas pour 2022 contre 39 pour 2021.

    Le nombre d’infractions liées aux violences domestiques a diminué de 9% en 2022 par rapport à 2021. En 2022, ce sont 3’422 infractions qui ont été constatées dans le cadre de 1’499 affaires. Par ailleurs, au cours de cette année-là, ce sont 27% des affaires de violence domestique qui ont conduit l’auteur à être soumis à une mesure d’expulsion du domicile. À titre comparatif, le nombre d’infractions en 2021 s’élevait à 3’767 infractions sur 1’439 affaires, et 28% de celles-ci avaient conduit à une mesure d’éloignement du domicile de l’auteur.

    Priorité donnée à la lutte contre les escroqueries et la pornographie sur internet

    Avec 71% des infractions de criminalité numérique (total pour 2022 : 2626), les escroqueries représentent la catégorie d’infractions la plus largement représentée, suivie par la pornographie (8%). En comparaison avec la moyenne de 2020 et de 2021, la police a observé en 2022 une hausse de 17% des escroqueries (1’870 cas) et une hausse encore plus élevée de 61% de la pornographie (212 infractions).

    Les campagnes de prévention en matière de cyber-escroqueries qui ont été lancées au cours de l’année 2019 se sont poursuivies pour la quatrième et dernière année consécutive. Par ailleurs, la brigade spécialisée en cybercriminalité a été renforcée.

    Afin de protéger les jeunes, qui représentent une population particulièrement vulnérable face à la pornographie sur internet, des collaborateurs des polices vaudoises se rendent dans les classes de huitième année mais aussi dans d’autres classes du canton pour informer les élèves des dangers liés à l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux, notamment ceux en lien avec ce type d’infraction. De plus, une task-force spéciale a été mise sur pied afin de traiter un maximum d’affaires de cyberpédophilie.

    Face à l’augmentation récurrente des cyber-infractions, la Commandante de la Police cantonale vaudoise, Sylvie Bula, estime qu’une réponse conjointe « des spécialistes des enquêtes cyber et de
    la prévention criminelle doit permettre à la fois d’identifier les auteurs et de les renvoyer devant la justice, mais aussi de prévenir la commission de ces infractions en sensibilisant les potentielles victimes par des campagnes de prévention ciblées ».

    Tout au long de l’année, les polices vaudoises mènent, sur les réseaux sociaux, sur internet et sous forme d’actions sur le terrain, des campagnes de prévention afin de rappeler les messages de prudence et les conseils utiles, que ce soit en matière de criminalité dite traditionnelle ou de cybercriminalité.

    Lausanne : infractions au Code pénal

    A Lausanne, durant l’année 2022, 13’358 infractions au Code pénal ont été comptabilisées (+10,3%), ce qui ramène aux chiffres observés avant la période du Covid-19 (2018 : 14’106 – 2019 : 12’524).

    Les violences domestiques, au nombre de 748, sont en baisse de 8,8% (2021 : 820) et aucune situation de féminicide n’est survenue. Le travail de soutien aux victimes se poursuit et les formations dans ce domaine sont un des éléments qui contribuent au développement de l’Unité spéciale pour la prise en charge des victimes.

    Les vols de véhicules sont en hausse. Cette augmentation est due aux vols de cycles électriques, trottinettes électriques et gyropodes, avec 93 infractions de plus en 2022 qu’en 2021 (+57,4%). Une augmentation particulière est constatée en matière de lésions corporelles simples, avec 334 cas, soit plus 49,8%, après plusieurs années de baisses notables (2019 : 303 – 2020 : 279 – 2021 : 223) ; ces situations sont principalement liées à la vie nocturne et surviennent essentiellement entre minuit et 6 heures du matin.

    Les objectifs 2023 pour le Corps de police de Lausanne sont de faire diminuer le nombre de victimes en garantissant la visibilité de la police sur l’espace public, de poursuivre le soutien aux victimes et
    d’aller à la rencontre de la population et des associations, par exemple via des cafés-rencontre.

    Bureau d’information et de communication de l’État de Vaud

    Renseignements pour la presse uniquement
    DJES, Jean-Christophe Sauterel, directeur communication et relations avec les citoyens, Police cantonale,
    021 644 80 22
    Jean-Philippe Pittet, Chef division communication, Police et SPSL Lausanne,
    021 315 33 55
    Téléchargements
    Cette page permet de retrouver tous les communiqués publiés depuis 1997 par le Conseil d’Etat, les départements de l’administration cantonale, le Grand Conseil et l’Ordre judiciaire. Son raccourci est http://www.vd.ch/communiques.
    Les communiqués diffusés par les autres institutions de l’Etat sont disponibles sur les pages suivantes:

    Retour sur la liste des communiqués

  31. Magouilles et corruption des élites : Le trafic de drogue, partie intégrante de l’économie mondiale (1)
    yogaesoteric.net/fr/magouilles-et-corruption-des-elites-le-trafic-de-drogue-partie-integrante-de-leconomie-mondiale-1

    On ne peut pas parler des magouilles qui se déroulent au plus haut niveau sans aborder le trafic de drogue, qui rapporte tant, et est en réalité un secteur stratégique pour de nombreux Etats. On va le voir avec la French Connection notamment : le rôle des milieux politiques est essentiel dans la définition des règles du jeu, qu’elles soient officielles ou non.

    L’affaire de la banque du Vatican nous amène fort logiquement à aborder le sujet du trafic de drogue, qui est une partie de l’activité économique mondiale aussi stratégique et encore plus rentable que le marché des armes.

    « Monopolisation toujours plus poussée des moyens de production, concentration sans cesse accrue des pouvoirs aux mains de petits groupes, centralisation géographique de ces pouvoirs, renforcement des appareils d’Etat, partage du monde entre quelques grandes puissances, nous vivons ‘l’âge de l’impérialisme’. Le monde du crime a suivi la même évolution », écrivait Alain Jaubert en 1981 dans « D comme Drogue ». De fait, le crime organisé s’est adapté aux règles du capitalisme US et de la globalisation, et a investi les mondes politique et économique.

    Le trafic de drogue dans le jeu politique mondial

    Au niveau mondial, il est évident que l’argent des cartels de la drogue alimente les circuits financiers, que ce soit en temps normal ou en temps de crise. Il est aussi évident que la finance mondiale s’est nourrie de ces capitaux, et cela depuis les guerres de l’opium du XIXe siècle en Chine[1]. Depuis ces guerres de l’opium, justement, des centres offshore et d’innombrables sociétés écrans permettent de faire circuler l’argent de l’économie souterraine vers l’économie « réelle » et vice-versa[2].

    Les montages se sont complexifiés, mais en gros la pierre angulaire du système sont les paradis fiscaux et le secret autour des bénéficiaires réels des comptes bancaires et sociétés écrans : ils permettent de faire transiter de l’argent discrètement, de le faire apparaître ou disparaître, de rémunérer discrètement des intermédiaires illégaux à coups de millions.

    On se doute bien qu’une grande partie de l’argent « perdu » dans les grands scandales financiers est passée par là. Et y est souvent restée, discrétion oblige. Voilà pourquoi les paradis fiscaux ne disparaîtront pas tant que nous n’aurons pas repris les choses en main, et pourquoi toutes les grandes banques y ont encore des filiales.

    Revenons au trafic de drogue, qui a été mis en place à grande échelle dès le XIXe par l’empire britannique, dont les guerres de l’opium ont été un révélateur[3], et qui a été repris en main progressivement par les Etats-Unis au cours du XXe siècle. On va parler des drogues illégales, mais il faut rappeler que l’héroïne ou la cocaïne ont d’abord été fabriquées par l’industrie pharmaceutique et que les drogues légales peuvent entraîner des désastres sanitaires comme l’a montré la crise des opioïdes aux Etats-Unis qui a fait 100.000 morts rien que pendant le covid.

    Grâce aux laboratoires pharmaceutiques, on sait transformer la morphine base en héroïne depuis les années 1870, et vers 1900 l’entreprise Bayer qui a déposé le nom « héroïne » le vendait comme sirop contre la toux ou comme substitut à la morphine. Quant à la cocaïne, c’est le laboratoire Merck qui l’a développée et transformée en produit commercialisable, popularisé par Freud dans sa pratique « médicale »[4] car ça donnait de la joie aux ménagères déprimées. Le commerce d’héroïne s’est donc développé à partir de là, d’autant que le produit était légal jusque dans les années 30.

    La Prohibition de l’alcool, d’abord testée au Canada, puis aux Etats-Unis de 1919 à 1933, a permis au crime organisé de s’organiser, et de mettre en place des filières internationales du crime actives dans le trafic d’alcool, de drogue, d’armes à l’occasion, etc.[5].

    C’est à cette époque qu’ont émergé les familles Bronfman, Kennedy, Rothstein, les mafieux Meyer Lansky, Lucky Luciano, Al Capone et compagnie. Milton Fridman, le père des Chicago Boys (qui ont largement contribué à l’organisation du coup d’Etat contre Allende au Chili et qui ont imposé le libéralisme ultra partout dans le monde), en plus d’être économiste à l’université de Chicago, a présidé la Gold Seal Liquor Company, qui appartenait à Al Capone, puis l’Illinois Wholesale Liquor Dealers. Jean Monnet était fils d’un fabricant de cognac, et a dirigé la Blair & Co où a travaillé Joe Kennedy, lui-même trafiquant puis marchand d’alcool, dans les années 20[6]. Le monde est petit.

    Pierre-Arnaud Chouvy et Laurent Laniel écrivaient en 2004 dans l’article « De la géopolitique des drogues illicites » : « il n’aura pas fallu plus d’un siècle pour que les États dominants s’entendent sur la conception et la mise en œuvre d’un régime de contrôle international des drogues instaurant les mécanismes de régulation – et de partage – de la production, du commerce et de la consommation de certaines drogues, dites “licites” (les “médicaments”), et en prohibant parallèlement d’autres, dites “illicites” (les “stupéfiants”).

    De fait, ce régime a créé deux marchés transnationaux qui se répartissent l’ensemble des drogues répertoriées sur la planète. Ces marchés sont interconnectés à plusieurs niveaux mais chacun d’entre eux dispose de ses dynamiques propres. Celles-ci sont notamment déterminées par les acteurs historiques distincts qui se sont chargés du contrôle immédiat de chacun des marchés : pour les médicaments, l’industrie pharmaceutique et les médecins allopathes, qui constituent un oligopole sous tutelle de l’État ; pour les stupéfiants, la police (la douane, etc.) et une série d’agents disparates, les “trafiquants”, fréquemment issus de la pègre et éventuellement liés aux services de sécurité (“secrets”) des États ».

    En France dans les années 30, comme on l’a vu dans une autre partie, les trafiquants de drogue du sud de la France se sont internationalisés, ouvrant des filières d’approvisionnement en matière première et de vente jusqu’aux Etats-Unis. Les Marseillais Carbone et Spirito, proches des milieux politiques et principalement du nabab politique local Simon Sabiani faisaient aussi dans le trafic d’armes pour les franquistes espagnols, dans la prostitution et dans les jeux.

    Avant la guerre, les deux avaient rejoint le PPF de Doriot et se sont mis au service de Vichy et de l’occupant, et Carbone avait même rejoint la Gestapo à Marseille avant de mourir dans le déraillement d’un train en 1943[7]. Quant à Sabiani et Spirito, ils se sont réfugiés en Espagne franquiste à la Libération, puis en Argentine pour le premier et aux Etats-Unis pour le second, grâce à ses liens de longue date avec la mafia US.

    Spirito est ensuite revenu à Marseille ouvrir son restaurant au milieu des années 50, sans être vraiment inquiété alors que selon toute vraisemblance il a continué à organiser son trafic à l’échelle internationale.

    Les Guérini, venus de Corse, s’installent à Marseille dans les années 20 et 30, d’abord dans le proxénétisme, et sous la protection d’un socialiste et syndicaliste[8] d’origine corse, Pierre Ferri-Pisani, qui avait été le secrétaire particulier de Simon Sabiani avant de se présenter contre lui aux élections et fricotait avec Irving Brown de la CIA pour la lutte « anticommuniste ». Après la guerre, ce sont eux qui ont pris la main sur le trafic marseillais.

    Les Guérini avaient des relations fort utiles, en premier lieu avec le commissaire Robert Blémant qui était à Marseille au service de Vichy pendant la guerre et est devenu directeur de la DST (renseignements généraux) pour le Sud-Est de la France après la guerre[9]. C’est Blémant qui est venui se mettre au service des Guérini en leur garantissant l’impunité dans leurs affaires, ce qui leur a permis d’étendre rapidement leur influence sur la région de Marseille entre 1945 et 1950.

    Ensemble, ils ont éjecté les ex collabos et proches du clan Carbone-Spirito du paysage politique et mafieux marseillais, jusqu’en 1947 quand Blémant a démissionné pour rejoindre complètement le clan des Guérini et conquérir les cercles de jeux parisiens avec Francisci et d’autres[10].

    Pendant les années 50 et 60, ce sont les Guérini qui tiennent le trafic de drogue, notamment de l’héroïne qui part aux Etats-Unis. Ils étaient en contact régulier avec les milieux politiques, invitant le jeune Pasqua alors simple directeur chez Ricard à leur table, appelant régulièrement au téléphone le ministre (socialiste) de l’Intérieur Jules Moch, sans pitié avec les manifestations ouvrières mais très ouvert aux intérêts de la pègre. C’est la fille d’Antoine Guérini qui a raconté ce souvenir d’enfance des conversations entre son père et le ministre.

    Un de leurs bras droits qui a pris son envol dans les années 50, Jo Renucci (qui a produit les premiers albums de Fernandel), était en lien avec le SDECE, auquel il semblait rendre divers services comme l’assassinat en 1955 à Tanger de l’administrateur des huiles Lesieur, Lemaigre-Dubreuil ou divers trafics d’armes. Renucci était un Collabo mais en 43 comme beaucoup d’autres il a senti le vent tourner et est passé du côté de la Résistance tout en menant ses trafics en lien avec le clan Carbone-Spirito.

    Il a même pris sa carte du pati gaulliste en 1947 et deux ans plus tard il était cité avec son ami député gaulliste d’Arras, Antoine Chalvet, dans le braquage de 100 millions de Francs de bons du Trésor à Arras. Butin évaporé dont une partie, selon Renucci, a servi à financer le parti. Après la guerre, Renucci s’est rapporché de Lucky Luciano (libéré de prison aux Etats-Unis en 46 et rappatrié en Sicile pour les besoins de la colonisation de l’Italie) dans la contrebande qui était menée à une échelle industrielle àç travers la Méditerranée, et avec les Guérini à Marseille.

    Jo Attia, qui a gravi les échelons entre la fin de la guerre et les années 50, a aussi rendu divers services au SDECE, notamment en Afrique, et plusieurs membres de sa bande ont été cités dans l’affaire de l’enlèvement de leader Marocain Ben Barka.

    Attia, du point de vue des US, était le premier gros trafiquant français à être aussi pleinement un agent des renseignements. A la fin des années 40, la Méditerranée était déjà sillonnée par les circuits de contrebande contrôlés par la mafia et la CIA.

    Les liens de la CIA avec les Corses, noués au moins à partir de 1942, ont perduré dans les années 50. Un camp d’entraînement anticommuniste a même été installé par les US pour préparer l’offensive contre le gouvernement communiste en Albanie, un peu comme les anglais ont utilisé Malte comme base arrière pour diverses opérations de subversion.

    A la fin de la deuxième guerre, le trafic s’est structuré, avec des ponts créés entre la French Connection et les trafiquants d’Amérique latine, et l’organisation des familles italiennes de New York autour de Meyer Lanski, qui collaborait étroitement avec la CIA et de Lucky Luciano, que le spécialiste des trafics de drogue Giuseppe Muti qualifie de « précurseur du trafic de drogue moderne et le planificateur des deux organisations criminelles de Cosa Nostra : l’américaine et la sicilienne » en charge de l’organisation des affaires dans le sud de l’Italie[11].

    C’est d’ailleurs le trafic de drogue qu’il a organisé après la guerre qui a financé le stay-behind à cette époque. Cette alliance nouée en 1949 quand Luciano et les différents clans de Corses se sont répartis le trafic d’héroïne international (les Français gérant la transformation et la distribution) a tenu jusqu’à la fin des années 50, quand Vito Genovese s’est déclaré le chef de toutes les familles, ce qui a relancé la guerre des clans.

    En 1945, les US ont expulsé en Italie une centaine de mafieux italiens impliqués dans le trafic de drogue, dont la plupart des chefs de clan comme Luciano, justement.

    Le bras droit de Luciano, Vito Genovese, qui deviendra le parrain du clan Genovese, était traducteur au QG de l’armée US à Naples en 1945, puis il a été envoyé à New-York pour gérer le trafic d’héroïne et la revente à Harlem, puis à Cuba où une grande réunion des parrains américano-siciliens a eu lieu en 46[12]. Les clubs de jazz ont été les premiers spots de diffusion de l’héroïne, transformant une bonne partie des grands artistes de l’époque en junkies.

    A partir de là, les mafieux du sud de la France réputés pour leurs laboratoires de transformation de l’héroïne, ceux d’Italie et des Etats-Unis ont collaboré dans le trafic international. Les laboratoires dans la région marseillaise puis en Corse se sont multipliés, tout comme les saisies d’héroïne aux Etats-Unis comme dans le sud de la France.

    D’ailleurs, une sorte d’impunité a été mise en place en Corse au tournant des années 60 par le pouvoir politique, faisant de l’île un paradis pour trafiquants en touts genres où la corruption était la règle. Les services américains qui cherchaient à démanteler les réseaux dans le sud de la France n’hésitaient pas à pointer la corruption dans la police, la justice et la politique, qui créait un terreau fertile.

    Les sources d’approvisionnement ont progressivement été multipliées pour répondre à une demande croissante à travers le monde. C’est d’ailleurs pour libérer les importations d’opium d’Indochine et de Turquie que les mafieux italiens de Luciano et français, notamment la bande des Guérini, ont été recrutés par la CIA pour casser les grèves des dockers –et les grévistes communistes avec – aux côtés du SAC gaulliste.

    Les trafiquants Français émigrés en Amérique latine ont retrouvé les réseaux de collabos et anciens nazis déjà présents, et se sont ainsi vite rapprochés des dictateurs au pouvoir -protégés par Washington- pour faciliter leurs business. Le trafic passait souvent par des sociétés d’import-export tenues par les criminels ou leurs hommes de paille, ou même par les longs courriers d’Air France.

    « En octobre 1960, les agents du BNDD arrêtèrent Mauricio Rosal, ambassadeur du Guatemala en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg, avec un chargement de 100 kg d’héroïne évalué à 3.5 millions de dollars dans ses valises embarquées sur un vol Paris – New-York. Proche de truands corses comme Etienne Tarditi qui le faisaient chanter avec des documents compromettants à propos de sa présumée pédophilie, il aurait passé plus de 200kg de drogue sur un an en usant de son statut diplomatique. Quelques mois plus tard, ce fut au tour de l’ambassadeur du Mexique en Bolivie puis de celui de l’Uruguay en Colombie d’être arrêtés par les agents américains, grâce à des renseignements fournis par des informateurs, pour les mêmes raisons », explique Alexandre Marchand dans l’article « French Connections en Amérique latine».

    La société Pernod Ricard, dont Charles Pasqua a été l’un des dirigeants à l’international, a rémunéré plusieurs gros trafiquants français comme son ami Jean Venturi qui était représentant de la boîte pour le Canada, et a permis de transporter des cargaisons d’un côté à l’autre de l’Atlantique. A l’époque, c’était Charles Pasqua le directeur commercial, supérieur hiérarchique direct de Venturi.

    Quand la French Connection a été traquée plus férocement à partir des années 60, beaucoup de trafiquants se sont implantés en Amérique latine, notamment En Argentine, où comme on l’a vu de nombreux fascistes et nazis étaient déjà bien installés et proches du pouvoir. Certains trafiquants comme Auguste Ricord ou André Condemine étaient carrément des anciens de la Gestapo. Et petit à petit, les cartels se sont mis en place, souvent en recrutant les experts français en la matière.

    « L’ère Luciano achevée, s’ouvre celle des Marseillais et des Corses, depuis toujours en collaboration étroite avec les parrains italo-américains. Forts de leurs appuis politiques et d’un environnement local favorable qui inhibent les forces de l’ordre, les “Français” disposent d’une expérience solide dans les réseaux méditerranéens qui apparaissent à cette époque comme la clef de voûte du trafic de drogue. Ainsi, ils se procurent la morphine en Turquie, la raffinent à Marseille et l’envoient aux États-Unis grâce à leurs contacts au Canada ou par la filière sicilienne bâtie lors du sommet de Palerme.

    Coordonnée depuis la place logistique et diplomatique de Milan et basée sur les unités criminelles placées à Rio de Janeiro, à Caracas, à Montréal et à New York, cette dernière filière est si bien organisée, et donc invisible, que son existence même est mise en doute voire nié », expliquait Giuseppe Muti dans l’article « Mafias et trafics de drogue : le cas exemplaire de Cosa Nostra sicilienne » paru en 2004 dans la revue Hérodote.

    Dans les années 50-60, la vague de la « contre-culture » a popularisé la consommation du LSD et des drogues psychédéliques, ouvrant un nouveau marché dans le secteur des stupéfiants, un marché contrôlé de près par les réseaux israéliens et les services anglais et US. Avec le dossier MK-Ultra, il a été démontré que la CIA avait expérimenté l’usage du LSD avant de le diffuser à grande échelle dans la jeunesse en ciblant particulièrement les hippies qui se positionnaient contre la guerre au Vietnam et pour des avancées sociales, notamment. C’est d’ailleurs de ce mouvement hippie en déshérence qu’est né le New Age, à grands coups de sectes et groupuscules d’illuminés pilotés eux aussi très souvent par la CIA et consorts.

    Après avoir examiné de près les cas Colombien, Mexicain, US, et français, il est clair que la lutte contre la drogue est une parfaite hypocrisie. D’une part, parce qu’on trouve des politiciens parmi les plus gros trafiquants, et parmi les plus gros consommateurs aussi. On trouve des politiques dans l’entourage des dealers –qui sont de plus en plus des patrons d’entreprise, gros et moins gros. Pourtant la répression contre les trafiquants en jogging et les petits consommateurs est toujours la seule préoccupation des autorités[13]. C’est un business qui permet de fixer le prix de la drogue et d’assurer des marges à toutes les échelles de la filière.

    D’autre part, parce que les résultats de cette « lutte contre la drogue » relèvent davantage du combat de classe que d’une action constructive. « Aux États-Unis, les lois antidrogue votées depuis les années 1970 ont eu pour conséquence de faire gonfler la population carcérale d’origine afro-américaine, comptant aujourd’hui pour 40 % de la population carcérale américaine et 59 % de la population emprisonnée pour violation de la législation en matière de stupéfiants », explique André Marchand dans un article paru en 2016 dans la revue « L’homme et la société »[14].

    On a vu les liens entre la mafia, les barbouzes et le milieu politique dans le cadre de la French Connection. Et en effet, le trafic de drogue n’est pas cloisonné, au contraire : les dealers collaborent avec des policiers, avec des politiques, avec d’autres mafieux. Le SAC était l’exemple parfait de ce microcosme, et Fauré raconte qu’il était membre du SAC, organisé par Pasqua, qui organisait aussi le trafic de cannabis grâce à Hassan II du Maroc, et qu’il soupçonne Pasqua d’avoir aussi contribué aux importations de cocaïne.

    Lisez la deuxième partie de cet article

    Notes :

    [1] Sur ce processus, je recommande le très bon documentaire « La toile d’Araignée : Le second Empire Britannique » :

    [2] Cf. « Le pouvoir de la drogue dans la politique mondiale » de Yann Moncomble ou « D comme Drogue » par exemple.

    [3] Il y a énormément à dire sur les guerres de l’opium au XIX e siècle, menées par l’Angleterre contre la Chine pour y faire entrer de force et au nom du « libre échange » des quantités d’opium, alors que le produit était interdit depuis 1729. Les importations ont été tellement importantes que plus de 20 % de la population adulte masculine était dépendante au tournant du XXe siècle. Ces guerres ont aussi entraîné la mise en place de l’empire bancaire et financier anglais, avec des paradis fiscaux disséminés un peu partout pour mener différents trafics légaux ou non (drogue, armes…), le tout sous pilotage du gouvernement anglais. La famille royale a bien-sûr touché sa part.

    [4] Paul Gootenberg écrivait en 2004 dans la revue Hérodote que : « Merck, qui transforma une rareté médicale et expérimentale en un produit commercialisable, fournissait le quart de la production mondiale de cocaïne et en fit sa ligne de production la plus profitable une décennie durant. Décisive pour Merck fut la période 1884-1886, lorsque l’anesthésie et les applications médicales qui en découlent stimulèrent la demande et multiplièrent les prix et la production par 5 et 20 respectivement, provoquant une “crise” de l’approvisionnement international en coca. Merck soutint alors les fournisseurs péruviens de « cocaïne brute » (du sulfate de cocaïne pure à 80%-90%), substance facilement transportable, sous forme de tourteaux produits sur les plantations, qui se conservait mieux et revenait moins cher à exporter que les feuilles de coca. Les tourteaux étaient ensuite transformés en cocaïne à usage médical en Allemagne distribuée par le réseau mondial de Merck ».

    [5] Je renvoie à ce sujet vers le livre « Dope Inc » coécrit par les Editors of the Executive Intelligence Review.

    [6] Cf. « Dope Inc. ».

    [7] A son enterrement, il y avait tout le gratin de l’Occupation. Comme le raconte Alain Jaubert dans « D comme Drogue », « La cérémonie religieuse réunit tout l’état-major allemand, les membres du PPF, l’ambassadeur Otto Abetz, Simon Sabiani, Mistinguett, et aussi Tino Rossi qui chante l’Ave Maria de Gounod ».

    [8] Ferri-Pisani a soutenu après la guerre la scission de la CGT, avec la création de FO, largement soutenue par les américains. Il a d’ailleurs rencontré régulièrement Irving Brown qui cherchait à casser la CGT à Marseille (notamment pour éviter le blocage des marchandises US au niveau du port) et a eu besoin de Ferri-Pisani et de ses gros bras, dont Guérini et sa bande, pour briser les grèves et manifestations. En 1948 il devient président de la Fédération nationale de la marine marchande de FO.

    [9] Cf. « Les Parrains corses : Leur histoire, leurs réseaux, leurs protections » de Jacques Follorou et Vincent Nouzille. Les auteurs expliquent que pendant la guerre, Blémant travaillait aussi discrètement pour la Résistance.

    [10] Blémant a ensuite eu des vélléités d’hégémonie dans le clan, s’est rapproché de Gaëtan Zampa puis a été liquidé à la demande d’Antoine Guérini en 1965, ce qui a ouvert une vendetta qui a notamment débouché sur l’assasinat d’Antoine Guérini en 1967. A son enterrement, il y avait des mafieux de toute l’Europe, selon la presse locale.

    [11] A la fin des années 30 la CIA (alors OSS) a fait sortir de prison un certain nombre de gangsters dont Meyer Lanski, et son vieux pote Lucky Luciano, pour mettre en place le trafic de drogue à l’échelle internationale en collaboration avec les services US. C’est le colonel Paul E. Helliwell qui a géré l’opération au départ, avec la bénédiction de Donovan, Angleton et Dulles. Avant eux, le trafic de drogue était très marginal aux Etats-Unis, les mafieux préféraient ne pas y toucher par principe.

    On doit aussi rappeler que l’OSS a envoyé Lucky Luciano en Sicile pour que la mafia appuie le débarquement et préparer le terrain de l’Italie d’après-guerre : beaucoup de parrains sont alors entrés en politique comme élus locaux en Sicile principalement.

    [12] Cf. « Operation Gladio. The unholy alliance between the Vatican, the CIA and the mafia » de Paul L. Williams. Etaient présents à cette réunion étaient présents Luciano, Frank Costello, Joe Profaci, Tommy Lucchese, les frères Fischetti héritiers d’Al Capone, ou encore Santo Trafficante notamment. Un concert de Sinatra a été organisé dans l’hôtel, avec une dédicace à Luciano pour introduction.

    [13] Cf. « Le prince du coke : dealer du Tout-Paris, la suite. » et « Dealer du Tout-Paris : le fournisseur des stars parle ».

    [14] « L’Etat, la drogue et le ‘complot’ en France : de la French Connection à l’îlot Chalon, des années 1960 aux années 1980 ». Mais cet article cherche en fait à réfuter l’implication de politiciens d’ordre national dans le trafic de drogue.

    yogaesoteric
    1 mars 2023

  32. Magouilles et corruption des élites : Le trafic de drogue, partie intégrante de l’économie mondiale (2)
    yogaesoteric.net/fr/magouilles-et-corruption-des-elites-le-trafic-de-drogue-partie-integrante-de-leconomie-mondiale-2

    Lisez la première partie de cet article

    Implication des milieux politiques

    Comme le résume Claudia Pacheco dans son livre La multinationale américaine des drogues, « La jeunesse qui se drogue, le fait pensant qu’ainsi elle s’oppose à l’establishment, quelle grande erreur! Les seuls bénéficiaires directs de leur vice sont justement les individus qui détiennent le pouvoir économique (trafiquants, banquiers, politiciens) et qui sont les individus les plus mal intentionnés ».

    A un certain niveau, le trafic de drogue ne peut pas être organisé sans la collaboration, ou au moins une grande bienveillance de la part des autorités. On observe que partout, les enquêtes s’arrêtent systématiquement avant d’arriver sur l’implication de politiques ou de responsables des forces de l’ordre, comme on dit. Par ailleurs, cet argent non déclaré est très pratique pour financer les opérations clandestines des armées et services de renseignements.

    En janvier 1962, un présentateur télé très connu et membre de la jet-set de l’époque, Jacques Angelvin, a été arrêté alors qu’il allait embarquer au port de New-York avec une voiture bourrée d’héroïne pour une valeur estimée de 50 millions d’euros à la revente.

    Il a fait quelques années de prison (à l’époque les peines étaient encore très légères) bien qu’il ait nié son implication dans un trafic. Il a refusé de donner le nom du commanditaire, mais les soupçons des enquêteurs se sont tournés vers un « industriel parisien »[15]. On n’était pas dans le petit trafic des quartiers populaires…….

    Cette affaire a marqué le début de la fin pour « la French », avec des pressions croissantes de Washington sur la France pour mettre fin au trafic international d’héroïne principalement, mais aussi de tout le reste, organisé par les Français. Il faut rappeler que la quasi-totalité de l’héroïne qui entrait alors aux Etats-Unis était fournie par les réseaux français.

    C’est comme cela qu’en 1970 Pompidou a fait passer une loi qui augmentait de 5 à 20 ans la peine pour production de drogue, ce qui a refroidi de nombreux chimistes du sud de la France où on transformait l’opium qui arrivait alors principalement de Turquie.

    C’est à ce moment qu’une antenne de la French Connexion s’est étendue dans toute l’Amérique latine, où venaient se réfugier les mafieux qui étaient de plus en plus dérangés en France. Les pays où ils se sont implantés étaient principalement :

    Le Mexique où le truand qui fut auxiliaire de la Gestapo Antoine d’Agostino s’est installé dès la fin de la guerre et y a organisé le transport de drogue vers le Etats-Unis, et a été rejoint par d’autres mafieux quand l’étau commençait à trop se resserrer. Comme le duo Jean- Baptiste Croce et Paul Damien Mondoloni, qui étaient en contact avec Jean Venturi, le représentant de Ricard au Canada et frère du parrain Corse Dominique Venturi, proche de Gaston Defferre.
    Cuba où la dictature de Batista (proche des Etats-Unis) a permis aux Corses et aux Siciliens d’en faire un pays de transit au début des années 50. Jean-Baptiste Croce a été envoyé au Mexique et à Cuba vers 1950 par son chef Ansan Bistoni et est immédiatement devenu un proche du dictateur cubain Fulgencio Battista. Cuba est alors devenue une plaque tournante pour l’héroïne en provenance de Marseille et pour la cocaïne en partance d’Amérique latine.
    Le Paraguay où un dénommé Auguste-Joseph Ricord[16], truand et ex-Collabo qui faisait partie de la bande de Lafond, appelée la Gestapo de la rue Lauriston, s’est rapproché des autorités militaires de la dictature en place. Selon un article du Monde paru en 1972 lors de son extradition aux Etats-Unis, les autorités US considéraient que « de nombreux dirigeants du Paraguay sont mêlés de près au trafic de l’héroïne. Des noms sont cités à Washington : le général Andres Rodriguez, commandant des blindés, le général Vicente Quinonez, chef de l’aviation, dont les aérodromes auraient été au service des contrebandiers, le général Patricio Colman, ancien chef des forces anti-guérilla, décédé il y a peu de temps ». D’autres noms ont encore été cités dans la police notamment.

    Ricord avait l’appui de la Cosa Nostra via Tommaso Buscetta, et a collaboré avec diverses barbouzes du SAC dont on a déjà parlé, comme le trafiquant Christian David, un proche des frères Guerini qui a travaillé pour lui jusqu’à son arrestation au Brésil en 1972 avec 500 kilos d’héroïne destinés aux USA. Il s’agissait donc d’un trafic international et à grande échelle.

    C’est d’ailleurs Ricord qui a permis au dictateur local le général Alfredo Stroessner – dont le règne s’est étalé de 1954 à 1989 et qui tout comme Juan Peron a protégé de nombreux nazis tels que Mengele – d’ériger le trafic de drogue en commerce d’ordre national. Surtout à partir de 1966 quand il a commencé à exporter de grosses quantités de drogue, produite en Turquie et raffinée dans le sud de la France, aux Etats-Unis. La corruption dans le pays était endémique, à tel point que selon le New York Times en 1985, « beaucoup des plus grosses fortunes du Paraguay viennent de la contrebande, une pratique si bien établie là-bas qu’on peut difficilement la qualifier d’illicite ».

    Christian David, recruté et encarté en 1961 au SAC alors qu’il se trouvait en prison, est arrivé comme on l’a déjà vu au Paraguay. Il a élargi l’activité de Ricord vers le trafic d’armes, notamment pour le compte des services français, uruguayens et américains comme l’explique le journaliste Allemand Henrik Krüger dans son livre The great heroin coup consacré au trafic de drogue international, dans lequel il présente le parcours de Christian David et son rôle dans les trafics d’armes[17] et de drogue. Une histoire particulièrement censurée aux Etats-Unis, mais aussi en France.

    David, comme Ricord était aussi connecté avec toutes les extrêmes-droites et services de renseignements des différentes dictatures latino-américaines de l’époque, elles-mêmes soutenues par Washington ou du moins par la CIA. Ils ont notamment aidé le spécialiste Brésilien de la torture, le commissaire Sergio Fleury à Sao Paulo, à « interroger » des opposants au régime.

    On retrouvait aussi le faussaire d’extrême-droite Fernand Legros dans les trafics organisés par David et Ricord au Brésil[18].

    David a même déclaré après son arrestation qu’Antoine Guerini l’avait sollicité en juin 1963 pour participer au meurtre de JFK et qu’il aurait refusé : « Guérini lui a dit qu’il avait été chargé d’arranger le meurtre d’un politicien Américain qui n’était ni député ni sénateur, mais le numéro un. Quand Guérini lui a demandé s’il était intéressé, il a répondu que c’était trop dangereux », écrit Henrik Krüger dans The Great Heroin Coup. David a expliqué cela à un journaliste, et a aussi précisé que le contrat aurait été donné à Lucien Sarti, qui aurait recruté deux autres assassins pour le rejoindre.

    En 2003, l’ex agent de la CIA Howard Hunt a dit à son fils peu avant de mourir que Sarti avait été recruté ainsi que d’autres Corses par William Harvey, officier de la CIA qui a coordonné quelques complots contre Castro. Son rôle était de s’assurer que l’objectif avait été atteint par Lee Harvey Oswald et de doubler son tir. Sarti, tué par la police en 1972 au Mexique après avoir été localisé par les US, était sur place probablement en uniforme de policier, et aurait tiré la balle fatale de l’arrière. Les deux autres Corses étaient en hauteur dans des immeubles.

    Krüger explique que le trio de mafieux Corses serait parti de Marseille vers Mexico et passés aux Etats-Unis avec des passeports Italiens. Après l’opération ils seraient repartis vers Montréal où ils auraient été payés en héroïne.

    Tout cela explique probablement pourquoi les US ont été pressés de mettre le réseau Ricord sur la touche, et pourquoi il n’a accompli que la moitié de sa peine avant de rentrer au Paraguay. C’est Kissinger qui a été l’artisan de la chute de Ricord et de sa bande à partir de 1970.

    Après cela, le trafic vers les USA a été transféré du côté des Caraïbes selon Krüger, entre les mains d’un cubain, Alberto Sicilia-Falcon (le prédécesseur de Joaquim Guzman du cartel de Guadalajara), tombé à son tour en 1975. La part de la drogue française dans l’héroïne arrivant aux Etats-Unis a en tout cas fortement baissé, passant de 80% à la fin des années 60, à 15% en 1975. Et le bureau anti-drogue US en Europe a été transféré de Paris à Amsterdam.

    Sicilia-Falcon a déclaré aux autorités Mexicaines, où il a été arrêté, qu’il était un agent de la CIA et avait reçu un entraînement à la guérilla à Fort Jackson en vue d’attaquer Cuba. Il aurait aussi opéré au Chili contre les opposants à Pinochet jusqu’en 1973 quand il est parti s’installer au Mexique, et aurait passé un accord avec la CIA pour avoir les mains libres dans le trafic d’héroïne contre l’approvisionnement des groupes terroristes d’Amérique latine avec des armes de la CIA[19].

    Sicilia-Falcon était directement en lien avec le clan Giancana et son réseau comprenait des acteurs, des hommes d’affaires, et bien-sûr des politiques corrompus, qui contribuaient eux aussi à déstabiliser le pays (chose d’autant plus intéressante que le président Echeverria, plutôt progressiste et non hostile aux communistes, dérangeait fortement Kissinger et ses copains). Ce business permettait aux US d’imposer leur « protection » aux gouvernements des différents pays. D’ailleurs, les médias et les autorités US ont été très discrets au sujet de Sicilia-Falcone, qui a été arrêté en 1975 et s’est échappé l’année suivante avec plusieurs de ses lieutenants.

    En fait, il collaborait avec la CIA mais son trafic, basé à Tijuana à la frontière avec les Etats-Unis, en s’étendant du cannabis à l’héroïne et à la cocaïne, est devenu un peu trop voyant pour d’autres agences US, comme la DEA chargée spécifiquement de la lutte contre le trafic de drogue.

    En Amérique latine, la bande de David et Ricord était connue comme le « Grupo Francés », était en lien avec les truands du SAC et avec des camarades corses, eux-mêmes en contact avec des membres des renseignements français. Les Corses lui envoyaient régulièrement des types en cavale qui venaient renforcer son équipe.

    Depuis le Paraguay, David a étendu le trafic avec de nouvelles branches en France, l’une via Jean Auger, baron du SAC et mafieux numéro 1 à Lyon, l’autre via Jo Attia, Ange Simonpieri (membre du SAC également) et le banquier Suisse André Hirsch. Et c’est au Brésil qu’il a été arrêté en 1972, en possession d’un passeport diplomatique uruguayen au nom d’Edouard Davrieux.

    A cette occasion, Le Nouvel Observateur notait que Christian David était « bien placé pour connaître les liens qui existent entre le S.A.C., le “milieu”, et certaines filières internationales de trafic de l’héroïne ou des armes. Et, aujourd’hui, beaucoup de gens à Paris, à Lyon, à Grenoble, à Bordeaux, à Nice, à Marseille – et pas seulement de minables petits truands qui arrondissent leurs fins de mois en faisant le coup de poing pour un député U.D.R. –, beaucoup de gens tremblent, donc à la pensée que le “beau Serge”, pris au piège, pourrait révéler un peu trop de noms aux policiers américains du Bureau des Narcotiques qui ont demandé son extradition au gouvernement brésilien. “Il a tué un flic, dit-on, il n’a plus rien à perdre.” »

    Selon les US, pays de destination de la drogue gérée par Ricord, l’opium de Turquie arrivait à Marseille où il était transformé, puis partait vers Miami via l’Amérique Latine[20]. Ils estimaient que Ricord faisait alors entrer entre 50 et 75% des cargaisons d’héroïne qui arrivaient aux Etats-Unis. L’enquête a montré que l’organisation de Ricord avait mis en place des laboratoires du coté de Bahrein.

    Les dictateurs se sentaient en tout cas très bien au Paraguay de Stroessner : Pinochet, par exemple, avait une vaste résidence au Paraguay. En 1980, c’est près de sa villa au Paraguay que le dictateur du Nicaragua, le général Anastasio Somoza Debayle, a été assassiné dans sa Mercedes. Des états mafieux comme le Paraguay – et d’autres – servent ainsi de plaque tournante pour les trafics internationaux, ce qui arrange tout le monde. Stroessner a fini par être éjecté en 1989, mais le rôle de plaque tournante du Paraguay, où résident de nombreux européens, est loin d’avoir cessé.

    D’après un journaliste US, même l’armée de l’air paraguayenne a transporté des kilos d’héroïne aux Etats-Unis dans des avions militaires, et c’est l’armée qui était responsable de l’aéroport principal d’Asunción. Dans un pays où il existait déjà plus de 200 pistes privées totalement incontrôlées.

    En 1971, à l’époque où les Américains ont vraiment tapé du poing sur la table concernant la French Connection, demandant instamment à Marcellin, le ministre de l’Intérieur, de s’attaquer aux labos de transformation qui florissaient dans la région de Marseille, Gaston Deferre, maire socialiste de Marseille, avait déclaré au sujet de l’impunité qui régnait en matière de lutte contre les trafiquants en général et les gros bonnets en particulier : « Les laboratoires clandestins ne sont jamais à Marseille même mais dans de petites villes avoisinantes. Camouflés. Et protégés. Par des hommes politiques plus que par des policiers. Il y a des gens de la majorité [la droite] qui interviennent pour couvrir les trafiquants. C’est une chose archiconnue dans les milieux parlementaires »[21].

    La mafia Corse, qualifiée d’Union Corse par les US, regroupait les quatre principaux clans mafieux de la région (les Guérini, les Venturi –proches de Defferre, Orsini et Francisci, qui avaient tous des business officiels[22]), a très vite commencé à infiltrer ses membres dans la police, les douanes, l’armée, les renseignements, et les Corses sont devenus très influents dans la vie politique française. Francisci était un des lieutenants de Jo Renucci, qui était le contact en France de Lucky Luciano, l’allié de la CIA[23].

    Une autre affaire survenue en 1971 a été retentissante : l’affaire Delouette, du nom d’un passeur d’héroïne arrêté aux Etats-Unis avec une voiture chargée. Le dénommé Robert Delouette s’est fait coincer à la frontière des Etats-Unis en avril 1971 alors qu’il récupérait la livraison d’un bateau en provenance du Havre, livraison qui consistait en 89 paquets de 500 g d’héroïne. Lors de son interrogatoire, Roger Delouette a déclaré travailler pour le SDECE sur ordre du colonel Fournier. Les US ont alors inculpé tout le monde. Le fournisseur était un cousin de Jean-Charles Marchiani, grand ami de Pasqua, le proxénète nommé Dominique Mariani qui a avoué avoir fourni 44 kilos de drogue à Delouette. Précisant au passage avoir reçu cette drogue d’un officier du SDECE.

    Les autorités US se sont aperçues que le type travaillait bien pour le SDECE, pour lequel il avait accompli plusieurs missions depuis 1969[24], et qu’il était en contact direct avec Jean-Charles Marchiani, dont le nom figurait 23 fois dans l’agenda de Delouette et qu’il avait appelé juste après son arrestation pour lui demander de l’aide. C’est d’ailleurs Jean-Charles Marchiani qui a mis en contact Delouette et son cousin Mariani, peu après avoir été viré du SDECE pour son implication dans l’affaire des photos de Pompidou. On retrouve aussi le nom de Christian David dans la filière à l’origine de l’importation par Delouette[25].

    Du côté des Venturi, on connaît Dominique et Jean (ex-lieutenant de Jo Renucci), piliers du trafic transatlantique de l’héroïne via la Compagnie Générale Transatlantique, membres du SAC et également proches de Gaston Deferre. Au début des années 60, les autorités estimaient que 80% de l’héroïne qui entrait aux Etats-Unis venaient d’une quinzaine de laboratoires français, principalement installés dans le sud-est.

    Jean Venturi était l’importateur et distributeur des pastis Ricard au Canada et aux Etats-Unis, où Charles Pasqua qui était le directeur commercial était donc son supérieur. Venturi a été inculpé par les US en 1967 dans le cadre de la French Connection[27], mais il n’a jamais été arrêté et Pasqua a fait carrière à l’UDR, et l’origine de sa fortune, qui a quelque peu intrigué dans les années 60 quand il a commencé en politique dans les Hauts-de-Seine, est restée mystérieuse.

    En 1971, un certain André Labay (né en 1922), hommes d’affaires dans l’import-export, a été arrêté à Paris dans un véhicule avec plus de 100 kilos d’héroïne destinés aux Etats-Unis, où il a ensuite été accusé d’avoir importé depuis la France plus de 732 kilos d’héroïne dans des voitures « farcies ». Quelques semaines plus tôt, un des truands de sa bande avait été arrêté à New York à bord d’un autre véhicule chargé d’héroïne.

    Dès les années d’après-guerre quand il faisait son business autour de la Méditerranée, il a travaillé pour le SDECE, les renseignements, notamment quand il est passé en Algérie puis au Katanga dans le sud est de l’ex Congo belge (aujourd’hui RDC, où un tas de mercenaires se sont retrouvés dans les années 60 pour soutenir des leaders bien dociles envers l’occident), puis aux Antilles. Il était très ami avec Fernand Legros, ce fasciste trafiquant de faux tableaux, qui faisait aussi du trafic d’armes et dont l’un des clients était justement le dictateur Stroessner.

    Labay avait aussi travaillé pour Pierre Lemarchand quelques années plus tôt, et à travers lui pour Jacques Foccart, en Afrique notamment. Officiellement Labay avait une grosse compagnie de BTP, faisait dans l’exportation de textiles, l’immobilier, puis est devenu très riche. Il a fréquenté le casino de Francisci à Beyrouth, et le milieu du show-biz à Paris.

    Selon certaines théories ce sont les US qui ont prévenu les autorités françaises que Labay avait proposé de ramener 100 kilos d’héroïne aux USA. La version de Labay est encore différente : il a déclaré avoir rencontré le BNDD (le bureau des narcotiques US en Europe), pour leur annoncer qu’il allait amener 106 kilos aux USA.

    Depuis quelques années, André Labay passait une partie de son temps dans les Caraïbes, où il a été « parachuté en Haïti en 1966 avec une couverture d’hommes d’affaires », explique Leslie Péan dans L’ensauvagement macoute et ses conséquences. A Haïti, Labay n‘est pas resté inactif.

    Il a reçu pas mal de visites de ses anciens amis, comme le faussaire et trafiquant Fernand Legros, et s’est fait des relations sur place : il a fréquenté le tortionnaire local Luckner Cambronne, le banquier du dictateur « Papa Doc » Duvalier et sa fille Marie-Denis, ainsi que le dénommé Clémard Joseph Charles de la Banque Commerciale d’Haïti.

    Ladite banque a notamment permis à Duvalier d’acheter des armes[28], dont Cambronne, ministre de l’Intérieur et de la Défense et surtout le chef de la milice de Duvalier était friand. Depuis Haïti Labay était chef d’antenne pour le SDECE, et travaillait aussi pour la CIA. Il était aussi en lien avec les anciens coloniaux belges revenus du Congo, où le réseau pédocriminel était très présent.

    On arrive là dans des trafics assez sombres, car Cambronne était le ministre de l’Intérieur et de la Défense et surtout le chef de la milice du dictateur « Papa Doc », François Duvalier (très proche de la France et membre assidu des Rose-Croix) , appelée « Tonton macoute ». Accessoirement, il était surnommé « le Vampire des Caraïbes ».

    Il était en effet connu pour revendre via sa société HemoCaribbean [29] du sang, du plasma et des cadavres aux hôpitaux et universités Américains, ainsi qu’à des laboratoires comme Dow Chemicals. 5 à 6.000 litres étaient expédiés chaque mois, pour un bénéfice de 4 à 5 $ par litre. Parfois, les victimes étaient semble-t-il vivantes.
    Francois ‘Papa Doc’ Duvalier

    Avec André Labay, Cambronne avait de grands projets : « Labay avait aussi participé aux premières phases d’un grand projet international : il s’agissait d’établir aux Antilles, en Amérique du Sud et en Afrique noire un réseau de laboratoires pour recueillir à bas prix le sang des pauvres et l’exporter vers les pays riches », précisait un article du Nouvel Observateur du 17 septembre 1973.

    Quand il a été arrêté à Paris en octobre 1971, André Labay « s’apprêtait à fonder une ‘banque du sang noir’. Il s’agissait de recueillir du sang en Afrique à bas prix ou contre de modestes compensations, et de le revendre au plus haut prix aux hôpitaux américains », explique Alain Jaubert dans D comme Drogue.

    Duvalier père était, via André Labay, en lien étroit avec des mafieux New Yorkais notamment de membres du clan Gambino et Bonano, et avait apparemment lui-même contacté les principales familles. Son bras droit Cambronne avait aussi des parts dans la compagnie aérienne nationale, Air Haïti, une compagnie pétrolière, des compagnies de taxi…….

    « Pendant cinq ans, de 1966 à 1971, André Labay sera l’agent principal du Service de Documentation Extérieure et de Contre Espionnage (SDECE), la CIA française, opérant en Haïti. Ses accointances avec Luco Dominique, beau-frère de l’ex-président Estimé, et Lebert Jean-Pierre, secrétaire d’Etat du Commerce de l’Industrie dans cinq cabinets ministériels sous le gouvernement de François Duvalier de 1965 à 1971, consolident sa position dans le sérail duvaliériste, du moins pour les questions d’intendance », précise Leslie Pean.

    Elle ajoute : « C’est d’ailleurs grâce à ce dernier qu’il obtient l’utilisation de l’immeuble de l’Institut pour le Développement Agricole et Industriel (IDAI), sis à Port-au-Prince, à l’angle de la Rue des Miracles et de la Rue du Quai, pour en faire le laboratoire d’où partiront vers les Etats-Unis les kilos d’héroïne, savamment camouflés dans les expéditions de vêtements confectionnés par l’entreprise Fenwick Corporation S.A ».

    Grâce à ce coup de main indispensable fourni au trafic d’héroïne français, Duvalier a touché sa part sur les ventes aux Etats-Unis.

    Quelques mois après la mort de Duvalier père en 1971, Cambronne, qui s’apprêtait à ouvrir un deuxième centre de prélèvements, s’est réfugié à Miami où il est mort en 2006 en espérant que le fils de Duvalier, « Baby Doc », réfugié de son côté en France lors de la chute du régime en 1986, reprenne le pouvoir. Le sang des haïtiens était très recherché avant l’épidémie de SIDA, car en raison du grand nombre d’infections et de maladies présentes sur l’île, il comportait disait-on de bonnes défenses immunitaires.

    Pour se fournir en sang et en cadavres, Cambronne n’hésitait pas à massacrer tous ceux qui lui passaient sous la main. On a parlé de rituels vaudou, mais il s’agissait plus probablement de rituels satanistes. En 1962, il y a eu un scandale disant que de la viande humaine avait été vendue dans des restaurants de Port-au-Prince, et que le fournisseur était Cambronne, dont la milice aurait fait environ 600.000 morts.

    Notes :

    [15] Cf. « D comme Drogue » d’Alain Jaubert.

    [16] Ricord a fui la France à la Libération, a éliminé ses anciens complices et s’est installé à Buenos Aires où il est arrivé en 1947 avec de faux papiers. Il a vite obtenu la nationalité argentine, et a mis en place plusieurs réseaux de prostitution actifs sur le continent entier en corrompant des responsables de la police, avant d’étendre ses activités au Paraguay où grâce à la corruption généralisée dans le pays il a vite pu graisser les pattes des plus hautes autorités pour implanter et développer le trafic de drogue à la fin des années 60. C’est là qu’il a été arrêté en 1972, et extradé aux Etats-Unis après une longue bataille juridique avec les autorités du Paraguay, qui ont été forcées de lâcher Ricord suite aux pressions de Washington. Son séjour en prison au Paraguay a été des plus agréables. Pour les US, Ricord était « le plus grand trafiquant de drogue jamais traduit devant la justice américaine ». Il a été condamné à 20 ans de prison en 1973, mais n’en a fait que 10 et est rentré au Paraguay dès 1983.

    [17] Il a notamment armé le mouvement révolutionnaire Tuapamaros en Uruguay dans les années 60.

    [18] Legros, qui rappelons était un « ami personnel » d’Henri Kissinger, avait fui vers le Brésil via le Portugal en 1967 après qu’un mandat d’arrêt international ait été lancé contre lui par la justice Américaine, pour un trafic de tableaux. Selon Henrik Krüger, Legros n’a pas été arrêté à Genève en 1976 pour trafic d’art comme le dit la version officielle française. En réalité, ce seraient des agents du SAC qui l’auraient carrément kidnappé au Brésil en 1974, ramené en France et emprisonné. Kissinger aurait fait pression, au nom de la citoyenneté Américaine de Legros, mais il a été jugé quand-même et a pris quelques mois de prison.

    [19] Cf. « The great heroïn coup : Drugs, Intelligence & International Fascism » de Henrik Krüger.

    [20] Cf « JFK: The French Connection » de Peter Kross.

    [21] Cf. « D comme Drogue » d’Alain Jaubert. Ce sont les autorités US qui l’ont accusé publiquement en 1971 d’être directement impliqué dans le trafic de cocaïne, en voulant secouer le cocotier. Ce que les autorités françaises ont toujours nié.

    [22] Marcel Francisci, patron du clan, membre probable du SAC et fervent gaulliste, avait par exemple de Casinos en Grande-Bretagne, en France et au Liban. Pratique pour justifier d’importantes sommes en cash et éventuellement les blanchir. Marcel Francisci, propriétaire de cercles de jeux, n’avait pas trop à s’inquiéter et s’est mis rapidement à la politique, devenant conseiller général de l’UDR en Corse et maire du village de Ciamannacce en Corse du Sud.

    [23] Cf. « The Great Heroin Coup : Drugs, Intelligence & International Fascism » de Heinrik Krüger.

    [24] En réalité Delouette a travaillé pour les renseignements français en 1946 pour la première fois à l’âge de 23 ans, rapporte Henrik Krüger. Le colonel Barberot du DECE a quant à lui déclaré à la radio quelque temps après l’arrestation de Delouette que l’opération avait probablement été montée par le SDECE dans le but de se débarrasser de lui car il avait trop de casseroles.

    [25] Selon les autorités françaises, Delouette a menti, mais les US qui lui ont fait passer deux fois avec succès le détecteur de mensonges, pensent le contraire.

    [27] Jean Venturi était le frère de Dominique Venturi, pilier du milieu corse de Marseille et de la french connection. D’après le livre « D comme Drogue » d’Alain Jaubert, paru en 1978, « Jean Venturi assure l’acheminement de la drogue vers le Canada et le rapatriement des capitaux vers la Suisse ou la France. I! est au même moment représentant au Canada du Pastis Ricard. Le directeur commercial chargé des exportations chez Ricard est Charles Pasqua, un des fondateurs du SAC., grand recruteur de truands et de barbouzes. Au moment où Pasqua a Venturi sous ses ordres, il ne peut absolument pas ignorer les activités de son représentant, puisqu’elles ont fait l’objet d’une fiche du FBI publiée aux Etats-Unis, qu’il y a à Marseille un copieux dossier de police consacré aux frères Venturi et que le nom de Venturi ne peut à l’époque, en aucune façon, être ignoré du moindre directeur commercial de la région marseillaise »

    [28] Duvalier obtenait des armes grâce à un circuit compliqué organisé par les mafieux de New York afin de contourner l’embargo dont était officiellement frappé Haïti.

    [29] HemoCaribean était dirigée officiellement par un agent de change New Yorkais, Joseph B Gorinstein, qui était lié à la mafia, « comme d’ailleurs plusieurs autres firmes dans lesquelles Luckner Cambronne possédait des intérêts » rappelle Alain Jaubert dans « D comme Drogue ». Ces connections laissent songeur quand on connaît la propension des amateurs de certains à se faire dialyser le sang régulièrement pour le nettoyer. Gorinstein avait un contrat de 10 ans avec le gouvernement haïtien, selon le New York Times du 28 janvier 1972.

    Lisez la troisième partie de cet article

    yogaesoteric
    8 mars 2023

  33. Magouilles et corruption des élites : Le trafic de drogue, partie intégrante de l’économie mondiale (4)
    yogaesoteric.net/fr/magouilles-et-corruption-des-elites-le-trafic-de-drogue-partie-integrante-de-leconomie-mondiale-4

    Lisez la troisième partie de cet article

    Luna qui a été chef de la Division antidrogues chargée de lutter contre les cartels de 2009 à 2013 puis chef de l’Agence d’Enquêtes Criminelles rattaché au parquet national, a été destitué en 2015 êt arrêté fin 2019 au Texas pour avoir reçu des pots-de-vin du cartel de Sinaloa et il est donc détenu aux states.

    Dans la foulée, ses deux lieutenants Ramón Pequeño García (mêlé aussi aux magouilles autour de l’affaire Florence Cassez) et Luis Cárdenas Palomino ont aussi été accusés d’importation de drogue pour le cartel de Sinaloa (dirigé par « El Chapo » Guzmán) aux Etats-Unis, et pour avoir balancé un informateur aux narcos.

    Palomino avait aussi d’importantes responsabilités dans la police fédérale et a démissionné en 2012 quand il a été accusé de toucher de l’argent des narcos et que la justice s’est intéressée à son cas.

    Pequeño García est soupçonné d’être mêlé à différents actes criminels, comme l’explosion d’une voiture attribuée officiellement aux jeunes hommes qu’il a torturés pour qu’ils s’accusent de l’attentat. Il a dirigé la Division antidrogues puis la division des renseignements, et a démissionné le lendemain de l’évasion spectaculaire de Guzmán en 2015. Il faut dire qu’il était chargé de superviser les caméras de contrôle des prisons.

    Les trois, qui ont agi sans entrave pendant des années, avaient aussi organisé l’arrestation de dizaines d’innocents et mis en place un système de blanchiment de l’argent via au moins une trentaine d’entreprises de prestations diverses.

    Autre comparse pris dans les filets: le commandant de la police fédérale en charge de la communication avec les homologues des Etats-Unis, Ivan Reyes Arzate, auquel un tribunal de Brooklyn a mis 10 ans de prison pour trafic de drogue en février 2022. Il travaillait pour le cartel de Sinaloa, qu’il renseignait et pour lequel il arrangeait des affaires.

    L’affaire de l’Iran Contras, aujourd’hui parfaitement documentée, montre que le trafic de drogue, couvert accessoirement par un réseau de pédocriminalité (l’affaire Franklin), a permis aux US de financer une série de coups d’Etat et d’opérations de barbouzeries. Parmi les nombreux éléments de ce dossier tentaculaire, on peut mentionner le rôle joué par le politicien et président de PepsiCo au Nicaragua, Adolfo Calero, qui dirigeait le site d’embouteillage, était aussi leader des contras d’extrême-droite et le plus gros trafiquant de drogue du pays, qui travaillait la main dans la main avec les services US.

    « L’héroïne était devenue un business à 400 milliards de dollars par an, avec 200 millions d’utilisateurs à travers le monde. La part de la CIA dans ce business a été utilisée pour financer les moudjahidin en Afghanistan, les forces de guérilla en Angola, les Contras au Nicaragua, les régimes fantoches en Amérique du Sud et les escadrons de la mort au Salvador », écrit Paul E. Williams.

    La principale blanchisseuse de l’argent issu du trafic de l’héroïne était la « banque internationale de crédit et de commerce », la fameuse BCCI[40], qui était la 7e plus grosse banque du monde au début des années 80, présente dans 78 pays ce qui était encore rare à la l’époque.

    La BCCI a donné lieu en 1988 à l’un des plus gros scandales financiers de cette époque, pour fraudes, blanchiment d’argent de la drogue, dont celui, par exemple, du cartel de Medellin, du général Noriega ou de la famille Gambino.

    Grâce à la BCCI et à ses filiales comme la First American Bank (qui existe toujours), l’argent sale pouvait entrer dans n’importe quel pays, être blanchi en passant par des paradis fiscaux, et ressortir n’importe où. Son directeur, James R. Bath, était un ancien pilote de l’armée de l’air US proche de Georges Bush 1er, qu’il a connu quand ils étaient encore militaires. Bath a également investi dans les business de Bush dans le pétrole, et a pu impunément créer des sociétés offshore pour qui lui permettaient de déplacer des avions et de grosses quantités d’argent en toute tranquillité.

    La BCCI a ainsi permis des transactions dans différents sens dans le cadre de la magouille Iran-Contra (la vente la par la CIA de drogue pour financer des armes pour du dictateur nicaraguayen Noriega qui a renversé un gouvernement démocratique). A ce moment, il ne s’agissait pas d’un petit établissement puisqu’elle gérait 20 milliards d’actifs au milieu des années 80. Pourquoi avoir pris de tels risques ? Il se trouve que la BCCI était détenue à 50% par des saoudiens[41], très proches des Etats-Unis comme on le sait, et que ses dirigeants avaient leurs entrées auprès de Jimmy Carter et de son administration.

    La guerre contre la drogue a été le prétexte, et encore dans les années 2000, pour injecter de l’argent dans la militarisation des Etats et mener la lutte contre les opposants. C’est-à-dire que cette guerre ne ciblait pas ses amis mais ses ennemis : peuples autochtones en lutte pour leur survie, syndicalistes, leaders politiques communistes.

    Cette guerre s’appuyait aussi bien-sûr sur l’opération Condor, financée et organisée par la CIA à partir de 1968 dans toute l’Amérique latine pour entraîner les forces de répression et détruire les oppositions où qu’elles se trouvent sur le continent. Selon des témoins, des agents de la DEA assistaient aux tortures lors des interrogatoires.

    L’Afghanistan, envahi par les US en 2001, a été un bel exemple de développement du trafic : alors que les talibans qu’ils avaient mis au pouvoir avaient décidé en 2000 de mettre totalement à l’arrêt la production d’opium, celle-ci a grimpé en flèche immédiatement. En Europe, le prix du gramme d’héroïne est passé en quelques mois de 80 à 40 puis 20 euros dans le nord de la France, avec évidemment une multiplication des cas de dépendance surtout chez les jeunes.

    Le point de transit numéro un ? Le Kosovo micro-état où le chômage est autour de 70% depuis des lustres mais où se trouve justement le camp Bondsteel, plus grosse base US en Europe construite à l’occasion de la guerre en Yougoslavie en 1999 et premier employeur de la région. Et dans un périmètre de 30 km autour de la base, il y avait encore en 2008 trois gros laboratoires de transformation de l’héorïne sans que les autorités mafieuses (voir ici et là) mais proches de l’OTAN du Kosovo ne bougent. Pas plus d’ailleurs qu’elles ne l’ont fait pour le trafic d’organes.

    Cette époque fut celle de la montée en grade de la mafia Albanaise (au Kosovo il y a 90% d’albanais), présente dans le monde entier mais surtout en Europe. Et le Kosovo, qui s’est autodéclaré indépendant en 2008, est toujours une plaque tournante du trafic d’héroïne vers l’Europe de l’ouest.

    Dans les années 80 le scénario était le même : la production d’opium dans le pays qui était sous la coupe des moudjahidins, eux-mêmes soutenus par les US et la France[42] contre l’URSS, est passée progressivement de 4.000 tonnes en 1971 à 12.000 en 1978 quand la vente a explosé aux Etats-Unis où l’opium Afghan représentait 60% de la consommation, grâce aux réseaux mafieux italiens.

    L’argent qui servait à financer la guerre passait par des banques proches de la CIA, comme la Continental Illinois dont on a déjà parlé, puis par l’IOR (la banque officielle du Vatican)[43]. La production a ensuite baissé, autour de 4.500 tonnes à la fin des années 90, pour arriver au volume plancher de 81 tonnes en 2001.

    L’invasion US en octobre 2001 a marqué un nouveau tournant, et dès 2002 l’ONU estimait déjà la production nationale, repartie de plus belle, à 3.400 tonnes. L’argent était blanchi via des banques dont certaines avaient une envergure internationale et dont une bonne partie étaient basées aux Etats-Unis, comme Citibank, Chase Manhattan ou American Express International.

    Une fois en Italie, l’argent était dispatché dans une série de banques « blanchisseuses » liées à la loge P2 notamment (comme on l’a vu dans la partie précédente) et transitait dans les filiales de quelques paradis fiscaux histoire que les autorités perdent la trace de sa provenance douteuse. Ou alors les banques, comme Ambrosiano qui en était spécialiste, faisaient des « prêts » bidons à des sociétés fictives pour blanchir l’argent.

    Et aujourd’hui ?

    Dans les années 80, les US ont commencé à faire monter les islamistes en Afghanistan, notamment les talibans qui donneront Al-Qaïda, pour taper sur les Russes. Via les services pakistanais, les US ont financé et armé les moudjahidins (les « combattants de la foi » islamistes) qu’ils ont également entraînés dans des camps qu’ils ont mis en place au Pakistan, contre Moscou qui soutenait le régime socialiste en place à partir de 1978[44].

    Entre 1982 et 1992, certaines estimations évaluent à 40.000 le nombre de mercenaires islamistes, appelés djihadistes, recrutés avec l’appui des réseaux des Frères Musulmans, pour la guerre en Afghanistan[45]. Et l’appui n’était pas que logistique ; en 1985, par exemple, les « rebelles » Afghans ont reçu 250 millions de dollars de la part de la CIA en plus des armes telles que des missiles sol-air Stinger de fabrication US (de courte portée).

    Quand les Russes ont quitté le pays en 1989, les US ont récolté les fruits de leur subversion par l’islamisme et les Talibans ont pris le pouvoir rapidement. C’est ainsi qu’au début des années 80, la moitié de la drogue qui entrait aux Etats-Unis venait de la zone Pakistan-Afghanistan, et entre 1989 et 1990 la quantité d’opium produite chaque année est passée de 250 à plus de 2.000 tonnes et aujourd’hui 90% de l’opium mondial vient d’Afghanistan.

    Une boîte d’import-export appelée Sea Crest, par exemple, a blanchi de l’argent qui a servi à équiper et entraîner les moudjahidins en Afghanistan dans les années 80, qui s’opposaient aux Russes. Plusieurs responsables de Sea Crest étaient des agents de la CIA, impliqués dans l’affaire de la « Baie des cochons ».

    L’un des principaux trafiquants d’opium du pays, l’islamiste Gulbuddin Hekmatyar, qui officiellement fait de la politique, était proche des talibans et avait le soutien des US depuis les années 80 alors qu’il gérait des laboratoires de transformation de l’héroïne dans le sud du Pakistan tout en finançant les moudjahidines.

    Gulbuddin Hekmatyar, qui gérait aussi des circuits de distribution de l’héroïne, est aujourd’hui membre avec l’ex-président Hamid Karzai d’une espèce de gouvernement afghan en exil depuis le coup d’Etat des talibans en septembre 2021. En décembre 2005 on a retrouvé chez le gouverneur de la province du Helmand, qui détient le record national de production depuis plus de 20 ans, 9 tonnes d’opium. Il a été viré mais son frère est resté vice-gouverneur.

    Et le demi-frère de Karzai, qui vient de la province du Helmand et a été président de l’Afghanistan de 2001 à 2014, Ahmed Wali Karzai était un des plus gros producteurs d’opium du pays -jusqu’à son assassinat en 2011. Et depuis 2001 au moins il rencardait et aidait la CIA contre rémunération. Le New York Times a annoncé en 2009 que la CIA l’avait payé pour monter un groupe paramilitaire afin d’attaquer les rebelles talibans.

    Bref, grâce aux Etats-Unis, l’Afghanistan est devenu en quelques années un narco-Etat qui fournit 90% de l’héroïne mondiale.

    Reagan a poursuivi cette politique, du côté de l’Afghanistan comme en Amérique Latine, notamment en Colombie et au Mexique. Ce qui est passé par de nombreux assassinats politiques, le soutien à des groupes paramilitaires d’extrême droite qui protégeaient le trafic et à des candidats véreux.

    Un candidat à la présidentielle de 1990 en Colombie, le sénateur Luis Carlos Galan qui était le favori et avait l’inconvénient d’être très engagé contre le cartel de Medellin, a été assassiné avec une mitraillette Uzi, fabriquée en Israël. Il s’était positionné ouvertement contre le cartel de Medellin, qui était encore très puissant et sous le contrôle de Pablo Escobar, et voulait extrader les narcos aux Etats-Unis. Suite à ce meurtre, la Colombie a admis l’extradition de ses narcos quand les US les réclamaient.

    Le principal assassin de Galan a été arrêté en 1991 à New York. On a dit que le commanditaire était Escobar, mais l’ancien ministre de la Justice Alberto Santofimio avait selon les juges incité Escobar à agir.

    Et en 2016 l’ancien général Miguel Alfredo Maza Márquez a pris 30 ans de prison pour son implication dans le meurtre et ses liens étroits avec les paramilitaires qui ont réalisé l’assassinat pour le compte d’Escobar, et dont il a aidé la fuite. C’est aussi lui qui a sous-dimensionné l”escorte de sécurité autour de Galan, un mois avant l’assassinat.

    Quand il dirigeait le DAS (Departamento Administrativo de Seguridad, service de renseignement) de 1985 à 1991, il rémunérait ce groupe lié au cartel de Medellin, dirigé par Henry Pérez, pour réaliser les tâches salissantes. Parmi les témoins à charge: des narcos et des paramilitaires, dont l’ami d’Escobar en prison aux Etats-Unis, Diego Fernando Murillo, alias « Don Berna ».

    Maza, qui balance ses petits copains à la solde du cartel depuis qu’il a été condamné en espérant réduire sa peine, doit aussi répondre d’actes de protection du groupe paramilitaire meurtrier, l’Union Patriotica.

    Quelques mois avant l’assassinat de Galan, un camp d’entraînement paramilitaire a été découvert, dans lequel officiaient des militaires Israéliens et Anglais. Le lieutenant-colonel Yair Klein[46] et ses hommes, parmi lesquels Michael Harari officiellement rattaché à l’ambassade d’Israël à Mexico mais qui était envoyé par la CIA pour négocier directement avec les narcos[47], ont ainsi entraîné les membres des milices privées des narcotrafiquants, qui se battaient aussi contre les FARC (tendance de gauche) et défendaient à l’occasion des politiciens amis en s’en prenant à leurs adversaires.

    L’entrainement consistait principalement à mener des assassinats et des attentats, et les armes utilisées étaient toutes israéliennes, fournies par Klein. En 1989, une série d’attentats a été commise à Medellin principalement, mais aussi à Bogota, avec des armes israéliennes (En 1989 également, un dénommé Hector Cuellar, ex directeur d’American Express France, citoyen US, a été inculpé pour du blanchiment d’argent dans le cadre d’un trafic de drogue avec la Colombie).

    Après leur passage en Colombie, les Israéliens sont allés au Honduras puis au Costa-Rica.

    Comme le monde est petit certains des types de l’équipe qui a assassiné Galan sont passés par ce camp, qui était actif depuis quelques mois. Parmi les personnages cités dans l’organisation de l’assassinat, il y avait Alvaro Uribe, alors entrepreneur de Medellin, voisin d’hacienda du clan Ochoa à Medellin, et futur président de la République de 2002 à 2010.

    Uribe, qui figurait sur la liste des trafiquants de drogue dressée par les Etats-Unis, en 82e place et a été cité dans plusieurs affaires de trafic en lien avec les narocs et les paramilitaires d’extrême-droite, alors qu’il était encore président de la Colombie au milieu des années 2000.

    C’est pourtant principalement sous ses mandats (2002- 2010) qu’a eu lieu le fameux « plan Colombie », signé en 2000 avec les Etats-Unis pour éradiquer la drogue en s’en prenant soi-disant aux narcos et aux groupes armés, mais en réalité quasiment uniquement aux FARC et aux groupes armés « de gauche ».

    Or, le trafic était aux mains des narcos protégés par les paramilitaires de droite, qui géraient la production et la distribution, les FARC n’ayant la main que sur certaines zones de production. Le « plan Colombie » a aussi permis d’armer la Colombie, et de massacrer et déplacer des populations indiennes ainsi que des paysans pour faire place nette aux multinationales ou aux narcos.

    En 2021, Yair Klein qui devrait être extradé en Colombie, a fait des révélations fracassantes : il a déclaré qu’Uribe et d’autres grands propriétaires terriens (proches des narcos en général et souvent impliqués en politique) l’avaient payé pour l’entraînement de groupes paramilitaires (notamment les AUC qui ont des dizaines de milliers de morts à leur actif), et qu’Uribe a aussi assisté à des entraînements. On se doute qu’il a d’autres infos sous le coude, et qu’il les garde au cas où l’extradition se concrétiserait.

    Le trafic a cependant été freiné en Colombie et s’est déplacé principalement vers le Mexique où le « plan Mérida », assez proche du « plan Colombie », a été lancé autour de 2006-2008. Mais on a aussi retrouvé les narcos colombiens en Argentine, au Pérou, en Uruguay, au Guatemala : les cartels se sont internationalisés.

    Au début des années 90, les US ont augmenté leur présence militaire en Colombie, qui était le producteur n°1 de coca dans le monde et le restera une bonne vingtaine d’années. Le pays était un terrain de conflits armés entre des guérillas de gauche, comme les FARC, qui s’en prenaient surtout aux intérêts US (pétrolières, usines Coca Cola, grandes exploitations agricoles…….) ou des grands propriétaires terriens et étaient attaquées par des groupes paramilitaires d’extrême droite proche des narcos, des propriétaires terriens, des US et des milieux politiques qui avaient, eux, l’impunité totale malgré des massacres de la population, des meurtres de syndicalistes et de militants de gauche.

    En 1999, Washington a entrepris d’amplifier la « lutte antidrogue » en Colombie. Ils ont lancé le « plan Colombie » qui visait à injecter des milliards de $ dans l’armement et l’entrainement de l’armée, de la police, des unités antidrogue et des paramilitaires. Ce plan qui a duré une quinzaine d’années a surtout permis d’augmenter l’ingérence US sur le pays.

    Le tout au nom de la lutte contre la drogue, qui s’est traduite par une quasi guerre civile contre les guérillas de gauche car les seuls « narcoterroristes » dont il a jamais été question étaient les FARC, et dont les premières victimes ont été les paysans, obligés à cultiver la coca par les narcos ou les FARC et réprimés dans le cadre des opérations antidrogue.

    Les militaires agents privés contractuels (les mercenaires des sociétés militaires, privées) US qui opéraient en Colombie avaient en outre une impunité totale pour les actes commis sur le territoire.

    Les massacres de paysans, de populations indigènes, de syndicalistes et d’opposants politiques se sont multipliés, commis 9 fois sur 10 par les groupes paramilitaires entraînés par les US et les Israéliens et protégés par le gouvernement. Un véritable terrorisme implémenté par l’Etat, avec l’armée et avec les paramilitaires.

    En Colombie, la production était majoritairement organisée et « protégée » par les groupes paramilitaires, un peu par les FARC. Le trafic lui était aux mains des narcos et des paramilitaires qui protégeaient les narcos.

    Mais la guerre contre la drogue n’a visé que les guérillas de gauche jusqu’à très récemment. Le président colombien de 2002 à 2010 était Alvaro Uribe qui a été assigné à résidence en 2020 dans sa propriété de 1300 hectares pour avoir fait pression sur des témoins qui l’accusaient d’avoir rencontré des paramilitaires en prison pour leur demander de faire de faux témoignages[48], mais a pu ressortir libre en octobre.

    Il faut dire que le président de 2018 à août 2022 Ivan Duque était son poulain. Au sujet de la famille Uribe, le journal Suisse Le Temps résumait la situation a l’été 2022 : « le père d’Alvaro Uribe, assassiné par des guérilleros des FARC en 1983, était proche du clan Ochoa, une des familles fondatrices du cartel de drogue de Medellin. Jaime, un de ses frères, a vécu un moment avec Dolly Cifuentes, une narcotrafiquante liée au cartel mexicain de Sinaloa. Le cadet de la famille, Santiago Uribe, est soupçonné d’avoir créé le groupe paramilitaire dit ” des douze apôtres ” tandis que le cousin Mario Uribe, ex-président du Congrès, est incarcéré pour ses liens avec le paramilitarisme ».

    Lisez la cinquième partie de cet article

    Notes :

    [40] La BCCI a été créée en 1972 par un pakistanais, Agha Hassan Abedi, et avait son siège à Londres, ce qui lui a permis d’avoir une accréditation de la Banque d’Angleterre pour faire des affaires au Royaume-Unis. Elle avait aussi une filiale au Luxembourg.

    [41] Cf. Yann Moncomble « Le pouvoir des drogues dans la politique mondiale ».

    [42] En 1982 Mitterrand a engagé la DGSE dans la guerre d’Afghanistan aux cotés des US.

    [43] Cf. « Operation Gladio. The unholy alliance between the Vatican, the CIA and the mafia » de Paul E. Williams.

    [44] Le pouvoir pro Russe a tenu jusqu’en avril 1992, après 15 ans de guerre incessante soutenue d’un côté par l’URSS de l’autre par Washington. L’URSS s’est retirée du pays qui est tombé dans l’obscurantisme islamiste. Des 13 millions d’habitants du pays en 1978, il en restait un peu plus de 7 millions. Les guerres entre clans et groupes islamistes ont continué tout au long des années 90, avec l’émergence des Talibans en 1994 dans la région de Kandahar grâce au financement et au soutien actif du Pakistan qui agissait avec l’aval des US.

    [45] Cf. « 56 – Tome 1 – L’Etat français complice de groupes criminels » de Jean-Loup Izambert.

    [46] Yair Klein avait quitté son unité anti-terroriste de l’armée israélienne en 1983, et était arrivé en 1985 en Colombie, où il a ouvert sa boîte privée de « sécurité » appelée Hod Hahanit.

    [47] Harari est ensuite allé travailler au Panama, où il est devenu, selon Henrik Krüger, l’homme le plus puissant après le général Noriega dont il était le conseiller spécial en matière de sécurité, en charge notamment de l’entraînement des groupes « anti terroristes ». Il y trafiquait surtout les armes, en provenance d’Israël.

    [48] Mais jusqu’à présent, Uribe a échappé à de nombreuses procédures pour corruption, collusion avec les narcos ou avec les paramilitaires. Il était réputé intouchable et était surnommé le « président Teflon ». Cependant, un certain nombre de hauts fonctionnaires qui ont servi sous sa présidence ont été condamnés, notamment dans les renseignements.

    yogaesoteric
    22 mars 2023

  34. Magouilles et corruption des élites : Le trafic de drogue, partie intégrante de l’économie mondiale (5)
    yogaesoteric.net/fr/magouilles-et-corruption-des-elites-le-trafic-de-drogue-partie-integrante-de-leconomie-mondiale-5

    Lisez la quatrième partie de cet article

    Sur le plan des résultats, la production de drogue n’avait baissé que de 10% en 10 ans, loin de l’objectif affiché de 50%. Le pays s’est trouvé ravagé par les conflits armés, la corruption a explosé.

    Après ce désastre, l’opinion publique colombienne a fait pression et le conflit armé s’est réglé avec des amnisties générales pour les paramilitaires, quelques jugements et condamnations ridicules pour les leaders, et un mouchoir sur le traumatisme des victimes, cela au nom d’un « processus de paix » qui arrangeait bien les corrompus. Les FARC ont obetenu ensuite, après de longues négociations, la même chose.

    Le trafic s’est donc progressivement installé au Mexique, avec un schéma similaire de corruption du monde politique et des forces de l’ordre par les narcos. Dans les années 2010 le Mexique a connu des records de massacres et meurtres politiques commis par les narcos, qui se sont militarisés. Plus besoin de groupes paramilitaires : ce sont les narcos les paramilitaires.

    Et on s’aperçoit que bien souvent, les plus gros narcos sont aussi des entrepreneurs prospères et même des élus locaux.

    En France, il y a aussi l’affaire de l’OCRTIS, l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, dont certains flics sont apparemment très coopératifs avec les trafiquants. Dans un de ses livres, Gérérad Fauré raconte qu’ils lui « facilitaient l’entrée en France avec de grosses quantités de drogue, en prévenant les douaniers qu’il ne fallait pas faire obstruction à leur enquête en m’arrêtant sur la route. Ma voiture, sous surveillance, était suivie depuis la Hollande jusqu’à Paris. Sa cargaison ? Des dizaines de milliers d’ecstas », écrit-il. C’est amusant, parce c’est exactement le mode opératoire qui a valu il y a 2 ou 3 ans au chef de l’OCRTIS[49] de faire un séjour en prison.

    Apparemment, ces pratiques sont toujours en cours : durant l’été 2017, François Thierry, chef de l’OCRTIS, a été mis en examen pour avoir facilité l’importation de plusieurs tonnes de cannabis cette fois, par son « indic » le grossiste Sofiane Hambli. Quelques semaines plus tôt, il passait à la télé dans un reportage au sujet d’une grosse saisie. Le chef d’accusation était plus exactement « complicité de détention, transport et acquisition de stupéfiants et complicité d’exportation de stupéfiants en bande organisée », c’est-à-dire d’avoir participé activement au trafic, en l’occurrence de cannabis.

    Cette affaire est sortie parce qu’en 2015, des douaniers sont tombés sur un camion avec 7 tonnes de shit garé en plein Paris, en bas de chez Hambli. Ce camion était accompagné depuis le Maroc par des flics de l’OCRTIS[50]. Et ce n’est pas la seule livraison suspecte, au total il a été question de 15 tonnes.

    C’est cet argument des « livraisons surveillées » qu’a donné François Thierry dès le départ. On a appris en septembre 2022 qu’il est renvoyé aux assises mais uniquement pour « faux en écriture publique »……. Mais les juges s’interrogent aussi sur « d’incontestables manquements » du parquet de Paris même si tous les magistrats mis en cause ont bénéficié d’un non-lieu.

    Plus récemment, c’est le n°2 de la police judiciaire de Bordeaux qui a été mis en examen pour avoir favorisé l’importation d’une cargaison de coke, là encore officiellement pour faire du chiffre. En juin 2022, France Bleu expliquait : « Le numéro 2 de la police judiciaire de Bordeaux et ancien numéro 3 de l’Office des stups, Stéphane Lapeyre, a été renvoyé en correctionnelle, selon Libération, pour ” complicité de trafic de stupéfiants “. Son ex-subordonné le capitaine Jocelyn Berret, devra aussi comparaître, ainsi que sept autres prévenus, trafiquants présumés et informateurs ». C’est leur mule qui, mise sur écoute par d’autres policiers, avait dit que « la sécurisation du passage en douanes » était assurée à Orly.

    De fait, les saisies de cocaïne ne cessent d’augmenter en France et 2021 a été une année record avec 18 tonnes saisies par les douanes, le double du volume saisi en 2020. Les saisies d’héroîne ont augmenté de 30% sur un an, celles de cannabis de 24%, l’ecstasy de 28%. L’office des stupéfiants aurait lui saisi 13 tonnes de cocaïne en 2021. Parmi les saisies de 2021, beaucoup ont été menées dans les ports, principalement Le Havre et aussi plusieurs à Marseille.

    Et Darmanin de se féliciter de l’augmentation sans précédent des saisies, qui n’est que le reflet de l’augmentation sans précédent du trafic international.

    Fauré explique dans un de ses livres que lorsqu’il était emprisonné à Amsterdam dans les années 80, un policier de l’OCRTIS est venu le voir pour le recruter, non pas en tant qu’indic, mais que fournisseur d’ecstasy : « Son but officieux était de se procurer des ecstasy à bon marché qu’il pourrait revendre deux fois plus cher en France, histoire de payer ses factures et celles de ses collègues », écrit-il, « Je passais ma marchandise en France dans une voiture protégée par la police et ignorée par les douanes à la demande de ces derniers. Les flics leurs faisaient croire qu’à son arrivée à Paris, la voiture serait arrêtée, fouillée et saisie ».

    Un jour, les flics français lui auraient présenté des flics de la DEA, le service anti-drogue US, qui voulait aussi lui acheter des ecstasys, par lots de 50.000 unités, et contre protection encore une fois. La drogue était revendue à des trafiquants que ces mêmes flics faisaient ensuite plonger.

    L’OCRTIS est devenu l’OFAST (office anti-stupéfiants) en 2020 car selon sa responsable, « il existait un défaut de gouvernance dans la lutte contre les stupéfiants » sous forme d’une « agence » donc un service public au rabais dont les agents n’ont pas de statut défini.

    Aujourd’hui il n’est plus question de French Connection, mais le trafic de drogue à grande échelle s’est amplifié. Et rien ne permet de penser que les autorités n’ont plus rien à voir là-dedans, ni en France ni ailleurs. On voit l’argent arriver dans différents secteurs de l’économie, comme l’immobilier : aux Etats-Unis en 2018, les autorités estimaient que 30% des achats immobiliers de grande valeur en liquide dans les métropoles étaient réalisés par des personnes déjà soupçonnées de blanchiment.

    Et avec les monnaies virtuelles, le blanchiment à grande échelle est encore plus facile : on sait que les cartels mexicains, par exemple, sont passés au Bitcoin depuis des années.

    Ceci dit, la méthode classique reste en vigueur, et la banque britannique HSBC avait même créé un service spécial dans sa banque de Mexico dans les années 2000 pour que les narcos puissent y déposer l’argent liquide par caisses entières. HSBC qui a été épinglée en 2012 pour avoir blanchi après la crise des subprimes de 2008 plus de 800 millions de $ des cartels, et s’en est tirée avec un minuscule sanction de 1,9 milliard de $, sans poursuites pénales contre les responsables.

    Et surtout pas son patron de 2003 à 2010 Stephen Green (encore un ancien de McKinsey), anobli par la reine d’Angleterre en 2010 et devenu Ministre anglais du Commerce sous Cameron (2011-2013) alors que les accusations de blanchiment contre HSBC étaient devenues publiques.

    La guerre en Afghanistan déclenchée en 2001 au prétexte des attentats du 11 septembre 2001 a permis aux US de faire remonter la production d’opium et de contrôler le lieu de production de 90% de l’opium mondial. On a vu les prix du gramme passer de 80 € à 30, voire 20 € entre 2000 et 2002 en Europe de l’ouest, avec des centaines de jeunes devenus addicts dont beaucoup sont encore aujourd’hui sous méthadone. Et on retrouve leurs amis les Talibans, maîtres du trafic d’opium dans le pays, à financer le terrorisme en Afghanistan et ailleurs dans le monde comme le rappelait en 2021 le rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants.

    Au cours des 20 dernières années, la drogue numéro 1 a été la cocaïne. Des centaines de kilos sont interceptés par les douanes européennes. En 2008, le fils d’un des chimistes qui a été formé par le maître de la transformation d’héroïne, Jo Cesari, a été attrapé avec Dominique Lortal, considéré comme un meneur de la « Nouvelle French Connection », pour le trafic de 500 kilos de cocaïne destinés à la Côte d’Azur. Leur conteneur avait été repris au port de Rotterdam. L’intéressé, Claude Calmet, avait déjà été condamné pour les mêmes faits dans les années 80.

    A l’occasion du procès, l’article du Parisien brossait un portrait de la French Connexion des années 2000 : « Au casting : Dominique Lortal, 52 ans, cerveau du réseau, domicilié dans un très chic appartement de la rue du Ranelagh à Paris XVIe, mais également propriétaire de villas à Sofia en Bulgarie ou à Las Vegas aux Etats-Unis. A ses côtés, Guy Teboul, 66 ans, logisticien chargé de créer et de gérer l’entreprise fictive installée sur le port d’Anvers, qui devait récolter la marchandise, Claude Tur, 49 ans, un associé au casier judiciaire chargé et installé en Espagne, mais aussi deux ressortissants italiens, Giovanni Civile et Umberto Naviglia, proches de la Camorra napolitaine, ou encore un certain André Lajoux, 67 ans aujourd’hui, impliqué dans la French Connection dans les années 1970 ».

    Les trafiquants ont maintenant des équipes internationales, comme le montre le réseau de trafiquants de coke démantelé à Dubaï, en Espagne, en France et en Belgique, accusé d’avoir importé 2 tonnes entre janvier et avril 2021. Il y a une cinquantaine de suspects dont 6 gros bonnets, et ce réseau contrôlerait un tiers des importations et du trafic de coke en Europe. La drogue venait d’Amérique Latine jusqu’aux ports de Rotterdam et Anvers.

    La même semaine un réseau avec des ramifications en Belgique, aux Pays-Bas, en Serbie et au Luxembourg a été arrêté avec 115 kilos.

    Malgré une explosion du trafic maritime, les effectifs des douanes françaises sont passés de plus de 22.000 en 1994 à moins de 18.000 en 2022. Pour donner une idée de l’augmentation du trafic, le port du Havre (1er port de France où passent la moitié des conteneurs qui entrent dans le pays) recevait 1 million de conteneurs par an en 2000 et plus de 3 millions en 2021, quand les agents chargés du contrôle sont passés de 500 à 350.

    Forcément, les trafiquants y font passer absolument ce qu’ils veulent, puisque seulement 6 conteneurs sur 5.000 y sont contrôlés. Et de toute manière, comme l’explique France Info, « Selon plusieurs douaniers interrogés, les saisies de cannabis se font aussi, presque exclusivement, grâce au travail des services de renseignement ».

    En effet, les chaînes logistiques à flux tendu supporteraient mal des contrôles trop intensifs, et en gros, pour qu’un conteneur soit ouvert il faut vraiment ne pas avoir de bol. Et on ne parle pas de Marseille ou d’un port comme Goia Tauro en Sicile.

    Des navires de compagnies maritimes qui ont pignon sur rue, comme MSC qui est n°1 du transport de conteneurs, font régulièrement l’objet de saisies importantes surtout depuis 2019, année où MSC a pris 100% du terminal à conteneurs de Gioia Tauro en Calabre, connu pour être sous contrôle de la ‘Ndrangheta (la mafia calabraise devenue la plus puissante en Italie et dans le monde): 200 kilos de coke à Aden au Yémen puis 20 tonnes de cocaïne sur le MSC Gayane à Philadelphie en 2019 (valeur estimée: 1,3 milliard de $, le navire appartenait à JP Morgan) avec la complicité de 8 marins, 200 kilos de coke encore saisis en Australie en 2021, encore 450 kilos saisis au port de Gènes en février 2022, pour ne citer que de grosses prises. Cela a amené l’armateur à suspendre puis restreindre ses activités en Amérique latine.

    Le port de Gioia Tauro dont MSC est le seul client, est connu en Italie pour être au centre du trafic de cocaïne en Europe, comme l’a montré une commission sénatoriale en 2018. 36 personnes ont été arrêtées début octobre en Italie (dont 14 dockers) pour avoir importé à Gioia Tauro de la drogue en provenance d’Amérique latine. Cette fois, c’était la Camorra.

    Quant à la direction des finances chargée de traquer la fraude fiscale, ses effectifs sont passés de 122.000 en 2010 à 97.000 en 2021 ce qui fait immanquablement baisser le nombre de contrôles fiscaux.

    Au niveau européen, les perspectives sont même très mauvaises, et l’Organe international de contrôle des stupéfiants écrivait en 2021 : « Dans l’Union européenne, les principales activités criminelles organisées sont la cybercriminalité et le trafic de drogues. La criminalité organisée s’y caractérise avant tout par la corruption, l’infiltration et l’exploitation de structures commerciales légales pour la commission de tous types d’activités criminelles, et par l’existence d’un système financier clandestin grâce auquel les criminels déplacent et investissent leurs profits.

    L’expansion et l’évolution de la grande criminalité organisée dans l’Union européenne et les conséquences que la pandémie de covid-19 pourrait avoir à long terme, qui sont susceptibles de créer des conditions idéales pour que la criminalité prospère, sont sources de préoccupation. Les réseaux criminels cherchent à exploiter la crise sans précédent à laquelle fait face l’Union du fait de la pandémie en ciblant à la fois les citoyens, les entreprises et les institutions publiques. Les groupes criminels organisés sont professionnels et s’adaptent très vite, comme ils l’ont montré pendant la pandémie, et 70 % d’entre eux sont actifs dans plus de trois pays ». Pendant ce temps, les mesures de lutte contre le blanchiment et les paradis fiscaux se succèdent, preuve de leur inutilité.

    Les chemins du trafic de drogue peuvent changer, mais il y a quand-même des points fixes de passage, à proximité desquels on trouve souvent d’importantes bases militaires américaines : Sicile, Açores, Kosovo avec le fameux camp Bondsteel, Turquie, Caraïbes.

    Les saisies augmentent, autant pour les drogues de synthèse qui se généralisent que pour la cocaïne ou l’héroïne, donc le trafic aussi puisque les saisies représentent environ 5% du volume total.

    Et avec l’augmentation du trafic il y a forcément une augmentation des bénéfices, qui doivent être blanchis pour être réinjectés dans le système officiel.

    **********

    Bien qu’illégal pour les citoyens, le trafic de drogue n’est pas un phénomène à la marge: il fait partie intégrante de l’économie mondiale et même du jeu géopolitique. Non seulement il rapporte des milliards, qu’on peut distribuer à tous les échelons du pouvoir, mais en plus ils permettent de déstabiliser des pays et l’argent qu’il amène dans le système financier est une bouée de sauvetage pour les banques. C’est pour cela que le blanchiment des millions des cartels ne pose en réalité aucun problème, en tout cas moins que le dealer en jogging qui n’est que le prolétaire du système.

    Notes :

    [49] D’ailleurs, depuis septembre 2019, l’OCRTIS a changé de nom et s’appelle l’Ofast, pour office anti-stups.

    [50] Cf. Le Monde du 25/08/2017 : « A l’origine de cette affaire, un camion parti du Maroc le 7 octobre 2015, chargé d’au moins quatorze tonnes de cannabis, remonte l’Espagne et fait étape à Vénissieux, près de Lyon. Il est suivi tout au long du parcours par l’office central, dans le cadre d’une procédure dite de ” livraison surveillée “, censée conduire les policiers aux commanditaires de la drogue ».

    yogaesoteric
    29 mars 2023

  35. Bilan 2022 de la criminalité dans le canton de Vaud
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    Sécurité

    31.03.2023 / FAO n° 26
    Bilan 2022 de la criminalité dans le canton de Vaud

    Sylvie Bula, commandante de la Police cantonale vaudoise, Vassilis Venizelos, conseiller d’État et Eric Kaltenrieder, procureur général du canton de Vaud ont présenté ces chiffres.

    Crédit photos: ARC Sieber

    À l’occasion de la présentation annuelle des chiffres de la criminalité, Vassilis Venizelos, conseiller d’État et président du Conseil cantonal de sécurité (CCS), a souligné «l’important travail fourni ces dernières années par l’ensemble de la chaîne pénale au service de la population vaudoise malgré les incertitudes et l’instabilité tant sur le plan sanitaire, que sur celui de l’approvisionnement en énergie, voire géopolitique. La Police cantonale et les polices communales vaudoises, notamment, ont contribué au maintien de la qualité de vie dont bénéficie le canton. Sur le plan de la criminalité, la stabilité constatée en 2022 témoigne de l’efficacité de l’action des partenaires sécuritaires».

    Vaud: légère hausse des infractions au CP et baisse des infractions à la LStup et à la LEI
    Au cours de l’année 2022, 43’812 infractions au Code pénal (CP) ont été constatées, contre 42’500 infractions en 2021. Cela représente une légère augmentation de 3%. Après deux années caractérisées par la pandémie, la police constate un retour à la situation de 2019. En revanche, les infractions à la Loi sur les stupéfiants (LStup) connaissent une diminution de 8% pour un total de 5’550 infractions. Les infractions à la Loi sur les étrangers et l’intégration (LEI) connaissent une baisse plus marquée de 17% pour un total de 1’961 infractions.

    Une hausse de 12% du nombre de prévenus au CP a été observée avec 9’410 prévenus. Si les infractions au CP ont fortement baissé depuis 2012 (78’536), le nombre de prévenus a continuellement progressé, illustrant ainsi les résultats positifs des investigations policières.

    Parmi les infractions au CP, 64% concernent le patrimoine (27’843), 14% la liberté (6’004), 8% la vie et l’intégrité corporelle (3’315) et 2% l’intégrité sexuelle (915). A ces chiffres s’ajoutent 5’112 infractions concernant d’autres titres du CP et 623 infractions contre l’autorité publique, dont 212 pour violences ou menaces contre les autorités ou les fonctionnaires.

    Au nombre de 3’955, les cambriolages ont augmenté de 11% par rapport à 2021 (3’569). Une lecture à plus long terme indique toutefois une tendance à la baisse. Cette dernière est perceptible depuis 2013 (11’510).

    Par ailleurs, il faut relever que le volume observé en 2022 est le 3e plus faible des 10 dernières années avec des chiffres encore plus bas en 2020 et 2021. L’augmentation constatée est donc à inscrire dans un phénomène de retour à une certaine «normalité» avec la levée des restrictions liés au Covid-19.

    Les cas de dommages à la propriété ont connu une baisse conséquente de 16% par rapport à 2021 (3’946 contre 4’716). Néanmoins, les cas de vols (sans vols de véhicules) ont connu une hausse de 10% (13’082 contre 11’868), avec une augmentation de 29% pour les vols à l’étalage en particulier (948 contre 1’223). De même, on constate une hausse des vols de véhicules de 5% (2’464 contre 2’336), avec une augmentation des vols de cyclomoteurs électriques de 45% (885 contre 612).

    Une certaine stabilité du nombre de brigandages est observée avec 193 cas en 2022 par rapport à 191 cas en 2021, sachant que le nombre de brigandages avec une arme dangereuse est passé de 48 en 2021 à 43 en 2022. Si les lésions corporelles simples sont en hausse de 21% avec 797 cas pour 2022 contre 658 pour 2021, les lésions corporelles graves sont en baisse notable de 62% avec 15 cas pour 2022 contre 39 pour 2021.

    Le nombre d’infractions liées aux violences domestiques a diminué de 9% en 2022 par rapport à 2021. En 2022, ce sont 3’422 infractions qui ont été constatées dans le cadre de 1’499 affaires. Par ailleurs, au cours de cette année-là, ce sont 27% des affaires de violence domestique qui ont conduit l’auteur à être soumis à une mesure d’expulsion du domicile. À titre comparatif, le nombre d’infractions en 2021 s’élevait à 3’767 infractions sur 1’439 affaires, et 28% de celles-ci avaient conduit à une mesure d’éloignement du domicile de l’auteur.

    Escroqueries et pornographie sur internet
    Avec 71% des infractions de criminalité numérique (total pour 2022: 2626), les escroqueries représentent la catégorie d’infractions la plus largement représentée, suivie par la pornographie (8%). En comparaison avec la moyenne de 2020 et de 2021, la police a observé en 2022 une hausse de 17% des escroqueries (1’870 cas) et une hausse encore plus élevée de 61% de la pornographie (212 infractions).

    Les campagnes de prévention en matière de cyber-escroqueries qui ont été lancées au cours de l’année 2019 se sont poursuivies pour la quatrième et dernière année consécutive.

    Par ailleurs, la brigade spécialisée en cybercriminalité a été renforcée.

    Afin de protéger les jeunes, qui représentent une population particulièrement vulnérable face à la pornographie sur internet, des collaborateurs des polices vaudoises se rendent dans les classes pour informer les élèves des dangers liés à l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux, notamment ceux en lien avec ce type d’infraction. De plus, une task-force spéciale a été mise sur pied afin de traiter un maximum d’affaires de cyberpédophilie.

    Face à l’augmentation récurrente des cyber-infractions, la Commandante de la Police cantonale vaudoise, Sylvie Bula, estime qu’une réponse conjointe «des spécialistes des enquêtes cyber et de la prévention criminelle doit permettre à la fois d’identifier les auteurs et de les renvoyer devant la justice, mais aussi de prévenir la commission de ces infractions en sensibilisant les potentielles victimes par des campagnes de prévention ciblées».

    Tout au long de l’année, les polices vaudoises mènent, sur les réseaux sociaux, sur internet et sous forme d’actions sur le terrain, des campagnes de prévention afin de rappeler les messages de prudence et les conseils utiles, que ce soit en matière de criminalité dite traditionnelle ou de cybercriminalité.

    Les escroqueries représentent 71% des infractions de criminalité numérique.

    Crédit photos: Aliaksandr Siamko
    Activité du ministère public

    En 2022, le volume d’activité du Ministère public a poursuivi sa progression et fleurte avec les chiffres de 2019, soit la période antérieure à la pandémie, avec près de 20’000 nouvelles affaires. Parmi les infractions en augmentation de plus de 15% par rapport au précédent exercice (vols et brigandage; patrimoine, économiques et financières; intégrité sexuelle; circulation routière), les plateformes numériques d’investissement ont représenté la moitié du montant total de la cybercriminalité. Une baisse des procédures en matière de stupéfiants est à relever, de même que des fraudes aux crédits COVID. Pour ce qui est de la détention avant jugement, on dénombre moins de personnes détenues, malgré une progression du nombre de jours de détention.

  36. https://www.youtube.com/watch?v=l9qpiC2gX4Y

    3 avr. 2023 #féminisme #drogue #marseille

    • Drogue : les jeun…
    Ces féministes qui font constamment l’éloge de la drogue.
    De plus en plus de filles dealeuses et trafiquantes de drogue, à cause de la parité perverse dans la pire… Conséquence du “Meufisme”, culture féministe viriliste et machiste d’égalité des sexes dans le pire.

    – Les Femmes et la Drogue :

    • Les Filles Dealeuses

    • Féminisme, Drogue…

    • Les 10 Féministes…

    – Les GANGS de Féministes DEALEUSES aux USA :

    • Gangs de Féminist…

    – La Mafia Féministe :
    Une dealeuse enrôle sa fillette de sept ans dans le trafic sordide qu’elle a monté avec la grand-mère.

    En Italie, une petite fille de sept ans a été enrôlée par sa mère et sa grand-mère pour les aider à mener à bien leur trafic de cocaïne.

    Grâce à la justice, cette fillette va pouvoir retourner dans le droit chemin. Âgée de sept ans, elle avait été enrôlée par sa mère et sa grand-mère afin de les aider à mener à bien leur trafic de cocaïne. Cette petite italienne devait confectionner les doses du produit pour le bon déroulement du cartel Rocca di Papa, qui récemment a été démantelé par la police transalpine. L’écolière accompagnait entre autres sa mère en voiture lors de ses tournées de vente en voiture pour jouer le rôle de guetteuse.

    Sa mère et sa grand-mère, qui pouvaient gagner jusqu’à 2000 euros par jour, ont été arrêtées ce lundi 12 décembre avec six autres personnes de leur cartel lors d’un coup de filet organisé par une brigade de la police de la région de Rome. Ces dernières sont poursuivies pour trafic de stupéfiants, aggravé des chefs de blanchiment d’argent et d’exploitation de mineur, selon le parquet de Velletri. L’enquête, qui a débuté en janvier dernier, s’est achevée au mois d’août lors d’un contrôle de routine qui a amené les forces de l’ordre à trouver une importante somme d’argent dans le véhicule.

    “Au lieu de jouer avec des enfants de son âge, la petite fille emballait des boules de cocaïne”

    Alors que les coupables ont assuré que cet argent était la caisse de leur bar, des écoutes téléphoniques et l’utilisation d’images de caméras de surveillance ont prouvé le contraire. Lors de son enquête, la police a découvert que derrière ce trafic de drogue se trouvait une petite fille, qui, au lieu de jouer avec d’autres enfants de son âge, devait emballer des boules de cocaïne tout au long de la journée.

    Lors de leur arrestation survenue ce mardi matin, 250 grammes de produits stupéfiants d’une valeur de 25.000 euros ainsi que 75.000 euros en liquide ont été retrouvés au domicile de cette famille. L’opération a impliqué une centaine de policiers, un hélicoptère et des militaires italiens. Alors que la petite fille va pouvoir découvrir une vie normale, la mère et la grand-mère sont en attente de leur jugement.

    #féminisme
    #marseille
    #drogue

  37. Féminisme, Drogue et Prostitution (la culture Despentes)

    https://www.youtube.com/watch?v=XgYVEdYzjZs

    14 nov. 2021 #Addiction #Féminisme #drogue
    Virginie Despentes : l’icône et le model féministe pour toutes les filles, qui fait l’éloge de la drogue et de la prostitution… “Je suis pour la légalisation des drogues en général”,
    “J’en ai pris un peu au début, puis beaucoup pendant le film “Baise-moi”, pendant deux ans, et, de toutes les drogues que j’ai connues, c’est celle dont j’ai le plus mauvais souvenir.

    J’ai écrit mon roman Les Jolies Choses en trois-quatre jours sous coke, ça débloque des trucs.

    Les cas les plus désespérés que j’aie vus, c’était des filles, elles ont plus de problèmes à gérer que les mecs. Il doit y avoir un truc avec les oestrogènes et la coke, ça ne marche pas ensemble. Les femmes sont aussi plus vulnérables parce que ça fait mincir. Elles se disent : si j’arrête, je regrossis ; premier piège évident (…). Personnellement, je ne pense pas que j’en sois revenue, je ne suis plus pareille émotionnellement. Quelque chose en moi a changé, un équilibre chimique a été transformé : crises de larmes, nervosité (…)” , Virginie Despentes

    – Voir aussi, les filles et l’alcool :

    • #MetooAlcoolique …

    Vous comprendrez en quoi le culture féministe et le culte des drogues sont totalement lié.
    Le féminisme a pour fonction de détruire les femmes, en les incitant à la débauche, à l’auto-destruction et à la misère.
    (Tout comme le militant féministe Guillaume Dustan était favorable à la légalisation de TOUTES les drogues)

    #Femmes
    #Féministe
    #drogue
    #Metoo
    #Crack
    #Addiction
    #Féminisme

  38. https://www.penalex.ch/jurisprudence/le-tribunal-federal-fixe-a-12-grammes-le-seuil-du-cas-grave-pour-la-crystal-meth/

    Dans un arrêt de 1983 le Tribunal fédéral, se fondant sur une expertise établie par des spécialistes issus de plusieurs universités suisses, avait fixé les quantités à partir desquelles il devait être considéré qu’il existait un risque de dépendance pour 20 personnes – soit le nombre de personnes à partir duquel il fallait considérer que la condition des « nombreuses personnes » était remplie, permettant de retenir le cas aggravé de l’art. 19 al. 2 let. a LStup.

     Ainsi, ces seuils avaient été fixés dans cet arrêt et dans des arrêts ultérieurs à :

    12 grammes d’héroïne,
    18 grammes de cocaïne,
    200 trips de LSD,
    36 grammes d’amphétamines.

  39. Toxicomanie: Lausanne va ouvrir un second espace d’injection à la Riponne
    blick.ch/fr/news/suisse/toxicomanie-lausanne-va-ouvrir-un-second-espace-dinjection-a-la-riponne-id18465099.html
    5 avril 2023
    Toxicomanie

    Lausanne va ouvrir un second espace d’injection à la Riponne

    La Ville de Lausanne va ouvrir un second Espace de consommation sécurisé (ECS) destiné aux toxicomanes. Alors que le lieu ouvert au Vallon en 2018 sera pérennisé, une antenne sera créée au nord de la place de la Riponne, pour une période pilote minimale de deux ans.

    Publié: 05.04.2023 à 15:47 heures

    |

    Dernière mise à jour: 05.04.2023 à 15:50 heures

    CYRIL ZINGARO

    L’espace de consommation sécurité du Vallon a ouvert ses portes en 2018 (archives).

    L’ECS du Vallon peine à attirer les personnes les plus désinsérées. Pour celles-ci, la distance et le besoin de consommer rapidement représentent des freins importants, a expliqué mercredi la Ville dans un communiqué.

    Pour se rapprocher de ces personnes et proposer une alternative à l’espace public, la ville a décidé de créer une antenne à la Riponne. Ce nouvel espace offrira une quinzaine de places de consommation sur une surface d’environ 100 m2. Quatre intervenants sociosanitaires seront présents, avec un agent d’accueil et de sécurité.

    Ce projet pilote s’accompagne d’une nouvelle équipe sociale de rue qui travaillera en étroite collaboration avec la police municipale. Les autorités annoncent aussi que plus aucune consommation ne sera désormais tolérée dans l’espace public et les WC.

    (ATS)

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  40. Suisse: La prison de la police zurichoise va être démolie
    blick.ch/fr/news/suisse/dernier-apercu-exclusif-avec-un-ex-detenu-la-prison-la-plus-rude-de-suisse-ferme-ses-portes-id18513631.html
    Lisa Aeschlimann, Thomas Meier23 avril 2023
    Dernier aperçu exclusif avec un ex-détenu

    La prison la plus rude de Suisse ferme ses portes

    La prison provisoire de la police sur le site des casernes zurichoises va être démolie. Pour dire adieu à l’établissement pénitentiaire le plus rude de Suisse, un ex-détenu nous raconte le calvaire quotidien des prisonniers. Immersion.

    Publié: 19:35 heures

    Thomas Meier

    1/28

    Construite en 1994 pour faire face à la misère de la drogue, la prison provisoire de la police sur le site de la caserne de Zurich n’était initialement censée exister que durant cinq ans.

    Lisa Aeschlimann, Thomas Meier

    La prison a poussé ses prisonniers à bout. Leur désespoir, leur peur et leur colère ont laissé des traces. «Innocent derrière les barreaux», a été gravé sur une porte de cellule, avec la date au-dessus: 03.10.04. Sur une autre porte, on peut lire: «Nous ne crions pas ‘Fuck’, mais ‘Kill the Police’». Et toujours les mêmes quatre lettres visibles partout: «Free».

    Les détenus ont barbouillé leurs messages sur les murs avec du dentifrice ou de la cendre, et les ont gravés avec les zips de leurs fermetures éclair.

    La prison la plus rude de Suisse
    La prison provisoire de la police zurichoise est vide, mais pas silencieuse. Cet été, les derniers détenus ont quitté le bâtiment en béton de trois étages situé sur le site de la caserne. Cette prison était considérée par les avocats comme l’établissement au régime de détention le plus sévère. Même les policiers les plus endurcis étaient heureux de pouvoir quitter le bâtiment, pouvait-on lire dans le «Tages-Anzeiger». C’était un non-lieu, en plein cœur de la ville. Un mémorial temporaire de temps que l’on préfère oublier. Dans le coffre-fort du médecin de la prison se trouve encore aujourd’hui une clé avec l’inscription «méthadone».

    De l’extérieur, on ne pouvait que deviner ce qui se passait derrière ses épais murs. Les journalistes n’y avaient pas accès, les avocats ne connaissaient que les parloirs. Si on entendait quelque chose qui provenait de ce lieu, c’était surtout des histoires d’horreur.

    C’est ici qu’en août 2014, un employé de la Rega s’est suicidé après avoir tenté de vendre le dossier médical de Michael Schumacher aux médias. Des enfants de 11 ans y étaient détenus – dans le quartier de détention normal, une violation des principes internationaux.

    Le délinquant Brian, connu sous le nom de Carlos, était venu ici, tout comme le manager de football Erich Vogel ou l’ex-patron de Raiffeisen Pierin Vincenz. Ils étaient assis dans de petites cellules: grille métallique, matelas affaissé, table en bois, fenêtre grillagée.

    «J’étais un habitué»
    Ilias Schori, ex-détenu de la prison d’urgence de Zurich et aujourd’hui enseignant auprès de l’association «Gefangene helfen Jugendliche», se souvient: «En hiver, il faisait un froid glacial, en été, une chaleur étouffante. Ça sentait toujours la fumée, la cuisine de la prison, la sueur.» Aujourd’hui, ça ne sent plus que l’air vicié.

    L’ex-détenu a été envoyé pour la première fois dans cette prison à l’âge de 14 ans. On l’a mis dans une cellule avec des adultes. Il y est revenu à plusieurs reprises: d’abord parce qu’il s’était enfui de foyers, puis pour des vols. «J’étais un habitué.»

    23 heures sur 24 dans une cellule
    Avec les cellules du bâtiment de la caserne, il y avait 141 places de détention. Les personnes arrêtées arrivaient là avant qu’un juge ne décide de la détention préventive et avant qu’un transfert éventuel dans d’autres établissements ne soit effectué. Durée maximale de séjour: sept jours.

    La détention policière est la forme de détention la plus restrictive: 23 heures sur 24 dans une cellule, seul, parfois à deux, sans savoir ce qui va arriver. C’est là que le choc de la détention sévit, que les détenus subissent des crises de panique ou d’angoisse.

    Une cellule du deuxième étage est noire de suie, un détenu a dû y mettre le feu. L’expression du désespoir? Une tentative de faire pression? Ou tout simplement un accident?

    Ilias Schori parle de son quotidien ici: des détenus qui frappent sur les portes, qui crient dans toutes les langues possibles, même la nuit. Il le dit comme si c’était normal. «Tu n’es préoccupé que par tes propres pensées: Comment ça va se passer? Où vais-je aller? Que pensent mes parents de moi? J’emmerde la police! Je préférerais être au bord de la mer avec ma copine en ce moment», ironise-t-il.

    Lever à 6h15, extinction des feux à 21h30
    La construction de la prison provisoire de la police zurichoise était une solution d’urgence. Le terrain sur lequel elle a été construite se trouve dans la zone libre cantonale. 1994: C’est l’année qui suit l’évacuation de la scène ouverte de la drogue à Zurich, le Letten. Face à la misère de la drogue, les électeurs ont approuvé la construction d’une prison sur la Kasernenwiese. Provisoirement, pour cinq ans.

    Dans cette prison, il n’y avait pas de téléphone portable, pas de télévision, rien à lire – sauf les inscriptions sur les murs. Une privation totale de stimuli. Sur certaines tables en bois, des échiquiers sont gravés, les détenus se confectionnaient des pions avec du papier et jouaient au morpion.

    Le règlement intérieur est encore collé à la fenêtre d’une cellule: lever à 6h15, repas à 6h30, 10h30 et 16h30. Extinction des feux à 21h30. Le seul repère était la radio, qui donnait l’heure avec les informations. Les trois cigarettes qu’Ilias Schori recevait par jour, il se les répartissait. Il ne fumait qu’une demi-cigarette à la fois, sans filtre.

    L’isolement fait parler les détenus
    «Il n’y a rien à faire. Tu es allongé sur le lit, tu entends l’évacuation de la fumée, par la fenêtre tu regardes le mur d’une maison, explique l’ex-détenu. Et tu entends les gens faire la fête dehors: la musique, les basses, les rires des gens.» Il y avait une heure de promenade dans la cour par jour – sachant que la cour était une place bétonnée où l’on ne voyait que le ciel en haut, à travers les grillages. Loin du monde extérieur. Même dans le bâtiment vide, on se sent à l’étroit, affligé par la désolation.

    «En Iran, en Syrie, on te torture pour que tu avoues. Chez nous, on t’enferme 23 heures, dans 8,5 mètres carrés, et si tu n’as pas de chance, avec une autre victime. Je le dis à chaque fois aux élèves: imaginez que vous êtes assis chez vous dans vos toilettes pendant 23 heures. C’est là que tu te brises. C’est là que tu commences à parler.»

    Déjà obsolète lors de l’ouverture
    La Commission pour la prévention de la torture a critiqué à plusieurs reprises la détention préventive zurichoise. La police cantonale n’a d’abord pas voulu autoriser de visite: Le bâtiment est «un préfabriqué délabré» qui, dans son état actuel, donne une fausse image de ce qu’est la détention moderne de nos jours.

    Déjà du temps de sa création, la prison n’était pas moderne. Ilias Schori se souvient: il était assis dans la voiture de police en route pour cette prison, les mains attachées derrière le dos, et il a réussi à les mettre devant lui pendant le trajet. «Quand le surveillant a vu ça, il m’a crié dessus, m’a menacé de me frapper. On est traité comme un criminel, pas comme un être humain. J’en étais un, mais quand même.»

    La prison provisoire va être recyclée
    Lundi, les pelleteuses retourneront la terre. Le site de la caserne sera transformé en centre de formation. Les détenus déménagent à la prison de Zurich Ouest, où beaucoup de choses seront différentes et surtout améliorées – mais une erreur a déjà été faite à propos des prévisions d’effectifs.

    La prison provisoire continue à vivre: une partie de la cuisine de la prison sert dans une ferme cantonale à Hombrechtikon, les treillis en métal des lits servent de garde-fou dans une nouvelle coopérative urbaine. Les meubles de bureau ont été repris par le département des travaux publics. Même le béton aura droit à une seconde chance, car il est de très haute qualité, dit-on.

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  41. Deal de rue : Lausanne comme à Palerme
    antimafia.net/2017/01/19/trafic-de-drogue-en-rue-lausanne-comme-a-palerme
    Contributeur Antimafia19 janvier 2017
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    À Palerme, la Black Axe (société secrète nigériane) est dans la cible de la justice italienne. C’est la première fois qu’un groupe criminel non affilié aux mafias traditionnelles est dans le collimateur de l’antimafia. À la suite de l’arrivée massive de migrants en Europe, la justice italienne s’inquiète d’un rapprochement entre l’organisation criminelle nigériane et Cosa Nostra.

    Après l’arrestation de 23 Nigérians soupçonnés d’appartenir à la nouvelle organisation mafieuse, le procureur adjoint du tribunal de Palerme explique ce que représente cette nouvelle pègre.

    « Ces groupes de Nigérians ont les mêmes caractéristiques que les organisations mafieuses, ils agissent exactement pareil. Ils sont organisés dans une structure pyramidale et utilisent l’intimidation pour s’implanter . On essaie de prouver qu’il y a des liens entre la mafia et ces Nigérians. Mais cette relation ne peut être que verticale : jamais la mafia n’autoriserait une autre organisation à travailler d’égale à égale avec elle. Les Nigérians finiraient vraisemblablement assassinés dans l’arrière-pays s’ils tentaient de s’imposer face à Cosa Nostra. Ballaro le jour et Ballaro la nuit, c’est la même chose, la drogue circule en toute impunité, admet le procureur. Mais l’important, c’est que cette drogue soit vendue avec l’accord de la mafia. C’est Cosa Nostra qui supervise le marché, mais ce qu’on sait, c’est que la mafia prend les Nigérians très au sérieux. Nous pensons qu’il existe des liens entre la criminalité nigériane de Palerme et les gangs de Castel Volturno, de Catane, et d’ailleurs en Italie».

    Au centre du marché de Ballaro, le trafic de cocaïne se déroule aux yeux de tous, comme à Lausanne où même harcelés, les dealers africains peinent à quitter la rue. Devant l’arrivée massive des nigérians, la mafia a imposé ses règles : par d’armes à feu dans les mains des Africains. S’ils doivent punir, ils doivent utiliser des machettes ou des haches.

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    Trafiquants de drogue à Lausanne
    Outre la drogue, la prostitution est l’une des activités les plus lucratives des Nigérians de Ballaro. Elles seraient environ 600 jeunes Nigérianes – les plus nombreuses devant les Roumaines – à faire le trottoir à Palerme sous leur surveillance. Véritables esclaves sexuelles, elles doivent accepter la passe à 20 euros, alors qu’elle est habituellement à 50 euros.

    En principe, Cosa Nostra interdit la prostitution, mais sans y participer activement, les mafieux profitent ainsi de cette colossale manne financière en prenant leur part au passage.

    C. Lovis 2017© Les Hommes de l’Antimafia™

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    Prostituée du Nigéria exploitée en Sicile
    Source : Le Monde, par Amaury Hauchard

  42. La mafia nigériane de plus en plus puissante
    antimafia.net/2023/01/21/la-mafia-nigeriane-de-plus-en-plus-puissante-laxe-avec-la-cosa-nostra-et-la-camorra-est-ne
    Contributeur Antimafia21 janvier 2023

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    Kenneth Osahon Aghaku
    Prostitution, drogue, trafic d’êtres humains: un axe dangereux est né entre la mafia nigériane, la Cosa Nostra et la Camorra
    La mafia nigériane s’est installée dans le sud de l’Italie aux côtés de la mafia sicilienne, avec laquelle elle a collaboré dans une position subordonnée. Nous savions que les clans nigérians géraient de manière indépendante la prostitution et l’exploitation des femmes albanaises et roumaines qui travaillent dans des champs de tomates pour un euro par jour.

    Le marché de la prostitution est devenu celui de la drogue et du trafic des êtres humains, sous le contrôle de Cosa Nostra et de la Camorra. Les Nigériens ont collaborer avec les mafias italiennes. Le groupe criminel nigérien est un clan appelé « Black Axe » qui est né au Nigeria puis exporté en Italie. C’est une organisation bien structurée, avec des liens internationaux en Europe et aux États-Unis. Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, « Black Axe » représente un danger très important.

    Les contacts étroits entre la mafia nigériane, la Cosa Nostra et la Camorra inquiètent le pouvoir judiciaire et la police. Comme presque toutes les organisations mafieuses, la mafia nigériane est organisée selon une structure pyramidale qui utilise encore des méthodes primordiales telles que la violence et l’intimidation pour dicter la loi dans les territoires auxquels le clan appartient. Une opération menée par la DIA de Palerme a permis d’arrêter en novembre 2016 plus de vingt membres de la mafia nigériane, soupçonnés d’avoir forcé illégalement de jeunes Africains à se prostituer avec des méthodes de violence physique et psychologique sans précédent.

    L’organisation pyramidale est illustrée par le chef Kenneth Osahon Aghaku, responsable du groupe organisé composé d’au moins une centaine d’éléments. En Sicile et en Campanie, les Nigérians sont le bras opérationnel de Cosa Nostra et de Camorra pour le marché de la drogue et de la prostitution. La mafia nigériane produit même de manière indépendante des drogues synthétiques et les vend avec le consentement des mafias italiennes. Le silence absolu est un autre trait dominant de la mafia nigériane. Parmi les membres du clan, il y a la loi du silence quand ils sont arrêtés. Jusqu’à récemment, la prostitution était la principale activité illégale des Nigérians. Les filles ont été achetées par des familles pauvres et une fois sur le sol italien, elles ont été kidnappées et brutalisées. Elles ont également recours à des rituels tribaux, notamment le cannibalisme.

    Le marché des trafics de drogue et d’êtres humains représente aujourd’hui un nouvel horizon qui semble devenir plus puissant et ne plus être asservi par les mafias italiennes. À présent, les clans n’utilisent plus de machettes et d’axes comme l’auraient souhaité les mafias italiennes, mais ils possèdent des armes de dernière génération. Alors qu’ils étaient auparavant soumis, les Nigérians sont aujourd’hui tolérés, car ils sont utiles aux fins de la Camorra et de la Cosa Nostra. Cette relation peut toutefois changer à tout moment, car depuis un certain temps déjà, la mafia nigériane a demandé à être au même niveau que les mafias italiennes, convaincue qu’elle se développe à la fois en tant que force militaire et économique.

    Cette nouvelle mafia devient de plus en plus dangereuse, mais parce qu’elle est presque invisible pour la plupart des gens et qu’elle est peu connue de l’opinion publique et des associations anti-mafia, on parle peu.

    Un aspect à ne pas sous-estimer est le fondamentalisme islamique qui se propage comme une traînée de poudre au Nigéria et qui pourrait représenter un autre facteur de danger pour cette mafia.

    C. Lovis – Antimafia.net – janvier 2023

    VIDEO DE L’ARRESTATION
    Article sur le même sujet dans ParisMatch
    Source : http://www.affaritaliani.it

  43. Les mafias resserrent leur emprise sur les migrants du détroit de Gibraltar
    letemps.ch/monde/mafias-resserrent-emprise-migrants-detroit-gibraltar

    EUROPE
    Le commerce d’êtres humains rapporte souvent davantage que le trafic de drogue. Forte de cette découverte, la criminalité organisée s’y consacre entre le Maroc et l’Espagne avec une sophistication croissante.

    C’est une image d’épouvante. Ce sont 15 Marocains, dont deux femmes et un mineur, demi-nus, squelettiques et morts de faim. Pendant de longues semaines, ils étaient entassés dans un petit appartement d’Algesiras (Andalousie, près de Gibraltar), dans des conditions d’hygiène déplorables, seulement alimentés avec un peu de riz, de patates cuites, de tomates et de thé. Ce jour-là, lorsque la Garde civile espagnole les libère de ce réduit, ils apparaissent livides, incapables de parler pendant de longues heures. Ces 15 clandestins-là ont vécu un double enfer: comme des milliers d’autres, ils ont risqué leur vie à bord d’une embarcation depuis Tanger, au Maroc, vers l’El Dorado qu’ils imaginent être l’Espagne et l’Europe. Pour entreprendre cette traversée périlleuse – près de 100 cadavres de naufragés identifiés depuis le début de l’année –, ils ont payé à une mafia environ 2500 francs.

    Mais leur calvaire ne s’est pas arrêté là: sitôt débarqués sur les côtes espagnoles, plus précisément sur une plage de la côte sauvage près de Tarifa, apparaissent des compatriotes en camionnette. Ceux-ci les abordent avec gentillesse, promettent de les aider et de leur trouver une cache afin d’échapper à la surveillance policière. Peu de temps après, les 15 infortunés se retrouvent séquestrés dans un appartement en plein centre d’Algesiras, isolés du monde extérieur. La police espagnole, qui vient de mettre sous les verrous leurs ravisseurs marocains, a pu reconstituer les faits. Un certain Rachid E…, 38 ans, le chef de file, contactait les familles des clandestins et exigeait d’elles une rançon de 2500 francs, soit autant que le coût de la traversée, et envoyait des menaces de mort. Les immigrants, eux, étaient dans l’incapacité d’honorer une pareille somme d’argent.

    Ce fait divers scabreux n’est pas isolé. Le 4 juillet dernier, deux réseaux séquestrant des clandestins marocains fraîchement débarqués ont été détenus par la garde civile. Depuis le début de l’année, 165 personnes, appartenant à 36 clans mafieux distincts, ont été mises hors d’état de nuire. Mais à la Direction de la Garde civile, à Algesiras, on reconnaît que ces arrestations ne sont que la partie émergée de l’iceberg et que, dans l’ensemble, les forces de l’ordre sont dépassées par ce phénomène. Si la traversée du désespoir en «pateras» (embarcations) dans le détroit de Gibraltar a commencé au début des années 90, l’emprise des mafias n’a jamais été aussi forte et prend des tours macabres ces dernières années. On ne compte plus les navigateurs marocains qui, une fois repérés par les patrouilles maritimes de la Garde civile, jettent leurs passagers – une cinquantaine, en moyenne – à l’eau. On ne compte plus non plus les ruses de certains clans mafieux envoyant des «pateras» dans les filets policiers. Cette manœuvre provoque une diversion et donne le champ libre, au même moment, à d’autres «pateras» chargées de haschisch.

    Cette dérive n’étonne pas les autorités espagnoles. Pour Rodrigo, responsable de la protection civile sur la côte de Tarifa, «ce qui se passe, c’est que les mafias marocaines se rendent compte de plus en plus que le trafic des immigrés sans papiers est plus juteux que celui de la drogue. Il y a moins de risques et cela ne suppose aucun investissement.» Calculette en main, les comptes sont vite faits. A raison d’une cinquantaine de clandestins par voyage, cela rapporte 125 000 francs par embarcation, et certains réseaux peuvent en faire partir jusqu’à une dizaine par nuit. D’après les ONG à l’œuvre à Tarifa, les mafias ont même récemment doublé le prix de la traversée, lorsque celle-ci inclut une deuxième tentative. Explication: à la différence des Noirs africains, libres comme l’air en Espagne, l’immense majorité des Marocains sont rapatriés illico en ferry par la police espagnole. Désormais, le «péage» de cette traversée de la mort inclut donc la garantie d’un deuxième départ deux ou trois jours plus tard.

    Mais ce «négoce de la misère» s’est encore sophistiqué. «Depuis deux ou trois ans, les mafias marocaines, bien implantées en Andalousie, ont compris qu’elles pouvaient soutirer à nouveau de l’argent à l’immigré après la traversée», explique José Villaos de l’ONG «Acoge». Les plus fortunés des passagers sont en effet munis de liasses de pesetas et d’un téléphone portable qu’une poche de plastique rend étanche. Le système est bien huilé: sitôt débarqués, ceux-ci appellent un numéro. Le «contact» envoie aussitôt une camionnette qui amènera les clandestins vers un «lieu sûr», pour un minimum de 10 000 francs. De là, les bons payeurs pourront rejoindre sans crainte Grenade, Séville ou Almería, puis le reste de l’Europe.

    Et les autorités espagnoles là-dedans? Mariano Rajoy, le ministre de l’Intérieur, a rappelé à la mi-juillet que la lutte contre les «mafias du détroit» demeurait une de ses priorités. Pour ce faire, il a annoncé le lancement d’un projet de «barrière électronique», par le biais de tours équipées de radars et de caméras à infrarouge. Mais du point de vue des partis de gauche et des ONG locales, ce système risque de rendre la traversée encore plus périlleuse et, de ce fait, de renforcer l’emprise des mafias. Rodrigo, lui, a un antidote contre les réseaux qui exploitent les immigrants: «On ne pourra jamais empêcher des gens désespérés de venir vers la riche Europe. Alors, créons des annexes de l’INEM (les Agences pour l’Emploi espagnoles, ndlr) dans les grandes villes du Maroc, et faisons venir en ferry des immigrés avec un contrat de travail en poche. Contre ce système, les mafias sont impuissantes.»

  44. La mafia Turque
    antimafia.net/2014/05/05/la-mafia-turque
    Contributeur Antimafia5 mai 2014
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    Les clans turcs

    La Turquie a longtemps été l’une des premières places au monde de la culture du pavot. Grâce au commerce de l’héroïne et de l’opium, les clans turcs ont assis leur autorité et se sont enrichis de façon constante. Les profits colossaux engendrés par le trafic de stupéfiants ont permis à ces clans à pénétrer les classes dirigeantes du pays tout en influant favorablement sur le processus d’industrialisation du pays. Les laboratoires et la logistique de ces clans se situent principalement à Ankara, Istanbul et même en Grèce, en Bulgarie et dans les Balkans.

    La force des clans turcs

    Le savoir-faire, leur réputation et les liens avec les familles italiennes, aussi bien en Italie qu’aux États-Unis ont renforcé l’influence des familles turques sur la scène internationale. Les Turcs ont pris le contrôle du commerce de l’héroïne depuis la zone de production (Afghanistan et dans le Triangle d’or) jusqu’aux zones de consommation en Europe occidentale.

    Avec les Loups gris – un mouvement politique d’extrême droite – les familles du crime organisé turques sont souvent impliquées dans des meurtres et des délits commis hors de leur pays.

    On estime qu’il y a plus de 40 clans importants en Turquie qui engendrent un chiffre annuel d’environ 60 milliards de dollars (la moitié du budget de l’Etat). Le pouvoir des gangs de la mafia turque s’étendent dans les hautes sphères de l’économie, la politique et la justice en Turquie. Ces dernières années, plusieurs scandales de matchs de football truqués ont mis en lumière cette économie souterraine.

    Turquie

    Aux premiers jours de la route des Balkans, le trafic était surtout assuré par les Yougoslaves, utilisés comme éclaireurs afin d’assurer la sécurité du transport de la drogue, à l’origine à travers la Serbie. Au cours des années 1970 à 1980, les marchés en Allemagne et en Suisse étaient aux mains des clans turcs et libanais.

    La guerre comme opportunité criminelle

    La guerre en Yougoslavie, suite à la mort de Tito, fut une époque florissante pour les clans criminels qui se multiplièrent et élargirent leurs secteurs d’activité. Dans les années 1990, des groupes criminels organisés croates, bosniaques et serbes virent le jour.

    Trafic d’armes

    Le commerce des armes se développa au début des années 1990, notamment en Bosnie et en Croatie. Les clans italiens jouèrent un rôle important, mais les premiers acteurs de ce trafic furent les Albanais. En effet, lors de l’insurrection de 1997, presque tous les stocks d’armes militaires furent volés et envoyés au Kosovo, en Bosnie et en Serbie. Des armes lourdes, dont 10 missiles sol-air volés dans une base militaire furent retrouvés dans une grotte en Albanie. Les enquêteurs établirent que le commerce illégal d’armes était aussi un moyen de survivre pour des entreprises d’État du Monténégro, de Bosnie et de Serbie.

    Trafic d’arme

  45. En Turquie, ce ne sont pas les belles pierres qui traînent au bord des routes qui sont préoccupantes…
    antimafia.net/2012/08/19/en-turquie-ce-ne-sont-pas-les-belles-pierres-qui-trainent-au-bord-des-routes-qui-sont-preoccupantes
    Contributeur Antimafia19 août 2012
    3 Votes

    L’actualité met de l’importance où elle veut. Toujours ce désagréable sentiment d’être manipulé par une presse à sensation, une presse à faits divers. Ces derniers temps, quasiment tous les jours, on évoque l’affaire Christian VARONE (pour autant qu’on puisse parler d’une affaire). En Turquie, ce ne sont pas les belles pierres abandonnées au bord des routes qui son préoccupantes, mais une réalité ô combien plus sombre : La mafia turque. Puissante, richissime et pourtant à peu près totalement occultée.

    Depuis plusieurs années, le déjà considérable trafic d’héroïne à travers les Balkans a encore explosé. Selon les estimations documentées du chef de la brigade serbe des stupéfiants, on estime à 10 tonnes d’héroïne qui traversait chaque mois la Serbie, le long de la route des Balkans (Albanie, Bulgarie, Croatie, Macédoine ex-yougoslave, Serbie, Slovénie). Provenance unique de cette héroïne : la Turquie. Acteur central du trafic et fournisseur quasi exclusif de la Route des Balkans : la mafia turque.

    Le trafic d’opiacés, première des activités criminelles des clans turcs, est parvenu à son apogée à la fin des années 1980, sous l’impulsion de « Musullulu ». Traditionnellement, il s’agit d’une activité de la branche kurde — sans exclusivité toutefois. En fait, les Turcs sont venus au trafic de stupéfiants par l’intermédiaire de la contrebande – cigarettes, armes, matériel électronique et audiovisuel, voitures de luxe, pièces détachées, passage de migrants clandestins… Les groupes criminels ont également développé une activité de faussaire : documents de voyage, faux passeports, titres douaniers, etc.

    De nos jours, le trafic de stupéfiants est plus concurrentiel au sein des Balkans, avec l’implication des Albanais. Dans les villes, les clans exercent leur influence sur (ou contrôlent même carrément) le jeu clandestin, l’exploitation de la prostitution, le racket, le prêt à usure, le piratage des adjudications de travaux publics, le recouvrement « musclé » de dettes pour le compte de créanciers impatients (contre la rétention de 50 % de sommes récupérées), la vente « privée » des propriétés de l’État grâce aux liens privilégiés avec les politiques ainsi que le racket du stationnement.

    Les mafieux turcs sont implantés en Bulgarie depuis les années 1960, mais également en Suisse et en Allemagne. Aux Pays-Bas, Espagne et en Angleterre, ils sont actifs dans le trafic d’héroïne.

    Relatons quelques Parrains et clans de la mafia turque. (Le nom vient toujours en premier ; le prénom suit)

    Gloires montantes
    Peker Sedat: né en 1970, déjà « parrain » avant l’âge de 30 ans. Il règne sur la rive asiatique d’Istanbul, toujours calme et souriant, entouré de milliers d’hommes l’appelant « chef ». Comme nombre de parrains turcs, Peker ne fait pas mystère de ses convictions « idéalistes ». Il déclare, dans la seule interview qu’il a jamais accordée, et intitulée sans doute par antiphrase « I am not a godfather » : « Je ne vis pas dans un monde souterrain comme un cloporte ou autre insecte inférieur. Mon style est plus celui d’un lion, d’un aigle ou d’un loup gris ».

    Sedat Peker est régulièrement interpellé – mais sans que cela ne dure jamais longtemps. Replié en Roumanie, il se livre à la justice turque en août 1998, pour être bientôt libéré. En juin 2000, le voilà à nouveau inculpé de 8 assassinats. Mais en juillet 2001, un Peker libre comme l’air est le héros et mécène d’un grand mariage entre les enfants d’un haut dirigeant politique et d’un homme d’affaires d’Urfa. En mai 2002 enfin, tout le gratin « idéaliste » de Turquie assiste à une grande réception donnée par lui pour lancer son site Internet qui diffuse la doctrine nationaliste-pantouranienne et préparant l’« unité de la nation turque, forte de 300 millions de Turcs ». Participent à la fête patriotique : plusieurs artistes éminents, des généraux en retraite, des dirigeants de grands clubs sportifs, le président de la fédération turque de football et des personnalités politiques, notamment du MHP.

    Özbizerdik Onur: superbe pedigree mafieux que celui du jeune Onur, dont l’histoire est depuis l’enfance celle des « Atrides de la maffya ». À 12 ans, il voit le garde du corps de son beau-père, tuer sa mère. Élevé par son grand-père, Onur est un mafieux précoce : à 15 ans, il tire une balle dans les testicules d’un videur lui barrant l’accès d’un club interdit aux mineurs. Quand meurt son grand-père (août 1999), Onur – qui a tout juste 16 ans – prend la tête de la « famille » avec pour tuteur et lieutenant Osman Dönmez, parrain « idéaliste ». En décembre 1999, à Istanbul, il vide un chargeur sur Gencay (frère d’Alaatin) et son épouse, les blessant gravement. Depuis lors, Onur et Osman Dönmez sont inséparables. Le chef « idéaliste » éduque son protégé, lui apprend son métier de parrain, le remplace quand il est en prison.

    C. Lovis

    Source :
    Mafia(s), à la découverte des sociétés du crime, Thierry Cretin (page 62)
    Raufer Xavier, « L’Union Européenne, la mafia turque et… l’Arlésienne », Outre-Terre, 2005/1

  46. Roberto Saviano : le combat contre la mafia continue
    antimafia.net/2012/03/11/roberto-saviano-le-combat-contre-la-mafia-continue
    Contributeur Antimafia11 mars 2012
    2 Votes

    Source : Ouest France

    La sortie de son livre, Gomorra, a fait l’effet d’une bombe en Italie, il y a six ans. Pour la première fois, la Camorra, la mafia napolitaine, était décrite dans le détail. A dire vrai, racontée plus que décrite. Avec un sens de la narration qui fait de Saviano un vrai écrivain, avec une connaissance culturelle du phénomène que seuls les magistrats, les policiers ou les journalistes qui travaillent sur ce sujet possèdent aussi bien. Gomorra a été un succès retentissant. Un succès qui a protégé Roberto Saviano de possibles attentats, mais qui l’a aussi condamné à une vie sous escorte. A à peine 25 ans.

    Nous l’avons rencontré lors de son passage à Paris pour la sortie en France de son dernier livre, Le combat continue, chez Robert Laffont. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Roberto Saviano nous parle des entreprises mafieuses, de leur nature économique, militaire et aussi religieuse. Il parle aussi de la France, c’est par là que le livre commence, et de l’incroyable myopie qui, selon lui, caractérise le débat français sur ces questions. Il nous parle de sa vie quotidienne. De ses aspirations. Rencontre…

    Votre livre commence sur la France et la menace mafieuse. Elle est sous-estimée selon vous ?

    Le Parquet anti-mafia italien a lancé une alerte très claire. Les mafias seraient prêtes à investir 100 milliards d’euros sur le territoire français. La France est intéressante pour plusieurs raisons : se planquer, parce qu’il n’y a pas de véritable lutte contre la mafia, pour ses liens avec les pays d’Afrique occidentale qui reçoivent des tonnes de cocaïne, parce qu’on en parle peu. C’est une situation idéale. La crise a ouvert une autoroute à la criminalité organisée. Je suis surpris que cela n’apparaît pas du tout dans le débat politique à la veille d’une élection aussi importante. Pas un seul candidat ne parle de l’économie criminelle.

    En pleine crise, la mafia n’a pas de problème de liquidités ?
    Exactement. C’est toute la différence. Les mafias ne sont pas seulement riches, mais elles sont en position de force parce qu’elles disposent de liquidités. C’est dans leur culture, leur organisation économique vise à toujours relier le profit à quelque chose de concret. La finance est regardée avec une certaine méfiance d’ailleurs, elle véhicule de l’argent sale, bien sûr, les organisations l’utilisent, mais elles s’en méfient aussi. Donc l’enracinement est nécessaire, mais il est difficile de le retrouver ici, en France, par exemple, parce que l’émigration, le contrôle du territoire, a besoin de beaucoup de désespoir, d’une communauté.

    En Corse ?
    Oui, en Corse, c’est vrai, elle a produit une mafia pour son propre compte. La mafia corse est aujourd’hui sous-évaluée pour des raisons politiques. Sarkozy se montre comme un gagnant sur ce sujet face au FLNC, et dont parler de la Corse risquerait de créer des problèmes sur le front politique, mais personnellement j’ai toujours considéré le FLNC une déclinaison de ce qu’est la mafia corse qui a des rapports avec la N’dranghetta, la Camorra, les Russes. C’est certainement un problème sous-estimé.

    L’enracinement reste un critère identitaire essentiel pour les organisations ?
    Oui, c’est à la fois le refuge et la racine. C’est de là que part la règle. Si il y a un pépin dans le trafic de drogue à Bordeaux ou à Lisbonne, c’est en Calabre qu’il est résolu. Les villages calabrais qui fondent les règles de la N’drangheta s’appellent « mamma ». La mamma, c’est Africo, Plati et San Luca On les appelle ainsi parce que ces villages dictent les règles des narcotrafiquants. Cela paraît incroyable, mais c’est ainsi.

    Les organisations criminelles adorent les rites…

    Par exemple, le rite d’affiliation est fondamental. Le serment qu’on prête, la main posée sur la pointe d’un couteau, en évoquant l’histoire mythique de Osso, Mastrasso et Carcagnosso, fondateurs de la N’drangheta, de la mafia et de la Camorra. Cela paraît impensable qu’un garçon d’aujourd’hui, connecté à internet, à facebook, puisse y penser. Et pourtant, il y pense. Il y puise une forme d’autorité, d’appartenance à une histoire, à des règles.

    Leur code est plus fort que le droit ?
    Oui, parce qu’il prévoit l’erreur, la trahison. Il prévoit tout ce que l’être humain fait.

    Au début du livre, vous écrivez. « Au fond, quand on est écrivain on se sent étranger partout sauf sur la page ». C’est la nouvelle patrie de Saviano, la page ?

    Oui, en réalité oui. Cela semble un peu exagéré, mais c’est vrai.

    Elle l’aurait été même sans les menaces ?
    Un peu, sans doute. Je ne suis toujours senti en difficulté à vivre sur ma terre. Dans ma condition actuelle, ce n’est pas une phrase romantique, c’est vraiment un message réel. Je me sens étranger partout, peut-être parce que maintenant je le suis. Ce n’est plus seulement un malaise moral ou personnel.

    C’est un exil forcé ? Ou pour une part vous l’auriez choisi ?
    Sans doute. Pour une part ce sentiment est indépendant de la persécution que je subis, mais je dois dire que le fait de ne pas pouvoir revenir sur ma terre m’impressionne en soi. D’autant plus que nous sommes en Europe. On est habitués, moi aussi, à voir un jeune kurde, algérien,, éthiopien, russe persécutés. J’en ai rencontré beaucoup durant les sept mois que j’ai passé aux Etats-Unis, mais il n’y avait aucun européen.

    Votre livre, Gomorra, vous a contraint à vivre sous protection, toujours menacé. La littérature a une force qu’on avait fini peut-être par sous-estimer ?

    Oui. Salman Rushdie m’en a souvent parlé. Les grands régimes sont de vrais estimateurs de la littérature, ils persécutent les poètes. Les Soviétiques avaient une peur bleue des écrivains, même s’ils n’étaient lus que par peu de personnes. La littérature est redevenue explosive sur le plan civil. Dans une société où on peut tout dire, diffuser une idée en ligne en quelques secondes, la littérature arrête ce flux. Comme si elle bloquait le tapis roulant de l’information. Et elle oblige ainsi tout le monde à fixer leur regard, à ravailler la mémoire, à approfondir, à comprendre. A peser les choses.

    Pourtant, la machine médiatique a aussi été un salut ?

    Oui, c’est les deux. C’est bipolaire, comme ma vie. Cachée et pourtant toujours visible.

    Qu’est-ce qui vous fait tenir ?
    La discipline. S’habiller, même si je reste cloitré dans une chambre. Respecter les horaires. Etudier, beaucoup. Ne pas céder à la paresse. Faire des pompes.

    Comme les détenus politiques dans les camps ?
    Exactement, c’est d’eux que je l’ai appris. On peut même dire des détenus tout court.

    Le matin, qu’est-ce qui vous donne un point d’équilibre, une normalité ?

    Le travail. Le désir d’entrer en contact avec les personnes. Une nervosité qui ne cesse jamais, un désir de dire, d’écrire, de chercher. Tout cela est contrebalancé par la dépression, bien sûr. J’y bute en permanence. En permanence. Je l’aurais peut-être connue sans cette situation, mais le péril est plus grand dans ma condition de sombrer dans la mélancolie, la dépression. Y compris du fait de ma façon de vivre. Dans l’obscurité souvent, les chambres d’hôtels sans lumière. C’est terrible. Cela arrive à tous ceux qui vivent comme moi.

    Vous le racontez, d’ailleurs, dans votre précédent livre, « La beauté et l’enfer ».

    Oui.

    Il y a une question que tout le monde se pose, ce poids, cette force d’impact de la littérature, vous vous y attendiez en publiant Gomorra ou vous avez été submergé ?

    Cela a été une avalanche. Moi, j’avais prévu une réaction, on avait tout fait pour que ce livre ait un impact, qu’il puisse sensibiliser des personnes. Mais dans ma tête, si j’avais vendu 30 000 exemplaires j’airais été très heureux, et mon éditeur aussi aurait été comblé.

    A quoi attribuez-vous cette avalanche ?

    Il y a beaucoup de facteurs. La télévision. Mon livre était dixième dans les classements, et puis après un passage à la télé, il a commencé à grimper, grimper. Tu sais, le mécanisme est parfois mystérieux. Le fait d’avoir une escorte, par exemple, n’indique rien, en fait, sur la valeur de la personne qui a besoin de protection. Ce n’est pas un mérite. Je connais des journalistes excellents, courageux, qui n’ont jamais été menacés et d’autres très médiocres qui ont été menacés. Ce n’est pas un mérite, c’est comme trébucher sur une situation. C’est très dangereux de penser que l’escorte est un mérite, très dangereux parce que c’est comme si c’était démériter de ne pas en avoir.

    L’expérience télévisée que vous avez eue avec Fabio Fazio et cette émission à grand succès, « Parle avec moi », que vous avez présentée ensemble, a été une façon de prendre ces médias par les cornes, avoir pris le volant ?
    Pour un moment, oui. Arriver à des millions de personnes en racontant des histoires. En parlant de la mafia au Nord. Et les Italiens étaient alors contents de pouvoir écouter des histoires et pas des politiciens.

    Ce pouvoir de la narration est inoxydable, il résiste à la machine médiatique, aux nouveaux médias, aux réseaux sociaux ?

    Oui, c’est quelque chose d’ancien qui peut se renouveler, mais c’est toujours l’Epos. Toujours identique. Le récit est toujours le fils d’Homère.

    Falcone revient très souvent dans vos écrits. Je me souviens de l’attentat de Capaci contre Giovanni Falcone et de l’impression alors de vivre comme dans une tragédie grecque, d’être immergé dans quelque chose de classique. Dans un monde fait de bien et de mal avec toutes les nuances et les ombres entre les deux. Ce lien avec cette dimension classique existe dès qu’on parle de mafia ?

    C’est vrai, c’est un sujet qui présente des aspects de la tragédie grecque. Parce que les Grecs ont été en mesure de raconter comme personne les temps et les façons d’être hommes, les faiblesses. Des artistes ont essayé de représenter des histoires de mafia sous les traits de Médée. Non seulement on ressent un air de tragédie mais aussi de mélodrame. La construction scénique d’un meurtre, d’un massacre.

    Dans le livre, vous décrivez l’incroyable quantité de bunkers que les parrains installent…

    Oui, la logique du bunker est difficile à comprendre. On l’imagine comme une simple cache, à la James Bond. En fait, le bunker, c’est la réponse mafieuse à la cellule monastique. Ils cherchent la concentration, le silence. Le pouvoir devient immatériel. Tout est dans la tête. C’est la seule façon pour eux de résister à la perpétuité.

    Vous n’êtes plus retourné à Naples depuis combien de temps ?
    Six ans. Presque six ans.

    Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui ?

    Essayer de m’occuper de la criminalité internationale, en parler dans des pays comme la France qui croient que le problème ne les regarde pas. Pour éveiller les consciences, mais aussi pour prétendre des engagements. Aucune bataille progressiste ne peut être menée sans une lutte sérieuse à la criminalité. Avec la crise, la menace progresse, il suffit d’aller dans n’importe quel pays d’Europe de l’Est. La Grèce est rongée parles cartels russes, macédoniens, turcs. Comment fait-on à ne pas voir ce processus, à ne rien dire ? Cela me paraît incroyable.

  47. Criminalité: Vaste opération anti-mafia lancée en Europe
    blick.ch/fr/news/monde/une-centaine-de-suspects-la-mafia-calabraise-dans-le-viseur-des-polices-europeennes-id18541585.html
    3 mai 2023
    Une centaine de suspects

    La mafia calabraise dans le viseur des polices européennes

    Une vaste opération de police contre la mafia calabraise, la ‘Ndrangheta, a été lancée mercredi dans plusieurs pays européens. Elle vise plus d’une centaine de suspects, notamment en Allemagne où l’organisation est soupçonnée de blanchir l’argent du trafic de drogue.

    Publié: 13:15 heures

    DUTCH INTERIOR AND JUSTICE MINIS

    Les mafieux auraient fait passer de grandes quantités de cocaïne en Europe de la Colombie, du Brésil et de l’Équateur. La drogue aurait été acheminée par porte-conteneurs vers des ports comme Anvers (Bel), Rotterdam (PB) ou Gioia Tauro en Italie. Ici, des bananes remplies de cocaïne saisies aux Pays-Bas.

    Des centaines de policiers sont intervenus dans cinq régions d’Allemagne dans le cadre d’une «opération européenne de grande envergure» qui vise «des responsables et des membres de la ‘Ndrangheta», ont déclaré dans un communiqué commun plusieurs Parquets régionaux, dont celui de Munich.

    Des opérations ont également eu lieu en Belgique, en France, en Italie, au Portugal et en Espagne, ajoute ce communiqué. Ces actions ont été organisées dans le cadre d’«un dossier ouvert par le Parquet fédéral belge», a précisé ce dernier, ajoutant qu’une vingtaine de perquisitions ont été effectuées en Belgique.

    Une trentaine de mandats d’arrêt en Allemagne
    Plus de cent perquisitions ont été menées en Allemagne et une trentaine de mandats d’arrêt, dont quatre mandats européens, ont été exécutés, selon les autorités des Länder de Bavière, de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, de Rhénanie-Palatinat et de Sarre.

    C’est dans ces régions de l’ouest et du sud de l’Allemagne que se sont concentrées les interventions de police.

    Le ministre de l’Intérieur de Bavière, Joachim Herrmann, a qualifié cette opération de «coup sensible porté à la ‘Ndrangetha», une organisation criminelle implantée dans la région italienne de Calabre (sud) et considérée comme la mafia la plus riche et la plus puissante d’Italie, avec une extension mondiale croissante couvrant plus de 40 pays.

    L’enquête porte, selon le communiqué, sur les infractions de «trafic de drogue, blanchiment d’argent, trafic d’armes, escroquerie» ainsi que «divers délits fiscaux à grande échelle».

    Les autorités en Italie, en Allemagne et Belgique devraient donner plus de détails sur les investigations lors de conférences de presse prévues dans la journée de mercredi.

    Réseau bien huilé et sanglant
    Selon des enquêtes des médias allemands MDR et «Frankfurter Allgemeine Zeitung» (FAZ), la police se concentre sur les activités criminelles de clans de la localité calabraise de San Luca.

    Ces derniers auraient fait passer de grandes quantités de cocaïne en Europe en provenance de pays comme la Colombie, le Brésil et l’Équateur. La drogue aurait été acheminée par porte-conteneurs vers des ports comme Anvers, Rotterdam ou Gioia Tauro en Calabre.

    Afin de blanchir l’argent de la drogue, les suspects auraient investi dans des restaurants, des pizzerias, des cafés et des glaciers, notamment en Allemagne, en Belgique, au Portugal et en Argentine.

    Un épisode sanglant avait mis en lumière l’implantation de la ‘Ndrangheta en Allemagne: en août 2007, les corps de six Italiens, âgés de 16 à 39 ans et membres d’un des deux clans de San Luca, avaient découverts criblés de balles dans deux véhicules devant un restaurant italien à Duisbourg, dans l’ouest du pays.

    Ce massacre était, selon les enquêteurs, une «vendetta» après l’assassinat fin 2006 de Maria Strangio, épouse de Giovanni Nirta, chef du clan rival.

    25 tonnes de cocaïne importées en 25 mois
    Selon l’office bavarois de police judiciaire, les autorités allemandes ont agi mercredi dans le cadre de l’opération Eureka, coordonnée par les offices européens Europol et Eurojust. L’opération Eureka, déclenchée au niveau européen il y plus de trois ans, est «l’une des plus importantes et des plus significatives de ces dernières années dans le domaine du crime organisé en Italie», a souligné la police bavaroise.

    Dans le cadre de ces investigations, les autorités italiennes et belges ont pu attribuer à la ‘Ndrangetha l’importation et le trafic de près de 25 tonnes de cocaïne, pour la période allant d’octobre 2019 à janvier 2022, a précisé la même source.

    Des flux financiers de plus de 22 millions d’euros de la Calabre vers la Belgique, les Pays-Bas et l’Amérique du Sud ont également pu être identifiés.

    (ATS)

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  48. La gigantesque chasse contre la mafia ’Ndrangheta mène aussi en Suisse
    blick.ch/fr/news/suisse/des-centaines-de-raids-dans-huit-pays-cette-gigantesque-chasse-a-la-mafia-mene-aussi-en-suisse-id18552092.html
    Myrte Müller6 mai 2023
    Des centaines de raids dans huit pays

    Cette gigantesque chasse à la mafia mène aussi en Suisse

    C’est du jamais vu. Mercredi, plus d’un millier de policiers ont mené des centaines de raids contre une méga-mafia dans huit pays. La Suisse n’a pas participé à cette opération policière. Pourtant, les enquêtes prouvent que les mafieux ont aussi sévi dans notre pays.

    Publié: 06.05.2023 à 18:59 heures

    |

    Dernière mise à jour: 06.05.2023 à 19:27 heures

    AFP

    1/8

    Le 3 mai, la police de Hagen, dans l’ouest de l’Allemagne, arrête un suspect. Les autorités estiment qu’il appartient à la mafia calabraise.

    Myrte Müller

    Un gigantesque effort a permis mercredi de mener une traque sans précédent contre la ’Ndrangheta, une organisation mafieuse de la région de Calabre, située dans le sud de l’Italie. Plusieurs parquets européens ont coordonné des méga-raids dans huit pays. Le coup de filet contre cette mafia a été réalisé par une cellule d’enquête internationale à laquelle ont participé Europol ainsi que l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust). Nom de code: Opération Eurêka. Fedpol et le Ministère public de la Confédération n’y ont pas pris part. Pourtant, le réseau mondial du crime organisé ’Ndrangheta s’étend également à la Suisse.

    Mercredi, plus d’un millier de fonctionnaires, dont des unités spéciales et des brigades cynophiles (chiens policiers), ont pris d’assaut des bureaux, des magasins, des restaurants, des glaciers, des stations de lavage de voitures et des logements privés en Italie, en Allemagne, en Belgique, en France, au Portugal, en Roumanie, en Slovénie et en Espagne. Ils ont saisi des biens d’une valeur de 22,3 millions d’euros et ont mis la main sur 23 tonnes de cocaïne. La perte pour la ‘Ndrangheta s’élève à 2,5 milliards d’euros. Deux clans de la mafia calabraise de la commune italienne de San Luca sont concernés dans cette affaire.

    Des téléphones cryptés pas si secrets
    Les enquêteurs européens ont réussi à pirater les téléphones portables cryptés de l’organisation criminelle. Ils ont ainsi pu écouter des conversations que la mafia pensait confidentielles. Les preuves sont suffisantes pour que les mafieux soient désormais accusés de blanchiment d’argent, d’évasion fiscale en bande organisée, d’escroquerie par métier ainsi que de trafic de stupéfiants et de contrebande.

    Même si la Suisse n’a pas fait les gros titres dans le cadre de cette vague d’arrestations historique, elle n’en est pas moins épargnée par le crime organisé. Comme le rapporte la RSI, des enquêteurs auraient écouté des conversations téléphoniques portant sur l’achat d’armes et le trafic de drogue en Suisse.

    Séjour douteux à Zurich
    Il ressort ainsi du dossier d’enquête que deux mafieux calabrais de 48 et 49 ans ont commandé dix pistolets semi-automatiques de marque Glock à un armurier établi en Suisse. Le commerçant avait déjà fourni des armes à feu helvétiques à la ‘Ndrangheta par le passé. En outre, les enquêteurs ont entendu un Calabrais de 26 ans qui voulait acheter 300 kilos de haschisch en Suisse. Mais le prix de 3000 francs le kilo était trop élevé pour lui.

    Un autre individu mis sur écoute faisait de la publicité pour des «affaires légales». Dans une conversation interceptée, il raconte son séjour à Zurich, où il aimerait conclure quelques contrats, notamment avec des hôpitaux. L’homme de 59 ans dit qu’il est entrepreneur pharmaceutique et qu’il voyage à l’international, de l’Espagne à la Corée du Sud. Parmi ses pratiques – les enquêteurs en sont sûrs – figure la contrebande de substances illicites.

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  49. Trafic de cocaïne: Ces redoutables clans mafieux défient la loi en Suisse
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    Céline Trachsel, Myrte Müller13 janvier 2023
    Quatre organisations criminelles

    Ces redoutables clans mafieux et leur cocaïne défient la loi en Suisse

    Mafia italienne, dealers nigérians, cartels des Balkans et dominicains… En Suisse, nombreux sont ceux qui s’en mêlent lorsqu’il s’agit de la lucrative poudre blanche. Voici quatre organisations criminelles qui agissent en terres helvétiques.

    Publié: 13.01.2023 à 19:28 heures

    Keystone

    1/5

    En 2014, la police fédérale a filmé une prétendue cellule de la ‘Ndrangheta lors d’une réunion à Frauenfeld, en Thurgovie. La mafia italienne serait l’un des grands acteurs du marché de la cocaïne en Suisse.

    Céline Trachsel, Myrte Müller

    Les bras des barons de la drogue colombiens s’étendent jusqu’en Suisse, c’est le constat que l’on peut se faire depuis qu’un maillon d’un réseau organisé de trafic de cocaïne mondial, Alvaro H.*, a été arrêté en terres helvétiques. Depuis Bâle, il aurait veillé à ce que la cocaïne arrive en Europe pour le Clan del Golfo, le cartel du crime le plus puissant de Colombie. Ceci, tout en vendant la poudre blanche lui-même à grande échelle – et en récoltant des millions.

    L’homme a été menotté le 7 avril 2021 à Bâle. Le 16 janvier, Alvaro H. a été jugé, mais il n’est pas sûr qu’il soit condamné pour les accusations les plus lourdes. Le verdict tombera dès lundi.

    Les cartels s’associent
    Autre révélation sous-jacente à cette affaire: les Colombiens sont certes responsables de la production de cocaïne, mais il semblerait aussi que d’autres clans se soient réservé une part du gâteau du pouvoir en Suisse. Ces nombreux acteurs s’immiscent dans le trafic de drogue, qui n’est pas contrôlé par une seule organisation criminelle dominante.

    En réalité, chacun a sa sphère d’influence, et certains cartels s’associent parfois au lieu de se faire concurrence. «Le fait que les différentes organisations criminelles collaborent ponctuellement est une nouvelle tendance», a ainsi déclaré le procureur fédéral Sergio Mastroianni à Blick.

    En ce moment, les cartels suivants sont impliqués dans le trafic de poudre blanche en Suisse.

    1

    La mafia italienne
    La drogue et le blanchiment d’argent sont toujours l’une des principales activités de la mafia en Suisse. De tous les groupements italiens, la ‘Ndrangheta est la plus représentée en nombre dans notre pays, explique à Blick le porte-parole de Fedpol Florian Näf. «La ‘Ndrangheta est active à tous les niveaux, dans le commerce de gros, le commerce intermédiaire et le commerce de détail. Pour le marché de la drogue en Suisse, on utilise d’une part les structures de la ‘Ndrangheta, mais on fait aussi affaire avec des Albanais, des Dominicains ou des Nigérians.»

    En Suisse, la ‘Ndrangheta joue un rôle important dans le trafic de cocaïne, confirme le procureur général de la Confédération Sergio Mastroianni à Blick. «Mais à côté de cela, il y a aussi des organisations du sud-est de l’Europe, de Turquie, d’Afrique et, bien sûr, d’Amérique du Sud.»

    2

    Les Nigérians
    En Italie, ils sont considérés depuis longtemps comme la «cinquième mafia», désignée comme la confrérie de la hache noire. Les anciens rebelles nigérians sont décrits comme extrêmement brutaux, en raison de leurs rites cruels.

    Depuis longtemps, les Africains comptent parmi les acteurs mondiaux du commerce de la drogue, et ce, aussi en Suisse. Il y a dix ans encore, la mafia nigériane se partageait le marché de la cocaïne, qui n’était pas contrôlé par les Italiens, avec des bandes dominicaines.

    Aujourd’hui, les Nigérians le dominent. Début décembre 2020, un réseau de drogue nigérian a été démantelé à Zurich. La police cantonale du canton ainsi qu’Eurojust, Europol et Interpol, ont participé à l’«opération Wave». Au total, 200 arrestations ont eu lieu, dont 130 rien qu’en Suisse. Quelque 115 kilogrammes de cocaïne ont pu être saisis.

    3

    Le cartel des Balkans
    Les cartels du sud-est de l’Europe, en particulier ceux des pays des Balkans, travaillent parfois en étroite collaboration avec la mafia italienne. La mafia turque coopère par ailleurs avec la ‘Ndrangheta. C’est ce que montre une vaste connexion turque dans la région allemande de la Ruhr, qui a été démantelée en 2018.

    Un Croate du cartel des Balkans a été arrêté en 2019 alors qu’il se trouvait à Bâle. Et pas n’importe qui: il s’agissait du chef du cartel. Il s’était apparemment senti intouchable. Avec 21 valises remplies de 603 kilos de cocaïne, il avait voyagé dans son jet privé d’Amérique du Sud à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, en France, via Nice. La Fedpol avait alors reçu un tuyau – et avait arrêté l’homme dans le parking souterrain du casino de Bâle.

    4

    Cartel dominicain
    Le cartel de la drogue dominicain a également des structures mafieuses. Depuis les années 80, il achemine la cocaïne colombienne de Saint-Domingue vers l’Europe – traditionnellement via l’Espagne – au moyen de conteneurs maritimes ou de jets privés. Mais aussi via ce que l’on appelle des mules: des personnes ingérant des pochons de drogue pour les faire passer la douane, ou alors les transportant dans leurs bagages.

    La mafia dominicaine expédie par ailleurs de plus en plus vers l’Europe du Nord et se dirige vers des ports en Hollande ou en Belgique, ainsi que vers des aéroports en Allemagne. Le cartel est aussi actif en Suisse, par exemple, à Bâle. Dans le restaurant bâlois Punta Cana, on vendait autrefois de la cocaïne. L’ancienne famille du restaurateur, originaire de République dominicaine, avait été condamnée pour le trafic de quatorze kilos de cocaïne.

    *Nom connu de la rédaction

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  50. Un trafiquant de drogue colombien devant la justice bâloise
    blick.ch/fr/news/suisse/des-bananes-et-de-la-poudre-juge-a-bale-il-aurait-achemine-plusieurs-tonnes-de-coke-en-europe-id18218378.html
    Céline Trachsel12 janvier 2023
    Des bananes et de la poudre

    Jugé à Bâle, il aurait acheminé plusieurs tonnes de coke en Europe

    Installé à Bâle, Alvaro* acheminait des tonnes de cocaïne de Colombie en Europe. Il utilisait son «commerce de fruits» pour faire entrer discrètement la marchandise, qui était ensuite redistribuée. Il vendait lui-même de petites quantités à Bâle.

    Publié: 12.01.2023 à 06:08 heures

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    Dernière mise à jour: 12.01.2023 à 08:30 heures

    ddp

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    Par le biais de ses deux sociétés de négoce de fruits en Colombie et en Espagne, le Bâlois faisait venir la drogue par avion dans des cargaisons de bananes, d’ananas ou de litchis. Cette photo date de 2010: une saisie de 50 kilos de cocaïne à Cologne (photo d’archives).

    Céline Trachsel

    Fait rare en Suisse: un membre haut gradé d’un cartel colombien sera prochainement jugé à Bâle. À partir du 16 janvier, Alvaro* comparaîtra devant le juge. Ce binational hispano-colombien, bénéficiaire d’un permis C, est accusé d’avoir agi au sein d’un «groupe de trafiquants de drogue actif à l’échelle mondiale, en y exerçant un rôle de premier ordre». L’organisation en question est appelée en espagnol «Clan del Golfo», «Clan du Golfe» en français, et représente aujourd’hui l’une des organisations criminelles les plus puissantes de Colombie. En mai 2022, l’extradition aux États-Unis d’un trafiquant qu’on appelait «Otoniel», leader du cartel, avait provoqué une vague de représailles violentes dans certaines régions du pays.

    Dans l’acte d’accusation d’Alvaro, il est inscrit qu’il se serait rendu en Colombie en 2020 afin d’y étendre son réseau et de gravir les échelons de la hiérarchie interne du gang. Originaire de la ville de Montenegro, à mi-chemin entre les métropoles de Medellín et Cali, il aurait ensuite participé à des livraisons internationales de drogue, masquées par son commerce de fruits. La cocaïne était ainsi dissimulée dans des cargaisons d’ananas, de bananes ou de litchis et partait vers l’Europe, l’Afrique et l’Australie. À Bâle, le Ministère public estime qu’il a participé à l’acheminement de 8 à 9 tonnes de cocaïne, vers diverses destinations.

    Une stratégie en haute mer
    Les transports se faisaient la plupart par bateau, depuis la région de la Guajira en Colombie jusqu’en République dominicaine, en Jamaïque, au Mexique, au Costa Rica ou directement en Espagne. La marchandise était ensuite transférée sur un cargo qui la jetait directement dans l’eau, dans des caisses, au large des côtes africaines. Par la suite, des voiliers et des bateaux à moteur venaient pour les récupérer, à l’aide de plongeurs, afin de les porter jusqu’aux Canaries.

    De là, la cocaïne était redirigée vers les ports d’Anvers, de Valence, du Havre et de Rotterdam, camouflée dans des conteneurs aux couleurs de différentes entreprises logistiques. Londres, Amsterdam et Lisbonne faisaient également partie des points de transbordement.

    Un profil bas
    Le trafic se faisait aussi par avion, depuis Bogotá vers l’Europe, notamment à bord de la flotte de la compagnie Lufthansa. À plusieurs reprises, l’accusé aurait participé à des envois par avion à destination de Francfort, la cocaïne étant cachée dans des fruits.

    Malgré un business conséquent, Alvaro arborait un train de vie plutôt modeste en Suisse. Tout d’abord, parce que souvent la cocaïne était mise à disposition sur commission. En plus, il envoyait la majorité de ses revenus à des proches en Espagne. À Bâle, il vivait avec seulement 500 francs par mois, la plupart du temps. Il était soumis à des poursuites et était parfois inscrit à l’aide sociale, en plus de compter des arriérés de loyer auprès de son bailleur. Pour faire fructifier son trafic, Alvaro exploitait avec deux complices deux laboratoires clandestins, où il conditionnait des portions individuelles de quelques grammes de cocaïne pour des consommateurs locaux.

    115 kilos de coke vendus à Bâle
    Les enquêteurs ont pu prouver qu’il avait personnellement vendu depuis 2014 un total de 115,7 kilos de mélange de cocaïne à de petits acheteurs et à des intermédiaires à Bâle et dans les environs, réalisant ainsi un chiffre d’affaires de 8,1 millions de francs. Encore une fois, cet argent était pour la plus grande partie réinvesti, en Colombie ou en Espagne.

    Comme pour ses cachettes en avion, Alvaro utilisait dans son business local la métaphore des fruits. «Cinq citrons verts coûtent 250 francs», avait-il l’habitude de discuter avec ses interlocuteurs. Ou encore : «Si tu as du café, s’il te plaît, du fort, parce que celui que j’ai a une essence plus profonde, et ils n’en veulent pas.» Son langage toujours codé, Alvaro aurait même voulu «envoyer chez le coiffeur» un collaborateur problématique. En gros, le faire abattre.

    Connexions internationales
    Finalement, Alvaro a été arrêté le 7 avril 2021 à Bâle. Les enquêteurs n’ont trouvé que quelques dizaines de grammes de cocaïne dans deux perquisitions, mais plusieurs téléphones portables leur ont aussi permis de découvrir les connexions internationales de l’accusé, notamment avec le «Clan del Golfo».

    Ce cartel, également appelé «Los Urabeños», contrôle en Colombie une grande partie des zones de culture et est responsable de la moitié des exportations de cocaïne du pays. Il est connu pour collaborer avec les cartels de la région de Sinaloa, au Mexique. Celle-ci a fait récemment les gros titres lorsqu’un des fils du baron de la drogue El Chapo y a été arrêté, ce qui a déclenché un bain de sang dans des affrontements entre groupes armés et forces de l’ordre.

    * Nom modifié

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  51. Yann Moncomble
    Le Pouvoir de la drogue dans la politique mondiale

    https://www.amazon.fr/pouvoir-drogue-dans-politique-mondiale/dp/B004KS9L76

    Le capitalisme de la drogue… de banques à banques. « Comment blanchir des narco-dollars ? »
    C’est ainsi que débute une remarquable étude parue dans Science et Vie Economie Magazine de novembre 1989, sous la signature de Mohsen Toumi. Nous la lui empruntons car c’est clair, net et précis. « Le 18 septembre dernier, les représentants de quinze pays riches se sont réunis à Paris pour renforcer la coordination internationale contre le « blanchiment » de l’argent de la drogue.
    Nos responsables politiques se sont en effet aperçus que la lutte portait surtout sur le trafic des produits eux-mêmes et très peu sur les circuits financiers. Et que, au-delà de la guerre contre les intermédiaires et les producteurs (comme en Colombie), il serait au moins aussi efficace de frapper les gros trafiquants au tiroir-caisse.

  52. Cocaïne sur sol vaudois, les premiers chiffres
    wp.unil.ch/allezsavoir/cocaine-sur-sol-vaudois-les-premiers-chiffres
    9 mai 2019

    Source: MARSTUP – Photo: zorandimzr / iStock by Getty Images. Infographie Stephanie Wauters
    Des feuilles de coca aux vendeurs de rue, une étude passionnante détaille les étapes du trafic et donne pour la première fois les volumes de cocaïne consommés dans le canton de Vaud. Texte Sabine Pirolt

    Une première. C’est ainsi que Pierre Esseiva, professeur à l’École des sciences criminelles, définit les résultats de l’étude MARSTUP (1) sur le marché de la cocaïne et les autres stimulants, dans le canton de Vaud. «Nous avons estimé les volumes consommés en sondant les consommateurs et en analysant les eaux usées, c’est la première fois que cela a été fait.» Fruit de la collaboration entre l’UNIL, l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive et la fondation Addiction Suisse, ce rapport de deux cents pages révèle des chiffres inédits. Il brosse également un tableau très instructif du marché de la cocaïne, de ses origines à sa consommation dans le canton de Vaud. C’est Robin Udrisard, doctorant à l’École des sciences criminelles, qui a étudié les volumes consommés. Le sujet de sa thèse porte sur l’application de l’analyse des eaux usées dans le cadre du marché des stupéfiants. «On a une approche bottom up, on se base sur ce qui est consommé, car il y a très peu de données fournies par les douanes et dès que l’on remonte les échelons du marché, il est très difficile d’y voir clair. On lit et on entend beaucoup de choses basées sur peu de faits. Avec cette étude, nous apportons des éléments factuels.»

    C’est en Amérique du Sud, dans les régions montagneuses de la Colombie, du Pérou et de la Bolivie, que sont cultivés la majorité des cocaïers (voir l’infographie). Cette culture représente quelque 156000 hectares, soit à peu près la surface du canton de Lucerne. Les buissons de coca sont plantés par de petits agriculteurs sur des surfaces qui ne dépassent pas 5000 mètres carrés. Les feuilles qui servent à la production de cocaïne sont récoltées plusieurs fois par an. Un tiers de cette production est directement transformée par les paysans. Les deux premières étapes de production, soit l’extraction de la pâte de coca à partir des feuilles et la purification de cette pâte en cocaïne base, ne nécessitent pas de grandes connaissances techniques.

    Production en Amérique du Sud
    Sur l’écran de son ordinateur, Pierre Esseiva montre un reportage au cœur de la jungle colombienne: pieds nus, des hommes piétinent des feuilles dans un bassin contenant un peu d’eau. Le pétrissage terminé, un homme jette un seau de chaux dans la cuve, puis un autre de kérosène. Il goûte le mélange et le recrache dans la cuve. La mixture est à son goût. Encore deux opérations chimiques et le tour est joué: la cocaïne apparaît sous forme de gomme jaunâtre, la pâte de coca. En 2016, les forces de l’ordre colombiennes ont détruit environ 4 600 de ces «ateliers». La troisième étape, soit la transformation de la cocaïne base en hydrochloride (cocaïne HCI), dure environ six heures et se déroule dans des laboratoires qui requièrent souvent des investissements importants. Ces petites entreprises illégales font le lien entre la production agricole et le trafic international.

    Pierre Esseiva. Professeur à l’École des sciences criminelles (Faculté de droit, des sciences criminelles et d’administration publique).
    Nicole Chuard © UNIL
    Voyage vers l’Europe
    La cocaïne transite de plus en plus par les ports de marchandises d’Amérique centrale, du Venezuela et du Brésil. Elle y est amenée par voie terrestre et aussi grâce à de petits avions qui décollent de pistes d’atterrissage illégales dans la jungle. «On estime que la valeur de la cocaïne qui est transportée chaque année du Pérou au Brésil représente 4,5 milliards de dollars (idem en francs suisses, ndlr)», détaille Pierre Esseiva. La méthode la plus connue pour transporter la drogue est celle du rip on/rip off qui s’appuie sur le transport légal de marchandises dans des containers. Des dizaines, voire des centaines de kilos de cocaïne y sont cachés. Le plus souvent, les expéditeurs des marchandises licites n’ont rien à voir avec ce trafic. Par contre, des employés portuaires et des douaniers y collaborent, en retirant la cocaïne à son arrivée et en refermant les containers avec de faux scellés qui portent le même numéro que les originaux. Parfois, les complices n’ont pas le temps de retirer la cocaïne. Cela amène à des saisies comme celle de Bâle (190 kilos) en 2015.

    Distribution en Suisse
    Arrivée en Europe, la cocaïne est stockée à proximité des grands ports. Pour la Suisse, les principaux lieux d’arrivée sont l’Espagne et les Pays-Bas, mais aussi le Portugal, la Belgique et l’Italie. Parfois la cocaïne transite par l’Afrique de l’Ouest avant d’arriver en Europe. Ce sont ensuite les mules ou les transporteurs qui amènent la drogue dans les lieux de dépôt en Suisse. Ils l’ingèrent, la transportent dans leurs bagages, la cachent sur eux ou dans un véhicule. Une autre pratique, spécifique aux groupes ouest-africains, consiste à dissimuler des fingers de cocaïne (sortes de gros suppositoires contenant 10 grammes) dans l’anus. Les quantités transportées tous moyens confondus? Entre 0,5 et 5 kilos. Une mule professionnelle peut faire plusieurs voyages par mois. Les trafiquants nigérians – qui dominent également le marché suisse – pratiquent les transports groupés. Des semi-grossistes font des commandes auprès de plusieurs grossistes à l’étranger. Elles sont rassemblées dans le pays de départ et la livraison se fait dans un appartement en Suisse. Des coursiers qui travaillent pour les semi-grossistes viennent récupérer leur marchandise dans les 24 à 36 heures. Un semi-grossiste peut alimenter plusieurs dizaines de vendeurs au détail et être lui-même vendeur, car il garde sa clientèle acquise en tant que détaillant. C’est à travers des liens dans le réseau qu’un bon vendeur peut devenir semi-grossiste. Il doit alors acheter le contact du grossiste à son fournisseur (de 5000 à 10000 francs).

    Robin Udrisard. Doctorant à l’École des sciences criminelles (Faculté de droit, des sciences criminelles et d’administration publique).
    Nicole Chuard © UNIL
    Des barons aux mules
    Ce sont les réseaux nigérians qui sont les plus importants, en nombre d’individus et en parts de marché. Pays le plus peuplé d’Afrique, avec plus de 190 millions d’habitants, le Nigéria compte l’une des populations les plus jeunes au monde. Pierre Esseiva, qui s’y est rendu, constate: «La moitié des habitants vit dans une pauvreté extrême car l’État ne remplit pas son rôle de redistribution des richesses. La corruption est profondément ancrée, et si une personne ne naît pas dans la bonne famille, elle n’a aucun espoir de rien.» Des barons aux vendeurs en passant par les logisticiens et les mules appelées «Nnunus», l’étude décrit cinq rôles. Pierre Esseiva explique: «Il n’y a pas de structure hiérarchique claire comme dans la mafia, mais des cellules de 10 à 12 hommes dont les rôles sont interchangeables. C’est leur force, ils sont très inventifs et débrouillards.» Ces réseaux lâches fonctionnent à la confiance (liens familiaux, locaux, ethniques). Si les rôles sont interchangeables, n’est pas baron ou «Big Oga» qui veut. Au Nigéria, il faut être proche du pouvoir et avoir de l’argent pour être gros trafiquant. Certains hommes d’affaires n’importent pas que des appareils électroniques ou des voitures. Les «Big Oga» s’appuient sur des intermédiaires qui ont des connexions et donnent toutes sortes de conseils (approvisionnement, routes, emballage). Quant aux mules, elles pullulent. «Le problème, c’est de trouver des courriers capables d’avaler plus d’un kilo de cocaïne sous forme de fingers. Certains s’aident avec une sauce très grasse», détaille Pierre Esseiva. Au Nigéria, le revenu mensuel moyen est de 200 francs. Faire la mule rapporte 2000 francs par voyage.

    Vendeurs de rue
    Au bout de la chaîne: les vendeurs. Ils viennent en majorité de pays africains, dont la Guinée, la Gambie, le Sénégal et le Cameroun. Arrivés en Europe, s’ils en ont les moyens, ils tenteront un mariage blanc. Si ce n’est pas le cas, il leur reste la clandestinité ou la demande d’asile, qui n’a pas de chance d’aboutir. Ils travaillent grâce aux contacts qui leur ont été fournis. Les novices font une sorte d’apprentissage aux côtés de leurs pairs: occuper un bout de rue, apprendre à identifier les clients et les policiers, s’initier à la confection et au transport de boulettes dans la bouche, en s’exerçant avec des cacahuètes, apprendre à les avaler en cas d’arrestation, savoir alors que faire et raconter. Les apprentis vendeurs font leurs premières armes auprès des consommateurs socialement peu insérés, en leur vendant de la cocaïne de mauvaise qualité. Les vendeurs sont généralement indépendants, mais travaillent parfois en groupe pour des raisons de sécurité. La vente de rue est une première étape marquée par la concurrence et le risque d’arrestation. Le but des trafiquants? Se faire une clientèle fidèle qui commande par téléphone pour être servie à domicile ou ailleurs. Pierre Esseiva: «Faire des boulettes, c’est du travail. Il faut peser, couper la cocaïne avec de la poudre de lait pour bébé par exemple, homogénéiser le mélange, l’emballer avec de nombreuses couches de cellophanes au cas où il faudrait l’avaler. Du temps précieux qui n’est pas passé à vendre.» Le vendeur par téléphone, lui, pourra écouler de plus grandes quantités de cocaïne (15 à 20 grammes). Elle sera de meilleure qualité afin de fidéliser sa clientèle.

    Deux profils de consommateurs
    Excepté le cannabis, la cocaïne est le stupéfiant le plus important en termes de volume et de consommateurs. Ces derniers ont des profils très différents. L’étude MARSTUP les classe en deux catégories: les consommateurs peu insérés et ceux qui sont insérés (consommation occasionnelle ou régulière). Les premiers sont d’anciens ou d’actuels usagers d’héroïne. Ils achètent de la cocaïne principalement dans la rue, sous forme de boulettes.

    Les consommateurs insérés achètent dans la rue ou des lieux de sortie pour limiter leur consommation et éviter d’être tentés de puiser dans une réserve de plusieurs grammes. Ils se font également livrer à domicile. Vice-directeur d’Addiction Suisse, Frank Zobel, qui est un des auteurs de l’étude MARSTUP, constate que les gens consomment de la cocaïne pour diverses raisons: certains consommateurs ne veulent pas choisir entre faire la fête ou travailler, d’autres veulent tenir plus longtemps lorsqu’ils sont de sortie, d’autres encore en prennent pour être plus performants dans leur vie professionnelle. La cocaïne donne un sentiment de toute-puissance. Selon lui, l’immense majorité des consommateurs ne sont pas dépendants. Mais certains passent la frontière, sans s’en rendre compte.

    6300 usagers dans le canton de Vaud
    Pour estimer le volume consommé sur sol vaudois, les chercheurs se sont basés sur deux méthodes. La première est l’estimation à partir de la demande. Elle s’appuie notamment sur une enquête téléphonique en Suisse, une enquête européenne en ligne (avec les réponses de 1306 consommateurs de stupéfiants en Suisse). Résultat: le nombre total d’usagers dans la population vaudoise est estimé à environ 6 300, dont environ 5 200 consommateurs occasionnels, environ 500 réguliers et environ 600 peu insérés. Leur consommation hebdomadaire est de 0,2 g (occasionnels), de 4 g (réguliers) et 3 g (peu insérés). Les deux dernières catégories représentent 17 % des usagers, mais 78 % du volume consommé. La consommation totale des trois catégories est estimée à 377 kilos par année.

    La seconde méthode d’estimation repose sur l’analyse des eaux usées. Robin Udrisard explique: «L’un des paramètres les plus importants pour ce calcul est le taux d’excrétion de benzoylecgonine qui varie d’un individu à l’autre. Ce taux est également influencé par le mode d’administration: sniff, fumigation ou injection.» Ce travail minutieux a été réalisé en collaboration avec la STEP de Vidy, à Lausanne. D’autres prélèvements ont été faits à Yverdon, Vevey, Montreux et Roche. Constatation: si la consommation augmente durant le week-end, la hausse a lieu dès le jeudi. Robin Udrisard commente: «Nous arrivons ainsi à un volume annuel de 461 kilos de cocaïne consommée sur sol vaudois. C’est la première fois qu’une telle estimation est réalisée.» La différence entre les deux résultats? La méthode par la demande pourrait minimiser les volumes (mensonges), la pureté moyenne de la cocaïne a été sous-estimée par les chercheurs (ce qui augmenterait artificiellement le volume consommé) ou ce sont les usagers hors canton qui font augmenter le taux de benzoylecgonine dans les eaux usées.

    Qualité en hausse
    Un constat de Pierre Esseiva: la qualité de la cocaïne augmente. «La production a augmenté et les méthodes de fabrication se sont améliorées. Pour ce qui est du marché, la concurrence est en hausse, les trafiquants ajoutent donc moins de produits de coupage dans l’espoir de fidéliser leurs clients.»

    Saisies entre 2014 et 2016 par la police, 198 boulettes – unité la plus vendue en rue – ont été analysées par l’École des sciences criminelles. La pureté moyenne est de 39,4 % (la médiane de 37,4). Pour ce qui est du prix, il se situe aux alentours de 100 fr. le gramme. Les clients se font systématiquement arnaquer sur la quantité. En moyenne, les boulettes ne contiennent que 0,80 gramme de cocaïne. La pureté quant à elle ne semble pas liée au prix. L’achat ressemble plutôt à une loterie. En regard de la pureté, le prix des boulettes varie de 79 à 1479 francs.

    Le revenu généré par le marché annuel de la cocaïne dans le canton de Vaud se situerait dans une fourchette allant de 28 à 39 millions de francs. Les calculs des chercheurs de MARSTUP, basés sur un certain nombre d’hypothèses, permettent d’estimer les revenus annuels des uns et des autres. Un importateur qui fait venir 12 kilos par an peut gagner de 300000 à 430000 francs. S’il n’importe que 5 kilos, son gain sera de 245000 à 300000 fr. Le revenu d’un vendeur avec clientèle privée est estimé de 73000 à 98000 fr. Le vendeur de rue gagne environ 39000 francs par an et le débutant peut compter sur un gain de 12500 fr.

    Éradication utopique
    Pierre Esseiva en est convaincu: «Vous pouvez lutter tout ce que vous voulez: s’il y a une demande, l’offre suivra. Éradiquer le marché est donc utopique.» Quant à une possible régularisation, la cocaïne reste une substance trop dangereuse. «Elle a un potentiel de dépendance qui n’est pas négligeable», rappelle le professeur vaudois. Frank Zobel, lui, propose de prendre le problème à l’envers: «Il faudrait réfléchir à un autre type de substance pour tous ceux qui consomment de toute façon des stimulants. Une telle réflexion est encore taboue. On en est à 150 millions d’années-lumière…»

    (1)MARSTUP, structure et produits du marché des stupéfiants. Le marché des stupéfiants dans le canton de Vaud. Partie 2. Cocaïne et autres stimulants 2018. Auteurs: Frank Zobel (Addiction Suisse), Pierre Esseiva et Robin Udrisard (École des sciences criminelles, UNIL), Stéphanie Lociciro et Sandra Samitca (IUMSP, CHUV)

  53. Mocro Maffia, le cartel qui menace l’Europe | Temps Présent

    19 mai 2023

    “Hollande, Belgique, comment les narcos menacent l’Etat”, Temps Présent du 18 mai 2023, une émission de la @RadioTelevisionSuisse .

    Vous connaissez la guerre sans merci que mènent de nombreux et lointains pays d’Amérique latine contre les barons de la drogue. Assassinats, kidnapping, torture, corruption, ceux qu’on appelle des narco-Etats, comme le Mexique ou la Colombie, affrontent des situations d’ultra-violence qui menacent le cœur de ces pays.

    Et si une telle menace était en train de gagner l’Europe, par deux pays que nous connaissons bien? La Hollande et la Belgique n’hésitent plus à alerter sur la situation dramatique qu’ils doivent affronter. Un puissant cartel de la cocaïne, baptisé mocro-mafia, car ses dirigeants sont des Néerlandais d’origine marocaine, sème la terreur jusqu’au sommet de ces Etats.

    La situation, vous allez le voir, est tellement grave que la Belgique et la Hollande doivent appeler au secours des spécialistes anti-mafia venus d’Italie. Un avocat et un journaliste ont été assassinés en pleine rue, le port d’Anvers est rongé par la corruption, on retrouve des salles de torture. La tête des ministres est même mise à prix par les gangs de la drogue, qui recourent aux explosifs et aux armes lourdes.

    Sachez encore que la Suisse n’est pas épargnée par les ambitions des cartels de la drogue de s’emparer de toute l’Europe. Il y un an jour pour jour, la police fribourgeoise a mis la main sur 500 kilos de cocaïne, une demie tonne, à l’usine Nespresso de Romont, dans le Canton de Fribourg. Le fabricant de capsules de café n’a évidemment rien à voir avec ça. Sans doute livrée par erreur, la drogue venait du Brésil et a transité par le désormais fameux port de Anvers, en Belgique, que vous avez vu dans ce reportage.

    Un reportage de Brando Baranzelli

    https://www.youtube.com/watch?v=-7ZoZ0i0IjE

  54. Fribourg Connection : un laboratoire d’héroïne aux Paccots

    12 janv. 2022
    Novembre 1985. La paisible station touristique des Paccots, près de Châtel-St-Denis, fait les gros titres de la presse romande : un laboratoire clandestin de fabrication d’héroïne a été découvert dans un de ses chalets.
    Deux Suisses, identifiés plus tard comme de simples comparses, et quatre Français issus du grand banditisme marseillais seront arrêtés. Cette affaire aux ramifications internationales va faire grand bruit et connaître d’étonnants rebondissements.
    L’enquête de la police fribourgeoise débouchera en effet sur de nouvelles révélations et contribuera à élucider un crime qui avait défrayé la chronique en France quelques années plus tôt.

    Récit : Sophie Richard
    Recherches et écriture : Sophie Meyer
    Réalisation : Thierry Chatel
    Production : Grégoire Molle

    https://www.youtube.com/watch?v=lJwnprOuNG0

  55.  26 mai 2023 #IziNews
    On a toujours parlé du cannabis comme d’une drogue douce alors que depuis la nuit des temps, on pointe son potentiel lien avec la schizophrénie.
    Une étude danoise vient confirmer cette théorie.
    Alors le cannabis une drogue pas si douce que ça ?

    https://www.youtube.com/watch?v=KrOLYqylbbE

  56. En Suède, le tabac est tabou et le pays en est (presque) venu à bout
    blick.ch/fr/news/monde/une-recette-miracle-en-suede-le-tabac-est-tabou-et-elle-en-est-presque-venue-a-bout-id18607614.html
    Roman Neumann26 mai 2023
    Une recette miracle?

    En Suède, le tabac est tabou et elle en est (presque) venue à bout

    Le taux de fumeurs en Suède sera bientôt inférieur à 5%. Le pays sera alors considéré comme non-fumeur et fait figure de pionnier. A-t-il trouvé la recette miracle?

    Publié: 06:09 heures

    |

    Dernière mise à jour: 11:58 heures

    Keystone

    1/2

    En Suède, la population est passée de la cigarette au snus.

    Roman Neumann

    La cigarette tue chaque année près de 700’000 personnes, rien qu’en Europe. C’est un fait connu, un cancer sur quatre est dû à cette vilaine habitude. Cela provoque des souffrances et des coûts de santé exorbitants. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux pays tentent d’éloigner la population de la cigarette par la prévention.

    En Suède, c’est plutôt réussi, comme le rapporte aujourd’hui le magazine «Der Spiegel». Dans quelques mois, le pays pourrait passer sous la barre des 5% de fumeurs, ce qui le classerait dans la catégorie non-fumeur.

    Interdiction antérieure dans les restaurants et les bars
    A titre de comparaison, en 2017, 27,1% de la population de plus de 15 ans fumait en Suisse. Chez les hommes, ce chiffre était de 31%, chez les femmes de 23,3%. Certes, ces taux sont en baisse, mais ils restent stables et à un niveau élevé, indique l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

    Existe-t-il une recette miracle en Suède? La campagne n’a en tout cas pas porté sur le prix, le paquet de Marlboro y coûte seulement six euros (alors qu’il coûte l’équivalent de 20 euros en Nouvelle-Zélande par exemple), selon le magazine «Der Spiegel».

    Le succès du pays réside dans le fait qu’il a chassé la fumée de l’espace public plus tôt que ses voisins. La Suède a instauré l’interdiction de fumer dans le domaine de la restauration dès 2005, alors qu’en Suisse, il a fallu attendre 2010.

    Depuis, le pays a encore serré la vis: dès 2019, l’interdiction de fumer s’est également étendue aux espaces extérieurs des bars et restaurants, aux arrêts de bus, aux quais de gare et aux terrains de sport et de jeux.

    La Suède est passée au snus
    Si l’on fume de moins en moins, les exceptions individuelles se remarquent davantage: dans la population suédoise, fumer n’apparaît plus comme «normal», mais comme «dérangeant». La pression du groupe augmente donc en faveur d’un abandon de la cigarette.

    Et visiblement, le fait de passer au snus, un produit beaucoup plus populaire en Scandinavie qu’en Suisse, aide les fumeurs. Qu’est-ce donc? Il s’agit de tabac, généralement emballé dans des sachets que les utilisateurs placent derrière leur lèvre supérieure.

    Selon le «Spiegel», plus de 20% des hommes et environ 7% des femmes en consomment, sans pour autant déranger leur entourage. Toutefois, il est également addictif et la publicité s’adresse souvent à un public jeune, ce qui alerte les milieux de la santé.

    Waltraut Posch, spécialiste des addictions, déclare au média autrichien «Kleine Zeitung»: «Je fais ce travail depuis 15 ans. Que l’on connaisse à nouveau un tel engouement pour la nicotine est inconcevable. Il avait fallu se battre pour faire retomber tout ça. Maintenant, on a un nouveau produit et tout recommence.»

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  57. Suisse: Un Genevois raconte l’enfer de son addiction au crack
    blick.ch/fr/news/suisse/un-genevois-au-quai-9-j-ai-peur-de-mourir-a-cause-du-crack-id18605276.html
    Nora Foti27 mai 2023
    Un Genevois au Quai 9

    «J’ai peur de mourir à cause du crack»

    Cela fait 20 ans que Max consomme régulièrement de la cocaïne. Et, comme beaucoup, il s’est mis au crack, facile à trouver et pas cher. Ce vendredi 12 mai, au bord du Quai 9 à Genève, il témoigne à Blick de sa difficulté à arrêter et, surtout, de sa peur de mourir.

    Publié: 06:12 heures

    |

    Dernière mise à jour: 09:30 heures

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    Max a 40 ans, consomme régulièrement du crack et est un habitué du Quai 9, à Genève.

    Nora FotiJournaliste Blick

    D’abord, une bouffée de chaleur, puis, des sons étouffés, enfin, une petite bulle de tranquillité. Le tout, en un quart d’heure environ. C’est ainsi que Max*, 40 ans, décrit se qu’il ressent lorsqu’il prend du crack, cette cocaïne sous forme de cristaux que l’on peut fumer — et qui s’arrache en ce moment dans la cité de Calvin (les addicts ont même doublé dans le canton de Genève entre 2021 et 2022).

    Max, je l’ai rencontré vendredi 12 mai, en m’aventurant aux abords des murs verts flashy du Quai 9, cette structure d’accueil pour les toxicomanes, à deux pas de la gare Cornavin. Un lieu que les passants prennent d’habitude soin d’éviter, peut-être intimidés par les attroupements des consommateurs qui attendent de prendre leur dose.

    Pourtant, Max, qui fait les 100 pas devant le bâtiment, les écouteurs dans les oreilles, s’avère être très calme et empli de bienveillance. Avant d’aller faire chauffer sa pipe à l’abri des regards, il accepte de livrer son histoire à Blick.

    «J’ai toujours baigné dans la drogue»
    Le Genevois est quasiment tombé dans la marmite lorsqu’il était petit. «J’ai toujours baigné dans la drogue, lance-t-il spontanément. J’ai vécu en foyer, en internat, avec des personnes qui étaient placées par les juges. Donc j’ai eu des mauvaises fréquentations assez tôt.» Sa descente aux enfers a commencé à ses treize ans — par des joints, ou, comme il les appelle, des «pétards». Puis, vers ses 17 ans, il a tenté les acides.

    «Je ne vais pas mourir con… mais je vais mourir défoncé.»Le Genevois Max

    La suite? La cocaïne et l’héroïne, lorsqu’il avait la vingtaine. Vingt ans plus tard, il a réussi à arrêter l’héroïne, mais pas le crack. Ce chemin qu’il a entrepris, il n’en a pas honte. «Je me suis dit qu’il ne fallait pas mourir con. Donc j’ai essayé, et puis j’ai aimé. Maintenant, je ne vais pas mourir con… mais je vais mourir défoncé. (rire)» Posé sur un banc en face du Quai 9 — pour que nous puissions discuter plus calmement, il tremblote, un léger sourire aux lèvres.

    La mort à ses trousses
    Derrière cette légèreté se cache toutefois une sombre réalité: la cocaïne (et donc le crack) peut tuer. «À chaque consommation, il y a un risque d’infarctus, même une seule fois», avertit ainsi Daniele Zullino, médecin-chef du service d’addictologie aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), à qui j’ai passé un coup de fil après ma rencontre avec Max.

    «Ces consommateurs peuvent également ressentir de l’épuisement, vivre des troubles psychotiques, ou encore une dépression, voire contracter une maladie pulmonaire due à la fumée.» Sur son banc, mon interlocuteur salue régulièrement ses compagnons de défonce. Pour lui, qui fume des «taffes» de ce poison blanc plusieurs fois par semaine, les risques cités par le médecin sont encore plus élevés.

    En songeant à la mort, le regard de Max s’assombrit tout de même. «Ça me fait peur, admet-il. Des fois, je me dis que je ne vais pas vivre bien longtemps, alors que je n’ai pas envie de mourir.» Sa mère — le seul membre de sa famille avec qui il a encore contact — a aussi terriblement peur pour lui. «Je ne vois plus mon père, ni mon frère, ni ma sœur. Et je ne vois plus mes amis d’avant depuis que j’ai repris les drogues.» Entre les lignes: son addiction rime avec une grande solitude.

    Le quarantenaire avait pourtant réussi à arrêter la coke durant cinq ans, et fait une «cure» au domaine de Belle-Idée (GE). Le processus avait duré un an. Mais il y a trois ans, il a craqué. Juste après une rupture amoureuse. Au même moment, il perdait son travail et se retrouvait à la rue. «L’appart était au nom de mon ex. C’était très difficile. La nuit, je trainais, le jour, je dormais dans le tram…» Actuellement, ses principales fréquentations se résument à ses potes de fumette. «Je n’ai rien à faire de mes journées, alors je viens, je vois les gens consommer, et ça me donne envie…»

    Une taffe à 10 francs
    Après avoir vécu les difficultés de la rue — et avoir fait trois passages en prison parce qu’il ne payait pas ses amendes — Max a été logé par l’Hospice général dans une chambre d’hôtel. Un soulagement. Actuellement, son assurance santé est payée et il reçoit un entretien financier de 1100 francs par mois.

    Dépense-t-il pour autant tout son argent dans le crack? «Depuis six mois, mon compte n’est jamais tombé à zéro. Donc, généralement, je gère super bien. Mais ce mois-ci, j’ai merdé.» Que s’est-il passé? «La coke (rire). J’ai dépensé 600 francs en l’espace de cinq jours dedans.» Un incident exceptionnel, m’assure-t-il.

    Nora Foti

    Ce petit caillou de crack coûte 10 francs. Max l’a fumé au Quai 9 dans la soirée du vendredi 12 mai.

    En général, Max se procure une «galette» de crack à 35 francs par semaine (ce qui représente à peu près huit taffes). Il la consomme sur deux à trois jours. Le reste de la semaine, il prend un traitement de substitution aux opiacés (un mix de benzodiazépines, des substances ayant un effet calmant).

    De tels traitements ne permettent toutefois pas de complètement combler l’addiction à la cocaïne, même si certaines substances peuvent aider, m’indiquera plus tard le professeur Daniele Zullino, toujours par téléphone. «Des chercheurs ont essayé de substituer la cocaïne avec des stimulants comme la ritaline, mais les résultats ont été peu concluants», appuie-t-il.

    Le crack est aussi addictif que la nicotine
    Sur son banc, Max continue ses calculs: «Ce mois-ci, comme je n’ai plus d’argent, je deale du crack. J’achète une boulette à 35 francs, que je divise en six morceaux revendus dix francs chacun. Je n’ai jamais fait la manche.» Une précision qui lui tient à cœur: le Genevois connait du monde dans sa ville et ne souhaite pas qu’on le perçoive ainsi. «En plus, je reçois mon entretien mensuel de 1100 francs, je n’ai pas besoin de mendier.» Sur le marché noir, le revendeur occasionnel parvient donc à obtenir environ 30 francs par jour, avec lesquels il s’achète à manger, à boire, des cigarettes, ses médicaments…

    «On m’a déjà refusé l’internement deux fois… Deux fois où je suis retourné me péter la tronche…»Le Genevois Max

    Mais ce dealer par intérim ne restera peut-être pas toujours à zoner aux alentours de la gare «Je veux me soigner. J’ai un papier du médecin indiquant qu’il faudrait m’interner à l’hôpital. Normalement, cela devrait fonctionner, mais c’est aux professionnels de l’hôpital de me donner le feu vert. On m’a déjà refusé l’internement deux fois… Deux fois où je suis retourné me péter la tronche…» Son désespoir est palpable.

    Pourtant, après notre entrevue, j’interroge encore Daniele Zullino à ce sujet. Lui arrive-t-il de refuser un patient? Celui-ci m’indique que son service ne peut pas barrer la route à quiconque souhaiterait s’en sortir. «Je ne sais pas si cette personne est allée dans le privé, qui aurait pu la refuser. Mais chez nous, aux HUG, on ne fait pas cela. Nous savons que la rechute fait partie du processus.» Difficile de savoir pourquoi on aurait fermé la porte à Max.

    Quoi qu’il en soit, même s’il parvenait à se faire interner, il lui reste du chemin à faire. «Il est très compliqué d’arrêter cette drogue, indique Daniele Zullino. Son effet psychotrope, très court, n’est pas le problème. La vraie difficulté est qu’il s’agit d’un produit dont l’addiction, très forte, peut être comparée à celle de la nicotine dans les cigarettes.» Max, quant à lui, semble en avoir conscience. «Quand la motivation est là, il faut la saisir. Je ne lâcherai rien!»

    Sur son air déterminé, nos chemins se séparent. Dans une heure, il ira fumer ses taffes entre les fameux murs verts flashy. Dans quelques semaines, il pourrait bien, enfin, arrêter.

    *Nom connu de la rédaction

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  58.  27 mai 2023

    ❌❌Le gouvernement veut activer à distance les appareils connectés pour surveiller la population « suspecte »
    La Relève et La PestePlanète il y a 3 jours
    Outre qu’il généralise la possibilité de perquisitionner la nuit, le texte débattu ce mardi 23 mai au Sénat prévoit, en son article 3, l’« extension des techniques spéciales d’enquête pour permettre l’activation à distance des appareils connectés aux fins de géolocalisation et de captations de sons et d’images », comme le stipule l’exposé des motifs.
    https://www.youtube.com/watch?v=yWOTnZcaXHU

  59. 25 mai 2023
    Pavé dans la mare pour la prospère RFA des années 1970, le témoignage de la jeune Christiane Felscherinow a ébranlé la société allemande, la forçant à prendre en compte la souffrance d’une partie de sa jeunesse et à s’attaquer de front aux ravages de l’addiction aux drogues.

    À la fin des années 1970, le magazine Stern publie chaque semaine le récit du quotidien de la jeune Christiane F., tombée dans la drogue et la prostitution. En 1979, les journalistes Kai Hermann et Horst Rieck publient un livre tiré de son témoignage. Effarée, la prospère Allemagne de l’Ouest découvre que des ados meurent dans ses centres-villes, ses gares et ses toilettes publiques, victimes de la spirale mortifère de l’héroïne. Traduit en dix-huit langues, l’ouvrage devient un best-seller mondial – et l’est toujours, quatre décennies plus tard. La figure masculine du junkie, sale et dépenaillé, a pris le visage d’une jeune fille de la classe moyenne, qui habite une tour, va au collège et se prostitue l’après-midi pour s’acheter la came dont elle ne peut plus se passer.

    Onde de choc

    En écho au mouvement punk, qui clame alors “No Future”, ce que fait entendre la jeune Christiane F. – Felscherinow pour l’état civil –, c’est le mal-être de sa génération. L’onde de choc du livre, qui sera plusieurs fois porté à l’écran (Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… d’Uli Edel, entre autres) et à la scène, est si forte qu’elle ne laisse pas à l’Allemagne d’autre choix que de prendre la mesure du fléau. À partir des années 1980, pour lutter contre la consommation de stupéfiants, des unités de police sont mises sur pied, le Code pénal est modifié, les peines encourues sont durcies et les prisons se remplissent de toxicomanes. Mais des groupes de parole de parents se montent aussi : comment sauver les enfants, comment s’entraider ? Des moyens dédiés aux soins sont institués, des salles de consommation à risques réduits, ouvertes… Pour décrypter ces lignes que l’histoire tragique de Christiane F. a fait bouger, Claire Laborey nourrit son film de riches archives et donne la parole à des lecteurs et témoins de l’époque ainsi qu’à des thérapeutes, éducateurs et travailleurs sociaux, à des observateurs de l’évolution sociétale (sociologue, historien, metteur en scène…) ainsi qu’au journaliste de Stern Kai Hermann, sans lequel nul n’aurait rien su de la descente aux enfers d’une ado inconnue, devenue grâce à son livre une figure médiatique.

    Documentaire de Claire Laborey (France, 2021, 52mn)
    Disponible jusqu’au 07/06/2023
    https://www.youtube.com/watch?v=PYa-E2aJ99I

  60. 18 mai 2023
    Dans cet épisode de YADEBAT, Mélissa et l’équipe ont rencontré Djibril qui est addict à l’héroine. À quel âge il a commencé la drogue ? Pourquoi consomme-t-il ? Quels sont les organismes qui aident à vaincre une addiction ?

    Voici son histoire…

    Dans notre sondage YouTube, 1 personne sur 10 est addict à une drogue… Toi, est-ce que tu connais quelqu’un qui est addicte à une drogue ? Dis-nous ce que tu as pensé de cet épisode en commentaire

    Crédits :
    Recherches & Présentation : Mélissa Afsin
    Réalisation & Montage : Sacha Roth
    Production : Luca Serafin & Julien Bagourd
    Stratégie digitale & communication : Yan Pelichet
    Miniature : by_amx

    Chapitres :
    00:00 – À quoi ressemble la vie d’un.e accro à l’héroine ?
    03:26 – Vers qui se tourner si on est dépendant ?
    05:23 – Le quotidien de Djibril
    08:26 – Sur le terrain

    1 jour dans la vie d’un accro à l’héroïne – YaDébat
    18 ans, accro à l’héroïne

    https://www.youtube.com/watch?v=I9pYmqz8C2Y

  61. 0 juin 2021 #Tataki #SDF #YADEBAT
    Si on est SDF un jour, on le sera forcément toujours ? Tu penses que c’est quoi les principales difficultés auxquelles on peut faire face après avoir vécu un temps sans logement ?

    Dans ce nouvel épisode de YADEBAT, on a eu la chance d’échanger avec Samuel qui a vécu sans domicile fixe pendant 4 ans. Il a accepté de nous raconter son quotidien, ses difficultés mais aussi de nous partager ses espoirs pour le futur.

    Chapitres :
    00:00 La Suisse, un pays de riches ?
    00:46 Les associations – Le Banc Public
    02:04 Où passer sa journée ? – Le skatepark
    03:56 Les addictions, s’évader de la rue
    05:29 Trouver où dormir – Le parking
    08:39 Comment on se retrouve à la rue ?
    13:17 Comment on voit le futur après la rue ?

    https://www.youtube.com/watch?v=YPRkkUug-NQ

  62. Pizza Connection
    antimafia.net/2014/02/27/pizza-connection
    Contributeur Antimafia27 février 2014
    Evaluez l\’article

    C’est le FBI américain qui mis en évidence entre 1985-1988 comment les pizzerias installées dans l’Illinois, le Michigan, le New Jersey, l’État de New York, la Pennsylvanie et le Wisconsin servaient de destination à l’héroïne en provenance de Sicile. Ensuite, les restaurants étaient utilisés pour blanchir l’argent grâce à un système complexe de prêts accordés aux propriétaires de ces commerces.

    Un nombre conséquent de trafiquants-clés du trafic furent arrêtés à Palerme en possession de grosses quantités d’argent en liquide. Ceci entraîna une coopération importante entre le FBI, la police de New York et les autorités italiennes. Vers le milieu des années 1970, le démantèlement des réseaux de la French Connection facilitera la montée en puissance des familles de Cosa Nostra dans le trafic international d’héroïne.

    La Pizza Connection marqua une étape importante dans les méthodes de blanchiment et de transfert de liquidités. Des familles de la Sicile occidentale, considérées jusque-là comme mineure, s’imposèrent progressivement au sein de la Cosa Nostra grâce aux filières de la Pizza Connection.

    C’est le Maxi-Procès de Palerme mis en place par les juges Falcone et Borsellino et le pool antimafia qui mirent fin à la Pizza Connection en 1987.

    Carla Del Ponte, une femme de l’antimafia
    La Procureur Suisse Carla Del Ponte a participé au travail des polices américaines et italiennes pour combattre les mafieux de la Pizza Connection.

    « La mafia ne m’aime pas. Mais ils ne sont pas les seuls. Certains banquiers suisses trouvent également que je fais du zèle ».
    Carla Del Ponte, 1999

    Dans les années 1980, la détermination de la première magistrate de Suisse à traquer l’argent sale a été peu appréciés des banquiers et truands. En juin 1988, elle a échappé de justesse à un attentat en compagnie du juge Falcone lors d’une enquête sur la pizza connexion. Elle a mis les pieds dans le plat des trafics de cocaïne du frère du président mexicain Salinas, saisissant 118 millions de dollars sur des comptes helvétiques.

    « Aucune affaire ne me dépasse, celui qui n’a pas la peau dure ferait bien de choisir un autre métier. »
    Carla Del Ponte, 1999

    Moyennant quoi, elle ne fait plus son jogging qu’accompagnée de gardes du corps.

    Carla Del Ponte
    Carla Del Ponte

  63. Procès de la « mafia nigériane » à Bari
    antimafia.net/2022/07/07/proces-de-la-mafia-nigeriane-a-bari
    Contributeur Antimafia7 juillet 2022

    Evaluez l\’article

    Les magistrats de la DDA (antimafia) de Bari ont demandé 24 condamnations pour traite d’êtres humains et esclavage moderne contre 24 prévenus pour des peines allant jusqu’à 27 ans de prison. Dans le verdict, il ressort que ces groupes criminels étaient organisés comme des sectes secrètes à la structure militaire et d’une férocité sans précédent.

    Le procès concernait deux organisations mafieuses nigérianes : les « Vikings » et la « Eiye », plus connus sous le nom de Rouge et Bleu en raison des couleurs des vêtements choisis lors des sommets mafieux. L’acte d’accusation prouve qu’ils ont géré durant des années, au sein du centre d’accueil pour demandeurs d’asile de Bari, la prostitution de compatriotes et le racket sur les mendiants, en utilisant des rites vaudous, des passages à tabac, des viols et des coups de couteau. L’opération policière avait été menée en décembre 2019 (dans toute l’Italie, mais aussi en Allemagne, France, Pays-Bas et Malte), suite à une dénonciation anonyme de victimes en 2016.

    L’enquête a démontré que l’exploitation de la prostitution aurait été la principale activité d’enrichissement des deux clans basés sur la règle des » trois D » Donne-Denaro-Droga (femmes-argent-drogues). Les femmes étaient obligées de se soumettre à des violences physiques et psychologiques, car considérées comme des objets monnayables. Des châtiments corporels étaient pratiqués aux mendiants qui refusaient de payer le Pizzo (racket) pour pouvoir s’assurer une position devant les supermarchés de Bari et de sa province.

    Pour s’enrôler dans les gangs, les aspirants devaient subir des « épreuves de courage ». Les mains liées, le visage cagoulé, ils étaient tabassés par des membres plus anciens. Quand les patrons de l’organisation criminelle estimaient que le prétendant pouvait rentrer au sein du groupe criminel, ils les obligeaient à boire une boisson composée de sang humain et d’alcool en signe de loyauté jusqu’à la mort.

    Tous les accusés étaient des migrants anciennement enregistrés au centre d’accueil pour demandeurs d’asile de Bari (C.A.R.A) et arrivés en Italie à la faveur de l’invasion migratoire. Les peines les plus lourdes, de 27 et 26 ans d’emprisonnement, ont été requises pour les deux chefs présumés des groupes respectifs, Osas O Ighoruty, 32 ans, et Gbidi Trinity, 26 ans.

    L’invasion migratoire, un danger pour l’Europe.

    Malgré les avertissements répétés sur le niveau de dangerosité et les ramifications extrêmement élevées de la mafia nigériane, on a assisté ces dernières années à une véritable invasion d’immigrants de cette nationalité. Un débarquement incontrôlé qui a eu lieu notamment sous l’impulsion de l’ancien Premier ministre Matteo Renzi (qui a signé un accord avec l’UE pour accueillir les migrants africains en Italie en échange d’une flexibilité sur la dette publique) et qui a littéralement explosé depuis l’installation des gouvernements techniques voulus par le président de la République Giorgio Napolitano. Une migration aveugle qui n’est pas justifiée par la présence de conflits de guerre, à l’exception de la petite zone de l’État de Borno contrôlée par les terroristes de Boko Haram alliés à Isis. C’est pourquoi la plupart des demandes d’asile politique sont rejetées et un grand nombre de Nigérians se retrouvent dans la clandestinité, tentant d’échapper au rapatriement et devenant ainsi de précieuses recrues pour Black Axe et ses trafics. Selon un rapport d’Open Migration citant les données de l’Ismu en 2016, “71 % d’entre eux ont reçu un refus de leur demande d’asile et, dans de nombreux cas, ont fait appel”.

    Les trois villes avec la plus grande présence nigériane en Italie sont Turin, Rome et Padoue. Au 31 décembre 2017, les citoyens nigérians résidant en Italie sont au nombre de 106. 069 entrant à la 13e place des nationalités les plus nombreuses en Italie et à la 3e en tant que pays africain. Les régions avec la plus grande présence de Nigérians sont l’Émilie-Romagne avec 14 543 personnes, suivie de la Lombardie avec 14 147 et de la Vénétie avec 13 909, tandis que parmi les villes Turin se distingue avec 5 189 présences, devant Rome avec 4 853 et Padoue avec 2 570.
    Tout savoir sur la mafia nigériane

    C. Lovis © ANTIMAFIA.net (juillet 2022)

    Source : Presse italienne

  64. Palerme : opération contre les « Vikings » de la mafia nigériane
    antimafia.net/2021/03/10/palerme-operation-contre-les-vikings-de-la-mafia-nigeriane
    Contributeur Antimafia10 mars 2021

    1 Vote

    La police italienne a mené l’opération « Showdow » à Palerme contre une confraternité criminelle nigériane.

    Avec l’opération Showdown, la police inflige un nouveau coup à la mafia nigériane à Palerme. Huit personnes ont été arrêtées et accusées d’association mafieuse, coups et blessures, proxénétisme et trafic de stupéfiants (cocaïne et héroïne). Trois autres sont recherchées. Parmi les personnes interpellées figure Emeka Don, victime d’une tentative de meurtre de la part du gang rival de la « Black Axe ».

    Les mesures ont été prises par le juge d’instruction du tribunal de Palerme, à la demande du groupe de magistrats de la direction coordonnée du district anti-mafia par le procureur adjoint Salvatore De Luca.

    Parmi les personnes arrêtées aujourd’hui dans l’opération de la police de Palerme, contre la mafia nigériane, il y a aussi le chef du Viking de la capitale, Parkinson Chukwuma, accusé d’avoir exercé des fonctions de direction, de promotion et d’affiliation au groupe, avec le circonstance aggravante d’être une association armée.

    Les sommets vikings de la capitale se déroulaient dans un restaurant du quartier de Ballarò. C’est dans ce restaurant qu’avait eu lieu le passage à tabac (y compris à coups de tesson de bouteille) d’un compatriote nigérian qui refusait de rejoindre la confraternité. Ainsi, parmi les personnes arrêtées par la police contre la mafia nigériane, il y a aussi Frankline Duru, dit «Skorò», qui a mené des activités logistiques, mettant son restaurant à disposition pour des réunions réservées uniquement aux membres du clan. Emeka Don était également membre de cette secte, déjà récipiendaire de l’arrestation d’un suspect le 9 juillet 2019 et par le passé victime d’une tentative de meurtre par l’un des dirigeants de la secte «Black Axe», Austine Johnbull, arrêtée et reconnu coupable de ce crime.

    Note de la rédaction : Les Viking sont une association criminelle née au Nigéria, puis étendue à divers États européens et non européens. Il se caractérise par une structure hiérarchiquement organisée et ramifiée sur tout le territoire national, avec une forte capacité d’intimidation. L’association criminelle est principalement active dans les crimes contre la personne, notamment à l’occasion d’affrontements avec des sectes rivales pour le contrôle du territoire et la suprématie au sein de la communauté nigériane; sur les drogues et contre la propriété. Le but des activités du groupe criminel est de renforcer l’association, à la fois envers les associés et la communauté nigériane et d’autres groupes criminels nigérians.

    C. Lovis © Antimafia.net

    Sources : Presse italienn – LiveSicilia – Palerme

  65. «Les audiences du tribunal ne sont pas des matchs de boxe»
    dievolkswirtschaft.ch/fr/2023/03/les-audiences-du-tribunal-ne-sont-pas-des-matchs-de-boxe
    Monsieur Blättler, comment se porte la criminalité économique en Suisse?
    C’est une question à laquelle il n’y a pas de réponse toute prête. La Suisse est cependant une destination privilégiée des capitaux, qu’ils aient été acquis de manière légale ou non.

    À combien s’élèvent les capitaux acquis illégalement?
    Plutôt que de donner un chiffre, il me semble beaucoup plus important de souligner que nous mettons tout en œuvre pour que la place économique et financière suisse ne soit pas associée à la criminalité.

    Quels sont les domaines de compétence du Ministère public de la Confédération?
    Le MPC est compétent pour toutes les affaires de criminalité économique internationale, soit principalement le blanchiment d’argent et la corruption. Il est aussi chargé de poursuivre les crimes et les délits dans les domaines du droit pénal international, du terrorisme, de la cybercriminalité et de la sûreté de l’État. La poursuite pénale des organisations criminelles est également de sa compétence.

    Comment vous partagez-vous le travail avec les cantons?
    En principe, les poursuites pénales à l’échelon national sont du ressort des cantons. Mais, lorsqu’une infraction a été commise en grande partie à l’étranger ou dans plusieurs cantons, elle est soumise à la juridiction fédérale. Les compétences sont définies dans le Code de procédure pénale. Pour les délits économiques, il y a bien sûr des chevauchements.

    Vous avez dit un jour qu’il est plus simple d’échanger des informations entre pays qu’entre cantons.
    Le problème concerne surtout la police car chaque canton possède son propre système d’information. Un policier bernois n’a par exemple aucun accès au système tessinois. Il est donc parfois plus simple pour nous d’obtenir des informations venant de l’Europe. Il est urgent de modifier la législation et l’on y travaille.

    La tâche de vos procureurs est-elle de mener des investigations, puis de déposer un acte d’accusation devant le Tribunal pénal fédéral?
    Oui. Lorsqu’il existe des motifs concrets ou suffisants pour soupçonner une infraction, nous devons ouvrir une procédure pénale, puis enquêter.

    Dans certains cas, nous devons nous attendre à ce que le tribunal rende un jugement différent de celui que nous attendions.

    Vous devez déposer un acte d’accusation même lorsque les preuves sont ténues?
    Oui. Lorsque nous avons ne serait-ce que le moindre doute quant à la légalité d’un acte, nous devons déposer un acte d’accusation en vertu du principe in dubio pro duriore. Le tribunal examine ensuite l’acte d’accusation et peut acquitter l’accusé selon le principe in dubio pro reo.

    Cela signifie-t-il d’emblée que vos chances de gagner ne sont pas bonnes?
    Le système est ainsi fait. Dans certains cas, nous devons nous attendre à ce que le tribunal rende un jugement différent de celui que nous attendions. Mais la question n’est pas de savoir si un ministère public gagne ou perd devant un tribunal. Les audiences du tribunal ne sont pas des matchs de boxe, comme le présentent les médias. Le but est de rendre la justice, et rien d’autre. Si le ministère public avait toujours raison, à quoi servirait alors un tribunal?

    Qui mène le travail d’enquête?
    C’est la tâche de la police judiciaire fédérale qui enquête sur ordre d’une procureure ou d’un procureur de la Confédération. Mais il faut être conscients qu’en cas de ramifications internationales, nous aurons besoin de l’entraide d’autres pays et de leurs institutions. L’entraide judiciaire est ici l’interface centrale. Car c’est un fait: certains pays ne répondent pas à nos demandes d’informations ou nous font attendre des années. C’est ce qui explique pourquoi des procédures peuvent parfois durer très longtemps ou qu’une procédure doit être arrêtée ou suspendue faute d’éléments de preuve.

    Y a-t-il des délits en forte augmentation?
    D’une manière générale, nous assistons à un déplacement de la criminalité vers le monde du numérique c’est-à-dire la cybercriminalité. Autrefois, les criminels arrivaient en voiture, commettaient une infraction et prenaient la fuite. De nos jours, ils vident votre compte en banque en restant assis dans leur canapé.

    (Image: Keystone/Alessandro della Valle)
    Faut-il en conclure que vous emploierez à l’avenir plus de procureurs chargés des affaires de cybercriminalité?
    Oui, nous devons renforcer ce domaine, car nous ne pouvons pas nous permettre d’être à la traîne de cette évolution. Le travail reste le même: follow the money. Nous devons trouver l’argent et comprendre par quelles voies occultes il a été transféré. Celles-ci sont de plus en plus souvent numériques et les paiements se font en cryptomonnaie. Comme d’autres autorités de poursuite pénale à l’étranger, nous ne sommes pas encore là où nous devrions être.

    Vous avez fait de la lutte contre la mafia un axe central de votre travail. La place financière suisse semblait plus importante à votre prédécesseur. Est-ce un changement d’orientation?
    Ces deux domaines sont liés car les organisations criminelles aussi utilisent la place financière. La Suisse compte de plus en plus d’organisations criminelles comme la célèbre mafia italienne mais aussi des organisations d’Europe du Sud-Est, d’Afrique et d’Asie. Toutes veulent faire entrer de l’argent acquis légalement ou illégalement dans le circuit économique.

    Pourquoi précisément en Suisse?
    La Suisse offre une excellente plateforme: de bonnes infrastructures, un système bancaire qui fonctionne et, partant, toutes sortes de possibilités pour diversifier les investissements.

    C’est comme pour le cancer: lorsque nous découvrons des organisations criminelles, il est souvent déjà trop tard.

    Qu’est-ce qui rend la lutte contre la mafia si difficile?
    Une organisation criminelle est structurée de telle façon que les enquêteurs ne peuvent presque pas la pénétrer. Ce sont des sociétés fermées et la criminalité organisée est souvent invisible. Un cadavre, vous le voyez. L’auteur du crime doit être quelque part. Par contre, l’origine criminelle d’une transaction financière ne se voit pas clairement.

    Pourtant, la criminalité mine la société.
    Oui, c’est la réalité. Mais, tant que la criminalité est invisible, on n’y prête pas beaucoup d’attention. C’est comme pour le cancer: lorsque nous découvrons des organisations criminelles, il est souvent déjà trop tard. D’où l’importance de repérer et d’éliminer à temps la criminalité, avant qu’elle ne s’étende.

    Le droit pénal des entreprises a été introduit en Suisse il y a vingt ans, sous la pression de l’étranger. Depuis, le Ministère public de la Confédération a prononcé dans ce domaine une bonne dizaine de condamnations définitives. Pourquoi si peu?
    Le problème réside dans le fait que l’on a affaire à des entreprises actives au niveau international. Cela signifie qu’il faut souvent prouver l’infraction à l’étranger et que l’on a besoin de coopérer avec les autorités étrangères, ce qui n’est pas forcément dans l’intérêt de ces pays car le service censé fournir l’entraide judiciaire est peut-être aussi celui qui a reçu des pots-de-vin.

    À la fin de l’année 2022, le groupe industriel suisse ABB a conclu un accord avec les autorités américaines par lequel il s’engage à payer 300 millions de dollars pour régler un litige portant sur le versement de pots-de-vin en Afrique du Sud. En Suisse, le groupe a été condamné à une amende de quatre millions de francs. N’est-ce pas trop peu?
    L’amende maximale de cinq millions de francs prévue par le droit suisse n’est en aucun rapport avec la pratique internationale. La Suisse abrite pourtant des groupes qui réalisent des milliards de chiffres d’affaires. Pour un délit de corruption en Suisse et à l’étranger, les entreprises ne risquent chez nous qu’une amende de 5 millions de francs. Ce n’est pas proportionnel. Avec des amendes si faibles, la Suisse laisse entendre que ce sujet n’est pas si important pour elle.

    Il arrive que des entreprises condamnées soient exclues des marchés publics. Pensez-vous que ce soit une mesure efficace?
    C’est ce que les entreprises redoutent le plus et la raison pour laquelle elles n’ont aucun intérêt à participer à l’établissement des faits. C’est pourquoi je propose fréquemment la possibilité d’un DPA.

    Qu’est-ce qu’un DPA?
    C’est l’acronyme de Deferred Prosecution Agreement, ou « convention judiciaire d’intérêt public » pour reprendre la terminologie utilisée en France. Le DPA est aux entreprises ce que le sursis est aux particuliers. Il permet au Ministère public de la Confédération de convenir avec une entreprise que l’on renonce provisoirement à un acte d’accusation. À la condition, par exemple, que cette entreprise coopère pendant quelques années avec les autorités, qu’elle se soumette à un audit ou qu’elle change de direction. ABB, par exemple, a conclu un DPA avec les États-Unis.

    Le droit pénal ne résout pas tous les problèmes mais il reste l’ultime recours.

    Quels sont les avantages d’un DPA?
    Un DPA peut encourager une entreprise à dénoncer elle-même des cas qui pourraient relever du droit pénal des entreprises et à coopérer avec les autorités de poursuite pénale. Si elle ne fait pas l’objet d’une condamnation, elle ne risque pas d’être exclue des appels d’offres.

    Les amendes en Suisse semblent faibles, tout comme la probabilité d’être découvert.
    Le droit pénal ne résout pas tous les problèmes, mais il reste l’ultime recours. D’autres checks and balances existent comme le contrôle par la société civile. Lorsque tous les autres moyens ont échoué, c’est au tour du droit pénal d’entrer en jeu.

    Quel est le rôle des médias?
    En Suisse comme à l’étranger, de nombreuses procédures majeures se sont mises en marche sous l’influence de journalistes, déclenchant une avalanche médiatique. C’est le rôle de la liberté de la presse de permettre ce travail de compte rendu.

    Concernant le secret bancaire, l’art. 47 de la loi sur les banques ne permet pourtant pas aux journalistes de consulter des données bancaires qui ont fuité…
    Je laisse au législateur le soin de décider s’il faut modifier ou non la législation.

    Votre prédécesseur s’est retiré en 2020. À la fin de son mandat, les journaux ne s’intéressaient plus qu’à sa personne. Le calme semble à présent revenu.
    On me le dit souvent. Nous ne sommes pas là pour attirer l’attention du public, mais pour faire notre travail qui n’a souvent rien de spectaculaire. Il y a bien des affaires spectaculaires, par exemple lorsque des personnes connues sont impliquées. Mais même lorsqu’elles sont citées à comparaître devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone, ce n’est pas le fait qu’elles sont célèbres qui nous intéresse, mais de savoir si l’on se trouve ou pourrait se trouver en présence d’actes punissables. L’heure n’est pas à la mise en scène ou à l’esbroufe.

    Vous représenterez-vous à votre réélection en septembre au Parlement?
    Je suis en poste depuis un peu plus de 14 mois. C’est à peu près le temps qu’il faut pour se mettre au courant. Je crois que le rapport coût-efficacité de cet investissement laisse deviner que je ne souhaite pas me retirer tout de suite [rires]. Je serai candidat à ma succession.

  66. Harmoniser les données cantonales pour prévenir la criminalité
    dievolkswirtschaft.ch/fr/2023/03/harmoniser-les-donnees-cantonales-pour-prevenir-la-criminalite

    Suite à l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, le Conseil fédéral a pris des mesures économiques, gelant notamment les avoirs et les biens détenus par des personnes physiques et morales russes en Suisse[1]. Cette situation pourrait conduire à l’ouverture de procédures pénales sur l’origine des fonds placés dans la place financière et immobilière suisse, notamment en lien avec du blanchiment d’argent ou des actes corruptifs.

    La Confédération doit s’appuyer sur les cantons pour appliquer les sanctions économiques, car ces derniers gèrent de manière autonome leurs registres du commerce (bases de données des entreprises et de leurs représentants) et leurs registres fonciers (bases de données des propriétaires d’immeubles). Les cantons ont mis en œuvre ces mesures en urgence et livré les cas au Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Les nombreux échanges qui ont suivi entre plusieurs autorités fédérales et cantonales, ces dernières réclamant des clarifications sur leurs obligations en matière d’application des sanctions internationales, ont mené à la publication, en mars 2022, d’un aide-mémoire précisant les obligations des cantons dans ce domaine[2].

    La situation décrite ci-dessus illustre comment la fragmentation des registres génère un grand travail de clarification entre les instances cantonales et fédérales et un biais de réactivité chez celles-ci. Cette parcellisation complique aussi les recherches des autorités de poursuite pénale et augmente le risque que des personnes ou des sociétés visées par des sanctions internationales profitent de cette situation pour échapper à la justice[3].

    Le morcèlement des registres cantonaux et la question de leur surveillance ont déjà fait l’objet de plusieurs audits du Contrôle fédéral des finances (CDF) en lien avec la lutte contre la criminalité en col blanc. Le CDF a examiné la haute surveillance fédérale du registre du commerce, du registre foncier et celle en matière de poursuites pour dettes et faillite[4], toutes exercées par l’Office fédéral de la justice (OFJ). Ces audits ont mis au jour des lacunes qui affectent la lutte contre la criminalité économique.

    Lacunes dans le registre du commerce
    En 2018, le CDF a constaté des failles dans la fiabilité des données des registres du commerce cantonaux. Un grand nombre d’entreprises individuelles n’y étaient pas inscrites, alors que d’autres non actives depuis des décennies y figuraient encore. L’audit du CDF a montré que des milliers d’entreprises n’ont pas connu de modifications au registre depuis une quinzaine d’années (voir illustration). Faute de mise à jour du registre du commerce, il n’y a, par exemple, pas de certitude concernant l’activité effective d’une entreprise et l’identité de ses représentants actuels. Or, ces informations sont importantes dans la lutte contre les faillites frauduleuses et le blanchiment d’argent.

    Concernant le registre des actions, qui inclut les détenteurs d’actions au porteur et des ayants droits économiques des sociétés anonymes, les offices cantonaux du registre du commerce n’ont pas d’obligation de vérifier leur existence, ni lors de l’inscription de la société, ni par la suite. Or, cet outil permet de dire qui est l’ayant droit économique réel des sociétés installées en Suisse et, ainsi, d’éviter l’usage de prête-noms servant à masquer les bénéficiaires de montage corruptifs.

    Suivant les recommandations du Groupe d’action financière et du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’Assemblée fédérale a décidé en 2019 de proscrire en grande partie les actions au porteur. Cette mesure a pour but d’amener de la transparence sur les ayants droits économiques. Le législateur n’a pourtant pas mis en place un contrôle pour s’assurer que les sociétés anonymes tiennent bien à jour leur registre des actions, ni que ce dernier renseigne sur l’ayant droit économique[5].

    Entreprises n’ayant pas modifié leur inscription au registre du commerce depuis plus de 15 ans (2017)

    Remarques: les données concernent le 1er semestre 2017.
    Source: Contrôle fédéral des finances: Audit de la fiabilité des données du registre du commerce (2018).
    Traquer les débiteurs mal intentionnés
    Le CDF a noté l’absence de mise en réseau des bases de données des offices des poursuites et des faillites (OPF), ce qui pose le problème de l’exhaustivité des données. Cette situation est d’autant plus critique qu’un individu mal intentionné pourrait se procurer sans trop de peine un extrait favorable du registre des poursuites – comme une attestation de non-poursuites – en déplaçant son domicile dans un autre arrondissement.

    Le principal obstacle à une mise en réseau des bases de données des OPF est l’absence d’un identifiant univoque des débiteurs. Ce problème pourrait être résolu grâce au projet de service national des adresses mené actuellement par l’Office fédéral de la statistique. Ce registre, qui devrait être disponible au milieu de l’année 2025, permettrait aux autorités (y compris les OPF) de disposer d’un registre national des adresses des personnes physiques, basé sur le numéro de sécurité sociale. Une mise en réseau des OPF simplifierait les recherches de créanciers et dissuaderait les débiteurs mal intentionnés qui profitent de la parcellisation actuelle des données.

    Secteur immobilier à haut risque
    À l’instar des registres du commerce et des registres des poursuites et faillites, les bases de données des registres fonciers sont gérées de manière décentralisée par les cantons et la qualité de leurs données n’est pas garantie.

    L’Office fédéral chargé du droit du registre foncier et du droit foncier (OFRF) est chargé de la haute surveillance du registre foncier. Il fait face à un défi important. En 2013 déjà, un rapport de fedpol constatait que le marché immobilier était un secteur à risque pour les opérations de blanchiment d’argent, notamment en lien avec la mafia italienne[6]. Depuis, d’autres experts et des acteurs de la société civile ont rappelé que ce secteur économique peut être utilisé pour introduire des fonds d’origine illicite dans le circuit financier légal[7] Or, l’OFRF n’a pas de base juridique pour atténuer ce risque.

    Lors de son audit, le CDF a constaté que les bases stratégiques et conceptuelles élaborées par l’OFRF pour sa haute surveillance se concentrent sur les sujets et les risques directement liés au domaine du registre foncier, mais négligent les risques liés au blanchiment d’argent alors qu’une analyse approfondie de cette question devrait pourtant être faite. L’OFRF pourrait sensibiliser les gestionnaires des registres fonciers et des organes de surveillance des cantons à ces risques. Il devrait également prendre en compte des aspects déterminants pour le registre foncier telle que l’acquisition d’immeubles par des personnes résidant à l’étranger. L’OFRF a accepté d’élargir ses bases stratégiques et conceptuelles à des thèmes en lien avec le blanchiment d’argent.

    Le «fédéralisme de la donnée» en cause
    Les examens menés par le CDF dévoilent une dernière zone d’ombre dans le domaine des registres, un secteur crucial pour le bon fonctionnement de notre économie, à savoir celle de la transmission d’informations entre entités fédérales ainsi qu’entre les cantons et la Confédération. L’absence de centralisation des registres cantonaux engendre des pratiques hétérogènes dans ce domaine. C’est la conséquence du «fédéralisme de la donnée».

    Au niveau cantonal, il n’existe guère de modèles de données communs et lorsque c’est le cas, ceux-ci sont incomplets ou non contraignants. Résultat: les données fournies aux offices fédéraux peuvent être de piètre qualité[8], obsolètes ou incomplètes et, parfois, ces offices n’y ont même pas accès.

    Ces éléments expliquent pourquoi la Suisse peine aujourd’hui à consolider au plan national les données saisies dans les cantons. Cette situation entrave le travail des autorités de poursuite pénale lors de leurs pré-investigations et de leurs procédures pénales. Ces obstacles limitent leurs analyses et, partant, la mise en œuvre d’une réponse appropriée pour cibler les plus grands risques de criminalité économique. La détection des avoirs et des biens détenus par des personnes physiques et morales russes dans le cadre des sanctions internationales a elle aussi été confrontée à cette situation, pourtant connue depuis des années.

    Voir l’Ordonnance instituant des mesures en lien avec la situation en Ukraine du 4 mars 2022(RS 946.231.176.72)
    Voir Seco (2022)
    « Guy Parmelin veut clarifier le contrôle des sanctions entre cantons et Confédération », in: rtsinfo.ch, 29 mars 2022 (consulté le 1er février 2023)
    Ces examens sont disponibles sur le site Internet du CDF (PA 16615, PA 20236, PA 21529), de même qu’un rapport de synthèse sur les registres (PA 22245) et un autre sur la lutte contre la criminalité économique (PA 21447)
    Code des obligations, articles 686 et 697j
    Voir fedpol (2013)
    Voir Transparency International (2017); «Die Tricks der Geldwäscher bei Hausverkäufen», Tages Anzeiger, 28.2.2022.
    En 2022, la Cour des comptes vaudoise a fait le même constat sur la qualité de la base de données Themis des offices des poursuites. Elle recommande, entre autres, son nettoyage pour la fiabiliser et la mise en place d’un contrôle régulier de la fiabilité des données

  67. «Dangereux Millions» – des polars économiques suisses à écouter
    swissinfo.ch/fre/economie/-dangereux-millions—-des-polars-économiques-suisses-à-écouter/48558646
    A notre propos
    En collaboration avec Gotham City et Europe 1 Studio, SWI swissinfo.ch présente un podcast qui détaille comment la Suisse a été utilisée pendant des décennies comme plaque tournante du blanchiment d’argent.

    Ce contenu a été publié le 01 juin 2023 01 juin 2023 2 minutes
    Contenu externe
    Les journalistes d’investigation Marie Maurisse et François Pilet, créatrice et créateur du magazine en ligne Gotham City, spécialisé dans la criminalité économique, ont épluché des dossiers restés dans l’ombre afin de traiter les cas les plus spectaculaires pour une série de podcasts. Ces six épisodes, coproduits par Europe 1 Studio et SWI swissinfo.ch, paraissent en français, à raison d’un par semaine sous le titre «Dangereux Millions».

    Les banques suisses dans le collimateur
    «Dangereux Millions» fait plonger les auditrices et auditeurs dans les mondes troubles de la mafia new-yorkaise des années 1920 et 1930, des cartels de la drogue d’Amérique latine et des oligarques qui tirent les ficelles en Russie. Ces cas illustrent la manière dont le crime organisé a mis en place et développé des systèmes de flux financiers sophistiqués et montrent comment des millions de dollars en différentes monnaies ont atterri sur des comptes et dans des coffres de diverses banques suisses.

    Au service de l’intérêt public
    Lors de leurs recherches et des travaux préparatoires à la coproduction, les journalistes d’investigation de Gotham City ont été confrontés à des défis considérables et ont dû résister à de nombreuses tentatives de pression de la part d’avocats. Le résultat qu’ils présentent aujourd’hui révèle une partie encore cachée de l’histoire criminelle et juridique suisse, alors qu’elle est d’intérêt public.

    Offre audio élargie
    Avec «Dangereux Millions», SWI swissinfo.ch élargit son éventail de podcasts pour les publics francophone et intéressé par la Suisse. Cette offre s’ajoute à celle des podcasts existants: «Inside Geneva», «Swiss Connection» et «Geldcast Update» en anglais, «Geldcast» en allemand et «O Sequestro da Amarelinha», une coproduction SWI swissinfo.ch, Piauí Magazin et Rádio Novelo en portugais.

    «Dangereux Millions», basé sur le travail d’investigation des journalistes François Pilet et Marie Maurisse. Foto: Carlo Pisani / SWI swissinfo.ch. Carlo Pisani
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  68. Entre cocaïne, cannabis et prostitution, la mafia albanaise monte en puissance : “Ils sont partout en Belgique ”
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    Vaste trafic impliquant des clans de la mafia albanaise démantelé en Wallonie : “Aujourd’hui, elle fait jeu égal en Belgique avec les mafias marocaine et belgo-néerlandaise”, indique le commissaire divisionnaire Farcy.
    Sébastien Ponciau

    Publié le 27-03-2023 à 17h07 – Mis à jour le 27-03-2023 à 18h13

    Une organisation qui paraissait bien huilée avec, à sa tête, ce Guinéen qui, depuis l’Afrique, collationnait les commandes de clients.
    Il y a une semaine, un vaste trafic impliquant des clans de la mafia albanaise démantelé en Wallonie ©ÉdA – 501878091012 
    Il y a une semaine, un vaste trafic de cocaïne et de cannabis, organisé sur une période d’au moins quatre ans et impliquant des clans de la mafia albanaise, a été démantelé, après une opération menée par la police judiciaire fédérale (PJF) de Liège impliquant plus de 160 policiers. Dix-huit personnes ont été interpellées. Vingt-et-une perquisitions ont été effectuées à Liège, Seraing, Saint-Nicolas, Grâce-Hollogne, Jemeppe, Verviers, Marche-en-Famenne, Houffalize et Morlanwelz. Onze suspects ont finalement été placés sous mandat d’arrêt pour trafic de stupéfiants et participation à une organisation criminelle.

    L’organisation criminelle a utilisé des GSM cryptés Sky ECC, messagerie infiltrée par la police, jusqu’en mars 2021.

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    Les suspects s’approvisionnaient en cocaïne à Anvers et aux Pays-Bas. Lors des perquisitions, un pain de 800 grammes de cocaïne et des produits de coupe en cours de conditionnement dans une cache servant d’atelier ont été découverts. Les enquêteurs ont également saisi des dizaines de boulettes de cocaïne parfois dans des caches aménagées, comme les phares, les boîtes à gants ou encore l’appuie-tête de plusieurs véhicules. Du matériel pour le conditionnement et la vente de cocaïne, comme des balances, des sachets pour doses, une machine à emballer sous vide et une presse, ont aussi été retrouvés.

    Une plantation de cannabis d’une capacité d’environ 600 plants a été découverte à Verviers, ainsi que du matériel et des déchets de plantations à Houffalize et Jemeppe. Dans la liste des saisies, il y a aussi 33 véhicules évalués à environ 300 000 euros. Des liasses de billets pour un montant de plus de 30 000 euros et des avoirs sur des comptes pour près de 70 000 euros ont été saisis.

    ”C’est un réseau important comme on en connaît beaucoup ces dernières années”, nous décrit François Farcy, directeur de la Police judiciaire fédérale de Liège, évoquant ainsi l’omniprésence et la montée en grade de la mafia albanaise en Belgique : “Aujourd’hui, elle est dans le top 3, avec les organisations belgo-néerlandaises et marocaines. Les clans criminels jouent à jeu égal. Ils sont partout en Belgique et dans le monde, et notamment à Bruxelles et en Wallonie, beaucoup à Liège. Et chez eux aussi, il y a des barons planqués à Dubaï d’où ils tirent les ficelles.”

    François Farcy ©Police fédérale – Jos Balcaen
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    Quelles sont les caractéristiques de la mafia albanaise ? Certains criminologues tiqueront sur cette appellation et se limiteront à évoquer des organisations criminelles. Certes, il n’y a pas tout l’aspect ritualisé ni l’obsession du contrôle d’un territoire propre à la mafia italienne… “mais c’est toute même familial, clanique, avec des codes d’honneur. Par exemple, ils ne dénonceront jamais, leurs complices”, recadre François Farcy.

    Connue chez nous d’abord pour avoir monopolisé les réseaux de prostitution dans les années 90, la mafia albanaise a depuis connu une ascension inquiétante. “Les organisations criminelles albanaises sont polycriminelles. Trafic de cannabis et de cocaïne, les drogues de synthèse ne sont pas leur truc, ainsi que prostitution, traite des êtres humains, passage d’immigrés clandestins… À un moment donné, ils avaient un quasi-monopole de tous les parkings de l’autoroute E40 qui va de la frontière allemande à Ostende (NdlR. porte d’entrée vers l’Angleterre)”, illustre le commissaire divisionnaire. “Aujourd’hui, il y a la concurrence des organisations irakiennes et afghanes notamment.”

    En Belgique, une majorité des plantations organisées sont aux mains de clans albanais. On évoque ainsi les fameux ‘jardiniers albanais’”. Dont l’accès à notre territoire a été facilité par la suppression des visas en 2010…

    Dans les années 2000, les gangs étaient largement partie prenante dans les épidémies de vols dans les habitations. “Ils brisaient les barillets. C’était des vols rapides, ils prenaient ce qu’ils trouvaient à portée de main. Beaucoup de vols de voitures étaient commis dans les garages ou sur la voie publique grâce aux clés volées dans les maisons.”

    Lorsque les gangs albanais se sont mis sérieusement à la drogue, ils ont commencé petit : “Ils étaient au départ plutôt au service des mafias italiennes, en bout de chaîne, se chargeant du marché “petit et moyen” de la vente.”

    Mais depuis plusieurs années, ils continuent certes leurs collaborations mais, parallèlement, ils ont créé leurs propres filières, toujours dans le créneau cocaïne et du cannabis. En Belgique, une majorité des plantations organisées sont aux mains de clans albanais. On évoque ainsi les fameux “jardiniers albanais”. Dont l’accès à notre territoire a été facilité par la suppression des visas en 2010…

    Pour nourrir sa filière de cocaïne, la mafia albanaise a investi la Colombie, l’Équateur et même, le Mexique. Leur porte d’entrée en Belgique ne se limite aux ports d’Anvers et de Rotterdam. “Par les aéroports, en véhicules aussi en provenance d’Espagne ou d’Italie”, indique François Farcy.

    Tout comme les autres mafias, les règlements de compte entre clans, entre organisations, peuvent aussi être extrêmement violents.

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  69. La mafia Albanaise
    mafieux.fr/mafia/europe/la-mafia-albanaise
    La mafia albanaise ou, plus exactement, mafia albanophone, dont la sphère d’influence s’étend non seulement sur l’Albanie mais aussi sur la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et le Kosovo, a connu un essor considérable dans les années 1990 suite à l’effondrement du communisme et du chaos politique qui s’est ensuivi.

    Mafia albanaise

    Activités
    Cette mafia pratique notamment le trafic de drogue, la région des Balkans étant non seulement une plaque tournante du trafic d’héroïne depuis l’Orient mais aussi un espace de production de cannabis et de drogues de synthèse : on estime à 2 milliards de dollars par an la valeur de la drogue transitant par l’Albanie vers l’Europe occidentale.

    Elle compte aussi sur ses implantations dans presque toute l’Europe de l’ouest pour pratiquer le proxénétisme intensif : rien qu’à Londres, 70 % de l’industrie du sexe serait, selon la police britannique, aux mains des gangs albanais ; les jeunes femmes vendues en esclaves sexuelles sont régulièrement déplacées d’un pays à un autre afin d’éviter qu’elles ne nouent des complicités susceptibles de les aider à s’enfuir.

    Les différents clans, extrêmement violents, peuvent aussi s’illustrer dans le trafic d’armes de cigarettes, de véhicules volés et dans les marchés public truqués.

    – Source : leshommesdelantimafia.wordpress.com –

    Appuis politiques
    Face à cette criminalité organisée, les jeunes et fragiles démocraties d’ex-Yougoslavie sont le plus souvent impuissantes : le principal atout de la mafia albanaise est en effet la complaisance voire la complicité des autorités publiques. Pendant les guerres balkaniques (1991-1995), les armées régulières serbe, croate et bosniaque ont couvert, faute de pouvoir les contrôler, les paramilitaires qui combattaient à leurs côtés et contribuaient largement à l’essor des différents trafics qui se développaient.

    Encore aujourd’hui, par le biais de la corruption, le crime organisé gangrène littéralement les structures étatiques des Balkans : de hauts fonctionnaires, des magistrats voire des ministres ont ouvertement soutenu les trafiquants de stupéfiants et facilité le blanchiment d’argent sale, les gangs permettant à des États en situation de pénurie de s’approvisionner en marchandises telles que des armes ou du pétrole.

    Rien qu’au Kosovo, depuis la fin de la guerre, quinze clans se partagent le pays, prospérant sur les ruines laissées par l’Otan.

    La petite « Colombie européenne »
    La collusion entre mafieux et politiciens est telle que certains trafiquants n’hésitent pas à se lancer en politique ; à l’été 2004, des députés albanais issus de toutes les tendances politiques se sont opposés à l’adoption de lois visant à mettre sur pied des unités spéciales de la police destinées à lutter contre le crime organisé.

    Les opérations anti-criminelles menées en Albanie, sous couvert de lutte contre la mafia locale, ne font souvent que rendre service à certains clans en éliminant leurs concurrents ; même les « rebelles » albanophones, sous prétexte de défense des populations albanophones menacées, ne mènent certaines de leurs émeutes ou offensives « militaires » que pour s’assurer le contrôle de la route des trafics de drogue. L’impunité et l’infiltration dans les rouages étatiques dont bénéficie la mafia albanaise vaut à la région d’être qualifiée par certains observateurs de petite « Colombie européenne ».

    Alliés et rivaux
    La mafia albanaise dispose d’alliés comme la Ndrangheta, la Camorra Mafia turque et la mafia corse. A l’inverse, elle se heurte à des rivaux de taille et notamment les clans de la Cosa Nostra, les Jamaïcains, les gangs de la Mara Salvatrucha(MS13), Los Viboras, ou encore les mafieux mexicains de Cartel de Juárez.

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  70. Groupe : MRSIC04
    Date de rédaction : 03/2019
    Contributeurs :
    AVRIL, Véronique
    EL DAIROUTY, Saloua
    MEYER, Mathieu
    SOUHLAL, Kamal

    COMPRENDRE LA CRIMINALITE ORGANISÉE ALBANOPHONE
    LES FACTEURS CULTURELS A CONNAITRE POUR UNE GESTION EFFICACE PAR LES FORCES DE L’ORDRE FRANÇAISES

    https://gestion-des-risques-interculturels.com/wp-content/uploads/2019/06/MRSIC_Rapport_Criminalite_Albanophone.pdf
    (morceaux choisis)

    Au Kosovo, le district de Pëje (cerclé en rouge sur la carte en p.5) est surreprésenté en matière de criminalité violente. Il est aussi le berceau de nombreux réseaux.
    • Contrôle par les mafias locales de l’axe Kosovo-Bosnie Herzégovine permettant de développer les trafics vers l’Europe, un phénomène qui s’est accentué lors de la guerre du Kosovo (6 mars
    1998 – 10 juin 1999).
    • Régions albanophones au cœur du « Triangle d’or » du narcotrafic. Cette aire, qui comprend le Sud du Kosovo et le Nord de la Macédoine du Nord et de l’Albanie, concentre les principales zones opérationnelles du trafic de stupéfiants en provenant de l’Est (Turquie, Afghanistan).
    • Proximité avec les réseaux turcophones et italiens

    Forte proximité et capacité de coopération avec les organisations criminelles italiennes.
    • La loi du silence est inviolable sous peine de mort : il s’agit d’une caractéristique forte de la mafia albanophone, que ce soit au sein de la patrie ou dans la diaspora.

    Trafic de stupéfiants, avec une spécialisation particulière sur l’héroïne et la cocaïne. Utilisation de la « Route des Balkans » pour écouler en Europe les opiacés en provenance d’Afghanistan et transitant par la Turquie.
    • Cambriolage et vols à domicile.
    • Trafic d’êtres humains, surtout de femmes pour alimenter les réseaux de prostitution
    • Trafic d’organes.

    En mai et juillet 2013, la SR Strasbourg démantèle un réseau de criminels Albanais spécialisé dans des vols avec violences au domicile de particuliers. Les faits imputés sont principalement commis en France, dans le créneau horaire 19H45/03H, mais aussi à l’étranger (Suisse et Allemagne). Cette structure criminelle était dirigé par un chef, responsable de la constitution des « équipes à tiroir », variables en fonction du moment et du lieu des faits. 4 auteurs ont été écroués.

    Forte implantation des groupes criminels albanais (niveaux 3 et 4), notamment dans les départements de l’Ain (01) et de la Haute-Savoie (74). Conformément à la tendance des années précédentes, l’influence de ces groupes reste prégnante dans les cambriolages transfrontaliers, de toute nature, et les trafics de produits stupéfiants (héroïne et cocaïne).
    S’agissant des cambriolages, des équipes souvent logées dans des hôtels bas de gamme type « Formule 1 », multiplient les actions dans la région mais aussi en Suisse. Plus significative encore est l’emprise des groupes criminels albanophones (albanais, kosovares ou macédoniens) dans le trafic d’héroïne à grande échelle. Ce nouveau positionnement, observé localement dans les secteurs d’Annemasse – Annecy – Pays du Gex, tend désormais à évincer les filières d’importation historiques animées par les « babas » turcs.

    Le 26 mars 2013, la SR Chambéry interpelle huit ressortissants Albanais impliqués sur le secteur d’Annemasse dans un vaste trafic de produits stupéfiants entre la Serbie, la Suisse et la France. D’après les investigations, ce réseau très organisé écoulait trimestriellement environ 7 kg d’héroïne et 5 kg de cocaïne. Dans cette affaire, 5 personnes ont été mises en examen et écrouées. Les perquisitions ont conduit à la saisie de 20.000 euros, des produits stupéfiants et deux véhicules

    Implication notable des malfaiteurs Albanais dans le trafic de produits stupéfiants (cocaïne et héroïne). Le trafic s’organise depuis les Pays-Bas à destination de la France mais également vers d’autres pays européens (Suisse, Italie, Espagne, voire Belgique). Les bénéfices du trafic sont ensuite orientés vers l’Albanie par mandat Western Union ou par transport routier au moyen de véhicules d’occasion achetés en France.

    Héroïne. « Très actifs, ces trafiquants ont acquis depuis 2014 une position dominante sur la vente d’héroïne dans toute la région Rhône-Alpes et en Savoie, révèle-t-on encore dans le même document. Mais aussi dans la région dite des trois frontières [NDLR : France-Allemagne-Suisse], dans le sud de l’Alsace. Une nette expansion de ce marché est observée depuis 2015 en Auvergne, en Limousin et
    en Bretagne. » Les membres de ces gangs se chargent également de récupérer la cocaïne, expédiée d’Amérique du Sud dans des conteneurs, vers les ports belges, néerlandais et de l’Adriatique avant de l’écouler en France. À l’image de ces cinq Albanais arrêtés en novembre 2016 en possession de 4 kilos de coke à Clermont-Ferrand. Les autorités françaises s’inquiètent également de l’apparition sur le
    marché national de l’herbe de cannabis produite dans ce petit pays d’à peine 3 millions d’habitants. « L’Albanie se positionne juste derrière le Maroc comme pays producteur et exportateur d’herbe de cannabis vers l’UE : la production annuelle, estimée à plus de 1 500 tonnes, est amenée à augmenter en raison de la prolifération des cultures locales, alerte la DGPN. Le cannabis albanais,
    composé d’espèces hybrides à forte teneur en tétrahydrocannabinol [NDLR : principale molécule active du cannabis], déjà présent en Allemagne, en Italie et en Grèce, apparaît sur le territoire français, notamment à Nancy, Mulhouse, Rennes et Saint-Brieuc. » Pour mieux se fondre dans le paysage et éviter des luttes de territoire, les criminels albanais n’hésitent pas à nouer des alliances avec des
    trafiquants locaux dans les grandes agglomérations. Toujours selon ce document, « l’étude des crimes et délits commis par des ressortissants albanais de 2011 et 2017 indique de nettes implantations régionales : le département du Rhône est le plus touché ; suivent la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, la Savoie et la Haute-Normandie. » En 2017, 4 761 Albanais et 1 244 Kosovars ont été interpellés en
    France, contre 3 653 et 1 318 en 2016. À la fin de l’année dernière, 630 Albanais (et 98 Kosovars) étaient détenus dans les prisons françaises, une statistique qui en fait l’une des nationalités étrangères les plus incarcérées en France. « Depuis 2011, le nombre de ressortissants albanais écroués dans les prisons françaises a augmenté de plus de 600 % ! s’alarme une source proche de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Outre le trafic de drogue, premier motif d’incarcération, les criminels albanais ont récemment marqué leur retour dans le proxénétisme en France, notamment du côté de Bordeaux, Marseille, Nice et Toulouse, alors qu’ils avaient déplacé, depuis une dizaine d’années, leurs prostituées, sur lesquelles ils exercent de nombreuses violences, vers la Belgique, l’Italie et la Suisse. »

    A défaut de répandre un cliché, je peux vous certifier que 100% des albanais présents en prison sont là pour avoir été en contact avec de l’héroïne. Des fratries, des réseaux entiers se retrouvent parfois enfermés en même temps au même endroit et dans la même promenade. Toujours pour de l’héroïne…

  71. Le réseau albanais ultra-violent exploitait des prostituées dans l’Est parisien
    leparisien.fr/paris-75/le-reseau-albanais-ultra-violent-exploitait-des-prostituees-dans-lest-parisien-02-09-2021-U5RT5S6BOVAYNJ3VAM5W3U3RXA.php
    Par Julien Constant Le 2 septembre 2021 à 07h002 septembre 2021
    C’est sans doute une des mafias les plus violentes qui sévit à Paris. Quatre proxénètes albanais, âgés de 28 à 37 ans, ont été mis en examen vendredi à Paris avant d’être écroués. Ils sont soupçonnés d’avoir exploité une douzaine de femmes qui étaient forcées à vendre leur corps dans la capitale à la porte de Vincennes et à la porte Dorée (XIIe) depuis environ un an. « Ces hommes n’ont pas hésité à faire preuve d’une grande violence avec les prostituées », souligne un magistrat.

    Depuis plusieurs mois, les riverains se plaignaient de la présence de ces femmes dans ce secteur de l’Est parisien et demandaient à la police de prendre ce dossier en main. « C’est une prostitution de rue, les clients les abordent sur le trottoir et les passes se déroulent furtivement dans les fourrés du secteur », précise une source proche de l’affaire. Ces femmes, elles aussi d’origine albanaise, font payer leurs clients entre 30 et 100 euros. « Mais, pour travailler, elles devaient s’acquitter d’une taxe auprès des maquereaux », ajoute notre source.

    À lire aussiProstitution albanaise à Paris : «Le pire, c’est la faune que ces jeunes femmes drainent derrière elles»
    Depuis le mois d’août 2020, les enquêteurs de la brigade de répression du proxénétisme (BRP) de la police judiciaire de Paris ont surveillé les allées et venues de ces femmes. Ils ont étudié leur téléphonie avant de loger les proxénètes. Une femme d’origine marocaine qui jouait un rôle de mère maquerelle est identifiée. « Tout l’argent de la prostitution était collecté et envoyé par mandat cash dans leur pays d’origine. »

    Série d’arrestations en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne
    Mardi 24 août, les forces de l’ordre lancent une opération d’interpellations à Drancy, Sevran (Seine-Saint-Denis) et Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) et arrêtent quatre hommes et une femme. Des prostituées sont auditionnées et révèlent que les souteneurs les forcent à les payer et se montrent très violents au moindre signe d’émancipation. « Certaines dénoncent des faits de viols commis par ces malfaiteurs », ajoute notre source. La violence est une caractéristique de ces réseaux Albanais.

    VIDÉO. Les méthodes brutales des réseaux albanais pour asseoir leur domination

    « Les proxénètes menacent de mort la prostituée ou sa famille restée en Albanie ou au Kosovo. Certaines subissent des avortements forcés. Elles sont battues quand les résultats sont jugés insuffisants. Lors du démantèlement d’un précédent réseau, les policiers ont relevé des brûlures de cigarettes et des tatouages du surnom du chef sur l’avant-bras ou la poitrine », explique un enquêteur de la police judiciaire.

    Lors des perquisitions menées au domicile de ces hommes, les fonctionnaires ont mis la main sur des bordereaux provenant de boutique de transfert d’argent et sur 4 000 euros en liquide. Les suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire. Lors des auditions ils ont gardé le silence.

    Des réseaux organisés sur un mode familial
    Les proxénètes albanais avaient déserté la France, chassés par la pression sécuritaire sur fond de lutte contre le terrorisme. Mais ces réseaux criminels sont revenus d’abord dans le sud de la France. Depuis 2015, les forces de l’ordre ont démantelé des réseaux à Toulouse (Haute-Garonne), Nice (Alpes-Maritimes), Nîmes (Gars), Caen (Calvados), Lyon (Rhône), Bordeaux (Gironde) et Marseille (Bouches-du-Rhône) et finalement à Paris.

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    « Leur activité est organisée sur un mode familial. Ces trafiquants d’êtres humains assurent un renouvellement générationnel des prostituées qui peuvent être leurs épouses, leurs compagnes, leurs nièces ou leurs filles », explique un policier spécialisé. Ces femmes sont recrutées en Albanie, mais également en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce, en Moldavie, en Biélorussie et en Ukraine. Elles sont envoyées en Europe de l’Ouest, où elles circulent d’un pays à l’autre, exerçant alternativement en France, en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Espagne et en Grèce.

    Trafic de stupéfiants, immigration irrégulière…
    Les malfaiteurs albanais sont polyvalents. Certains sont impliqués dans des trafics de stupéfiants et plus particulièrement de la cocaïne. Les prostituées sont même parfois leurs clientes directes. « Le produit des passes est utilisé comme fonds d’investissement pour garantir l’assise financière du trafic », détaille un magistrat.

    D’autres animent également des filières d’immigration irrégulière, qu’ils utilisent pour faire venir des prostituées. Les filles voyagent avec les migrants clandestins, puis exercent dans des appartements ou des hôtels réservés à ces derniers, voire dans des squats.

    « Taper au portefeuille »
    L’expansion de cette activité criminelle semble difficile à maîtriser. L’appât des gains générés par la prostitution en France semble irrésistible pour les malfaiteurs. L’augmentation des flux de migrants favorise aussi l’arrivée de nouvelles prostituées.

    « Pour les contrer, nous multiplions les opérations judiciaires, souligne un commissaire de police. Il est aussi nécessaire de taper au portefeuille. Et pour y parvenir, il faut identifier les flux financiers et intensifier la coopération avec les services de police albanais afin de localiser les personnes destinataires des mandats envoyés par les prostituées. Et enfin confisquer leurs biens comme nous l’avons déjà fait pour les réseaux de cambrioleurs roumains ou géorgiens. »

  72. La mafia albanaise gangrène l’Europe
    leparisien.fr/faits-divers/la-mafia-albanaise-gangrene-l-europe-28-05-2000-2001403117.php
    27 mai 2000
    Par Stéphane Bouchet
    Le 28 mai 2000 à 00h00

    SURNOM : le pays des Aigles. Premier produit d’exportation : le crime organisé. En trois ans, la petite Albanie s’est taillé la pire des réputations en Europe. Celle d’un Etat à la dérive, rongé par la misère et la corruption. Prostitution de masse, immigration clandestine, trafic de drogue, voire d’armes de guerre : rares sont les pays épargnés par cette nouvelle criminalité que la France a brutalement découverte à la suite du démantèlement de nombreux réseaux de proxénètes albanais à Nice, Toulouse, Strasbourg, Metz et Nancy. La Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne connaissent le même problème tandis qu’en Europe centrale et jusqu’en Scandinavie le trafic d’héroïne serait aujourd’hui sous contrôle quasi exclusif de truands albanais. On les soupçonne également d’alimenter des filières d’immigrés clandestins vers l’Italie, le Royaume-Uni, et de se livrer à des trafics d’armes avec différents pays des Balkans. De toutes les mafias des pays de l’Est, c’est bien celle-là qui suscite le plus d’inquiétude. Un récent rapport d’Interpol, élaboré dans le cadre de son programme Balkom (Balkans, Albanie, Kosovo, Macédoine), dresse un tableau très alarmant du phénomène. Outre les Albanais, l’organisation internationale de police inclut dans cette étude les importantes populations albanophones du Kosovo et de Macédoine.

    Des réseaux criminels parfaitement organisés

    On y apprend que « ces réseaux criminels albanais, parfaitement organisés, sont structurés autour de familles très soudées ou de clans », dont « les violentes représailles à l’encontre des informateurs rendent difficiles les poursuites contre leurs chefs ». Et face au « manque de traducteurs de confiance prêts à témoigner devant les tribunaux », le document déplore « la menace constante qui pèse sur tous ceux qui veulent aider les autorités judiciaires ». Une omerta à la sauce balkanique renforcée par « l’utilisation de langages codés » lors de conversations téléphoniques et « l’action d’équipes de contre-surveillance » chargées de repérer les policiers. Toujours selon Interpol, la « pieuvre » albanaise aurait même passé des pactes secrets pour le contrôle du trafic d’héroïne avec des groupes criminels italiens et la redoutable mafia turque qui lui fournirait l’essentiel de la drogue. A titre d’exemple, près de 40 % des revendeurs d’héroïne arrêtés en Autriche seraient d’origine albanaise. Et à Tirana, la police locale chiffre à 200 kg la quantité mensuelle d’héroïne qui quitte le pays, les clans les plus actifs étant capables d’en importer jusqu’à 50 kg par mois dans les pays où ils sont implantés. Proximité oblige, l’Italie constitue une plaque tournante des filières albanaises d’immigration clandestine, en particulier vers l’Angleterre. Mais elle est aussi un lieu de transit pour les jeunes prostituées de l’Est destinées à vendre leurs charmes dans les vitrines du Benelux, dans les « eros center » allemands et sur les trottoirs de nos villes françaises. « Nous démantelons une ou deux équipes de proxénètes albanais chaque mois, confirme-t-on à la brigade de répression du proxénétisme de Paris. Il s’agit souvent de groupes d’hommes jeunes et parfois très violents, qui contrôlent le travail de huit à dix filles. Celles-ci peuvent rapporter jusqu’à 5 000 F par jour chacune. Ces types-là se jouent des frontières et quand on les arrête, ils sont tous réfugiés politiques. » Selon certains témoignages, il existe en Albanie de véritables « maisons de dressage » où les futures prostituées, parfois tatouées à l’effigie des clans qui les ont achetées, apprennent le métier dans des conditions effroyables.

  73. «Pour les mafias, il est commode de commettre des crimes en Suisse»
    swissinfo.ch/fre/societe/nicola-gratteri_-pour-les-mafias–il-est-commode-de-commettre-des-crimes-en-suisse–manque-photo/45127706
    Nicola Gratteri
    Nicola Gratteri vit sous protection depuis 30 ans. Tiziana Fabi/AFP
    La ‘ndrangheta est présente en Suisse depuis des décennies. Malgré une bonne collaboration avec l’Italie, le système judiciaire helvétique n’est pas adapté à la réalité de la criminalité présente dans le pays. Le magistrat et essayiste italien Nicola Gratteri en est convaincu.

    Ce contenu a été publié le 07 août 2019 07 août 2019 6 minutes
    Michele Novaga

    Présent au festival littéraire Una Torre di LibriLien externe de Torre Pellice (Piémont), le procureur général de la République de Catanzaro Nicola Gratteri a rencontré swissinfo.ch pour parler des activités de la ‘ndrangheta en Suisse.

    swissinfo.ch: La ‘ndrangheta en Suisse, c’est déjà de l’histoire ancienne. Quand et comment s’est-elle infiltrée dans le pays?
    Nicola Gratteri: Nous avons des traces de sa présence en Suisse au moins depuis la fin des années 1980. A la suite d’une querelle à Monticella, un petit village de la province de Reggio de Calabre, une famille de la ‘ndrangheta s’est installée en Suisse, dans la région de Neuchâtel. A cette époque, nous avons déposé des commissions rogatoires internationales, nous sommes allés en Suisse, nous avons mené des enquêtes, et nous avons réussi à capturer deux fugitifs. Ce fut une grande surprise pour la police comme pour la justice suisse.

    “80% de la cocaïne qui arrive en Europe est contrôlée par la ‘ndrangheta”

    End of insertion
    Par le passé, il y a eu des procès et des condamnations en Suisse. Par exemple celle de l’avocat Moretti, reconnu coupable d’avoir recyclé 75 milliards de lires d’alors. Et il y a eu de nombreuses enquêtes du côté italien…
    Quand les gens de la ‘ndrangheta, de la camorra ou de cosa nostra partent à l’étranger, ils cherchent à se fondre dans le paysage. Ils ne vont pas brûler des voitures ou tirer sur des maisons. Ils vont à l’étranger pour se réfugier en tant que personnes – parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas contrôlés, du moment qu’il n’y a pas en Europe une culture de contrôle du territoire. Ou alors, ils le font pour vendre de la cocaïne et ensuite acheter tout ce qui est à vendre.

    La drogue est-elle l’activité principale des ‘ndranghetistes italiens en Suisse?
    Selon les enquêtes que nous avons faites, 80% de la cocaïne qui arrive en Europe est contrôlée par la ‘ndrangheta. L’argent récolté ne retourne pas en Calabre, ni en Amérique du Sud. Les cartels colombiens, par exemple, veulent être payés en Europe, parce que c’est plus avantageux. L’Europe, et donc aussi la Suisse, deviennent un grand supermarché où l’on peut acheter tout ce qui est disponible.

    L’argent de la drogue sert à acheter des armes et à investir dans l’immobilier. Le blanchiment d’argent est un des secteurs où la ‘ndrangheta est la plus active. D’après les enquêtes, ceci ne se passe pas qu’au Tessin, canton voisin de l’Italie, mais aussi dans d’autres parties du pays, comme l’a confirmé l’opération ‘Helvetia’ de 2014, dans la région de Frauenfeld, en Thurgovie.
    Au cours des décennies, il y a eu des enquêtes sur le blanchiment, mais pas vraiment sophistiquées, comme on les voit dans les films. Elles ont été menées de la manière la plus simple possible, sur des personnes qui traversaient physiquement les frontières avec des millions d’euros qu’ils venaient déposer dans des banques en Suisse.

    La Suisse en fait-elle assez pour lutter contre la ‘ndrangheta et les autres organisations criminelles? Vous-même avez déclaré par le passé que certains crimes, comme l’association mafieuse, sont traités de manière plus légère en Suisse qu’en Italie.
    C’est un problème qui ne concerne pas seulement le système judiciaire suisse, mais toute l’Europe, étant donné que le crime d’association de type mafieux n’y existe pas. En droit suisse, le crime qui s’en approche le plus est celui d’association secrète, pour lequel les peines vont d’un à cinq ans de prison. C’est bien peu si vous pensez qu’en Italie, c’est ce que risque une personne en possession d’une arme dont le numéro de série a été limé.

    Pour les mafias, il est donc commode de commettre des crimes en Suisse, comme il est commode de les commettre dans le centre et le nord de l’Europe. Les sanctions sont très faibles et le risque de faire l’objet d’une enquête n’existe que si la police italienne enquête déjà.

    A cet égard, le cas de Gennaro Pulice, le tueur de la ‘ndrangheta de Lamezia Terme, est emblématique. Comme il l’a admis lui-même, il est entré au Tessin avec un permis B obtenu en soudoyant un fonctionnaire cantonal.
    On pense généralement que le problème de la corruption concerne surtout les Italiens. Mais c’est un cliché, et il est dépassé. Malheureusement, ces dernières décennies, on a vu une forte baisse de la morale et de l’éthique dans la culture occidentale. Et cela n’affecte pas seulement l’Italie, mais toute l’Europe. Cela se voit plus en Italie, parce qu’il y a davantage d’enquêtes et aussi des instruments qui permettent à la police et à la justice d’aller plus en profondeur.

    “En Suisse comme dans toute l’Europe, la mafia du futur sera albanaise”

    End of insertion
    En plus de 30 ans de carrière, vous avez collaboré avec la police et les magistrats de nombreux pays. Quelle sont vos relations avec vos homologues suisses?
    Je dirais que les relations se sont améliorées récemment. Depuis quelques années, les autorités suisses ont commencé à prendre conscience du phénomène et du problèmes des mafias sur leur propre territoire. Mais malheureusement, comme on l’a déjà dit, les enquêteurs suisses ne sont pas aidés par un système judiciaire qui n’est pas adapté à la réalité criminelle présente dans le pays.

    Existe-t-il des liens entre les mafias italiennes en Suisse, ou des rapports spécifiques entre la ‘ndrangheta et les autres associations criminelles – balkaniques ou africaines – présentes sur territoire suisse?
    Disons que la ‘ndrangheta est très présente en Suisse. Mais je prévois qu’ici comme dans toute l’Europe, la mafia du futur sera albanaise. En Albanie règne une forte corruption, il y a des associations criminelles très puissantes que personne ne combat et qui, avec l’argent, peuvent aussi influencer le système judiciaire et s’imposer sur le marché de la cocaïne en Europe. Actuellement, ils sont très présents aux Pays-Bas, mais aussi en Amérique du Sud, avec la ‘ndrangheta.

    Nicola Gratteri
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    Plongée en eaux troubles dans le monde des banques suisses. Episode 1 de notre nouveau podcast: les “pélerins” de la mafia new-yorkaise.

  74. Mafia albanaise. Histoire, spécifications générales, les codes et les rituels
    boowiki.info/art/les-organisations-mafieuses/mafia-albanaise.html

    19 708 Pages

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    Mafia albanaise

    Cet article/sujet sur Wikipedia
    » … les criminels albanais sont les héritiers naturels du « Ndrangheta en Calabre[1] »

    (DIA Rapport annuel 1998)
    Mafia albanaise et le crime organisé albanais sont les termes utilisés pour désigner divers les organisations criminelles actif dans Albanie ou autrement composée de personnes de nationalité albanaise. Le terme “mafia« Cependant, il est souvent utilisé dans un sens descriptif et ne signifie pas une véritable coordination des activités criminelles, ne suit que ceux-ci sont régies par un organisme gouvernemental.

    Leurs activités, dans les pays de ‘Union européenne et États-Unis, Ils sont principalement trafic de drogue, principalement héroïne, exploitation des prostitution et le trafic d’armes.

    histoire

    Le crime organisé en Albanie atteint une certaine renommée au début de années nonante la XX siècle, lorsque l’ancienne route Yougoslavie-Turquie a été bloqué en raison des conflits ethniques, Turcs et Bulgares ont été contraints de changer dans la circulation en route vers l’Italie, en utilisant l’Albanie comme un pont. Bientôt, les groupes albanais, car ils avaient perdu beaucoup de temps, a commencé à se mettre sur les autres mafias des Balkans, conquistandone points cruciaux et en peu de temps pour que tout entre leurs mains, restant ainsi avec des « mains propres » et presque invisible.

    après la 1997, Albanie avec les diverses réformes visant à la stabilité politique, le pays est devenu juste un pont, qui, cependant, ne pouvait pas lui-même défini, étant donné la difficulté de créer des relations supérieures et inférieures, qui a déclenché des guerres de plus en plus violentes. Pour cela, l’avenir de la mafia albanaise était en Europe, alors qu’en Albanie, la distribution de la drogue, la prostitution et il reste beaucoup sur le marché libre, contrôlé au minimum par la mafia.

    Caractéristiques principales
    Il faut dire que la structure et le fonctionnement de ces organisations sont mal étudiées, étant donné la difficulté de pouvoir infiltrer. Les membres du groupe sont généralement moins de 20 unités, la même ville, quartier, ou même famille, pose le même niveau moral et économique, dont affiche une seule extrémité avec un guide que des pouvoirs. La mafia albanaise en tire des fameuses normes morales Kanun, qui régule également la vengeance.

    Ces groupes ne tendent pas à travailler, en fait, sont souvent en conflit les uns avec les autres. Une guerre interne à une organisation, compte tenu de la férocité de la vengeance, implique la fin de la même organisation.

    Codes et rituels

    Besa

    La mafia albanaise utilise le terme « Besa », signifie la confiance, et il est un nom pour le « code d’honneur ». Alors que le recrutement d’un membre qui entre dans la mafia albanaise est tenu de prêter serment. Le serment est alors considéré comme sacré parce qu’il est défini comme Bese. Besa dans la culture albanaise est extrêmement important, et est considéré comme un contrat verbal de la loyauté et la confiance. Surtout dans le nord de l’Albanie, quand quelqu’un vous donne leur Bese, il vous a donné leur vie et vous protéger au prix de sa vie.

    Italie
    En Italie, les criminels albanais se livrent à des activités telles que les courriers, et parfois sous le contrôle des organisations criminelles italiennes qui pratiquent la prostitution, le trafic de drogue, vols. Cela se produit dans l’Italie du Nord, en Italie du Sud, où les organisations criminelles endogènes sont fortement enracinées, n’a pas trouvé de place pour les criminels de démarrer leur propre entreprise. collaborent souvent avec camorra et « Ndrangheta, avec celui-ci en particulier pour la gestion de la prostitution[2]. Dans un récent raid de la police, il a montré que la « Ndrangheta donnerait la permission aux Albanais de gérer la prostitution en échange de drogues et d’armes[3] en Abruzzes Albanais agissent comme courtiers pour la camorra ainsi que local pour le trafic de drogue, en particulier la cocaïne. Les Albanais arrivent Abruzzes à colporter médicaments introduits dans Vénétie et Pouilles.

    les organisations criminelles albanaises et « Ndrangheta
    Les organisations criminelles albanaises avec la « Ndrangheta ont des relations fondées sur la gestion de la prostitution et le trafic d’armes comme en témoigne »ANSA 13 décembre 2005 et par ‘opération de Harem. Avec l’approbation des Albanais mafieux calabrais ils pourraient agir dans diverses régions d’Italie apportant des prostituées albanais, moldave, ukrainien et roumain en échange de drogues et d’armes. Ils ont été arrêtés dans l’opération 80 personnes, dont la moitié Albanais liés à d’autres ndrine italien des pays Corigliano Calabro et Cassano all’Ionio.[4] en Lombardie également le commerce des médicaments, au cours de l’opération criminalité 3 ont été découverts en alliance avec l’herbe locale, dirigée par Pasquale Varca, et lié à Nicoscia-arène dans un trafic de cocaïne avec la Colombie et où poisson-Oppedisano qui devait récupérer le port de Gioia Tauro saisi en mettant en difficulté avec les Albanais locaux eux-mêmes (dont les dirigeants résident en Europe du Nord) et les Colombiens dont il avait été acheté[5]. en Pays-Bas pour le contrôle de Port de Rotterdam[6].

    Le 9 Juillet, 2015 Il termine l’opération Overting, a commencé en 2005 Elle a conduit à l’arrestation de 44 personnes, y compris des personnes liées à Mancuso, en collaboration avec un groupe de criminels albanais Fiano Romano pour le trafic international de cocaïne. La drogue provenait Chili, Venezuela et Colombie et grâce au courtier ndranghetista Domenico Trimboli repentis du 19 Mars 2015. La rencontre avec les narcos à l’accord sur l’échange a eu lieu à la place dans Espagne. en Calabre, à Spilinga il y avait la raffinerie pour récupérer la cocaïne liquide imprégné par lots de vêtements ou de l’état solide en carreaux de sol. Les Albanais ont eu lieu au moins une fois en otage en garantie vibonese trafic[7][8].

    à l’étranger
    Australie
    Belgique
    Canada
    Le crime albanais se trouve dans les villes de l’Est comme Toronto et Montréal. Ils participent à des activités pour les travailleurs cols blancs, tels que les soins de santé et à la fraude résidentielle. Ils sont également impliqués dans des activités frontalières entre les États-Unis et au Canada, y compris le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.

    Un rapport de la Service canadien du renseignement de sécurité constate que, bien que le crime organisé au Canada a évolué à un plus peu structuré, multi-ethnique, le terme « mafia » est utilisé uniquement pour identifier les trois organisations qui ont une structure hiérarchique et culturellement et ethniquement homogène: la mafia italienne, russe et albanais[9].

    France
    Allemagne
    Portugal
    Royaume-Uni
    Espagne
    États-Unis
    Suisse
    notes
    ^ Le seul journal web Rome
    ^ New Cosenza Daily numérique – allié Ndrangheta cin Albanais. 80 arrestations en Italie et en Albanie
    ^ Castrovillari: Opération Cerberus, les arrestations pour prostitution – YouTube
    ^ ” « Ndrangheta et les criminels albanais, des centaines de filles dans l’esclavage » », 13/12/2005 – archiviostampa.it
    ^ Le trafic de drogue / Opération « Crime 3 » Les pages spéciales du journal de la Calabre, en Edicolapinuccio.it.
    ^ De Dublin aux nouvelles capitales de ndrine Constance, en Repubblica.it.
    ^ Le trafic de drogue, grand blitz contre Mancuso, en millénaire anti-mafia, 9 juillet 2015. 9 Juillet Récupéré, ici à 2015.
    ^ Catanzaro, vêtements de coca et les tuiles: groupe vaincues liés à Mancuso, en l’acte quotidien, 9 juillet 2015. 9 Juillet Récupéré, ici à 2015.
    ^ rapport sur la criminalité organisée (PDF), Le Service canadien de renseignements criminels. Récupéré 22 Juin, 2012 (Déposé par ‘URL d’origine 6 février 2013).
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  75. Boznie-Herzegovine: “route des Balkans”, trafics humains, drogues et armes pour l’UE
    cacaou3.blogspot.com/2015/06/boznie-herzegovine-route-des-balkans.html

    D230615

    10:00 – ~La Bosnie se trouve sur “la route des Balkans” souvent utilisée par des groupes criminels pour le trafic d’êtres humains, de la drogue et des armes vers les pays de l’UE.

    Ces trafiquants transitent par la Turquie, via la mafia albanaise, où se croisent deux réseaux mondiaux: celui de l’héroïne en provenance d’Afghanistan et celui du captagon (la drogue des kamikazes) en provenance de Syrie (avant l’arrivée de l’EI, c’était au Liban).

    Cette nouvelle mafia albanaise a détrôné la mafia calabraise et détient un pouvoir quasi absolu en Europe. Elle est “objectivement” utilisée par Erdogan pour son projet de restauration de l’empire ottoman comprenant, en Europe, la Grande Albanie (Albanie, Kosovo, Bosnie et une partie de la Macédoine et de la Grèce).

    La guerre de Yougoslavie et son “charcutage” par l’OTAN avait pour motif de satisfaire la Turquie (tout en agressant un allié de la Russie) pour qu’elle intègre l’UE… ou l’inverse, c’est selon et l’Histoire le dira.
    ~~~~~~~~~~~~~~
    Traite d’êtres humains: arrestations en Bosnie

    Le Figaro avec AFP, le 23 Juin 2015

    Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 23 Juin 2015
    ___________***____________

    Sept membres d’un réseau de traite d’êtres humains, qui forçaient des femmes et des enfants bosniens à voler et à mendier dans plusieurs villes en France, ont été arrêtés ce matin en Bosnie dans une opération conjointe des autorités des deux pays.
    Une opération est menée parallèlement en France
    “L’opération est menée dans la région de Zenica, Jajce (centre), de Vlasenica (est) et de Prijedor. Sept personnes ont été arrêtées et plusieurs perquisitions sont en cours. Une opération est menée parallèlement en France”, selon un communiqué de la police.
    les enfants aussi étaient les victimes
    Les personnes arrêtées sont soupçonnées d’avoir recruté depuis 2012 plusieurs femmes et organisé leur départ en France.
    “Sur place, elles ont été forcées à voler dans la rue et à leur remettre l’argent. Dans certains cas, les enfants aussi étaient les victimes”.
    2 millions d’euros”, un montant blanchi ensuite par des achats immobiliers et de voitures de luxe
    Les enquêteurs français et bosniens estiment que ce réseau a ainsi réalisé un “gain illicite de plus de 2 millions d’euros”, un montant blanchi ensuite par des achats immobiliers et de voitures de luxe en Bosnie, précise-t-on.
    la route des Balkans” pour le trafic d’êtres humains, de la drogue et des armes vers les pays de l’UE
    La Bosnie se trouve sur “la route des Balkans” souvent utilisée par des groupes criminels pour le trafic d’êtres humains, de la drogue et des armes vers les pays de l’UE.
    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~
    ATLAS GENERAL WWIII: voir la page dédiée à la Bosnie

  76. https://parlonsprisons.noblogs.org/post/2022/01/27/brisons-les-murs/#Tri%20social

    À Genève, le procureur général Olivier Jornot déclare d’ailleurs ouvertement « utiliser la Loi sur les étrangers pour pouvoir harceler les délinquants de rue. Car dans l’engagement opérationnel de la police, il est beaucoup plus facile de contrôler des personnes pour savoir si elles ont le droit d’être en Suisse que de prendre des dealers sur le fait »[14]. Difficile d’imaginer qu’une telle politique puisse, en pratique, prendre une autre forme que celle du profilage racial. En se basant sur le droit d’enfermer provisoirement quelqu’un dont on craint qu’il pourrait fuir le territoire Suisse (soit se soustraire à la justice étatique) les procureurs·x·es vont systématiquement enfermer provisoirement les personnes sans statut légal en Suisse ou sans adresse en Suisse. L’évaluation de ce risque de fuite n’est jamais personnalisée et systématiquement appliquée, les procureurs·x·es n’analysent pas la situation individuelle des personnes sans statut légal. Le fait que certains·x·es aient des enfants en Suisse, une famille, un travail, etc. et que la fuite ne soit donc pas un risque n’est jamais observé. Pour les personnes sans statut dans le pays qui les enferme, une fois en prison, les soutiens extérieurs sont souvent moins nombreux voire inexistants. Les souffrances et les privations liées à l’incarcération s’en trouvent d’autant renforcées.

  77. https://parlonsprisons.noblogs.org/post/2022/01/27/brisons-les-murs/#masculinites

    Masculinités racisées
    La prison enferme principalement des hommes racisés, pauvres et/ou marginalisés. Ce système se base notamment sur une construction raciste des masculinités. Par exemple, un homme blanc de bonne famille qui vend du shit n’est jamais traité de la même manière qu’un homme racisé habitant un quartier populaire qui vend la même quantité de shit. Le premier risque moins de se faire arrêter, et même s’il se faisait arrêter il ne sera jamais condamné de la même manière que le deuxième car l’application de la loi est basée sur des critères stéréotypés. L’homme blanc qui vend du shit est plus volontiers considéré comme ayant commis « une erreur de jeunesse », alors que l’homme racisé sera surveillé, recherché et contrôlé.

    La hiérarchisation des masculinités en fonction de la race sociale façonne la société. Elle insinue que les hommes racisés sont des dangers, des délinquants potentiels, qu’ils sont « déviants », car ils sont « autres ». Dans les sociétés occidentales modernes, dont la construction a reposée sur l’esclavagisme et la colonisation, les hommes racisés ont été exploités pour leur force de travail à travers l’histoire et jusqu’à aujourd’hui. Ils sont maintenus en théorie et en pratique dans cette position pour ne pas menacer la position dominante des hommes blancs. Cette hiérarchisation se modifie, évolue ensuite en fonction des contextes et des migrations qu’elles soient européennes ou extra-européennes. Cette vision est disséminé dans la société, dans la tête des gens, des juges, des procureurs·x·es, des avocats·x·es et des flics à travers les médias, la culture occidentale, etc [22].

    Ainsi, par ce système, les personnes blanches qui ne sont pas en prison peuvent être confortés par le fait que « ce ne sont pas eux qui sont en prison » car le profil de ceux qui y sont ne leur correspond pas. C’est ainsi que se renforce l’impression d’altérité. Cela accroît une certaine ségrégation dans la société entière : les blanc·x·ches se sentent moins atteignables et donc peuvent juger, accroître les stéréotypes, en toute impunité, sans craindre la répression.

  78. Trafigura, le trader des matières premières qui empoche 1,3 million de dollars par minute
    lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/trafigura-le-geant-du-trading-des-matieres-premieres-qui-empoche-13-million-de-dollars-par-minute-1950516
    8 juin 2023
    Par Nessim Aït-Kacimi

    Publié le 8 juin 2023 à 17:17Mis à jour le 8 juin 2023 à 18:21

    Les bulles pétrolière et immobilière se sont télescopées en Suisse, dans la commune de Cologny, en bordure du lac Léman. Un trader de Trafigura, géant du négoce de matières premières, y a acquis en février une villa pour 50 millions de francs suisses (50 millions d’euros), a rapporté « La Tribune de Genève ». Le propriétaire est l’un des grands bénéficiaires de l’essor des matières premières de 2022 lié à la crise énergétique et à la guerre en Ukraine. Son groupe de trading de pétrole et métaux a effectivement enregistré des profits semestriels record de 5,5 milliards de dollars entre octobre 2022 et mars 2023.

    Trafigura va reverser 3 milliards de dollars à ses dirigeants, traders et principaux collaborateurs, en leur rachetant leurs actions. Le groupe non coté de 12.000 personnes est détenu par 1.100 actionnaires, essentiellement ses employés. Ils vont recevoir en moyenne 2,7 millions de dollars par personne. Lors de son exercice fiscal annuel achevé le 30 septembre dernier, ils avaient déjà reçu 1,7 milliard de dollars au total.

    Jeremy Weir, le dirigeant du groupe, un ancien géologue australien, a toutefois averti : « Nous ne nous attendons pas à ce que les conditions extraordinaires qui ont caractérisé les marchés de matières premières en 2022 et une partie de 2023 se prolongent durant le reste de l’année. » Saad Rahim, le chef économiste de Trafigura, a abondé en ce sens en estimant que « les prix des matières premières pourraient souffrir dans les prochains mois si les taux d’intérêt plus élevés pèsent sur la croissance, le dollar continue à progresser et les craintes sur la Chine persistent ».

    Lire aussi :
    Le négociant Trafigura victime d’une fraude à 577 millions de dollars sur le nickel

    Ces traders qui font fortune sur le gaz et le pétrole

    Chaque jour, le groupe traite à lui seul près de 6 % des volumes sur les marchés pétroliers internationaux . Il est endetté à hauteur de 19 milliards de dollars, essentiellement en dollars et sur des échéances inférieures à 5 ans. Situé à Genève, Trafigura opère sur tous les continents dans une soixantaine de pays (Chine, Australie, Singapour, Colombie, Emirats arabes unis, Malte, Royaume-Uni…) au travers de ses filiales spécialisées. Il dispose d’un vaste portefeuille de sociétés, actifs et infrastructures (docks, ports…) de 90 milliards de dollars. Son trading est réalisé pour l’essentiel depuis la Suisse et Singapour. Le groupe détient aussi un hedge fund, Galena, régulé et enregistré en Suisse.

    La firme a été créée en 1993 par un trader français, Claude Dauphin – décédé en 2015 – et 5 autres opérateurs. Ils avaient auparavant travaillé pour le compte de la société de Marc Rich, le futur dirigeant de Glencore, qui contourna l’embargo sur le pétrole iranien et s’attira les foudres des Etats-Unis. Trafigura commença pour sa part dans le business des métaux en Amérique latine pour se lancer ensuite dans le pétrole. La firme profita de l’envolée de la croissance chinoise dans les années 2000 et de la forte demande en matières premières du pays. A la différence de Glencore qui se lança dans la production, Trafigura resta sur son modèle de négoce, transport, stockage et trading de matières premières.

  79. Pourquoi la France est à l’origine du secret bancaire suisse
    lepoint.fr/histoire/pourquoi-la-france-est-a-l-origine-du-secret-bancaire-suisse-18-11-2017-2173336_1615.php
    18 novembre 2017
    1932 : la police débarque dans une banque suisse de Paris. Des listes avec des milliers de noms sont saisies. Panique à Bâle et à Berne. Il faut réagir…

    Par François-Guillaume Lorrain
    Genève. C’est en 1934 que la loi sur le secret bancaire en Suisse est votée.
    Genève. C’est en 1934 que la loi sur le secret bancaire en Suisse est votée. © CLARA TUMA/The New York Times-REDUX-REA / The New York Times-REDUX-REA / CLARA TUMA/NYT-REDUX-REA/CLARA TUMA/The New York Times-REDUX-REA
    Temps de lecture : 4 min

    Le feuilleton des Paradise Papers a braqué les projecteurs sur l’opacité et le secret des comptes. Revenons à l’origine du phénomène. Pour créer un paradis, il faut trois critères (voir notre article Paradis fiscal : comment tout a commencé), dont le secret bancaire. Chez nos amis helvétiques, cette pratique est vieille non pas comme la Confédération, mais presque. Voltaire, déjà, faisait l’éloge ironique de ces hommes habiles : « Si vous voyez un banquier suisse sauter par une fenêtre, sautez derrière lui, il y a sûrement de l’argent à gagner. »

    L’usage des comptes anonymes s’imposa en réalité à la fin du XIXe siècle, lorsque la circulation du capital connut une brusque accélération. Nous avons la mémoire courte, mais nos hommes politiques français se plaignaient déjà de l’évasion fiscale à l’Assemblée avant la Pemière guerre, alors que des pays comme la Suisse ou la Belgique faisaient ouvertement de la retape sur le territoire français, usant déjà des procédés publicitaires dénoncés ces dernières années. Dans un remarquable petit ouvrage paru cette année à La Découverte – Les Paradis fiscaux de Christian Chavagneux, Ronen Palan –, on apprend que Joseph Caillaux, en 1907, avait signé un accord bilatéral avec l’Angleterre pour échanger des informations fiscales sur les successions. Une mesure visionnaire, puisque ces échanges sont au cœur aujourd’hui des mesures de la lutte contre les paradis. La Suisse avait décliné la proposition.

    Il y a les légendes urbaines, il y a aussi les légendes bancaires. En Suisse, on aime à raconter que la loi sur le secret bancaire de 1934 fut mise en place pour protéger les comptes des juifs allemands qui fuyaient le régime nazi. La réalité, nous racontent Chavagneux et Palan, est légèrement différente et méconnue. Elle mériterait un film et, qui sait, peut-être une coproduction franco-suisse.

    Nous sommes en 1932, le 26 octobre, rue de la Trémoille, près des Champs-Élysées. Une descente de police intervient dans la succursale parisienne de la Banque commerciale de Bâle. Sur dénonciation, évidemment. Le commissaire met la main sur un sénateur, beaucoup d’argent liquide et dix carnets contenant 2 000 noms qui seront rendus publics à l’Assemblée ! On imagine les cris d’orfraie sur les bancs. Sur ces listes – là aussi, nous avons oublié l’épisode – figurent des hommes politiques, des évêques, des généraux, des magistrats, des hommes d’affaires… Les dépôts sont estimés à 2 milliards de francs (1,3 milliard d’euros). D’autres perquisitions à la Banque d’escompte suisse et dans la succursale d’une banque genevoise confirment l’étendue de l’évasion. Un mois plus tard, les avoirs sont bloqués, des poursuites sont entamées, on enjoint aux banquiers de collaborer, la France du gouvernement d’Édouard Herriot demandant à la Suisse d’avoir accès aux comptes à Bâle et à Genève. Refus de la Confédération, où les autorités devinent le danger d’une fuite des capitaux en sens inverse.

    Elles ne sont pas les seules à paniquer. Les propriétaires étrangers de comptes s’affolent eux aussi et commencent en effet à retirer leurs billes. Il faut réagir. Surtout que la crise de 29 a déjà ébranlé le système bancaire suisse. L’article 47 de la loi sur le secret bancaire va y remédier en sanctuarisant la pratique. Il place celle-ci désormais sous la protection du droit pénal et dispose qu’« un employé d’une banque suisse livrant des informations sur l’identité de ses clients, nationaux ou étrangers, commet un acte criminel ». La pression exercée sur les banquiers suisses, qui furent condamnés à deux mois de détention par la police française, avait fait craindre le pire. Voilà donc comment le zèle d’une France qui voyait d’un très mauvais œil tout cet argent lui filer sous le nez verrouilla les coffres de son voisin.

    Le vent du boulet était passé et, après-guerre, la légende put se mettre en place. Dans un article de la revue Genèses de 1999, l’universitaire suisse Sebastien Guex rappelait que Berne commença à brandir l’argument des comptes juifs pour origine du secret bancaire dans les années 60 : le Congrès américain, qui s’était lancé dans la lutte contre les avoirs de la mafia, menaçait alors de le remettre en cause. Il fut ensuite avancé pour expliquer l’impossibilité à restituer leur argent aux survivants de la Shoah ou à leurs héritiers. Avant qu’en 1998 les États-Unis, concernés au premier chef, ne tapent un gros coup de règle sur les doigts de ce fameux secret, qui avait bon dos.

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  80. Des enfants esclaves cultivent le cannabis anglais
    paradisfj.info/Des-enfants-esclaves-cultivent-le-cannabis-anglais.html
    Des enfants esclaves cultivent le cannabis anglais

    De notre correspondant à Londres RÉMI GODEAU.

    Publié le 28 septembre 2007

    Actualisé le 28 septembre 2007 : 11h10

    Des centaines de jeunes clandestins sont exploités par des gangs asiatiques en plein cœur de quartiers paisibles.

    TUAN NGUYEN est un esclave porté disparu. Et son histoire se passe en 2007, dans une Grande-Bretagne grande consommatrice de haschisch. En août, la police perquisitionne une maison d’un quartier tranquille de Salford, dans le grand Manchester, et découvre ce jeune Asiatique, seul au milieu de centaines de pieds de cannabis. Il ne parle pas anglais, mais les enquêteurs devinent qu’orphelin, de 12 ans environ, il a été kidnappé au Vietnam, introduit en Angleterre clandestinement, vendu, puis asservi. Sa tâche : arroser et traiter les précieux plants. Placé dans un centre social après son arrestation, Tuan Nguyen s’est volatilisé mi-septembre, a priori enlevé par le gang qui l’exploitait.

    Ces nouveaux forçats qui pourraient sortir d’un livre de Charles Dickens seraient des centaines, selon The Independent. Les cas répertoriés d’adolescents d’Asie du Sud-Est tombés en esclavage ont quintuplé en un an, confirme Christine Beddoe, directrice d’un organisme de lutte contre l’exploitation des enfants (ECPAT) : « Ces petits soldats d’organisations criminelles sont parfois condamnés et emprisonnés pour trafic de drogue alors qu’ils sont victimes du travail forcé. » Les séquestrés seraient souvent victimes de la « servitude pour dettes » : ils travaillent sans salaire pour rembourser un emprunt – une pratique assimilée à de l’esclavage par les Nations unies.

    Manchester, Cardiff, Birmingham, Gillingham, Buxton… en moyenne, la police démantèle trois « usines à cannabis » par jour. À Londres, 1 500 sites ont été fermés en deux ans. Les images des raids sont toujours les mêmes : des fenêtres occultées, des centaines de plants entreposés dans les chambres et le salon, des ampoules chauffantes pour faciliter la croissance, une ventilation de fortune, une baignoire remplie d’engrais… « Scotland Yard a découvert des enfants vivant au milieu d’installations électriques instables dans des placards ou des greniers, pour maximiser la place dédiée aux plants », note l’organisation Drugscope.

    En juin, le ministère de l’Intérieur s’est inquiété de ce trafic en pleine expansion dont on sait encore peu de chose. Partis du nord du Vietnam, les futurs serfs traverseraient la frontière chinoise, puis gagneraient Pékin où ils seraient acheminés jusqu’aux portes de l’Europe via le Transsibérien.

    Vendus aux enchères

    Achetés 15 ou 20 euros, ils seraient vendus, parfois aux enchères, pour plusieurs milliers d’euros. Membre de l’organisme Stop the Traffic, Peter Stanley évoque un commerce à la demande : « En Asie du Sud-Est, les villages sont ciblés. Les criminels savent que le Vietnam est spécialisé dans la main-d’œuvre pour usines à cannabis. »

    Pour la police britannique, l’explosion de la production de chanvre a suivi le déclassement du stupéfiant, en 2004. Production, possession ou vente restent illégales, mais les peines encourues sont désormais moindres. Résultat, le cannabis « est devenu la cash machine du crime organisé », selon un commissaire. Lorsqu’elles sont équipées en matériels hydroponiques, les « fermes » de trois chambres procurent un profit annuel de 450 000 euros. Les gangs vietnamiens ont été les premiers à s’engouffrer dans la brèche. Une vraie offensive ! Le directeur de l’Agence écossaise contre le crime et la drogue a récemment déclaré avoir « fermé 60 usines à cannabis en 2006 alors qu’il n’y avait pas de production de masse en Écosse en 2005 ». Selon les experts, 11 % du haschisch fumé en Grande-Bretagne était cultivé sur place voilà dix ans. Aujourd’hui, la proportion est passée à 60 %. Grâce aux enfants esclaves.

    © Le Figaro

    Publié avec l’aimable autorisation du journal Le Figaro.

    Visitez le site du journal Le Figaro.

    Source url de l’article.

  81. Suivi du procès des policiers qui ont assassiné MIKE – Renens, 12-14 juin 2023
    renverse.co/infos-locales/article/suivi-du-proces-des-policiers-qui-ont-assassine-mike-renens-12-14-juin-2023-4064
    Renversé

    Antiracisme – Luttes décoloniales #Violences policières #MIKE #Justice pour Mike
    Ces comptes rendus sont des retranscriptions partielles de ce qui s’est passé lors de l’audience, nourris par les discussions en groupe durant les restitutions publiques du procès, le soir.

    Lausanne | 25 juin
    Mise à jour
    Acquittement des 6 agents
    16h30, après une lecture de verdict interminable tous les flics sont acquittés. Plus d’infos à venir, restez attentivexs.

    Mise à jour : jeudi dernier à 16h38
    Acquittement des 6 agents qui ont tué Mike
    16h30, après une lecture de verdict interminable tous les flics sont acquittés. Plus d’infos à venir, restez attentivexs pour la suite.

    Mise à jour : jeudi dernier à 16h36
    VERDICT AUJOURD’HUI 22 JUIN 14H30
    Aujourd’hui, à 14h30, les juges rendront leur verdict dans le cas des 6 policiers accusés de la mort de Mike Ben Peter. Reste-t-il l’espoir qu’un verdict digne et juste soit rendu?

    Rassemblons nous touxtes :
    ⚪️ jeudi 22 juin 2023
    ⚪️ RDV à 14h00
    ⚪️ Tribunal de Longemalle, Renens
    ⚪️ Habillez vous en blanc pour honorer en silence la mémoire de Mike

    #justiceformike #justiceformikebenpeter

    Mise à jour : jeudi dernier à 07h40
    DERNIER JOUR DU PROCES LUNDI 19 JUIN
    Découvrez en fin de journée le compte rendu habituel sur cet article.
    Verdict attendu ce jeudi 22 juin 2023.

    Mise à jour : 18 juin 2023 à 23h12

    Sommaire
    Restitution du quatrième jour, lundi 19 juin
    1 Le réquisitoire du Ministère Public
    2 La plaidoirie de Simon Ntah
    3 Stratégies de la défense
    4 Le procès de la police

    Le procureur a prononcé une volonté d’acquittement lundi, ce qui ne constitue pas le verdict final que le juge annoncera aujourd’hui à 14h30 à Renens.

    Lundi, on a écouté en premier la plaidoirie du ministère public puis celle de la partie plaignante, Me Ntah, puis des 6 avocat.es de la défense.
    Le ministère public représente l’état dans le tribunal. Il est composé de procureurs dont la mission est d’investiguer les faits. En fait, c’est les policiers qui bossent pour lui qui font l’enquête. C’est lui qui décide des chefs d’inculpations sur lesquels les juges vont devoir statuer.

    Le réquisitoire du Ministère Public
    Abandon des charges
    Le procureur plaide en premier et annonce que les règles de prudence et de professionalisme ont été globalement respectées selon lui :
    1) les flics ont respecté le manuel de l’institut suisse de police qui fait référence en la matière
    2) rien ne permettait de réaliser que Mike agonisait, ses cris n’étant pas interprétables comme des cris de douleur
    3) L’obésité de Mike n’était pas décernable dans le feu de l’action, d’autant qu’il portait une grosse veste.

    Bon prince, Le procureur reconnaît toutefois un manquement aux règles de prudence :
    Selon la timeline de l’intervention telle que le procureur la lit, Mike a été maintenu trois minutes au sol, alors qu’il y a un risque de décès à partir d’une à deux minutes. Il constate donc un manque d’analyse de la situation de la part des agents qui ont attendu que Mike tombe en arrêt cardiaque pour le changer de position.
    Passionné par les hypothèses, le procureur énonce que le décès aurait pu intervenir même si les flics n’avaient pas agi de cette façon, du moins l’inverse est impossible à prouver. Il rappelle que, selon l’expertise médico-légale, le décès est d’origine multi-factorielle. On appréciera la rhétorique : “Le lien de causalité naturelle entre l’intervention et la mort est impossible à établir. Il n’est pas impossible que Mike soit mort même sans l’intervention”. Aussi le Procureur décide d’abandonner les charges et de recommender aux juges l’acquittement des 6 policiers.

    Instruction des flics
    La question de la formation laisse perplexe. Le procureur a en effet évoqué l’audition d’un instructeur, ayant enseigné plusieurs années à Savatan. Ce dernier lui permet de construire une réflexion autour de “l’art du métier”. Cet instructeur aurait alors beaucoup insisté sur la différence entre l’enseignement théorique et “les règles de l’art”, à savoir ce qu’il se passe vraiment sur le terrain. Mais qu’est ce que cela nous apprend in fine sur la formation policière? Que l’enseignement, n’est pas basé sur les manuels et que personne ne peut vérifier objectivement son contenu sans avoir été physiquement à Savatan. Les profs semblent avoir la liberté de dire n’importe quoi sans que la société civile ne puisse aller vérifier si “la doctrine policière” a été respectée. Ce point soulève encore une fois l’absence criante de toute instance de contrôle externe du travail de la police : une des revendications du collectif Kiboko depuis des années.

    Les cris
    Le Procureur joue sur les mots pour essayer de faire croire que les cris ne pouvaient être interprétés clairement. La ligne de défense est toujours la même : faire passer Mike pour un homme violent, quitte à soutenir plusieurs versions contradictoires et des hypothèses absurdes, pour justifier désespérément que leurs actes étaient proportionnels.

    Responsabilité du premier intervenant
    Dans une totale dilution des responsabilités, le procureur dédouane le premier intervenant, chef d’intervention, et premier flic à avoir usé de la force de manière disproportionnée.
    Il défend que le surpoids de Mike, qui aurait du pousser le policier à faire preuve de précautions, n’était pas visible. “sur la photo vous pouvez constater que nulle part on voit la silhouette d’Alfred Hitchcock comme on la représente au cinema”.
    Le procureur ose finalement douter de la véracité des coups de genoux portés à Mike, en citant l’absence de certitude quant à la cause des lésion aux parties génitales. Pourtant, le policier en question confesse lui même avoir donné trois coups dans les parties génitales de Mike.

    La partialité du procureur
    L’acte d’accusation est particulièrement court : il fait en tout et pour tout 6 pages dont 2 d’annexes. D’habitude ce document doit décrire précisément de quoi sont accusés les prévenus qui en plus sont au nombre de 6. Les faits doivent être décrits minutieusement. La responsabilité de chaque prévenu doit être spécifiée pour chaque acte. Le procureur est censé attaquer ces prévenus qu’il accuse d’homicide par négligence et pour cela il a donc besoin de précision. Ici rien de tout cela. On ne sait pas quels coups ont été donnés, quelles sont les lésions, ni quelle responsabilité relative à ces coups chaque flic endosse.
    Comme durant les trois jours précédents, le procureur n’a instruit qu’à décharge et s’est complétement aligné sur la version de la défense. Il déclare en toute franchise qu’il n’avait aucun élément lui permettant de contredire la version des policiers. Il décide ainsi de fermer sciemment les yeux sur les incohérences entre les témoignages, sur la multiplication des déclarations clairement mensongères et sur l’évidente collusion entre les policiers qui ont eu 4 heures pour se coordonner avant leur première déposition. Le procureur balaie du même coup les multiples témoignages crédibles des témoins oculaires, ce qui est peu surprenant considérant qu’il n’a rien fait pour récolter ces récits, notamment en organisant une enquête de voisinage.

    La police tue, le procureur acquitte.
    Habituellement, un procureur abandonne ses accusations dans des cas très particuliers et en raison de changements drastiques des faits, si par exemple il reçoit une nouvelle preuve. Dans ce procès, il n’y a pas eu de tel changement. Toutes les analyses et études prises en compte dans le dossier étaient déjà en sa possession.
    Il est évident que le procureur Laurent Maye n’a jamais souhaité mener la condamnation des policiers, au même titre que son prédécesseur. Me Ntah l’a lui-même signifié à la Cours : “quand le Ministère public se permet de me dire que cette affaire ne sera jamais plaidée, cela montre qu’il y a eu conclusion hâtive”. Mais alors pourquoi lancer une accusation pour ensuite l’abandonner? Pour quelles raisons n’a-t-il pas classé directement l’affaire il y a 5 ans?

    “Justice delayed is justice denied”….
    On peut d’abord s’imaginer que le ministère publique nourrissait un espoir que l’affaire se tasse, et la lenteur injustifiée de l’enquête corrobore cette hypothèse. Le procureur a en effet joué les prolongations sans raison valable : il n’ a pas mené d’instruction en plus depuis 3 ans, n’a pas ré-auditionné les prévenus ou enquêter d’avantage.

    La stratégie politique du Ministère Publique
    Ensuite, le Ministère Publique a très certainement craint la réaction du Tribunal Fédéral. Ce dernier n’aurait sans doute pas approuvé un non-lieu dans une telle affaire. On se rappelle de l’affaire Skander Vogt, que le personnel de la prison de Bochuz avait laissé agoniser dans sa cellule en 2010. En réponse à la plainte déposée par la famille de la victime, le procureur avait décidé d’ordonner un non-lieu (qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre en justice les prévenus). Mais Le Tribunal Fédéral avait désapprouvé la justice vaudoise, ce non-lieu s’appuyant sur la présomption d’innocence.
    Dans l’affaire de Mike, Laurent Maye a anticipé la réaction du TF. Ce dernier lui aurait en effet très certainement ordonné de faire un procès. Conséquences : vives critiques à l’encontre de son Ministère, que l’on aurait accusé de vouloir étouffer l’affaire. Le procureur a donc souhaité éviter des remous médiatiques et semé le doute sur ses intentions.

    La plaidoirie de Simon Ntah
    Vision d’ensemble

    Ntah ouvre sa plaidoirie en posant une question très simple : quelqu’un qui n’est pas violent peut-il légitimement être tué par la police?

    Il explique qu’il faut juger l’intervention comme un tout, un cumul de gestes d’une violence démesurée et totalement disproportionnée. Une fois saisie dans son ensemble, on peut bel et bien voir dans l’intervention un meurtre par dol éventuel.
    La défense a tout intérêt à essayé de découper l’intervention en une suite d’actions isolées : porter un coup, maintenir une épaule, plier une jambe, etc. La stratégie a plusieurs intérêts : d’abord, aucune de ces actions n’est létale en elle-même, ensuite toutes sont légitimement décrites dans les manuels si on les prend isolément et, enfin, cela permet de diluer la responsabilité du meurtre entre les flics, sur le mode : est-ce que le fait de tenir une jambe a jamais tué quelqu’un? Enfin en jugeant six individus séparément et non une patrouille de police, il est plus facile d’affirmer l’absence d’un racisme systémique dans la police.

    Les coups de genoux, une intervention qui part mal
    D’abord, la décision d’intervenir par un premier flic est le fruit d’une envie d’action, en dehors de tout ordres directs de sa hiérarchie.

    Dès les premiers jours de procès, sa défense portait sur sa chétivité par rapport à Mike. Dès lors, pourquoi ne pas avoir pris le temps d’appeler ses collègues avant d’intervenir? Il a immédiatement eu recours à des méthodes violentes pour sois-disant compenser cette “différence de masse”.
    Selon Me Ntah, les moyens déployés par ce premier flic, qui assène des coups de genoux, puis utilise un spray au poivre, relèvent déjà d’un usage disproportionné de la violence. Au début de l’enquête, et même durant les premiers jours de procès, ce flic a déclaré qu’il y avait eu “de multiples coups” puis ces multiples coups sont devenus “2 frappes contrôlées”. Alors que lors de la première audition il disait que ces coups “avaient plié la victime en deux”. Bizarrement, après 5 ans de procédure, ces mêmes coups “n’avaient eu aucun effet”.

    Rien ici ne justifie l’usage de pareils méthodes, surtout pas un sachet contenant 9g de marijuana. Le manuel de police dit clairement que les coups de genoux sont interdits dans le cadre d’une interpellation comme celle-ci.

    Le spray au poivre perd son effet en 5 ans
    S’agissant toujours de ce même premier flic, celui-ci avait déclaré en 2018, le soir des faits, avoir “sprayé au torse puis remonté jusqu’au sommet du visage” et que cela avait eu “un effet rapide”, car Mike “avait mis ses mains sur son visage”. Cinq ans plus tard, il déclare devant le tribunal que “puisque Mike avait des lunettes et qu’il s’agissait d’un tir dirigé vers les yeux, il est probable que ce spray n’ait pas eu le moindre effet”. Ces sprays, selon le manuel, ont un effet sur la respiration et provoquent des douleurs s’ils sont dirigés vers les voies respiratoires. “Or, demande Me Ntah, que se trouve-t-il entre la cage thoracique et le sommet du visage?” Cependant, d’après la défense, puisque ces sprays n’empêchent pas la respiration, ils ne peuvent pas être considérés comme ayant joués un rôle dans l’arrêt respiratoire : on retrouve encore la dilution des responsabilités.

    Plaquage et clés de jambe, en 5 ans les jambes s’abaissent
    Après avoir subit de multiples coups violents et avoir été sprayé, Mike se retrouve au sol assis, maintenu par ce premier flic. Là encore sa prise au cou décrite la nuit du meurtre devient, 5 ans plus tard, une prise à l’épaule. Les deux agents qui interviennent ensuite basculent Mike sur le ventre, ce qui a pour effet de bloquer le bras gauche du premier policier sous Mike. Il se retrouve donc étendu de tout son poids sur le dos de Mike, comme l’atteste les images de la reconstitution qui restent contestées par la défense. Celle-ci essaie de prouver au travers du récit des autres flics (qui retrouvent brièvement tout leur sens et leur mémoire) qu’aucun agent, à aucun moment ne se trouvaient sur le dos de Mike, mais étaient répartis autours de lui. Quelle que soit la version retenue par les juges, il n’en est pas moins que Mike était maintenu au sol. Deux agents ont déclarés avoir appuyé de tout leur poids sur les omoplates ou encore le triceps de Mike. Me Ntah demande à ce sujet : est ce que les omoplates ne se trouvent pas habituellement dans le dos?

    Un autre flic arrivera et maintiendra le visage de Mike plaqué au sol. Deux autres tentent de lui bloquer les jambes. Un dernier viendra sécuriser le périmètre.
    Notons d’ailleurs que les versions des prévenus sont contradictoires sur la clé de jambe, et que celle-ci n’était de toutes façons pas nécessaire, vu que quatre flics maintenaient déjà Mike au sol.

    Chacune de ces actions est “cohérente avec le manuel”, mais “sous certaines conditions”, notamment que la victime ne soit pas en train, ou, n’ait pas déjà subi diverses lésions, comme du spray ou des coups. Ces diverses opérations, et surtout leurs risques, sont analysés séparément dans le manuel. Ntah rappelle que c’est justement leur accumulation qui a provoqué un stress et une souffrance qui seront la cause du décès. Par ailleurs, on se demande comment dans une telle mêlée humaines leurs gestes aient pu si parfaitement correspondre aux gestes décrits dans un manuel que les 6 accusés déclarent ne jamais avoir tenu entre les mains.

    Le plaquage ventral, encore des paradoxes et hypocrisies
    Alors qu’il a été martelé par la défense que l’usage du plaquage ventral et une technique banale, sans risque majeur, enseignée et donc autorisée, le pain quotidien du parfait agent, toutes leur argumentaire était destiné à prouver qu’ils n’ont pas eu recours à ce dernier. Ainsi, personne n’a relevé les jambes de Mike, personne n’a appuyé sur le torse, personne n’a exercé de poids sur le dos.
    Étrangement, aucun des agents, à en croire leur déposition, n’a jamais pris la peine de noter ce que faisaient ses collègues alors qu’ils se trouvaient à quelques centimètres les uns des autres (leur mémoire est très sélective). Leurs avocat.e.s ont rappelé à de nombreuses reprises à quel point il était répété dans leurs fameux manuels qu’ils devaient se “monitorer” mutuellement, mais apparemment seulement quand ça les arrange.
    La ligne de défense des policiers insiste beaucoup sur le fait qu’ils n’ont pas violé de principe de prudence. Cependant Ntah souligne à de nombreuses reprises que premier agent n’a pas jugé bon d’informer les autres, qui arrivaient au compte-goutte, des différentes violences perpétrées. Sa responsabilité individuelle est donc supérieure à celle de ces collègues.

    Timeline
    Un autre débat autour du plaquage ventral réside dans la durée de celui-ci. Le procureur estime celle-ci à 2min58s. Feignant la bonne foi, il admet que cette durée était de loin trop longue. C’est le même chrono que la défense utilisera, tout en essayant d’en déduire les secondes de mise sur le flanc, de tentative de vérifier si Mike respire. Des secondes… Mais seul Me Ntah évoque les 3 minutes qui précèdent l’appel radio qui annonce le menottage, le top départ de ce chrono qui s’étendra jusqu’à l’appel qui annonce l’arrêt cardiaque. Durant ces trois minutes justement, un flic est couché sur le dos de Mike, qui subit une clé de jambes, des coups dans les côtes et des pression au niveau du haut du corps alors qu’il est plaqué au sol, sur le ventre.

    Causalité
    Cette partie est soudain apparue comme cruciale étant donné que c’est là dessus que le procureur s’appuie pour abandonner les charges. C’est l’aspect scientifique, les conclusions des expert.e.s amenées par les deux analyses médicales sur les causes de décès qui sont invoquées. La question est formulée différemment par les parties : le procureur et la défense demandent si la position ventrale a causé la mort de Mike, Me Ntah relève que Mike n’a pas uniquement été plaqué au sol. Dans les facteurs qui ont causé la mort il y a aussi le cumul des coups dans les côtes, les coups dans les parties génitales, les clés de bras et de jambes, le poids exercé sur le corps, et l’usage du spray qui ont crée un stress tel qu’il a entraîné la mort. Ceci répond à la question de la causalité.
    A ce titre on voit que la défense admet ou refute les diverses études selon ce qui l’arrange. Alors que la mort est souvent posée comme due au syndrome “excited delirium” qui a pourtant était écarté dès les premiers jours. Dans les deux analyses médicales effectuées, la conclusion est l’absence d’argument scientifique prouvant un lien direct entre la mort et le plaquage ventral. La nouvelle étude que Me Ntah a tenté d’ajouter au dossier par contre pourrait montrer ce lien, d’où l’acharnement de la défense à la décrédibiliser.
    Ensuite, de dire que le caractère multifactoriel de la mort se compose aussi des cause intrinsèques soit la santé de la victime insinue comme on va le voir que Mike serait responsable de sa propre mort étant donné ses problèmes de santé.

    Racisme systémique dans la police
    Sous les mimiques agacées du président, Maître Ntah rappelle que la justice n’est “pas une bulle”. Il explique le racisme systémique dans la police, rappelle les morts aux USA et en Suisse. Ces dernières années dans les médias, on a pu entendre deux témoignages de policiers lausannois qui n’en pouvaient plus du racisme dans la police, et l’un d’eux a même quitté la profession pour ces raisons.
    Enfin, Ntah utilise un très récent rapport sur la police de Minneapolis aux États-Unis qui conclu à un racisme systémique au sein de la police. Ce dernier se manifeste de deux façons : par le profilage racial et par l’usage disproportionné de la force. Me Ntah relève que la photo parue dans le cadre de l’émission Mise au Point sur laquelle un policier lève le pouce à côté d’un tag “RIP Mike” démontre la dimension systémique du problème au sein de la police vaudoise.

    Conclusions
    Alors que tous les témoins reconnaissent des cris de douleur, de souffrance, et d’agonie, les flics prétendent n’avoir entendu que des cris pour attirer l’attention, des cris de lutte, voir juste des sons. On ne peut décemment imaginer que cette souffrance n’aie pas été comprise et c’est là, dans cet inhumanité de ne pas avoir adapté leur comportement aux cris d’agonie de Mike, que réside la plus grande faute de ces brutes.
    Dans sa dernière prise de parole, Me Ntah fait remarquer que cette déresponsabilisation est systématique, non seulement au sein de ce procès mais aussi dans bien d’autres plaidoiries de défenses de policiers auteurs de violences racistes. L’épisode que nous vivons est récurrent, vu et revu, partie prenante du cycle infernal d’un racisme systémique et institutionnel auquel il demande au président de mettre fin – ou au moins de ne pas y participer – en disant que cette fois on ne laissera pas faire, on ne laissera pas ce crime impuni.
    Jamais un individu qui tente de prendre la fuite lors d’une arrestation ne mérite de se faire abattre.
    Au même titre que les fragilités de santé d’un homme ne constitueront jamais un argument valable pour acquitter ceux qui ont mis fin à ses jours.

    Stratégies de la défense
    Vocabulaire scientifique et médical, la faute à la santé de la victime
    La défense s’appuie sur la médicalisation de la violence en arguant que la mort est due au syndrome d’Excited Delirium. Ils tentent ainsi de mettre hors de cause l’immobilisation et l’asphyxie. Mais les résultats médicaux sont clairs : il n’y a pas de décompensation, pas d’agitation et pas de consommation de cocaïne. Quand bien même Mike avait présenté l’un de ces symptômes, l’argument selon lequel une intervention policière comporterait toujours un risque de décès est indéfendable : il s’agit en réalité de statuer sur la responsabilité des policiers. Les caractéristiques médicales de la victime ne peuvent avoir aucun poids proportionnellement à la violence des accusés.
    Ainsi, puisque Mike a été tué alors qu’il ne représentait aucun danger, la défense s’acharne à trouver des raisons intrinsèques à la victime. Rappelons ici que lors de plusieurs cas notoires de violences policières, les victimes ont été tuées alors qu’elles étaient menottées ou immobilisées. La police et la justice essayent régulièrement de se disculper en prouvant que victime souffrait d’une maladie expliquant le décès. En suggérant que Mike avait une “particularité” au cœur, l’avocate Pelet incarne une fois encore cette tendance
    Finalement, toujours selon Me Pelet, si Mike n’avait pas été mis en position ventrale, il aurait du recevoir une frappe de taser, technique qui a sois-disant remplacé la position du plaquage ventrale dans certains pays. L’avocate nous amène en réalité au sommet du paradoxe : comme le taser est dangereux pour les personnes ayant des problème de cœur, cette plaidoirie reconnaît de fait la causalité entre l’intervention et la mort de Mike. À travers ce qui ressemble à une opération politique, tous les moyens sont bons pour armer la police sans remettre en question la pratique du plaquage ventral. Mais dans son abîme, Pelet fini par nous montré où elle veut en venir : “les policiers ont évité de recourir a des moyen plus importants que leur mains nue”. Probablement sans s’en rendre compte, l’avocate se fait engloutir par l’absurdité du recours à cette phrase.

    Criminalisation post-mortem
    La plaidoirie de Me Favre, l’avocat d’un policier, commence part “il faut se rappeler qui était Mike”. La défense a beaucoup moins hésité ce lundi à salir le nom de la victime. Soit-disant parce que Bridget n’était pas présente aux plaidoiries. Mais en réalité, l’étau se resserre, et la défense a de moins en moins d’arguments à poser sur la table pour déjouer une réalité qui dérange.
    L’un des avocats a donc tenté de retourner le tribunal en construisant le procès post-mortem de la victime. Tactique classique dans les affaires de violences policières : Lamin Fatty était un homme illégal en Suisse et Hervé Mandundu aurait tenté d’attaquer la police. Par dessus le marché, ils n’hésitent pas à remettre en question le rapport d’autopsie et les analyses sanguines qui indiquaient clairement l’absence de substance dans le sang au moment de sa mort. Mais la défense tient absolument à cette théorie ahurissante selon laquelle la cocaïne aurait “disparu de son corps après les tentatives de réanimation au CHUV”. Sur absolument aucune base, ils affirment même que Mike d’être un consommateur régulier, ce qui aurait augmenter les risques d’accident cardiovasculaire et donc été un facteur important dans sa mort. Mais qui juge-t-on ici? Me Favre a même demandé aux juges de se mettre à la place des prévenus, notamment du premier policier, “seul, dans la nuit, avec une visibilité limitée, pour se rendre compte de la difficulté de l’intervention.”

    La patate chaude
    L’avocat de la famille l’a bien expliqué. Personne ici ne veut prendre la responsabilité de ce qu’il s’est passé. Le procureur, qui représente le Ministère Public, a énoncé plusieurs fois au Président : “si vous estimez que l’acte d’accusation n’était pas bien fait, si j’ai mal fait mon travail, c’était à vous de faire l’accusation. vous aviez tout le loisir de rajouter homicide par négligence”. Puis, le président dit que c’est en réalité la responsabilité des expert.e.s, qu’il faut se remettre au rapport d’autopsie pour pouvoir définir le chef d’accusation. Enfin les expert.e.s, elleux, se remettent à la littérature scientifique qui n’est pas développée à ce sujet là : quel intérêt pour la haute médecine de remettre en cause les tactiques policières, de faire des recherches à ce sujet là? Les expert.e.s disent que c’est finalement au juge de trancher. Personne n’ose incriminer la police.

    Le procès de la police
    L’appel facebook à mobilisation en faveur de la police aura été un énorme flop. Mais quelle importance, puisque selon la défense et le procureur, ce procès “ne doit pas être celui de la police dans son ensemble, ni celui du racisme systémique, ni le procès des opérations antidrogue ou de la formation!”.
    Personne n’y croit. Surtout pas l’État-major, présent depuis le début pour (sur)veiller au bon déroulé du jugement. Entretenant une complicité évidente avec la défense, les commandants se faufilent dans la salle au même moment que les journalistes, pourtant appelés à entrer avant le public (les familles et soutiens). As-t-on déjà vu, dans le cadre d’un jugement pour homicide, les patrons des accusés prétendre à un statut particulier?
    De manière peu convaincante, la défense s’est tout-de-même épuisée à chercher de quoi légitimer la police dans son travail en mobilisant des éléments plus ou moins palpables. Mais c’était avant que l’avocat Jean-Emmanuel Rossel plonge la tête la première en lançant triomphalement : “je suis un soutien indéfectible de la police (…) ces 6 jeunes sont des héros à qui on ne peut rien reprocher, vive la police! “. Lorsque l’on découvre que ce même avocat a volé au secours d’un gendarme accusé de chantage sexuel, il n’y a plus rien d’étonnant.
    “Nous ne sommes pas aux États-Unis! “celle-là aussi, on l’aura entendue chez la défense.
    Mais la cascade finale de Rossel citant Martin Luther King vaut autant de badges suprémacistes et de photos compromettantes : ” I have a dream que les policiers soient respectés, I have a dream qu’il n’y aie plus de deal à Lausanne, I have a dream que ces policiers soient acquittés, I have a dream qu’il n’y ait plus d’arrêt cardiaque inexpliqué”.
    Laissons simplement Martin Luther King lui rétorquer que «les tourbillons de la révolte continueront à ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice se lève à l’horizon.»

    Restitution du mercredi 14 juin
    1 ATMOSPHERE DE LA JOURNEE
    2 LA VERSION DES POLICIERS
    3 FAUTE A LA FORMATION
    4 THIN BLUE LINE SWITZERLAND S’INVITE AU PROCES
    5 DES REQUISITIONS A NOUVEAU REFUSEES, FLEMME ET COMPLAISANCE

    1 ATMOSPHERE DE LA JOURNEE
    Au départ, la journée d’hier – mercredi 14 juin – était prévue comme la dernière du procès, journée durant laquelle on aurait dû entendre le requisitoire du Ministère Public et les plaidoiries de la partie plaignante et de la défense. Cette dernière phase avant verdict est repoussée à lundi prochain (19 juin) à 08h30 au Tribunal de Montbenon et sera elle aussi publique.

    Hier, nous avons réentendu les prévenus les uns après les autres. Il semblait manifeste qu’ils adaptaient leur version à ce qui était dit précédemment par leurs collègues. Ils étaient donc dans une zone de confort atteignant un des moments culminants de la théâtralité du procès : s’il est difficile d’imaginer dans quel domaine ces policiers peuvent bien exceller, ce n’est en tout cas pas dans le jeu d’acteur. Après que leur version des faits ait été sérieusement mise à mal par Me Ntah le premier jour, les prévenus recrachent ce qu’ils ont préparé et répété avec leur avocat.e.s pour servir une stratégie commune visant à se couvrir tout en évitant de pointer un responsable. Le récital a commencé par d’indécentes déclarations faussement adressées à la famille de Mike (mais au Président) de condoléances et d’empathies. S’ils ont poussé l’irrespect jusque-là, c’est surtout leur manière de dire qu’ils ont fait tout juste. Que la vérité soit donnée à la famille de Mike.

    Une ambiance pesante plane devant ce mensonge mis en scène dans la salle d’audience. Une tension se fait sentir au fur et à mesure de la journée avec en trame de fond la révélation – sortie pendant la nuit – de la photo d’un flic arborant la veille le signe de “Thin Blue Line” à l’entrée de la salle d’audience.

    Le récital a commencé par d’indécentes déclarations faussement adressées à la famille de Mike (mais au Président) de condoléances et d’empathies. S’ils ont poussé l’irrespect jusque-là, c’est surtout leur manière de dire qu’ils ont fait tout juste. Que la vérité soit donnée à la famille de Mike.

    2 LA VERSION DES POLICIERS
    Les questions posées par les avocat.e.s des policiers et les réponses de ces derniers contiennent énormément d’éléments similaires, démontrant ainsi une défense commune et hermétique : on se protège soit même tout en protégeant les autres. A l’issue de ces audiences, la stratégie est évidente; les avocat.e.s de la défense (police) verrouillent toute possibilité d’accusation d’intentionnalité et les mêmes thèmes réapparaissent systématiquement. C’est entre autre la perception de Mike par les prévenus qui revient à travers les questions adressée aux policiers

    Figure raciste de l’homme noir, surpuissant et dangereux
    En effet, Mike est décrit tour à tour comme surpuissant, les prévenus n’ayant prétendument jamais connu une personne dotée d’autant de force et faisant preuve d’une telle opposition. La mise en scène raciste de la puissance et de la dangerosité des corps noir est omniprésente pour justifier la violence qui est faite à Mike.
    Cette soi-disant «force d’opposition» incroyable vise à légitimer la violence et les moyens de contraintes utilisés. Pourtant, le lexique mobilisé trahit que Mike n’a montré aucune résistance active : les policiers évoquent sa «virulence» et le fait qu’il «gesticulait», termes flous qui illustrent l’absence d’éléments concrets prouvant que Mike a montré une opposition active. Chaque policier a d’ailleurs dû confirmer que Mike n’a porté aucun coup, qu’il ne les a pas poussés et ne s’est pas défendu.

    une violence instantanément gratuite et totalement disproportionnée

    Usant de termes spécifiques, ils se justifient en s’appuyant sur leur formation, parlent de «frappes contrôlées dans les parties génitales», de «transition» lorsqu’il s’agit de passer à une autre mesure, à savoir l’usage de spray au poivre et encore de «gradation des moyens mis en œuvre». Avec ce jargon, ils veulent camoufler la disproportion meurtrière de leur intervention.
    Cette version est minable. Il n’y a pas eu de gradation : le premier policier qui a interpellé Mike met en avant qu’il lui a d’abord «parlé en anglais» en présentant cela comme une stratégie de désescalade. Mais sa première action a été de frapper Mike dans les parties génitales à trois reprises puis de le sprayer au visage, ce qui atteste encore une fois d’une violence instantanément gratuite et totalement disproportionnée. D’une violence raciste.

    Cris d’agonie ou d’opposition?
    Il est systématiquement demandé aux policiers s’ils ont entendus des cris de la part de Mike et s’ils sont capables de faire la différence entre des cris de douleurs et des cris de résistance. Tous répondent en bloc qu’il ne s’agissait pas de cris de détresse mais de cris d’opposition. L’un des policiers insinue carrément que les cris de Mike avaient pour but d’alerter les autres “dealers” pour qu’ils puissent s’échapper, voire alerter le public pour qu’il s’interpose. Un autre argument est avancé : une personne qui crie de douleur ne résiste pas, car si elle veut ne plus souffrir, la personne arrête de résister. Or selon eux, Mike résistait de manière «virulente», donc il ne souffrait pas. On est sans voix…

    Obésité vs
    L’autopsie considère Mike comme souffrant d’obésité, mais les policiers, eux, le décrivent sans cesse comme étant “balèze”, “fort”, “costaud”, “massif”, “barraqué”, pour souligner ne pas avoir remarqué son surpoids. Ceci dans l’objectif de se disculper de l’obligation de prendre des précautions, car selon leur formation; le surpoids est un facteur augmentant les risques d’asphyxie lors des techniques de contraintes enseignées à la police et serait donc un facteur aggravant pénalement.

    Des flics en intervention mais aucun chef?
    Question planante durant tout le procès, quel policier était le responsable de cette intervention?
    Les jours précédents, on nous a tantôt dit que c’est le premier arrivant qui est responsable par défaut, tantôt dit qu’il n’y a pas de chef car un “leadership naturel émerge”. En ce troisième jour, on apprend par l’audition d’un policier qu’il y’a bel et bien un “chef de patrouille” et qu’il est désigné ici dans cette salle d’audience, sans forcément clarifier si son autorité s’étendait à tous les agents présents. A force de dilution de responsabilités, la police vaudoise fini par perdre toute crédibilité dans la description de ses modes opérationnels.

    On nous parle à nouveau de l’arrêt cardiaque de Mike qui aurait eu lieu sur place et qui cette fois aurait été annoncé à la radio. Ceci en contradiction totale avec le témoignage occulaire (jour 2) d’une personne assurant avoir vu Mike gisant au sol recouvert d’une couverture pendant que les urgentistes et policiers discutaient à distance.

    Encore une fois, les versions sont lacunaires, abstraites et contradictoires dans le but de jeter un flou générale et de diluer les responsabilité individuelle sans réellement permettre à une version des faits crédible d’émerger à l’issu de la phase d’instruction.

    3 FAUTE A LA FORMATION
    Unanimement, les prévenus affirment que s’ils devaient se retrouver dans la même situation, ils agiraient exactement de la même façon, qu’ils ne voient pas ce qu’ils ont fait de faux, et surtout, qu’ils n’ont pas changé leur pratique, revenant donc à dire qu’ils tueraient Mike à nouveau. (Autant rappeler ici que la plupart d’entre eux travaillent toujours “sur le terrain”). Cette déclaration révèle encore la mauvaise foi de deux des grands axes argumentatifs :

    La fameuse “exception qui confirme la règle”
    Ils disent avoir utilisé un grand nombre de fois la technique du plaquage ventral et qu’elle n’aurait apparement jamais posé problème. Le fait que déjà à une reprise dans leur carrière elle ait conduit à la mort ne constituerait pas un motif valable pour la remettre en question. L’un déclare carrément qu’il a très souvent recouru à ce genre de méthodes contraignantes et douloureuses (clé de bras et de jambes par exemple) sur des personnes oppositionnelles et que dans la majorité des cas, ces personnes finissent par revenir à de “bons sentiments”. Le sous-entendu abominable est donc que c’est parce que Mike a crié de douleur qu’ils l’ont maintenu ainsi écrasé au sol jusqu’à que son coeur s’arrête.

    La théorie et la pratique
    Comme déjà entendu, les agents répètent qu’ils n’ont fait que ce qu’on leur a appris. On entend qu’il manquerait de la documentation à leur formation, qu’il n’ont pas systématiquement accès aux manuels et que, de toute façon, il y a la théorie mais qu’en pratique c’est différent. Les agents continuent à se cacher derriere un validation de la hiérarchie dans le non-respect des procédures opérationnelles, y compris quand ils maintiennent une personne menottée, mais soi-disant oppositionelle, en position ventrale.
    Cette ligne de défense détourne l’attention sur le manque de compassion, voir le sadisme, des inculpés. Elle a toutefois le mérite de mettre en lumiere la responsabilité directe de le hierarchie policiere dans la mort de Mike.

    L’un déclare carrément qu’il a très souvent recouru à ce genre de méthodes contraignantes et douloureuses (clé de bras et de jambes par exemple) sur des personnes oppositionnelles et que dans la majorité des cas, ces personnes finissent par revenir à de “bons sentiments”.

    4 THIN BLUE LINE SWITZERLAND S’INVITE AU PROCES
    Thin Blue Line Switzerland s’est ’invité au procès suite à cet article paru dans le nuit du mardi au mercredi.
    En fin de matinée, l’avocat de la famille de Mike soumet une nouvelle pièce. Il s’agit d’une photo d’un policier assurant la “sécurité” à l’entrée de la salle d’audience arborant un insigne “Thin Blue Line Switzerland” Pour rappel, cet insigne corporatiste est un symbole de ralliementà l’impunité des forces policières. Cet insigne est de plus en plus souvent arboré par les milieux d’extrême droite et suprémacistes blancs.

    Durant la longue suspension d’audience qui a suivie, l’ambiance s’allourdit brusquement. Le procureur présente une mine grave et le commandant de police, présent dans l’audience, semble crispé.
    Pendant les huis-clos successifs, l’avocate d’un des prévenus a, à plusieurs reprises, montré du doigt les soutiens de la famille de Mike pour les désigner à l’état major de la police. Une hostilité grandissante s’est faite ressentir à l’égard de personnes du public qui se sont faites intimider, filmer/prendre en photo et dévisager par les agents de police de piquet devant le tribunal et la salle d’audience.
    Il aura fallu une heure au tribunal pour se rendre compte que ce même policier ayant arboré l’insigne “Thin blue line Switzerland” était d’ailleurs toujours en poste devant la porte de l’audience, mais sans le symbole en question.

    Cet insigne corporatiste est un mouvement de ralliement à l’impunité des forces policières. Il est de plus en plus souvent arboré par les millieux d’extrême droite et suprémacistes blancs.

    A l’avocat de la famille ayant demandé l’interdiction de la présence de cet insigne dans le cadre du procès, de retour dans la salle d’audience, le tribunal répond, après de longues négociations entre les parties, qu’il accède à cette demande tout en refusant de se prononcer sur cet insigne et en déclarant ne pas connaître ce symbole. L’information est transmise au dispositif de “sécurité” du procès. L’ensemble des parties signent alors cette déclaration.
    Par son refus de prendre ouvertement parti contre l’usage scandaleux de ce badge, le ministère public et les juges participent encore une fois à tolérer un climat raciste voire à l’encourager.

    Nous apprenons aujourd’hui, par voie de presse, que le commandement de la police vaudoise déclare “(…) ce symbole ne sera plus arboré par le personnel en uniforme”.

    Nous rappelons que cet insgine est révélateur d’un racisme systématique profondément ancré au sein des forces de polices vaudoises. Cela démontre également : une forte volonté d’intimidation des plaignant.e.s, une défense d’une impunité policière inébranlable.e ainsi qu’un soutien indéfectible aux meurtriers. Arborer ce symbole dans le cadre du meurtre de Mike Ben Peter est une violente insulte à sa mémoire, à sa famille et à tous ses soutiens.

    La couverture médiatique (24 heures) de cet “incident” met dos-à-dos nos revendications pour la justice et la vérité avec un militantisme policier. Nous rappelons que la “cause policière” n’existe pas. La police n’est jamais une victime.
    Dans un contexte de multiplication des meurtres de personnes noires par les forces de police vaudoises ces dernières années, aucun des policiers impliqués n’a été condamné.
    Nous nous battons contre toute idéologie raciste et violente au sein des forces de polices et contre sa légitimtation par les médias et l’état.

    La police n’est jamais une victime.

    Ces “dérives” ou “incidents” n’en sont pas, il s’agit d’une radicalisation des forces de polices acceptée et encouragée par l’état et la justice. Le corps de police devient de plus en plus un organe autonome au service de la défense des privilèges des domininants, du maintien des inégalités et de ses propres intérêts.

    5 DES REQUISITIONS A NOUVEAU REFUSEES, FLEMME ET COMPLAISANCE
    A l’issue de l’instruction et au regard de l’ensemble des incohérences et contradictions des témoignages des policiers, l’avocat de la famille de Mike réitère les réquisitions d’entrée de cause faites lundi au début du procès :
    – Ré-audition des témoins occulaires (pour mettre en relief les contradictions des témoignages des flics)
    – Ré-audition des experts des rapports d’autopsie (au regard de l’avancée de la littérature scientifique sur les enjeux et conséquences du plaquage ventral)
    – Versement des dossiers personnels des 6 agents (Dans une enquête pour homicide, il est usage d’examiner en détail les antécédents des prévenus, quels qu’ils soient. Fait marquant, les éléments “positifs” de leurs états de service ont pourtant été partiallement sélectionnés et versés au dossier par leurs avocat.e.s.)
    – Elargissement du spectre de l’acte d’accusation, en considérant “l’homicide par dol éventuel” (afin d’étudier l’ensemble des faits et surtout, le degré d’intentionnalité des flics. On rappelle ici que le “dol éventuel” consiste à dire que les flics savaient que leurs gestes pouvaient mener à la mort de Mike, et qu’ils en acceptaient l’issue fatale.)

    Toutes ces demandes sont une nouvelle fois refusées en bloc, à l’issu d’une suspension d’audience de 5 min, par le ministère public comme par les juges. Par flemme et par complaisance, le tribunal ne souhaite pas accéder à ces réquisitions.

    A l’issue de la phase d’instruction, notre sentiment dominant est celui d’un président usant de toutes les trucs et astuces aquis à l’issue d’une (trop?) longue carrière pour empêcher que la lumière soit réellement faite sur les circonstances objectives de la mort de Mike. Le procureur, pour sa part, a brillé par sa candide partialité en faveur des forces de police. Le manque de préparation des avocats des flics et l’absurdité des déclarations des policiers jette toutefois un discrédit durable sur la police lausannoise. Seuls éléments émergeant de ce marasme judiciaire, la pertinence de la stratégie de Me Ntah et les bouleversantes déclarations de la famille de Mike permettent un maigre espoir sur l’issue du procès.

    Nous sommes choqué.e.s du déroulement de ce procès et des propos tenus par les policiers. Politiquement, ceci démontre encore une fois le problème criant de l’impunité polcière et du racisme ambiant et manifeste dans les plus hautes sphères de l’Etat et de la justice.

    Nous ne lâcherons jamais et continuerons à nous battre.

    Le procès reprendra lundi 19 juin à 8h30 au Tribunal de Montbenon pour les plaidoieries des avocat.e.s et du ministère public. A l’heure actuelle, le verdict sera annoncé le jeudi 22 juin prochain.

    Force à la famille et aux proches, JUSTICE FOR MIKE! REST IN POWER AND PEACE!

    Restitution du mardi 13 juin
    1 Un nouveau témoin et une contreversion : Mike pourrait être mort dans la rue
    2 L’audition de Dumoulin : une procédure à deux vitesses
    3 L’audition de Dumoulin : mise en cause systémique de la police lausannoise

    1 Un nouveau témoin et une contre-version : Mike serrait mort durant l’intervention
    La matinée de ce deuxième jour s’est ouverte avec l’audition d’un nouveau témoin, qui n’avait encore jamais été entendu durant l’enquête. Depuis la fenêtre d’une chambre qu’il louait, ce témoin a vu une partie du plaquage ventral tant que Mike était conscient, mais aussi les minutes qui ont suivi l’arrêt cardiaque.
    Dans ses dires, une version différente s’esquisse : une mort dans la rue et pas à l’hôpital, environ 12 heures plus tard. Mike aurait été laissé pour mort au sol plusieurs dizaines de minutes. Le témoin a déclaré avoir vu les ambulanciers et les flics discuter plusieurs minutes à côté du corps au sol, recouvert d’une couverture de sécurité. Toujours selon ce témoin, “l’ambulance est arrivée sans caractère d’urgence”. Le scénario d’une mort dans la rue avait déjà été amené par Me Ntah en prémice du procès. Cette version viendrait corroborer encore plus les risques de collusion entre les agents, déjà largement pointés hier. Elle ouvre aaussi la voie à une possible complicité du corps medical dans l’établissement de l’heure de décès.

    Juridiquement, il est peu probable que cette version change l’acte d’accusation. Toutefois, ce court laps de temps entre l’intervention et la mort pourrait être un argument de plus pour plaider un lien de cause à effet. La question de la non-assistance à personne en danger n’a jamais été posée dans cette affaire.

    Contestant toujours la version policière des faits, le témoin évoque de “puissants cris d’urgence”, qu’il a entendu depuis un appartement à 80 mètres du lieu des faits en ayant la fenêtre fermée. Cette déclaration, confirme que l’image d’un homme agressif est un fantasme et que les agents n’ont simplement pas voulu entendre la souffrance de Mike.

    Au-delà du fond de sa déclaration, le témoin évoque la tenue erratique de l’enquête. Alors qu’il souhaitait activement et spontanément témoigner, le Ministère Public ne lui a pas facilité l’accès à la procédure. Ce témoignage confirme par ailleurs l’inexistence d’enquête de voisinage sérieuse : le témoin étant à 80 m de la scène, il est indéniable qu’une multitude d’autres personnes vivant aux abords du lieu de l’arrestation ont pu observer les faits.

    Les avocats de la Défense ont, sans surprise, essayé de le décrédibiliser en avançant que ses souvenirs étaient flous. Une mauvaise foi crasse, puisque c’est justement une enquête à nouveau sabotée qui l’a empêché de livrer son témoignage au moment où les souvenirs étaient encore frais.

    Quand bien même cette version tend de manière évidente à être écartée du procès par le président, il reste important qu’on l’entende. Le témoin est catégorique sur ce qu’il a vu : alors qu’il avait assisté plus tôt au massage cardiaque, il n’y avait plus d’urgence autour de Mike lorsqu’il a regardé par la fenêtre la dernière fois. Quand bien même le décès se serait produit à l’hopital du CHUV, les secouristes et les policiers ont manifestement laissé Mike plusieurs minutes “à terre, sans s’en occuper”. Combien de temps précieux a-t-il été perdu à ce moment-là?

    2 L’audition de Dumoulin : une procédure à deux vitesses
    Un deuxième témoin est ensuite appelé : Stéphane Dumoulin, chef opérationnel de la police municipale de Lausanne. Il s’agit presque d’une personnalité médiatique, tant la police lausannoise en a fait l’étendard de sa «guerre» contre le deal. Me Ntah rappelle l’article 162 selon lequel ne peuvent être entendus que les témoins de faits(qui ont vu la scène), les témoins de moralité (qui connaissent les prévenus) ou les experts. Dumoulin ne peut répondre à aucune de ces positions. Des avocat.e.s de la défense l’ont convoqué au procès, arguant qu’il pouvait amener un éclairage sur les positions hiérarchiques durant l’opération. me Ntah a retorqué trouver aberrant que le Président – allant encore une fois dans le sens de la Défense – accepte ce témoin alors que deux autres témoins oculaires lui avaient été refusés.

    Me Ntah parvient toutefois à retourner l’interrogatoire du témoin, en dépit de la mauvaise foi des avocat.e.s de la défense, pour lui poser des questions visant à mettre en lumière les disfonctionnement systémiques au sein de la police lausanoise. On apprend alors que Dumoulin n’est pas le supérieur direct des six agents, mais qu’il l’est indirectement dans le cadre de l’opération Bermude, dans laquelle s’inscrit l’intervention qui a conduit à la mort de Mike [1].

    Constatant que l’interogatoire de leur témoin est en train de se retourner contre eux, les avocat.e.s de la défense demandent que Me Ntah arrête de poser des questions. Selon leur point de vue, Ntah s’adresserait à Dumoulin comme s’il s’agissait d’un expert (sur le plan juridique). Pourtant, il était clair que la Défense posait elle aussi des questions à Dumoulin sur son expertise. Dans un premier temps, le juge inclinait plutôt en faveur de la défense. Cet incident a rendu très clair le deux-poids deux-mesures ambiant du procès. Il s’est finalement résolu, après un entretien privé entre le juge et l’ensemble des avocats. Me Ntah a pu continuer son interrogatoire, soulevant de nombreux points qui méritent une analyse politique à chaud.

    3 L’audition de Dumoulin : mise en cause systémique de la police lausannoise
    a) (Dis)fonctionnement hiérarchique

    En fin de compte, la Défense n’a pas pu tirer grand-chose de son témoin : Dumoulin servait essentiellement à prouver qu’il n’y avait pas de flic hiérarchiquement responsable, mais cette position l’a peu à peu coincé dans un paradoxe. Ainsi, soit les flics mettent la charge sur un seul prévenu (à échelle humaine, ce qu’ils essaient vraisemblablement d’éviter), soit ils assument qu’il n’y a pas de hiérarchie durant une intervention, mais donnent alors une image négative de la police comme agissant à la manière du Far West. Pourtant, cette description semble structurellement surprenante dans un corps aussi hiérarchisé.

    La tentative de Dumoulin pour esquiver le paradoxe n’a dupé personne tant sa sémantique managériale sonnait creux. Selon lui, dans une intervention, “il n’y a pas de règle sur qui va commander”, mais ce n’est pas non plus le désordre, car il est clair que “quelqu’un va naturellement prendre le leadership”. Un leadership naturel éclorerait selon les situations? Plus vraisemblalement, la police connait les responsables hiérarchiques du meurtre de Mike, mais sa ligne de défense repose sur un mensonge par omission.

    De plus, dans son témoignage, Dumoulin souligne que l’opération Bermude consiste en une opération de visibilisation et de dissuasion, consistant à poster des flics en vadrouille sur les six places concernées par le deal de rue à Lausanne. En plus de ces vadrouilles protocolées, des patrouilles peuvent aller improviser des opérations de type rabattage “quand elles ont un moment” avec des objectifs hebdomadaires (objectifs que Dumoulin établit d’ailleurs lui-même). Il insiste aussi sur le fait que les patrouilles n’auraient pas nécessairement l’habitude de travailler ensemble, qu’il n’y aurait pas de binômes fixes, ou du moins qu’ils changeraient souvent. Dumoulin cherche-t-il a décharger ses agents? Comment comprendre cette stratégie? Peut-on vraiment exclure l’hypothèse que certains des flics qui ont tué Mike avaient l’habitude d’opérer ensemble, surtout quand on sait que nombre de personnes victimes de violences policières dans la rue reconnaissent certaines équipes comme étant notoirement violentes?

    b) Absence de conséquences après le meurtre de Mike dans l’institution

    Comme Dumoulin est le chef des opérations de police, Simon Ntah demande si des mesures ont été prises suite au décès de Mike et plusieurs éléments de sa réponse laisse apercevoir combien ce meurtre a été traité comme un accident anodin.

    Dumoulin répond par la négative avec une surprenante candeur. Selon lui, prendre des mesures n’étaient pas de sa responsabilité, mais de celle du commandant de police qui a, à sa connaissance, “pris des mesures”. Quelles mesures demande Ntah? “Les mesures ont été de ne prendre aucune mesure”, répond Dumoulin, sans faillir. Au motif de la présomption d’innocence, les policiers ont pu reprendre leur travail dans la rue dès le lendemain matin. L’argument est évidemment fallacieux. Dans une structure employeuse, il n’est pas nécessaire d’attendre une décision pénale pour procéder à une sanction administrative, surtout dans le cas d’agents de police ayant largement démontrés leur dangerosité. En outre, il reconnait qu’aucune forme de débriefing formel n’a eu lieu, ni même de suivi des agents (ni formation continue, ni suivi psychologique officiel). Il déclare en revanche leur avoir demandé à l’occasion s’ils allaient bien. On appréciera de la pertinence du suivi psychologique.

    Certes, suspendre les agents auraient relevé de la reconnaissance de culpabilité et de la défaite politique, mais ce procès aura confirmé nos doutes : les agents ont tous repris le travail dès le lendemain, ils n’ont même pas été réaffectés à des postes moins exposés.

    Le meurtre a-t-il fait évolué les pratiques de la police lausannoise sur la question du plaquage ventral? Non, explique Dumoulin, si ce n’est que l’incident a été remonté à l’ISP, mais la tactique n’a pas changé. Il évoque des “sensibilisations” et conclu, non sans panache, “Ben, on en parle quoi”. Plus structurellement, il faut relever que Dumoulin, et plus généralement la police, tendent à se réfugier derrière l’autorité fédérale de l’ISP. Cela dit, ils omettent de rappeler que cet institut de formation n’a qu’un rôle consultatif et que la police a une autonomie cantonale sur ses pratiques. En d’autres termes, les consignes fédérales ne font pas autorité. Abolir l’usage du plaquage ventral ne dépendrait que de la volonté de l’état-major lausannois (dont il est pourtant le numéro 2).

    Ensuite, lorsque l’un des avocats de la Défense lui demande si lors d’une interpellation les flics doivent “aller au boût du contrôle”, il répond que «la police doit aller jusqu’au bout de la procédure et si la personne résiste, aller jusqu’au bout de l’action.» On sait ce que «jusqu’au bout» signifie dans le cas de Mike… Sans surprise, Dumoulin suit la ligne de défense globale de la police. Il continue à défendre implicitement la version selon laquelle Mike aurait été violent et que le plaquage a été une réponse proportionnée. Or, cet implicite reste infondé à l’heure actuelle, voire invalidé vu que tous les témoignages, même ceux des flics disent qu’il s’agissait d’une résistance passive. Le dispositif, le nombre abusif de policiers et les techniques dangereuses utilisées par ceux-ci ne respectent ni le principe de proportionnalité, ni leur manuel de l’ISP.

    Enfin, Dumoulin s’exprime sur les opérations de “rabattage” telles que celle qui a mené à la mort de Mike. Les paradoxes de la version policière continuent d’apparaitre. Il affirme qu’il ne recommande pas ce genre d’intervention, et même qu’il ne préconise pas d’agir tel que les accusés racontent avoir agi depuis le depuis du procès. Mais, constatant l’énormité de ce qu’il est en train d’affirmer, en tant que chef opérationnel de la police de Lausanne, il tente de se rattraper en disant que les agents ont toutefois “l’autonomie de prendre ce genre d’initiative”. A nouveau, la version policière est plus que contradictoire, dans l’exposition des faits comme dans le récit des modes d’opération en vigueur. Que cachent-ils exactement?

    Restitution du lundi 12 juin
    trouvez la version traduite en anglais ici

    La première journée du procès de Mike s’est divisée en quatre séquences :
    1 Les réquisitions d’entrée de cause sur les preuves
    2 Les réquisitions d’entrée de cause sur l’aggravation de l’acte d’accusation
    3 L’interrogatoire des six policiers prévenus par le Ministère Public
    4 L’interrogatoire des policiers par l’avocat

    1 Les réquisitions d’entrée de cause sur les preuves
    L’avocat de Mike demande que le procès prenne acte de plusieurs zones d’ombres dans l’enquête du Ministère Public. Il dénonce notamment le fait que ce dernier n’ait pas mené une enquête sérieuse.

    L’avocat de Mike, Me Ntah, conteste l’enquête pour quantité de raisons :

    les auditions des experts ont été bâclées par le Ministère Public (durant certaines auditions d’expert.e.s, les procureurs n’ont posé aucune question)
    les auditions des témoins ont aussi été bâclées
    la seule et unique enquête de voisinage menée par la police n’a pas été faite correctement. Elle n’a pas fait l’objet d’un rapport (donc aucune trace au dossier sur cette enquête de voisinage) et présentait de nombreux biais, comme le premier communiqué de la police qui faisait allusion au malaise d’un dealer supposant une mort par overdose.
    après l’arrêt respiratoire, les policiers ont passé plus de quatre heures ensemble, induisant un haut risque de collusion, soit qu’ils se mettent d’accord sur une version commune et arrangeante.
    Une étude sur le plaquage ventral est sortie après que les rapports des expert.e.s aient été rendus et Me Ntah demande qu’on réentende l’expert sur cette nouvelle étude. Cette étude démontre que le problème du plaquage ventral n’est pas l’asphyxie dont on trouve pas vraiment de traces sur mike mais l’acidose, excès de dioxide de carbone dans le sang, qui n’a pas été mesurée sur mike
    les dossiers personnels des flics (tout leur passif d’intervention) n’ont jamais été versés au dossier, rendant impossible de savoir si d’autres personnes se sont plaintes de leur comportement par le passé. Dans une enquête pour homicide, il est pourtant d’usage d’aller fouiller les antécédents des prévenus, quels qu’ils soient.
    Par ailleurs, Me Ntah pointe des violations de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et demande que le tribunal reconnaisse que l’un des policiers à perpétré des lésions corporelles simples sur Mike.
    plus généralement et pour toutes ces raisons, l’enquête est en violation des Droits de l’Homme à plusieurs niveaux selon l’avocat de la famille
    Face à ces manquements majeurs, l’avocat de Mike demande la réadministration de plusieurs preuves (réaudition de témoins, réaudition d’experts, ouverture des dossiers administratifs des agents).

    Toutes ces demandes ont été refusées par les juges, qui n’avaient visiblement pas envie de se «compliquer la vie» en réorganisant par exemple des auditions. Pour la procédure judiciaire et pour un éventuel recours de la part de l’avocat de la famille, il est indispensable que ces réquisitions aient été posées lundi matin dès l’ouverture du procès.

    2 Les réquisitions d’entrée de cause sur l’aggravation de l’acte d’accusation
    L’avocat de Mike demande que l’accusation soit aggravée.
    Il demande que les policiers ne soient pas jugés pour homicide par négligence, mais pour homicide par dol éventuel. La différence juridique entre la négligence et le dol éventuel tient dans la conscience des risques : une condamnation par dol éventuel reconnait que les flics savaient que leurs actions présentaient le risque d’entrainer la mort et s’accommodait de ce résultat.

    Cette aggravation est elle aussi refusée par les juges en début de séance de l’après-midi.

    La différence juridique entre la négligence et le dol éventuel tient dans la conscience des risques : une condamnation par dol éventuel reconnait que les flics savaient que leurs actions présentaient le risque d’entrainer la mort et s’accommodait de ce résultat.

    3 L’interrogatoire des six policiers prévenus par le Ministère Public
    Le procureur confronte les policiers sur les résultats de l’enquête.
    Le procureur, à la charge de l’enquête et de l’accusation, n’a pourtant posé absolument aucune questions portant sur les faits et les versions contradictoires des prévenus. Il s’est limité à les interroger sur leur formation et leur connaissance des manuels de police. En réitérant sans cesse les mêmes questions et à chaque prévenu sur leur fréquence d’usage du plaquage ventral, le Ministère Public a joué le jeu de la banalisation de cette pratique notoirement dangereuse. Sa stratégie a été de présenter le plaquage ventral comme une somme d’actions anodines et non-incriminantes (immobilisation, mise sur le ventre, clé de bras et des jambes, etc.).

    Le procureur se rongeait les ongles pendant les interventions de Me Ntah et rigolait à chaque fois qu’il était interrompu par le président. Il montrait une posture détendue pour ne pas dire affalée pendant les réquisitions d’entrée de causes qui remettait en cause son enquête.

    À plusieurs reprises, l’avocat de Mike a souligné à quel point il avait le sentiment d’être seul contre la défense et le Ministère Public : les six avocats et un procureur silencieux. De mémoire de plusieurs juristes vaudois.es, aucun procès n’a jamais été mené par la partie plaignante dans une telle solitude, puisque l’avocat de Mike s’est retrouvé à devoir jouer seul le rôle de procureur.

    Comme dans chaque affaire de violence policière, en l’absence d’organe d’enquête indépendant, on se demande dans quel camp sont les procureurs.

    Outre ces considérations sur le Ministère Public, le comportement du président était pour le moins atypique. Même s’il est connu de longue date pour sa gestion particulière des audiences, il n’était pas virulent avec les flics comme il l’est souvent avec des prévenus. Force est de constater qu’il avait tendance à compléter les réponses des accusés et à minimiser les interventions de l’avocat de Mike. Il a répété à plusieurs reprises qu’il «était là pour savoir si c’était bien un homicide par négligence», montrant aucune volonté ni de requalifier le chef d’accusation ni de considérer l’intentionnalité certaine des policiers.

  82. 4 L’interrogatoire des policiers par l’avocat

    L’avocat de Mike confronte les policiers sur les résultats de l’enquête.

    Cet interrogatoire, long et conflictuel, a révélé de nombreux points clé de l’enquête.

    a) Les versions des faits données par les six flics présentent de nombreuses contradictions empiriques, sur les violences préalables au plaquage ventral, sur la mise en place du plaquage ventral, sur la durée de l’intervention et particulièrement de l’immobilisation, sur l’interprétation des réactions de Mike et finalement sur la constatation de l’arrêt cardiaque. Sans surprise, selon les questions, certains prévenus se souviennent avec précision qu’ils n’exerçaient aucune pression sur les organes vitaux. Ils répétaient avec la même précision les endroits où chacun appuyait comme par exemple le triceps droit. En revanche, ils répondent qu’ils «ne se souviennent plus» d’informations essentielles. Aucun flic n’est capable de dire les agissements d’un autre flic pendant l’arrestation ou encore les durées de quoi que ce soit.

    b) Il y a un paradoxe constituant dans la ligne de défense des prévenus. Ils affirment par moments qu’ils ont lu les manuels, pour affirmer par exemple qu’ils auraient agi exactement selon les principes de proportionnalité tels que définis dans le code de police. Et en même temps, confrontés à certains articles du Code de police, ils répondent qu’ils ne l’ont jamais lu durant leur formation.

    Les agents reconnaissent qu’ils procèdent régulièrement à des «rabattages» de dealers (le lexique est celui de la chasse) dans des conditions chaotiques dont le degré d’improvisation trahit la brutalité et la déshumanisation.

    c) Les policiers prévenus avaient un discours préparé en bloc et ont répété en boucle des éléments de langage préparé à l’avance :

    Tout allait si vite
    Il était oppositionnel
    Je me souviens plus
    Je me souviens exactement de ce que je tenais comme membre ou muscle sans savoir la durée ni ce que faisait mes collègues à 8 centimètres de moi.

    d) L’audience révèle le degré de violence et de désorganisation des opérations. Les agents reconnaissent qu’ils procèdent régulièrement à des «rabattages» de dealers (le lexique est celui de la chasse) dans des conditions chaotiques dont le degré d’improvisation trahit la brutalité et la déshumanisation. De plus, aucune responsabilité hiérarchique ne semble pouvoir être établie. Aucun des flics n’a accepté de répondre à la question, pourtant simple, de la responsabilité : qui était l’officier en charge? Impossible de savoir. Dans un vaste chaos de versions contradictoires, tous se protègent, multipliant les sorties absurdes.

    e) Après la mort de Mike, aucun «débriefing» n’a été organisé au sein de la police, la hiérarchie n’a pris strictement aucune mesure, laissant à chaque flic le loisir de reprendre le travail le lendemain.

    f) Quand a été évoquée la notion d’asphyxie positionnelle, les policiers ont mentionné d’éventuels risques de difficulté respiratoire mais n’ont jamais mentionné le risque de décès. Or Me Ntah a demandé ce que signifiait le D du DAP (décès par asphyxie positionnel) à un des policiers qui n’a pas su répondre. Il a été répété plusieurs fois que dans les manuels existe un encadré spécifiant que la personne, une fois menottée, doit être «immédiatement» assise ou disposée en position latérale.

    … l’un des flics déclare se souvenir «que l’africain gesticulait»

    g) Les avocat.e.s de la défense relèguent toute considération de racisme structurel dans la police au rang d’un procès d’intention adressé à la personne du policier. La question est systématiquement éludée. À titre d’exemple, lorsque l’avocat révèle la présence de photos et de propos racistes dans des groupes what’s app de policiers lausannois, la défense hurle au procès d’intention au motif qu’il n’existe aucune preuve que les six prévenus participent effectivement de ces groupes. Autre exemple, lorsque dans son audition, l’un des flics déclare se souvenir «que l’africain gesticulait», personne ne relève, sauf l’avocat de Mike. Autre exemple (ils ne manquent pas), le premier flic à intervenir, celui qui a déclenché l’arrestation, a insisté sur la force de Mike et son côté «impressionant». Cette imagerie de l’homme noir comme effrayant et violent est structurelle, elle se retrouve dans quantité d’affaires de violences policières racistes.
    ANNEXES
    English versions

    Monday 12th
    english version here
    Tuesday 13th
    english version here
    Wednesday 14th
    english version here

    Discours

    Discour pronnoncé lors de la grêve
    retrouvez ici le discours de Kiboko prononcé lors de la Grève Féministe 2023

    Les femmes des victimes de violences policières, pour la plupart des femmes racisées, portent une charge multiple. Elles doivent faire leur deuil dans des conditions tragiques. Elles sont tues et niées par un système judiciaire, médiatique et politique qui ne les entend pas, qui ne les accompagne pas. Elles se retrouvent isolées, doivent souvent prendre seules en charge leurs enfants, et mener une vie de lutte.

    Discour du collectif Outrage lors de la manifestaion du 3 juin 2023
    ici

    Discour du collectif Justice4Nzoy lors de la manifestaion du 3 juin 2023
    nous sommes une délégation de zurich et nous vous saluons au nom de l’alliance antiraciste justice4nzoy. nous vous souhaitons une manifestation forte!

    notre alliance, justice4nzoy, s’occupe d’un cas de violence policière raciste qui s’est passé il y a un an et demi à morges. roger nzoy wilhelm a été abattu par la police le 30 août 2021 à morges lors d’un contrôle d’identité. depuis, ses proches se battent pour un traitement juridique de l’affaire. la police et le parquet sabotent ce combat autant que possible. ils minimisent, déforment, dissimulent. les proches doivent payer eux-mêmes les immenses frais de justice. c’est une stratégie connue : l’état mise sur le fait que les proches seront tôt ou tard à court d’argent et de nerfs.

    mais nous ne nous laissons pas abattre! nous continuons à nous battre, nous nous mettons en réseau, nous continuons à veiller à ce que la mort de nzoy reste connue du public.

    dans le cas de nzoy, le racisme d’état se manifeste dans toute sa brutalité. ce racisme est systémique! c’est un système d’oppression, un système d’exploitation.

    cette manifestation montre cependant clairement qu’il y a toujours eu une résistance contre ce système. il est bon que nous nous réunissions ici pour exprimer cette résistance. nous nous réunissons ici pour crier aux nombreuses victimes du racisme institutionnel : vous n’êtes pas seuls!
    nous rendons hommage à mike, nzoy, lamine, babacar, cedric, angelo, souheil, melanie, elisa, vanessa et à toutes les autres victimes du racisme meurtrier. nous nous tenons épaule contre épaule avec wilson, mohammed, ali et tous les autres qui ont survécu à la violence raciste.

    luttons ensemble pour un monde où la violence raciste n’est plus possible! luttons pour une société solidaire, sans exploitation ni oppression, sans racisme ni sexisme!

    mike rest in power!
    nzoy rest in power!
    tout le monde deteste la police!
    tous ensemle contre le racisme!

  83. PROCES DES MEURTRIERS DE MIKE BEN PETER : UN POLICIER ARBORE UN SYMBOLE RACISTE A L’ENTREE DE LA SALLE D’AUDIENCE
    renverse.co/infos-locales/article/proces-des-meurtriers-de-mike-ben-peter-un-policier-arbore-un-symbole-raciste-a-4066
    Renversé

    Antiracisme – Luttes décoloniales #Violences policières
    Dans le cadre du procès des 6 policiers ayant assassiné Mike Ben Peter en 2018, le dispositif policier autour du tribunal est conséquent ce mardi 13 juin 2023. A l’extérieur de la salle d’audience, 4 à 6 policiers se pavanent avec arrogance autour du public. Les sourires sont éloquents et les regards hargneux envers la famille de Mike et ses soutiens.

    Lausanne | 14 juin
    english version here

    Dans le hall, deux policiers gardent la porte de la salle dans laquelle se déroule l’audience. L’un des deux policiers arbore un symbole particulier sur son uniforme officiel. Il s’agit d’un insigne «Thin Blue Line Switzerland»…

    Ce symbole, réutilisé suite au meurtre de Georges Floyd aux Etats-Unis par la police, s’inscrit en opposition au mouvement «Black Lives Matter». Ce slogan est un cri de ralliement des forces de polices pour défendre leur légitimité et s’imposer comme protecteurs du peuple et/ou comme victimes.
    Ce symbole corporatiste est initié et fréquemment utilisé et par les mouvements d’extrême droite situés au Royaume-Uni, au Canada, aux Etats-Unis ou encore en Suisse.

    Concrètement, ce mouvement veut défendre les droits de la police et sa légitimité inébranlable peu importe les circonstances en niant systématiquement toute défaillance potentielle ou encore toute violence policière. Ce même symbole est à présent interdit dans plusieurs lieux dont le Canada, Le Royaume-Uni, la France et de nombreux états des Etats-Unis. Et en Suisse, il est interdit selon les directives de la LPers d’arborer un tel symbole.

    les directives de la LPers

    Fréquemment lié aux mouvements d’extrême-droite, «Thin Blue Line» [1] contribue à nier la réalité des violences policières et leur caractère raciste tout en défendant une impunité policière sans limites. Ce déni s’inscrit principalement autour de l’ensemble des discriminations et des violences qui sont infligées aux personnes minorisées et principalement aux personnes noires.

    Fréquemment lié aux mouvements d’extrême-droite,, «Thin Blue Line» contribue à nier la réalité des violences policières et leur caractère raciste tout en défendant une impunité policière sans limites.

    Nous savons que la réponse de la police viendra nuancer ces dires en décrivant un contexte «autre» dans lequel cet insigne est porté de manière anodine et apolitique. Quand bien même il existerait une section romande active (éventuellement basée à Daillens), ce sont des influences racistes qui inspirent les agents à arborer ce signe haineux.

    Garder l’entrée d’un procès incriminant des policiers ayant assassiné une personne noire en arborant ce symbole n’est pas juste un manque de respect ou de l’arrogance, il s’agit bel et bien d’une insulte raciste violente à la mémoire de Mike Ben Peter et à l’ensemble de sa famille et de ses soutiens.

    Nous refusons cette violence et continuerons à nous battre pour la faire cesser.

    MIKE REST IN POWER AND PEACE

    TRIAL OF THE KILLERS OF MIKE BEN PETER : A POLICE OFFICER DISPLAYS A RACIST SYMBOL AT THE ENTRANCE TO THE COURTROOM
    As part of the trial of the 6 police officers who murdered Mike Ben Peter in 2018, the police presence around the court was substantial on Tuesday 13 June 2023. Outside the courtroom, 4 to 6 police officers strut arrogantly around the public. Their smiles are eloquent, and the glares are directed at Mike’s family and supporters.

    In the hall, two police officers guard the door to the room in which the hearing is taking place. One of them is wearing a special symbol on his official uniform. It is a “Thin Blue Line Switzerland” badge…

    This symbol, reused following the murder of George Floyd in the United States by the police, is in opposition to the “Black Lives Matter” movement. The slogan is a rallying cry for police forces to defend their legitimacy and establish themselves as protectors of the people and/or as victims.
    This corporatist symbol was initiated and is frequently used by extreme right-wing movements in the United Kingdom, Canada, the United States and Switzerland.

    In concrete terms, this movement aims to defend the rights of the police and their unshakeable legitimacy, whatever the circumstances, by systematically denying any potential failings or police violence. This same symbol is now banned in several places, including Canada, the UK, France and many US states. And in Switzerland, under the terms of the LPers Rule, it is forbidden to display such a symbol.

    4. Obligations of employees
    Employees shall at all times ensure that their conduct is compatible with the position
    they hold. In particular, they shall pay special attention to their dress code. They shall ensure that their dress complies with the general principles of neutrality and the above-mentioned principles, so as not to offend the people with whom they are in contact.
    In their relations with users of the administration, they shall refrain from displaying
    signs likely to damage the credibility and image of the State in the eyes of the public,
    in particular signs with a strong symbolic impact or ostensibly revealing a belief, a
    political or religious affiliation.

    Frequently linked to extreme right-wing movements, “Thin Blue Line” contributes to denying the reality of police violence and its racist nature, while defending unlimited police impunity. This denial focuses mainly on the discrimination and violence inflicted on minorities, particularly black people.

    We know that the police response will qualify these statements by describing a “different” context in which this badge is worn in a harmless and apolitical manner. Even if there were an active section in French-speaking Switzerland (possibly based in Daillens), it is racist influences that inspire officers to wear this hateful sign.

    Guarding the entrance to a trial against police officers who murdered a black person by displaying this symbol is not just disrespectful or arrogant, it is a violent racist insult to the memory of Mike Ben Peter and all his family and supporters.

    We reject this violence and will continue to fight to stop it.

    MIKE REST IN POWER AND PEACE

  84. L’ONU s’alarme de l’expansion des drogues de synthèse dans le monde
    blick.ch/fr/news/monde/consequences-desastreuses-lonu-salarme-de-lexpansion-des-drogues-de-synthese-dans-le-monde-id18697638.html
    25 juin 2023
    Conséquences désastreuses

    L’ONU s’alarme de l’expansion des drogues de synthèse dans le monde

    La «production peu coûteuse, rapide et facile» des drogues de synthèse a profondément transformé de nombreux marchés dans le monde, a averti l’ONU dimanche. Elle pointe des «conséquences désastreuses».

    Publié: 25.06.2023 à 22:56 heures

    Cliff Owen

    Le fentanyl, un opiacé de synthèse 50 fois plus puissant que l’héroïne, “a radicalement modifié la consommation des opioïdes en Amérique du Nord”, écrit l’ONU (image d’illustration).

    Le fentanyl, un opiacé de synthèse 50 fois plus puissant que l’héroïne, «a radicalement modifié la consommation des opioïdes en Amérique du Nord», écrit l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans un communiqué accompagnant la publication de son rapport annuel.

    En 2021, la majorité des morts par overdose dans cette région lui étaient imputables. Et la production de telles substances risque d’augmenter encore.

    L’organisme basé à Vienne, en Autriche, met en garde contre l’impact de la guerre en Ukraine, «certains signes indiquant qu’elle pourrait déclencher une expansion du trafic de drogues de synthèse, du fait du savoir-faire existant et des importants marchés se développant dans la zone».

    L’ONUDC évoque aussi la situation en Afghanistan, où la baisse attendue de la culture du pavot à opium du fait de son interdiction par le gouvernement taliban pourrait entraîner une réorientation vers la fabrication de méthamphétamine. Le pays est déjà un des principaux producteurs de ce stimulant addictif, qui reste la «principale drogue de synthèse fabriquée illégalement dans le monde».

    «Nous devons intensifier la lutte contre les trafiquants qui exploitent les conflits et les crises mondiales pour étendre la production de drogues, en particulier des substances synthétiques», a réagi Ghada Waly, directrice exécutive de l’ONUDC, citée dans le communiqué.

    Le rapport s’alarme par ailleurs des conséquences sur l’environnement de l’économie de la drogue. Dans le bassin amazonien, la culture de coca, avec une «offre toujours record» et des «réseaux de plus en plus agiles», «aggrave les activités criminelles» comme la déforestation illégale et le trafic d’espèces sauvages.

    Au niveau mondial, «plus de 296 millions de personnes ont consommé des drogues en 2021, soit une augmentation de 23% en 10 ans», le cannabis restant de loin la drogue la plus largement utilisée selon l’ONU. Encore plus inquiétant, le nombre de personnes souffrant de troubles liés à leur consommation a bondi de 45% sur la même période. Or une personne sur cinq seulement est prise en charge.

    (ATS)

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  85. Pourquoi les violences policières se poursuivent et s’aggravent en France?
    blick.ch/fr/news/france/risque-dembrasement-que-cachent-les-violences-policieres-dans-les-banlieues-en-france-id18704981.html
    Richard Werly28 juin 2023
    Risque d’embrasement

    Que cachent les violences policières dans les banlieues en France?

    31 interpellations, 24 policiers blessés et une quarantaine de véhicules brûlés durant la nuit de mardi à mercredi. Le bilan des violences urbaines, après la mort d’un jeune tué à Nanterre par un policier, pourrait encore s’aggraver dans les prochaines heures.

    Publié: 28.06.2023 à 14:39 heures

    |

    Dernière mise à jour: 28.06.2023 à 14:51 heures

    IMAGO/ABACAPRESS

    1/5

    Toute la nuit, les forces de l’ordre ont été défiées par des bandes de jeunes dans plusieurs points chauds de la région parisienne. En 2005, des émeutes avaient enflammé les banlieues.

    Richard WerlyJournaliste Blick

    J’ai l’impression de réécrire le même article à chaque fois. Et cela dure depuis près de vingt ans. Je me trouvais à Paris en octobre 2005, lorsque les banlieues se sont embrasées, à la suite de la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré.

    Dans leur quartier de Clichy-sous-Bois, au nord-est de Paris, ces deux adolescents avaient eu le tragique réflexe de se cacher dans le local d’un transformateur électrique, pour échapper à un contrôle de police.

    Adama Traoré en 2016

    J’ai l’impression que cela ne finira jamais, comme lors de la mort d’Adama Traoré, 24 ans, décédé d’un problème cardiaque le 19 juillet 2016, dans une gendarmerie du Val-d’Oise, peu après son arrestation au terme d’une course-poursuite. Depuis, cette affaire mine les rapports entre la police et la jeunesse. En juillet 2021, trois gendarmes ayant participé à cette interpellation controversée ont même été décorés.

    2005-2023: vingt ans séparent l’insurrection urbaine qui avait conduit le président Jacques Chirac à décréter l’état d’urgence, de la nuit de violence qui vient de secouer plusieurs quartiers sensibles de la région parisienne.

    A l’origine de cette colère anti-flics, qui s’est soldée par 31 interpellations, 24 policiers blessés et une quarantaine de véhicules brûlés? La mort de Naël, un garçon de 17 ans, abattu par le tir d’un motard mardi matin à Nanterre (ouest de Paris), alors qu’il redémarrait au volant d’une Mercedes. Le policier a été placé en garde à vue pour «homicide volontaire». «J’ai mal à ma France», a tweeté le capitaine de l’équipe de France de football, Kylian Mbappé.

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    Terrible engrenage

    Le pire est que l’engrenage est toujours le même. Et qu’il pose, in fine, toujours les mêmes questions dans une France des grandes métropoles qui ressemble de plus en plus aux États-Unis, au vu de nombre de violences et d’altercations opposant des jeunes aux policiers.

    La vérité est que la police française, malgré les plans qui se sont succédé depuis les émeutes de 2005, n’est jamais parvenue à changer ses méthodes, face à un environnement social toujours plus agressif.

    Avec, à la clé, trois échecs patents: l’impossible retour d’une police de proximité capable d’apaiser les tensions au lieu de les exacerber, la lutte trop inégale contre les narcotrafiquants qui gangrènent les quartiers et les problèmes récurrents de formation des forces de l’ordre, où le recrutement en masse voit de nombreux policiers pas assez expérimentés perdre le contrôle en cas de tensions avec les jeunes.

    L’impossible retour d’une police de proximité

    C’est l’un des termes les plus utilisés par les autorités françaises. Dès son arrivée au ministère de l’Intérieur en juillet 2020, Gérald Darmanin, 40 ans, a de nouveau revendiqué la proximité comme la solution pour un retour au calme dans les quartiers difficiles.

    L’idée est simple: rassurer les habitants, aider au retour des commerces dans les zones sensibles, protéger les établissements scolaires et les infrastructures publiques, quadriller le terrain pour empêcher les plus jeunes d’être enrôlés dans des bandes. Une nouvelle loi supposée définir les contours de la police en 2030 a même été promulguée le 24 janvier dernier. Elle prévoit de doubler la présence des policiers et des gendarmes sur le terrain durant les sept prochaines années.

    Sauf que le climat et l’état social des quartiers le plus souvent théâtre de violences urbaines ne permet pas un tel déploiement. Les commissariats sont assiégés, retranchés derrière des grilles épaisses. Les patrouilles de police peuvent virer au drame, comme lorsque deux policiers ont été gravement blessés par des jets de cocktails Molotov, en octobre 2016, sur la commune de Grigny, au sud de Paris.

    Dans le cas du drame de Nanterre, le jeune de 17 ans, au volant d’une Mercedes, avait refusé d’obtempérer lors d’un contrôle matinal par deux motards près de la station de RER Nanterre-Préfecture, derrière le quartier d’affaires de la Défense. Une vidéo montre qu’il n’aurait pas foncé sur ces derniers. Son embardée a-t-elle été mal interprétée?

    Retrouvez la vidéo des émeutes sur France 24

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    La lutte trop inégale contre les trafics et la violence

    Il faut ouvrir les yeux, tout en évitant les amalgames: de nombreux quartiers français – sans être des «zones de non-droit» – présentent des risques importants pour les forces de l’ordre qui, à tout moment, peuvent être prises à partie ou agressées. En cause: les trafics de stupéfiants et la recrudescence des incivilités en tout genre. Attention, le cas du jeune Naël à Nanterre, désormais dans les mains de la police des polices, va devoir être disséqué.

    Mais la transformation de la France est une réalité. En 2006, une enquête menée par le Centre d’analyse stratégique pour comprendre les ressorts des émeutes de l’année précédente avait défini quatre types de violences collectives en milieu urbain: les conflits entre gangs, les phénomènes de débordement, les affrontements ethniques, les conflits dirigés contre les autorités publiques.

    Cela a-t-il diminué depuis? Non. «L’ensauvagement» d’une partie de la société, dénoncé par Gérald Darmanin, est ce que les policiers affirment vivre au quotidien, même si les statistiques ne démontrent pas d’embrasement du pays. «Si on analyse les chiffres des dix dernières années, il n’y a pas d’évolution notable en France. Le nombre d’homicides reste stable, à 1,4 pour 100’000 habitants», affirme-t-on au ministère de l’Intérieur. Sauf qu’en réalité, l’agressivité quotidienne, les risques d’altercations, eux, ont nettement augmenté.

    Retrouvez Le ministre Gérald Darmanin sur les trafics

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    Les problèmes récurrents de formation des policiers

    «On a une vraie difficulté.» Cette phrase a été prononcée en 2020 par le directeur général de la police dans un entretien au quotidien «Ouest France». Pas étonnant. Le recrutement de nombreux agents à la suite des attentats de 2015, et compte tenu du climat de violence, n’a pas été suivi d’une adaptation des structures de formation.

    Devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a dû admettre en 2020 que l’idée de réduire la formation initiale des gardiens de la paix de douze à huit mois était une erreur. Il a parlé du «premier des sept péchés capitaux qui plombent la police nationale».

    Huit mois pour former un policier confronté ensuite aux pires réalités de la société française, suivis de seize mois durant lesquels les élèves gardiens de la paix sont suivis par un tuteur et continuent de suivre des formations à distance.

    Les syndicats policiers sont les premiers à s’indigner: «Prendre une voiture en chasse, gyrophare allumé, cela s’apprend. Tout comme l’attitude à avoir lors d’un barrage ou d’un contrôle. Idem pour les techniques de défense d’intervention. Lorsque la formation durait douze mois, 120 heures étaient consacrées à ces techniques. Désormais, elles ont été réduites à 72 heures», rappelait ce mercredi un délégué d’Alliance, l’un des principaux syndicats.

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  86. À Lausanne, l’UDC va s’emparer des violences du quartier du Flon
    blick.ch/fr/news/suisse/bagarres-sanglantes-ludc-va-semparer-des-violences-du-flon-id16992301.html
    Antoine Hürlimann16 novembre 2021
    Bagarres sanglantes

    L’UDC va s’emparer des violences du Flon

    Lors d’un reportage dans la nuit de samedi à dimanche, Blick a constaté que la majorité des femmes ne se sentait pas en sécurité au Flon. Des élus lausannois exigent un tour de vis sécuritaire.

    Publié: 16.11.2021 à 17:20 heures

    |

    Dernière mise à jour: 16.11.2021 à 21:46 heures

    Antoine HürlimannJournaliste Blick

    «Bien sûr que le Flon est traversé par une problématique qui lui est propre. Les violences extrêmes se déroulent en milieu urbain — souvent dans des milieux festifs — et pas à Chexbres ou à Chavannes-de-Bogis.» Yohan Ziehli, vice-président de l’UDC Vaud, ironise lorsqu’il parle du célèbre quartier lausannois. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère. «Les récentes agressions qui s’y sont produites sont le résultat d’un laisser-aller de la part des autorités communales, cantonales et même fédérales, notamment pour ce qui touche au contrôle des frontières. La Ville de Lausanne n’est pas la seule responsable. Mais nous devons la faire sortir de son sommeil coupable, et vite.»

    Ce qui excite le jeune conseiller communal de la capitale vaudoise? Il y a un peu plus d’un mois, une rixe mortelle s’est déroulée au cœur du terrain de jeu des clubbeurs. Au petit matin du 7 novembre, une nouvelle altercation sanglante se serait déroulée au même endroit. Une femme, après avoir refusé de donner son pseudonyme sur Snapchat à un individu, aurait été tabassée et même attaquée au couteau.

    Sédrik Nemeth

    1/7

    Le Flon, un quartier sous haute surveillance.

    Des événements insupportables qui ont laissé des stigmates, a constaté Blick. Sur les quinze femmes rencontrées sur place dans la nuit de vendredi à samedi, treize confiaient s’y déplacer la peur au ventre. Les derniers événements n’y sont évidemment pas pour rien. Mais pas seulement. Le harcèlement de rue et ses conséquences venaient quasi systématiquement s’ajouter à la pile d’angoisses portée par ces noctambules.

    Ouvrir le poste de police du Flon la nuit?
    L’UDC va agir, annonce à Blick Yohan Ziehli. Son camarade Valentin Christe défendra prochainement au sein de l’organe délibérant lausannois un plan d’actions pour lutter contre les violences urbaines. «Il sera par exemple proposé d’ouvrir les postes de police de proximité durant la nuit, comme celui du Flon, rebondit le vice-président du parti conservateur. Nous devons donner les moyens à la police de faire correctement et confortablement son travail.»

    D.R.

    Yohan Ziehli, vice-président de l’UDC Vaud et conseiller communal lausannois.

    L’élu enchaîne: «La criminalité représente une situation globale et les crimes violents augmentent.» Vraiment? «Il y a en tout cas un sentiment d’impunité insupportable quand on voit les dealers faire leur œuvre en pleine rue comme si de rien n’était, bifurque-t-il. Lausanne la rouge n’y voit pas de problème alors que cela crée de l’insécurité.»

    Philippe Miauton, le président de la section lausannoise du PLR, estime pour sa part que la Ville joue son rôle face au deal de rue, «en rendant la police visible et en faisant des actions ciblées». Concernant le Flon, l’élu local peine à dire si le quartier est véritablement plus dangereux que d’autres à Lausanne. «Cependant, les témoignages que vous avez recueillis ne m’étonnent pas, assure-t-il. Le harcèlement de rue est une problématique bien suivie par la Ville et les efforts en la matière doivent se poursuivre.»

    Sur le papier, le libéral-radical ne serait pas contre l’ouverture du poste de police du Flon durant la nuit si cela permet de rassurer les gens qui ont besoin de l’être. «La thématique n’est toutefois pas aussi simple, précise-t-il. Cela pose des questions de planification et d’effectifs dans leur présence sur le terrain plutôt que dans un local.»

    Analyse plus molle à gauche
    Justement. Les effectifs de police sont-ils suffisants pour assurer la sécurité des fêtards et fêtardes du Flon? «Sans chiffres et analyses scientifiques, je ne peux que vous répondre au doigt mouillé et ce n’est pas mon genre, contrairement à d’autres, rétorque Denis Corboz, député socialiste au Grand Conseil vaudois et président du PS Lausanne. Par contre, la peur exprimée par les femmes dans votre article doit maintenant être entendue et appelle une réponse politique. La question mérite donc d’être posée. Il faut cependant rappeler que 100 nouveaux postes de policiers ont déjà été créés durant la dernière législature.»

    Pour la conseillère nationale lausannoise Léonore Porchet, augmenter le nombre d’agents dans le quartier des boîtes de nuit serait une erreur. «La police ne protège pas du harcèlement, assène-t-elle. Dans 90% des cas, elle ne peut rien faire. Les faits ne sont souvent pas pénaux et elle ne pourrait même pas donner une amende d’ordre.»

    Keystone

    Léonore Porchet, conseillère nationale verte.

    «Les forces de l’ordre elles-mêmes ne sont pas exemptes de violence», renchérit-elle, en s’appuyant sur sa propre expérience. «Cette année, je suis allée déposer une plainte pour harcèlement, raconte l’élue verte. Pour être prise au sérieux par la police municipale, j’ai dû faire état de mon statut de conseillère nationale. Il y a énormément à faire pour simplifier les procédures et pour mieux former les agents à ces questions, c’est la priorité.»

    Concernant le cas spécifique du Flon, Léonore Porchet trouverait plus judicieux d’augmenter la présence des correspondants de nuit. «Au lieu de mettre en place une réponse sécuritaire, il faut faire de la médiation avec des travailleurs sociaux, des personnes formées qui pourraient aussi améliorer l’accueil des cibles de ces violences», plaide-t-elle.

    Celle qui est par ailleurs cofondatrice de l’application contre le harcèlement «Eyes Up» insiste: «Il n’y a pas davantage de harcèlement de rue le soir qu’à midi, même si la nuit ces agressions sont plus flippantes. Nos données le prouvent.» Plus globalement, toujours selon elle, les établissements nocturnes — au Flon ou ailleurs — peineraient à prendre leurs responsabilités, malgré quelques bonnes initiatives telles que le festival La Belle Nuit: «Ce qui est appelé de la drague lourde, alors qu’il s’agit en réalité de violences sexistes et sexuelles, est largement admis dans ce milieu. Il y a par ailleurs un abandon des autorités publiques qui disent à ces clubs qu’ils doivent s’organiser dans leur coin. Il manque une feuille de route qui ferait de la prévention une priorité.»

    «Il faut gérer la montée en puissance»
    Pierre-Antoine Hildbrand, municipal PLR de la Sécurité, refuse de se faire enfermer dans la question du nombre de policiers au Flon: «Les témoignages que vous avez reçus sont malheureusement largement partagés par les femmes mais ils préexistaient à la mort tragique causée par l’affrontement de deux bandes, avance-t-il. Jusqu’à preuve du contraire, ce drame n’a pas de lien avec d’autres événements survenus récemment ou encore avec la rumeur d’agressions au GHB dans un établissement bien connu de la place. On ne peut donc pas dire qu’il y a un problème général au Flon, vu aussi le nombre de noctambules qui s’y retrouvent sans soucis.»

    Keystone

    Pierre-Antoine Hildbrand, municipal PLR en charge de la Sécurité à Lausanne.

    Cependant, à mesure que la vie d’avant le Covid reprend ses droits, l’édile explique que la Ville travaille pour améliorer la coordination entre les différents acteurs présents au Flon: la police, les agents de sécurité, le propriétaire du quartier Mobimo (lire encadré ci-dessous), les clubs, les correspondants de nuit ou encore les secouristes. «Renforcer l’organisation et la coordination générale de la sécurité, sont des axes que j’entends faire mettre en œuvre, annonce-t-il. Mettre davantage de policiers n’est, dans ce cadre, pas toujours l’action la plus efficace en terme d’engagement des moyens.»

    Les propriétaires du Flon défendent leur dispositif sécuritaire

    Impossible de parler du Flon sans sonder Mobimo, la société propriétaire du quartier. Une question est sur toutes les lèvres: en fait-elle assez pour assurer la sécurité des noctambules? En préambule, l’entreprise déplore les récents incidents survenus sur ses terres. Mais n’en endosse pas la responsabilité.

    «La police municipale assure la sécurité publique dans toute la ville de Lausanne et notre dispositif de sécurité privé diurne et nocturne, vient le compléter, et ce depuis de nombreuses années, détaille Teodor Teodorescu, manager du quartier chez Mobimo. Nos agents de sécurité patrouillent dans le quartier et un dispositif de sécurité modulable est en place, adapté en fonction des événements et du moment de la journée ou de la semaine. Par exemple, le week-end ou lors d’événements spéciaux, les équipes de sécurité sur le terrain sont renforcées.» Pour lui, c’est suffisant: «Ce dispositif de sécurité modulable est, à notre avis et selon notre expérience, proportionnel à la fréquentation variable et à la typologie du Flon».

    Pas de problématique propre au Flon
    La société se veut par ailleurs rassurante. «Nous entretenons une étroite et excellente collaboration avec la police municipale et avons régulièrement des réunions de coordination et d’échange avec cette dernière», affirme le cadre. En outre, la sécurité serait un thème essentiel pour Mobimo, «afin que le quartier reste un lieu convivial pour ses usagers».

    Pour cette dernière, le Flon n’est pas plus dangereux qu’un autre endroit du genre. «La sécurité est un thème primordial pour tous les quartiers d’une ville attractive, jure Teodor Teodorescu. Nous y prêtons une attention particulière en coordination avec la police municipale et également les autres parties prenantes. Le quartier est confronté aux mêmes problématiques que tout autre quartier ou endroit accueillant beaucoup de monde.»

    Moins

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  87. Se faire un rail au buffet de la gare
    bonpourlatete.com/a-vif/se-faire-un-rail-au-buffet-de-la-gare

    Certainement, comme l’a affirmé en passant Paulina Dalmayer dans son article paru le du 5 août dans BPLT, on n’a pas «le droit de sniffer de la coke à la table du Gran Véfour». Par contre, bien que cela ne soit pas plus légal, il arrive qu’un consommateur pressé et insouciant se fasse un rail sur la table du buffet d’une gare sur le Léman. Nous l’avons vu de nos propres yeux, un samedi soir.
    Après une journée fort agréable au bord du lac, une amie me propose de finir une bouteille de blanc assis à une table du buffet de la gare1. Le restaurant est fermé depuis 21h, il est proche de minuit. La table est juste devant l’entrée principale de la gare. Le samedi soir les trains sont bien fréquentés. Un va-et-vient incessant. C’est pour ça que nous sommes là. La variété des passants justifierait à elle seule qu’on s’y intéresse. Des groupes d’ados passent, tous semblables, chacun avec une bière à la main. Des grappes de jeunes femmes chuchotent et rient en passant. Des voyageurs ivres se battent avec les machines pour obtenir des titres de transport. Des voitures attendent l’arrivée des trains: amants ou conjoints? Un homme en costume pousse une grosse valise et se dirige vers une berline électrique. La femme au volant ouvre le coffre, l’homme disparaît derrière la voiture et réapparaît sans veste, déboutonné, avec une bière à la main.

    Une chorégraphie bien réglée
    Mais ce qui vraiment nous a attiré là est le ballet d’une quinzaine de personnes, dont on a de bonnes raisons de croire qu’elles participent à un trafic de drogue. La chorégraphie est bien réglée. Une partie des hommes restent dans une zone limitée, d’autres tournent. Tous portent au moins une oreillette. Ils attendent, dans une certaine nervosité. Régulièrement des passants les approchent. Echange de coups d’œil aux écrans de téléphone, puis quelques pas ensemble, pour disparaître de la scène. Il ne faut pas passer longtemps dans le périmètre de la gare pour assister à de tels mouvements, observables presque tous les jours, midi et soir. Cela fait des années que ça dure. La population s’en plaint. Même ceux qui ne sont pas contre l’usage de stupéfiants déplorent une situation propice à la vente de produits de mauvaise qualité, disponibles facilement, aussi pour les ados. Ce soir-là, en nous postant juste devant l’entrée de la gare, nous voulions non seulement observer la danse de plus près et plus longtemps, mais – au fond – aussi voir si nous arrivions à gêner la danse elle-même. Jamais nous n’aurions cru que le spectacle allait être aussi étonnant et intéressant, bien au-delà de nos attentes!

    La police passe
    Une voiture de police passe à vive allure. Les guetteurs sont éveillés et les danseurs détalent. Une deuxième fois les policiers s’arrêtent en gare, appelés pour… arrêter deux jeunes gens, qui ont voyagé sans avoir de billets et ont donné de fausses identités. Pendant les deux heures et demi de notre apéro tardif, aucun représentant des forces de l’ordre en uniforme n’a fait sentir sa présence. On nous a dit que la police fait ce que la politique décide qu’elle doit faire. C’est un principe sain. Reste à la politique de trouver quoi faire. Il faut bien avouer, que malgré des expériences semblables faites ailleurs, la solution n’est pas simple à trouver. Il y a des politiques qui minimisent le problème et vont jusqu’à protéger les personnes directement impliquées dans le trafic, car toutes visiblement issues de l’immigration et certainement pas d’extraction sociale élevée. Il est sûr que ces personnes sont facilement remplaçables, et qu’il est probablement plus efficace de s’attaquer aux flux financiers. D’autres proposent d’installer des caméras de surveillance, ce qui aurait probablement pour seul effet de déplacer le problème ailleurs dans la ville. D’autres encore réfléchissent à l’opportunité d’infiltrer le réseau et ensuite essayer de discuter avec les trafiquants sur comment réduire la gêne occasionnée. Cette solution permettrait de tenir compte des intérêts des milieux aisés, qui bénéficient de ce type de trafic, mais elle requiert une approche de la police qui ne soit pas simplement répressive.

    Arrivent Jeannot et Bouchaïb
    Vers une heure du matin, s’approche de notre table un jeune gaillard qui a l’air «bien de chez nous». Nous l’invitons à s’asseoir. Il s’appelle Jeannot, et il a l’air fatigué. Il nous raconte qu’il revient d’une fête, qu’il a organisée pour célébrer la fin de l’apprentissage d’un jeune collègue. Il travaille dans le rayon alimentaire d’une grande surface de la Côte vaudoise. Il aimerait bien rentrer se coucher, ce qu’il ne peut pas faire tout de suite, car son ami et collègue de huit ans Bouchaïb est encore avec lui. En fait, nous avions vu arriver le duo une demi-heure plus tôt. Bouchaïb avait approché un danseur, qui lui avait juste fait faire un tour de la place. Puis, il était revenu à la charge. De manière très peu discrète, en faisant des grands signes, il disait quelque chose comme «good quality» et «I have the money». Une femme s’était approchée l’a accompagné à l’intérieur de la gare, avec son interlocuteur. Il en est ressorti quelques minutes après, visiblement content. A son tour, Bouchaïb s’est ensuite approché de notre table. Il parlait beaucoup. De l’amitié qu’il avait pour Jeannot, de son travail, du fait que les clients l’appréciaient beaucoup, de sa femme et de ses enfants, de sa récente conversion à l’Islam. Il n’arrêtait pas de parler. Jeannot intervenait dans son monologue en répétant avec un faux agacement: «cela fait huit ans!»

    «Jeannot, passe-moi une carte!»
    Nous avons eu du mal à ralentir le débit de Bouchaïb et à le faire s’asseoir à son tour. Sans préavis, il a commencé à mâchouiller une sorte de gros bonbon blanc. Au non expert cela pouvait paraître un gros cachet. C’était en fait le dernier achat de la journée. La gomme ne lâchait pas. Profitant de cette hésitation, nous avons essayé de convaincre Bouchaïb de ne pas poursuivre son plan. Rien n’y a fait. «Cela fait huit ans!»

    Et après quelques minutes un petit tas blanc s’est vidé de la boulette sur l’écran du téléphone sorti juste à temps. C’est alors que je me suis dit que ce n’était peut-être pas juste une blague stupide, celle qui expliquait la croissance de la taille des téléphones portables par la nécessité de servir de table de travail. «Jeannot passe-moi une carte!» crie Bouchaïb plusieurs fois. Jeannot obtempère, et voilà quatre lignes prêtes à être sniffées. Les gens continuent à passer à quelques mètres de distance. Nous restons comme hypnotisés. Une voiture de police passe juste au moment où Jeannot aspire sa part à travers un billet de cent francs enroulé. Les trois autres lignes sont pour Bouchaïb. L’heure avance, il doit attraper le dernier train. Nous arrivons à nous détacher de cette scène. Nous n’avons pas rêvé. La seule explication raisonnable de ce que nous avons vécu est que les deux compères étaient des policiers essayant de nous piéger, mais je n’y crois pas vraiment. La réalité dépasse l’imagination, et ce que nous avons vu doit nous interroger. Pourquoi autant de monde cherche-t-il à se droguer aujourd’hui? Notre société n’a-t-elle pas été trop loin, avec la banalisation de la consommation de la cocaïne?

    1Pour des raisons évidentes, nous avons changé quelques indications de lieu, ainsi que les prénoms des personnages principaux.

  88. Philippines : les orphelins de la guerre contre la drogue
    Le 30 juin 2022, Bongbong Marcos Junior devenait le nouveau président des Philippines et Rodrigo Duterte quittait le pouvoir après six ans de mandat pendant lesquelles la police, appuyée par miliciens ou tueurs à gages, avait carte blanche dans la lutte contre la drogue. Ce grand nettoyage, qui visait trafiquants et consommateurs, a laissé beaucoup d’orphelins. Livrés à eux-mêmes, les enfants ont dû souvent survivre seuls, dans la misère. Certains se sont mis à gérer le trafic de drogue eux-mêmes. D’autres ont réussi s’en sortir.

    https://www.arte.tv/fr/videos/115722-000-A/philippines-les-orphelins-de-la-guerre-contre-la-drogue/

  89. Dealers et jeunes contre flics et cagnotte: 14 Juillet brûlant en banlieue
    blick.ch/fr/news/france/le-14-juillet-en-france-dealers-et-emeutiers-contre-flics-et-cagnotte-une-prochaine-explosion-id18726888.html
    Richard Werly6 juillet 2023
    Le 14 Juillet en France

    Dealers et émeutiers contre flics et cagnotte: une prochaine explosion?

    Le 14 juillet, c’est la Fête nationale française. Une journée de feux d’artifice redoutée dans les banlieues sorties assommées des récentes émeutes. Alors que les trafiquants et les policiers se retrouvent face à face. Et en colère.

    Publié: 06.07.2023 à 16:24 heures

    imago/Reichwein

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    Le montant des dommages causés par les émeutes de ces derniers jours en France devrait dépasser le milliard d’euros.

    Richard WerlyJournaliste Blick

    1,6 million d’euros recueillis en ligne pour venir en aide au motard qui a tiré et tué le jeune Nahel au petit matin, le 27 juin à Nanterre. Et derrière cette somme, des internautes français excédés, ralliés autour de ce policier par un politicien d’extrême-droite familier des médias, ancien haut fonctionnaire au Ministère de la Défense et ex-porte-parole du candidat Eric Zemmour à l’élection présidentielle de 2022.

    La «cagnotte» de solidarité accumulée en quelques jours est, en France, la preuve que les policiers peuvent compter sur l’appui d’une bonne partie de la population. Fermée mercredi 5 juillet, elle a entraîné le dépôt d’une plainte de la mère de Nahel, le jeune garçon de 17 ans mort d’un tir au thorax, pour «escroquerie en bande organisée» et «recel de cette infraction». Le policier incriminé est aujourd’hui incarcéré, sous le coup d’une mise en examen pour «homicide volontaire».

    Silence et inquiétude
    De l’autre côté, le silence et l’inquiétude. Dans les banlieues qui se sont embrasées, personne ne croit qu’un calme durable va revenir par la seule grâce d’une rencontre à l’Élysée, mardi, entre Emmanuel Macron et 250 maires de villes touchées par les émeutes. L’annonce d’une possible «loi d’urgence» pour la reconstruction des centaines de bâtiments publics détruits n’a pas dissipé l’angoisse des élus, parfois visés personnellement. Et pour cause: le 14 Juillet approche. La Fête nationale est toujours l’occasion de feux d’artifice, et de tirs des fameux mortiers utilisés contre la police ces derniers jours.

    Preuve que des réserves inflammables existent dans les quartiers: près de 1,5 tonne de mortiers ont été saisis depuis une semaine en région parisienne, selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Ces mortiers sont commandés en ligne, souvent à des sociétés basées dans l’est de l’Europe. Ils sont livrés à domicile. Trente pièces par carton, à 8 euros pièce. Selon le quotidien «Le Monde», «les Crackling Chrysanthemum (‘chrysanthèmes crépitants’) de la firme polonaise Tropic sont capables de propulser huit projectiles d’un calibre variant de 20 à 29 millimètres, selon les modèles, pendant une durée de trente secondes». Ambiance…

    Retrouvez Richard Werly dans «Courrier International»:

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    Au milieu de ce face-à-face entre des policiers accusés de racisme, mais soutenus par une France silencieuse et demandeuse d’un retour à l’ordre ferme? Les trafiquants de stupéfiants considérés comme les «caïds» des quartiers. «Les gamins, ils écoutent qui? Les dealers, Monsieur le président», s’est entendu dire Emmanuel Macron en début de semaine, lors de sa visite dans un commissariat parisien.

    Version légale donnée par les policiers, selon «Le Parisien»: «En onze ans d’exercice, on n’a jamais vu autant de tirs de mortiers. Les deux premiers soirs, ils ont été utilisés pour nous tuer, c’est sûr. (…) Les gamins, on les attrape, puis le lendemain, on les retrouve dans la rue, c’est qu’il y a un problème. (…) On a multiplié les textes de loi. Maintenant, il faut qu’ils soient appliqués.»

    Version moins légale, et plus réaliste: «Les gamins écoutent les dealers, Monsieur le président. C’est eux qui commencent à leur demander de se calmer depuis deux jours, parce que tout ce bazar, c’est en train de donner du tort à leur business. Ça fait une semaine que le trafic de stups ne tourne pas.»

    La peur du 14 juillet
    Pourquoi cette peur du 14 juillet, jour traditionnel du défilé militaire sur les Champs-Élysées, à Paris, que présidera Emmanuel Macron en présence du Premier ministre indien, Narendra Modi? «Parce que beaucoup de villes ne vont pas renoncer au feu d’artifice, explique Yazid Kherfi, un éducateur, animateur de l’association Médiation nomade. Ceux qui veulent repasser à l’acte pourraient en profiter.»

    Sauf si les dealers s’interposent: «Le paradoxe absolu, c’est que les flics soutenus savent qu’ils ont besoin des trafiquants pour tenir les quartiers. Les Français donnent de l’argent dans une cagnotte pour soutenir ce motard accusé de meurtre, mais ce sont les ‘caïds’ qui peuvent empêcher les bavures en ordonnant aux gosses de se tenir tranquilles», reconnaît l’animateur, en regrettant l’abandon des programmes de prévention et la désertion publique du champ de la médiation.

    Les trafiquants à la rescousse de l’État
    Le journaliste Frédéric Ploquin, spécialiste de la pègre, est de cet avis. Le 14 juillet 2023 est tenu en joue par les narcos: «Si les trafiquants de drogue mettent fin aux émeutes, ils rendent service à l’État, ce qui les place dans une situation pour le moins assez singulière», affirme-t-il à «Lyon Capitale».

    Explication: «En gros, les trafiquants des stupéfiants sont des gens pragmatiques, ce sont des commerçants, certes illégaux, mais des commerçants quand même. Et comme les commerçants, ils n’aiment pas voir leurs vitrines se faire casser. Or, c’est ce qui se passe depuis plusieurs jours: les points de deal sont au pied des immeubles, dans les quartiers, d’où partent et s’agitent les émeutiers. Pour eux, c’est une perte de chiffre d’affaires. Et quand on connaît les chiffres de certains points de deal à la journée, les pertes peuvent rapidement devenir énormes.»

    Un accord souterrain?
    De là à imaginer, comme certains, un accord informel et souterrain entre la police et le milieu avant la fête ô combien symbolique du 14 Juillet, pour calmer le jeu. «L’extrême-droite qui récolte de l’argent pour la police de façon très discutable pense que les flics tiennent les quartiers et peuvent en reprendre le contrôle durable. Or, c’est faux», juge un élu.

    D’autant que pour les trafiquants, ces émeutes ont eu un autre avantage, selon Frédéric Ploquin, auteur de «Les narcos français brisent l’omerta» (Ed. Albin Michel): «Les caïds ont besoin des jeunes qui n’ont pas peur de la police, capables de se défendre et de violence, car le trafic est une activité dans laquelle il faut maîtriser la violence. Donc, à partir du moment où ces jeunes sont aguerris à la violence, ils deviennent une main-d’œuvre potentielle et malléable.»

    Les émeutes françaises, terrain de formation pour futures recrues des «narcos» face à des policiers de plus en plus impuissants?

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  90. “Si les trafiquants de drogue mettent fin aux émeutes, ils rendent service à l’Etat, ce qui les place dans une situation pour le moins assez singulière”
    lyoncapitale.fr/actualite/si-les-trafiquants-de-drogue-mettent-fin-aux-emeutes-ils-vont-rendre-service-a-l-etat-ce-qui-les-place-dans-une-situation-pour-le-moins-assez-singuliere
    Guillaume Lamy3 juillet 2023 À 18:11
    Frédéric Ploquin
    Spécialisé dans le grand banditisme, Frédéric Ploquin s’explique. Le constat : les émeutes nuisent au trafic de drogue. La question : est-ce que ce sont les trafiquants qui rétablissent l’ordre dans les banlieues ?

    Frédéric Ploquin est spécaliste du grand banditisme et auteur de Les narcos français brisent l’omerta (Albin Michel), dans lequel il décortique par le menu le business model de ce qui est devenu un « empire indestructible ».

    Lyon Capitale: On entend dire, ici et là, de source policière, que ce sont les dealers qui rétablissent l’ordre dans les cités pour préserver leurs trafics.
    Frederic Ploquin : Pour l’instant, j’ai aussi quelques petits échos qui vont dans ce sens. En gros, les trafiquants des stupéfiants sont des gens pragmatiques, ce sont des commerçants , certes illégaux, mais des commerçants quand même. Et comme les commerçants, ils n’aiment pas voir leurs vitrines se faire casser. Or, c’est ce qui se passe depuis plusieurs jours : les points de deal sont au pied des immeubles dans les quartiers, d’où partent et s’agitent les émeutiers. Imaginez une supérette avec des travaux devant chez elle, aucun client ne rentre plus faire ses courses. Pour eux, c’est une perte de chiffre d’affaires. Et quand on connaît les chiffres de certains points de deal à la journée, les pertes peuvent rapidement devenir énormes. Et puis, il y a du stock à écouler.

    “Les émeutes sont, pour les narco-trafiquants, particulièrement contre-productivistes.”
    On peut donc considérer que ces émeutes sont, pour les narco-trafiquants, particulièrement contre-productivistes. A moyen-terme du moins car, à court-terme, les dealers peuvent cautionner ces émeutes et ce pillages pour conforter, dans l’esprit de la police que leurs quartiers sont imprenables, que ce sont eux qui font la loi. C’est ce qui s’était passé lors des émeutes de 2005 : les responsables des coins de deal, à un moment donné, avaient sommé les plus jeunes de rentrer à la maison, soit avec la promesse des les embaucher dans leur organisation criminelle, soit parce qu’ils travaillaient déjà pour eux. Il y a un rapport de soumission entre ces petites mains, cette main d’oeuvre qui trime et payée au lance-pierre, et les caïds.

    Lire aussi : “À Lyon, le trafic de drogue est plus atomisé qu’à Marseille. On pourrait dire qu’il y a du travail pour tout le monde. C’est donc moins conflictuel”

    Quand on regarde les profils des émeutiers, on constate qu’il s’agit de mineurs, parfois très jeunes, et extrêmement violents. Une partie de ces mineurs compte-t-elle parmi les petites mains des trafiquants de drogue ?
    Tant qu’on n’en a pas un sous la main, c’est difficile à démontrer concrètement. Ce qu’on peut dire, en revanche, c’est que c’est typiquement ce genre de profils que recherchent les dealers : des jeunes qui n’ont pas peur de la police, capables de se défendre et de violence car le trafic est une activité dans laquelle il faut maîtriser la violence – pour être plus clair, on ne se se fait entendre que par la violence dans le trafic de drogue. Donc, à partir du moment où ces jeunes sont aguerris à la violence, ils deviennent une main d’oeuvre potentielle et malléable. Après, l’autre « force morale », si je peux parler ainsi, dans les quartiers, sont les barbus. En 2005, comme aujourd’hui, on a l’impression que certains responsable cultuels, sans généraliser, je ne parle pas de ceux qui sont dans les rangs, mais de ceux qui ont un intérêt à braquer un peu contre la France, qui cultivent cette haine, soufflent un peu sur le braises. Ils ont aussi un intérêt à montrer leur autorité pour tenter de faire la loi. Il y a donc une sorte de compétition entre ces deux sphères, ces deux modèles qui se croisent.

    “Il peut y avoir un déplacement des méthodes propres aux trafics de drogue vers les pillages.”
    Lors du pillage des boutiques, on a vu une certaine organisation avec des guetteurs cagoulés et d’autres qui volaient les marchandises. Des méthodes qui ressemblent à celles qu’on voir sur les points de deal…
    C’est comme les blacks blocs qui sont ultra organisés, avec des règles bien précises. Comme eux, les émeutiers ne sont pas des amateurs. Comme eux, ils ont l’habitude de contrôler l’espace public et la rue. Il peut donc y avoir un déplacement des méthodes propres aux trafics de drogue vers les pillages. Il ne s’agit rien moins que de mimétisme.

    Le fait que des trafiquants de drogue rétablissent l’ordre en intimant aux émeutiers d’arrêter, qu’est-ce que cela dit de notre société ?

    Cela confirme que le trafic de stupéfiants exerce une sorte de contre-pouvoir dans ces quartiers, que les trafiquants de drogue font régner, quand ils le veulent, la loi du ghetto, parallèle à celle de la République. Et ce qui est encore plus dangereux pour la société, c’est que, quelque part, si les trafiquants de drogue vont jusqu’au bout, en mettant fin aux émeutes, ils vont rendre service à l’Etat, ce qui les place dans une situation pour le moins assez singulière.

    Lire aussi : “Il y a une porosité entre les narcotrafiquants et les braqueurs”

  91. En Guadeloupe, les autorités redoutent une progression du trafic de drogue
    euractiv.fr/section/sante/news/en-guadeloupe-les-autorites-redoutent-une-progression-du-trafic-de-drogue
    EURACTIV France avec AFP5 juillet 2023
    Par : EURACTIV France avec AFP

    5 juil. 2023 (mis à jour: 6 juil. 2023)

    Le port de Point-à-Pitre, en Guadeloupe. [SHUTTERSTOCK/Solarisys]

    Les autorités de Guadeloupe craignent une accélération du trafic de stupéfiants en raison du renforcement des contrôles en Guyane voisine et de l’agrandissement du port de Pointe-à-Pitre qui va doubler sa capacité de containers à partir de 2025.

    Selon le directeur des douanes de Guadeloupe, Philippe Richard, ses services ont saisi « quelque 700 kilos de cocaïne chaque année sur les 5 dernières années, sur un peu plus d’une tonne de stupéfiants en moyenne », même si l’année de la pandémie (2020-2021) a entraîné un sérieux ralentissement des saisies.

    « On trouve aussi de la drogue dans les bateaux de plaisance, à la Poste sous forme de colis, que l’on détecte grâce au chien et depuis que les contrôles ont été massifiés en Guyane fin 2022, on assiste à une recrudescence du phénomène de mules », assure le douanier.

    Seize personnes ont en effet été interpellées depuis le début de l’année, avec de la drogue in corpore, « malgré les dangers que cela représente pour la santé », selon le procureur de la République de Pointe-à-Pitre, Patrick Desjardins.

    En mai 2023, un homme de 48 ans qui avait ingéré des ballots de cocaïne, est décédé d’overdose, alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion depuis Pointe-à-Pitre en direction de l’Hexagone.

    « Avant 2022, on avait très, très peu de cas, mais depuis que les vols internationaux sont très contrôlés en Guyane, on voit qu’une nouvelle route par les vols interrégionaux semble se dessiner », explique le procureur, précisant que « nous ne sommes pas totalement sur une déferlante ».

    157 tonnes de drogues saisies en France en 2022, un record historique
    157 tonnes de stupéfiants ont été saisies par les autorités françaises sur l’année 2022, un chiffre « historique », selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a fait de la lutte contre les trafics « la mère de toutes …

    Scanner les containers
    L’agrandissement prévu du Grand Port Maritime, qui « devrait passer de 250 000 conteneurs […] à près de 450 000 par an », fait également craindre de nouvelles opportunités pour les trafics. La douane va donc s’équiper d’un scanner qui « permettra d’accroître les contrôles » pour lutter contre l’augmentation du trafic de drogue, selon M. Richard.

    La raison de cette augmentation, « c’est le changement des règles internationales du commerce maritime et la mise aux normes environnementales des porte-containers qui obligent les bateaux à grossir », explique Jean-Pierre Chalus, le directeur général du Grand Port Maritime de Guadeloupe, par où transite la quasi-totalité de tout ce que consomment les Guadeloupéens.

    « Par conséquent, on doit adapter le port aux nouveaux besoins logistiques des armateurs qui changent aussi leurs lignes de fret », détaille-t-il. Le Port prévoit des travaux sur le quai qui recevra notamment les mastodontes de CMA CGM, principal armateur qui dessert les Antilles.

    Actuellement, pour traquer la drogue dans les containers, les douaniers tentent de « cibler les fouilles ». « Un bateau qui vient de Colombie, en général on va ouvrir quelques containers », sourit le chef des douanes de Guadeloupe. « Mais cela prend un temps fou. »

    « Le scanner, qui devrait se présenter sous forme de camionnette, doit permettre d’aller beaucoup plus vite sur ces contrôles », se satisfait-il, d’autant que la machine, pour laquelle « plusieurs calendriers ont été annoncés » depuis 2022, arrivera finalement d’ici à la fin des travaux (prévus pour 2025) et donc avant le déferlement des marchandises.

    « La France est directement affectée par l’offre colombienne par le biais de ses régions d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane), qui sont également des zones de transit vers le marché hexagonal et européen », d’après un rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

    Ainsi, le 6 juin, un réseau de trafic de cocaïne a été démantelé en Guadeloupe : 14 personnes ont été arrêtées dans l’archipel et dans l’Hexagone et les enquêteurs ont évalué la quantité saisie à près de cinq tonnes.

    Fin 2022, un important réseau avait également été démantelé entre la Guadeloupe et la région strasbourgeoise.

    Au total, sur l’année 2022, 2,24 tonnes de cocaïne et 638 kg de résine de cannabis ont été saisis par la Police nationale en Guadeloupe.

    « Au niveau international, rappelle le directeur des douanes de Guadeloupe, on estime qu’on saisit 8 à 10 % de la drogue en circulation dans le monde. »

    Cannabis : l’Allemagne veut modifier la législation européenne et revoit ses projets de légalisation
    Le gouvernement allemand a décidé de faire pression sur Bruxelles pour modifier la législation européenne sur le cannabis et va retravailler ses projets de légalisation de cette substance après que la Commission européenne a rejeté un projet législatif initial.

  92. Le ministre portugais de la Santé appelle à la prudence sur la dépénalisation des drogues de synthèse
    euractiv.fr/section/sante/news/le-ministre-portugais-de-la-sante-appelle-a-la-prudence-sur-la-depenalisation-des-drogues-de-synthese
    Sérgio Mourato4 juillet 2023
    Par : Sérgio Mourato | Lusa Portugal | translated by Nicolas Thomsin

    4 juil. 2023

    M. Pizarro s’est adressé aux journalistes en marge d’un événement organisé dans le cadre de l’initiative Open Health, à Serpa, dans la municipalité de Beja, dans le sud du Portugal. [Shutterstock/Andre Roque Almeida]

    Le ministre portugais de la Santé, Manuel Pizarro, a appelé à « beaucoup de prudence » dans le processus de dépénalisation des drogues de synthèse afin de s’assurer que cette « bonne idée » ne finisse pas par rompre la distinction entre consommation et trafic.

    M. Pizarro s’est adressé aux journalistes en marge d’un événement organisé dans le cadre de l’initiative Open Health, à Serpa, dans la municipalité de Beja, dans le sud du Portugal.

    « Je suis avec intérêt et de manière positive la question de l’extension de la dépénalisation aux drogues de synthèse, mais je pense qu’il faut faire preuve de beaucoup de prudence dans la manière de procéder », a-t-il ajouté.

    « Il ne faut pas profiter d’une bonne idée » pour rendre les drogues de synthèse « équivalentes à toutes les autres substances addictives et interférer dans la question des quantités que chacun peut posséder et qui permettent de différencier la consommation du trafic », a-t-il poursuivi.

    « Il convient de ne pas ajouter des difficultés au travail des entités policières et judiciaires sur le terrain, qui consiste à faire la distinction entre les consommateurs, qui doivent être aidés à accéder au système de santé, et les trafiquants, qui doivent être réprimés pour avoir commis un délit », a-t-il souligné, en référence au cadre juridique portugais existant, qui vise à traiter la consommation de drogues avant tout comme un problème de santé.

    S’adressant aux journalistes, le ministre a également rappelé que le Portugal avait pris en 2001 « une mesure pionnière à l’échelle mondiale » en optant pour la dépénalisation de l’usage des drogues — « c’est-à-dire en distinguant ce qui doit être réprimé, durement réprimé, le trafic de drogue, de ce qui doit être traité, surtout dans le contexte de la santé, à savoir la toxicomanie et la dépendance à la drogue ».

    Cannabis : la France à contre-courant de l’Observatoire européen des drogues
    Alors qu’un nouveau rapport européen pointe la nécessité de davantage communiquer sur les risques liés à la consommation de cannabis, la France préfère continuer à mener une politique de répression sévère.
    Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée au …

    Les propositions visant à dépénaliser les drogues de synthèse seront débattues au Parlement mardi (4 juillet). Des initiatives législatives ont été déposées par le parti socialiste (PS) au pouvoir et le parti social-démocrate (PSD), principal parti d’opposition, qui visent tous deux à assimiler les nouvelles substances psychoactives aux drogues classiques, décriminalisant ainsi la possession de petites quantités destinées à la consommation.

    Les deux projets de loi mettraient à jour la législation de 1993 qui approuve les règles juridiques applicables au trafic et à la consommation de stupéfiants et de produits psychotropes afin d’éviter les disparités entre les nouvelles substances psychoactives et les drogues de synthèse et de distinguer les trafiquants des consommateurs.

    Selon le « Rapport européen sur les drogues : tendances et évolutions » de 2022 publié récemment par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), dont le siège se trouve à Lisbonne, près de sept tonnes de drogues de synthèse — des substances vendues pour leurs propriétés psychoactives, mais non contrôlées par les conventions internationales sur les stupéfiants — ont été saisies en 2020.

    Le rapport fait également état de « préoccupations » concernant le chevauchement croissant entre les marchés des drogues illicites et les marchés des nouvelles substances psychoactives, notant que les consommateurs « peuvent être exposés sans le savoir à des substances à forte teneur susceptibles d’accroître le risque de surdose mortelle ou non mortelle ».

    Le rapport indique qu’à la fin de l’année 2021, l’OEDT surveillait environ 880 nouvelles substances psychoactives, dont 52 ont été signalées pour la première fois en Europe en 2021. En 2020, environ 370 nouvelles substances psychoactives précédemment signalées avaient été détectées sur le marché.

    En 2020, les États membres de l’UE ont réalisé 21 230 des 41 100 saisies de nouvelles substances psychoactives signalées dans l’Union européenne, en Turquie et en Norvège, pour un total de 5,1 tonnes sur les 6,9 tonnes saisies.

    Enorme saisie d’armes et de drogues chez des motards néo-nazis autrichiens
    Les autorités autrichiennes ont récemment perquisitionné 13 maisons en Haute et Basse-Autriche. Elles ont arrêté six personnes du milieu des motards d’extrême droite et ont saisi de la drogue, de nombreuses armes ainsi que du matériel pour en fabriquer davantage à l’avenir.

    Sujets

  93. Cannabis : la France à contre-courant de l’Observatoire européen des drogues
    euractiv.fr/section/sante/news/cannabis-la-france-a-contre-courant-de-lobservatoire-europeen-des-drogues
    Clara Bauer-Babef16 juin 2023
    Par : Clara Bauer-Babef | EURACTIV France

    16 juin 2023 (mis à jour: 22 juin 2023)

    Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée au sein de l’UE, selon le dernier rapport de l’Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie (EMCDDA), publié vendredi 16 juin. [Media Lens King/Shutterstock]

    Alors qu’un nouveau rapport européen pointe la nécessité de davantage communiquer sur les risques liés à la consommation de cannabis, la France préfère continuer à mener une politique de répression sévère.

    Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée au sein de l’UE, selon le dernier rapport de l’Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie (EMCDDA), publié vendredi 16 juin.

    L’EMCDDA estime qu’en Europe, 8 % des 25-64 ans, soit 22,5 millions de personnes, ont consommé du cannabis en 2022. De plus, la disponibilité du cannabis semble s’accroître puisque les quantités de résine et d’herbe saisies dans l’UE en 2021 ont atteint leur niveau le plus élevé depuis une décennie.

    Le rapport souligne la nécessité de mettre en place des stratégies de communication efficaces sur les risques afin d’informer les consommateurs « sur les effets indésirables sur la santé liés aux nouvelles substances, aux interactions entre drogues et aux produits à forte teneur en principe actif ».

    Des recommandations dont la France semble faire fi, préférant mener une politique répressive sévère : la majorité des moyens de l’État sont utilisés pour la répression plutôt que pour la prévention, selon le maire écologiste de Bègles, en Gironde, Clément Rossignol-Puech.

    Pourtant, la France est le deuxième pays européen en matière de consommation de cannabis.

    44,8 % des Français entre 15 et 64 ans ont déjà consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie, selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publié en septembre 2021.

    À titre d’exemple, ce chiffre est de 37,5% pour l’Espagne et 38,4% pour le Danemark. Aux Pays-Bas, où le cannabis est en vente libre, le chiffre est de 27,7%.

    Selon Caroline Janvier, députée Renaissance du Loiret, « la politique publique sur le cannabis en France est inefficace ».

    La députée est également rapporteure de la mission d’information sur la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis et son constat est clair : « Il faut aller vers une légalisation encadrée où l’État contrôle la fabrication, la transformation du produit et le taux de THC », explique-t-elle à EURACTIV France.

    Même son de cloche pour Clément Rossignol-Puech, qui souhaite expérimenter la légalisation du cannabis à l’échelle de sa ville.

    « Les gens doivent savoir ce qu’ils consomment. Lorsqu’on encadre, la consommation est mieux gérée et elle diminue », déclare le maire dans un entretien accordé à EURACTIV France.

    M. Rossignol-Puech dit avoir affaire à des familles désemparées à des jeunes qui consomment du cannabis très tôt, souvent dès le collège. Alors que le cannabis présente un risque accru pour les moins de 25 ans, car le cerveau n’est pas encore totalement développé, « il faut des messages dirigés vers les jeunes comme pour le tabac », martèle-t-il.

    Légalisation du cannabis : la France va suivre « de près » le projet de loi allemand
    Alors que l’Allemagne s’engage sur la voie de la légalisation du cannabis récréatif dès 2024, le gouvernement français entend surveiller étroitement l’évolution du cadre législatif de son voisin européen.

    Des pays européens sur la voie de la légalisation
    Au sein de l’UE, un vent de progressisme semble souffler depuis plusieurs années sur les politiques publiques du cannabis. Le Portugal a dépénalisé toutes les drogues depuis 2001 et « la consommation de cannabis au Portugal est trois fois inférieure à celle de la France », constate Mme Janvier.

    Malte fait aussi souvent office d’exemple puisque depuis 2021, l’île ayant totalement légalisé la consommation de cannabis pour toute personne âgée de 18 ans ou plus.

    Plus récemment, l’Allemagne a annoncé vouloir ouvrir la voie à une légalisation totale du cannabis dès 2024. Selon le ministre allemand de la Santé Karl Lauterbach, la future loi permettrait d’ »assurer une meilleure protection des enfants et des jeunes, mais aussi une meilleure protection de la santé ».

    Mais chaque pays européen mène sa propre politique sur le cannabis, l’UE n’ayant pas de compétences sur le sujet, rappelle à EURACTIV l’eurodéputé David Cormand (Les Verts/ALE).

    Seule une résolution du Parlement européen adoptée en 2019 appelle à des règles européennes sur le cannabis thérapeutique et récréatif, mais la résolution n’est pas contraignante et exprime seulement un point de vue.

    « Des règles juridiques aideraient à contrôler les points de vente et limiteraient le recours au marché noir. Elles aideraient également à prévenir l’abus de substances et l’addiction parmi les mineurs et les groupes vulnérables », peut-on lire dans la résolution.

    « C’est une question de santé publique, il est difficile de traiter la dépendance et les conduites addictives liées au cannabis si sa consommation est illégale », note M. Cormand, alors qu’en Europe, 97 000 usagers sont entrés en soins pour des problèmes liés à un usage de cannabis en 2021.

    « Les toxicomanes sont considérés comme des criminels avant d’être des malades », appuie Mme Janvier.

    Mais en France, la législation ne semble pas prête d’avancer. Valérie Saintoyant, déléguée de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), avait estimé en janvier dernier que la légalisation du cannabis en Europe était loin d’être une « réussite ».

    Cannabis : sa légalisation en Europe est loin d’être une « réussite », estime le gouvernement français
    La dépénalisation du cannabis dans certains pays européens ne convainc pas la France. La déléguée ministérielle Valérie Saintoyant a réitéré la position, fermement contre, du gouvernement, lors d’une audition au Sénat mercredi.

  94. Gangs, mafia et clans: Voici à quoi ressemble le crime organisé en Suisse
    blick.ch/fr/news/suisse/gangs-mafia-et-clans-voici-a-quoi-ressemble-le-crime-organise-en-suisse-id18793192.html
    Myrte Müller30 juillet 2023
    Gangs, mafia et clans

    Voici à quoi ressemble le crime organisé en Suisse

    Les gangs, la mafia et autres clans qui mènent des actions illégales sont aussi présents en Suisse. Voici les principaux groupes qui sont actifs dans notre pays.

    Publié: 06:02 heures

    |

    Dernière mise à jour: 09:49 heures

    keystone-sda.ch

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    En Suisse, ils sont les chefs de file des bikers: les Hells Angels.

    Myrte Müller

    Ils agissent en groupes, cherchent le profit et sont enclins à la violence: les clubs de bikers, les gangs de jeunes, les clans mafieux et les cartels internationaux tourmentent la population suisse, la police et le Ministère public. Tour d’horizon.

    Les bandes de bikers

    La police fédérale Fedpol les désigne sous le nom de «Outlaw Motorcycle Gangs» (en français: des gangs de bikers hors-la-loi). Les Hells Angels, les Broncos, les Outlaws Motorcycle Club et les Bandidos ont tous des branches – autrement appelées chapitres – en Suisse.

    Ces groupes sont strictement hiérarchisés et suivent un code de conduite. Ils sont organisés à un niveau international, les différentes sections communiquent au-delà des frontières. On leur reproche des actes de violence, des délits contre le patrimoine et des délits liés à la drogue.

    Un épisode a particulièrement marqué les esprits. En mai 2019, les Hells Angels, les Broncos et les Bandidos se sont affrontés à Belp (BE) avec des armes à feu. Résultat: trois blessés. Au début de l’été 2022, 22 motards ont été jugés. Le principal accusé, qui appartient aux Bandidos, a été condamné à huit ans de prison.

    Plutôt silencieux en Suisse
    «Alors que dans des villes allemandes comme Düsseldorf ou Berlin, il y a des démonstrations de force en public, en Suisse, les chapitres veulent plutôt mener leurs affaires en toute discrétion», observe Dirk Baier, directeur de l’Institut sur la délinquance et la prévention de la criminalité à la Haute école des sciences appliquées de Zurich.

    «Pendant de nombreuses décennies, les Hells Angels ont dominé la Suisse. Ils avaient peu de raisons de montrer leur présence. Les rivalités ne sont apparues que lorsque les Bandidos ont revendiqué le territoire suisse. Mais depuis le procès de Berne, tout le monde se comporte avec plus de retenue.»

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    «Les Hells Angels revendiquent une position supérieure dans ce que l’on appelle la scène MC (ndlr: la scène des clubs de motards), qui se compose de plusieurs clubs plus petits», confirme également Berina Repesa de Fedpol. La plupart des groupes de bikers qui ont tenté d’établir des chapitres en Suisse ces dernières années n’existent plus.

    Les gangs Osmanen Germania et Bahoz

    C’est d’Allemagne que sont venus en 2016 les Osmanen Germania turcs et leurs rivaux kurdes, les Bahoz. Les Osmanen Germania, qui soutiennent le président turc de longue date Recep Tayyip Erdogan, faisaient l’objet d’une enquête pour trafic d’armes depuis la Suisse.

    Une guerre des gangs menaçait entre les Turcs ultranationalistes et les Bahoz, profondément antifascistes, qui s’étaient installés à Zurich, Bâle, Saint-Gall et Schaffhouse.

    Officiellement, les deux gangs ont été dissous il y a six ans. Mais le Ministère public de Zurich enquête à nouveau sur 25 membres présumés de Bahoz pour tentative d’homicide et lésions corporelles, car un témoin-clé a fait des révélations.

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    Les clans polonais et roumains

    Toutes les polices cantonales connaissent leur mode opératoire: les escrocs appellent des personnes âgées, inventent des histoires glaçantes et les intimident jusqu’à ce qu’ils leur confient leurs économies.

    Le scénario le plus commun des clans familiaux polonais et roumains: faire croire à la personne âgée que l’un de ses petits enfants est dans une situation de détresse et a besoin d’agent immédiatement. Arkadiusz L.* a inventé cette trame, mais c’est son fils Marcin K.* qui y excelle tout particulièrement: il a volé plus d’un million de francs à des seniors suisses.

    En 2021, deux Roumaines ont été jugées dans le canton de Zurich pour avoir escroqué un homme de 96 ans pour une somme de 150’000 francs.

    Les gangs de jeunes

    Les gangs de jeunes – qui se nomment d’après le code postal de leur lieu de résidence – n’existent pas seulement dans les grandes métropoles internationales, mais aussi en Suisse. Ils agressent les passants, participent à des émeutes, se livrent à des vols et s’en prennent parfois violemment à des rivaux.

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    En 2021, une bagarre au couteau entre deux gangs, de Bienne et de La Chaux-de-Fond, a coûté la vie à un jeune de 20 ans. «La proportion de jeunes appartenant à un gang ou à une bande est légèrement inférieure à la moyenne internationale, avec près de 7%», complète Dirk Baier.

    Il y a une différence notoire avec les gangs de l’étranger: en Suisse, ces jeunes ne sont pas actifs dans le trafic de drogue, et par conséquent moins impliqués dans des affrontements mortels.

    «En Suisse, nous parlons de groupes de jeunes, principalement masculins, qui déclarent les lieux publics comme leur territoire, observe le spécialiste de la délinquance. Ils ont parfois des couteaux, mais pas d’autres armes. Des combats de rue tels qu’on les a vus par exemple à Malmö ou à Stockholm ne seraient pas imaginables en Suisse.» En raison de la petite taille des villes suisses, il est plus facile pour les autorités de contrôler les jeunes.

    La mafia italienne

    La mafia italienne, notamment la ‘Ndrangheta de Calabre, est particulièrement dangereuse. La violence n’est utilisée qu’en dernier recours. Ces Italiens du sud misent plutôt sur le business et la coopération. Résultat: ils sont très impliqués dans des affaires illégales, mais œuvrent aussi, de plus en plus, du côté de la légalité. Depuis longtemps, la mafia calabraise fonctionne comme une entreprise, qui a des tentacules dans le monde entier.

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    La ‘Ndrangheta de Calabre est bien présente en Suisse. Avec une vingtaine de cellules locales estimées, elle est représentée dans presque tous les cantons. Les clans calabrais règnent depuis leur pays d’origine. Leur principale source de revenus est le trafic de cocaïne en Europe. Ils utilisent en outre la Suisse pour le blanchiment d’argent et le commerce illégal d’armes en raison de sa législation plus souple que celle de l’Italie.

    Les communications se font toujours davantage en ligne et de manière cryptée. Contrer cette mafia nécessite beaucoup de ressources, explique Berina Repesa de Fedpol. «Pour lutter contre la mafia, il faut une collaboration entre les polices et les acteurs non policiers. L’échange d’informations entre les autorités du registre foncier et du Registre du commerce gagne également en importance dans la lutte contre la mafia.» La ‘Ndrangheta blanchit souvent l’argent de la drogue en achetant des biens immobiliers.

    Au niveau du trafic international de cocaïne, elle coopère avec les cartels des Balkans – qui ont également des branches en Suisse –, avec la mafia nigériane Black Axe Confraternity, ainsi qu’avec des bandes dominicaines.

    Cette évolution est assez récente, explique le procureur de la Confédération Sergio Mastroianni à Blick: «Les organisations criminelles sont un problème transfrontalier et dynamique.» C’est pourquoi de nombreuses enquêtes doivent être menées via l’entraide judiciaire internationale, ce qui n’accélère pas vraiment les procédures. De plus, il est difficile de prouver devant un tribunal le rôle joué par des membres suisses de la mafia au sein d’une organisation criminelle.

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    *Noms connus de la rédaction

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  95. La police ne peut plus confisquer la coke à usage personnel
    blick.ch/fr/news/suisse/decision-du-tribunal-federal-la-police-ne-peut-plus-confisquer-la-coke-a-usage-personnel-id18816274.html
    Tobias Ochsenbein7 août 2023
    Décision du Tribunal fédéral

    La police ne peut plus confisquer la coke à usage personnel

    La police ne peut plus confisquer de petites quantités de drogues dures comme la cocaïne et l’héroïne. Du moins si ces drogues sont destinées à la consommation personnelle. Une nouvelle décision du Tribunal fédéral fait foi.

    Publié: il y a 43 minutes

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    Dernière mise à jour: il y a 12 minutes

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    Les personnes qui portent de la cocaïne, de l’héroïne ou du crack sur elles n’auront plus à craindre la police à l’avenir.

    Tobias Ochsenbein

    Le mot magique est «usage personnel». A l’avenir, quiconque sera pris par la police en possession de petites quantités de cocaïne, d’héroïne ou de crack n’aura plus à craindre de conséquences. En effet, bien que la consommation reste illégale, les agents ne pourront plus confisquer la substance si les personnes concernées déclarent la transporter pour leur propre usage.

    La nouvelle réglementation se base sur une décision du Tribunal fédéral de la semaine dernière, rapporte le «Sonntagszeitung». Il avait statué en ce sens pour le cannabis. Le jugement s’applique également aux drogues dures, comme l’expliquent au journal deux juristes reconnus par le Tribunal fédéral dans le domaine du droit des stupéfiants. Le Tribunal fédéral ne s’est pas seulement référé au cannabis, mais à toutes les substances addictives illégales.

    Les Ministères publics estiment qu’il faut agir
    Les Ministères publics tirent désormais la sonnette d’alarme. En effet, après le jugement de la plus haute juridiction, ils devraient modifier leurs pratiques juridiques de longue date en matière de drogues dures. Selon le «Sonntagszeitung», le Ministère public de Saint-Gall a déjà pris l’initiative de déposer la problématique devant la Conférence suisse des procureurs. Il faut dès que possible une interprétation nationale uniforme de la décision et, sur cette base, une pratique uniforme, poursuit le rapport.

    Combien de grammes de drogue une personne peut-elle donc porter sur elle sans que la police ne confisque la substance? Jusqu’à présent, il n’est possible de répondre à cette question que pour l’herbe et le hasch. Selon la loi, la possession de jusqu’à dix grammes n’est pas punissable. Cela correspond à l’équivalent de 20 joints.

    Pas de règles uniformes
    Pour les autres drogues, les indications légales sont plus floues: combien de grammes correspondent à une quantité servant à l’usage personnel, et donc considérée comme non punissable? Selon les juristes, la consommation hebdomadaire d’une personne devrait faire foi.

    Selon le «Sonntagszeitung», le Ministère public de Saint-Gall a fixé la limite actuelle à deux grammes de cocaïne. Cela correspond à environ 25 lignes. Dans certains cantons, la limite est plus élevée, dans d’autres plus basse, certains n’ont pas encore de règles uniformes.

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  96. Consommation – Villes suisses dans le top 10 de la prise de drogues
    24heures.ch/villes-suisses-dans-le-top-10-de-la-prise-de-drogues-151798020632
    ats
    ConsommationVilles suisses dans le top 10 de la prise de drogues
    Dans les villes helvétiques, la consommation de cocaïne et d’ecstasy est bien supérieure à la moyenne européenne.
    Publié: 14.03.2019, 18h11

    En Suisse, les valeurs mesurées pour la cocaïne et l’ecstasy correspondent aux chiffres des années précédentes.
    En Suisse, les valeurs mesurées pour la cocaïne et l’ecstasy correspondent aux chiffres des années précédentes.

    Photo d’illustration, Keystone

    Zurich, St-Gall, Genève et Bâle figurent parmi le «top 10» des villes européennes avec le plus fort taux de consommation de cocaïne et d’ecstasy. Berne occupe la 11ème place de ce classement qui comptabilise 85 villes.

    Dans les villes suisses, la consommation de cocaïne et d’ecstasy est bien supérieure à la moyenne européenne. En revanche, pour les amphétamines, elle se situe très en-dessous de la moyenne, a indiqué jeudi dans un communiqué l’Institut fédéral de recherche sur l’eau Eawag.

    Ce dernier a réalisé avec l’Université de Lausanne les analyses pour la Suisse. Cette étude annuelle s’effectue en collaboration avec l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. En tout, les chercheurs ont prélevé chaque jour pendant une semaine, au printemps 2018, des échantillons d’eaux usées dans 85 villes européennes qui comptaient au total 38 millions d’habitants.

    La consommation de drogue augmente en Europe
    Les échantillons ont été analysés afin de détecter des traces d’amphétamine, de cocaïne, d’ecstasy et de métamphétamine. En Suisse, les valeurs mesurées pour la cocaïne et l’ecstasy correspondent aux chiffres des années précédentes. Il n’y avait pas de données concernant la métamphétamine en 2018.

    En Europe, la consommation de drogue a progressé en 2018 par rapport à l’année précédente. Dans plusieurs villes, les traces détectables de cocaïne et d’ecstasy ont augmenté.

    Presque toutes les villes ont signalé une hausse des résidus d’amphétamine. Mais les quantités mesurées diffèrent considérablement entre les différents lieux examinés. Selon les données, la métamphétamine est de plus en plus consommée à Chypre, dans l’est de l’Allemagne, en Espagne et dans le nord de l’Europe.

    ats

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  97. Drogues – La pureté de la cocaïne en hausse en Suisse
    24heures.ch/la-purete-de-la-cocaine-en-hausse-en-suisse-609695708999
    ats
    DroguesLa pureté de la cocaïne en hausse en Suisse
    L’Europe connait une recrudescence de la cocaïne pure. Un phénomène qui n’épargne pas la Suisse, selon un rapport de l’organisation Addiction Suisse.
    Publié: 07.06.2018, 16h52

    Image d’illustration
    Image d’illustration

    AFP

    La «disponibilité» et la «pureté» de la cocaïne se sont accrues en Europe, s’inquiète l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. En publiant jeudi son rapport annuel, l’OEDT constate que la production de drogues s’y est aussi intensifiée.

    DE son côté, Addiction Suissea souligné jeudi que la pureté de la cocaïne est également en hausse sur le territoire suisse. Il est par contre difficile de se faire une idée précise de la consommation de nouvelles substances psychoactives (NPS) dans le pays.

    Dans les eaux usées
    Les données de la Société Suisse de Médecine Légale et des projets de contrôle de drogue montrent une hausse assez nette de la pureté de la cocaïne, indique Addiction Suisse dans un communiqué. Et d’ajouter que les villes suisses qui ont pris part à l’étude sur les eaux usées figurent parmi celles qui présentent les taux de cocaïne les plus élevés.

    L’organisation relève en revanche qu’il est difficile de se faire une idée précise de la consommation de nouvelles substances psychoactives (NPS) dans le pays. Elle mentionne toutefois que leur prévalence est faible selon les quelques enquêtes disponibles.

    Des dérivés du fentanyl
    Au niveau européen, une cinquantaine de substances jusqu’alors inconnues ont été détectées en 2017, contre une centaine en 2014 et 2015. Parmi les substances repérées figurent une dizaine de dérivées du fentanyl, précise le communiqué. Depuis 2015, quatorze benzodiazépines illicites, des médicaments notamment utilisés contre l’anxiété ou l’insomnie, ont été identifiées.

    Ces molécules ne correspondent à aucune figurant dans les médicaments autorisés dans l’Union européenne et sont vendues dans la rue ou sur internet. Addiction Suisse note que des benzodiazépines illicites ont déjà été saisies dans le courrier postal à destination de la Suisse. Et d’ajouter qu’il manque toutefois des données pour établir l’ampleur de leur diffusion dans le pays.

    Décès par overdose
    En 2016, l’Europe a enregistré environ 9000 décès par overdose, un chiffre en hausse pour la quatrième année consécutive. Quatre morts sur cinq sont associés à la consommation d’opioïdes, surtout d’héroïne souvent en combinaison avec d’autres substances comme les benzodiazépines ou l’alcool, explique Addiction Suisse.

    Les dernières données disponibles pour la Suisse remontent à 2015 et faisaient état de 132 cas. Ce nombre est légèrement remonté depuis 2012 (121 cas) après avoir affiché une baisse presque continue depuis 1995 (376 cas), note la fondation.

    ats

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  98. Jusqu’où ira la Suisse en matière de dépénalisation des drogues?
    swissinfo.ch/fre/jusqu-où-ira-la-suisse-en-matière-de-dépénalisation-des-drogues-/45810024

    Drogues
    Politique fédérale
    La Suisse se distingue au niveau international par son approche novatrice dans le domaine des addictions. Elle a adopté une nouvelle politique en matière de drogue au début des années 1990, à l’époque où des centaines de toxicomanes occupaient des places publiques dans les villes de Zurich et Berne. Le Platzspitz, derrière la gare de Zurich, était alors considéré comme la plus grande scène ouverte de la drogue en Europe.

    Ce contenu a été publié le 17 mars 2020 – 10:11 17 mars 2020 – 10:11 2 minutes
    Paula Troxler (illustration)

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    Scènes ouvertes de la drogue à Zurich
    Ce contenu a été publié le 30 janv. 2014 30 janv. 2014 Il y a une vingtaine d’années, les médias du monde entier se faisaient l’écho de la misère au grand jour du Platzspitz, derrière le Musée national…

    «L’humain et non la drogue doit être placé au centre de la réflexion actuelle», a déclaré en 2016 le ministre suisse de la Santé Alain Berset, lors de la session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux stupéfiants. Depuis 25 ans, la Suisse applique la politique des «quatre piliers»: prévention, thérapie, réduction des risques et répression. Ce modèle jouit d’une grande considération auprès des professionnels des addictions et son efficacité n’est plus à prouver: depuis son entrée en vigueur, les décès dus à la consommation de stupéfiants ont diminué, la criminalité a baissé, la santé des toxicomanes s’est nettement améliorée et les scènes ouvertes ont disparu.

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    La Suisse, pionnière d’une politique humaine en matière de drogue
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    L’une des grandes nouveautés de cette politique est la distribution médicalement contrôlée d’héroïne. Les toxicomanes ont la possibilité de se rendre dans un centre spécialisé qui leur fournit une dose quotidienne. Les injections se font sur place, sous la surveillance de l’équipe soignante.

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    Evelyn reçoit ses doses quotidiennes
    Ce contenu a été publié le 27 janv. 2014 27 janv. 2014 (Julie Hunt, swissinfo.ch)

    Cette méthode introduite en 1994 profite aujourd’hui à environ 1700 toxicomanes dans toute la Suisse. Elle a permis de diminuer la transmission de maladies, les infections et les overdoses. Les personnes dépendantes ont la possibilité de vivre une vie quasi normale. «Sans ce programme, je serais morte depuis longtemps», confie Evelyn, qui reçoit des prescriptions d’héroïne depuis plus de vingt ans.

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    «Sans ce programme, je serais morte»
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    La Suisse s’interroge désormais sur la dépénalisation du cannabis, mais également des drogues dures. Des experts réclament une nouvelle approche dont l’objectif premier devrait être de réduire autant que possible les dommages causés par les stupéfiants. «L’histoire a montré que la prohibition génère plus de problèmes qu’elle n’en résout», soutient Michael Herzig, ancien délégué aux questions de drogue de la ville de Zurich.

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    «L’interdiction des drogues crée plus de problèmes qu’elle n’en résout»
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    Cette dépénalisation des drogues est contestée et fait encore l’objet de débats nourris en Suisse. Un premier pas a toutefois été franchi avec le cannabis: depuis 2011, on trouve en vente libre des produits contenant un taux de THC très bas, qui n’ont pas d’effet psychotrope. Le gouvernement a également l’intention de faciliter l’accès au cannabis médical, qui pourrait alors être obtenu en pharmacie sur ordonnance.

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  99. «L’interdiction des drogues crée plus de problèmes qu’elle n’en résout»
    swissinfo.ch/fre/repenser-la-politique-de-la-drogue_-l-interdiction-des-drogues-crée-plus-de-problèmes-qu-elle-n-en-résout-/43695422
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    La cocaïne est consommée par des personnes de tous âges et de toutes classes sociales, malgré l’interdiction. Keystone/Martin Ruetschi
    Zurich arrive aux côtés de Londres et d’Anvers en tête du peloton des villes européennes où la consommation de cocaïne est la plus élevée. Sur les bords de la Limmat, la fée blanche ferait partie du quotidien de quelque 2000 personnes, selon des estimations. C’est pourquoi les spécialistes et certains politiciens demandent une nouvelle approche dans la politique de la drogue et en particulier la décriminalisation des drogues dures. La droite conservatrice se dit choquée.

    Ce contenu a été publié le 22 novembre 2017 – 16:30 22 novembre 2017 – 16:30 7 minutes
    Il y a bien longtemps que le tristement célèbre parc du Platzspitz de Zurich n’accueille plus ces êtres anéantis qui s’y agglutinaient par milliers pour s’injecter de l’héroïne au vu de tous.

    Quelque 1750 personnes en Suisse bénéficient du programme de distribution contrôlée d’héroïne. Ce nombre est stable avec une légère tendance à la baisse. En outre, 18’000 personnes participent à des programmes de substitution à la méthadoneLien externe, dont 14’000 dans des cabinets médicaux. (Source: OFSP)

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    Maintenant, la drogue de Zurich est la cocaïne. La cité des bords de la Limmat fait partie des villes d’Europe où la consommation atteint des records, selon une étude internationaleLien externe qui a examiné les taux de cocaïne et d’autres drogues qu’on retrouve dans les eaux usées d’une vingtaine de métropoles européennes pour en déduire la consommation de la population.

    Zurich n’est pas fière de son classement. Mais plutôt que de miser sur la répression, la municipale responsable de la santé Claudia Nielsen plaide pour une nouvelle approche. L’objectif doit être de réduire autant que possible les dommages causés par les drogues, explique-t-elle dans les colonnes du journal libéral suisse alémanique Neue Zürcher Zeitung. «C’est pourquoi il faut décriminaliser les consommateurs et miner le marché noir.»

    «Répression, abstinence, prévention»
    La proposition de la municipale zurichoise échauffe les esprits de la droite conservatrice. La conseillère nationale de l’Union démocratique du centre (UDC) Verena Herzog se montre indignée. «Il est effrayant de constater que même la NZZ participe à l’offensive en faveur de la légalisation», a-t-elle déclaré à swissinfo.ch. «On va vraiment dans le mauvais sens.» Mère de trois enfants maintenant adultes, elle relève qu’elle a pu constater chez leurs connaissances les dégâts provoqués par les drogues pour ceux «qui sont tombés dans ce cercle vicieux: cannabis, alcool, agressions, police, apprentissage interrompu, cliniques».

    La conseillère nationale voit même là même une menace pour l’économie du pays: «Nous devons notre succès à la précision et la fiabilité suisse. Si nous légalisons les drogues, notre société sera de moins en moins performante. Plus il est facile de s’en procurer, plus la consommation augmente, dit la présidente de l’association Jeunesse sans drogue. Pour lutter contre ce phénomène, elle préconise «davantage de prévention, l’abstinence et une véritable répression».

    Les morts de l’héroïne en Suisse et aux États-Unis

    Une comparaison directe est difficile parce qu’il n’est pas possible de déterminer exactement le nombre de consommateurs d‘héroïne. Toutefois, aux Etats-Unis, la mortalité varie selon les États de 20 à 35 personnes pour 100’000 habitants. En Suisse, ce chiffre n’est «que» de 1,7 personne. (Source: OFSP)

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    La répression a-t-elle échoué?
    Michael HerzigLien externe connaît ce genre d’arguments. Désormais enseignant à la haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW), il a été pendant de nombreuses années le délégué aux questions de drogue de la ville de Zurich. «Quels problèmes entend-on résoudre ainsi?», demande-t-il. «Bien sûr, la cocaïne n’est pas inoffensive, mais il ne sert à rien de crier à tous vents que c’est une substance dangereuse. Je ne vois pas quels succès cette politique restrictive a apportés. L’interdiction des drogues dans le monde entier n’a pas permis d’en réduire la consommation. Ce que je vois en revanche, ce sont les dommages collatéraux», dit le spécialiste. Il relève en particulier le crime organisé qui s’enrichit sur le dos des personnes dépendantes. L’histoire a montré que «la prohibition génère plus de problèmes qu’elle n’en résout.»

    La Suisse était déjà arrivée à une conclusion analogue il y a une vingtaine d’années à propos de l’héroïne. Une politique répressive acculait alors des milliers de consommateurs, jeunes pour la plupart, dans l’illégalité, la détresse et la mort.

    Depuis, le pays gère les problèmes liés à l’héroïne avec une politique dite des quatre piliers: prévention, thérapie, répression et réduction des risques. Le dernier objectif de cette liste prévoit en particulier la distribution contrôlée d’héroïne aux personnes les plus dépendantes. Ce modèle avait été introduit à l’époque par Ruth Dreifuss et il a entretemps fait école dans d’autres pays. L’ancienne conseillère fédérale est toujours convaincue par cette politique et milite pour la décriminalisation de toutes les drogues dures.

    Contenu externe

    «L’État dealer»
    Mais la conseillère nationale UDC Verena Herzog n’apprécie pas les résultats de l’approche suisse du problème de l’héroïne. «Il n’y a plus autant de morts, mais la misère a tout simplement été reléguée dans l’ombre», estime-t-elle. «On perd ainsi l’effet dissuasif.» Elle réfute aussi l’argument selon lequel la distribution contrôlée épargne aux toxicomanes le stress de l’approvisionnement et leur permet de travailler. «Les activités qu’ils exercent leur rendent heureusement une certaine estime de soi, mais en général elles n’apportent rien sous l’angle économique. Les problèmes ne seront vraiment résolus que s’ils sortent de leur dépendance.»

    La politicienne conservatrice condamne avec véhémence la montée des revendications demandant de «transformer l’État en dealer» pour les autres drogues dures également. «La prévention perd ainsi toute crédibilité.»

    «Accès légal pour certains groupes»
    Plutôt que de légalisation, l’expert Michael Herzig préfère parler de régulation, en précisant qu’elle ne doit pas seulement porter sur la consommation, mais aussi sur le commerce et la production. Selon lui, cela n’a aucun sens de dépénaliser les consommateurs sans réguler le marché. «Celui qui veut réguler doit s’assurer que le crime organisé ne soit plus de la partie». Il ne demande d’ailleurs pas que les drogues soient en vente libre, mais qu’elles soient accessibles à certains consommateurs à des conditions très strictes – différentes cependant selon les substances. «Le défi serait ici de s’assurer que certains groupes aient un accès légal et ne soient pas criminalisés, tout en en excluant d’autres, par exemple les enfants et les jeunes. L’exemple de la protection de la jeunesse contre l’alcool et le tabac montre que ce n’est pas si simple.»

    Les informations de l’Office fédéral de la santé publique

    «Nettement moins de décès liés à la drogue, d’infections au VIH et d’infractions pour se procurer de la drogue, des personnes dépendantes en meilleure santé et une sécurité accrue dans l’espace public. Ce sont des preuves quantifiables du succès de la politique des quatre piliers et plus particulièrement de la réduction des risques», répond le porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique Adrien Kay aux critiques de Verena Herzog. «Personne n’a jamais pensé résoudre ainsi tous les problèmes, mais la Suisse a trouvé une réponse qui respecte la dignité humaine et qui est socialement acceptable. Cela lui vaut également une reconnaissance internationale.»

    «En outre, la hausse constante de l’âge moyen des personnes dépendantes de l’héroïne en traitement montre que l’image que les jeunes ont de cette drogue est mauvaise même sans ‘l’effet dissuasif de la détresse visible’».

    La contribution économique des participants aux programmes de distribution d’héroïne n’est peut-être pas très importante. Mais pour leur santé, il est important que leur travail les intègre dans une structure réglementé et qu’ils commettent nettement moins de délits.»

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  100. L’Europe, nouvel eldorado de la drogue ? | ARTE Info Plus
    25 janv. 2023 #Europe #Arte #Drogues
    Les chiffres du trafic de drogue en Europe sont vertigineux. Le marché est estimé à 30 milliards d’euros par an, et les douaniers n’ont jamais saisi autant de cannabis ou de cocaïne que ces dernières années. Rien qu’au port d’Anvers, en 2022, 110 tonnes de cocaïne ont été interceptées. Les moyens de lutte anti-drogue sont-ils suffisamment efficaces aujourd’hui ? Décryptage.

    Disponible jusqu’au 24/01/2024
    https://www.youtube.com/watch?v=aECgMcxzK-U

  101. 28 juil. 2023
    Le cannabis est massivement consommé en France, malgré une politique répressive. Dressons la géographie de ce trafic, cartes à l’appui, en suivant l’itinéraire d’un chargement, du Maroc à Paris. Le trafic de drogues mérite bien une analyse géographique : il est fait de flux, de limites, de frontières, de territoires et de territorialités.

    Si vous êtes étudiant(e) en géographie, je ne peux que vous conseiller de consulter les travaux de Pierre-Arnaud Chouvy, géographe spécialiste du trafic de drogues, qui a longuement écrit sur le cannabis ainsi que sur d’autres substances, et qui fait autorité dans le domaine.

    Cette vidéo ne glorifie pas la consommation de cannabis. Si vous consommez du cannabis et désirez arrêter, rapprochez-vous de votre médecin traitant, qui peut vous mettre en relation avec un addictologue : les séances peuvent être remboursées par la sécurité sociale

    https://www.youtube.com/watch?v=pvyRTe9HM5w

  102. Drogues : l’Europe, nouvelle plaque tournante | ARTE Europe l’hebdo
    30 juil. 2023 #europe #arte #drogues
    Du cannabis à l’héroïne, en passant par la cocaïne, 39 % des adultes européens ont déjà consommé au moins une drogue illicite dans leur vie. Si le cannabis reste la substance la plus utilisée, les “drogues dures”, elles, considérées comme beaucoup plus addictives, sont de plus en plus accessibles. Quand certains pays européens réalisent des saisies records ces dernières années, d’autres tentent aussi de renforcer la prévention auprès des usagers.

    https://www.youtube.com/watch?v=RrPWFACpQBM

  103. Trafic de cocaïne : enquête sur la nouvelle filière française en Guyane
    16 avr. 2023 #enquêtevidéo
    Chaque jour à l’aéroport de Paris-Orly, 100 kilos de cocaïne atterrissent pour ravitailler l’Hexagone et ses 600 000 consommateurs réguliers déclarés. La drogue est cachée dans les bagages et les tubes digestifs des passagers des deux vols quotidiens en provenance de Guyane, département français d’outre-mer. Cette poudre blanche dite « guyanaise » a pris une telle importance qu’elle alimente selon les autorités françaises 20 % du marché métropolitain.

    Pour comprendre l’ampleur et les origines de ce phénomène, Le Monde a analysé des images satellites de la région, collecté les signaux émis par le trafic aérien et épluché les rapports de police locaux. #enquêtevidéo

    Cette enquête permet de reconstituer la chaîne d’approvisionnement de ce trafic et de comprendre comment et pourquoi certaines régions – la Guyane mais surtout son voisin le Suriname – sont devenues des plates-formes logistiques pour celui-ci.
    https://www.youtube.com/watch?v=RrPWFACpQBM

  104. Narco-état.fr
    le-projet-olduvai.com/t12286-narco-etat-fr

    Message par KrAvEn Jeu 27 Avr 2023 – 9:39

    Salut !

    Cette époque ne nous aura décidément rien épargné.

    Un évènement de prospective auquel je ne m’attendait absolument pas, mais absolument pas : d’ici 5 ans, la France pourrait (et c’est sérieux), devenir un narco état. « Cette menace effroyable que personne ne voit venir. L’Europe et la France menacées par la cocaïne ». L’édito de Charles SANNAT – Insolentiae
    la cocaïne a vu ses prix s’effondrer notamment aux Etats-Unis en raison de la crise dite des opiacés et l’Europe devenir le débouché de substitution.

    J’ai vu… les liens commencer à se tisser entre ceux qui doivent lutter contre les trafics et les trafiquants eux-mêmes

    J’ai vu…
    des journalistes qui enquêtaient en plein cœur de l’Europe, aux Pays-Bas sur les trafics de drogue… être assassinés.

    J’ai vu… la plus grande compagnie maritime au monde devenir le plus gros transporteur de drogue

    Nous arrivons à un tournant face au trafic de cocaïne. En effet, coïncident plusieurs données : d’abord, une hausse de la production sud-américaine.

    la demande est toujours aussi forte.

    le marché américain est saturé, notamment par les opioïdes

    À terme, les trafics déstabilisent les États, corrompent les politiques et les policiers.

    l’Europe est en train de ravir sa place de premier marché mondial de la cocaïne aux États-Unis, une première historique.

    « De plus en plus de membres des autorités judiciaires et politiques sont corrompus en Europe occidentale. La cocaïne génère tellement d’argent qu’elle représente une menace pour les démocraties européennes.»

    Bonne nouvelle pour les consommateurs, les producteurs, les distributeurs et les délinquants à col blanc ; très mauvaise nouvelles pour tous les autres (plus de 98% de la pop).

    Stupéfiants : le Sénat veut éviter que la France ne devienne « un narco-État » 2.0 – Public Sénat (publicsenat.fr)

    La France, narco-Etat ? (nouvelobs.com)

    C’est toute l’Europe de l’ouest, par ailleurs, qui est menacée (avec une prévalence pour le France, quand même).

    Comment le tsunami de cocaïne qui déferle sur l’Europe met en péril les démocraties (lefigaro.fr)

    La Belgique redoute de devenir un « narco-Etat » (lemonde.fr)

    La Belgique : un narco-État en devenir ? (radiofrance.fr)

  105. La récente décision du Tribunal fédéral à propos du cannabis pourrait s’appliquer à toutes les substances
    grea.ch/publications/la-recente-decision-du-tribunal-federal-a-propos-du-cannabis-pourrait-sappliquer-a
    Après la décision du Tribunal fédéral d’interdire la confiscation de petite quantité de cannabis (en dessous de 10g) s’il est destiné à l’usage personnel, des spécialistes de la Loi sur les stupéfiants avancent, dans la SonntagsZeitung, que cette décision pourrait s’appliquer à toutes les substances. La co-secrétaire générale du GREA, Camille Robert, réagit à cette analyse dans la Matinale RTS.

    Dans un arrêt du 19 juin 2023, le Tribunal fédéral avait précisé que moins de 10 grammes de cannabis destiné à un usage personnel ne pouvait plus être confisqués et détruits par la police. Seule la consommation reste punissable d’une amende d’ordre. Réagissant dans la SonntagsZeitung(link is external), Peter Albrecht et Stefan Schlegel, tout deux spécialistes du droit des stupéfiants, estiment que la récente décision du Tribunal fédéral au sujet du cannabis s’appliquerait aussi aux autres substances illégales, comme le crack, la cocaine ou l’héroine. Selon eux, le passage de la Loi sur les stupéfiants (LStup) réinterprété par le Tribunal fédéral ne se réfère pas seulement au cannabis mais explicitement à toutes les substances addictives illégales. Cela signifie qu’à l’avenir, la police et le Ministère public ne pourront plus retirer de petites quantités de substance illégale si la personne concernée dit vouloir consommer elle-même la substance.

    Les juristes demandent que cette question soit rapidement tranchée par le Tribunal fédéral: l’arrêt du 19 juin ne concernant que le cannabis, le droit de confiscation d’autres substances reste actuellement dans une zone grise. Une question préoccupe notamment les autorités judiciaires : combien de grammes d’une drogue une personne peut-elle porter sur elle pour un usage personnel ? Si la loi est claire pour le cannabis (les moins de 10 g sont indiqués dans la LStup), cela n’est pas le cas pour les autres substances. La problématique a été soumise à la Conférence suisse des procureurs qui souhaite agir rapidement afin d’assurer une procédure nationale uniforme.

    C’est une bonne nouvelle selon Camille Robert, co-secrétaire générale du GREA, qui rappelle dans la Matinale de la RTS “qu’on sait que la repression des consommatrices et consommateurs n’a pas d’impact. Au contraire, cela contribue à la stigmatisation, à des comportements cachés qui rend plus difficile l’accès aux personnes pour des actions de prévention, de réduction des risques et de soin. Cette nouvelle s’inscrit dans une démarche sociétale vers la dépénalisation des substances”. Ceci pourrait être un petit pas suplémentaire vers la fin de la guerre aux drogues dont l’échec sanitaire et social est largement partagé.

    Liens associés

    L’article de la SonntagsZeitung(link is external)
    L’arrêt du Tribunal fédéral

  106. La pression de la société pour boire de l’alcool est un fléau
    lalutineduweb.fr/pression-societe-boire-alcool-fleau
    30 octobre 2021
    Certaines personnes semblent penser qu’il n’existe pas de normalisation à boire de l’alcool par la société, qu’il s’agit seulement de quelques personnes qui ont un mauvais entourage et devraient en changer.

    Parfois, on a beau essayer d’expliquer que ce n’est pas une histoire de cas isolés, que ça arrive partout en France, que c’est tout le temps comme ça et que ça ne vient pas forcément des personnes que l’on choisit de côtoyer mais de personnes qu’on subit, que c’est donc systémique. Mais quand ces personnes ne voient même pas pourquoi elles devraient chercher à se renseigner sur ce phénomène pour arrêter de dire des bêtises, on sait que c’est peine perdue. Pourtant, je suis sûre que d’autres personnes peuvent ne pas se rendre compte du problème mais être à l’écoute et chercher à comprendre. C’est pour ces personnes que j’ai décidé d’écrire sur ces problèmes de la relation à l’alcool parce que ça a réellement une grande ampleur. J’ai écrit des choses ici que j’aurais aimées qu’on me dise lorsque j’ai été confrontée à certains problèmes. J’espère donc que cela sera utile.

    Pour situer rapidement mes propos, j’ai grandi dans un entourage alcoolique et je suis loin d’être une exception.

    Je ne suis pas, moi-même, alcoolique : je bois de l’alcool de temps en temps (donc pas de façon hebdomadaire), je ne bois pas toujours d’alcool dans les soirées, je sais m’en passer sans difficulté, je n’ai jamais bu d’alcool jusqu’à vomir, oublier une soirée, avoir une gueule de bois. J’ai subi plusieurs fois des pressions directes à boire de l’alcool et je suis loin d’être une exception.

    Vivre dans un entourage alcoolique
    J’ai grandi dans un entourage alcoolique. Mon père était alcoolique et ça fait partie des causes de sa mort mais ce n’était pas le seul à avoir un problème d’alcool. Seulement, pour lui, les effets de l’alcoolisme se voyaient très fortement et avaient un impact important. Par conséquent, c’est le seul pour qui les gens avaient vraiment conscience de ça. Et c’est le seul qu’on blâmait, qu’on accablait pour ça. On l’accablait parce que les conséquences sur son entourage étaient importantes. On voulait qu’il se soigne mais on l’engueulait.

    J’étais jeune et je n’ai pris réellement conscience du problème que quand ça a commencé à devenir vraiment intenable au quotidien, à 17 ans. Pourtant, je savais, inconsciemment. Au lycée, j’avais même choisi de faire un dossier de recherche sur le lien entre l’alcool et certains cancers pour un devoir. Mais mon cerveau ne voulait pas voir la réalité en face.

    Je savais. Tous les week-ends, on prenait l’apéro, et ce n’était pas que le samedi soir. Les enfants buvaient des sodas. C’était tellement en excès qu’aujourd’hui, je ne peux plus boire la plupart de ces boissons car j’en ai bu jusqu’à finir par en détester le goût. Et les adultes buvaient de l’alcool. En excès également. On recevait souvent des ami·es et les bouteilles vides étaient comptées en rigolant. On parlait même, dans une bonne tranche de marrade, de ramener les gens chez eux en brouette.

    Et vous savez quoi ? Mon père était cadre. Certains et certaines des amies également. Ce n’est pas une histoire de classe sociale comme on l’entend, parfois.

    Régulièrement, je le voyais aller dans le garage sans savoir pourquoi. Je me suis faite engueuler pour avoir casser l’anse d’une tasse en la sortant du lave-vaisselle. Plus tard, j’ai su qu’elle était déjà cassée et avait été recollée en secret… Je me faisais engueuler (et pas juste engueuler à vrai dire…) tout le temps pour rien. L’abus d’alcool peut souvent créer de l’irascibilité et de la violence.

    L’alcool rend aussi irrationnel. Mon père me sentait quand je revenais de mes soirées entre adolescentes et m’engueulait parce que, selon lui, je sentais la cigarette. Absolument personne n’avait fumé et je ne supporte pas l’odeur donc c’était impossible.

    L’abus d’alcool cause aussi des dommages irréversibles à la mémoire. Combien de fois me suis-je agacée qu’il me demande si je voulais de la mayonnaise, de la moutarde ou du poivre alors qu’il devait savoir que je n’aime pas ça ? Sans exagérer, des centaines de fois. Je pensais qu’il le faisait exprès pour m’énerver (car les gens adorent faire ça avec moi – je vous maudis si vous le faites, sachez-le). Mais, en réalité, il oubliait tout. Il perdait ses clés et je lui avais même offert une boîte à clés pour l’aider.

    Un jour, j’ai eu la peur de ma vie quand il me ramenait en voiture du lycée. Il roulait vite. Trop vite. Il a doublé un véhicule sur une deux-voies. Une autre voiture arrivait sur la voie d’en face. C’est passé à un cheveu.

    Il est arrivé aussi, une autre fois, qu’une voiture fasse des appels de phare et qu’il change brusquement de direction au point que ma ceinture se bloque et me fasse mal. Je l’ai vu aussi prendre un rond-point à l’envers pour gagner du temps, ou encore s’arrêter brusquement en plein milieu d’une voie sans réussir à appuyer sur le bouton d’activation des avertisseurs pour retirer une poubelle que le vent avait envoyé sur la route. J’ai eu peur. Plein de fois. Quand j’y pense, je me dis que j’ai quand même eu une chance incroyable. Une autre personne qui a croisé sa route n’a pas eu cette chance. Pas de mort, heureusement.

    Mais voilà, tout cet entourage qui buvait avec lui savait mais continuait parce que c’est socialement acceptable de se bourrer la gueule. Jusqu’au jour où il y a eu la crise où il a failli frapper la personne qui retenait ses clés de voiture pour qu’il ne prenne pas la route. J’avais 17 ans. Sans réfléchir, je me suis enfuie dans le bois derrière la maison pour échapper aux cris. C’est là que j’ai su vraiment. C’est là que tout a basculé.

    Je crois que les gens ont sincèrement essayé de l’aider. J’ai aussi essayé de l’aider. Mais nous avions des biais cognitifs énormes. Arrêter l’alcool, ce n’est pas qu’une question de volonté de la personne alcoolique. Il faut profondément réformer la société pour que ça marche mieux. L’alcool, on le voit partout. Il y a des publicités partout et la petite phrase L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. n’a rien de magique. L’alcool, on nous incite à en boire partout, tout le temps. Au restaurant, dans les repas de famille, dans les repas ou sorties entre ami·es, au travail… On propose toujours de l’alcool dans la liste des boissons et, pour les adultes, c’est même le premier type de boisson qu’on propose. Quand on ne prend pas d’alcool, beaucoup de gens nous regardent de travers, font des réflexions. De même, de nombreux plats français sont cuisinés avec de l’alcool (bière, rhum, vin…) : non seulement il ne finit pas tout à fait évaporé mais le goût est bien là. (Passage modifié suite à un commentaire très instructif).

    Comment une personne alcoolique ne serait-elle pas tentée ? C’est au-delà de la seule volonté de la personne. Bien sûr, pour s’en sortir, il faut que ça vienne de la personne concernée car on ne pourra pas la forcer mais ce n’est justement pas en la brusquant ou en la culpabilisant qu’on l’aidera. J’aurais aimé qu’on me le dise car je prenais exemple sur le comportement des autres et celui-ci n’était pas approprié. Je n’en avais pas conscience. (À ce sujet, lire cette page « Comment aider un proche » sur Alcool Info Service.) L’addiction, comme l’écrit Auriane Hamon pour Marie Claire, c’est un besoin incompressible de consommer une substance. On n’est plus dans l’envie, on est dans le besoin. Le corps et le cerveau réclament. Il faut donc que l’entourage crée un contexte favorable pour que la personne dépendante puisse s’en sortir.

    Pour mon père, ce n’est malheureusement pas arrivé. J’aurais aimé savoir tout ça. J’aurais aimé que tout le monde sache ça autour de lui. Ça n’aurait peut-être pas changé l’issue mais beaucoup de choses auraient été différentes.

    La pression de la société à boire de l’alcool
    Un phénomène ancien
    J’ai trouvé le carnet de santé de mon père qui date des années 1960.

    Il y a deux pages disant :

    Le vin, le cidre et toutes autres boissons alcoolisées sont inutiles et dangereuses pour l’enfant.

    Écoutez les conseils de l’Académie de Médecine : « Les boissons alcoolisées ne constituent jamais un élément de ration alimentaire, et leur usage est, en tout état de cause,

    nuisible à l’enfant pendant la phase de croissance allant jusqu’à la puberté ».
    nuisible
    à son développement intellectuel et physique.
    à sa santé pour le reste de sa vie.
    Même en faible quantité l’alcool est un toxique pour tous mais plus encore pour les enfants

    On sait qu’avant les années 1960, des parents exigeaient que leurs enfants boivent de l’alcool à la cantine. Les deux pages de ce carnet de santé sont très révélatrices d’un problème avec l’alcool de longue date et dont on peinait déjà à se défaire à l’époque pour les enfants. Aujourd’hui, la plupart des gens savent que l’alcool est particulièrement mauvais pour les enfants mais, pourtant, il arrive encore que des parents autorisent les enfants à boire du cidre, par exemple.

    On a beau quitter son entourage, la pression de la société est toujours là
    Et quand on a quitté cet entourage (ou qu’on le voit de moins en moins), la pression de la société à boire de l’alcool est pourtant toujours là. Peu importe dans quelle région on habite.

    Dans le monde du travail, il y a régulièrement des afterworks, ces rencontres après le travail entre collègues voire même des repas le midi.

    Je me souviens très nettement de ce jour où, lors d’un repas le midi entre collègues, un chef de projet m’a regardée de travers et m’a dit : tu prends pas d’alcool ? t’as quelque chose à nous annoncer ?. Non seulement, cette façon de se mêler de l’utérus des femmes est un sérieux problème mais, par ailleurs, il faudrait arrêter de croire que c’est la seule raison à ne pas boire d’alcool. Je lui ai répondu sèchement qu’il aurait l’air con si je lui disais la raison pour laquelle je ne bois pas beaucoup d’alcool. Ça a jeté un froid et c’était très convenant face à une remarque inconvenante. Le fait de ne pas avoir envie de boire de l’alcool est une raison suffisante pour ne pas en boire.

    Je me souviens aussi d’un autre épisode où une nouvelle venue dans une entreprise où j’ai travaillé, lors d’un afterwork, avait dit quelque chose comme ah vous êtes pas une équipe fun ! Dans mon ancienne équipe, on se faisait des sacrés beuveries !. Puis, elle nous avait raconté les exploits de ces personnes alcoolisées mais on n’en avait rien à faire.

    On voit aussi souvent des gens dire que tel alcool ne serait pas de l’alcool mais de l’eau (le cidre, les bières légères, etc.). C’est ainsi qu’une fois, mon père m’avait regardée en cherchant mon approbation pour boire juste un verre de cidre parce que c’est rien. Même les sirops pour la toux à l’alcool, ce n’est pas rien quand on est alcoolique (et quand on ne l’est pas, c’est pas génial comme surprise au petit-déjeuner non plus…) !

    Demandez à des personnes qui se battent contre leur alcoolisme si les gens ne les incitent pas, parfois, à prendre juste un verre.

    J’ai beaucoup entendu la phrase on va pas laisser ça quand même quand il reste un fond dans la bouteille. Si si, on peut laisser ça, mettre au frais et boire la fin un autre jour.

    Et vous voyez, sur Indeed, un site d’offres d’emploi, on peut trouver un certain nombre d’offres d’emploi contenant le mot « bière » pour les métiers de l’informatique dont la plupart ne contiennent pas ce mot pour parler d’un secteur d’activité mais pour vanter la tireuse à bière, l’équipe « cool » qui boit de la bière, etc. Personnellement, je trouve ça révélateur d’oser mettre ça dans des offres d’emploi. Je cite :

    Pour conserver cette ambiance de travail unique, nous multiplions les activités tous ensemble. Autour d’un brassin de bière, escape games, LAN, jeux de société…
    Cependant, nous apprécions nous rencontrer de temps en temps autour d’un bon repas et de quelques bières ! : )
    Si vous recherchez un poste avec de beaux challenges techniques et une équipe avec un humour subtil, amatrice de bières et de burgers : Contactez-nous !
    Dans les citations suivantes, le fait de boire de la bière est même présenté comme un avantage…

    Les + de l’offre […] Bureaux sympas – pingpong et bières illimités : )
    Avantages : […] Jeux vidéo, tireuses à bière, cours de crossfit
    Ensuite, nous pouvons lire que les bières sans alcool et sans gluten sont le mal… ou la culpabilisation maximum :

    Vous pouvez dé(sen)capsuler autre chose que des bières (sans alcool, et sans gluten bien sûr)?

    Dès le recrutement, on vous explique que vous allez devoir boire une bière :

    Enfin, le processus de recrutement se termine par une demie-journée découverte chez eux pour partager avec l’équipe & une bière en fin de journée !

    En dehors des offres d’emploi, on voit aussi beaucoup de films ou séries où boire de l’alcool est passé pour cool. Les personnages boivent souvent un verre de vin après une journée difficile plusieurs jours de suite. Ce comportement n’est pas remis en question, c’est juste « normal ». De même, bien que la publicité pour l’alcool soit réglementée en France, les paysages sont ornés de panneaux publicitaires pour l’alcool, il y a des publicités à la télévision ou dans les journaux et magazines, etc. Les magasins surexposent l’alcool, notamment en période festive. On nous rabâche que ça fait partie du patrimoine français mais il serait quand même temps d’ouvrir vraiment les yeux.

    L’alcool, parlons statistiques
    En France, 10% des adultes consomment quotidiennement de l’alcool et 40% hebdomadairement
    En 2018, selon Santé Publique France, la France reste parmi les pays les plus consommateurs d’alcool au monde, se situant au sixième rang parmi les 34 pays de l’OCDE.

    Dans le même article, on peut lire que, selon des baromètres de santé de 2014 et 2017, en moyenne, en France, 10% des adultes de 18-75 ans vivant en ménage ordinaire, consommeraient quotidiennement de l’alcool. En France métropolitaine, c’est l’Île-de-France qui a le taux le plus bas à 7,1% et l’Occitanie le plus haut à 12,6%.

    De plus, la consommation hebdomadaire d’alcool chez les 18-30 ans s’élève à 32,5 % pour la France métropolitaine et varie entre 23,2 % et 43,5 % suivant la région.

    Ameli, l’assurance maladie, parle même de 40% des adultes de 18 à 75 ans qui ont déclaré, en 2017, avoir bu de l’alcool au moins une fois par semaine et 25% une à trois fois par semaine.

    Je ne sais pas si vous vous rendez compte à quel point ces chiffres sont énormes. La consommation d’alcool est totalement normalisée.

    La question des catégories socio-professionnelles
    Dans l’imaginaire collectif, on pense souvent que les catégories socio-professionnelles les plus impactées par la surconsommation d’alcool sont celles des ouvriers et ouvrières. D’après un article de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), il semble que ce ne soit pas tout à fait vrai. Quand bien même, ça ne voudrait, de toutes façons, pas dire que ce serait moins un problème si ça avait été vrai !

    Chez les femmes, la consommation d’alcool augmente chez les cadres, les artisans, commerçantes, chefs d’entreprise ; elle est moins élevée chez les professions intermédiaires et employées. Chez les hommes, la consommation d’alcool est plus élevée chez les cadres que chez les professions intermédiaires, employés et ouvriers. Enfin, quel que soit le genre, la consommation d’alcool augmente avec le revenu, selon l’Etude NutriNet-Santé.

    Citation de l’article Exposition au risque de l’INRS, basée sur l’Etude NutriNet-Santé de 2013 sur les déterminants de la consommation de boissons alcoolisées.

    D’après une autre étude de 2018 dont il est question dans un document de l’INRS et dans l’article « L’alcoolisme touche toutes les catégories socioprofessionnelles et davantage les personnes travaillant au contact du public », il semble que ce soit encore confirmé.

    Se remettre en question
    Qu’on ait un problème d’alcool ou pas, tout le monde a une relation avec cette substance car elle est omniprésente. Rappelons, par ailleurs, qu’il s’agit bel et bien d’une drogue. Qu’on en boive ou pas, il vient toujours un moment où ce sujet est évoqué. Nous avons vu que l’alcool est partout et qu’il faut sans arrêt se justifier de ne pas boire. Les choses doivent changer.

    Questionner son rapport à l’alcool vis-à-vis de soi
    Il peut convenir, d’abord, de savoir si on a, soi-même, un problème d’alcool. Il ne s’agit pas de se culpabiliser mais de se connaître et de savoir comment agir si on le souhaite. Ça peut être extrêmement difficile à admettre.

    Je vais ici me contenter de citations et de vous envoyer vers les bonnes ressources.

    Une personne dépendante à l’alcool est une personne qui a perdu la liberté de se passer de boire.

    Extrait de réponse à la question « A partir de quelle quantité est-on alcoolique (malade) ? » sur Alcool Info Service

    En 2017, le travail d’expertise scientifique mené par Santé publique France et l’Institut National du Cancer a permis d’élaborer de nouveaux repères de consommation à moindre risque : si l’on consomme de l’alcool, maximum 10 verres par semaine, maximum 2 verres par jour, et des jours dans la semaine sans consommation.

    Citation de l’article « Consommation d’alcool en France : où en sont les Français ? » de Santé Publique France

    La page « Comment savoir si j’ai un problème ? » d’Alcool Info Service vous renseignera aussi sûrement. Et, en cas de question, vous pouvez les contacter. C’est un service géré par Santé Publique France. Le numéro de téléphone est gratuit, l’appel est anonyme et c’est ouvert 7 jours sur 7 avec une plage horaire assez large de 8h à 2h.

    Questionner son rapport à l’alcool vis-à-vis de ce qu’il implique pour les autres
    Que vous ayez, ou pas, de problème d’alcool, je vous invite quand même à remettre en question votre rapport à l’alcool vis-à-vis de ce qu’il implique pour les autres dans votre comportement, vos paroles.

    Par exemple, parler d’alcool dans une offre d’emploi n’est pas approprié (sauf si vous parlez du secteur d’activité de votre entreprise ou de celui d’une entreprise cliente, évidemment). Inciter les personnes à boire de l’alcool n’est pas approprié : si une personne veut boire une boisson sans alcool, ne bronchez pas, ne cherchez pas à la faire changer d’avis, ne vous étonnez pas, ne demandez pas pourquoi, laissez-la faire son choix librement. Servir ou resservir un verre d’alcool sans le consentement de la personne n’est pas approprié : respectez les gens !

    Il y a plein de raisons possibles pour ne pas vouloir boire d’alcool et la personne n’aura pas forcément envie de vous en parler. Si elle est alcoolique abstinente, les comportements de forçage à boire sont d’autant plus problématiques et l’excuse je savais pas n’est pas valable. En aucun cas, on ne doit forcer une personne à boire.

    S’il ne vous est jamais arrivé de devoir vous justifier de ne pas boire d’alcool, sachez que vous avez bien de la chance. Il convient alors de ne pas culpabiliser les autres de faire face à ce genre de situation et de ne pas mettre en doute leurs témoignages. On ne choisit pas de faire face à ces situations, on les subit. Pour ne plus les subir, c’est bien la société qui doit changer et cela inclut également les comportements individuels.

    Autres ressources
    Articles sur la pression sociale face à l’alcool

  107. 1981 : La jeunesse fascinée par “Christiane F.” | Archive INA

    Question de temps | Antenne 2 | 06/07/1981
    Au début des années 80, le monde découvre l’histoire vraie de “Christiane F., 13ans, droguée, prostituée” à travers un film adapté du livre du même nom. Le destin tragique de cette jeune berlinoise n’est pas un cas isolée mais le reflet d’une réalité sombre qui touche alors la jeunesse allemande. Reportage à Bahnhof Zoo, quartier tristement connue dans le film où gravitent drogués et marginaux. De jeunes gens sont interrogés sur ce qu’ils pensent du film, certains dénoncent la mauvaise influence qu’il peut avoir sur les plus jeunes.

    https://www.youtube.com/watch?v=f6uFy19Didc

  108. A Vevey, la cocaïne s’est infiltrée dans toutes les couches sociales
    letemps.ch/suisse/vaud/vevey-cocaine-sest-infiltree-toutes-couches-sociales
    Les travailleurs sociaux de la Fondation Aacts, à Vevey, sont aux premières loges pour observer l’essor de nouvelles catégories de consommateurs de drogue sur la Riviera

    Samedi 19 novembre 2022, 00:26, devant la gare de Vevey. — © Sandrine Lagnaz pour Le Temps
    Céline Zünd
    Les journées de Jakob*, 40 ans, se suivent et se ressemblent. Du matin au soir, il poursuit un seul objectif: se procurer de la cocaïne à moindre prix. Il l’achète sous forme de poudre, puis il la transforme en «cailloux» qu’il fume: le crack. Soit la forme la plus addictive de consommation.

    Au cours d’une journée, il dit absorber jusqu’à 6 g de poudre blanche. «Je n’ai plus que cela dans ma vie. J’ai tout perdu: ma famille, mes amis», dit-il en plissant ses yeux bleu délavé, avec un léger chuintement dans la voix, effet collatéral d’une consommation compulsive: son addiction lui a aussi coûté ses dents, rongées par l’acide.

    Pour chasser la solitude, Jakob se rend chaque matin à Vevey, au centre d’accueil à bas seuil de la Fondation Aacts (Addiction, action communautaire et travail social). Dans ce lieu, à deux pas de la populaire place Robin, ses jeux pour enfants, son terrain de foot et ses marronniers, les personnes dépendantes, démunies ou sans abri trouvent un repas chaud pour 3 francs, une douche gratuite et de quoi laver leur linge. Le personnel y offre aussi un soutien administratif et distribue du matériel de consommation stérile.

    Lire aussi: A Vevey, le deal de rue s’enracine
    Le marché de la rue aux plus démunis
    Pour Vincent Masciulli, directeur de la fondation, la plus grande visibilité du deal de rue reflète aussi une forme de démocratisation de la consommation de drogue: «Les substances évoluent avec une société toujours plus orientée vers l’efficience et les sensations fortes. On n’est plus dans la dichotomie entre le cadre bancaire d’un côté et, de l’autre, les toxicomanes à la rue. Entre ces deux profils, il existe une palette de consommateurs très diverse, de la mère au foyer en burn-out parental au serveur qui veut oublier son mal de dos.»

    Parmi les quelque 800 personnes qui fréquentent les lieux chaque année, le travailleur social a vu l’arrivée de nouvelles catégories de consommateurs. Intégrés, ils ont souvent un job, un toit et une famille, mais consomment parfois tout autant de stupéfiants que des personnes en rupture sociale. «Ce sont souvent des personnes qui travaillent dans des secteurs particulièrement pénibles physiquement», observe le professionnel.

    Les usagers récréatifs réguliers, eux, se tournent vers d’autres marchés, où l’offre disponible ne se limite pas au cannabis et à la cocaïne, mais comprend aussi: kétamine, LSD, amphétamines, ou de nouvelles substances expérimentales. «On a vu se développer sur la Riviera un milieu des fêtes privées, au cours des dernières années. Mais chez eux, les dealers, ce sont les sociétés de livraison privées: ils commandent en général sur internet, ou auprès de contacts considérés comme plus fiables que ceux de la rue, où la qualité des stupéfiants est la plus faible», décrit Vincent Masciulli.

    Les usagers qui s’orientent vers la rue sont en général, soit des consommateurs occasionnels et spontanés, qui achètent une boulette de cocaïne sur un coup de tête, le week-end, soit ceux qui manquent des connexions nécessaires pour s’approvisionner via des réseaux plus discrets ou les plus pauvres.

    «Un soir, j’ai cédé»
    Comme Jakob. Une minorité de gros consommateurs tels que lui contribue à alimenter le trafic chaque jour de la semaine. «Ici, c’est plus facile que d’acheter une pizza. Plus rapide en tout cas», dit-il. Dans «la vie d’avant», comme il l’appelle, il a été palefrenier, maçon, fromager ou encore cariste. «J’adorais apprendre un nouveau métier. J’avais des ambitions, je voulais montrer ce que je savais faire. Il me fallait quelques jours pour me faire engager. J’ai gagné jusqu’à 6800 francs net par mois.»

    Lire aussi: Le marché de la cocaïne en Suisse pèse cinq tonnes et un demi-milliard de francs

    Jusqu’à ce que l’entreprise où il travaille le licencie avec 25 autres personnes. Le voilà sans emploi, avec un crédit ouvert, une voiture et une moto en leasing. «Je me suis retrouvé très vite en poursuite. Puis ma femme a demandé le divorce. C’était le truc de trop. Dans mon entourage, on me proposait souvent de la cocaïne. Je disais toujours non. Un soir, j’ai cédé. J’avais 32 ans et je n’avais jamais touché à aucune substance.»

    Il sombre dans une dépression et entame un suivi thérapeutique. On le diagnostique schizophrène. Il se retrouve à l’AI. Comment fait-il pour payer de telles quantités de stupéfiants avec un revenu minimal? Il reste évasif. «La débrouille, dit-il. C’est devenu ma première occupation.»

    * Prénom d’emprunt

  109. Drogue: A Lausanne, des toxicomanes ne se cachent plus pour se piquer
    blick.ch/fr/news/suisse/scene-ouverte-de-la-drogue-les-tox-a-lausanne-cest-de-pire-en-pire-id18868231.html
    Amit Juillard23 août 2023
    Scène ouverte de la drogue

    «Les tox’ à Lausanne? C’est de pire en pire!»

    Lausanne est-elle en train de perdre le contrôle sur sa scène ouverte de la drogue? A la place de la Riponne, des toxicomanes ne se cachent plus pour se piquer, parfois dans des environnements insalubres, a constaté Blick. Le voisinage est à bout. Reportage.

    Publié: 11:50 heures

    |

    Dernière mise à jour: 14:31 heures

    Amit Juillard

    1/6

    Lundi 21 août, place de la Riponne à Lausanne, autour de 10h.

    Amit JuillardJournaliste Blick

    Il file dans les buissons. Seul. Son compère reste là, au pied du palais de Rumine, à l’angle sud-ouest, sur la place de la Riponne. En fauteuil roulant, amputé d’une jambe, cheveux blancs et barbe touffue, avant-bras tatoué et gonflé, celui-ci balance des coups d’œil inquiets derrière lui. Moi, je suis perché un peu plus haut, sur les escaliers adjacents, ce lundi matin. Par hasard.

    Son compagnon — la quarantaine, peut-être, crins foncés, chignon, barbe taillée — ressort des fourrés. Dans la main, un sac en papier. Dix minutes s’évaporent. Les garrots étranglent désormais les bras des deux gaillards. Ils «trinquent» avant de s’injecter. Une poussette monte les marches menant au bar du Great Escape sans les remarquer.

    Darrin Vanselow

    Un homme se pique derrière un hangar à vélos. A ses pieds, des excréments humains.

    Ces scènes ne choquent plus grand monde dans ce quartier du centre-ville lausannois. Et pour cause: passez quelque temps à vous y balader, impossible que vous n’en soyez pas témoin. La preuve? Quelques minutes plus tard, à la rue des Deux-Marchés, derrière les immeubles qui bordent le nord de la place de la Riponne, un autre homme se pique derrière un hangar à vélo. Un genou à terre, au milieu d’excréments — humains, indiquent les morceaux de papier toilette. Contactée par Blick, la Municipalité juge la situation «très préoccupante» et «pas acceptable» (lire encadré en fin d’article).

    «Quand je sors, je fais attention où je mets les pieds»
    C’est dans ce secteur que la photo choc publiée par «20 minutes» ce 21 août a été prise. Pour mémoire, l’image montre un homme, torse nu, en train de se shooter, debout, sur le trottoir. A quelques mètres passe un gosse sur une trottinette.

    Un voisin promène son marcel blanc et son chien. Malgré sa gueule de cinéma grisonnante et ses bandes dessinées sur la peau, il préfère rester dans l’ombre. Sniper anonyme. Il habite ici depuis de nombreuses années. «C’est insupportable! Ça fait des années que c’est comme ça, mais c’est de pire en pire. Ce que vous avez vu ce matin, je le vois tous les jours. Je n’en peux plus.»

    Colère. Peur. «Quand je sors, je fais attention où je mets les pieds. Un jour, c’est un emballage, le suivant, c’est une seringue. Des fois, du sang. Quand mes enfants étaient plus jeunes, je ne les laissais pas jouer ici. La police est bien présente, mais les drogués se sont installés, ils ne se cachent même plus. Je suis dégoûté, c’est devenu la zone! On se sent vraiment délaissés.»

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    «Ils font leurs besoins contre l’une de nos portes»
    Et l’espace de consommation sécurisé, dont l’ouverture est prévue cet automne? «Ce sera là-bas sous le couvert. Ce n’est pas une bonne idée. Ça va juste leur donner plus de confort, mais ça ne changera rien. Je suis désolé et malheureux pour eux de dire ça. Avant de vivre ici, je n’avais pas une opinion comme ça.»

    Darrin Vanselow

    Civiliste à la Maison du vélo, Lucien Huber retrouve parfois des aiguilles devant la porte.

    À deux pas, des roues de petite reine se refont une beauté. Des bicyclettes attendent d’être louées. Bienvenue à la Maison du vélo, gérée par l’association Pro Velo. «Ils font leurs besoins contre l’une de nos portes et l’odeur s’infiltre, déplore Lucien Huber, civiliste. On retrouve des aiguilles.»

    L’endroit est aussi utilisé par l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). «Ce programme d’intégration va être déplacé en grande partie à cause de la situation ici. Et Pro Velo sera au Flon dès 2024. Très peu de gens osent venir ici et on souffre d’un manque de visibilité, sur cette rue.»

    «En deux semaines, j’ai trouvé une seule pipe à crack»
    Quelques minutes plus tard, un barbu — oui, encore un — tire sur sa clope sur le trottoir d’en face. «Je travaille dans le quartier, je peux vous parler, mais seulement si vous ne donnez pas mon identité. Je dirais que la situation se dégrade depuis un an, malgré les efforts de la police. Au fond, tout le monde fait ce qu’il veut de son corps. Mais je suis papa et ça me choque de savoir que les enfants de la garderie d’à côté peuvent être témoins de tout ça. Pourtant, il y a un local d’injection à 10 minutes à pied, au Vallon (ndlr: ouvert en 2018), mais ils ne l’utilisent pas.»

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    La «garderie», propriété de la Ville, déboule souvent dans les discours. La halte-jeux de la Grenette accueille gamins et darons gratuitement du mardi au samedi, dit la porte close. Tout près, les potagers urbains font pousser une chansonnette de Dire Straits. Dans le groupe qui squatte ici, les cheveux rouges dressés sur le crâne de Céline ne font pas tache. «Punk’s not dead», hurle le côté droit de son cou.

    Darrin Vanselow

    Céline travaille à «la garderie» de la Grenette et nettoie les environs tous les matins: «Il y a plusieurs mois en arrière, je trouvais cinq ou six seringues chaque matin. Je peux t’envoyer des photos! Là, en deux semaines, j’ai trouvé une seule pipe à crack.»

    «Je travaille à la garderie depuis cinq ans. Il n’y a jamais eu d’accident et la sécurité des enfants est assurée, même si la scène de la drogue a explosé à Lausanne. Tous les jours, à 6h, je nettoie tout, je fouille dans les bacs. Il y a plusieurs mois en arrière, je trouvais cinq ou six seringues chaque matin. Je peux t’envoyer des photos! Là, en deux semaines, j’ai trouvé une seule pipe à crack. La situation s’améliore, aussi grâce à la police qui fait des rondes. S’il n’y avait pas les enfants et leurs parents ici, ce serait pire!»

    «La seule solution, c’est le local d’injection»
    A côté, Noël enchaîne les sèches. «J’y peux rien si je suis né un 25 décembre! Mais tu peux aussi m’appeler Nonoss.» Look de motard, immenses rouflaquettes, tête rasée. Le sexagénaire a connu les manifs de Lôzane Bouge, la taule, la rue. La Riponne de jour, comme de nuit. «Parmi nous, dans ce coin, personne ne se pique. Ou ceux qui le font vont ailleurs. Moi, je ne l’ai jamais fait. Je fume des joints et je bois de la gnôle. Pour régler le problème qu’il y a dans le quartier, la seule solution, c’est le local d’injection.»

    Darrin Vanselow

    Noël, dit Nonoss, n’est pas toxicomane, mais connaît bien l’endroit: pour lui, pour vraiment améliorer la situation, il faudra que les horaires du futur espace de consommation soient étendus.

    Problème, à ses yeux: les horaires d’ouverture annoncés. «C’est bien beau d’ouvrir de 15h30 à 21h30! Mais avant et après, ils vont aller où? Et il faudrait une annexe pour qu’ils puissent se reposer après avoir consommé leurs trucs à la con. C’est bien que la presse parle de tout ça, il faut que la population soit au courant pour qu’on puisse faire bouger ce bordel. Parce que la Muni…»

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    «J’ai failli perdre mon bras gauche»
    Devant lui, l’édition du jour du quotidien gratuit de Tamedia. Celle du fameux cliché. «Si je le chope, celui qui s’est shooté devant ce gosse, il va chier du papier mâché, avertit Céline. Je vais lui faire bouffer des ’20 minutes’! Je suis en colère et déçue. On l’a souvent aidé, on l’a pris sous notre aile. Et là, il fait ça.» Jim, dit Baby, ne comprend pas non plus. «J’ai arrêté l’héroïne depuis deux ans, raconte ce Français au catogan, qui remettra son t-shirt au moment de poser pour Darrin Vanselow, le photographe qui m’accompagne. J’ai failli perdre mon bras gauche, j’étais descendu à 35 kilos, je me suis mis dans des états pas possibles, mais je n’ai jamais fait ce qu’il a fait devant des gens, comme ça!»

    Darrin Vanselow

    Jim, dit Baby, ex-héroïnomane, ne comprend pas comment on peut en arriver à se piquer devant tout le monde.

    Côté est de la place de la Riponne, sous la tenture blanche, plus difficile de discuter. Là, on prépare sa dose pour aller se défoncer dans les toilettes publiques voisines. On plane quand on en revient. Seul Ruben* me remarque et s’indigne face à l’acte dénoncé dans le journal. Il se réjouit de l’ouverture du futur local de consommation.

    Peu avant 13h, trois collègues de la police lausannoise accompagnent le nettoyeur de la Ville, pour qu’il puisse poutzer les WC gratuits, squattés du matin au soir par des toxicomanes. En sortant d’une cabine où logeaient plusieurs personnes, une jeune femme promet d’avoir «tout bien nettoyé» à l’employé communal. Tout le monde ne peut pas s’en vanter. Un poil plus tard, de l’autre côté de la mer de béton, nous trouverons une seringue échouée dans les fourrés.

    *Prénom d’emprunt

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    «Pour la Municipalité, cette situation est très préoccupante»

    La Municipalité de Lausanne, à majorité de gauche, reconnaît-elle qu’il y a un problème avec cette scène ouverte de la drogue et que celui-ci est en train d’empirer? Comprend-elle le ras-le-bol des habitants du quartier? Estime-t-elle normal qu’on puisse être témoin en tout temps de personnes s’injectant en plein centre-ville? Les horaires du futur nouveau local de consommation seront-ils suffisamment étendus? Quelles mesures sont prises pour endiguer ce phénomène?

    Blick a contacté les autorités de la Ville avec cette série de questions. L’Exécutif — plus précisément la socialiste Emilie Moeschler et le libéral-radical Pierre-Antoine Hildbrand — y répond en partie dans sa prise de position, transmise ce mardi en début de soirée par e-mail. «Pour la Municipalité, cette situation est très préoccupante et n’est pas acceptable, écrivent les deux collègues. Nous travaillons de concert et avec nos partenaires au renforcement des mesures de réduction des risques, mais également au renforcement de la présence policière en ville pour le maintien de l’ordre public.»

    Plus précisément? «Nous voulons ouvrir le plus rapidement possible l’antenne de l’espace de consommation sécurisé (ECS) à la Riponne pour une phase pilote d’une année, poursuivent les édiles. La nouvelle équipe sociale de rue et la police travaillent à la mise en place d’un protocole d’intervention qui doit permettre d’une part d’apporter du soutien aux personnes concernées notamment en les orientant vers les prestations sociosanitaires comme l’ECS et être à l’écoute du voisinage, d’autre part d’intervenir en cas de non-respect de l’ordre public.»

    Enfin, ces élus appuient sur un point: les événements actuels sont inadmissibles. «Il n’est pas acceptable que des enfants ou des personnes de tout âge soient confrontées à ces situations de consommation dans l’espace public.» Vous avez remarqué? La socialiste et le libéral-radical ne se prononcent pas quant aux horaires du futur local d’injection de la Riponne, jugés trop peu étendus pour être efficaces. D’autre part, la Municipalité refuse d’accorder une interview à Blick sur cette brûlante thématique.

    Moins

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  110. Lausanne: À la Riponne, les enfants ne seraient pas menacés par les toxicos
    blick.ch/fr/news/suisse/scene-ouverte-de-la-dogue-a-lausanne-nous-recherchons-les-eventuelles-seringues-avant-larrivee-des-enfants-id18874273.html
    Amit Juillard25 août 2023
    Scène ouverte de la dogue à Lausanne

    «Nous recherchons les éventuelles seringues avant l’arrivée des enfants»

    A la place de la Riponne à Lausanne, des toxicomanes se piquent non loin d’un espace récréatif gratuit accueillant des enfants et leurs parents. La responsable Michèle Montet assure à Blick que les mômes ne sont pas en danger à la Grenette.

    Publié: 06:00 heures

    |

    Dernière mise à jour: 06:58 heures

    DARRIN VANSELOW

    1/7

    «Je pense que les enfants qui fréquentent l’espace récréatif de la Grenette sont en sécurité, au même titre que dans un parc public, voire plus», affirme Michèle Montet, directrice.

    Amit JuillardJournaliste Blick

    Un homme se pique devant un enfant en trottinette, en pleine rue et en plein jour, à Lausanne: l’image publiée lundi par «20 minutes» n’en finit plus de choquer. Dans l’article, le lecteur auteur de la photo rappelle la présence du «jardin d’enfants de la Grenette» à proximité. Les gamins qui s’amusent — sous l’œil de leurs parents la plupart du temps — dans ce lieu gratuit appartenant à la Ville sont-ils en danger?

    «Je pense que les enfants qui fréquentent l’espace récréatif — nous ne sommes pas une crèche — de la Grenette sont en sécurité, au même titre que dans un parc public, voire plus, avance la responsable, Michèle Montet, assise dans un fauteuil, recyclé, comme tous les objets qui nous entourent. Il n’y a pas eu d’accident en lien avec les personnes toxicodépendantes. Nous sommes ici depuis neuf ans, ces personnes étaient présentes dans le secteur dès le départ du projet.» D’autre part, le bambin sur la photo publiée par le journal gratuit ne s’était pas échappé de sa structure, qui accueille quelque 600 personnes chaque semaine, appuie-t-elle.

    Darrin Vanselow

    «Nous sommes ici depuis neuf ans, les personnes toxicodépendantes étaient présentes dans le secteur dès le départ du projet», rappelle Michèle Montet (à gauche).

    Un dispositif est en place pour garantir la sécurité des petits. Tous les matins à 6h, son équipe arpente la zone, située au nord de la place de la Riponne, dont les toilettes publiques et les alentours sont des spots de défonce. «Avec un aimant, nous recherchons les éventuelles seringues dans les bacs potagers avant l’arrivée des enfants. Grâce au travail effectué par les acteurs sociaux de la place ainsi que le service de la propreté urbaine, cela fait plusieurs semaines que nous trouvons moins de déchets liés à la consommation. Environ une seringue par semaine. Je n’ai pas l’impression que la situation est pire qu’avant, en termes de déchets retrouvés. Par contre, l’hygiène des personnes dépendantes s’est détériorée.»

    Le médecin cantonal s’en mêle
    Lundi, alors que la halte-jeux était fermée, Blick a vu une femme s’injecter à quelques mètres de l’entrée. Et il y a bien eu un couac, dernièrement. «Une crèche, dont le concept est de faire des activités en forêt, donnait rendez-vous aux parents devant l’entrée de service, en haut, située sur la coursive, à côté d’où se trouvait le bureau des objets trouvés auparavant. A part quelques membres du personnel, peu de monde passe par là. Un après-midi, les parents sont tombés sur quelqu’un qui se piquait et la crèche a dès lors opté de se rendre dans une autre structure d’accueil pour le matin et le soir.»

    Darrin Vanselow

    L’espace récréatif s’inscrit sous le signe du développement durable: tous les objets sont de la récup’ et toutes les classes sociales s’y croisent.

    Venons-en à la topologie des lieux, essentielle pour comprendre les enjeux. La coursive se trouve au niveau du deuxième étage. Au rez-de-chaussée, à la même hauteur que la place de la Riponne, trône l’entrée. Juste devant, les gosses jouent, peignent et font du tricycle dans un espace ouvert, uniquement délimité par des lignes jaunes. Courbes colorées traçant un parcours menant notamment à travers les bacs potagers. En face de l’entrée, de l’autre côté de la petite place, se dresse les tables et les chaises du convivial bar en plein air de La Superette, anciennement celui de la Grenette. A une trentaine de mètres, l’endroit où a été pris le cliché choc est aisément accessible.

    «Les enfants visualisent les limites de la Grenette et n’ont pas envie d’en partir, promet Michèle Montet, également déléguée au développement durable au sein du Service de la petite enfance. En tout cas pas ceux qui sont sous notre surveillance — et donc pas sous la responsabilité de leurs parents.» L’espace récréatif — pérennisé depuis 2018 après le dépôt d’une pétition munie de plus de 10’000 signatures — offre dix places de garde pour une durée maximale de trois heures, pour les mômes de 3 à 12 ans. Les autres sont accompagnés d’adultes ou font partie d’une des garderies profitant parfois des infrastructures.

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    Collaboration avec les «marginaux»
    «L’ouverture et la mixité sociale sont nos raisons d’être, tant au sein de l’espace récréatif qu’autour, martèle l’employée communale, qui rappelle que personne n’est obligé d’amener sa marmaille ici. C’est même pour cela que la Grenette est née lors de l’édition 2014 de Lausanne Jardins. La Ville m’avait demandé d’animer cette petite et triste place squattée par des marginaux en y amenant de la vie, des familles.» Aujourd’hui, quatre d’entre eux sont sous contrat «pour tout ce qui a trait au nettoyage de la structure d’accueil, de la terrasse et du potager».

    «Ils ne se piquent pas, je précise. Et grâce à leur présence, ils assurent au maximum la sécurité des usagers de la Grenette.» Lors d’un reportage publié mercredi, Blick avait rencontré le sympathique groupe, qui affirmait qu’aucun rejeton n’avait été en contact avec des seringues dans le coin. «D’autre part, nous sommes régulièrement en contact avec les toxicomanes et ils sont conscients qu’ils ne doivent pas venir consommer ici», certifie Michèle Montet.

    Une maman s’inquiète
    Reste que cette maman, présente ce mercredi matin avec ces deux terribles de 2 et 4 ans, n’est pas toujours tranquille. «L’endroit est génial et nous rend bien service, amorce Anett. Mais, quand je suis ici, je suis inquiète, j’ai peur qu’ils croisent quelqu’un qui se drogue ou un dealeur. Je fais attention, je regarde où ils circulent à vélo.»

    Darrin Vanselow

    Inquiète face à la consommation de drogue et au deal, Anett garde toujours un œil sur ses enfants de 2 et 4 ans.

    Une grand-maman, qui observe ses deux petites-filles enduire leurs mains de peinture devant un chevalet, se fait moins de mouron. «Vous savez, ils ne se piquent pas ici, mais plus loin. Je ne les ai d’ailleurs jamais vus ici. Et puis, ils ne sont pas méchants, ils sont malades. Ça peut arriver à tout le monde de tomber dans la drogue. La société devrait les aider.»

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    Dans le quartier, le voisinage est furax et en a ras-le-bol «des tox’». L’ouverture, prévue en automne, d’un nouveau local d’injection à une cinquantaine de mètres du jardin d’enfants fait jaser. Dans l’entourage de l’espace récréatif, on s’alarme plutôt des horaires réduits du futur centre de consommation sécurisé: de 15h30 à 21h30. «En plus, il n’y aura pas d’endroit où ils pourront se poser après avoir consommé, déplore cette femme, souhaitant rester discrète. Si le bar ferme pour la saison froide, ils viendront squatter là-devant…»

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  111. Arrêt fédéral sur le cannabis: La police saisira toujours les petites doses de drogue dure
    20min.ch/fr/story/arret-federal-sur-le-cannabis-la-police-saisira-toujours-les-petites-doses-de-drogue-dure-156345014565
    24 août 2023
    Publié24. août 2023, 16:56

    La récente loi sur le cannabis ne s’applique pas aux drogues dures: la police continuera à confisquer les petites quantités lors de contrôles.

    Deux sachets d’héroïne confisqués par la police judiciaire genevoise.
    Deux sachets d’héroïne confisqués par la police judiciaire genevoise.

    TDG – Laurent Guiraud
    Si vous détenez une quantité de cannabis inférieure à 10 grammes pour une consommation personnelle, vous ne risquez pas de vous la faire confisquer lors d’un contrôle de police. La réciproque n’est, en revanche, pas valable pour les drogues dures. Le comité des procureurs de Suisse (CPS) l’a fait savoir dans un communiqué jeudi, informant les différents corps de police de continuer la saisie des petites doses de stupéfiants jugés durs. Sont inclus notamment l’héroïne, la cocaïne et le crack.

    Les autorités doivent donc partir du principe qu’il y a infraction en amont de l’obtention de ces stupéfiants. Compte tenu de leur potentiel de risque de dépendance élevé, ces drogues ne peuvent pas bénéficier du «statut privilégié» du cannabis. Ainsi, aucune réglementation analogue ne se justifie d’un point de vue juridique, ni sanitaire. Le comité appelle le législateur à clarifier la situation en matière de stupéfiants en élaborant une réglementation plus précise que celle actuelle.

  112. Voici les nouvelles mesures antidrogues prises à Lausanne
    blick.ch/fr/news/suisse/virage-plus-repressif-voici-les-nouvelles-mesures-antidrogues-prises-a-lausanne-id18890187.html
    Amit Juillard29 août 2023
    Virage plus répressif

    Voici les nouvelles mesures antidrogues prises à Lausanne

    La situation à la Riponne, crûment décrite par Blick dans différents articles, est devenue intenable. Vendredi, la Municipalité de Lausanne a fini par annoncer de nouvelles mesures pour venir à bout de sa scène ouverte de la drogue.

    Publié: 29.08.2023 à 19:32 heures

    Darrin Vanselow/Amit Juillard

    1/2

    A Lausanne, des toxicomanes se piquent en pleine rue, parfois au milieu d’excréments humains.

    Amit JuillardJournaliste Blick

    Sous pression, la Municipalité de Lausanne se devait de montrer qu’elle ne reste pas les bras croisés. L’Exécutif vient donc d’annoncer de nouvelles mesures antidrogues. Objectif: combattre le deal de rue et faire comprendre à certains toxicomanes qu’on ne se pique pas en pleine rue devant des gamins. «Il n’est pas acceptable que des enfants ou des personnes de tout âge soient confrontés à̀ ces situations de consommation dans l’espace public», estime le collège.

    La capitale olympique va-t-elle enfin réussir à régler un problème lancinant, devenu insupportable tant sur le plan sanitaire que du point de vue du vivre-ensemble? La question est sur toutes les lèvres. Lundi, le directeur adjoint d’Addiction Suisse Frank Zobel jugeait que le chef-lieu vaudois était sur les bons rails.

    Concrètement, la Municipalité, à majorité de gauche, prend un virage plus répressif, mais renforce aussi son action sociale. Petit tour d’horizon pour couronner une série d’articles consacrés au sujet.

    1

    Quarante-deux policiers antidrogues
    Un nouveau groupe antidrogue est entré en action le 25 août, révélait vendredi Pierre-Antoine Hildbrand, municipal libéral-radical de la sécurité, dans les colonnes «24 heures». Un quart de ces policières et policiers travaillera en civil. Leur mission: «Maintenir l’ordre public et la tranquillité», note le document transmis à Blick ce mardi. En clair, harceler les dealers, mais aussi empêcher les toxicomanes de se shooter n’importe où.

    2

    Davantage de patrouilles de police
    «La police a intensifié le nombre de patrouilles à pied en uniforme dans le centre-ville, même durant la plage horaire de 23h à 7h», développe la Municipalité. Les amendes et les interdictions cantonales de périmètre pourraient commencer à pleuvoir. Le but articulé est «d’exercer une pression continue, avec une montée en puissance progressive de l’action policière» durant les quatre prochains mois. L’expérience pourrait être prolongée.

    3

    Des binômes réunissant un policier et un travailleur social
    L’explication de ce dispositif tient dans le titre ci-dessus. Les autorités souhaitent «tester une nouvelle approche» avec les toxicomanes.

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    4

    Potentiels horaires élargis pour le futur local d’injection de la Riponne
    Pour améliorer la situation sanitaire des personnes dépendantes et «réduire l’impact intolérable de la consommation pour le voisinage», la Ville avait déjà prévu l’ouverture d’un local d’injection à la Riponne. Actuellement à l’enquête, cette antenne de l’espace de consommation sécurisé (ECS) du Vallon — situé à quelque dix minutes de là — devrait éclore en automne. Ce lieu sera également géré par la Fondation ABS.

    Les plages d’ouverture initialement communiquées — de 15h30 à 21h30 — ont fait grincer beaucoup de dents, notamment sur les plateformes de Blick. Résultat, «l’extension des horaires est en cours d’évaluation», a glissé Emilie Moeschler, municipale socialiste de la cohésion sociale, dans une interview accordée à la RTS. En réponse à une autre revendication récurrente, une salle de repos pourrait voir le jour, souligne le texte en notre possession.

    Voisinage, commerces et restaurants sont en outre invités à prendre part à des groupes de discussion durant la phase test d’un an. «La population peut également s’inscrire à̀ des visites de l’ECS du Vallon et formuler des remarques et poser des questions via des formulaires sur le site http://www.lausanne.ch/ecs», appuient l’Exécutif.

    5

    Une équipe sociale dans la rue depuis mi-juillet
    Une équipe sociale de rue a vu le jour début août. Ses buts: «Tisser et maintenir des liens avec les personnes en situation de consommation, les orienter dans le réseau sociosanitaire et prévenir les incivilités, rappeler les règles à respecter dans l’espace public, mais aussi être à l’écoute de la population, du voisinage pour recueillir leurs inquiétudes, remarques ou questions.»

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    «Par ailleurs, les équipes de la Fondation ABS — qui gère le local d’injection du Vallon — ont augmenté leur présence dans l’espace public depuis mi-juillet», ajoute la Municipalité. À relever aussi que le nombre de petits jobs rémunérés, comme le ramassage des déchets dans les toilettes publiques, proposés par la Fondation Mère Sofia et l’association SYSTM’D, a été revu à la hausse depuis ce printemps.

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  113. Dépendance, effets, historique: le crack, la drogue qui gangrène la Suisse
    blick.ch/fr/news/suisse/potentiel-de-dependance-effets-historique-tout-savoir-le-crack-la-drogue-qui-gangrene-la-suisse-id18948837.html
    Jonas Dreyfus16 septembre 2023
    Potentiel de dépendance, effets, historique

    Tout savoir le crack, la drogue qui gangrène la Suisse

    Sa consommation est un jeu d’enfant, l’ivresse est brève, l’envie d’en reprendre est énorme. Ce ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles le crack se répand dans les villes suisses. Voici tout ce qu’il faut savoir à son sujet.

    Publié: 18:02 heures

    Getty Images

    Une photo haute définition d’un caillou de crack montrant sa structure cristalline typique.

    Jonas Dreyfus

    À Lausanne, Genève ou Bâle, les autorités observent une évolution semblable à celle de Zurich. Dans la capitale économique du pays, une scène ouverte du crack s’est formée en plein centre-ville, dans le parc Bäckeranlage. La situation était jusque-là relativement gérable. Mais la crainte d’un débordement qui rappelle celui d’un autre parc fameux pour ses toxicomanes – le Platzspitz – se fait sentir.

    En France et en Allemagne, de nombreux citadins sont déjà fortement impactés par les effets de la consommation de crack. Il est temps que les non-initiés se renseignent, eux aussi, sur ce dérivé de la cocaïne à fumer.

    De quoi se compose cette drogue?

    Le crack est de la poudre de cocaïne humidifiée avec de l’eau et portée à ébullition avec du bicarbonate de soude. Il en résulte des cristaux qui s’assemblent en pierres blanches. Les consommateurs les placent sur une feuille d’aluminium ou dans une pipe en verre qu’ils chauffent à l’aide d’un briquet. Les cristaux de cocaïne brûlent alors. Ce qui en résulte, la base libre, est inhalée. La combustion produit un son sous forme de crépitement. En anglais, ce crépitement est appelé «crack», donnant ainsi son nom à la drogue.

    Comment agit le crack?

    L’effet du crack est beaucoup plus puissant et rapide que celui de la cocaïne. Il conserve toutes les propriétés stimulantes et euphorisantes de la poudre blanche. Via les poumons et la circulation sanguine, les molécules atteignent le cerveau en quelques secondes. L’ivresse dure entre 5 et 15 minutes et se termine par un fort sentiment de vide, de tristesse et de peur. Les consommateurs sont poussés à vouloir retrouver l’euphorie le plus rapidement possible et à consommer aussi longtemps que possible. «Souvent dix cailloux ou plus à la suite», explique l’expert en addiction Philip Bruggmann, médecin-chef au centre de médecine de l’addiction à Zurich (ARUD). Un caillou de crack, suffisant pour une inhalation, coûte 10 francs dans les villes suisses. Les dealers ont de grandes quantités en réserve. Ils vendent les cristaux dans des paquets dont le contenu peut être consommé immédiatement.

    Keystone

    Le crack est déjà omniprésent dans les grandes villes allemandes. Ici, une femme qui allume une pipe de crack sur le trottoir du quartier de la gare de Francfort.

    Pourquoi le crack est-il à nouveau à la mode?

    La drogue a acquis une célébrité funeste dans les années 1980 et 1990. Au cours de ce que l’on a appelé «l’épidémie du crack», elle a fait des centaines de milliers de morts aux États-Unis, entraînant des quartiers entiers dans la misère. Pour l’expert en toxicomanie Philip Bruggmann, il est difficile de savoir pourquoi cette forme très puissante de cocaïne se répand à nouveau, depuis quelque temps, dans des villes européennes comme Lausanne et Zurich. Ce qui est sûr, c’est qu’avec un effet aussi bref et une dépendance aussi rapide, le crack est un produit dont la vente est rentable.

    Quelle est la différence avec la free base?

    La free base est, elle aussi, de la cocaïne chimiquement transformée. Elle est obtenue lorsqu’on porte à ébullition de la poudre de cocaïne avec de l’ammoniaque. Ce processus élimine les diluants et le produit final est plus pur que le crack. Comme la durée de conservation de la free base est courte, elle n’est pas vendue dans la rue, mais fabriquée par les consommateurs eux-mêmes. Il en résulte des vapeurs explosives et toxiques. Malgré les dangers liés à la fabrication, celle que les germaniques appellent «basen» est depuis longtemps très répandue à Zurich parmi les toxicomanes, avance Philip Bruggmann. Les effets sont presque identiques à ceux du crack. «Beaucoup de free basers sont passés au crack ces derniers temps, car ils peuvent en consommer plus en moins de temps».

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    Shutterstock

    Les pierres de crack sont placées dans une pipe et brûlées avec un briquet. La photo montre un toxicomane de Salvador, Brésil.

    Quelle est la nocivité du crack pour l’organisme ?

    La température de la fumée et la substance elle-même endommagent les bronches et les poumons. Pour le reste, les effets de la consommation de crack sur le corps sont les mêmes que ceux d’un rail de coke en poudre. Ils se manifestent toutefois plus rapidement et dans une plus grande mesure. La drogue perturbe la circulation sanguine et augmente énormément le risque d’accident cardio-vasculaire. Les troubles du rythme cardiaque et la surchauffe du corps sont également des dangers immédiats, parfois mortels.

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  114. https://www.lematin.ch/story/le-perou-convertit-la-cocaine-saisie-en-blocs-de-beton-pour-eviter-lincineration-222248848735
    Drogues: Le Pérou va convertir la cocaïne saisie en blocs de béton
    Publié19. avril 2024, 03:59

    DroguesLe Pérou va convertir la cocaïne saisie en blocs de béton
    Pour éviter l’incinération et son impact environnemental plus élevé, le Pérou va désormais convertir la cocaïne saisie en blocs de béton.

    Le ministère péruvien de l’Intérieur a incinéré plus de 50 tonnes de drogues en 2023.

    Le ministère péruvien de l’Intérieur a incinéré plus de 50 tonnes de drogues en 2023.

    AFP
    La cocaïne saisie au Pérou va être convertie en blocs de béton, un processus qui réduit l’impact environnemental de l’incinération, a annoncé jeudi le ministère de l’Intérieur.

    «Le Pérou réduira l’impact environnemental généré par l’incinération de la cocaïne grâce à un procédé efficace qui sera mis en œuvre (…) pour encapsuler ces substances dans des blocs de béton qui seront placés dans des décharges», a déclaré le ministère dans un communiqué.

    Il précise que cette méthode innovante «consiste à mélanger de la cocaïne avec du ciment, du sel et des accélérateurs chimiques, entre autres matériaux, pour former des blocs de béton solides qui rendent impossible l’extraction de la substance» prohibée.

    «Irréversible et moins polluante»
    «Cette encapsulation est non seulement irréversible et moins polluante, mais également plus efficace, permettant d’éliminer environ 60 tonnes en 40 heures maximum, alors qu’il faut aujourd’hui environ 80 jours», ajoute le communiqué.

    Selon les autorités, le Pérou sera le deuxième pays de la région, après l’Équateur, à mettre en œuvre cette technique, avec le soutien du Bureau of International Narcotics (INL) américain.

    Le ministère péruvien de l’Intérieur a incinéré plus de 50 tonnes de drogues en 2023. Le Pérou est l’un des plus grands producteurs de feuilles de coca et de cocaïne au monde, après la Colombie.

    (AFP)

  115. 12 avr. 2024
    La France est l’un des pays où la loi est la plus répressive en matière de cannabis et les Français en sont les plus gros consommateurs en Europe. Dans cet épisode, Mathieu Kassovitz va à la rencontre de maître Ruben, un avocat spécialisé dans ce domaine, et se rend ensuite sur un point de deal, échanger avec des dealers qui fournissent ces drogues en grande quantité.

    Enfin, le temps d’une séquences de témoignages, deux représentants du syndicat Alliance Police Nationale, Éric Henry et Rudy Manna, nous donneront leur vision de cette « guerre contre les trafiquants ».

    Pendant un an, Mathieu Kassovitz et Antoine Robin ont enquêté sur ces pays qui ont choisi la légalisation du cannabis : Maroc, Espagne, Pays-Bas, Canada, Thaïlande. En France, ils ont rencontré les dealers, les policiers, les usagers… Pour comprendre ce paradoxe : notre pays, où la loi est la plus répressive, est celui d’Europe qui compte le plus grand nombre de consommateurs, dont un tiers ont moins de vingt-cinq ans.

    https://www.youtube.com/watch?v=OcV68c1dmPM

  116. CE PSY EXPLIQUE POURQUOI IL NE FAUT PAS LÉGALISER LES DR0GUES
    3 mai 2024

    https://www.youtube.com/watch?v=cKv1tsBM1D8

    Demain tu autorises toutes les drogues les cités vont explosés quand des gars improductif vont passer de 5000 euro par mois à 0

    L’argumentaire de ce monsieur est vraiment intéressant et pertinent. Dire le contraire serait évidemment stupide et de mauvaise foi. Pour autant, ma propre expérience me donne une vue du problème différente. La vision des spécialistes, psychologues, addictologues et autres scientifiques souffre d’une lacune évidente : ils n’ont aucune expérience effective des drogues. Ce sont des aveugles spécialistes des couleurs ! Certains sont particulièrement pertinents, comme ce monsieur qui a produit ce discours (qui doit être diffusé et faire partie du débat sur ce sujet particulièrement compliqué) mais tous ces spécialistes passent complètement à côté du sujet. À savoir la raison principale qui pousse les gens à se droguer. Je ne développerai pas ici, il faudrait beaucoup plus de place et de temps. Les commentaires youtube ne sont pas l’endroit pour le faire. Je résumerai néanmoins en quelques mots : disparition de la spiritualité et du sacré. La modernité nous a déconnecté de la “source”, nous a déconnecté de nos ancêtres et de notre histoire. Pas de guide, pas de mentor donc pas d’éducation. Même se droguer devrait faire l’objet d’un apprentissage drastique et profond. La criminalité n’est pas corrélée à la drogue autant qu’à l’éducation. Encore une fois c’est un hors sujet, moins que la plupart de ceux qui en parlent (en “spécialistes”…lol) mais tout de même.

    Il y a aussi la question de savoir s’il faut légaliser TOUTES les drogues ou s’il faut simplement rajouter de nouvelles drogues à la liste des drogues légales que sont le tabac et l’alcool.
    Si on est favorable à l’interdiction des drogues autant également interdire l’alcool et le tabac qui font aussi énormément de ravages…
    Personnellement l’interdiction totale (alcool et tabac inclus) ne me dérange pas plus que la légalisation totale mais très fortement contrainte.

    S’abandonner à la drogue, peu importe laquelle, c’est refuser le fait de vivre en société.
    Le fait de se droguer en groupe ne change absolument rien à ce fait.

    Ma conclusion est que la consommation de drogue (quelle quelle soit) devrait être éclairée, encadrée, contrôlée.On ne peut pas simplement compter sur les individus pour se raisonner et ne pas tomber dans des comportements détrimentaires pour eux même, les autres et la société dans son ensemble (et non, le fait d’être majeur ne suffit pas à considérer un individu comme responsable).
    Il faut donc également contrôler les moyens d’approvisionnement des ces substances et endiguer le marché noir, ce qui donne envie de tendre vers une légalisation.
    Pour ma part, je suis pour la création d’un permis toxicologique, où suite à des formations encadrées par substance (au même titre que les catégories de permis A, B etc…) on aurait droit de se procurer légalement et dans des quantités maitrisées différentes substances en vue de les expérimenter à titre récréatif ou médical. Et tout comportement négatif (addiction, accident etc…) se conclurait par un retrait du droit de consommer (et donc de s’approvisionner si la revente est légalisée et contrôlée par l’état).
    La prévention serait faite en amont, la plupart des risques écartés pendant la formation. Les dérives addictives vite détectées sur les points de revente par la suite.
    Je précise que cela vaudrait autant pour de la cocaïne, du cannabis, du LSD, que pour de l’alcool ou du tabac.

  117. Moncomble Yann – Le Pouvoir de la drogue dans la politique mondiale

    Le capitalisme de la drogue… de banques à banques. « Comment blanchir des narco-dollars ? » C’est ainsi que débute une remarquable étude parue dans Science et Vie Economie Magazine de novembre 1989, sous la signature de Mohsen Toumi. Nous la lui empruntons car c’est clair, net et précis. « Le 18 septembre dernier, les représentants de quinze pays riches se sont réunis à Paris pour renforcer la coordination internationale contre le « blanchiment » de l’argent de la drogue. Nos responsables politiques se sont en effet aperçus que la lutte portait surtout sur le trafic des produits eux-mêmes et très peu sur les circuits financiers. Et que, au-delà de la guerre contre les intermédiaires et les producteurs (comme en Colombie), il serait au moins aussi efficace de frapper les gros trafiquants au tiroir-caisse. « Il faut dire qu’il y a de quoi faire : l’ensemble du trafic de stupéfiants aurait généré, en 1988, 500 milliards de dollars. Soit l’équivalent du PIB de la France en 1985 ! Ce chiffre repose bien entendu sur l’estimation du volume physique de drogue consommée. Et dans ce domaine on ne peut qu’extrapoler à partir des saisies effectuées. Les autorités américaines et françaises estiment, dans le cas de l’héroïne, que ces saisies représentent tout juste 5 % de la production mondiale. Au total, l’an dernier, la consommation de feuilles (coca, marijuana, haschisch) aurait atteint 30 000 tonnes et celle de poudre (cocaïne et héroïne) 800 tonnes. En multipliant ces quantités par les prix de vente au détail pratiqués un peu partout dans le monde, on obtient des montants variant entre 300 et 500 milliards de dollars. M. Kendall, secrétaire général d’Interpol penche plutôt pour le second chiffre (1). Mais quel que soit leur montant, ces narco-dollars représentent une énorme masse d’argent liquide. Et c’est là que commencent les problèmes pour tous ceux qui perçoivent la majeure partie de ce pactole. C’est-à-dire les transformateurs de produits-base, les transporteurs et les grossistes. Le premier est tout bêtement un problème physique : comment stocker et transporter une telle quantité de billets ? Il paraît difficile de se déplacer à longueur de journée avec un fourgon blindé en guise de porte-feuille et, naturellement, il est suspect d’effectuer toute une série de transactions en liquide. D’ailleurs, dans de nombreux pays, au-delà d’un certain montant, les paiements en cash ne sont pas admis. Impossible, par ailleurs, de déposer une valise entière de billets à la banque ; c’est la meilleure manière d’éveiller les soupçons, du moins dans les grands établissements qui ont pignon sur rue. Deuxième problème : cet argent, s’il reste liquide, ne rapporte rien. Il faut donc l’investir et le placer. « D’où la nécessité de le « blanchir », c’est-à-dire à la fois de lui faire changer de nature (le transformer en monnaie scripturale), de lui donner une apparence respectable (en dissimuler l’origine délictueuse) et de l’utiliser de manière profitable (le transformer en actifs mobiliers ou immobiliers). L’Expression de « blanchiment » n’est pas récente : elle remonte à l’époque de la prohibition aux Etats-Unis, où les revenus des ventes d’alcool illicite, tous en billets de banque, étaient investis dans des blanchisseries de quartier, légalement inscrites au Registre du commerce. Le système était simple. À l’époque, il était tout à fait possible d’acheter une boutique en liquide. L’avantage était double : d’une part l’argent « sale » était investi dans un commerce légal, d’autre part, les clients payant tous en espèces, il était facile d’augmenter la recette normale de la semaine en y ajoutant les bénéfices provenant du trafic d’alcool. Le gérant portait le tout à sa banque qui n’y voyait que du feu. « Aujourd’hui, il existe de nombreux et souvent meilleurs moyens pour blanchir les narco-dollars. Pour commencer, le vieux système de la « blanchisserie » du temps de la prohibition est encore utilisé. L’achat d’un commerce, dans lequel les clients paient en liquide, est une valeur sûre. Encore que, selon les spécialistes, il est difficile de faire la part dans ces investissements de ce qui provient de la drogue, ou d’autres formes de délinquance. « Certains capitaux d’origine douteuse utilisent aussi le monde du show-business pour se refaire une virginité. Le procédé est apparemment très développé en Italie, en France et en Belgique. La « tournée triomphale » de la vedette (qui en réalité fait un bide partout) permet de mettre sur un compte en banque tout l’argent « sale » qui est présenté officiellement comme la recette des spectacles. De même, certaines sociétés créées dans des paradis fiscaux servent de relais pour recueillir les recettes de films diffusés dans de nombreux pays. S’il est impossible de vérifier le nombre exact de spectateurs, il est facile en revanche de recycler ainsi de l’argent douteux. « Plus sérieux, car portant sur des sommes nettement plus importantes, le système du casino. Le principe est simple : on achète pour 500 000 dollars (par exemple) de jetons dans un casino. On ne joue à rien mais quelques heures plus tard on échange les plaques contre un chèque du casino, de même montant, que l’on va tout simplement déposer sur son compte. Officiellement, il s’agira, en cas de contrôle, d’un gain au jeu. Le système fonctionne très bien dans sa variante internationale. Après avoir échangé un gros paquet de billets contre des jetons qu’on n’utilise pas, grâce à un simple télex on peut transférer la somme dans un casino américain ou moyen-oriental appartenant à la même chaîne. Là on va prendre ses jetons, on ne joue toujours à rien et on va tranquillement les changer contre un chèque à la caisse en sortant. Rien à dire. Et l’argent est bel et bien blanchi. Même si ces méthodes permettent de traiter de gros montants, le blanchiment bancaire est, de loin, celle qui permet actuellement d’en recycler la majeure partie. Certaines affaires ont permis depuis quelques mois aux autorités internationales de se faire une idée assez précise sur les mécanismes mis en oeuvre. Comme on va le voir, les trafiquants ont su largement exploiter la mondialisation des transferts de capitaux qui caractérise la finance moderne. « Aéroport de Los Angeles, 27 novembre 1986. Craignant un attentat à la valise piégée, la police décide de faire sauter trois valises laissées dans un coin par leur propriétaire. Elles se révèlent inoffensives : elles contiennent deux millions de dollars en petites coupures ! La police américaine a, sans le savoir, mis la main sur un transfert de narco-dollars. Partout dans le monde, des passeurs transportent l’argent liquide, en utilisant les mêmes chemins et les mêmes techniques que pour transporter la drogue. L’objectif est de pouvoir déposer cet argent dans une banque. Mais pas n’importe quelle banque : il faut un guichet complaisant pour accueillir les liasses suspectes. En réalité, il existe principalement deux catégories de banques susceptibles d’accepter de tels dépôts : les banques installées dans des paradis fiscaux, qu’elles soient ou non filiales de grandes banques internationales, et les banques suisses. « Les places financières offshore que sont les Bahamas, Panama, les îles Vierges, les îles Caïmans, Chypre, etc., ne sont pas vraiment regardantes sur la nature et l’origine des fonds qui sont déposés à plein tombereau. Les autorités de ces petits Etats ont parfois permis aux banques de disposer de postes de débarquement spéciaux dans les aéroports, sans contrôles policier ou douanier contraignants. Aux îles Vierges britanniques, une filiale de la vénérable Barclay’s Bank a même installé un héliport privé. Dans tous ces endroits de la zone caraïbe, les trafiquants peuvent donc déposer tranquillement leurs liquidités en provenance directe de Colombie ou de Miami. À ces paradis fiscaux, il faudrait ajouter toute une série de places financières où le fait de déposer une valise entière de billets de banque n’étonne personne : toute l’Amérique centrale, certaines place du Moyen-Orient (le Souk El Manach à Koweit, le Liban), la Malaisie, l’île Maurice, Hong Kong… « La Suisse, c’est bien connu, offre depuis longtemps une entrée libre et illimitée pour l’or et les devises de toutes provenances. Il se réalise chaque année en Suisse 65 milliards de dollars de transactions diverses en billets, soit 8 % de l’ensemble de ces transactions dans le monde ! Et certaines affaires récentes ont mis en évidence le rôle particulièrement actif de quelques-unes des principales banques du pays dans le recyclage de narco-dollars : l’Union de banque suisse et le Crédit Suisse. « Le système helvétique comporte deux phases. Dans un premier temps, les passeurs déposent de grosses quantités de narco-dollars chez un intermédiaire qui peut être un avocat, un notaire ou un agent de change. En Suisse, ces professions ont la particularité de pouvoir fonctionner comme un établissement financier sans être soumis à la législation bancaire. Un passeur peut donc tout à fait légalement déposer une caisse entière de billets de banque dans le cabinet d’un avocat. Cette première opération correspond à ce que les spécialistes appellent le « prélavage ». Dans un deuxième temps, après avoir perçu ses honoraires, cet avocat va déposer ces sommes dans des banques réputées, sans être obligé de révéler l’identité de son client_ L’argent ainsi déposé sur un compte numéroté, en vertu du fameux secret bancaire suisse, est bon pour le service : on pourra effectuer des virements de compte à compte sur toute la surface du globe. La Suisse, outre ces facilités, est très prisée en raison de la qualité du service offert : les transferts peuvent se faire en quelques heures seulement. « Mais pour justifier ces virements, encore faut-il pouvoir fournir des raisons honorables. Ces justifications constituent la seconde étape du blanchiment. Les techniques utilisées sont toujours assez simples quant à leur principe mais complexes dans leur mise en oeuvre : les virements sont multipliés d’un point à l’autre du globe au profit de multiples intermédiaires ou hommes de paille. …

  118. https://www.epochtimes.fr/creation-dun-parquet-anti-stups-dea-a-la-francaise-les-propositions-du-senat-contre-le-narcotrafic-2617271.html
    Création d’un parquet anti-stups, « DEA à la française »… : les propositions du Sénat contre le narcotrafic | Epoch Times
    Une France submergée par le narcotrafic : c’est le tableau brossé par une commission d’enquête sénatoriale, qui a proposé mardi la création d’un parquet anti-stups et d’une « DEA à la française », étrillant l’exécutif qui n’a pas pris la mesure de « l’ampleur de la menace ».

    Le rapport des sénateurs pose ce constat : un trafic qui s’étend sur l’intégralité du territoire national façon « start-stups nation » – ubérisation du trafic –, avec des zones rebond aux Antilles et une flambée de la violence liée à la concurrence entre les organisations criminelles. « On n’est pas encore un narco-État », a balayé d’entrée le président de la commission d’enquête Jérôme Durain (PS).

    Dans leur rapport, les membres de la commission d’enquête ont pourtant étrillé la gestion de l’exécutif, qui n’a pas pris selon eux la juste mesure du narcotrafic, notamment dans le plan antidrogue que le gouvernement doit présenter prochainement.

    « On l’a jugé famélique, indigent. Cela semble évoquer que la question du narcotrafic n’a pas été jugée à sa juste mesure par l’exécutif », a affirmé le rapporteur Étienne Blanc (LR).

    « Les magistrats ont expliqué que la complexité du code de procédure pénale présentait un certain nombre de failles qui faisaient tomber toute une procédure », a souligné M. Blanc, évoquant par ailleurs les manques « criants de moyens humains, techniques et juridiques ».

    Dossier « coffre »

    Les sénateurs proposent une série de recommandations afin de faciliter le recours aux « repentis », mettre la procédure pénale à la hauteur des enjeux en créant un dossier « coffre » (contenant les éléments sur les techniques utilisées par la police qui ne seraient pas divulgués à la défense, ndlr) et en facilitant le recours aux techniques spéciales d’enquête.

    « Nous proposons la création d’un parquet national anti-stupéfiants (Pnast), sur le modèle du PNF (parquet financier) ou du Pnat (parquet anti terroriste), qui permettra de spécialiser et d’incarner la lutte contre le narcotrafic, avec pour compétence de s’intéresser au ‘haut du spectre’ », a détaillé Jérôme Durain.

    « Corollaire de cette organisation, côté répressif, il faut renforcer l’Ofast créé en 2019, chef de file de la lutte anti-stup mais qui aujourd’hui ne l’est qu’en titre », a poursuivi le président de la commission. « Nous avons l’ambition, a-t-il dit, de faire de l’Ofast une DEA à la française. Cela implique une véritable autorité sur les enquêtes et les moyens alloués ». La Drug Enforcement Administration (DEA) est une agence fédérale américaine, créée au début des années 70 et chargée de la lutte contre le trafic des drogues aux États-Unis.

    Des opérations « places nettes » aux résultats « modestes »

    Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, ainsi que les patrons de la police et de la gendarmerie Frédéric Veaux et Christian Rodriguez avaient rejeté cette suggestion devant la commission, estimant que l’Ofast était « le bon outil ». Dans son rapport, la commission s’est aussi montrée critique sur le bilan des opérations « places nettes » et « places nettes XXL » au regard des moyens considérables déployés. « Elles sont utiles mais les résultats sont modestes. »

    La commission a insisté sur l’importance de taper les trafiquants au porte-monnaie. Étienne Blanc a rappelé que le chiffre d’affaires du trafic de drogue en France représentait « entre 3 et 6 milliards d’euros » par an. Mais, a-t-il ajouté, seulement 100 millions d’euros sont saisis ».

    Sur ce volet, la commission suggère de rendre « systématiques les enquêtes patrimoniales dans toutes les enquêtes ». Elle propose en outre que « les commerces de façade » qui servent à blanchir l’argent de la drogue fassent « l’objet de fermetures administratives ».

    « Une augmentation de la corruption »

    Autre proposition : la création d’une « injonction pour richesse inexpliquée » quand « un réseau tombe ». Il faut demander « aux trafiquants comment ils ont constitué leurs avoirs et s’ils n’y parviennent pas, ils s’exposent à la saisie ou la confiscation », a développé M. Blanc.

    Enfin, les deux sénateurs ont insisté sur la lutte contre la corruption, qui prend la forme de la consultation de fichiers de police, d’achat de services auprès des dockers, etc. « Il est temps de réagir avant de connaître le même sort que les pays voisins, a estimé Jérôme Durain, pour qui « le risque est immense ». « Il n’y a pas de corruption de basse intensité. »

    « Aucune profession n’est épargnée : dès lors que les trafiquants offrent des sommes extrêmement élevées, certains personnels peuvent céder, à un moment donné, à l’appel de ces sirènes criminelles », soulignait fin novembre Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Ofast.

    « Chaque personne a un prix et les moyens de ces réseaux sont quasiment illimités. Oui, on constate une augmentation de la corruption », affirmait pour sa part le procureur de la République à Marseille Nicolas Bessone.

  119. https://www.blick.ch/fr/news/monde/blick-sur-les-traces-des-jeunes-maghrebins-beaucoup-preferent-dealer-ou-voler-en-europe-plutot-que-de-travailler-ici-id19743646.html
    Les Tunisiens s’extasient devant la Suisse… et ses prisons
    Ces jeunes Tunisiens ont raconté à Blick leur envie de quitter leur pays. Ils rêvent d’une vie meilleure en Europe.

    Ces jeunes Tunisiens ont raconté à Blick leur envie de quitter leur pays. Ils rêvent d’une vie meilleure en Europe.

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    Samuel Schumacher

    «Tu plaisantes?», demande Anwar, 24 ans, en désignant de sa main tendue la cinquantaine de personnes assises devant l’ancienne porte de la ville de Sfax, sur la côte tunisienne. «Bien sûr, tout le monde veut partir, chacun d’entre nous. Il n’y a pas d’avenir pour nous en Tunisie.»

    Anwar est allé à l’école pendant trois ans, mais il n’a pas trouvé de travail après. Le jeune homme s’est retrouvé avec beaucoup de temps libre – presque trop. Cette biographie, elle est d’usage en Tunisie. Le pays du Maghreb enregistre des taux d’émigration records, malgré les millions d’aide au développement économique de la Suisse et de l’UE. Beaucoup quittent la Tunisie illégalement et se retrouvent en Europe en tant que demandeurs d’asile sans espoir, où ils sont souvent délinquants et récalcitrants – même en Suisse.

    1700 francs pour atteindre Lampedusa
    «Peut-être que je trouverai une Européenne sur Internet qui voudra m’épouser», s’amuse Anwar en ce chaud après-midi de printemps à Sfax. «Sinon, je prendrai le bateau et je ferai la ‘harka’, la traversée», poursuit le jeune homme. «Même mes parents me disent: yalla, vas-y! En Europe, c’est mieux.»

    6000 dinars, soit 1700 francs: c’est le prix de la traversée vers l’île italienne de Lampedusa à bord d’un bateau de réfugiés. Tout le monde le sait ici. Plus d’un réfugié sur dix parmi les 157’651 qui sont arrivés en Italie par bateau l’année dernière est tunisien. Seule la Guinée voit actuellement affluer encore plus de migrants en Europe. La Suisse a particulièrement la cote auprès des Tunisiens désireux de fuir leur pays, pour une raison bien précise.

    «Peut-être que je trouverai une Européenne sur Internet qui voudra m’épouser»Anwar

    «Chez vous, c’est facile de voler et dealer»
    «Vos prisons sont si luxueuses», s’exclame Wajdi, 17 ans, en riant et en parlant de ses amis qui ont déjà réussi à passer en Suisse. Le jeune coiffeur veut lui aussi rejoindre le pays aux «belles cellules». Avec ses amis, il est assis dans la rue poussiéreuse devant le salon César Hair Style à Sfax. La coupe pour hommes coûte trois francs, mais il n’y a pas de clients en vue. «Si je ne trouve pas de travail en tant que coiffeur, ça fait rien. Chez vous, c’est facile de voler et dealer», se rassure Wajdi.

    Le jeune homme a raison. On peut bien vivre de ça, non sans risques. Mais se faire arrêter ne les retient pas – au contraire. Les prisons suisses jouissent d’une bonne réputation en Tunisie. Deux autres jeunes hommes qui souhaitent rester anonymes le confirment: ils préfèrent la prison helvétique à la liberté tunisienne, sans hésiter.

    Depuis longtemps, les migrants de Tunisie et d’autres pays du Maghreb donnent du fil à retordre aux autorités suisses. Les Maghrébins sont les principaux responsables des vols dans les véhicules, qui ont presque doublé l’année dernière dans toute la Suisse. Selon la police municipale de Zurich, il y a beaucoup de récidivistes parmi les Maghrébins. Ils sont souvent «insolents et effrontés» dans leurs contacts avec la police, explique la police cantonale bernoise. Les délinquants se comportent «souvent de manière réticente et menacent ou agressent nos collaborateurs». Les hommes, jeunes pour la plupart, savent qu’ils n’ont pas grand-chose à craindre.

    Les Tunisiens fuient en masse leur pays pour cette raison
    En 2023, 572 Tunisiens ont déposé une demande d’asile en Suisse, soit 42% de plus que l’année précédente. Seules les demandes d’asile en provenance du Maroc et de la Turquie ont augmenté encore plus fortement. Les demandes des Tunisiens n’ont pratiquement aucune chance d’aboutir. Seul 1% environ a une chance. Depuis janvier, des procédures rapides de 24 heures pour les Maghrébins dans toute la Suisse. Une tentative de maîtriser le nombre de demandes qui augmente rapidement.

    La bonne réputation de notre pays (et de ses prisons), le contact avec les Tunisiens qui vivent déjà ici et, enfin, la situation difficile dans leur pays d’origine poussent les gens à quitter en masse ce pays méditerranéen qui reste magnifique. L’année dernière, 17’972 Tunisiens ont traversé la Méditerranée sur des bateaux de réfugiés, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

    Des salaires de 300 francs en moyenne
    Le gouvernement tunisien est littéralement déserté par son peuple. Récemment, Tunis a décrété une interdiction de visite des îles tunisiennes Kerkennah, situées à une dizaine de kilomètres au large de Sfax. La police portuaire ne laisse monter sur le ferry que les touristes étrangers et les Tunisiens qui peuvent prouver qu’ils possèdent une maison sur les îles. Tous les autres sont soupçonnés d’utiliser cette dernière comme tremplin pour poursuivre illégalement leur voyage vers Lampedusa.

    Peu de choses retiennent les Tunisiens dans leur pays. Ils gagnent à peine 300 francs par mois en moyenne. Plus de 40% des moins de 25 ans sont au chômage. Beaucoup de produits manquent. Le pays est régulièrement à court de sucre et de farine. L’huile d’olive est cinq fois plus chère qu’il y a peu. Même les pots-de-vin versés aux policiers sont massivement plus élevés en raison de l’inflation, se plaignent les Tunisiens. Le tourisme, dont le pays a bien vécu pendant des décennies, est à l’agonie depuis la pandémie et plusieurs attentats terroristes.

    À quoi servent les millions suisses pour la Tunisie?
    Les 101 millions de francs que la Suisse a fait transférer à la Tunisie entre 2021 et 2024 pour des projets de renforcement de la démocratie et de promotion de l’économie n’ont pas changé grand-chose à cette situation misérable. Ce pays d’Afrique du Nord est même actuellement l’un des pays prioritaires de l’aide suisse au développement.

    «Beaucoup préfèrent dealer ou voler en Europe plutôt que de travailler dur ici»Murat

    En 2012, la Tunisie a signé un accord migratoire avec la Suisse. Cette dernière délivre chaque année des visas pour des séjours de travail ou d’études à 150 Tunisiens au maximum. En contrepartie, la Tunisie réadmet les demandeurs d’asile déboutés. La Suisse a déjà expulsé 451 personnes vers la Tunisie dans le cadre de cet accord, 402 sont rentrées volontairement. C’était la situation fin 2023. La Suisse paie les vols et verse aux personnes qui quittent le pays une somme d’argent dont le montant n’a pas été précisé pour les aider à démarrer dans leur pays d’origine.

    Murat a 39 ans. Il accepterait volontiers un tel coup de pouce pour avancer. Il est assis en bas du port de Sfax, à l’ombre des palmiers, et attend les clients qui veulent faire quelques tours avec l’une de ses trois voitures électriques pour enfants, moyennant quelques dinars. Mais partir, Murat sait qu’il ne pourrait pas. «Mon frère veut partir, comme beaucoup de mes amis. J’essaie de les en empêcher. Ceux qui veulent réussir le font en Tunisie. Mais beaucoup préfèrent dealer ou voler en Europe plutôt que de travailler dur ici», se désole Murat. Il mourra un jour, qu’il reste à Sfax ou qu’il parte. «Et d’ici là, je tiendrai bon, al-Hamdu li-Llah.»

  120. https://www.lepoint.fr/societe/generation-kalach-a-la-rencontre-des-tueurs-a-gages-du-trafic-de-drogue-25-09-2021-2444682_23.php
    « Génération kalach » : à la rencontre des tueurs à gages du trafic de drogue
    « C’est la jungle totale, ils s’entre-tuent entre amis. » Ils font de plus en plus souvent les gros titres : les règlements de comptes entre dealers se multiplient dans les cités. Un phénomène grandissant, porté par une nouvelle génération sans foi ni loi qui a la gâchette plus facile que ses aînés. Dans un documentaire exceptionnel produit par Studiofact et diffusé ce mercredi 29 septembre à 21 h 05 sur RMC Story, le journaliste Jérôme Pierrat va à la rencontre de ceux, d’ordinaire très discrets, qui se chargent d’exécuter ces contrats macabres.

    Une rencontre glaçante avec ces « nettoyeurs » armés jusqu’aux dents qui, pour quelques dizaines de milliers d’euros, vont éliminer les dealers devenus gênants. La kalach est un fusil d’assaut et, pourtant, elle circule partout dans les cités. Au point de devenir presque obsolète : certains lui préfèrent des armes de guerre de plus en plus imposantes, de plus en plus puissantes.

    « Quand il y a de l’argent, il y a des embrouilles »
    « Le sujet des règlements de comptes, c’est l’argent, explique ainsi un témoin. Automatiquement, quand il y a de l’argent, il y a des embrouilles. » Devant la caméra, il reconnaît qu’un changement radical s’est opéré ces dernières années, à mesure que les « petites frappes » ont remplacé les caïds. « Maintenant, ça tire […] : pour des insultes, y’a plus de gifles. C’est des balles tout de suite. »

    Du four – point de vente de drogue – de la cité Bassens à Marseille – celle-là même nettoyée pour la visite d’Emmanuel Macron début septembre – aux descentes de ces tueurs à gages qui arrosent à l’aveugle pour se débarrasser d’un concurrent, Génération kalach offre une plongée inédite dans le trafic de drogue. Un document indispensable pour comprendre les nouvelles guerres de territoire qui font rage et qui, au-delà des dealers eux-mêmes, pourrissent la vie des habitants.

  121. Narcotrafic – Comme une trainée de poudre

    https://www.youtube.com/watch?v=f9rlU2-U-uI

    18 avr. 2024
    Pendant six mois, une équipe de journalistes a suivi des policiers et des militaires dans leur lutte quotidienne contre le trafic de cocaïne. Plusieurs centaines de tonnes de cocaïne sont entrées en Europe en 2006, soit dix fois plus qu’il y a dix ans, d’après les chiffres de la police. La poudre blanche n’est plus réservée aux milieux branchés : la moitié des consommateurs interpellés il y a deux ans étaient des ouvriers, des employés ou des étudiants. Les cartels colombiens, qui contrôlent l’essentiel du marché, ont fait du vieux continent leur nouvelle cible car aux Etats-Unis, la lutte contre le trafic de cocaïne rend le marché américain très difficile à pénétrer. Pas étonnant alors que la police ait effectué la plus grosse saisie de toute l’histoire de France : plus de quatre tonnes de cocaïne pure.

  122. Dope en stock : les nouvelles routes de la drogue

    https://www.youtube.com/watch?v=a8hUC4-ShYY

    19 mai 2024
    Les douaniers luttent sur les nouvelles routes de la drogue qui alimentent le marché européen, de la mer des Caraïbes aux eaux de l’Afrique de l’Ouest, de l’océan Atlantique à la mer Méditerranée.

    Cast : Marie Magnin, Pierre-Henry Menthéour, Atisso Médessou

  123. COMMENT LE CANABlS A RUlNÉ SA VIE

    28 mai 2024

    https://www.youtube.com/watch?v=TrGhYiA-fvg

    Ça fait 4 ans que j’ai arrêté et c’est l’une des meilleures décision que j’ai faite de ma vie. Être un zombie 24 / 7, passer des heures a chercher un 20e c’est bon.

    J’ai 47 ans et je suis un ancien fumeur de shit (ancien toxicomane aussi, héro, coke…)
    J’ai commencé à fumer du shit à 15 ans et ça, pendant de très nombreuses années.
    Aujourd’hui, je ne fume plus du tout de shit et ça depuis pas mal d’années (je ne supporte plus l’effet et fumer ne m’intéresse absolument pas)
    Je fume juste la clope, je ne touche plus non plus aux drogues dures, ça aussi depuis de nombreuses années.
    Je suis sous traitement Subutex par contre.
    Je ne bois pas d’alcool, sauf deux ou trois fois dans l’année, anniversaires et noël (deux verres de whisky coca, pas plus)
    Je suis tombé dans la drogue, parce que j’habite dans une commune qui à l’époque de mes 15 ans, était une plaque tournante de la drogue, surtout drogues dures (les gars allaient chercher leur matos en Hollande)
    Je suis passé par pas mal de galères, la recherche de drogue, d’argent, le manque, les vols (aussi de mes propres parents), le comportement agressif, les gav, le tribunal (je suis passé à deux doigts de la prison, 9 mois fermes qui heureusement, n’ont pas fini en prison)
    Je suis bien heureux d’être loin de tout ça aujourd’hui et si j’ai un conseil à donner, à ceux qui n’ont jamais commencé le shit ou les drogues dures: abstenez vous, parce que vous ne perdrez rien, à ne pas goûter à ces merdes, c’est même le contraire, vous aurez tout à y gagner.
    Et pour ceux qui sont dedans (surtout les drogues dures) je leur souhaite de tout coeur de réussir à sortir de cet enfer.

    Je me suis retrouvé dans ce témoignage, sans les jeux vidéos et du deal en plus pour soutenir ma consommation. On commence petit à petit, puis sans s’en rendre compte, c’est l’isolement social, les fréquentations ne tournent qu’autour du produit, bref l’enfermement à petit feu. Comme monsieur, j’ai coupé les ponts avec mes fréquentations, même avec des super potes, pas le choix pour s’en sortir. Il n’y avait pas de CBD à mon époque. En conclusion, tous ceux qui prétendent que fumer du cannabis, c’est pas grave, c’est léger, et notamment ceux qui parlent de légalisation, mentent. Soutien total à cet intervenant

    Après avoir fumé des années j’ai fini par arrêter aussi. Trop d’argent dépensé, trop de temps perdu, et fatigué d’être obligé de fréquenter n’importe qui pour simplement acheter un bout de machin à fumer.
    Ce qui est curieux c’est que les dernières fois où j’ai réessayé de fumer, même si j’aime encore le goût et l’odeur, désormais je déteste l’effet et les sensations.

  124. https://www.vd.ch/actualites/communiques-de-presse-de-letat-de-vaud/detail/communique/le-canton-tire-un-premier-bilan-de-son-plan-daction-en-matiere-de-consommation-et-de-trafic-de-drogues
    Le Canton tire un premier bilan de son plan d’action en matière de consommation et de trafic de drogues | État de Vaud
    Communiqué de presse

    Publié le 30 mai 2024

    Partenaires
    Trois ans après le lancement de la stratégie de lutte contre le « deal de rue » et la consommation de drogues, la plupart des mesures du plan d’action ont été introduites. A mi-parcours, le Canton tire un bilan positif et constate que les efforts doivent être poursuivis face à l’évolution rapide de la situation, plus particulièrement l’afflux de cocaïne en Europe et les nouveaux modes de consommation. En concertation avec tous les partenaires, l’Etat de Vaud adapte ainsi son dispositif et prévoit de nouvelles pistes d’action.

    En septembre 2021, le Conseil d’Etat a présenté sa stratégie globale à 5 ans de lutte contre le trafic et la consommation de drogues. Un plan d’action était adopté à cette occasion, reposant sur la politique des quatre piliers de la Confédération. A mi-parcours, le monitorage régulier du plan d’action indique que la plupart des mesures ont déjà été introduites et que l’évolution de la situation, plus particulièrement du marché et des modes de consommation, impose une adaptation de certaines de ces mesures et le lancement de nouveaux projets.

    Drug checking, Monitorstup et harmonisation des pratiques
    Parmi les mesures prévues par le plan d’action et mises en œuvre avec succès, on peut citer le Drug checking, initié comme projet pilote dès mai 2022. Pour la plupart des utilisateurs, le Drug checking a permis d’offrir un premier contact avec des professionnels de la prévention. Le projet Monitorstup, dont les résultats sont basés notamment sur le Drug checking, a également permis une vision plus complète de l’ensemble des produits circulant sur le territoire vaudois, notamment la kétamine dont la présence a pu être confirmée par ce biais. Ces deux projets se poursuivent et donnent aux autorités et partenaires des éléments essentiels pour adapter le plan d’action et les messages de prévention.

    Le lancement des différentes mesures en 2021 a par ailleurs conduit à une meilleure coordination entre les différents acteurs, un élément essentiel de la stratégie des quatre piliers mis en œuvre dans les grandes villes suisses. La plateforme vaudoise « repérage et intervention précoce » va par exemple permettre d’harmoniser les pratiques des professionnels en lien avec les jeunes en matière de prévention et de prise en charge, avec pour objectif de repérer plus rapidement les situations à risque, de les traiter et de maintenir ainsi ces jeunes dans le système de formation. Un guide cantonal a été rédigé à l’intention de tous les partenaires à ce sujet. Le Canton soutient par ailleurs l’étude scientifique accompagnant le projet de vente de cannabis lausannois Cann-L et le déploiement de l’Espace de consommation sécurisé à la Riponne.

    Evolution de la situation en 2023 et renforcement du dispositif
    En 2023, la situation a fortement évolué dans le Canton avec l’arrivée de cocaïne très pure à des prix très bas, une évolution comparable à celle de la plupart des grandes villes suisses et européennes. Les scènes de consommation dans l’espace public posent de nouveaux défis de maintien de l’ordre et de prise en charge sociosanitaire. Le Canton se coordonne ainsi avec les acteurs régionaux et a renforcé son dispositif, notamment à Lausanne, par exemple par le biais de l’Office du médecin cantonal et d’une équipe mobile du CHUV. Une journée de travail, organisée en novembre 2023, a également permis de réunir tous les acteurs et renforcer les collaborations régionales. Ces collaborations seront encore étendues ces prochaines années et la plateforme opérationnelle cantonale réunit désormais des représentants sociosanitaires et sécuritaires de chaque région concernée.

    La police poursuit son travail de terrain et les collaborations se sont consolidées au niveau de la chaîne pénale pour renforcer l’impact des opérations. Des développements sont en cours pour intensifier les renvois des trafiquants incarcérés en fin de peine et adapter le volet répressif à l’évolution de la criminalité, notamment par des actions coordonnées au niveau financier, des stupéfiants ou de la traite d’êtres humains.

    Le Canton poursuit ainsi le développement de son plan d’action de manière coordonnée avec ses partenaires afin de tenir compte de l’évolution de la situation et s’y adapter. De nouvelles mesures sont en cours d’élaboration, notamment pour renforcer la coordination des acteurs au niveau local, améliorer la prise en charge sociosanitaire et réduire les impacts sur l’espace public.

    Bureau d’information et de communication de l’État de Vaud

    Renseignements pour la presse uniquement
    DSAS, Dr Karim Boubaker, médecin cantonal, Direction générale de la santé, 079 783 25 89
    DJES, Sylvie Bula, Commandante de la Police cantonale, 021 644 80 22

  125. Seine-Saint-Denis : Un business qui arrange presque tout le monde ? – Documentaire complet – KM

    18 juin 2024 #reportage #business #trafic
    Le business du cann**** en Seine-Saint-Denis rapporterait un milliard d’euros de chiffre d’affaires par an et emploierait 100.000 salariés. A l’ombre des barres d’immeubles, cette économie parallèle s’est imposée.

    https://www.youtube.com/watch?v=_h4Nae9Aa8s

  126. 28 juin 2024

    Cannabis, la multinationale du blanchiment (intégrale) – Cash investigation 29 octobre 2019
    L’argent du cannabis en France, c’est un chiffre d’affaires occulte estimé à 1 milliard d’euros chaque année. Des sommes gigantesques qui circulent en liquide, échappent à l’impôt et que les trafiquants doivent blanchir avant de les réinvestir dans l’économie réelle.
    Elise Lucet et son équipe ont enquêté sur les banquiers du cannabis, qui gèrent l’un des marchés les plus secrets au monde.
    De Paris à Dubaï en passant par la Belgique et le Maroc, Nicolas Vescovacci a pisté l’argent sale et découvert comment, au terme d’un long périple, il est injecté dans des entreprises françaises qui ont pignon sur rue. Dans les arcanes des circuits de blanchiment, le journaliste de Cash Investigation a croisé des collecteurs de cash, des négociants en or, des hommes d’affaires et même un cabinet d’audit international très connu.
    Dans ce nouveau numéro de Cash Investigation, révélations sur l’une des multinationales du blanchiment, celle du cannabis.

    https://www.youtube.com/watch?v=135hBa98op8

  127. https://landgeist.com/2023/03/25/cannabis-use-in-europe/
    Cannabis Use in Europe
    Data-dl-uid=”15″>Quel pourcentage d’Européens a consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ?

    Map of the cannabis use in Europe.
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    Le cannabis, ou marijuana, est une drogue psychoactive issue de la plante de cannabis qui est principalement utilisée à des fins récréatives ou médicinales. Dans la plupart des pays, la consommation de cannabis est encore illégale. Ces dernières années, de plus en plus de pays ont commencé à décriminaliser ou même à légaliser l’usage du cannabis.

    En Europe, il n’y a qu’un seul pays où le cannabis est légal. Il s’agit de Malte. Bien que la consommation et la vente de cannabis soient tolérées sous certaines conditions aux Pays-Bas depuis des décennies, elles ne sont toujours pas légalisées. Dans la plupart des pays européens, le cannabis est toujours illégal. Dans certains pays, l’usage et la possession de petites quantités de cannabis pour usage personnel sont décriminalisés. Dans la plupart de ces pays, la culture de cannabis ou la consommation en public restent illégales.

    Les Pays-Bas sont le seul pays d’Europe où la vente de cannabis est tolérée. Même à Malte, où l’usage récréatif du cannabis est légalisé, la vente de cannabis reste illégale. À Malte, le cannabis peut être cultivé dans les Cannabis Social Clubs, qui peuvent le distribuer à leurs membres, dans la limite de 7 g par jour et de 50 g par mois.

    Pour replacer les chiffres de cette carte dans leur contexte, il est bon de savoir où, en Europe, la consommation de cannabis est légale, illégale ou interdite. Il est bon de savoir où, en Europe, la consommation de cannabis est légale, illégale ou décriminalisée. C’est pourquoi j’ai réalisé une autre carte décrivant le statut légal du cannabis en Europe.

    Map of the legality of cannabis in Europe.
    Quelle est la popularité du cannabis en Europe ? Il ne semble pas y avoir de corrélation très forte avec la dépénalisation du cannabis. La France, où la consommation de cannabis est illégale tant pour l’usage récréatif que pour l’usage médical, a la proportion la plus élevée de personnes ayant consommé du cannabis en Europe (11 %). Monaco, l’Espagne (10,5 %), la Croatie, l’Italie (10,2 %) et les Pays-Bas (10,1 %) sont les autres pays européens où plus de 10 % de la population a consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois. À l’exception de Monaco, tous ces pays ont dépénalisé l’usage récréatif du cannabis.

    Il est intéressant de noter que c’est à Malte que la proportion de consommateurs de cannabis est la plus faible de toute l’Europe (0,9 %). Il faut toutefois garder à l’esprit que les données pour Malte datent de 2013 et que le cannabis n’est légalisé que depuis décembre 2021. Malheureusement, je n’ai pas pu trouver de données plus récentes pour Malte. Il serait intéressant de voir si la légalisation augmenterait la proportion de consommateurs de cannabis.

    Tous les pays où moins de 3% de la population a consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois sont des pays où le cannabis est illégal pour l’usage récréatif et souvent aussi pour l’usage médical. La Turquie (1,1 %), la Hongrie et le Kosovo (1,3 %) suivent de près Malte en termes de proportion de consommateurs de cannabis parmi les plus faibles d’Europe.

    Les données de cette carte proviennent de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Les données relatives à la légalité du cannabis proviennent de Wikipedia.

  128. https://www.lematin.ch/story/danger-de-nouvelles-drogues-500-fois-plus-fortes-que-la-morphine-103136228
    De nouvelles drogues 500 fois plus fortes que la morphine
    Publié26. juin 2024, 16:05

    DangerDe nouvelles drogues 500 fois plus fortes que la morphine
    L’ONU met en garde contre un nouveau groupe de drogues de synthèse, les nitazènes.

    Venant surtout de Chine, les nitazènes ont été identifiés aux États-Unis et au Canada, en Grande-Bretagne, Belgique, Estonie, Lettonie ou Slovénie. (Image d’illustration)

    Venant surtout de Chine, les nitazènes ont été identifiés aux États-Unis et au Canada, en Grande-Bretagne, Belgique, Estonie, Lettonie ou Slovénie. (Image d’illustration)

    Getty Images
    L’ONU observe l’émergence d’un nouveau groupe de drogues de synthèse potentiellement plus puissantes que le dévastateur fentanyl et pointe une «vague» de décès liés à ces substances, selon un rapport publié mercredi.

    Les nitazènes, 500 fois plus forts que la morphine, «sont apparus récemment dans les pays à hauts revenus, provoquant une augmentation des morts par overdose», écrit l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

    L’experte Angela Me a noté lors d’un point de presse «l’expansion de ces opiacés très puissants».

    Provenant principalement de Chine, ils ont été identifiés aux États-Unis et au Canada, ou encore en Grande-Bretagne, Belgique, Estonie, Lettonie et Slovénie.

    «C’est la plus grande menace actuellement», a commenté la chercheuse, évoquant un probable lien avec «la situation en Afghanistan».

    Graves risques pour la santé
    Premier producteur mondial jusqu’au bannissement de la culture du pavot par le chef suprême des talibans en avril 2022, le pays a vu chuter sa production d’opium l’an dernier, ce qui a conduit à une baisse de 74% dans le monde.

    Or l’ONUDC craint que «les consommateurs d’héroïne se tournent vers des opioïdes de synthèse posant de graves risques pour la santé», tels que le fentanyl, les traitements de substitution aux opiacés (méthadone, subutex) et désormais les nitazènes.

    Dans son rapport annuel publié plus tôt en juin, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) s’était également inquiété de ce phénomène.

    «Essor continu» de la cocaïne»
    Pour l’ONUDC basée à Vienne, en Autriche, ces substances moins chères et plus faciles à produire que l’héroïne, s’avèrent «particulièrement préoccupantes».

    L’organisme alerte aussi sur «l’essor continu» de la cocaïne, dont l’offre a atteint des niveaux «record» en 2022, avec plus de 2700 tonnes, soit 20% de plus qu’un an auparavant.

    Elle est de plus en plus prisée en Europe et aux États-Unis, mais aussi dans des «marchés émergents» comme l’Afrique ou l’Asie.

    Au niveau mondial, près de 292 millions de personnes ont consommé des drogues en 2022, un chiffre en hausse de 20% en une décennie, le cannabis restant de loin la drogue la plus largement utilisée selon l’ONU, qui cite le possible impact «nocif» de la légalisation du cannabis sur le continent américain.

    Parmi elles, 64 millions souffrent de troubles liés à la consommation de drogues, mais seulement une personne sur 11 est prise en charge médicalement.

    (afp)

  129. https://www.watson.ch/fr/international/canada/446442987-le-canada-decriminalise-les-petites-quantites-de-drogues-dures
    Le Canada décriminalise les petites quantités de drogues dures
    Selon une expertise toxicologique. la plaignante était positive à la MDMA, une drogue de synthèse de la famille des amphétamines, aussi appelée ecstasy (archives).

    Image: sda

    Cette décision historique concerne l’héroïne, la cocaïne, les opiacés et autres drogues dures.

    Le Canada a annoncé mardi la décriminalisation de la possession de petites quantités de drogues dites «dures» dans une province de l’ouest très touchée par la crise des opiacés, qui a tué des milliers de Canadiens.

    A sa demande, la Colombie-Britannique devient ainsi la première province canadienne à connaître cette exception.

    «Nous faisons cela pour sauver des vies, mais aussi pour que les personnes qui prennent de la drogue retrouvent leur dignité et leur droit de choisir.»

    Carolyn Bennett, ministre canadienne de la santé mentale et des dépendances

    Selon la ministre, «pendant trop d’années, l’opposition idéologique» visant à considérer la possession de drogues comme un problème sanitaire a «coûté des vies».

    Pas une légalisation
    A partir du 31 janvier 2023 et pour une période de trois ans, les adultes pourront avoir sur eux jusqu’à 2,5 grammes de drogues pour leur usage personnel. Ils recevront des informations sur l’accès à une aide médicale pour les addictions.

    Jusqu’ici, les cas les plus graves de possession de drogues dures prévoient des amendes et peines d’emprisonnement:

    «Je veux être très claire, ce n’est pas la légalisation. Nous n’avons pas pris cette décision à la légère»

    Carolyn Bennett

    En 2021, la province a recensé plus de 2200 décès liés aux opiacés, soit six personnes par jour. Au total, de janvier 2016 à septembre 2021, le Canada a recensé près de 27 000 décès et plus de 29 000 hospitalisations pour des surdoses liées aux opiacés, selon des chiffres du gouvernement.

    Ces chiffres ont montré une «augmentation inquiétante des surdoses et des décès liés aux opioïdes depuis le début de la pandémie de Covid-19», d’après cette même source. (ats/jch)

  130. https://www.watson.ch/fr/international/cannabis/671826345-pourquoi-amsterdam-veut-mettre-fin-au-tourisme-du-cannabis
    Pourquoi Amsterdam veut mettre fin au tourisme du cannabis
    Pourquoi Amsterdam veut mettre fin au tourisme du cannabis

    Amsterdam veut mettre fin au tourisme du cannabisimage: keystone

    La maire de la capitale néerlandaise, Femke Halsema, a la ferme intention de mettre un terme au tourisme du cannabis. Non sans rencontrer de résistance.

    Un article de

    t-online

    Ah, les Pays-Bas! Ses tulipes, son fromage et ses côtes sublimes… Mais aussi, ses célèbres «coffee-shops», du nom de ces échoppes où les touristes et locaux peuvent aller se procurer du cannabis et autres produits dérivés. Amsterdam, en particulier, a forgé sa réputation sur ces boutiques: la ville compterait pas moins de 166 coffee-shops, dont la majorité des clients seraient des touristes.

    Et pourtant, c’est peut-être bientôt fini! La maire de la ville, Femke Halsema, veut désormais bannir les touristes de ces établissements. Temporairement, du moins.

    La politicienne souhaite en effet appliquer à sa ville une loi nationale contre les étrangers dans les coffee-shops, dont Amsterdam était jusqu’à présent exclue. Selon Femke Halsema, cette exception – appelé «i-critère» – doit prendre fin.

    epa09829895 Amsterdam Mayor Femke Halsema addresses the press during the election evening of the municipality of Amsterdam, The Netherlands, 16 March 2022. EPA/JEROEN JUMELET

    La maire d’Amsterdam Femke Halsema s’est lancée dans une croisade contre le tourisme du cannabis à Amsterdam.image: keystone

    Selon le quotidien The Guardian, la maire a l’intention de s’attaquer au secteur des drogues douces, aux nuisances causées par les touristes et à la criminalité liée à la drogue. Si la vente et l’usage de ces drogues sont tolérés dans les boutiques, le commerce à plus large échelle ne l’est pas. Cela pourrait conduire à des achats par des bandes criminelles.

    Une mesure qui ne convainc pas les politiciens locaux
    L’idée de bannir les touristes des coffee shops est pourtant loin de faire l’unanimité. Parmi les fronts de résistance: celui des propriétaires de magasins, mais aussi des politiques locaux. Le conseil municipal a débattu de ce sujet la semaine dernière. Selon le site d’information néerlandais Dutchnews.nl, une majorité a déclaré vouloir voter contre le bannissement des touristes.

    Fatihya Abdi, politicien du parti travailliste, a déclaré selon Dutchnews.nl que le plus grand parti du pays ne soutiendrait pas la proposition de la maire, car il n’y a pas de «garanties suffisantes» que la ville réduira le commerce de rue et garantira mieux la sécurité des passants.

    Ein Coffeeshop in Amsterdam. Dort kann man Weed kaufen.

    Amsterdam n’est pas célèbre que pour ses canaux, mais également pour ses coffee-shops.image: Shutterstock

    La crainte du commerce de rue
    Sheher Khan, membre du conseil et président du parti Denk, a ajouté pour sa part qu’il n’y avait pas de raison «solide» pour que les drogues douces soutiennent le commerce des drogues dures. Son parti craint avant tout que la demande de cannabis ne se maintienne, ce qui entraînerait une augmentation du trafic de rue.

    En janvier, la municipalité avait déjà annoncé son intention de sévir contre les coffee-shops. Elle attendait toutefois l’approbation du parlement de la ville.

    (t-online, wan)

  131. https://www.watson.ch/fr/suisse/vevey/931951368-vevey-traversee-par-une-ombre-sinistre-on-fait-le-point
    Vevey, traversée par «une ombre sinistre»?
    La Ville de Vevey est en proie à une insécurité grandissante, selon des habitants. (KEYSTONE/Noemi Cinelli)

    La quiétude de la Ville de Vevey est-elle tant troublée que semble le dire une partie de la population?Image: KEYSTONE

    La ville vaudoise de Vevey est pointée du doigt. En cause? Des citoyens s’inquiètent d’une montée de l’insécurité. Une pétition a été lancée pour appeler à plus de sécurité. La Municipale en charge de la cohésion sociale répond à watson.

    «Augmenter la sécurité de Vevey», voilà le titre de la pétition en ligne qui compte déjà 1770 signatures. En effet, la commune vaudoise de 20 000 âmes ferait, selon les signataires, face à une montée de l’insécurité et des mesures rapides seraient nécessaires.

    Le déclencheur de cette mobilisation est à trouver dans un ultime fait divers. Le 27 juin, 24 heures et Blick ont rapporté une agression entre deux bandes qui a envoyé quatre jeunes à l’hosto. Le lieu de la rixe se situe dans le Jardin Doret, qui se trouve au bord du lac Léman. Les suspects seraient, par ailleurs, connus par les autorités vaudoises, selon 24 Heures.

    Ces événements ont donc mis en lumière un problème plus profond au sein de la ville. Les habitants et habitantes signataires affirment ressentir une insécurité grandissante. Et le texte de la pétition, hébergé sur le site change.org, évoque même «une ombre sinistre qui plane sur notre commune».

    Le secteur de la gare est souvent cité comme épicentre de la dangerosité grandissante en ville, qualifiée même «de marché ouvert pour la vente de drogues», écrit l’auteur de la pétition.

    Gabriela Kämpf, conseillère municipale à Vevey.

    Gabriela KämpfImage: dr

    Le décor est planté. Gabriela Kämpf, la conseillère municipale en charge de la cohésion à Vevey, confirme que «la Municipalité a été interpellée, mais ne s’est pas encore prononcée sur cette pétition».

    «Pure coïncidence»
    Les autorités de Vevey ont diffusé, jeudi 27 juin au matin, un communiqué expliquant qu’elles mettent en place un dispositif de médiation, évoquant une présence rassurante au service du vivre-ensemble. Concrètement, des médiateurs et médiatrices vont se promener dans le quartier de la gare, arborant un gilet blanc pour qu’ils soient identifiables. La ville rappelle qu’il s’agit d’un projet pilote.

    Est-ce une réponse rapide de la Municipalité à cette pétition?

    Gabriela Kämpf renseigne que la Ville de Vevey n’a pas attendu cette altercation pour prendre des mesures: «C’est une pure coïncidence que cela s’aligne avec la pétition. Le projet a été mis en place au début de cette législature.»

    Face à ce sentiment d’insécurité ressenti par plusieurs femmes interrogées, Gabriela Kämpf explique «comprendre cette sensation d’insécurité» prégnante aux alentours de la gare, spécialement pour les femmes.

    Mais la conseillère municipale et ses collègues comptent bien remédier à ces critiques. Comme elle le souligne, «la gare est un lieu d’accueil et ce n’est pas comme ça qu’on veut accueillir». Le sujet tient à coeur à la Municipalité:

    «Nous avons mis en place un programme de défense pour les femmes, pour savoir identifier une agression et procéder à quelques techniques pour éloigner une potentielle agression. Il s’agit de cours pour les femmes selon la méthode Fem do chi, qui renforce le pouvoir d’agir pour soi et se positionner face à une potentielle agression dans l’espace public, comme privé. À dix francs la session pour les veveysannes.»

    Un «climat très désagréable»?
    Plusieurs femmes contactées nous disent que le climat est «très désagréable» dans les rues veveysannes à partir de 22h. Gabriela Kämpf explique:

    «En tant que femme, je comprends cette sensation d’insécurité»

    Gabriela Kämpf

    Elle enchaîne: «En 2021, l’une des premières choses que nous avons mise en place est harcèl.Vevey. Cette plateforme identifiait une lacune à la Ville de Vevey. A présent, les victimes peuvent faire des dépositions anonymes et être contactées par un professionnel.»

    Dans la foulée de la législature de 2021, la ville a empoigné la problématique sécuritaire.

    «Avec cette répétition de demandes concernant les questions d’insécurité, nous avons mis en place un groupe de travail. Notre rôle en tant que ville est de renforcer la cohésion et le vivre-ensemble. La Municipalité a demandé à la police de renforcer sa présence de jour comme de nuit. C’est elle qui a le mandat de la sécurité publique. Mais c’est un ensemble de mesures qui est nécessaire.»

    La municipale analyse aussi «la situation délicate d’être une ville-centre». Selon elle, «en plus de sa population urbaine, Vevey accueille beaucoup de personnes qui viennent d’autres réalités. Vevey ne fait pas exception parmi les villes qui observent des problématiques de cohabitation dans l’espace public. Elle est aussi très dense», estime Gabriela Kämpf.

    Elle profite de rappeler que «le narratif employé par les médias renforce cette sensation de crainte». Et de conclure que la Municipalité doit amener une présence rassurante à sa population. La mise en place de la médiation urbaine est là pour répondre à ce sentiment d’insécurité. «Nous allons construire des interventions avec nos expériences, définir des horaires, des contextes», nous décrit Gabriela Kämpf, ajoutant que la Municipalité se sent «très concernée et en soutien aux victimes d’agression».

  132. Fusillades, corruption, uberisation… Narcotrafic: la traînée de poudre | #Investigation

    10 juil. 2024
    Depuis plusieurs mois, plusieurs fusillades ont eu lieu à Bruxelles. Des fusillades bien souvent liées au trafic de drogue. Alors à quoi sont-elles dues ? #Investigation a enquêté.

    Quatre fusillades en 48 heures dans le quartier de la porte de Hal et du square Jacques Franck à Saint-Gilles. Des coups de feu à Laeken, Anderlecht, Forest ou encore Schaerbeek. Ces derniers temps, plusieurs fusillades ont éclaté dans la capitale. Une violence qui s’exerce désormais en pleine rue, à la vue de tous.

    Le 12 mars dernier, Nathan et Paola ont été réveillés en pleine nuit. Dans la nuit, une fusillade a éclaté dans leur quartier au pied de l’église Saint-Antoine à Forest. “Il y avait vraiment la balle qui était bloquée ici dans le rideau”, explique Nathan. “Nous, on a directement regardé dehors. On a vu qu’il y avait un jeune qui était allongé dans une mare de sang”.

    Au total, la police scientifique retrouvera 80 douilles. Les balles ont fusé atteignant les voitures et les fenêtres. Trois personnes sont blessées. Lorsque nous la rencontrons, Paola n’en revient toujours pas. “C’est tellement fou que j’espère que ça ne va pas arriver de nouveau. Je ne pense pas qu’on est en danger vu qu’on n’est pas visés. Mais quand même, ça pose des questions.”

    Guerre de territoire

    Selon des chiffres que nous avons pu consulter, 3 personnes sont décédées dans un contexte criminel lié à la drogue entre janvier et mars 2024. En 2023, on enregistrait 12 morts liés à du trafic de stupéfiants dont 7 à Bruxelles et 131 blessés. Un phénomène qui n’est donc pas neuf. Bruxelles n’est d’ailleurs pas la seule ville d’Europe à faire face à des fusillades. En 2023, 47 personnes sont décédées à Marseille dans des faits liés au trafic de drogue. La Suède est aussi touchée avec 121 morts l’année dernière. Mais chez nous, ce qui semble avoir changé c’est que ces fusillades ont lieu sur l’espace public. Alors à quoi est due cette violence ? Selon plusieurs observateurs, elle serait bien liée au trafic de drogue.

    Nous avons rencontré un enquêteur de la police judiciaire fédérale. Cela fait des années qu’il travaille sur le trafic de drogue à Bruxelles et sur les violences parfois extrêmes qu’il engendre. Un travail qui le pousse régulièrement à fréquenter les trafiquants, voilà pourquoi il préfère garder l’anonymat. Pour lui, le constat est clair. “On observe une augmentation de la violence. Elle se manifeste par plein d’actions, que ce soit des rafales dans les façades, de l’intimidation directement auprès de dealers ou dans des points de vente, des enlèvements, mais aussi des fusillades qui entraînent des blessés ou des meurtres”. Selon lui, cette augmentation de la violence serait due à des rivalités entre dealers.

    Les points de deal au cœur des tensions

    Et à Bruxelles, certains lieux semblent cristalliser toutes les tensions : les points de deal. L’enquêteur anonyme de la police fédérale nous le confirme. “Sur un point de deal, vous gagnez beaucoup d’argent. On parle de plusieurs milliers, voire de dizaines de milliers d’euros par jour. Donc oui, les enjeux sont hyper importants”. Des enjeux financiers qui, selon lui, justifient la violence aux yeux des trafiquants. “Ça en vaut la peine pour ces organisations de sécuriser ces points de deal. Et donc la sécurité de ces points de deal peut passer par des actes de violences graves”.

    0:00 : Fusillades, corruption, uberisation… Narcotrafic: la traînée de poudre | #Investigation

    https://www.youtube.com/watch?v=9-DwggVrt2c

  133. https://www.rtbf.be/article/investigation-comment-lutter-contre-le-trafic-de-cocaine-questions-a-3-experts-11366898
    #Investigation : comment lutter contre le trafic de cocaïne ? Questions à 3 experts
    En 2021, les policiers belges réalisaient un énorme coup de filet. Après des mois de travail, les enquêteurs ont réussi à infiltrer la messagerie cryptée SKY ECC. Une messagerie très utilisée par les narcotrafiquants. Les policiers vont donc avoir accès à des millions de messages. Car sur SKY, les trafiquants se croyant inatteignables n’hésitaient pas à s’échanger des photos de cargaisons de cocaïne.

    Le démantèlement de SKY ECC a donc représenté une véritable avancée dans la lutte contre le trafic de cocaïne. Mais il a aussi permis de prendre la mesure de l’ampleur du trafic de cocaïne dans notre pays. Des enquêtes qui ont permis de démontrer la puissance des réseaux criminels et de ceux qui les dirigent. Ils sont capables de blanchir des millions d’euros, de corrompre tous ceux qui sont nécessaires à leurs activités. Et lorsque l’argent ne suffit pas, certains n’hésitent pas à menacer.

    Alors face à des réseaux si puissants, la police a-t-elle les moyens de lutter ? Cette question, nous l’avons posée à Laurent Blondiau. Il est directeur du pilier judiciaire à la police fédérale. “Nous devons cibler les têtes de réseau. Nous devons les déstabiliser sur le plan financier. Nous devons essayer de couper les réseaux logistiques et les réseaux de soutien. Nous devons attaquer en fait à tous les niveaux et nous le faisons”.

    Une lutte qui doit donc se faire à différents niveaux mais aussi en collaboration avec les zones de police locales. Et ça, Laurent Blondiau en est bien conscient. “Nous ne sommes pas seuls à lutter contre les formes les plus organisées de trafic. La police a besoin de ses partenaires. Nous avons besoin de la collaboration avec la police locale qui est excellente pour occuper le terrain, pour mener également des enquêtes”.

    La lutte contre le trafic de cocaïne doit donc se faire à différents niveaux mais pour Alexis Goosdeel, directeur de l’observatoire européen des drogues, elle ne doit pas se limiter à la répression. “Le risque principal pour notre société, c’est de penser pouvoir résoudre le problème en adoptant une approche qui soit purement et exclusivement répressive. Ce que nous disent les gens du terrain, aussi bien les maires, les bourgmestres que les policiers ou que les intervenants socio sanitaires, c’est que le tout répressif ne fonctionne pas. Nous le voyons depuis 20 ans”.

    Un constat qui est donc sans appel. Car pour Alexis Goosdeel, il faut aussi travailler sur les populations qui sont le plus souvent touchées par le trafic de drogues. Dans notre enquête, plusieurs intervenants le confirmaient. Bien souvent, les petits dealers sont vulnérables. Il peut s’agir d’adolescent en décrochage scolaire, de mineurs d’âge ou même de sans-papiers.

    A lire aussi : #Investigation : pourquoi tant de fusillades liées au trafic de drogues ?

    “Ce que l’on voit aussi, c’est que beaucoup des populations impliquées, que ce soit dans les activités criminelles, même de bas niveau, organisées par de très jeunes enfants ou adolescents par exemple, mais aussi dans l’usage, c’est que dans beaucoup de cas, il y a déjà des situations de vulnérabilité socio économique”, détaille Alexis Goosdeel.

    Pour lui, qui vient du milieu associatif, il faut aussi travailler sur la prévention. Dans une étude de l’observatoire européen des drogues, on constate qu’Anvers et Bruxelles sont des villes où la consommation de cocaïne est très élevée. Les spécialistes ont analysé les eaux usées de 88 villes en Europe à la recherche de traces de cocaïne. Et c’est Anvers qui figure à la première place du classement. Bruxelles, quant à elle, occupe la sixième place.

    Pour Alexis Goosdeel, si la prise de conscience est réelle au niveau européen et national, il faut agir rapidement. “La cocaïne, ce n’est pas un problème uniquement européen, ni uniquement un problème latino américain. C’est un problème mondial et je dirais la cocaïne ainsi que toutes les substances sont le problème du XXIᵉ siècle”.

  134. https://www.rtbf.be/article/investigation-pourquoi-tant-de-fusillades-liees-au-trafic-de-drogues-11360559
    #Investigation : pourquoi tant de fusillades liées au trafic de drogues ?
    A Bruxelles, le deal de rue entraîne une montée de la violence

    A Bruxelles, le deal de rue entraîne une montée de la violence © RTBF

    Depuis plusieurs mois, plusieurs fusillades ont eu lieu à Bruxelles. Des fusillades bien souvent liées au trafic de drogue. Alors à quoi sont-elles dues ? #INVESTIGATION a enquêté.

    Quatre fusillades en 48 heures dans le quartier de la porte de Hal et du square Jacques Franck à Saint-Gilles. Des coups de feu à Laeken, Anderlecht, Forest ou encore Schaerbeek. Ces derniers temps, plusieurs fusillades ont éclaté dans la capitale. Une violence qui s’exerce désormais en pleine rue, à la vue de tous.

    Le 12 mars dernier, Nathan et Paola ont été réveillés en pleine nuit. Dans la nuit, une fusillade a éclaté dans leur quartier au pied de l’église Saint-Antoine à Forest. “Il y avait vraiment la balle qui était bloquée ici dans le rideau”, explique Nathan. “Nous, on a directement regardé dehors. On a vu qu’il y avait un jeune qui était allongé dans une mare de sang”.

    Au total, la police scientifique retrouvera 80 douilles. Les balles ont fusé atteignant les voitures et les fenêtres. Trois personnes sont blessées. Lorsque nous la rencontrons, Paola n’en revient toujours pas. “C’est tellement fou que j’espère que ça ne va pas arriver de nouveau. Je ne pense pas qu’on est en danger vu qu’on n’est pas visés. Mais quand même, ça pose des questions.”

    Selon des chiffres que nous avons pu consulter, 3 personnes sont décédées dans un contexte criminel lié à la drogue entre janvier et mars 2024. En 2023, on enregistrait 12 morts liés à du trafic de stupéfiants dont 7 à Bruxelles et 131 blessés. Un phénomène qui n’est donc pas neuf. Bruxelles n’est d’ailleurs pas la seule ville d’Europe à faire face à des fusillades. En 2023, 47 personnes sont décédées à Marseille dans des faits liés au trafic de drogue. La Suède est aussi touchée avec 121 morts l’année dernière. Mais chez nous, ce qui semble avoir changé c’est que ces fusillades ont lieu sur l’espace public. Alors à quoi est due cette violence ? Selon plusieurs observateurs, elle serait bien liée au trafic de drogue.

    Nous avons rencontré un enquêteur de la police judiciaire fédérale. Cela fait des années qu’il travaille sur le trafic de drogue à Bruxelles et sur les violences parfois extrêmes qu’il engendre. Un travail qui le pousse régulièrement à fréquenter les trafiquants, voilà pourquoi il préfère garder l’anonymat. Pour lui, le constat est clair. “On observe une augmentation de la violence. Elle se manifeste par plein d’actions, que ce soit des rafales dans les façades, de l’intimidation directement auprès de dealers ou dans des points de vente, des enlèvements, mais aussi des fusillades qui entraînent des blessés ou des meurtres”. Selon lui, cette augmentation de la violence serait due à des rivalités entre dealers.

    En 2023, 12 personnes sont décédées dans des fusillades liées au trafic de drogue.

    En 2023, 12 personnes sont décédées dans des fusillades liées au trafic de drogue. © RTBF

    Les points de deal au cœur des tensions
    Et à Bruxelles, certains lieux semblent cristalliser toutes les tensions : les points de deal. L’enquêteur anonyme de la police fédérale nous le confirme. “Sur un point de deal, vous gagnez beaucoup d’argent. On parle de plusieurs milliers, voire de dizaines de milliers d’euros par jour. Donc oui, les enjeux sont hyper importants”. Des enjeux financiers qui, selon lui, justifient la violence aux yeux des trafiquants. “Ça en vaut la peine pour ces organisations de sécuriser ces points de deal. Et donc la sécurité de ces points de deal peut passer par des actes de violences graves”.

    Au Peterbos, une journée, ça représente entre 20.000 et 30.000 € de chiffre d’affaires par jour

    Pour s’en rendre compte, nous avons suivi deux policiers de la brigade de proximité de la zone midi. Ces policiers couvrent trois communes : Forest, Saint-Gilles et Anderlecht. Eux aussi sont régulièrement au contact des dealers. C’est pourquoi ils préfèrent conserver l’anonymat. Nous les appellerons Nick et Thomas.

    Cet après-midi-là, ils sont en intervention dans le quartier du Peterbos à Anderlecht. Un quartier connu pour le deal de cocaïne. “Il faut savoir que le Peterbos, une journée, ça représente en moyenne entre 20.000 et 30.000 € de chiffre d’affaires par jour. Faites le calcul sur le mois, faites le calcul sur l’année. L’entrepreneur qui est à la tête du réseau, il ne va pas abandonner entre 20 et 30.000 € par jour”, explique Thomas. “Donc si quelqu’un veut venir s’attaquer à son territoire, il prendra toutes les mesures nécessaires”.

    Au Peterbos, comme dans d’autres quartiers bruxellois, le deal de coke s’est installé. Un point de deal peut générer jusqu’à 30.000 euros de bénéfice.

    Au Peterbos, comme dans d’autres quartiers bruxellois, le deal de coke s’est installé. Un point de deal peut générer jusqu’à 30.000 euros de bénéfice. © RTBF

    En début de soirée, les policiers se rendent sur un autre point de deal connu à Anderlecht : la station de métro Saint-Guidon. Après une rapide fouille des lieux, les policiers retrouvent un couteau. “C’est le genre d’armes qu’on retrouve assez fréquemment sur les points de deal”, détaille Nick. “En fait, ça sert à se défendre ou à dissuader en cas de problème, avec peut-être de la concurrence ou des acheteurs qui ne veulent pas payer. Parfois, ça peut être des fusils, des armes, des armes à feu quoi”.

    Des armes pour protéger les points de deal. Cela peut sembler extrême et pourtant, pour certains dealers, c’est devenu la règle.

    La coke un business très rentable
    Il faut dire que pour les dealer, la cocaïne c’est un peu une mine d’or. De l’achat chez le producteur en Amérique latine jusqu’à la poche du consommateur, le produit ne fait que prendre de la valeur. Ça, c’est Luc V., un enquêteur de la police judiciaire fédérale de Bruxelles qui nous le confirme. Il dirige la DR9. L’unité chargée de la lutte contre le trafic de stupéfiants. “Ce qui explique l’attrait de la cocaïne par les organisations criminelles, c’est que c’est extrêmement rentable. Chez le producteur en Amérique du Sud, le kilo est à 1000 €. Quand il arrive en Europe, il est à 25, 35.000 €. Là, on parle d’un prix de gros. Et le prix de la cocaïne va encore être multiplié pour arriver à un prix de détail. C’est-à-dire ? On est toujours à peu près à 50 € le pacson de coke”.

    Voilà pour le prix de la cocaïne pure. Mais les calculs ne s’arrêtent pas là. Car bien souvent, les trafiquants vont couper la cocaïne pour augmenter encore leur bénéfice comme l’explique Luc V. “Ce qui fait que quand on parle d’un ratio, on parle de bénéfices entre le prix d’achat et le prix de vente au détail qui peut aller de X100 à X200.” Difficile de faire plus rentable.

    Vous l’avez compris, le trafic de cocaïne est donc un business ultra-rentable. Et ça, les dealers l’ont bien compris. Il faut néanmoins distinguer les grandes organisations criminelles des petits dealers de rue. D’un côté, il y a les trafiquants internationaux qui importent la cocaïne depuis l’Amérique latine et la vendent ensuite à d’autres plus petites organisations. D’un autre côté, il y a les organisations qui vendent uniquement en rue. Reste que ce business-là reste, lui aussi, très rentable.

    Ce serait donc au niveau du deal de rue que la violence s’exprime le plus ouvertement. Le marché de la cocaïne génère énormément d’argent, donc beaucoup de dealers s’y mettent. Il n’empêche le territoire bruxellois n’est pas extensible. Une équation au résultat impossible qui débouche donc sur une augmentation de la violence dans la capitale.

    L’enquête complète est à découvrir dans le magazine #INVESTIGATION mercredi 08/05/2024 sur la Une.

  135. ÉMISSION DE TÉLÉVISION CAPITAL M6 – (2001) – COCAÏNE, STARS & DEALERS – PRÉSENTÉ PAR EMMANUEL CHAIN

    Jeunes en soirée (rails de coke)
    Dealers et Accessoires vendus au grand jour (sur un marché aux Puces) et Boutique du 8ème arrt.
    Visite chez un Dealer
    Enquête de la BRI de Marseille (Interpellation).
    VHS Rippé par mes Soins.
    La Belle époque de Capital…
    Durée : (1H41 04) – 04 NOVEMBRE 2001

    https://www.youtube.com/watch?v=UmGeNYswu-8

  136. https://www.vd.ch/actualites/decisions-du-conseil-detat/seance-du-conseil-detat/seance/1025807

    Consommation de substances illicites dans l’espace public
    Dans sa réponse à une interpellation de la députée Elodie Lopez, le Conseil d’État rappelle la mise en œuvre d’une politique publique globale pour lutter contre le trafic de rue et les méfaits de la consommation de stupéfiants. Cette politique prend en compte la relation étroite entre santé mentale et consommation de substances, permettant une gestion globale des troubles liés à l’addiction. Elle intègre le soutien aux proches et des mesures sociosanitaires d’urgence. En outre, des rencontres régulières sont prévues afin de renforcer le travail interprofessionnel, optimiser les offres existantes et proposer des solutions innovantes.

    Renseignements complémentaires
    DSAS, Karim Boubaker, médecin cantonal, Direction générale de la santé, 079 783 25 89

  137. Des médiateurs pour pacifier l’espace public
    riviera-chablais.ch/des-mediateurs-pour-pacifier-lespace-public
    24 juillet 2024
    Noémie Desarzens
    24/07/2024
    TM

    Présents aux alentours de la gare, les médiateurs urbains veveysans se relaient depuis quelques semaines, de jeudi à samedi en soirée. Ils sont reconnaissables à leurs gilets blancs. | N. Desarzens

    Vevey
    Depuis fin juin, la Ville teste un nouveau dispositif afin d’apporter une présence rassurante dans le quartier de la gare. Les lignes directrices: le vivre ensemble et le dialogue avec la population. Reportage.
    «Vous vous sentez comment à Vevey?» Entame de discussion sur le quai de la gare en ce jeudi sous le coup des 18h. Reconnaissables à leurs gilets blancs, le duo de médiateurs urbains veveysans (MUV) patrouille le secteur depuis trois semaines. Une présence qui se veut rassurante dans un quartier parfois agité.

    «Nous avons eu une douzaine de sollicitations aujourd’hui», glisse Martin*, l’un des médiateurs présents ce jour-là. «Actuellement, les gens verbalisent leur ressenti», poursuit sa collègue Isabelle*. Si les médiateurs urbains ne révèlent pas leur identité, c’est qu’ils représentent la Ville de Vevey. «Nous ne sommes pas des potes de rue, abonde Isabelle. Nous représentons un Service communal, mais nous n’en sommes pas les visages. Il est donc important que nous ne personnifions pas ce rôle.»

    Ce nouveau dispositif a été mis en place pour répondre au sentiment d’insécurité chez une partie de la population témoin du deal de rue dans les environs. «Mais ce n’est pas une mesure qui se substitue à la sécurité», précise d’emblée la municipale chargée de la cohésion sociale Gabriela Kämpf. Les médiateurs ne sont pas des membres du corps de police ni de la sécurité. Ils ne pourront donc ni intervenir en cas d’infractions ni dénoncer des actes illicites. «Ils incarnent un relai entre les autorités et la population», ajoute encore Gabriela Kämpf.

    Être présent pour la population

    Si la précarité et le deal de rue sont des problèmes systémiques, dépassant les compétences d’une seule ville, les autorités veveysannes explorent un nouvel axe avec cette mesure pionnière dans le canton. «Il s’agit d’un projet pilote, qui veut aussi humaniser la Commune dans l’espace public et montrer qu’elle est à disposition de ses habitants», souligne l’édile.

    Actuellement, deux médiateurs se relaient dans les alentours de la gare en fin de semaine, de 17h à 22h. «Ce dispositif ne résoudra pas à lui seul le problème du deal de rue, mais il agit en collaboration avec les quatre autres piliers du plan d’action, soit la prévention, le traitement, la réduction des risques et la répression», détaille la coordinatrice du projet Sarah Morier.

    Quelle est donc plus exactement la mission de ces médiateurs? Parler avec tout le monde qui gravite autour de la gare. Cette présence sera couplée à une observation active, mais sans surveillance. «C’est un travail qui se tisse tous les jours», détaille la Cheffe de service de la cohésion sociale Christyl Vasserot. Gabriela Kämpf rapelle qu’«il faut être conscient qu’il s’agit d’un projet évolutif».

    Qu’en pensent les commerçants ?

    Pharmacien, Sofiane Kharbouche regrette de ne pas pouvoir accueillir sa clientèle dans de bonnes conditions à cause de la présence régulière de dealers vers son magasin. «Tous les jours nous sommes obligés de leur ordonner de ne pas rester devant nos vitrines.» Quelques pas plus loin, Romuald Niclot salue lui cette présence de la Ville dans l’espace public. Chauffeur pour l’entreprise Taxi Chaplin & Oriental, il a pu échanger avec les médiateurs. «Même s’ils ne vont pas pouvoir diminuer la délinquance dans le secteur, ils nous écoutent. On se sent entendu.» Salvatore Piscopo, gérant du KymèM Café, à deux pas du quai, questionne la pertinence de la mesure. «Pour éradiquer le deal de rue, il faut légaliser certaines substances.»

    Pas une mesure «bisounours»

    Pour Christyl Vasserot, les résultats ne vont pas forcément dépendre des moyens déployés. «C’est frustrant, mais c’est le cœur du travail social qui est aux prises avec la complexité de l’être humain.» Une phase «test» sur environ trois mois est prévue. «Face à la critique d’un dispositif trop , je réponds qu’il faut du temps pour nouer une relation avec la population et connaître les spécificités du terrain, poursuit la Cheffe de service. Tisser du lien, ça augmente le sentiment de sécurité dans l’espace public et ce n’est pas un sentiment quantifiable. C’est toute la complexité du travail social.»

    *Prénoms connus de la rédaction

    En cas de constat d’infraction dans l’espace public, appeler la centrale de Police Riviera (24h/24h) au 021 966 83 00 ou composer le 117 en cas d’urgence.
    Sentiment d’insécurité: les dealers ne sont pas les seuls responsables
    Comme toute gare, celle de Vevey est très fréquentée et parfois le théâtre de tensions et d’infractions commises par une autre frange de la population connue des services de police, tels des délinquants multirécidivistes. «Cela étant, ces personnes agissent sur l’espace public en général et non uniquement dans le secteur de la gare», précise le Commandant de Police Riviera Ruben Melikian. Imputer l’insécurité uniquement aux dealers représente donc un raccourci. «Nous comprenons bien que leur oisiveté est susceptible de générer pour certaines personnes de l’agacement et une forme de sentiment d’insécurité», concède le lieutenant-colonel. Cependant, les infractions pénales dénoncées concernent principalement la Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration et la loi sur les stupéfiants. «S’ils font parfois preuve d’insistance, les dealers ne se montrent pas agressifs envers la population», souligne encore Ruben Melikian. La porte-parole de l’Association Sécurité Riviera (ASR), Dounya Schürmann-Kabouya précise que «l’opération de lutte contre le deal de rue est régulièrement réorientée par Police Riviera sur des actions à vocation répressive dans ce secteur». En outre, de nouvelles règles de la loi pénale vaudoise, comme l’interdiction de périmètre, sont applicables depuis cette année. Un outil supplémentaire pour lutter contre le deal de rue. À noter que la présence policière a aussi été renforcée quotidiennement et surtout en soirée.

  138. https://www.ulyces.co/longs-formats/sherlock-holmes-cocaine-docteur-watson-drogue/
    Les raisons de la passion de Sherlock Holmes pour la cocaïne
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    Spaceport America
    Créé par les architectes Foster + Partners
    Crédits : Land Rover

    Parfois, elle semble presque disparaître dans le désert. Conçue comme un tour de magie architectural et topographique, la Passerelle vers l’Espace de Virgin Galactic dresse sa courbe sinueuse hors de la poussière du Nouveau-Mexique, ses surfaces d’acier démultipliées dans un mirage rouge-brun vibrionnant sur l’horizon. Au crépuscule, la silhouette du premier spatioport construit dans un but commercial se fond doucement dans la ligne de faîte des montagnes de San Andres, à trente kilomètres de là. L’itinéraire qu’emprunteront demain les astronautes tour-opérateurs à travers le bâtiment a été méticuleusement élaboré par les architectes de Foster + Partners pour préfigurer le voyage spatial qu’ils s’apprêtent à accomplir : une rampe de béton monte doucement vers le centre de la construction – une fente étroite qui forme un petit rectangle de ténèbres parfaites en dépit de l’aveuglante lumière du jour. L’étiquette magnétique que porte chacun des passagers déclenche l’ouverture de lourdes portes d’acier donnant sur un passage étroit et faiblement éclairé, dont les murs se courbent jusqu’à un autre portail sombre. Il s’ouvre sur un nouveau passage offrant une vue sur les 4 300 mètres carrés du hangar qui abrite la flotte d’engins spatiaux dans lesquels ils voyageront, quatre étages plus bas.

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    Vue de l’espace
    Jornada del Muerto, Nouveau-Mexique
    Crédits

    Puis c’est le finale : les dernières portes donnent sur le salon des astronautes, un vaste open space baigné d’une lumière naturelle venue d’un mur de fenêtres elliptique offrant une vue d’ensemble sur la piste de l’aéroport spatial, longue de trois kilomètres, et sur le ciel au-delà. L’effet produit est celui que recherchaient les architectes : malgré le fait que le bâtiment ne soit pas tout à fait terminé, lorsqu’un groupe témoin de touristes de l’espace y a été conduit, ils ont trouvé l’expérience si bouleversante qu’ils ont été émus aux larmes. Un énorme enjeu se joue ici dans le désert. Neuf endroits aux États-Unis sont aujourd’hui désignés sous l’appellation de spatioports, mais le complexe du Nouveau-Mexique – Spaceport America – est le seul à avoir été construit à partir du néant et conçu pour accueillir un service régulier de transport de passagers. Il a été édifié sur une plaine isolée située à cinquante kilomètres de la ville la plus proche. Et sa création n’a pas été bon marché : jusqu’ici, il aura coûté presque un quart de milliard de dollars (environ 200 millions d’euros), ses ingénieurs ont bitumé seize kilomètres de route simplement pour connecter le site au monde extérieur et la facture pour la piste seule s’élève à 37 millions de dollars. Et même si le bâtiment, qui a été conçu selon les exigences de la compagnie, arbore en son centre le nom de Virgin Galactic, il a été payé par l’État du Nouveau-Mexique, dont les citoyens ont voté pour une taxe de vente destinée à financer sa construction.

    Un rêve de gosse
    Par un matin froid de novembre, Christine Anderson, l’ancienne responsable de l’US Air Force désormais chargée de donner vie à Spaceport America, se tient sur une route d’accès battue par le vent, non loin de la Passerelle vers l’Espace. « Ce sont les prémices de l’industrie du transport spatial de passagers », dit-elle. Les équipes d’Anderson ont pour objectif d’achever leur travail à la fin de l’année 2013. Virgin Galactic prévoit un service régulier – le lancement quotidien de vols dans l’espace – pour le début de l’année 2014. Anderson est optimiste quant au futur : les vols suborbitaux quotidiens seront suivis par des voyages intercontinentaux de point à point, qui couvriront la surface du globe le temps de regarder un film en vol ; les voyages hors de l’atmosphère terrestre deviendront aussi banals que de prendre le bus. « J’espère », me dira plus tard Richard Branson, « que c’est le début d’une nouvelle ère pour le voyage spatial. » Mais avant qu’il se passe quoi que ce soit, Virgin Galactics devra construire une fusée qui vole.

    ~
    Richard Branson se revoit encore assis dans le salon de ses parents, à regarder Armstrong et Aldrin marcher sur la Lune.

    Les voyages spatiaux sont un canon de la science-fiction depuis presque aussi longtemps qu’il existe des compagnies aériennes commerciales – la préfiguration d’un futur sans friction n’a jamais été aussi parfaitement représentée à l’image que dans les séquences d’ouverture de 2001, l’Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick, dans lesquelles une hôtesse de la Pan-Am enturbannée de blanc distribue des collations en impesanteur, pendant le trajet vers un hôtel Hilton en orbite. Et lors de la sortie du film de Kubrick en 1968, la véritable Pan American – l’entreprise pionnière à l’origine des premiers vols commerciaux transatlantiques et trans-Pacifique – avait déjà ouvert une liste d’attente pour des voyages sur la Lune. Ils estimaient que le service ne débuterait pas plus tard qu’en l’an 2000, et ils avaient commencé à émettre des cartes de membres numérotées pour leur club des Premiers Vols Lunaires. C’était à la fois le signe de l’optimisme de la société, né de la confiance de ses dirigeants dans la haute technologie, et un habile coup publicitaire. Galvanisés par l’alunissage l’année suivante, 98 000 personnes à travers le monde se sont inscrites – l’une d’elle a même tenté de s’assurer un siège en envoyant un chèque d’un million de dollars (790 000 euros). Mais l’euphorie d’Apollo 11 n’a pas duré longtemps. La Nasa a coupé les vivres à son programme d’exploration lunaire et, en 1971, la Pan Am, à court d’argent, a clôturé sa liste d’attente. Lorsque la compagnie a finalement fait faillite en 1991, le club des Premiers Vols Lunaires est devenu une moquerie ponctuant les nécrologies de la compagnie, l’indicateur de l’arrogance qui avait été fatale à l’entreprise. Aujourd’hui âgé de 62 ans, sa crinière blonde tournant peu à peu au blanc jauni, Richard Branson se revoit encore assis dans le salon de ses parents, à regarder Armstrong et Aldrin marcher sur la Lune. Il avait eu 19 ans quelques jours plus tôt et faisait partie de la génération des enfants de l’ère du Verseau, aux yeux pleins d’étoiles, qui s’étaient sentis trahis par le futur quand leurs rêves de voyages spatiaux avaient commencé à s’étioler. « J’étais convaincu que le jour était proche où nous irions tous dans l’espace », se remémore-t-il. Et malgré cela, dit-il, il aurait pu voyager en orbite par plaisir à la fin des années 1980, avant quiconque sur Terre.

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    Sir Richard Branson
    Discours à Spaceport America
    Crédits : Jeff Foust

    À cette époque, Branson était déjà l’un des hommes les plus riches du monde, propriétaire de sa propre compagnie aérienne. Il explorait l’attrait que pouvait exercer une image de marque casse-cou sur les gens – virées transatlantiques en bateau à moteur, voyages en ballon battant des records – lorsqu’il a reçu l’appel d’un ambassadeur de l’Union soviétique à Londres. Mikhaïl Gorbatchev, lui a expliqué l’ambassadeur, avait une proposition à lui faire : aimerait-il devenir le premier touriste dans l’espace ? Cela requerrait dix-huit mois d’entraînement à la Star City, en dehors de Moscou – à quoi s’adjoignait un détail d’importance : « Cela devait coûter quelque chose comme 50 millions de dollars », dit Branson. Le prix était un problème. « Je me suis simplement fait la réflexion que si je dépensais une telle somme d’argent pour aller dans l’espace, les gens se diraient que c’était un gaspillage insensé. Notre action humanitaire en Afrique et ailleurs était conséquente, aussi m’a-t-il semblé qu’un tel montant – même si c’était dans mes moyens – avait quelque chose de… grossier. » Branson a donc décliné la proposition – et plus tard, il l’a regretté. « Peut-être que j’aurais dû dire oui, dit-il. J’aurais probablement pu le justifier d’un point de vue marketing. » Le fait que le tourisme spatial soit devenu chose possible – même s’il n’était à portée que des hommes les plus absurdement riches – l’a mené à une prise de conscience plus profonde. « Le plus regrettable selon moi, c’est que ni la Russie ni l’Amérique n’étaient vraiment intéressés par le fait de donner aux millions de gens qui rêveraient d’aller dans l’espace l’opportunité de s’y rendre. » Après quoi il a commencé à tester l’idée auprès de ces gens. « Je leur demandais : “Si vous aviez la possibilité de faire un aller-retour dans l’espace – et que vous pouviez vous l’offrir – combien d’entre vous le feraient ?” 95 % d’entre eux levaient la main. » En 1995, à la suite d’une conversation avec Buzz Aldrin, Branson a commencé à étudier sérieusement le potentiel d’une démocratisation du voyage spatial. Et quand son responsable des projets spéciaux, Will Whiteborn, a tenté d’inscrire Virgin au registre du commerce en tant qu’entreprise aérospatiale à la Companies House de Londres, il a découvert avec stupéfaction que quelqu’un l’avait précédé. Branson avait secrètement déposé la marque pour une utilisation spatiale plus d’une décennie avant lui.

    Building 75
    Vêtu d’une tenue de pilote noire frappée d’un écusson au logo ailé brodé à son nom, Sir Richard Branson émerge d’un hangar situé en bordure du Mojave Air and Spaceport, en Californie. Au-dessus de lui, l’œil du logo de Virgin Galactic a récemment été peint sur le bâtiment. Alors qu’il dépasse le tablier en béton du hangar, il porte sous son bras une silhouette en carton à l’effigie de l’engin spatial à six places de Virgin, baptisé SpaceShipTwo. Aujourd’hui a lieu un bref événement au Mojave, un groupe de bâtiments en acier ondulé éparpillés le long d’une piste de béton dans le désert, à quelques kilomètres de la base aérienne d’Edwards.

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    Mojave Air and Spaceport
    Un Boeing 767 en cours de démantèlement
    Crédits : Alan Radecki

    Il est ici pour annoncer l’acquisition définitive de la Spaceship Company, la branche de fabrication d’engins spatiaux de Virgin (la devise de la société est : « Nous construisons des vaisseaux spatiaux »). Le bâtiment fraîchement repeint derrière lui se trouve être le Hangar de Test et d’Assemblage Final, où les nouveaux véhicules de la flotte de la compagnie seront assemblés. Les 200 membres de l’équipe de Virgin Galactic – la Spaceship Company plus un groupe d’ingénieurs issus des rangs du fabriquant d’engins aériens expérimentaux Scaled Composites – sont réunis autour de Branson sur le tarmac pour être pris en photo. Ce sont eux qui ont passé la majeure partie de ces dix dernières années à construire le prototype de la première fusée de ligne dans un autre hangar gigantesque de l’autre côté de l’aéroport du Mojave, connu sous le nom de Building 75. Branson et le fondateur de Scaled Composites Burt Rutan, connu pour son excentricité, ont une longue histoire derrière eux. Rutan a bâti sa réputation en vendant des plans d’avions peu conventionnels qui portaient des noms de gadget – le VaziEze, le Long-EZ –, que des pilotes amateurs de bricolage pouvaient construire dans leur garage avec de la mousse et de la fibre de verre. Mais en 1986, il est devenu célèbre pour avoir conçu le Rutan Model 76 Voyager, le premier avion à pouvoir voler sans escale autour du globe, avec un seul réservoir d’essence. Quand Branson a commencé à faire construire de l’équipement pour sa série de vols trans-océaniques en ballon – à commencer par une traversée de l’Atlantique en montgolfière en 1987 –, il s’est rendu au Mojave pour recevoir des conseils. « Burt est un génie lorsqu’il s’agit de concevoir des choses telles que des capsules pressurisées », confie-t-il.

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    Roton ATV
    Le concept de Rotary Rocket
    Crédits : Alan Radecki

    Alors que ses exploits en ballons se poursuivaient, battant record après record, sa quête d’un véhicule qui pourrait envoyer le nom de Virgin dans l’espace s’est intensifiée. Lui et Will Whitehorn ont commencé à parcourir le monde à la recherche d’un engin spatial potentiel. Le lancement du X Prize en 1996 – qui offrait dix millions de dollars à la première équipe qui parviendrait à créer un véhicule réutilisable, capable de transporter au moins par deux fois des passagers au-delà du seuil de l’espace – a déclenché une explosion du nombre de sociétés privées vendant des technologies qui, d’après elles, incarnaient le futur du tourisme spatial. Branson et Whitehorn ont étudié au total une cinquantaine de concepts. « La plupart des entreprises étaient des affaires familiales. Peu s’y essayaient avec sérieux, se souvient Branson. Mais on ne pouvait pas en être assurés d’avance. » En 1999, il est retourné dans le désert du Mojave pour jeter un œil au concept Roton, de Rotary Rocket, le système le plus prometteur jusqu’alors. Financé par des investisseurs parmi lesquels le romancier Tom Clancy – qui espérait que le projet mettrait « la Nasa sur la paille » –, le Roton était une fusée réutilisable de dix-huit mètres de haut, pourvue de pales d’hélicoptère et conçue pour voler verticalement dans l’espace puis redescendre, utilisant pour ce faire des pales de rotor propulsées par des fusées à peroxyde. Construit sous contrat par Scaled Composites, le prototype Roton était exceptionnellement léger, mais presque impossible à contrôler et, même à une altitude maximum de vingt mètres, il volait comme s’il était suspendu à un fil agité par un géant capricieux. Branson y a songé un moment, mais s’est vite ravisé : « Cela semblait très périlleux », dit-il. Pendant ce temps, Burt Rutan avait commencé à développer en secret des plans pour son propre vaisseau spatial.

    ~
    Faire voler des êtres humains dans l’espace en toute sécurité n’est pas une tâche aisée, et les en ramener est plus difficile encore. L’objectif du X Prize était d’atteindre l’espace suborbital – qui commence à la ligne de Kármán, environ cent kilomètres au-dessus du niveau de la mer –, ce qui s’avère bien moins coûteux, en termes d’énergie comme d’argent, que d’atteindre l’orbite de la planète Terre. Le projet de Rutan était plus élégant et s’inspirait d’une technologie née avant même la création de la Nasa, avec la série de fusées X-planes, dans lesquelles les pilotes d’essai de l’US Air Force avaient pour la première fois franchi le mur du son, et frôlé plus tard les frontières de l’espace. Les X-planes avaient atteint leur zénith avec la fusée X-15. Transporté à une hauteur de 13,6 kilomètres par un bombardier B-52 au ventre duquel il était enchaîné, l’engin en forme de fléchette économisait ainsi 50 % du carburant dont il aurait eu besoin autrement, avant d’être finalement relâché pour s’élancer vers la frontière de l’espace, propulsé par des fusées. Puis il s’en retournait vers la Terre en planant.

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    Une fusée X-15 en plein vol
    17 septembre 1959
    Crédits : Nasa

    Mais la X-15 requérait également un système de guidage par ordinateur. Rutan voulait que sa fusée, elle, soit entièrement pilotée au moyen d’un stick et d’un gouvernail. Sa solution s’est incarnée dans le système « plume », grâce auquel les ailes du véhicule pouvaient se replier hydrauliquement en vol, afin qu’au retour il se laisse tomber – doucement et avec une grande stabilité – comme un volant géant et horriblement cher. Avec plus de 20 millions de dollars de financement reçus de la part du cofondateur de Microsoft Paul Allen, Rutan a mis en route un programme pour construire et tester SpaceShipOne, ainsi que le vaisseau-mère conçu pour le transporter à haute altitude, WhiteKnightOne. Rutan a fait pour cela appel à un concept hybride, dans lequel un réservoir rempli d’oxyde nitreux se consumait à travers un cylindre creux en caoutchouc solide, propulsant SpaceShipOne dans l’espace en moins de deux minutes.

    X Prize
    En novembre 2003, Alex Tai, capitaine de Virgin Atlantic assurant l’itinéraire Londres-Los Angles, se trouvait au Mojave. Tai avait appris de l’aventurier Steve Fossett que Rutan travaillait à quelque chose d’excitant dans le Building 75 (à l’époque, Fossett, Rutan et Branson collaboraient sur le Virgin Atlantic GlobalFlyer, que Fossett piloterait sans escale autour du monde en 2005). Quand Rutan a révélé que SpaceShipOne était quasiment prêt, Tai a contacté Will Whitehorn, qui a appelé Branson. « Au diable GlobalFlyer, a dit Whitehorn à son patron, ils construisent un vaisseau spatial ! » Quelques mois plus tard, Branson a pris l’avion pour dîner en compagnie de Paul Allen et Rutan à la maison pyramidale des ingénieurs, près de Mojave. « Je bouillonnais d’excitation, raconte Branson. C’était un rêve qui devenait réalité – et je savais que si quelqu’un pouvait le réaliser, ce serait Burt. J’étais déterminé à ce que son engin s’envole dans l’espace en arborant le logo Virgin, et si l’opération était un succès, nous passerions à la prochaine étape. »

    « Si un boulon se décroche et que vous mourez, explique Stinemetze, c’est ce qu’on appelle un point de défaillance. »

    Rutan et Allen, qui ne songeaient pas à lancer une compagnie de transport de passagers et projetaient simplement d’exposer le vaisseau eu Musée de l’air et de l’espace du Smithsonian une fois qu’il aurait atteint son objectif, ont accepté de céder le brevet de la technologie à Virgin. D’après Branson, il n’y avait aucune compétition : « Bizarrement, dit-il, je pense que nous étions les seuls à plancher sur un tel projet. » Le 21 juin 2004, le pilote d’essai Mike Melvill, âgé de 64 ans, a franchi la ligne de Kármán pour la première fois à bord de SpaceShipOne. Sept mois plus tard, quand l’aéronef de Rutan a réalisé les deux vols en une quinzaine de jours nécessaires pour remporter le X Prize, sa queue était ornée du logo Virgin Galactic. Deux jours avant le premier vol de qualification pour le X Prize, lors d’une conférence de presse, Branson a annoncé son intention de lancer une compagnie de transport spatial de passagers, aussitôt qu’il disposerait du véhicule le permettant. Les billets seraient mis en vente très bientôt, payables immédiatement au plein tarif, en guise de consigne. Bien qu’étant remboursables, cela nécessitait néanmoins de la part de chaque passager d’allonger 200 000 dollars d’avance. Branson a déclaré que les vols pourraient commencer dès 2007. Le premier employé à plein temps de la nouvelle compagnie était Stephen Attenborough, un ancien directeur des investissements de la City qui avait pour tâche de monter une équipe de cinq personnes afin de mettre en place les fondations de la société. Installés dans des bureaux libres qu’ils avaient dégotés au siège du Groupe Virgin, à Notting Hill, l’équipe a créé un site web rudimentaire – un logo, des images du vol du SpaceShipOne qui les avait sacrés vainqueurs du X Prize, ainsi qu’un formulaire de candidature – pour pouvoir enregistrer les demandes de réservation. « Si nous nous attendions à avoir beaucoup de trafic, explique-t-il, nous étions beaucoup moins sûrs de trouver des gens pour réserver leur place. On leur disait grosso modo : “Écoutez, on ne sait pas combien de temps va durer le projet ; on ne sait pas quand le produit sera terminé ; on ne sait pas à quoi il ressemblera ; on ne sait pas très bien comment les choses se passeront pour vous à bord ; on ne sait pas davantage si vous serez en capacité de voler, car on n’en sait pas encore assez sur les exigences physiques d’un tel vol… mais si vous voulez en être, nous avons besoin de 200 000 dollars d’avance.” »

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    SpaceShipOne
    Atterrissage en juin 2004
    Crédits

    Le site a croulé sous le poids des réponses. « C’était le déluge », se rappelle Attenborough. Il a commencé à recevoir des chèques venant du monde entier, et certaines personnes sont venues en personne à Notting Hill pour déposer leur argent en gage. Les premiers candidats étaient évidemment très riches, et la plupart d’entre eux désiraient s’assurer qu’ils étaient sur le dessus de la pile pour embarquer pour l’espace. Des places ont été réservées à bord des premiers vols de Virgin Galactic pour ces premiers acheteurs, leur nombre étant limité à cent, et qu’on appelait les Fondateurs. Ce club privé d’aventuriers richissimes aurait un accès privilégié au programme tandis qu’il était en développement et, en temps venu, leurs noms feraient l’objet d’un tirage au sort pour déterminer ceux d’entre eux qui s’envoleraient les premiers. Au Mojave, l’équipe de Scaled Composites a commencé à travailler sur la transformation d’une fusée expérimentale à trois places qui avait seulement transporté un pilote d’essai expérimenté et 180 kilos de ballast – SpaceShipOne –, en un véhicule qui répondrait aux exigences et à l’expérience d’un client de Virgin – SpaceShipTwo –. Personne n’avait jamais fait quoi que ce soit de pareil dans le passé, et Matt Stinemetze, l’ingénieur qui deviendrait le directeur de projet ayant pour mission de superviser le nouveau programme, se rappelle que les discussions initiales étaient très générales. « Il s’agissait juste d’un paquet de conjectures sur des ordres de grandeurs approximatifs. » Pourquoi ne pas construire une grande fusée ? Ou bien une petite ? Une fusée pouvant accueillir onze passagers ? Quinze ? Vingt ? Ils ont également songé un temps à construire d’autres SpaceShipOne, afin d’envoyer deux passagers dans l’espace à la fois. Mais le prototype était un engin de recherche grossier, construit simplement dans le but de prouver qu’il était possible d’aller dans l’espace avec peu de moyens, et il souffrait de plusieurs « points de défaillance » potentiels. « Si un boulon se décroche et que vous mourez, explique Stinemetze, c’est ce qu’on appelle un point de défaillance. Certaines choses auraient probablement été faites différemment s’il s’était agi de transporter Angelina Jolie. »

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    Concept art de Spaceport America
    À l’intérieur du terminal
    Crédits : URS/Foster + Partners

    Stinemetze a rejoint Scaled immédiatement après avoir été diplômé d’ingénierie aéronautique en 1998. Il avait le crâne rasé, portait une boucle d’oreille ainsi qu’un t-shirt « Je suis allé si vite que mes cheveux sont tombés » la première fois que nous nous sommes rencontrés. À chaque fois qu’il fait référence aux besoins des passagers de Virgin Galactic, pour me décrire le processus de conception, ce pilote breveté a pour habitude d’utiliser les noms des célébrités les plus renommées possédant déjà leur billet, comme instrument de mesure sardonique : « On ne veut pas embarquer Angelina et la secouer en quittant l’atmosphère, dit-il. S‘agripperait-elle réellement à une échelle de corde en cas d’urgence ? » L’équipe a vite réalisé que les besoins commerciaux de Virgin Galactic et les attentes des détenteurs de billets nécessitaient la conception d’un véhicule entièrement nouveau. Il devrait accueillir un nombre suffisant de passagers pour faire baisser le prix individuel rapidement, mais relativement restreint malgré tout afin d’éviter toute compétition pour disposer de la plus belle vue. Depuis Londres, Stephen Attenborough a sondé ses premiers clients pour savoir ce qu’ils attendaient du voyage. « Ils voulaient pouvoir se lever de leurs sièges en impesanteur, et ils mettaient un point d’honneur au fait de pouvoir observer la Terre depuis l’espace », raconte-t-il. Rien de tout cela n’était facilement réalisable dans la cabine minuscule de SpaceShipOne. Le nouvel engin serait donc conçu pour transporter deux pilotes et six passagers, et il disposerait de grandes et nombreuses fenêtres. Rutan a envoyé Stinemetze et l’équipe de conception à Los Angeles pour embarquer à bord d’une dizaine de vols paraboliques en impesanteur, dans un Boeing 727 spécialement converti à cet effet, afin qu’ils puissent mieux comprendre comment concevoir une cabine spatiale. Le reste de la technologie – le moteur de la fusée, la « plume » – serait reproduite et agrandie d’après les modèles du prototype. Durant l’été 2005, Attenborough a commencé à encaisser des chèques d’une valeur totale de 10 millions de dollars.

    Là-haut
    En septembre de l’année suivante, au NextFest organisé par Wired US à New York, Branson a dévoilé une maquette à l’échelle de SpaceShipTwo : un tube blanc brillant pourvu d’une aile en delta, de sièges inclinables sculptés dans des courbes douces et d’un total de douze hublots pour satisfaire les passagers. La cérémonie était présentée par Buzz Aldrin et Alan Watts, un passager de Virgin Atlantic de Watford qui avait accumulé assez de milles aériens pour s’offrir un ticket pour l’espace. Branson a profité de l’événement pour annoncer que les vols pour passagers seraient lancés depuis le Nouveau-Mexique en 2009. Une fois achevé, SpaceShipTwo ferait presque trois fois la taille de son prédécesseur expérimental – avec une cabine de 2,28 mètres de diamètre et de 3,6 mètres de long, la moitié de celle d’un petit avion d’affaires. Mais s’envoler à son bord sera quelque peu différent du vol de Mike Melvill, lorsqu’il est devenu le premier pilote privé à aller dans l’espace.

    En une minute, l’avion spatial vole à une vitesse de 4 800 kilomètres par heure.

    Après un décollage attaché au vaisseau-mère – WhiteKnightTwo, un turboréacteur à double fuselage d’une envergure de 42 mètres –, l’ascension jusqu’à l’altitude de lancement représentera la plus longue partie du voyage, prenant plus d’une heure pour atteindre quinze kilomètres. Pendant ce temps, n’ayant rien d’autre à faire que d’attendre le moment du décrochage, les pilotes de SpaceShipTwo prévoient de s’adresser aux passagers grâce à des casques sans fil, rassurant les plus anxieux. « Il n’y a pas de service de boissons, pas de journaux », explique Dave Mackay, l’ancien pilote d’essai de la RAF et capitaine de Virgin Atlantic, qui sera dans le cockpit pour les premiers vols de Galactic. Une fois libéré du vaisseau-mère, le vaisseau s’éloignera jusqu’à une distance de sécurité où les pilotes déclencheront alors le moteur à fusée, au moyen de deux interrupteurs situés dans le cockpit. Le premier armera le système ; le second ouvrira une vanne d’arrêt, versant une fine brume de nitrogène liquide dans la gorge du moteur, et enflammera un anneau sécurisé pourvu de trois allumeurs électriques. Avec un hurlement, la fusée atteindra la pleine poussée en un dixième de seconde, son nez pointé tout droit vers la frontière de l’espace, où l’air se raréfie L’accélération est difficile à imaginer : au moment de l’allumage, les passagers seront rejetés au fond de leurs sièges à une force de 3 g – Melvill dit que cela donne la sensation d’être projeté contre un mur de briques. Douze secondes avant de franchir le mur du son, trente avant Mach 2 ; en une minute, l’avion spatial vole à une vitesse de 4 800 kilomètres par heure. « Vous ressentirez tous les effets qu’un astronaute ressent en allant en orbite », assure Steve Isakowitz, le directeur technique de Galactic, ingénieur aérospatial et ancien administrateur de la Nasa. « Le bruit, la vibration, l’accélération sont pratiquement les mêmes que si vous étiez assis dans une navette spatiale en partance pour l’espace. » Durant ces quelques secondes, le ciel au-delà du cockpit traverse tout le spectre des bleus, de l’azur riche du sud de la Californie au bleu marine, à l’indigo, puis, brusquement, au noir complet. « Pas gris, noir, insiste Melvill. Aussi noir que de la peinture noire. »

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    WhiteKnightTwo en vol
    Spaceport America
    Crédits : Jeff Foust

    Après environ 80 secondes, le pilote coupera le moteur et le vaisseau entrera immédiatement en gravité zéro. Les passagers seront alors de véritables astronautes. Détachant leurs ceintures, ils flotteront autour de la cabine et pourront admirer la vue : 1 600 kilomètres d’un horizon à l’autre, la courbure de la Terre subtile mais bien visible, la fine ligne bleue de l’atmosphère se détachant nettement sur les ténèbres de l’espace. Des caméras embarquées enregistreront chaque seconde de l’expérience, d’après Mark Butler, employé de Virgin Galactic qui chapeaute les préparations de la compagnie pour l’ouverture de Spaceport America, dans le désert du Nouveau-Mexique : « Ce sera l’événement le plus photographié de leurs vies », assure-t-il. Ce sera également l’un des plus courts. Au faîte de l’arc parabolique, l’aéronef passera seulement quatre minutes dans l’espace avant qu’il de commencer à redescendre vers la Terre. Le pilote positionnera la plume pour le retour, et les six passagers mettront leurs sièges à plat pour leur permettre de faire face aux 4 ou 5 g de l’accélération qu’ils connaîtront en retournant vers l’atmosphère terrestre. Après une descente de quinze minutes, ils seront de retour sur la piste du désert d’où ils avaient décollés. Le voyage semble fabuleux. Excitant, mais assez familier dans l’exposé – l’anticipation, la chute, la décharge d’adrénaline, les conséquences – pour sembler habituel, comme un extravagant tour de grand huit au prix exorbitant, peut-être, ou bien un très long saut à la corde. Et Virgin Galactic se targue à juste titre de son expérience dans le transport de passagers et de son excellent record de sécurité en presque trente années de vols autour du monde. Mais les avions-fusées ne sont pas des avions de ligne, et se rendre dans l’espace n’est pas traverser l’Atlantique. Même s’il est considéré comme un prototype d’essai pour le transport de passagers, SpaceShipOne n’a réalisé qu’un total de six vols avant d’être accroché dans le Smithsonian – il faut noter qu’à deux occasions, Mike Melvill a rencontré à son bord des soucis qui auraient pu le tuer. Les ingénieurs de Scaled Composites ont conçu SpaceShipTwo pour être aussi simple que possible, et ils suivent un programme de test progressif pour élargir peu à peu ses capacités. « Il est doté de toutes les améliorations et les leçons que nous avons tirées de SpaceShipOne, explique Matt Stinemetze. C’est un bien meilleur appareil sous tous les aspects. » L’idée, dit-il, c’est d’en faire un avion qui vole comme une fusée, et non l’inverse. Mais cela reste une technologie expérimentale. Quelque chose pourrait encore aller de travers.

    L’accident
    Mike Melvill était assis à son bureau du Building 75 lorsqu’il a entendu la détonation au-delà du cimetière des avions. Au début, il ne s’en est pas inquiété : le Mojave est installé dans un couloir de vols supersoniques, et il était habitué aux bangs caractéristiques qui éclataient au-dessus de sa tête. Mais quand il est sorti sur l’axe de vol après déjeuner, un après-midi de juillet 2007, et qu’il a vu le nuage de poussière s’élever à l’est, il a immédiatement su que quelque chose était allé de travers.

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    Mike Melvill et SpaceShipOne
    La course au X Prize
    Crédits

    Quelques minutes plus tard, Chuck Coleman, un ingénieur en structures qui s’était rendu sur le site de test de fusée de Scaled plus tôt dans l’après-midi, a déboulé en titubant dans le bureau de Melvill. Son corps était hérissé de longs éclats de fibre de carbone, plantés comme des flèches. « Il faut que tu ailles chercher de l’aide », a-t-il bafouillé. Il était en état de choc. « Il n’était même pas conscient qu’il avait ces trucs dans le corps », se rappelle Melvill. Même s’il avait lieu sur le champ de tir des fusées situé au bout de la piste, parmi les bunkers – auparavant utilisés pour le stockage de munitions lorsque le Mojave était une base des Marines –, ce jour-là le test n’impliquait ni fusées, ni explosifs. Les ingénieurs de propulsion de Scaled expérimentaient une nouvelle valve sur le réservoir d’oxydant de SpaceShipTwo, une sphère de deux mètres en fibre de carbone conçue pour contenir 5 500 kilos d’oxyde nitreux liquide sous 800 atmosphères de pression. Le test consistait simplement à ouvrir la valve et à laisser le NO2 s’en échapper : un test d’ « écoulement froid » que les ingénieurs de Scaled avaient déjà réalisé par le passé. Dix-sept hommes étaient présents sur les lieux. Avant que le test ne commence, six d’entre eux se sont retirés dans un poste de contrôle à plus de cent mètres de là, protégés par un amoncellement de terre et un conteneur d’expédition, d’où ils pouvaient observer le test sur une télé en circuit fermé. Le reste de l’équipe observait le réservoir de derrière une clôture grillagée, à moins de dix mètres du site alors qu’on ouvrait la valve. Quelques secondes plus tard, une réaction soudaine a brisé le fond du réservoir avec une telle force explosive que le gaz de décompression a fait éclater quinze centimètres de béton sous le banc d’essais, projetant des fragments de pierre et de fibre de carbone partout aux alentours, dans un arc mortel. Deux hommes ont été tués sur le coup, un troisième est mort à l’hôpital de ses blessures, et trois autres ont été hospitalisés durant plusieurs semaines. Après plusieurs années passées ailleurs, l’ingénieur en propulsion Charles May venait tout juste de reprendre le travail chez Scaled cette semaine-là. Son ami Luke Colby a vu May mourir depuis le poste de contrôle. « Ce fut la pire journée de ma vie », se remémore Colby, ingénieur en propulsion chez Scaled. Les morts de Mojave ont été les premières pertes à déplorer pour l’industrie du vol spatial commercial. L’accident a beaucoup remué Rutan. Au cours de sa longue carrière passée à développer des aéronefs expérimentaux et à vendre des plans à réaliser soi-même aux pilotes amateurs, le concepteur avait l’habitude de répéter que son travail n’avait jamais causé aucun décès. À présent, trois hommes avaient perdu la vie dans la même journée. Dans les jours qui ont suivi l’accident, le site internet de Scaled, habituellement aride et technique, débordait de messages commémoratifs. Rutan a cessé de travailler sur SpaceShipTwo alors que les ingénieurs tentaient de découvrir ce qui était allé de travers – le programme a finalement été arrêté pendant un an. Une enquête de l’État de Californie sur l’accident a condamné Scaled à payer une amende pour défaut de contrôle des pratiques sur le lieu de travail, mais n’a pas réussi à expliquer ce qui s’était produit. Peu après, Rutan a été hospitalisé pour des problèmes cardiaques avant d’abandonner la direction de l’entreprise qu’il avait fondée.

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    Le site de l’explosion
    Jour tragique pour Scaled Composites
    Juillet 2007

    Scaled a fait sa propre enquête sur l’accident, contactant des experts de l’aérospatiale à Lockheed, Northrop et Boeing. Mais eux non plus ne sont pas parvenus à isoler une seule cause de l’accident. Alors, pour éviter qu’un fait similaire ne se reproduise, les ingénieurs de Scaled ont été forcés de concevoir un nouveau système de propulsion pour SpaceShipTwo, et de remplacer le réservoir d’oxydant en fibre de carbone par un autre, doublé d’aluminium. On n’avait jamais rien fait de comparable. Alors que la construction et les tests de WhiteKnightTwo progressaient rapidement, l’avion ayant effectué son premier vol à la fin de l’année 2008, l’équipe de SpaceShip a commencé à explorer cinq moteurs et configurations d’essence différents pour la fusée. Un travail qui a pris des années. « Cela nous a renvoyés loin en arrière, raconte Stinemetze. Nous nous sommes beaucoup battus. » L’estimation de la date du premier lancement de transport de passagers de Virgin Galactic est passée de 2009 à 2011. Le coût total du programme, d’abord estimé à 20 millions de dollars, a grimpé entre 300 et 400 millions de dollars – au moins quinze fois l’estimation initiale. À la fin de l’année 2010, Rutan a annoncé son départ en retraite. En avril 2011, après 36 ans passés au Mojave, il a plié bagages et s’est installé dans un ranch dans l’Idaho.

    Vers l’infini
    En mai 2012, les autorités fédérales américaines de l’aviation ont accordé à Scaled un permis de lancement expérimental pour SpaceShipTwo. Le PDG de Galactic George Whitesides – ancien chef d’équipe de la Nasa qui avait été parmi les premiers acheteurs de billets pour un voyage spatial, avant qu’il ne rejoigne la compagnie – a annoncé que des essais de vols propulsés commenceraient avant la fin de l’année. En voyage pour faire la promotion de Virgin Mobile en octobre 2012, Richard Branson, visiblement frustré, a déclaré à un groupe d’étudiants de Varsovie qu’il avait cessé de compter les jours qui le séparaient de son premier voyage dans l’espace. Depuis le jour où la marque Virgin Galactic a été inscrite dans les registres, le marché du financement privé pour le voyage spatial – le New Space, comme l’appellent ses promoteurs – s’est considérablement agrandi. Basée à Mojave, l’entreprise XCor Aerospace – formée par des ingénieurs issus du programme raté de Rotary Rocket – a commencé à enregistrer des réservations pour des vols suborbitaux à bord de son futur avion-fusée propulsé par liquide inflammable, Lynx. SpaceX, la compagnie d’Elon Musk, conçoit actuellement des fusées et des capsules. Elle a rempli en octobre 2010 la première partie d’un contrat d’1,6 milliards de dollars avec la Nasa, quand la fusée Dragon X a décollé de Cap Canaveral pour livrer des fournitures à la Station Spatiale Internationale. La mission s’est soldée par un succès et Musk espère commencer les vols orbitaux habités en 2015. Au Texas, enfin, Jeff Bezos a travaillé en secret sur Blue Origin – son propre programme, visant à faire pour le voyage spatial ce qu’Amazon a fait pour la distribution numérique – pendant plus d’un dizaine d’années.

    Branson affirme que le jour où il montera à bord de SpaceShipTwo pour son vol de passagers inaugural sera le plus excitant de sa vie.

    Mais Branson est confiant dans le fait que Galactic a des années d’avance sur ses pairs. « Dans ce domaine, nous n’avons pas réellement de concurrents. Les décollages basés à terre ne pourront jamais nous défier en matière de transport de personnes dans l’espace, affirme-t-il. Quant aux compagnies élaborant des engins spatiaux où les gens doivent rentrer sur Terre en parachute… c’est une technologie d’un autre âge. Peut-être suis-je naïf – il y a peut-être quelqu’un qui travaille secrètement à un projet dont nous ne sommes pas au courant – mais mon estimation est que nous avons cinq ou six années d’avance sur n’importe lequel de nos compétiteurs. » En juillet 2012, Virgin Galactic a annoncé son propre programme de lancement de satellite commercial, LauncherOne – une petite fusée à lanceur aérien transportée sous WhiteKnightTwo, conçue pour envoyer de petites charges dans l’orbite basse de la Terre pour une petite fraction du coût d’un système conventionnel. Après quoi, Branson prévoit de remplacer le moteur hybride du SpaceShipTwo par un moteur à fusée liquide, avec l’intention de rendre les vols suborbitaux rapides moins coûteux et bien plus fréquents. Il souhaite enfin que Virgin Galactic utilise ses avions-fusées pour des trajets de point à point sur Terre, échappant à l’atmosphère pour gagner des heures précieuses sur les voyages intercontinentaux traditionnels. Mais cela requerra un véhicule qui puisse résister à la vitesse, aux températures et aux tensions d’un vol orbital, ce que SpaceShipTwo ne pourrait jamais endurer. « Si nous pouvons emmener les gens de New York à Sydney en deux heures d’ici une vingtaine d’années, je serai ravi, dit-il. Mais développer un tel projet ne va pas être donné. » Qu’importe quand cela finira par arriver, Branson affirme que le jour où il montera à bord de SpaceShipTwo pour son vol de passagers inaugural sera le plus excitant de sa vie. Il espère non seulement donner vie à une nouvelle industrie, mais il souhaite aussi transformer la relation de l’humanité avec sa propre planète. Branson croit que démocratiser cette expérience pourrait sauver la planète. « Nous pouvons envoyer d’énormes quantités de gens dans l’espace, qui reviendront sur Terre déterminés à agir dans le bon sens. » Comme Elon Musk, Branson rêve d’envoyer des êtres humains sur Mars. « Un aller simple. Le coût du voyage retour serait horrifiant, dit-il. Il y aura des tas de volontaires. » Il a déjà mené des recherches en ce sens. Le 1er avril 2008, Branson et Larry Page – après une nuit passée dans un bar – ont annoncé la formation d’une nouvelle joint-venture, « Virgle : L’Aventure de nombreuses vies », acceptant des candidats afin de coloniser la planète rouge. Quelques heures plus tard, ils ont révélé que c’était un poisson d’avril. « Nous avons eu des centaines de candidatures entre-temps », dit Branson.

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    SpaceShipTwo
    L’avion-fusée de Virgin Galactic
    Crédits : Virgin Galactic

    Par un après-midi d’hiver éblouissant à Mojave, les moteurs de WhiteKnightTwo gémissent en s’arrêtant, à l’extérieur du Building 75. Il revient d’un vol d’entraînement pour lequel Dave Mackay était aux manettes. À l’intérieur du hangar, du personnel s’affaire sous le ventre de SpaceShipTwo, installant le réservoir d’oxydant géant du nouveau système de propulsion. Collé directement contre le revêtement du vaisseau, le réservoir pèse plus de la moitié du fuselage, et il a fallu des mois pour l’installer. « C’est énorme. La plus grosse opération que nous ayons eu à accomplir sur le programme depuis des années, dit Stinemetze. Toute la plomberie a été posée… donc c’est fini, en quelque sorte. » L’avion-fusée de Virgin Galactic est enfin prêt pour les vols propulsés. Les tests restants ne seront pas achevés tout de suite, mais le but final est désormais à portée de vue. « On commence cette phase avec les systèmes de moteur à fusée, et on finit dans l’espace », observe Stinemetze. Si tout se passe comme prévu, il se pourrait après tout que la première compagnie de vols spatiaux commerciaux entre en service à Spaceport America avant un an. Dans un hangar voisin, la Spaceship Company a déjà entrepris la construction du second avion spatial et du vaisseau-mère qui sortiront de la chaîne de production. Dans l’intervalle, des billets de 200 000 dollars continuent de se vendre. Au début de l’année 2012, Ashton Kutcher est devenu la 500e personne à s’enregistrer, rejoignant ainsi Stephen Hawking, Philippe Starck et la star de Dallas Victoria Principal sur la liste des passagers. Mais toutes les célébrités supposées prendre part au voyage dans l’espace n’ont pas encore réservé leurs places. Virgin a été très discret à propos de la liste complète. Tout ce que le groupe a révélé, c’est que pour défendre les intérêts de la démocratie, Branson a insisté pour que personne ne bénéficie d’un vol gratuit, qu’importe sa célébrité.

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    WhiteKnightTwo et son protégé
    Le vaisseau-mère
    Crédits : Virgin Galactics

    Traduit de l’anglais par Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’article « Up: the story behind Richard Branson’s goal to make Virgin a galactic success », paru dans Wired. Couverture : SpaceShipTwo, par Jeff Foust. Création graphique par Ulyces.

  139. https://www.ulyces.co/longs-formats/comment-le-portugal-a-revolutionne-la-guerre-contre-la-drogue/
    Comment le Portugal a révolutionné la guerre contre la drogue
    Le 1er juillet 2001, le Portugal a choqué le monde en dépénalisant l’usage de toutes les drogues. De toutes les drogues. Du cannabis, mais aussi de l’héroïne, de la cocaïne et de l’ecstasy – pour ne citer qu’elles. Beaucoup ont alors redouté une crise sanitaire ayant des répercussions sur la productivité de plusieurs secteurs de l’économie, une prolifération des trafics, et bien évidemment une augmentation de la toxicomanie et de la consommation, en particulier chez les jeunes. Plus de quinze ans après, leurs craintes semblent infondées.

    Vue aérienne de Lisbonne
    Crédits : VisitLisboa

    À court d’options
    Longtemps, le Portugal a été épargné par les problèmes de drogue auxquels le reste de l’Europe et du monde était confronté. En effet, de 1933 à 1974, le pays était une dictature où l’usage des drogues était pratiquement inexistant. Mais, après la révolution des Œillets, ses frontières se sont ouvertes, il est devenu une véritable plaque tournante dans le trafic international et le nombre de consommateurs de drogues a fortement augmenté. Face à l’ampleur du phénomène, le pays a pris un ensemble de mesures punitives et répressives. En vain. À la fin des années 1990, près d’1 % de la population du Portugal était accro à l’héroïne et le pays détenait le sombre record des morts du SIDA lié à l’usage de drogues dans l’Union européenne.

    António Guterres
    Crédits : ONU

    Le gouvernement portugais, alors dirigé par le socialiste António Guterres, commençait à réaliser qu’il était temps de changer de stratégie. « Nous étions à court d’options », se souvient João Goulão, médecin spécialisé dans le traitement de la toxicomanie dont le travail à conduit à la réforme de juillet 2001. « Nous dépensions des millions et nous n’allions nulle part. » Depuis, les policiers portugais n’arrêtent plus les usagers de drogues, à condition qu’ils transportent l’équivalent d’une consommation hebdomadaire individuelle selon un barème établi pour chaque produit — un gramme d’héroïne ou d’ecstasy, deux grammes de cocaïne, 25 grammes de cannabis. Ces usagers doivent en revanche se présenter devant un « panel de dissuasion » composé d’experts juridiques, de psychologues et de travailleurs sociaux. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont des consommateurs de cannabis. Ils comparaissent pour la première fois et ils sont considérés comme des consommateurs à but récréatif. Ceux qui sont convoqués à plusieurs reprises peuvent se voir infliger des amendes, ou être réquisitionnés pour des travaux d’intérêt général. Ceux qui sont identifiés comme étant des toxicomanes peuvent, eux, se voir prescrire une thérapie ou un traitement de substitution aux opiacés. S’ils refusent, ils sont tenus de consulter régulièrement leur médecin de famille.

    La consommation de drogues n’est donc plus considérée comme un problème de criminalité, mais comme un problème de santé publique. Cela ne signifie pas pour autant que les drogues sont légales au Portugal. Les trafiquants vont toujours en prison. La police portugaise a d’ailleurs démantelé un réseau de trafiquants français en 2005, et saisi six tonnes de cocaïne pure, ce qui était alors un record en Europe. La drogue était arrivée par bateau à Lisbonne, elle était stockée dans un entrepôt de Prior Velho, et devait ensuite être acheminée jusqu’en France. Plus récemment, en mai dernier, la police portugaise a saisi près de dix tonnes de cannabis en mer Méditerranée. Mais le barème établi par la loi pour chaque drogue ferait le jeu des trafiquants plus modestes. C’est du moins ce qu’affirment certains policiers, arguant qu’il suffit à ces trafiquants de se réapprovisionner plusieurs fois par jour pour opérer sans risques. Pour le président de la Société internationale d’étude de la politique pharmaceutique, Alex Stevens, « la principale leçon à tirer, c’est [néanmoins] que la dépénalisation de la drogue ne conduit pas nécessairement à la catastrophe, et qu’elle libère des ressources pour offrir des réponses plus efficaces aux problèmes que la consommation de drogues engendre ».

    Le pavé lisboète
    Crédits : Helio Carlos

    Des résultats
    Selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, le taux de décès causé par la drogue au Portugal, soit trois décès par million d’habitants, est plus de cinq fois inférieur à la moyenne de l’Union européenne, qui est de 17,3 décès par millions d’habitants. Les décès par overdose sont passés de 80 en 2001 à seulement 16 en 2012. Le nombre de consommateurs d’héroïnes est maintenant estimé à 50 000, ce qui signifie qu’il a été divisé par deux. La plupart d’entre eux seraient en outre sous traitement de substitution, d’après João Goulão. D’un point de vue global, la consommation de drogues au Portugal a diminué au cours des quinze dernières années. Elle est d’ailleurs parmi les plus basses d’Europe. Et si la consommation de cocaïne a augmenté, il est important de préciser que c’est le cas sur tout le continent. En France, pays qui mène pourtant une politique très répressive en matière de lutte contre les drogues, le marché de la cocaïne est passé de passé de 488 millions d’euros en 2005 à plus de 900 millions en 2010. « La cocaïne n’est plus réservée aux milieux festifs et branchés », constate le président du comité scientifique de l’association SOS addictions, Laurent Karila. « Aujourd’hui, on voit tous les profils dans nos consultations : des artistes, des PDG, des chômeurs, des commerçants, des mères au foyer… »

    Le port de Lisbonne, où arrive la drogue

    Les critiques, nombreuses en 2001, se sont donc taries. Notamment du côté du Conseil international de contrôle des narcotiques, l’organisme de surveillance des Nations Unies, qui n’hésite même plus à adresser des éloges au Portugal. « Il est évident que la situation concernant la drogue s’est améliorée à plusieurs niveaux au Portugal depuis le changement de modèle », a déclaré son président, Werner Sipp, en 2015. « Il doit être noté qu’une des raisons pour laquelle l’expérience portugaise se montre prometteuse est la volonté de l’État portugais d’investir les ressources nécessaires pour la mise en application complète de cette ambitieuse réforme », a-t-il ajouté. « L’expérience de la mise en application du modèle de dissuasion au Portugal peut être utile aux autres pays où les sanctions alternatives à la possession de drogues pour un usage personnel sont appliquées ou prises en considération. » D’autant que les mesures prises par le Portugal ont également permis de faire chuter le taux des nouvelles infections au VIH, qui sont passées de 1 016 en 2001 à seulement 56 en 2012. Et pour cause, en parallèle des efforts du gouvernement, des associations telles que le GAT fournissent des seringues propres aux toxicomanes et leur ouvrent leurs portes dans les grandes villes. La proportion de personnes incarcérées pour crimes commis sous l’influence de stupéfiants ou pour nourrir une addiction est quant à elle passée de 41 % en 1999 à 21 % en 2008. « Habituellement, l’accent est mis sur la dépénalisation elle-même, mais cela a fonctionné parce qu’il y avait d’autres services, et la couverture a augmenté pour le remplacement des aiguilles, pour la désintoxication, dans les milieux thérapeutiques, ainsi que les possibilités d’emploi pour les personnes qui se droguent », estime Ricardo Fuertes, coordinateur au GAT. « Ce fut la combinaison de la loi et de ces services qui en ont fait un succès. Il est très difficile de trouver des gens au Portugal qui sont en désaccord avec ce modèle. »

    Couverture : Un échange de drogues dans une rue portugaise. (DR/Ulyces.co)

  140. https://www.watson.ch/fr/suisse/drogue/895937611-une-femme-agressee-a-yverdon-colere-contre-les-dealers
    Femme agressée à Yverdon: les habitants en colère contre le deal de rue
    Les deux ruelles où une partie de l’agression a eu lieu. Yverdon, 22 août 2024.

    Les deux ruelles où une partie de l’agression a eu lieu. Yverdon, 22 août 2024.image: watson

    Aux prises avec le trafic de drogue, la ville d’Yverdon, dans le Nord-Vaudois, a connu une agression contre une femme dans la nuit de mardi à mercredi. watson a recueilli des témoignages.

    Une agression contre une femme a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi à Yverdon-les-Bains, dans le Nord-Vaudois. Les faits se sont produits entre 1h et 2h du matin, rue du Lac, à proximité de la gare, selon des témoins contactés par watson. C’est le conseiller communal UDC d’Yverdon, Ruben Ramchurn, qui a signalé l’agression mercredi sur ses réseaux, affirmant que les auteurs sont «quatre dealers».

    L’élu yverdonnois alerte depuis plus d’un an sur le phénomène du deal de rue dans sa ville et les désagréments que cela engendre. Les personnes impliquées dans le trafic de drogue sont pour beaucoup originaires du Nigeria.

    Dans la nuit de mardi à mercredi, les choses auraient pu se terminer beaucoup plus mal pour la victime. Sur des images qu’a pu visionner watson, on voit quatre individus, supposément des dealers selon Ruben Ramchurn, l’un équipé d’une trottinette, s’en prendre à une femme. On distingue clairement deux d’entre eux lui donner des coups. On entend la femme parler en français à ses agresseurs, les supplier, crier «arrête», appeler «à l’aide», leur dire «non», «pas le pantalon», «t’es qu’un salaud».

    L’agression a eu lieu en partie dans deux ruelles perpendiculaires à la rue du Lac, une artère commerçante fréquentée en journée. Des témoins évoquent une possible tentative de viol. «L’un des agresseurs avait commencé à baisser son pantalon», rapporte l’un d’eux. Sur les images, on voit les agresseurs se séparer de la victime, la laissant dans l’une des ruelles, eux reculant vers la rue du Lac.

    Dispositif contre le «harcèlement de rue»
    Prévenue de l’agression, la police du Nord-Vaudois a envoyé une patrouille. Le temps d’arriver sur place, les agresseurs et la victime n’étaient plus là. Joint par watson, le commandant de la police du Nord-Vaudois, Marc Dumartheray, qui a vu les images, affirme qu’«elles ne permettent pas de dire avec certitude que les agresseurs sont des dealers», comme «elles ne permettent pas d’identifier la victime». Des témoins la décrivent comme blanche, ce qui n’apparaît pas clairement sur les images.

    Le commandant de police invite la femme agressée à déposer plainte.

    «Si elle craint d’approcher la police, elle peut s’adresser au dispositif “harcèlement de rue/violence: stop au silence” via le formulaire mis en place par la Ville d’Yverdon, qui lui viendra en aide.»

    Marc Dumartheray, commandant de la police du Nord-Vaudois

    «Il faudra mieux voter la prochaine fois»
    Des habitants de la rue du Lac se plaignent d’un climat nocturne insupportable, qu’ils attribuent aux dealers. L’un d’eux rapporte:

    «Depuis juillet, c’est l’horreur, des cris en permanence, des bagarres, je n’arrive plus à dormir»

    Un habitant de la rue du Lac

    L’habitant poursuit son récit:

    «J’ai appelé une vingtaine de fois la police pour qu’elle vienne mettre de l’ordre, mais rien ne se passe. Une fois, une policière au bout du fil m’a dit: “On ne peut rien faire, il faudra mieux voter la prochaine fois”. Elle voulait peut-être dire par-là qu’il faudrait voter plus à droite à la prochaine élection municipale. Sauf que moi, ce qui me fait agir, ce ne sont pas des idées politiques, mais mon souhait d’avoir des nuits tranquilles dans l’appartement que je loue 1600 francs par mois.»

    Notre interlocuteur a déjà approché des dealers pour leur demander de partir. Ils n’ont pas apprécié, rapporte-t-il ci-après:

    «Un matin, j’en ai trouvé plusieurs en bas de mon domicile, armés de couteaux et de barres de fer. Ils voulaient m’intimider. Je l’ai signalé à la police»

    Toujours dans la rue du Lac, des habitants d’un même immeuble ont rédigé un projet de lettre destinée à la police et au municipal en charge de la sécurité. Extraits:

    «Les petits dealers de rue sont plus nombreux depuis début juillet et leurs discussions jusque tard dans la nuit (3h-4h) sont maintenant quotidiennes et beaucoup plus sonores. Certains d’entre nous ont aussi été témoins d’actes plus violents, comme des altercations (entre eux et avec d’autres personnes) et des empoignades. Aussi, quelques-uns de leurs “clients” ont été vus récemment consommer dans la ruelle.»

    Extrait de la lettre des habitants

    «Notre sécurité s’en trouve diminuée»
    «Si jusqu’à un passé récent, une sorte de statu quo pacifique prévalait, il semble que celui-ci soit en train de voler en éclat et notre bien-être et notre sécurité (déjà précaires par le seul fait de la présence de ces activités commerciales sous nos fenêtres) s’en trouvent diminués.»

    Extrait de la lettre des habitants

    Un commerçant de la rue du Lac souhaitant garder l’anonymat estime que «l’image que renvoie Yverdon est désastreuse». Ses doléances?

    «On attend des autorités qu’elles soient plus présentes et éloignent les dealers du centre-ville»

    Un commerçant de la rue du Lac

    Ce jeudi après-midi, dans le parc situé face à la gare, des toxicomanes, parmi eux des femmes, certains étant peut-être aussi des dealers, errent ou dorment allongés dans l’herbe, comme perdus dans une autre dimension. Yverdon semble démunie face à ce phénomène. La police du Nord-Vaudois dispose d’une unité spéciale, patrouille, procède régulièrement à des interpellations, mais tout paraît être pour elle un éternel recommencement.

  141. https://www.change.org/p/le-deal-de-rue-%C3%A7a-suffit-tol%C3%A9rance-z%C3%A9ro
    LE DEAL DE RUE… ÇA SUFFIT… ! TOLÉRANCE ZÉRO… !
    Signatures: 331Next Goal: 500

    134 people signed this week

    Why this petition matters

    Selon le Matin Dimanche, la Suisse romande détient le triste record européen de consommation de cocaïne. Le canton de Vaud rencontre des problèmes sévères de deal dans les lieux publics des grandes villes comme Lausanne, Yverdon, Vevey et ailleurs.

    À chaque fois, les autorités, par manque de volonté politique, se défilent en invoquant principalement des arguments financiers pour justifier l’absence de mobilisation des forces de l’ordre sur ces problématiques. Ceci n’est que mauvaise foi ! L’art. 25 LPén (RSV 311.15) permet la dispersion des dealers et la protection des périmètres.

    Tandis que des lois pénales comme la LStup donnent l’obligation de combattre cette criminalité et de démanteler les réseaux.

    Le trafic de stupéfiants ne doit en aucun cas être toléré dans les lieux publics !

    Nous demandons que les points suivants soient appliqués de manière prioritaire et stricte :

    1. Contrôle permanent des lieux publics où il y a du deal par les polices intercommunales et par la gendarmerie :

    – Il en va de la salubrité et de la sécurité publique dans les différentes villes de notre canton !

    – Il est aisé de constater que le deal amène aussi d’autres types de délinquance, notamment du fait que des personnes dépendantes aux stupéfiants vont parfois commettre des vols ou des agressions pour se procurer des produits illicites. Les délinquants sont également sensibles à l’impression de laxisme et de « laisser-aller » que donne une ville vis-à-vis de la délinquance et de la criminalité. Le fait que le trafic de stupéfiants ait lieu dans la rue, lieux très fréquentés et en plein jour, donne l’impression que les autorités « ont jeté l’éponge » et ne combattent plus ces actes pourtant clairement pénaux.

    2. Éloignement et sanction des dealers par une présence permanente de la police intercommunale ou cantonale sur les « lieux de deal », en journée comme en soirée :

    – Cette mesure doit être mise en place le temps nécessaire pour faire comprendre aux dealers qu’ils ne sont pas les bienvenus dans les lieux publics des villes vaudoises, en particulier à proximité des écoles, des gares et du centre-ville. Le travail que la police doit mettre en œuvre est celui d’interpeller, d’investiguer, d’éloigner, de disperser et d’arrêter les dealers.

    3. Assurer la salubrité et la tranquillité publique et protéger tout particulièrement les personnes jeunes et vulnérables qui risquent d’être influencées par les dealers qui les abordent, voire d’être victimes de certaines agressions :

    – Certains lieux tels que les toilettes publiques sont laissés dans un état véritablement déplorable. Des enfants peuvent se blesser ou s’infecter avec des seringues usagées laissées dans la rue. Enfin, des dealers ne manquent pas de proposer des stupéfiants à des jeunes influençables qui pourraient développer une dépendance. Il y a non seulement une question d’hygiène publique mais également une problématique importante de santé publique.

    Les signataires souhaitent, avec cette pétition, que les autorités vaudoises incitent les différentes polices à agir dans le sens des considérations susmentionnées ou de toute autre manière utile et efficace. Les signataires invoquent que la problématique du « deal de rue » doit être une des priorités politiques pour ces prochaines années.

    Nous adressons cette pétition au Grand Conseil pour qu’il la transmette au Conseil d’État vaudois.

  142. Vous êtes filmés !
    Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance

    https://www.payot.ch/Detail/vous_etes_filmes_-laurent_mucchielli_-9782200621230

    La vidéosurveillance a connu un succès fulgurant en France à partir de l’élection présidentielle de 2007, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Cette technologie a été présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme. Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité, relève-t-elle du mythe ou de la réalité ? A quoi sert vraiment la vidéosurveillance ? Après avoir enquêté dans trois villes françaises emblématiques, Laurent Mucchielli dresse un constat sans appel : la vidéosurveillance n’est pas et ne sera jamais un outil important de lutte contre la délinquance et encore moins contre le terrorisme. Dissiper les écrans de fumée, percer à jour le “bluff technologique” des industries de sécurité, le gaspillage de l’argent public et la démagogie politique : tels sont les résultats de cet essai sans concession et profondément citoyen.

  143. https://aoc.media/analyse/2024/09/02/la-legalisation-du-cannabis-en-allemagne-une-reforme-contrariee/
    La légalisation du cannabis en Allemagne : une réforme contrariée ? – AOC media
    La légalisation du cannabis en Allemagne : une réforme contrariée ?
    Par Ivana Obradovic

    En 2024, l’Allemagne est devenue le troisième pays de l’Union européenne (après Malte en 2021 et le Luxembourg en 2023), et le cinquième au monde à choisir la voie de la légalisation du cannabis à usage « récréatif », après en avoir légalisé l’usage à des fins médicales en 2017. Après la Californie et le Canada en 2018, il s’agit du territoire le plus peuplé à légaliser la consommation de cannabis, ébréchant encore un peu plus le consensus international autour de l’interdiction qui prévaut depuis plus d’un siècle.

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    Ce mouvement de réforme visant une « sortie de la prohibition » a été amorcé en 2012-2013, d’abord dans quelques États américains (via des référendums locaux) et en Uruguay (sous l’impulsion du Président José Mujica), avant de s’étendre à d’autres pays, y compris au sein du G7, à l’image du Canada en 2018 (la légalisation du cannabis constituant une promesse électorale du Libéral Justin Trudeau). Ces initiatives réformatrices donnent lieu à des schémas de régulation politique du cannabis très variés, qui s’inspirent et se nourrissent les uns des autres et forment un nuancier de plus en plus large de politiques publiques alternatives à la prohibition.

    Alors que les marchés légaux du cannabis se développent rapidement dans différents points du globe, représentant un marché mondial estimé à 60 milliards d’euros d’ici à 2025 selon New Frontier Data – premier cabinet de consulting spécialisé dans l’analyse de l’industrie mondiale du cannabis –, l’architecture de ces politiques de « régulation du cannabis » et les instruments qu’elles mobilisent ne cessent de se diversifier, chaque juridiction développant son propre modèle. Dans ce contexte, la mise en place du « modèle allemand » suscite une attention internationale soutenue, tout autant qu’elle cristallise les critiques, de la part des instances européennes et des pays voisins mais aussi de certains des 16 Länder qui contestent la décision fédérale de légaliser. Ces critiques sont redoublées par les problèmes pratiques posés par la mise en œuvre de la réforme, confrontée à de multiples défis réglementaires.

    Un historique de réformes sur le cannabis
    La loi allemande sur le cannabis adoptée en 2024 (Cannabisgesettz, dite CanG), s’inscrit dans un historique de réformes qui distingue l’Allemagne au sein de l’UE. S’agissant de la consommation et de la détention de petites quantités de cannabis, l’Allemagne disposait déjà d’une législation moins restrictive que nombre de ses voisins européens, avec la possibilité dans certaines villes comme Berlin de détenir quelques grammes pour sa consommation personnelle sans risquer des poursuites judiciaires.

    Par ailleurs, l’usage de cannabis à des fins « thérapeutiques » y est autorisé depuis 2017 : les médecins sont autorisés à prescrire du « cannabis médical » aux patients atteints de maladies graves et en l’absence de thérapie alternative (par exemple en cas de cancer, de dépression ou de sclérose en plaques). Dans ce cadre, les patients peuvent théoriquement se procurer du cannabis en pharmacie, sur ordonnance, sous forme d’extraits de cannabis ou de fleurs séchées. Même si cet accès est parfois difficile en pratique, le recours au cannabis à usage médical n’a cessé de progresser : en cinq ans, l’offre s’est élargie à 150 variétés et 60 extraits différents disponibles sur le marché national, et le ministère de la Santé recense plus de 100 000 patients traités avec du cannabis, sur un marché national estimé à 300 millions d’euros. Cela représente une charge financière importante pour les compagnies d’assurance-maladie qui remboursent le médicament aux patients.

    À ce jour, l’Allemagne abrite le plus grand programme européen de cannabis médical. Deuxième importateur mondial de cannabis au monde (avec plus de 31 tonnes de cannabis importé en 2023, derrière Israël), l’Allemagne constitue un marché de destination porteur pour les entreprises canadiennes de production de cannabis à usage médical, tels les géants Tilray et Aurora qui s’apprêtaient à monter en puissance sur le marché allemand, anticipant un scénario de légalisation favorable à leurs intérêts économiques. Depuis quelques années, le gouvernement allemand semble considérer la perspective d’une manne économique associée au développement de la production de cannabis. Alors que de premières licences de production ont été accordées à des entreprises nationales en 2019, afin de réduire la dépendance économique à l’égard des importations, le gouvernement actuel de coalition a, dans la lignée de la CanG, introduit des amendements à la loi sur le cannabis médical (MedCanG) pour élargir l’accès au cannabis à usage médical.

    Si le processus réformateur ciblant le cannabis était avancé en Allemagne, ce sont toutefois des facteurs proprement politiques qui ont conduit à mettre à l’agenda son extension au domaine de l’usage dit « récréatif » (par opposition au médical).

    « Légaliser le cannabis » : un sous-produit des logiques de coalition gouvernementale
    Deux mois après des élections fédérales qui ont mis fin à 16 ans de gouvernements conservateurs dirigés par Angela Merkel, la coalition « feu tricolore » (Ampelkoalition) – regroupant le Parti social-démocrate (SPD), les Verts (Grünen) et le FDP (parti libéral) – a annoncé, le 24 novembre 2021, un projet de légalisation du cannabis sous forme de « distribution contrôlée aux adultes à des fins récréatives dans des magasins agréés », visant à « contrôler la qualité, empêcher la transmission de substances contaminées et garantir la protection de la jeunesse ».

    Autrement dit, il s’agissait de mettre en place un système de vente encadrée de cannabis, dans une perspective de santé publique, dont « l’impact social » serait évalué après quatre ans, considérant que plusieurs décennies de prohibition n’ont pas permis de diminuer la consommation de cannabis : le pays compte près de 4 millions de consommateurs, se situant juste derrière la France et l’Italie. En Allemagne, la consommation de cannabis dans l’année concerne près d’une personne sur dix (8,8 % parmi les 15-64 ans) et près d’un jeune sur cinq entre 15 et 34 ans (17,2 %). D’emblée, cette réforme du cannabis a été présentée comme une stratégie visant avant tout à assécher le marché noir et à protéger les jeunes des risques liés à la consommation de cannabis non contrôlé (car illicite), de plus en plus fortement dosé en principe actif (le tétrahydrocannabinol, ou THC, molécule à l’origine des effets psychotropes), démultipliant donc les risques d’intoxication.

    La réforme se donne également pour objectif de décharger les forces de l’ordre et la justice pénale et de réaliser des économies en matière d’application de la loi ­– estimées à près de 315 millions d’euros par an par une équipe d’économistes de l’université de Düsseldorf. Il s’agit, enfin, de disposer d’une nouvelle source de recettes fiscales, le marché du cannabis étant évalué à 4 milliards d’euros (pour un volume de consommation de 400 tonnes par an et un prix de vente au détail estimé autour de 10 euros le gramme).

    Cette annonce fait partie du programme d’une nouvelle grande coalition, dirigée par le chancelier Olaf Scholz (ancien Vice-Chancelier et ministre des Finances social-démocrate), présentée comme une alliance progressiste de « renouveau » – alternative à la coalition rassemblant l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le Parti social-démocrate (SPD) et l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU). Celle-ci revendique de transformer le pays, en réponse à « l’immobilisme des années Merkel » sur le plan sociétal. Le contrat de coalition, intitulé « Oser plus de progrès », a été élaboré après deux mois de tractations secrètes et agrège les visions du « progrès » de trois forces politiques appelées à gouverner ensemble pour la première fois au niveau fédéral.

    Pour incarner cette volonté de promouvoir une société plus progressiste (fortschritliche Gesellschaft), l’accord de coalition affirme un engagement en faveur d’investissements publics renforcés (technologies vertes, numérique, transports, logement) tout en limitant la dette publique, mais plaide aussi pour une action volontariste tous azimuts, pour moderniser l’administration, définir une nouvelle politique climatique et se mettre au diapason des évolutions de la société : relèvement du salaire minimum, accès facilité à la nationalité allemande, extension des droits des minorités sexuelles, abaissement à 16 ans de l’âge légal de vote et légalisation du cannabis.

    Présenté comme une « révolution sociétale », le projet de légaliser le cannabis symbolise cette rupture avec un ordre conservateur érigé en contre-modèle, en même temps qu’il objective les efforts de concertation entre des forces politiques qui n’ont pas toujours été à l’unisson sur ce sujet. Si la « cause » de la légalisation du cannabis constitue une revendication portée depuis le début des années 2000 par les Verts (qui s’incarne même dans une chanson éponyme mêlant à des rythmes reggae la voix d’une figure du parti écologiste, Hans-Christian Ströbele), elle a été plus tardivement partagée avec les libéraux, avant de rallier le soutien du SPD, traditionnellement réticent et plutôt partisan d’une expérimentation régionale contrôlée.

    Après plusieurs mois de silence médiatique sur le sujet, en mai 2022, une des personnalités emblématiques du gouvernement de coalition, le ministre de la Santé Karl Lauterbach, lui-même médecin épidémiologiste et jusqu’alors peu favorable à la légalisation, a annoncé la présentation d’un projet de loi au second semestre 2022, estimant que « les mesures de légalisation du cannabis doivent être élaborées cet été dans le cadre d’une politique de santé » et soulignant que « l’administration de cannabis contaminé présente désormais un risque plus important que la distribution surveillée aux personnes qui consomment du cannabis de manière contrôlée avec une qualité appropriée ». En octobre 2022, ledit ministre présentait, lors d’une conférence de presse dédiée, une « feuille de route » pour une légalisation de la production commerciale et de la distribution de cannabis guidée par « des raisons de santé publique ». L’ambition affichée étant de servir de « modèle pour l’Europe ».

    Dès son annonce, ce projet de réforme, qui se donne pour objectif de légaliser, à terme, l’ensemble de la chaîne de valeur du cannabis, a rencontré des résistances multiples : des réserves de la Commission européenne mais aussi des oppositions partisanes (CDU), des contestations de certains groupes professionnels (syndicats de policiers, une partie des médecins), les réticences de certains Länder (en particulier la Bavière), en plus de forts clivages dans l’opinion publique.

    De l’annonce de la réforme au vote du projet de loi : un processus de gestation contrarié
    Passé l’annonce de la coalition gouvernementale, le processus d’élaboration du projet de loi a connu des aléas et des rebondissements avant son examen au Parlement 15 mois plus tard, en février 2024. Le projet initial s’est, d’abord, trouvé sous la pression de la Commission européenne.

    Après l’avoir soumis à la Commission européenne, le gouvernement de coalition dévoilait, le 12 avril 2023, une version considérablement amendée du texte. Revenant sur un projet de loi initialement bâti sur le principe d’un système de vente commerciale de cannabis, le gouvernement a donc été contraint de tempérer ses velléités réformatrices en optant pour une mise en place « progressive » d’une politique de légalisation déclinée en étapes successives appelées « piliers ». Le premier pilier encadre la possession de cannabis, la consommation et la culture à domicile (à compter du 1er avril 2024) et autorise la création de « clubs de cannabis », assimilables à des coopératives de culture de cannabis (à compter du 1er juillet 2024). Le second pilier, à définir dans un nouveau projet de loi renvoyé à 2025, devant consister à autoriser la vente de cannabis dans des magasins spécialisés. Ce second volet de la réforme, encadrant la production, la commercialisation et la vente de cannabis, devrait être assorti d’une phase-test dans plusieurs Länder.

    Unanimement présenté comme un « rétropédalage » dans la presse nationale et internationale, à l’instar du Luxembourg quelques mois auparavant (qui, après avoir annoncé une légalisation complète du cannabis, s’est finalement limité à autoriser l’autoproduction), ce recadrage du projet de légalisation a suscité des réactions mitigées. Dans les médias nationaux, le nouveau projet a donné lieu à une réception oscillant entre dérision et craintes : « Cultivez votre propre herbe ! », ironisait le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, estimant que le cannabis deviendrait désormais assimilable à « un légume bio qui doit être cultivé avec amour ». À l’inverse, des intervenants spécialisés dans la prévention des addictions dénonçaient le risque d’un accès facilité au produit et d’une « normalisation » du cannabis auprès des jeunes, par ailleurs contraints de « continuer à s’approvisionner auprès des dealers du parc » (selon le député CSU de Bavière, Stephan Pilsinger).

    Comment expliquer cet apparent retournement ? En substance, le projet de loi a été adapté pour satisfaire à la législation européenne qui oblige les États-membres à sanctionner les crimes liés au trafic de drogues, entendu comme un ensemble large, englobant tout à la fois la production, la fabrication, l’extraction, la préparation, l’offre, la mise en vente, la distribution, la vente et la livraison de toute drogue, incluant le cannabis. Il a donc exclu de son périmètre la vente de cannabis dans des boutiques physiques et confiné l’activité des « clubs de cannabis » à des opérations non-lucratives et à des quantités limitées. Par ailleurs, l’Allemagne étant membre de l’espace Schengen, sans contrôle aux frontières, l’argument d’une réglementation dérogatoire au droit communautaire a été mis en avant par la Commission européenne pour alerter le gouvernement de coalition sur la nécessité d’une surveillance renforcée des frontières pour contrôler les flux de cannabis afin de ne pas compromettre les politiques antidrogues des pays voisins.

    En sus de la contrainte communautaire, l’élaboration de la loi a également été perturbée par des tensions politiques domestiques. Si le gouvernement s’était accordé sur le contenu de la nouvelle loi dès août 2023, l’examen au Parlement a fait l’objet de reports du fait des vives critiques visant certaines dispositions, émanant d’abord de la coalition elle-même. Au sein du SPD, plusieurs députés ont menacé de rejeter la loi, estimant que leurs préoccupations n’avaient pas été prises en compte, sur la mise en œuvre locale des « clubs de cannabis » ou sur les moyens alloués à la prévention. Ainsi par exemple, en opposition à K. Lauterbach, également membre du SPD, plusieurs députés du Bundestag (la chambre basse du Parlement) comme Sebastian Fiedler (par ailleurs ancien président du Syndicat des agents de la police criminelle) ou Sebastian Hartmann, sont intervenus au sein de leur parti pour tenter de bloquer la loi.

    Quelques jours avant le vote, ils ont adressé une lettre à tous les députés du SPD les enjoignant à voter contre, tout comme les oppositions de droite, l’Union chrétienne-démocrate (CDU, conservateur) et l’Alternative für Deutschland (AfD, extrême droite), qui ont vivement contesté le projet. En outre, au sein du Bundesrat (chambre haute composée des représentants des 16 Länder), plusieurs autorités régionales ont fait preuve de résistances et de menaces d’entrave, à l’instar de la Bavière, dont le ministre-président conservateur Markus Söder (Union chrétienne-sociale, CSU) a estimé que « la légalisation du cannabis est une erreur fatale ». Le gouvernement de Bavière, ralliant plusieurs Länder, a même appelé à la création d’une commission (comité de médiation) afin de retarder l’adoption de la loi, contraignant la coalition à d’âpres négociations en amont du vote pour éviter un revers.

    Le gouvernement fédéral a donc dû faire d’importantes concessions pour dissuader les Länder de demander la création d’un comité de médiation au sein du Bundesrat, afin de répondre aux « préoccupations » concernant la législation sur le cannabis : un « protocole de déclaration » a été publié, comprenant des engagements tels que la garantie d’un financement continu pour la prévention du cannabis au-delà de 2024, prévoyant des montants budgétaires dépassant de loin les projets initiaux.

    Pour apaiser les inquiétudes concernant les cannabis clubs, le gouvernement a également proposé un renforcement des contraintes et contrôles visant à empêcher tout développement commercial. Cependant, par-delà ces concessions, le gouvernement fédéral a maintenu le principe d’une remise rétroactive des peines sous forme d’amnistie. La décision de faire appel à un comité de médiation est restée incertaine jusqu’au jour du vote par le Bundesrat, la Saxe, la Basse-Saxe, Brême, Berlin et la Hesse penchant pour l’abstention. Malgré l’intention de certains Länder de faire appel au comité de médiation, la déclaration protocolaire du gouvernement fédéral a permis de contrecarrer cette tentative de barrage, qui n’a finalement pas rallié de majorité au sein des Länder.

    Ainsi, après plusieurs mois de retard et des débats parlementaires houleux, la loi controversée visant à légaliser partiellement le cannabis en Allemagne a été adoptée par le Bundestag le 23 février 2024, par 407 voix pour (226 contre), avant d’être approuvée le 22 mars 2024 par le Bundesrat, qui a donc choisi de ne pas retarder sa mise en œuvre.

    Légaliser pour contrôler : des règles strictes d’encadrement
    Un des changements majeurs introduits par la CanG a été le retrait du cannabis de la liste des stupéfiants en Allemagne (Betäubungsmittelgesetz, BtMG). La loi prévoit néanmoins des dispositions et des sanctions pénales spécifiques (§34 à §36 CanG) pour la possession illicite de stupéfiants (passible de peines allant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement) ou pour l’importation illégale de cannabis ou tout autre produit stupéfiant (jusqu’à 2 ans d’emprisonnement). Ainsi, par exemple, les personnes ne résidant pas durablement en Allemagne qui seraient contrôlées en possession de cannabis risquent des poursuites judiciaires pour « acquisition illicite de drogue » ou « importation illégale de cannabis », infractions passibles de peines pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement ou une amende pouvant atteindre 30 000 €.

    Aux termes de la loi, la possession de cannabis par les adultes (à partir de 18 ans) n’est plus interdite en-deçà de 25 grammes depuis le 1er avril 2024. Mais surtout, la loi prévoit la possibilité d’un accès légal au cannabis pour les adultes, sous deux formes principales. À condition d’être majeurs, les résidents allemands (depuis plus de six mois) sont autorisés à cultiver jusqu’à trois plants de cannabis à titre privé pour leur propre consommation. Depuis le 1er juillet 2024, ils sont également autorisés à cultiver du cannabis en commun ou à s’approvisionner auprès d’associations agréées pour produire du cannabis, les « clubs de cannabis » (ou « cannabis social clubs »), fonctionnant sur le modèle de coopératives de culture à but non-lucratif. Ces associations à caractère non-commercial doivent solliciter une licence les autorisant à cultiver du cannabis avec la participation active de leurs adhérents et à le distribuer à leurs membres uniquement pour leur propre consommation. La légalisation ne signifie pas, pour autant, une levée totale des interdits. À la fois dans la logique du cadrage « santé publique » de la loi et aussi dans une logique de blame avoidance compte tenu des vives critiques adressées au projet, un cadre réglementaire serré a été conçu pour encadrer les usages légaux du cannabis.

    Ainsi, la création de clubs de cannabis a été présentée comme une mesure permettant de renforcer la protection des consommateurs (en endiguant la circulation de produits échappant à tout contrôle, présentant, à ce titre, des risques sanitaires pour les consommateurs) et de réduire la place du marché noir, sans pour autant ouvrir la voie à une offre commerciale florissante comme aux États-Unis dans les juridictions qui ont légalisé le cannabis.

    En cohérence, des conditions légales strictes ont été fixées pour encadrer le fonctionnement des clubs. Ils peuvent vendre un maximum de 25 grammes de cannabis par jour et pas plus de 50 grammes par mois à leurs membres adhérents exclusivement (redevables d’une cotisation), dont le nombre est plafonné à 500 personnes. Pour les jeunes majeurs (entre 18 et 21 ans), la quantité de cannabis autorisée à l’achat est minorée : elle se limite à 30 grammes par mois et à une gamme de produits dont la teneur en principe actif (THC, ou tétrahydrocannabinol) ne dépasse pas 10 %. Le cannabis vendu dans ces clubs doit donc répondre à des limitations de quantité mais aussi à des normes de qualité contrôlée et être vendu uniquement sous une forme pure, c’est-à-dire sous forme d’herbe (marijuana) ou de résine (haschisch).

    Contrairement aux schémas de légalisation mis en œuvre dans les États américains qui ont légalisé le cannabis et, dans une moindre mesure, dans certaines provinces canadiennes, les produits dérivés du cannabis (incluant produits alimentaires infusés au THC, liquides de vapotage, huiles et concentrés, etc.) ne peuvent pas être vendus dans les clubs de cannabis allemands. Ces clubs sont également chargés de distribuer graines et boutures de cannabis à leurs membres pour la culture à domicile, à hauteur d’un maximum de 7 graines ou de 5 boutures par mois. Enfin, la culture de cannabis dans le cadre de ces clubs doit être contrôlée au minimum une fois par an par les autorités.

    Le défi réglementaire consiste à encadrer efficacement la visibilité et la circulation du cannabis. Bien que la possession du produit soit désormais autorisée dans l’espace public (dans la limite de 25 grammes), il est interdit d’en consommer en journée dans les zones piétonnes (entre 7 heures et 20 heures). En outre, la consommation reste prohibée en présence de mineurs. Il est également interdit de fumer à moins de 100 mètres des clubs (y compris dans leur enceinte), de tout établissement fréquenté par des mineurs (écoles, aires de jeux pour enfants, etc.) et des installations sportives.

    L’instauration de telles « zones de protection » s’inspire des schémas de régulation nord-américains. Les clubs sont également tenus de respecter une interdiction générale de publicité et de sponsoring. De même, dans le cadre de la culture à domicile, des règles légales s’appliquent. Par exemple, les graines, les plants ainsi que le cannabis doivent être tenus hors de portée des enfants. De plus, la récolte doit être stockée dans un lieu sécurisé fermé à clé. Par ailleurs, la loi sur le cannabis impose de nouvelles restrictions liées à la conduite sous influence ; il est également interdit de conduire en cas de consommation conjointe de cannabis et d’alcool, quelles que soient les quantités en cause.

    Enfin, un autre aspect important de la loi sur le cannabis, qui a constitué un registre de légitimation de celle-ci, concerne le renforcement de la prévention. Considérant qu’une consommation de cannabis peut être « dangereuse » pour les jeunes, en pleine période de maturation cérébrale, le ministre de la Santé a annoncé une campagne de sensibilisation, assortie de programmes d’intervention, lancée au printemps 2024. Intitulée « Cannabis : Légal, mais… » (Legal, aber…), cette campagne encourage les jeunes à s’informer sur les risques associés à la consommation de cannabis. Par ailleurs, des mesures de prévention ont été mises en place par le Centre fédéral pour l’éducation à la santé (Bundeszentrale für gesundheitliche Aufklärung / BZgA, Cologne), notamment auprès des associations de cultivateurs.

    Mais malgré la réduction du périmètre de la légalisation et la mise en place d’une réglementation stricte, la loi une fois adoptée continue de susciter des réactions hostiles et alimente divers types de contentieux car elle laisse un certain nombre de questions sans réponses.

    Difficultés de mise en œuvre, impensés de la réforme et défis de régulation
    Tout comme en Amérique du Nord, la mise en œuvre de la légalisation en Allemagne est contrariée par deux types de facteurs : d’une part, la mise à l’épreuve pratique d’un cadre réglementaire très détaillé et sans précédent, révélant, à l’usage, des imprévus, des impensés, des contradictions, des inadaptations localisées, etc. ; d’autre part, des contestations politiques qui, dans un cadre fédéral, se traduisent par des entraves territoriales au déploiement du nouveau système.

    Même dans des Länder dirigés par les sociaux-démocrates solidaires de la réforme, les critiques sont vives quant à un projet de loi jugé mal ficelé et mis en œuvre de façon précipitée. Car la légalisation ne signifie pas nécessairement moins de règles, mais d’autres règles à faire respecter. Or, les autorités responsables n’en ont pas toujours les moyens, en particulier sur le plan juridique. En effet, la répartition des compétences de contrôle entre les polices municipales et régionales fait déjà l’objet de litiges dans plusieurs régions. Par ailleurs, les directives et les moyens d’équipement alloués aux forces de l’ordre pour faire appliquer la loi sont perçus comme déficients, s’agissant par exemple du matériel permettant de peser la quantité de cannabis retrouvée lors d’une interpellation afin de vérifier la conformité aux seuils légaux (balances de pesage).

    De même, l’introduction d’une limite légale de présence de cannabis dans le sang, définissant la conduite en état d’ébriété (fixée à un seuil de 3,5 ng/ml de THC dans le sang, contesté pour ne reposer sur aucune base scientifique solide) pose un problème d’application, les tests de dépistage salivaire étant les seuls à disposition des forces de l’ordre intervenant en bord de route. Enfin, la mise en œuvre de la légalisation induit une augmentation de la charge de travail pour la police et la justice. Alors que le syndicat conservateur des policiers (DPolG) dénonce, par la voix de son président, un « monstre bureaucratique avec beaucoup de réglementations parcellaires », la Fédération des juges allemands (DRB) s’alarme de la surcharge d’activité découlant de l’amnistie prévue par la loi pour les délits liés au cannabis : plus de 210 000 dossiers de condamnation pouvant conduire à une amnistie partielle ou totale doivent être réexaminés, empêchant la justice pénale de « se consacrer à d’autres tâches pendant des semaines et des mois », sans compter les possibles litiges à traiter du fait des complexités et des ambiguïtés de la nouvelle législation.

    En outre, la loi sur le cannabis donne aux Länder une grande flexibilité pour imposer des restrictions sur la taille des cultures. Si les gouvernements régionaux ont été autorisés à fixer leurs propres limites pour la culture du cannabis pour conjurer le risque de rejet de la réforme au Bundesrat, il en résulte de fortes variations régionales. Dans des Länder comme la Bavière, des restrictions importantes sont appliquées aux clubs de cannabis, retardant l’octroi des permis au moins jusqu’à l’automne 2024, alors que d’autres Länder ont attribué les premières licences dès la semaine suivant l’entrée en vigueur du premier pilier de la loi autorisant ces espaces (en Basse-Saxe).

    L’avenir de la réforme dépendra en grande partie de sa capacité à tenir les promesses du gouvernement, qui la présentait comme un moyen de lutter plus efficacement contre le marché noir, un point contesté par l’opposition conservatrice, les syndicats de policiers et certains députés du SPD. La CDU, arrivée en tête des élections européennes de juin 2024 qui ont objectivé la forte vague conservatrice en Europe, a déjà annoncé qu’elle reviendrait sur la loi sur le cannabis si elle reprenait le pouvoir après les prochaines élections générales en Allemagne, en octobre 2025. Un tel revirement contrasterait fortement avec les situations nord-américaines où les critiques et désillusions de la légalisation n’ont pas suscité de projets d’abrogation.

    Bien que la mise en œuvre de la réforme allemande soulève des critiques, le projet politique d’une régulation du cannabis continue d’inspirer des initiatives réformatrices en Europe. Ainsi, en juillet 2024, le gouvernement tchèque a annoncé vouloir mettre en place un marché commercial du cannabis pour adultes dans le cadre d’une « loi sur la gestion du cannabis ». Le projet de réforme viserait à légaliser l’auto-culture de cannabis à usage personnel et à créer des associations de cultivateurs comme en Allemagne mais aussi à mettre en place un « marché réglementé du cannabis », jugé « nécessaire » pour « minimiser le marché illicite du cannabis ». Ce serait alors le premier pays de l’Union européenne à adopter une législation autorisant un marché commercial du cannabis réglementé.

    Ivana Obradovic

    Politiste, Directrice adjointe de l’observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT)

  144. https://www.blick.ch/fr/news/suisse/des-dealers-agressifs-a-yverdon-les-bains-mes-serveuses-ont-peur-et-demandent-a-se-faire-raccompagner-le-soir-id20124785.html
    «Mes serveuses ont peur et demandent à se faire raccompagner le soir»
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    Antoine HürlimannResponsable du pôle News et Enquêtes

    Le jour de notre visite à Yverdon, une bonne trentaine de personnes s’abritent dans ce lieu prisé des dealers et consommateurs de drogues.

    Photo: Sigfredo Haro

    Le jour de notre visite à Yverdon, une bonne trentaine de personnes s’abritent dans ce lieu prisé des dealers et consommateurs de drogues.

    Photo: Sigfredo Haro

    Dehors, une pluie légère a presque entièrement vidé les rues d’Yverdon-les-Bains (VD). Mais à l’intérieur de ce bistrot de la rue des Remparts, l’ambiance est lourde, les mots graves. Naïm Hoxha, 50 ans, bouillonne: «La Ville doit intervenir! Jour après jour, la situation se détériore. Quand je regarde les gens mal en point autour de nous, je n’ai pas l’impression d’être en Suisse. Mes serveuses ont peur et demandent à se faire raccompagner chez elles ou à leur voiture en terminant le service du soir. Nous devrions avoir le droit de venir au travail sans risquer de se faire agresser!»

    Le patron du Legend Bar ravale sa colère et descend une gorgée d’eau minérale. Il repose doucement son verre à long drink puis désigne du bout de son index droit la bonne trentaine de personnes — en grande majorité des hommes originaires d’Afrique — abritée sous le kiosque à musique, juste en face de son établissement, au pied du respecté théâtre Benno Besson.

    Ces individus sont des marginaux. Certains sont des dealers, d’autres des consommateurs de drogue. Quelques-uns cumulent les deux casquettes et tous peuvent profiter des services de Kipole, un local «novateur» aménagé sur place au rôle de permanence sociale lancée par la Municipalité (exécutif) en avril 2023.

    À Yverdon-les-Bains, les dealers s’étalent de la gare au kiosque à musique.

    Photo: Sigfredo Haro

    À Yverdon-les-Bains, les dealers s’étalent de la gare au kiosque à musique.

    Photo: Sigfredo Haro

    Quoi qu’il en soit, Naïm Hoxha les juge «agressifs», «dangereux» même. En tout cas «insistants». Blick et «L’illustré» peuvent en témoigner: ce passage quasi obligé pour qui vient de la gare et se dirige en direction du centre-ville s’est fait sous les sifflements et apostrophes répétés de deux revendeurs plantés au cœur du parking de la place d’Armes.

    L’angoisse au ventre
    Par conséquent, le restaurateur aux racines kosovares refuse poliment de prendre la pose pour notre photographe. «Je ne crains que Dieu, mais je me dois d’être constamment sur mes gardes», glisse celui qui assure avoir été contraint de se défendre physiquement après qu’un dealer lui a serré le cou à l’automne dernier. Il se justifie: «Je ne veux pas que ceux que je dois régulièrement chasser de ma terrasse aient une image de mon visage.»

    Une précaution qui trahit un réel sentiment d’insécurité. Une angoisse partagée par peu ou prou l’ensemble des commerçants du coin rencontrés ce jeudi 5 septembre, quand bien même tous soulignent une présence accrue et appréciée des forces de l’ordre «ces derniers jours» face à l’enfer du crack. Une substance particulièrement addictive qui pousse ses accros à commettre des larcins pour se payer leur dose.

    «

    «Si cela continue, je réfléchirai à fermer le soir, voire à vendre mon bar»

    Naïm Hoxha, patron du Legend Bar

    »

    Le solide gaillard derrière le comptoir du Legend Bar, qui exploite par ailleurs une autre affaire à Neuchâtel, est catégorique: «Yverdon vit une crise du deal spécifique qui s’intensifie depuis plusieurs mois maintenant. Si cela continue, je réfléchirai à fermer le soir, voire à vendre mon bar. Pour moi, le jour où je devrais me résoudre à payer de la sécurité privée pour pallier les manquements des autorités locales signera la fin de ma présence ici.»

    Alors qu’il s’apprête à proposer à sa clientèle la pétition contre le deal de rue lancée par Marianne Dind, ancienne vice-présidente de l’Union démocratique du Centre (UDC) Riviera, Naïm Hoxha jure n’être «ni de gauche, ni de droite». «Je me fiche de tout cela, lance-t-il. Tout ce que je veux, c’est pouvoir travailler en paix.»

    La méthode Ramchurn
    Mais la solution à «son» problème sera bel et bien politique. Dans les murs de la cité thermale, le premier à avoir allumé la mèche s’appelle Ruben Ramchurn. Ce conseiller communal indépendant, ancien président de l’UDC locale, est un agitateur public revendiqué. Un temps lui-même soupçonné de trafic de stupéfiant, le trublion a finalement été blanchi par la justice.

    Ruben Ramchurn, conseiller communal indépendant et ancien président de l’UDC locale.

    Photo: Sigfredo Haro

    Ruben Ramchurn, conseiller communal indépendant et ancien président de l’UDC locale.

    Photo: Sigfredo Haro

    Dans son temps libre, ce quadragénaire à la carrure de bodybuildeur arrose continuellement son compte TikTok de vidéos concernant les dealers de la capitale du Nord vaudois, où vivent plus de 30’000 âmes. Force est de constater qu’il y rencontre un certain succès, l’une de ses capsules frôlant au moment où ces lignes sont écrites les 270’000 vues.

    L’élu, qui avait échoué l’année dernière à faire accepter dans les rangs du parti conservateur Joachim Son-Forget, ex-député macroniste des Français de Suisse interpellé cet été après avoir conduit dans les rues de Paris sous l’emprise de cocaïne, s’était donné pour mission de reprendre le terrain campé par les trafiquants en y organisant des apéros. Les participants et participantes étaient invités à y consommer «du blanc plutôt que de la blanche».

    Mais l’un des flyers, sur lequel Ruben Ramchurn avait rebaptisé le Jardin japonais — le parc devant la gare — en «Jardin nigérian» en référence à «la mafia nigériane Black Axe», dit-il, lui a valu une plainte pour incitation à la haine raciale déposée par la Municipalité. Une procédure toujours en cours.

    Aujourd’hui, la grande gueule au regard perçant se limite donc aux réseaux sociaux. «Plutôt que de mettre de l’énergie et des moyens pour essayer de me museler, la Ville et la police auraient mieux fait de m’écouter et de s’attaquer au phénomène avant qu’il n’explose, vitupère-t-il. Il faut prendre des mesures fortes: sortir les dealers du centre-ville, les harceler, mettre fin au tourisme de la drogue en limitant l’accès aux structures de la ville aux résidents de la région et faire appel à de la sécurité privée qui n’a pas peur d’aller au contact pour pacifier la zone. Tant que la majorité de gauche en place s’y refusera, rien ne changera.»

    Alors que nous nous dirigeons en direction du Jardin japonais, un homme noir venant en sens inverse semble dévisager le conseiller communal. Il s’avance sans trembler. Arrivé à notre hauteur, il enlève son casque audio, bombe le torse… et tend la main à Ruben Ramchurn. «On ne se connaît pas, mais merci pour votre travail», souffle-t-il en continuant son chemin.

    L’ex-figure vaudoise de l’UDC ne boude pas son plaisir: «Que croyez-vous? Ce sont les personnes d’origine étrangère qui souffrent le plus du laisser-faire des autorités! Vous imaginez le regard des gens sur vous si vous êtes d’origine africaine et que vous devez traverser l’espace des dealers pour aller travailler ou pour rentrer chez vous?»

    Une socialiste «lucide»
    Sur les vénérables pavés de la place Pestalozzi, Aurélie-Maude Hofer s’agace lorsqu’on lui dessine les contours d’un éventuel clivage gauche-droite sur la question du deal. «Prétendre qu’une majorité de droite ferait mieux, c’est démagogique, fulmine la conseillère communale socialiste aux cheveux rouge vif. La Ville et la police font leur possible: c’est surtout au niveau cantonal et fédéral qu’il faudrait agir. Ceci dit, à l’heure du budget, si l’on devait débattre de la création de nouvelles unités de police, je me prononcerais favorablement.»

    Aurélie-Maude Hofer, conseillère communale socialiste.

    Photo: Sigfredo Haro

    Aurélie-Maude Hofer, conseillère communale socialiste.

    Photo: Sigfredo Haro

    Celle qui a par ailleurs présidé l’organe délibérant de la deuxième ville du canton se dit «lucide» face au «défi» qui touche sa commune. «J’ai personnellement déposé une plainte au nom de mon fils mineur après qu’il a été menacé par un consommateur de drogue armé d’une lame il y a quelques jours, confie la cuisinière de formation. Je constate, comme tout le monde, que la situation s’est récemment dégradée. Mais il faut garder la tête froide: les dealeurs sont peut-être pressants, mais pas violents. Ce sont les consommateurs, en manque, qui peuvent perdre contact avec la réalité et le devenir.»

    Explosion des consommateurs
    Une lecture que partage Christian Weiler, municipal libéral-radical (PLR) en charge de la Police. L’édile nous reçoit dans son bureau sans le moindre faste de la rue du Valentin. «Nous constatons que le nombre de consommateurs présents à Yverdon est effectivement en augmentation, bien qu’il soit difficile de donner des chiffres objectifs», détaille-t-il. Pascal Pittet, directeur de la sécurité publique, rebondit: «Nous pouvons vous en donner un: Zone Bleue, qui est un centre d’accueil pour les personnes qui consomment des substances illicites, est passé de 20 bénéficiaires par semaine en temps normal à 80 cet été.»

    Christian Weiler, municipal PLR en charge de la Police.

    Photo: Sigfredo Haro

    Christian Weiler, municipal PLR en charge de la Police.

    Photo: Sigfredo Haro

    Comment expliquer cette explosion? «Il y a une surmédiatisation de la problématique Yverdon, ce qui crée un appel d’air, et il y a une augmentation globale de personne en rupture sociale, analyse le PLR. Toutes les structures de soin et d’accueil sont saturées! Même les personnes qui voudraient se lancer dans un sevrage volontaire doivent prendre leur mal en patience. Augmenter le nombre de policiers ne suffirait pas: ce sont les moyens dans les quatre piliers (ndlr: la prévention, la thérapie, la réduction des risques et la répression) de notre politique qu’il faudrait doper linéairement.»

    Les délits augmentent aussi
    Pascal Pittet met aussi l’accent sur l’importance de «l’application des peines», tout en concédant que des délits liés à la consommation de drogues — les vols notamment — prennent également l’ascenseur sur son territoire. Ce que confirme un agent de terrain, présent à l’entretien, dont nous ne dévoilerons pas l’identité: «Nous ne ménageons pas nos efforts et continuerons sans relâche le combat, même s’il est vrai que cela peut être rageant de constater qu’un dealer interpellé en infraction à la loi sur les étrangers peut continuer pendant des mois avant d’être expulsé.»

    Pascal Pittet, directeur de la sécurité publique d’Yverdon-les-Bains.

    Photo: Sigfredo Haro

    Pascal Pittet, directeur de la sécurité publique d’Yverdon-les-Bains.

    Photo: Sigfredo Haro

    Christian Weiler insiste: «Nous avons mis en place un dispositif mutli-services et multi-partenaires et nous allons encore monter en puissance. Je veux faire passer un message clair: Yverdon n’a pas vocation à devenir le réceptacle de toute la misère sociale des environs. Il faut que d’autres structures spécialisées voient le jour. Pour revenir à notre cas, je peux d’ores et déjà vous dire que nous travaillons pour déplacer les personnes présentes aux alentours du kiosque à musique. Nous sommes conscients que cet emplacement ne va pas et faisons tout pour mettre en place une alternative, toujours dans le périmètre du centre-ville, le plus rapidement possible.»

    Pour Blick et «L’illustré», la journée s’est terminée là où elle avait débuté: à la gare d’Yverdon. Tandis que plusieurs dizaines de personnes attendent les yeux plongés dans leur smartphone le train de 19h en direction de Cully, un vingtenaire, sac de l’armée sur l’épaule et Dr. Martens usées aux pieds, s’avance sans sourciller vers un dealer. Deux phrases échangées sur le quai plus tard, leurs mains se frôlent et leurs talons se tournent. Une scène banale qui, ici, ne fait même plus lever les nez des pendulaires de leur écran.

  145. https://www.capital.fr/economie-politique/trafic-de-drogue-integre-au-pib-ce-que-ca-va-changer-pour-la-france-1269283
    Trafic de drogue intégré au PIB : ce que ça va changer pour la France
    L’Insee a annoncé se conformer en partie à une demande européenne : l’argent issu du trafic de drogue, mais pas de la prostitution, sera intégré au PIB. Ce dernier ne devrait augmenter que légèrement.

    Finalement, l’Insee a cédé. L’Europe demande depuis 2013 aux Etats membres d’intégrer les activités illicites dans leur produit intérieur brut (PIB). L’Italie, le Royaume-Uni et la Belgique ont rapidement suivi le mouvement en prenant en compte la prostitution et le trafic de drogue dans leurs calculs. Et c’est maintenant au tour de la France. L’Insee a ainsi annoncé, ce mardi, que les revenus du trafic de drogue allaient être pris en compte pour estimer le PIB hexagonal.

    La première conséquence sera évidemment un coup de boost du PIB, mais a priori assez limité. D’après l’institut de statistiques, ce changement devrait entraîner “une révision en très légère hausse du niveau du PIB”, de l’ordre de “quelques milliards” d’euros. Soit environ 0,1 point de PIB. “Cela n’influera pas sur le chiffre de la croissance en 2017”, a aussi assuré le chef du département des comptes nationaux de l’Insee à l’AFP. A titre de comparaison, l’intégration du trafic de drogue et de la prostitution avait permis à la Grande-Bretagne d’augmenter son PIB d’environ 10,9 milliards d’euros en 2013. Aux Pays-Bas, où ces activités sont légales, de 2,6 milliards d’euros en 2010.

    L’autre conséquence aurait pu être une augmentation, là encore minime, de la participation de la France au budget de l’Union européenne, qui s’est élevée à 20,5 milliards d’euros en 2017. Une partie de cette contribution est en effet calculée sur le revenu national brut du pays (RNB), un indicateur proche du PIB. Le chèque de la France aurait donc pu très légèrement augmenter. Sauf que l’ampleur du trafic de drogue était déjà calculé par l’Insee et envoyé à la Commission européenne. L’Europe souhaitait que les activités illicites soient intégrées au calcul afin, notamment, de rendre la participation plus équitable entre les Etats membres qui les prenaient en compte d’eux-mêmes (car elles étaient autorisées en général) et les autres.

    Le professeur Friedrich Schneider a mesuré le poids de l’économie parallèle dans le produit intérieur brut des pays européens. Cet expert retient toutefois une définition plus large que les seuls revenus illégaux – toutes les activités économiques qui seraient généralement imposables si elles étaient déclarées au fisc – et ses méthodes sont parfois critiquées par les autorités. Néanmoins, il estime que l’économie souterraine représentait, en 2012, 10,8% du PIB hexagonal. Ce qui place la France dans la partie basse du tableau, loin derrière la Bulgarie (31,9%), l’Italie (21,6%) ou l’Allemagne (13,3%).

  146. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/02/01/comment-l-insee-va-integrer-le-trafic-de-drogue-dans-le-calcul-du-pib_5250216_4355770.html
    Comment l’Insee a intégré le trafic de drogue dans le calcul du PIB
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    Les Décodeurs
    Après plusieurs années de débat, l’Insee a appliqué cette demande de l’institut statistique européen Eurostat, déjà appliquée dans d’autres pays.

    Cannabis, cocaïne et autres drogues génèrent en France une activité économique estimée à 2,7 milliards d’euros par an, soit 0,1 point de produit intérieur brut, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques. Pour la première fois, l’Insee a intégré le trafic de drogue, illégal, dans la mesure de la croissance, après des années de discussion.

    Espagne, Royaume-Uni, Italie… d’autres pays européens avaient déjà commencé en 2014 à adopter un nouveau calcul tenant compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à celle-ci, à la demande de l’office européen de statistique, Eurostat.

    Comment, concrètement, l’institut de statistiques français a-t-il fait pour évaluer le poids de la consommation de drogue dans la croissance ?

    1. Un calcul sous l’angle de « l’offre »
    Les Etats membres de l’Union européenne peuvent choisir le mode d’estimation de leur croissance qui leur convient, mais ils doivent fournir des données harmonisées à Eurostat, l’institut européen des statistiques.

    La méthodologie, obtenue auprès de l’office européen, recommande d’aborder la prostitution sous l’angle de « l’offre » et de prendre en compte les « consommations intermédiaires », comme la location d’un appartement et l’achat de matériel.

    Concernant la drogue, Eurostat conseille de multiplier la quantité consommée par le prix moyen ayant cours dans la rue, tout en faisant jouer le paramètre du « ratio de pureté » des produits stupéfiants et des « coûts de transport et de stockage » des narcotrafiquants.

    « Nous suivons bien une approche de ce type, en nous fondant sur les analyses de chercheurs spécialistes de ces sujets », confirme l’Insee, notamment les travaux de chercheurs de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et de l’Institut national des hautes études sur la sécurité et la justice (INHESJ), sans détailler davantage son approche et les analyses sur lesquelles il s’appuie.

    2. Un impact incertain sur le PIB
    L’explication à l’origine de ce nouveau mode de calcul est que la contribution de chaque membre au budget européen dépend pour partie de son PIB. Or certains Etats membres (Pays-Bas, Suède…) ont, dans leur PIB, une part liée à la drogue et/ou à la prostitution.

    Difficile de savoir précisément le montant généré par ces activités, dans la mesure où les autres pays européens ayant sauté le pas ne détaillent pas dans leur PIB, qui varie chaque année pour des raisons macroéconomiques, quelle part relève des trafics illégaux. D’ailleurs, on ne sait même pas quel pays a adopté quelle méthode ; les pays sont censés se conformer au nouveau mode de calcul, se contente de répondre Eurostat.

    Peut-être pour ne pas donner des armes à ceux qui militeraient pour une légalisation, peu de pays ont communiqué sur ces changements de calcul mais l’Allemagne (qui incluait déjà la prostitution dans son PIB) a noté une amélioration de 0,1 point de pourcentage en 2013. Les services statistiques britanniques ont partagé un exercice de calcul sur l’année 2009, comprenant du prix moyen du gramme d’héroïne à celui de la passe, anticipant une hausse de 0,7 point du PIB.

    En France, le calcul effectué par l’Insee et publié fin mai aboutit à une ausse de 0,1 point du produit intérieur brut.

    3. Pourquoi la France a tardé à adopter ce calcul
    La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’Insee avait, dans un premier temps (en 2014), accepté de donner une estimation des revenus issus du trafic de drogue dans le revenu national brut (RNB), destiné principalement à déterminer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, mais pas dans le PIB, mesure comptable « sacrée », ou du moins qui fait référence dans le débat public.

    Le Monde

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    Son argument : le libre arbitre. « On voit bien que des consommateurs en situation de grande dépendance ne sont plus vraiment en mesure d’exercer leur libre arbitre (et donc, on peut arguer que les transactions ne se font pas vraiment par accord mutuel, ce qui est un critère essentiel pour l’Insee). »

    L’étape suivante a relevé d’un choix pragmatique : l’Insee reconnaît avoir fini par être « assez isolé au niveau européen sur cette position »… avant de se rallier à la majorité. « En même temps, le raisonnement [sur le libre arbitre] pourrait s’appliquer aussi à des substances (alcool, tabac, voire jeux de hasard) dont la consommation est légale et que l’on prend en compte depuis longtemps dans les comptes nationaux. »

    L’institut européen des statistiques avait également demandé aux Etats membres d’intégrer la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. Ce dernier point fait débat en France : l’Insee a tranché en estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Une volumineuse documentation montre que la prostitution de rue est ultra-majoritairement le fait de personnes mineures et/ou en situation irrégulière, sous la coupe de réseaux qui les obligent à se prostituer pour rembourser les passeurs. »

    Mathilde Damgé

  147. Le deal de rue exaspère la Municipalité d’Yverdon
    lfm.ch/actualite/suisse/romandie/vaud/le-deal-de-rue-exaspere-la-municipalite-dyverdon
    10 septembre 2024
    Vaud

    Publié

    Il y a 5 heures,
    le

    10 septembre 2024
    De

    Alessia Merulla
    C’est notamment à la Place d’Armes que se trouvent les dealers. ©KEYSTONE/Jean-Christophe Bott
    À Yverdon-les-Bains, le deal de rue prend de plus en plus d’ampleur. En cause, notamment, le crack. D’un côté, on accuse la Municipalité de ne pas agir, de l’autre, celle-ci estime qu’il faut prendre des mesures de manière plus large.

    La situation devient critique dans le Nord-vaudois. Dans un communiqué publié ce mardi matin, la ville partage l’inquiétude et l’exaspération de la population. La Municipalité veut rappeler qu’elle ne reste pas les bras croisés.

    Mais il est aussi question pour elle de répondre à certaines accusations qui sous-entendraient qu’elle serait laxiste ou complaisante. Christian Weiler, municipal en charge de la sécurité publique, pointe, sans citer de nom, un conseiller communal qui poste régulièrement des vidéos sur le réseau social TikTok. Un comportement qui a, selon lui, un effet direct sur l’évolution du deal de rue.

    00:42

    00:00

    Christian WeilerMunicipal en charge de la sécurité publique

    Ruben Ramchurn, qui a quitté la politique il y a quelques mois, et actif sur TikTok, ne partage pas cet avis.

    00:52

    00:00

    Ruben RamchurnConseiller communal yverdonnois

    Yverdon doit faire face à la présence toujours plus importante de crack. Une drogue très addictive, composée de substances dont on ne connaît pas toujours l’origine. De plus, cette drogue se consomme facilement et son prix est très bas. Il aurait été divisé par 3 voire par 4 selon Christian Weiler. On remarquerait également une recrudescence des vols et des incivilités liées à la consommation de stupéfiants.

    Le nombre de dealer et de consommateurs à donc fortement augmenté, mais la Municipalité affirme qu’elle continue d’agir. La Ville renforce son dispositif existant. Le Service Jeunesse et cohésion sociale a recentré ses activités sur les espaces problématiques de la Ville, tout comme la police. Mais c’est dans sa globalité que le problème doit être traité.

    00:54

    00:00

    Christian WeilerMunicipal en charge de la sécurité publique

    Et pour lutter efficacement, il faut aussi se tourner du côté des consommateurs.

    00:55

    00:40

    Christian WeilerMunicipal en charge de la sécurité publique

    Pour Ruben Ramchurn, il faudrait fermer la Kipole sur la Place d’Armes, lieu définit par la Ville comme “une permanence sociale qui propose un accompagnement individuel et collectif. Elle vise à promouvoir la santé auprès de personnes en situation de marginalisation, de précarité et/ou d’addictions, ainsi que de les orienter dans le réseau d’aides sociales”. Il propose également de déplacer les services pour les marginaux et toxicomanes dans un endroit moins centré et de les restreindre aux personnes de la région. Il demande aussi au Ministère public d’appliquer la loi sur les étrangers. Enfin, il estime qu’il faut soutenir et épauler la police. “La mission de la police secours, c’est de répondre présent pour des interventions. C’est pour ça que je pense que la sécurité privée, c’est le bon moyen.” Une manière selon le conseiller communal de faire impression face aux dealers qui “n’ont plus tellement peur de la police. Ruben Ramchurn proposera ces mesures jeudi lors du Conseil comunal.

  148. Mon avis de médecin psychiatre sur la légalisation des drogues
    28 sept. 2024

    En 2022, la Nouvelle-Zélande prend la décision d’interdire le tabac pour toutes les personnes nées après 2008. Bonne ou mauvaise idée ? Mais pourquoi certaines drogues sont légales et pas d’autres ? D’ici la fin de la vidéo est-ce que votre opinion aura changé ?

    Je vous donne mon opinion de médecin psychiatre spécialisé dans les addictions sur la légalisation des drogues et vous verrez à la fin de la vidéo ma réponse à la question : mais est-ce qu’il faudrait pas interdire le tabac en fait ?

    https://www.youtube.com/watch?v=P2bQqbE5Fac
    00:00 : Introduction
    01:36 : 50 nuances de légalisation
    04:14 : On légalise les drogues les moins dangereuses, non ?
    06:47 : Mais, heu, c’est possible d’interdire les drogues vraiment ?
    10:09 : Si on leur fait pas la guerre aux drogues, on leur fait quoi alors ?
    12:43 : Les drogues douces et dures, pourquoi déjà ?
    15:56 : Les bonnes et les mauvaises drogues, c’est-tu pas aussi une question de morale ?
    17:21 : Et la liberté des gens de faire ce qu’ils veulent dans tout ça ?
    20:06 : Conclusion, on interdit le tabac ou pas au final ?

  149. https://lesobservateurs.ch/2024/09/27/le-trafic-de-drogues-a-pris-des-proportions-preoccupantes/
    Le trafic de drogues a pris des proportions « préoccupantes »
    Le trafic de drogues a pris des proportions « préoccupantes »

    Ce n’est pas l’UDC qui le dit mais les syndics de Lausanne, Yverdon et Vevey. L’édile de la capitale cantonale le confirme : « les gens ressentent parfois aussi un sentiment d’abandon et d’impunité face à la multiplication dans les rues d’actes illicites non poursuivis. »

    Avec ses deux collègues, il appelle le Conseil d’Etat à l’aide. Il s’agit notamment de libérer des places de prison afin de pouvoir embastiller les dealers qui agissent effectivement sans grands risques, l’univers carcéral étant plein à craquer.

    Ces Messieurs viennent de découvrir l’eau chaude. Cela fait des années que la drogue empoisonne le quotidien des citadins concernés. Jusqu’ici, les élus veillaient à contester tout problème, évoquant le discours raciste et xénophobe dont l’UDC fait bassement usage pour augmenter sa part électorale.

    Car ce sont bien eux les responsables de la situation qu’ils dénoncent. Ils se sont crus plus malins que les autres, vantant la tradition d’accueil de leurs cités, leur capacité d’intégration et voilà que ça leur pète en pleine poire. Le quidam fait chaque jour les frais de l’incurie municipale. Mais comme on le sait, la gauche n’est jamais responsable de rien. La situation actuelle ne doit pas à la tolérance toxique dont les élus ont fait preuve. Le problème, c’est le Conseil d’Etat, la justice, les prisons, enfin tout le monde sauf eux.

    Le culot dont nos syndics font preuve frise l’indécence. La gauche s’est toujours opposée à l’expulsion de ces vendeurs de mort qu’elle voit comme des enrichisseurs culturels. La gauche s’est toujours placée du côté des dealers, l’affaire Mike ben Peter en est un brillant exemple. La gauche pointe systématiquement le racisme endémique qui ravage la police lorsqu’elle procède à des contrôles sur les lieux de trafic, peuplés très majoritairement de commerçants africains.

    Et maintenant, les camarades viennent se plaindre ! Si la situation est aujourd’hui explosive, c’est parce que, dans leur coupable aveuglement, ces élus ont préféré augmenter l’effectif des médiateurs de rue plutôt que d’engager des policiers.

    Messieurs les syndics, si vos rues sont encombrées de dealers, c’est simplement parce que vous n’avez pas agi face au crime. Assumez vos responsabilités !

    Yvan Perron, 27.09.2024

  150. https://www.20min.ch/fr/story/le-fentanyl-arrive-peu-a-peu-dans-les-rues-en-suisse-478727968198
    Le fentanyl arrive peu à peu dans les rues en Suisse
    Publié22. novembre 2023, 10:16

    DrogueCinquante fois plus puissant que l’héroïne, le fentanyl débarque en Suisse
    Aux États-Unis, cette drogue est responsable de la mort de milliers de personnes. Désormais, elle circule aussi dans notre pays.

    Plusieurs villes ont annoncé des cas cette année.

    Plusieurs villes ont annoncé des cas cette année.

    Unsplash.com
    Aux États-Unis, le fentanyl inonde depuis des années le marché de la drogue. Sur 106’000 morts par overdose enregistrées en 2022 dans le pays, il est responsable de 70’000 d’entre elles, un record. Fabriquée en laboratoire, à des coûts plus faibles que l’héroïne, cette drogue, 50 fois plus puissante que cette dernière, se répand peu à peu en Suisse, aussi. Plusieurs villes ont annoncé des cas cette année ou une augmentation des consultations sur le sujet. En Suisse romande, les professionnels ne constatent rien de tel pour l’heure (lire encadré).

    «Cette année, nous avons eu pour la première fois quelqu’un qui est venu nous voir avec un patch de fentanyl», indique ainsi Adrian Klaus, directeur du travail de rue, à Lucerne. À Soleure aussi, le fentanyl est apparu pour la première fois cette année chez les personnes dépendantes. Et les traitements contre cette drogue sont en hausse à St-Gall. À Bâle, la substance a même été repérée dans un prétendu échantillon d’héroïne provenant du Darknet.

    Quant au milieu zurichois de la drogue, il est également touché, au point que certains redoutent de revoir les tristes images du Platzspitz, puis du Letten au début des années 1990. Plusieurs accros ont en effet reconnu avoir déjà consommé du fentanyl, sous forme de patch, de pilule ou coupé avec de l’héroïne. «C’est comme de l’héroïne sous stéroïdes anabolisants», raconte ainsi Joël, un habitué qui a déjà fumé ce mélange inquiétant.

    Tôt ou tard en Suisse
    Pour l’instant, les spécialistes parlent de cas isolés. Mais «tôt ou tard, le fentanyl sera commercialisé et consommé en Suisse», affirme Marc Vogel, qui dirige le centre pour les maladies de la dépendance des cliniques psychiatriques universitaires de Bâle. Selon lui, outre les personnes déjà dépendantes à l’héroïne, un autre groupe est particulièrement menacé: «Des consommateurs plutôt jeunes et prêts à faire des expériences et qui consomment des médicaments opioïdes à des fins d’ivresse».

    Mais la Suisse ne va pas ressembler aux États-Unis, tempère-t-il. «Nos formes de traitement avec des thérapies de substitution sont nettement meilleures qu’en Amérique du Nord», affirme-t-il.

    Le fentanyl, c’est quoi?
    Le fentanyl est un analgésique très puissant, généralement prescrit sous forme de patch, pour atténuer les fortes douleurs, comme chez les malades du cancer. Il faut dire que pour une même quantité, il est environ 100 fois plus puissant que la morphine et 50 fois plus puissant que l’héroïne. Selon Infodrog, la centrale nationale de coordination des addictions en Suisse qui a rédigé une fiche sur cet opioïde, les toxicomanes extraient le fentanyl des patchs pour se l’injecter ensuite par voie intraveineuse. Il peut aussi être consommé par voie orale, en collant le patch sur l’intérieur de la lèvre. Il arrive aussi que les patchs soient fumés et coupés à d’autres drogues, comme l’héroïne.

    La Suisse romande épargnée
    En Suisse romande, les acteurs de terrain s’accordent à dire que le fentanyl n’est, pour l’instant, pas présent. Thomas Herquel, directeur de l’association Première ligne, qui gère le Quai 9 à Genève précise: «On est très attentifs à cette problématique, mais pour l’heure, nous n’observons pas la présence de fentanyl que ce soit dans le local de consommation du Quai 9 ou dans les rues genevoises.» Un constat que partage le Vaudois Matthieu Rouèche, directeur de la Fondation ABS: «Pour l’instant, il n’y a pas d’indicateur qui laisse penser que cette drogue est consommée à Lausanne.» S’il confirme que le fentanyl n’est pas encore une problématique en Suisse romande, Romain Bach, co-secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions (GREA) explique: «Nous avons un marché noir de substances orienté vers les personnes précarisées, qui consomment notamment du crack, de la cocaïne ou de l’héroïne. Cela pourrait aussi s’appliquer au fentanyl. C’est pourquoi nous surveillons ce dossier de près.» Et d’ajouter: «La chute drastique de la production de pavot – à l’origine de l’héroïne – en Afghanistan (-80%) cet été ouvre un questionnement: quelle substance pourrait la remplacer dans le cas où la chaîne d’approvisionnement serait à sec? Il existe un potentiel risque que ce soit le fentanyl.» La vigilance est donc de mise.

    Besoin d’aide ou d’infos sur les addictions?
    ( Noah Knüsel, Celia Nogler, cht, lhu)

  151. https://www.20min.ch/fr/story/lausanne-trois-fois-plus-de-policiers-dans-la-rue-pour-eradiquer-le-deal-103198555
    Lausanne: Trois fois plus d’agents dans la rue pour éradiquer le deal
    Publié7. octobre 2024, 22:39

    LausanneTrois fois plus de policiers dans la rue pour éradiquer le deal
    Les autorités ont présenté leur stratégie pour en finir avec le trafic de drogue en ville. Des dizaines d’agents sont redéployés des bureaux au terrain.

    La police sera davantage présente au centre-ville.

    La police sera davantage présente au centre-ville.

    Odile Meylan
    «La répression a des limites», a soufflé Olivier Botteron, commandant de la police lausannoise, lors d’une conférence de presse. Ce lundi, lui et le conseiller municipal Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) présentaient la nouvelle stratégie pour lutter contre le deal de rue, avec notamment une mesure phare: la fusion de Police-secours (PS) et de la division Proximité, Partenariats et Multiculturalité (PPM). Une union faite au 1er octobre et qui a pour «vertu» d’augmenter considérablement la présence d’hommes en uniforme dans la rue. «Jusqu’à 54 agents patrouillent désormais dans la ville en même temps, entre 7h et 23h», précise le commandant. C’est trois fois plus qu’avant la fusion.

    Les autorités veulent de cette façon «miser sur la prévention». «La seule présence des agents dans les rues permettra de dissuader les potentiels délinquants de passer à l’acte», estime Olivier Botteron. Les policiers seront davantage présents au centre-ville, plus particulièrement dans les secteurs où le deal de rue est exacerbé. Sont concernés les quartiers de la Riponne, Chauderon, Bel-Air, Bourg/St-François – Marterey, Gare, Tunnel et Sébeillon. La nuit, les efforts seront concentrés dans l’hypercentre, «avec une attention particulière sur le Flon», assure le commandant.

    Deux cent policiers pour 2025
    Des tentatives pour apaiser la problématique du trafic de drogue ont déjà eu lieu dans le passé à Lausanne. En vain. En 2019, un plan similaire à celui présenté lundi n’empêchait pas les scènes d’achat et vente de drogue en toute impunité. Ceci, car les policiers censés occuper le terrain à des heures déterminées étaient appelés ailleurs. Pour éviter que ce cas de figure se présente encore, la nouvelle division commune, qui comprend 186 EPT (équivalents plein-temps), devrait atteindre environ les 200 EPT en 2025.

    Des villes dépassées par la drogue
    La ville de Lausanne n’est pas la seule en difficulté face au deal de rue. Fin septembre, elle appelait le Canton à l’aide, accompagnée de Vevey et d’Yverdon-les-Bains. Cette dernière commune a d’ailleurs renforcé sa présence policière à la gare, où une partie du trafic de drogue a habituellement lieu. Mais selon certains, la Ville n’a fait que «déplacer le problème». Interrogé par la RTS, son responsable de la sécurité publique Christian Weiler avouait alors que «si le problème a émergé ailleurs, c’est parce qu’on a renforcé l’action sur la gare».

  152. https://www.20min.ch/fr/story/drogue-a-lausanne-on-doit-toujours-enjamber-des-corps-pour-rentrer-chez-nous-547174000842
    «On doit toujours enjamber des corps pour rentrer chez nous»
    Publié13. septembre 2023, 08:01

    Drogue à Lausanne«On doit toujours enjamber des corps pour rentrer chez nous»
    Deux semaines après le renforcement de la présence policière à la Riponne, les riverains constatent peu de changements. Le législatif lausannois s’est écharpé mardi soir et a voté un élargissement des mesures.

    Des riverains racontent la réalité de leurs quartiers.

    Des riverains racontent la réalité de leurs quartiers.

    20min/lecteur-reporter
    Faut-il réprimer, encadrer, sanctionner, renvoyer, accompagner, déplacer, soigner? Un long débat entre les élus lausannois n’aura pas abouti à une solution unanime au Conseil communal, mardi soir, au problème très visible ces derniers mois de la consommation de drogue dans l’espace public. Tout au plus se sont-ils mis d’accord sur une mesure déjà dans les tuyaux de la Municipalité, un élargissement des horaires du futur local d’injection prévu dès cet automne sur la place de la Riponne, ainsi que l’ouverture d’un local destiné au repos après l’injection.

    Aujourd’hui annoncé opérationnel de 15h30 à 21h30, l’espace d’accueil ouvrira en réalité tôt le matin; mais pas durant la nuit. «Les spécialistes le déconseillent, car l’objectif est d’aider les personnes désinsérées à retrouver une structure, notamment dans le déroulement de la journée», explique la Municipale Emilie Moeschler.

    Le dossier fait face à des oppositions, mais devrait aboutir encore cette année, espère-t-elle. D’ici là, c’est une présence policière renforcée qui doit rassurer et rétablir l’ordre. «Cela a notamment permis de dénoncer des vendeurs et consommateurs, d’éviter des bagarres, de porter assistance à des personnes en difficulté, de prendre en charge des indésirables et d’interpeller des personnes recherchées», indique le porte-parole de la police lausannoise, Jean-Philippe Pittet. Un tour de vis sécuritaire salué par le PS, le PLR et l’UDC.

    20min/lecteur-reporter
    «Ce n’est plus possible»
    «C’est bien de voir des policiers, mais les gens se sont simplement déplacés, réagit une riveraine. On doit toujours enjamber des corps et des étrons pour rentrer à la maison. La nuit, c’est le pire.» Habitante du quartier depuis 23 ans, elle a finalement écrit à la Ville après avoir reçu une amende pour une poubelle mal évacuée, selon cette dernière. «Il n’y a aucune tolérance pour nous autres, alors que ces gens ne sont jamais sanctionnés», dénonce-t-elle. Une autre lectrice travaillant dans le secteur confirme que les choses ont peu changé. «On entend des gens hurler de mal-être durant la journée. Ce n’est plus possible.»

    On est en train de vivre notre propre Platzspitz

    Valentin Christe, député UDC, en référence à la scène ouverte de la drogue à Zurich dans les années 80.
    L’utilité de la répression a été discutée en plénum mardi soir, cinq ans après la crise dite du deal de rue. Le risque d’un déplacement du marché de la drogue vers des zones moins visibles, donc plus dangereuses, a été évoqué. Pour maintenir le contact, des travailleurs sociaux sont et seront davantage intégrés sur le terrain. «C’est comme cela, entre autres en trouvant des petits jobs à ces personnes, que le problème a été réglé à Zurich notamment», a scandé Franziska Meinherz pour Ensemble à Gauche.

    Mais la Ville assure que des sanctions attendent aussi les personnes toxicodépendantes, comme le racontait «24 heures» récemment. Elle indique également que les nettoyages de l’espace public ont été intensifiés. Elle invite les riverains à signaler les problèmes et les propriétaires d’immeubles à faire leur part en matière de propreté.

    Un problème qui touche toute la Suisse
    Cette consommation devenue plus visible touche plusieurs villes de Suisse, rappelle Frank Zobel, directeur adjoint d’Addiction Suisse. La cocaïne, qui domine le marché, est devenue moins chère, entre 10 et 20 fr la dose, et touche donc aussi de nouvelles populations moins aisées. Outre les consommateurs historiques, connus, elle concerne désormais aussi des jeunes désinsérés. Ses effets peuvent être impressionnants lorsque ses consommateurs deviennent à la fois épuisés et sur-stimulés: «Ils peuvent devenir désagréables, voire verbalement agressifs, mais je n’ai pas entendu parler d’agressions physiques hormis entre consommateurs ou entre consommateurs et dealers», indique Frank Zobel. Si l’été amène une mobilité plus grande chez les consommateurs, l’expert questionne par contre l’hypothèse d’un véritable «tourisme d’achat» en direction de Lausanne, comme il a par exemple pu exister vers Genève pour l’héroïne. Une proposition du PLR destinée à collaborer avec les communes d’origine des usagers a d’ailleurs été refusée.

    «Une formule magique à redéfinir en permanence»
    Prévention, traitement, réduction des risques, répression: la politique «des quatre piliers» est défendue par les spécialistes des addictions et par les autorités politiques. Mais cette «formule magique» doit en permanence être redéfinie, analyse Frank Zobel. La task-force policière proposée par la Ville, en collaboration avec des travailleurs sociaux, ainsi que l’ouverture d’un nouveau local d’injection correspondent partiellement à cette politique, confirme-t-il. Elle sera évaluée dans un an, indique le Municipal Pierre-Antoine Hildbrand.

  153. https://www.20min.ch/fr/story/lausanne-pointee-du-doigt-en-matiere-de-deal-de-rue-421237769899
    Lausanne pointée du doigt en matière de deal de rue
    Actualisé27. février 2019, 17:13

    DrogueLausanne pointée du doigt en matière de deal de rue
    Selon une analyse, la capitale vaudoise obtiendrait de meilleurs résultats dans sa lutte contre le trafic de stupéfiants en abandonnant sa politique répressive actuelle.

    L’étude montre à plusieurs reprises les difficultés pour la police de se retrouver en pointe et isolée sur ce dossier.

    L’étude montre à plusieurs reprises les difficultés pour la police de se retrouver en pointe et isolée sur ce dossier.

    Keystone
    Il faut gérer le deal de rue plutôt que s’épuiser à le combattre avec la police. En comparaison avec Berne et Zurich, une étude souligne que Lausanne devrait instaurer une vraie collaboration entre ses différents services, y compris sociaux.

    Commandée au printemps dernier par la direction de la sécurité, l’étude de 27 pages a été publiée mardi par la ville de Lausanne. Elle souligne d’emblée qu’elle n’est pas une évaluation, mais une analyse basée sur des interviews de différents responsables de Berne, Zurich et Lausanne.

    Traumatismes fondateurs
    Après les «traumatismes» des scènes ouvertes (Platzspitz, Letten, Kocherpark), les deux villes alémaniques ont mis en place des structures visant à éviter tout retour du phénomène. En partant du constat qu’il fallait réunir toutes les forces et les faire collaborer de manière efficace et structurée.

    Du coup, à Berne comme à Zurich, le deal de rue n’est plus un problème majeur. Des réunions régulières permettent aux différents services de travailler ensemble et de veiller au grain contre la résurgence d’une scène ouverte.

    Lausanne hésite
    Ce qui signifie, à la fois, une certaine tolérance vis-à-vis d’une consommation canalisée de drogue (micro-deals) et une réaction prompte contre tout dérapage, par exemple l’appropriation de l’espace public par des trafiquants, relève l’étude rédigée par Pierre Esseiva, directeur adjoint de l’Ecole des sciences criminelles (ESC), Christine Burkhart, doctorante à l’ESC et Frank Zobel, directeur adjoint d’Addiction suisse.

    Face à ces questions et aux réponses alémaniques, Lausanne semble hésiter. Il faut que la situation se dégrade vraiment, que les réactions de la population augmentent, que les médias s’y intéressent pour que des mesures urgentes soient annoncées.

    Police corvéable
    Avec comme corollaire souvent, des plans d’action revus et corrigés pour la police, corps auquel il est à l’évidence le plus facile de donner des ordres. L’étude montre pourtant à plusieurs reprises les difficultés pour la police de se retrouver en pointe et isolée sur ce dossier.

    Surtout si l’on demande tout d’un coup à des policiers qui voudraient arrêter des délinquants d’aller pacifier l’espace public. «Aller à la rencontre des habitants, préserver le calme et la sérénité (…) sont parfois ressentis comme une punition» par les agents.

    Pour un vrai partenariat
    L’étude relève «les mesures d’urgence assumées presque entièrement par la police en fonction des situations ponctuelles intolérables». Elle déplore que les efforts de la chaîne pénale «restent dans des schémas répressifs traditionnels (…) sans intégrer franchement et de manière équilibrée les autres acteurs dans une approche plus transversale».

    La coordination entre les différents acteurs «semble beaucoup plus développée à Berne et Zurich tant au niveau formel qu’informel», constate l’étude. Si l’on se montre souple et pragmatique côté alémanique, Lausanne se distingue aussi par «une certaine rigidité et une tendance top-down (de haut en bas)» et une action chacun pour soi, en silo. (nxp/ats)

    (NewsXpress)

  154. https://www.20min.ch/fr/story/le-marche-du-crack-se-developpe-dans-le-canton-856613971066
    Le marché du crack se développe dans le canton
    Publié8. février 2023, 16:26

    Après Genève, Yverdon-les-Bains fait face à un boom de la consommation de crack. Un scénario qui inquiète les autorités.

    À Genève, certaines rues du quartier des Pâquis sont le théâtre de points de deal.

    À Genève, certaines rues du quartier des Pâquis sont le théâtre de points de deal.

    LUCIEN FORTUNATI
    La «drogue du pauvre» séduit de plus en plus. Déjà solidement installé à Genève, le crack s’implante peu à peu dans le Nord vaudois. En cause, le prix modeste de ce dérivé de la cocaïne et la forte dépendance qu’il implique. Si le phénomène semble pour l’instant se cantonner à Yverdon-les-Bains, la police craint une expansion de ce dernier, relate «24 heures».

    Outre la question sanitaire, le comportement des personnes dépendantes inquiète. À Genève, la présence d’une zone de deal aux abords de l’école primaire des Pâquis a déchaîné la chronique durant plusieurs mois. De nombreux débordements liés à la consommation de crack sont également venus troubler le fragile équilibre du Quai 9, local d’injection, situé derrière la gare Cornavin.

    Les autorités vaudoises assurent veiller à ce qu’un scénario similaire ne se reproduise pas dans le canton. Si la consommation est en hausse à Yverdon-les-Bains, la situation n’est pas aussi grave qu’à Genève. La ville de Lausanne, quant à elle, semble pour l’instant épargnée, comme l’a rapporté la police municipale au quotidien vaudois.

    (sbv)

  155. https://www.20min.ch/fr/story/la-presence-policiere-n-est-pas-assuree-comme-promis-299189497204
    La présence policière n’est pas assurée comme promis
    Actualisé18. janvier 2019, 11:27

    LausanneLa présence policière n’est pas assurée comme promis
    Des agents censés occuper le terrain face au trafic sont parfois appelés ailleurs. Le deal reprend alors illico.

    Les dealers de rue adaptent rapidement et continuellement leurs habitudes afin déchapper à la police.

    Les dealers de rue adaptent rapidement et continuellement leurs habitudes afin déchapper à la police.

    Image d’archive – Philippe Maeder/24heures
    Scène surprenante samedi passé au centre-ville de Lausanne. Vers 20h20, sur la place Chauderon ainsi qu’à la rue du Maupas, les lieux sont hantés par une dizaine d’hommes d’origine subsaharienne. Sans crainte, ils abordent des passants pour leur proposer d’acheter de la drogue, tandis que la police semble briller par son absence.

    Un dispositif d’îlotiers en uniforme est pourtant censé être sur le terrain de 8h à 22h. Notamment dans ce quartier sensible, qui a l’an passé provoqué le coup de gueule du cinéaste Fernand Melgar, puis une manifestation d’habitants en colère.

    «En vigueur depuis juin 2018, l’îlotage est toujours en place, et il a même été renforcé au niveau des horaires depuis lundi passé: dès 7 h du matin jusqu’à 23 h», précise Jean-Philippe Pittet. Porte-parole de la police lausannoise, il explique qu’une présence accrue de dealers avait été constatée ce soir-là à une centaine de mètres de la place Chauderon, ce qui a conduit à une «diminution momentanée» de la présence policière dans le quartier précité.

    Ne pas relâcher la surveillance
    L’an dernier, le commandant de la police et le responsable politique de la Sécurité avaient pourtant clairement décrit le concept: un îlotier en uniforme est posté dans six lieux ciblés en ville, qu’il ne quitte pas. En cas de nécessité, il alerte ses collègues, qui interviendront, mais ne quitte pas son poste, afin de ne pas relâcher la surveillance ni la pression. Jean-Philippe Pittet affirme que cela perdure et que les effectifs ont été un peu étoffés pour faire face aux besoins.

    «Les dealers de rue adaptent rapidement et continuellement leurs habitudes afin d’échapper à la police, ce qui fait qu’ils peuvent encore être actifs dans certains endroits, à certains moments, mais à un degré nettement moindre qu’auparavant», souligne encore le porte-parole.

    «Définir des objectifs réalistes»

    A la fois policier et élu libéral-­conser­vateur au Parlement lausannois, Nicola Di Giulio dénonce les sous-effectifs au sein des forces de l’ordre: «Je regrette que la charge de travail des policiers ne soit pas mieux prise en compte alors même que l’extension des horaires contre le deal de rue est effective.» Si le dispositif répond aux attentes de la population, il estime fondamental de définir des objectifs réalistes sur le long terme avec une stratégie qui tienne compte des moyens humains et de toutes les missions.

  156. https://www.20min.ch/fr/story/deal-de-rue-lausanne-vevey-et-yverdon-appellent-le-canton-a-la-rescousse-103192472
    Drogue: Lausanne, Vevey et Yverdon appellent le Canton à l’aide
    Publié27. septembre 2024, 11:10

    Deal de rueLausanne, Vevey et Yverdon appellent le Canton à la rescousse
    Les trois Villes peinent de plus en plus à lutter contre le deal de rue. Elles réclament que le Canton s’investisse davantage.

    Le deal de rue se concentre souvent autour des gares, ici à Yverdon-les-Bains (VD).

    Le deal de rue se concentre souvent autour des gares, ici à Yverdon-les-Bains (VD).

    20min/Gabriel Nista
    Les Villes de Lausanne, Vevey et Yverdon-les-Bains sont dépassées par le phénomène du deal de rue et de la consommation de drogue dans l’espace public. Elles l’ont avoué elles-mêmes, qualifiant la situation «à bien des égards hors de contrôle», dans une lettre adressée, jeudi, au Conseil d’État. À travers celle-ci, les syndics déplorent notamment que «le deal de produits stupéfiants n’est manifestement plus une priorité des différents acteurs et actrices de la chaîne pénale». Ils réclament donc la tenue d’assises de la chaîne pénale – en quelque sorte des tables rondes impliquant différents acteurs impliqués.

    Des assises de la santé publique sont également demandées, car «les possibilités de prise en charge médicale des personnes toxicodépendantes, qui présentent souvent des pathologies plus larges, mériteraient d’être améliorées.» Ce, d’autant que les structures d’accueil actuelles sont surchargées dans les trois villes, selon les syndics. Le Conseil d’État est prié d’agir rapidement.

  157. https://www.bluewin.ch/fr/infos/faits-divers/france-un-commissariat-attaqu-apr-s-une-op-ration-anti-drogue-2400184.html
    Un commissariat attaqué après une opération anti-drogue
    Des véhicules de police garés devant un commissariat de police du sud de la France ont été incendiés dans la nuit de mardi à mercredi à Cavaillon, probablement en représailles après une opération anti-drogue, entraînant l’envoi de renforts.

    Selon les autorités policières, l’incendie des véhicule relève probablement de «représailles vis-à-vis de l’action de la police» contre le trafic de drogue dans cette ville.
    Selon les autorités policières, l’incendie des véhicule relève probablement de «représailles vis-à-vis de l’action de la police» contre le trafic de drogue dans cette ville.
    AFP

    Peu avant 05h00 du matin, quatre voitures de police ont été incendiées.

    «Aucun blessé n’est à déplorer malgré de légères dégradations sur les façades», a indiqué la procureure de la République d’Avignon, Florence Galtier, lors d’une conférence de presse sur place dans l’après-midi.

    Les trois policiers présents ont été «terrorisés», selon l’adjoint départemental du syndicat de police Alliance, Grégory Lorient.

    Cette «attaque» apparaît comme «une nouvelle illustration de la dérive à laquelle notre pays est confronté», a estimé de son côté le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.

    Mais «l’Etat ne se laissera pas intimider et nous allons intensifier notre lutte contre le narcobanditisme», a-t-il promis dans un communiqué, en annonçant la venue sur place jeudi de Nicolas Daragon, ministre délégué chargé de la Sécurité du quotidien.

    Du renfort
    Une quarantaine de policiers, appartenant à une compagnie républicaine de sécurité basée à Marseille, sont arrivés à Cavaillon dans la soirée et une unité supplémentaire doit arriver jeudi, selon le préfet.

    Déployables 24 heures sur 24, les membres de la CRS 81 sont chargés de soutenir les forces locales dans les situations d’urgence, violences urbaines, manifestations qui dégénèrent ou pour sécuriser des grands événements. Ils peuvent aussi apporter leur concours aux opérations visant le trafic de drogue.

    Mercredi soir, les véhicules incendiés avaient été retirés et cette petite commune provençale de 25’000 habitants connue pour son melon était calme, selon des journalistes de l’AFP.

    Selon les autorités policières, l’incendie des véhicule relève probablement de «représailles vis-à-vis de l’action de la police» contre le trafic de drogue dans cette ville.

    Dans le cadre de cette opération, 25 personnes ont été mises en garde à vue ces dernières semaines, «20’000 euros saisis, 15 kilos de cannabis, 6 kilos de cocaïne, une dizaine d’armes, armes longues, armes de poing également saisies», selon le directeur interdépartemental de la police nationale Emmanuel Desjars de Keranrouë.

    Dans le Sud-Est, Marseille, ville portuaire, est historiquement une zone de trafics, notamment de drogues.

    Mais ces dernières années, des villes de taille moyenne ont connu une hausse du trafic de stupéfiants et des violences qui vont avec, notamment le long de la vallée du Rhône.

    ATS

  158. https://www.watson.ch/fr/international/marseille/987048302-philippe-pujol-a-marseille-les-gamins-sont-de-la-chair-a-canon
    «A Marseille, les gamins sont la chair à canon des dealers»
    Philippe Pujol à Bassens, Marseille le 1er juillet 2022.
    © Yohanne Lamoulère/Tendance Floue

    Philippe Pujol.image: yohanne lamoulère

    Le journaliste et romancier Philippe Pujol vit à Marseille. Ce grand connaisseur de la criminalité liée à la drogue revient pour watson sur le double drame, particulièrement atroce, qui a ensanglanté la cité phocéenne la semaine dernière, faisant apparaître le très jeune âge des protagonistes.

    Un jeune de 15 ans poignardé et brûlé vif. Un autre, de 14 ans, transformé en tueur à gages. Cela s’est passé la semaine dernière à Marseille, une ville en proie aux règlements de compte sur fond de trafics de drogue. Le journaliste et romancier marseillais Philippe Pujol, prix Albert-Londres, qui vient de sortir un nouveau polar, Cramés, les enfants du monstre (éditions Julliard), en totale résonnance avec le thème de la présente interview, décrit un monde d’horreurs et donne ses pistes pour essayer d’en sortir.

    Pouvez-vous résumer la séquence dramatique qui a ensanglanté Marseille la semaine dernière?
    Philippe Pujol: Un dealer de 23 ans, Hacene L., est en prison. Depuis sa cellule, il veut mettre une pression sur un réseau ennemi, appelé les Blacks. Pour ce faire, il essaie de recruter via les réseaux sociaux. Il trouve un premier gars de 15 ans, mentalement fragile. Il lui promet un somme de 2000 euros. Résultat, ce gamin est sauvagement assassiné par le réseau ennemi en question. Il est d’abord lardé de coups de couteau, la torture assez classique des quartiers populaires, avant d’être brûlé vif.

    «C’est une réponse qui veut dire: envoyez-nous qui vous voulez, on lui fera ça»

    Qu’est-ce qui se passe ensuite?
    Sur ce, Hacene L., toujours de sa prison, embauche un autre gamin, de 14 ans cette fois, avec encore plus de troubles cognitifs que le premier. Son contrat, assorti d’une prime de 50 000 euros, est de tuer un ennemi. Il monte dans un Uber pour se rendre à la cité Félix-Pyat, le lieu de l’exécution du contrat, situé dans les quartiers nord. Arrivé sur place, le chauffeur Uber, un père de famille de 37 ans qui n’a rien à voir avec tout ça, refuse semble-t-il quelque chose au jeune – quoi? On ne le sait pas.

    «Le jeune tire alors dans la nuque du chauffeur et le tue»

    Le commanditaire du contrat va alors appeler la police de sa prison pour la prévenir de l’action de son tueur, qui dépasse totalement ses plans. Le tueur est localisé et arrêté par la police. Il dira que le coup de feu mortel est parti accidentellement. Les obsèques du chauffeur assassiné ont eu lieu mercredi 8 octobre à Marseille.

    Le phénomène des tueurs à gages, avec l’exemple de cet ado 14 ans qui a tué un chauffeur Uber, est-il quelque chose de récent, à Marseille?
    C’est clairement un phénomène récent. Il y a la volonté d’aller chercher des très jeunes pour remplir les basses besognes. Le tueur à gages, c’est le cas extrême. La plupart du temps, les adolescents embarqués dans la criminalité marseillaise, le sont pour des faits d’enlèvement, de séquestration, de torture, tout ce qui participe des énormes coups de pression mis à l’adversaire. Il est rare de tomber sur des gamins capables de passer à l’acte pour tuer.

    Comment tout cela s’organise-t-il?
    Il y a les dealers. Ils contrôlent le deal de drogue. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils ne sont pas très nombreux à Marseille, environ une cinquantaine.

    «Ces dealers exploitent les vulnérabilités des jeunes qu’ils peuvent trouver. La plus grande vulnérabilité, celle qu’ils vont rechercher, c’est la vulnérabilité psychiatrique ou psychologique»

    On parle de gamins qui ont des traumatismes liés à leur vie dans la délinquance, par exemple. Les dealers vont vouloir valoriser leurs capacités à être violents en leur donnant de la cocaïne, en les récompensant à chaque action faite. L’avantage de faire appel à des ados, c’est qu’on ne les paie pas longtemps, puisqu’ils vont se faire choper. Autre avantage, on n’embauche pas des tueurs confirmés qui risquent de devenir des concurrents. On embauche des gens d’une grande naïveté, d’une naïveté diabolique.

    Hacene L., le prisonnier à l’origine des deux drames de la semaine dernière, se dit d’un réseau?

    «Lui se dit de la DZ Mafia, mais la DZ Mafia dément»

    Qu’est-ce que la DZ Mafia? Quand est-elle apparue?
    Elle est apparue au moment du confinement, vers 2020. Elle existait avant, mais sous d’autres noms. Ceux de la DZ Mafia venaient au début de deux quartiers Nord voisins, Bassens et La Paternelle. Leurs adversaires, eux, s’appelaient le Maga, également le nom d’une cité, avant de s’appeler le Yoda. Bassens et La Paternelle ont trouvé bonne l’idée d’avoir un nom qui sonne comme une marque. Ils ont choisi de se nommer la DZ Mafia, DZ pour Djazair, qui veut dire Algérie.

    C’est une mafia?
    Non, loin de là. La DZ Mafia, c’est un groupe de gangsters. Alors que la mafia, c’est une organisation qui a une influence forte en politique et en économie, ce qui n’est pas le cas de la DZ. Sauf que la DZ Mafia, ça renvoie à quelque chose de puissant. C’est important, pour un groupe, de montrer sa puissance réelle et symbolique face au milieu du deal, où la concurrence est féroce.

    D’où viennent les armes?
    Des réseaux de trafiquants, pays de l’Est, pays en guerre. Beaucoup d’armes sont récupérées et bricolées.

    Récemment est apparu le terme de «narchomicide», pour désigner les meurtres dans le «narcobanditisme». Vous en pensez quoi?
    Pour moi, parler de narchomicide ou de narcobanditisme, et de tout ce qui en découle, c’est une manière de laisser penser que la problématique du trafic de stupéfiants serait extérieure à notre société et à nos institutions. Ça induit l’idée que le banditisme viendrait de l’extérieur poser son mal.

    Pour vous, c’est l’inverse?

    «Oui. Je dis que ce sont les maux de notre société, que ce sont les vulnérabilités de la plupart des gens, dans ces quartiers populaires, qui permettent à des petits groupes de banditisme de devenir des groupes plus ou moins structurés»

    Ce n’est pas du narcobanditisme, mais, à la base, un banditisme territorial, de quartier. Les dealers de Marseille, même s’ils ont de l’argent, n’ont pas les sommes des narcotrafiquants.

    Dealers, narcotrafiquants, c’est quoi, la différence?
    Les vrais narcotrafiquants ne se trouvent pas en France. Ils sont extrêmement puissants. Ils ont des capacités de corruption et de blanchiment d’argent.

    «Nos bandits marseillais sont des semi-grossistes. Ils sont puissants pour Marseille, développent des franchises, c’est-à-dire leur présence, ailleurs en France, notamment en région parisienne, mais ils n’ont pénétré ni le monde politique, ni la police, ni la justice»

    Ce n’est pas une mafia, il n’y a pas de corruption majeure. Même le monde économique légal, ils ne l’ont pas vraiment investi. Ils ont des boîtes de sécurité, pas beaucoup plus. Je ne dis pas qu’une transformation en mafia est impossible, mais on n’y est pas.

    Quelles sont vos solutions?

    «Je pense qu’il faut prendre soin des gens vulnérables, qui sont la chair à canon de ces bandits. Ils vont devenir leurs esclaves et pour certains les bourreaux»

    Ils vont être aussi des consommateurs, tant ils sont dans un état de désarroi. La drogue leur permet de donner le meilleur d’eux-mêmes, si l’on peut dire. On n’est pas ici dans la drogue récréative, on est dans l’addiction. A Marseille, la drogue n’est pas une chose récréative.

    C’est-à-dire?
    La bourgeoisie n’est pas suffisamment présente. Il n’y a pas de bobos, à Marseille. Le monde branché de la nuit, du cinéma, du spectacle, du journalisme, c’est très peu de gens. Les réseaux des dealers reposent sur les addictions des gens qui, encore une fois, sont dans un profond désarroi. Pour répondre à cela, il faut un travail social, politique, économique, en plus du travail de la police, d’où l’urgence de réintroduire une police de proximité – je n’ai pas dit laxiste. Mais ça prendra du temps.

    Comment prendre soin des personnes vulnérables?
    Il faudrait mettre des moyens considérables sur la santé mentale dans les quartiers. Aujourd’hui, on fait l’inverse, on supprime ces moyens-là. Les deux gamins employés par le prisonnier Hacene L., l’un ayant été tué, l’autre ayant tué, sont passés par toutes les étapes de l’aide sociale à l’enfance, où on avait détecté leurs problèmes mentaux, qui n’avaient pas été traités.

    «C’est un laxisme que de permettre aux vulnérabilités d’apparaître et de les laisser à la merci des dealers»

    Le dernier polar de Philippe Pujol
    2024, 224 pages.

    2024, 224 pages.

    L’actu’ internationale, jour et nuit, c’est par ici:

  159. https://www.rts.ch/archives/tv/information/temps-present/3441974-une-suisse-propre.html

    15 juin 1989

    Temps présent

    Ce reportage de Temps présent intitulé «Affaire Kopp : scandale au paradis» provoqua de nombreuses réactions lors de sa diffusion, en juin 1989, dont plusieurs plaintes.

    Effectivement, cette enquête d’investigation dresse un tableau peu reluisant de la politique suisse en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et la grande criminalité.

    Ce document a été diffusé à l’antenne sous le titre original : Affaire Kopp, scandale au paradis

    Réalisateur Simone Mohr

  160. https://www.rts.ch/info/regions/fribourg/2024/article/quand-les-paccots-faisaient-office-de-plaque-tournante-du-trafic-international-d-heroine-28553652.html
    Quand Les Paccots faisaient office de plaque tournante du trafic international d’héroïne
    Les habitants des Paccots n’en sont toujours pas revenus: dans les années 80, une bande criminelle se livrait au commerce international d’héroïne depuis un chalet du village, transformé en laboratoire clandestin. Avec son démantèlement en 1985, la Suisse prend conscience qu’elle n’est pas épargnée par le narcotrafic.

    Le 11 novembre 1985 dans la soirée, la police fribourgeoise prend d’assaut un chalet dans le paisible village des Paccots. Baptisé “L’Armailli”, ce bâtiment aux allures des plus banales dissimule un laboratoire clandestin de transformation de morphine-base provenant du Liban en héroïne destinée au marché américain.

    Les agents découvrent 10 kilos de drogue presque pure. Pour les stups suisses, c’est alors une prise record. Dans l’ensemble, quelque 300 kilos de stupéfiants sont sortis de cette fabrique. Deux jours plus tard, le téléjournal de la TSR loue un “beau coup de filet réalisé avec les polices française et américaine”. L’opération “permet de démanteler l’énorme filière d’héroïne du clan Benevento aux Etats-Unis”.

    Des trafiquants à la carrure internationale
    En plus de cette saisie historique, les forces de l’ordre ont interpellé six trafiquants à travers la Suisse. Parmi eux se trouvent quatre figures du grand banditisme français, membres pour certains de la French Connection, un réseau de trafic d’héroïne entre les Etats-Unis et la France.

    “Aucun policier présent ne s’attendait à arrêter des gens de ce calibre”, raconte dans l’émission Couleurs Locales Michel Genoud, ancien inspecteur de la brigade fribourgeoise des stupéfiants et cheville ouvrière de l’enquête.

    >> Ecouter le traitement de l’affaire dans le Journal du soir de l’époque :
    Démantèlement d’un laboratoire clandestin d’héroïne aux Paccots en novembre 1985. [RTS]RTS

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    RTS

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    Un laboratoire d’héroïne aux Paccots! / Journal du soir / 20 min. / le 13 novembre 1985
    Ces truands sont Philippe Wiesgrill, chimiste à la réputation mondiale, Charles Altiéri, un homme de main qui a gravi les échelons du crime organisé marseillais, et Jean Guy, un caïd de Nîmes. Mais c’est un quatrième homme qui va retenir l’attention: François Scapula.

    “Il a une personnalité indépendante et est lié au milieu marseillais de la French Connection pour faire des sous. Mais apparemment, ce n’est pas du tout un homme de bande”, décrit le journaliste indépendant Jean-Brice Willemin.

    >> A lire également sur le sujet : De l’héroïne aux Paccots

    Un informateur de la police
    Dans cette affaire, il tient le rôle du cerveau, mais aussi de balance. On le présente comme celui qui a vendu son compère, Charles Altiéri, pour l’assassinat du juge d’instruction Pierre Michel, magistrat anti-mafia tué à Marseille quelques années plus tôt.

    François Scapula livre aussi des informations sur le clan américain des Benevento. “Il a considéré que c’était peut-être utile de se mettre dans un statut de repenti”, explique Jean-Brice Willemin. Charles Altiéri, de son côté, avoue sa participation au meurtre du juge Michel lors de l’enquête fribourgeoise, avant de se rétracter.

    Le 11 novembre, les forces de l’ordre interpellent également deux Fribourgeois de moindre stature: Oscar H., le coursier, et Marcel Z., alors sexagénaire, qui a organisé l’implantation dans le village des Préalpes. La bande avait choisi de s’installer aux Paccots pour la tranquillité qui y règne.

    Un procès sous haute surveillance
    Le procès – hors norme – s’ouvre le 20 octobre 1987. Le tribunal criminel s’est installé pour l’occasion dans la caserne militaire de la Poya à Fribourg, protégée par un important dispositif de sécurité. Les autorités redoutent des représailles du crime organisé.

    François Scapula, Philippe Wiesgrill et Charles Altiéri sont condamnés à 20 ans de prison et les autres écopent d’une peine plus légère. Les membres de la “Dzodzet Connection” feront encore parler d’eux pour plusieurs évasions.

    >> Les images du verdict du retentissant procès de la bande des Paccots :
    Verdict des accusés de l’affaire des Paccots

    Verdict du procès de l’affaire des Paccots / Télé Journal / 2 min. / le 27 octobre 1987
    Zone d’ombre
    La plus retentissante de ces évasions, d’abord tenue secrète, est rendue publique en 2001, un an après les faits. Le quotidien La Liberté rapporte l’évasion de François Scapula, qui craignait une extradition vers la France. L’homme, qui avait fourni des tuyaux aux polices des deux côtés de l’Atlantique, avait peur d’être reconnu – et liquidé – par le milieu.

    De la bande des Paccots, seul celui qu’on surnomme désormais “Scapu la Balance” reste aujourd’hui introuvable. A-t-il été, en réalité, extradé vers les Etats-Unis pour y vivre sous protection en raison de sa collaboration avec la justice? Vit-il plutôt en cavale? Ou est-il mort? Le mystère reste entier.

    Sujet TV: Hannah Schlaepfer

    Adaptation web: Antoine Michel

  161. https://www.rts.ch/archives/tv/information/3441273-scandale-au-dfjp.html

    26 janvier 1989

    Temps présent

    En pleine tempête politique provoquée par l’affaire Kopp, la TSR organise une émission spéciale dans le cadre de Temps Présent. Sont réunis sur le plateau des hommes politiques, des juristes et des journalistes.

    Les faits sont graves: la conseillère fédérale Elisabeth Kopp, cheffe du Département de Justice et police, a informé par téléphone son mari qu’une enquête dans une affaire de blanchiment était en cours sur l’une des sociétés dans laquelle il siégeait.

    Cette affaire entraîne la constitution d’une commission d’enquête parlementaire dont le travail mettra en lumière d’autres aspects cachés du fonctionnement du DFJP et du Ministère public de la Confédération. Ils sont accusés de ne pas mener une politique résolue face à la criminalité financière et au blanchiment d’argent.

    Ce document a été diffusé à l’antenne sous le titre original : Affaire Kopp, tempête sur Berne

  162. Pizza Connection

    13 décembre 1985

    Tell Quel

    Quels liens existent entre la morphine iranienne, le chef de la mafia turque, les mafias siciliennes et américaines et les toxicomanes des rues des grandes villes des Etats-Unis ?

    Réponse: quelques financiers qui utilisent la législation suisse pour faire tourner la boucle infernale de l’achat de la drogue, de la vente puis du blanchiment de l’argent sale.

    Enquête en forme de film policier signée Ersan Arsever et Henri Hartig.

    Journaliste Henri Hartig
    Réalisateur Ersan Arsever

    https://www.rts.ch/archives/tv/information/tell-quel/3446677-pizza-connection.html

  163. L’argent sale

    7 décembre 1988

    Echo

    L’émission économique de la TSR Echo fait le point en 1988 sur le blanchiment d’argent sale dans la place financière suisse.

    Les journalistes Dominique von Burg, Daniel Monnat et Marc Schindler démontrent par l’exemple les failles dans la législation helvétique et les facilités accordées par les banques et les fiduciaires pour les transactions financières douteuses.

    Sur le plateau, les arguments sont débattus notamment par le procureur Dick Marty et Jean-Paul Chappuis, directeur de l’Association suisse des banquiers.

    Réalisateur Michel Heiniger

    https://www.rts.ch/archives/tv/information/echo/3446650-largent-sale.html

  164. Bonnant et Bertossa

    26 novembre 1995

    Table ouverte

    Le 26 novembre 1995 se déroule sur le plateau de Table ouverte une passe d’armes entre l’avocat Marc Bonnant et le juge Bernard Bertossa, arbitré par Claude Torracinta. Ethique contre défense de la sphère privée, ce sont bien là les fondements de la place financière suisse qui sont touchés.

    Le secret bancaire est-il indispensable à la santé financière suisse ou constitue-il en réalité un coût économique et moral trop élevé? Doit-on s’identifier à cet article de loi qui interdit de transmettre les noms des clients de banque dans certaines conditions ou interdire ses pratiques, qui protègent trop souvent de l’argent échappant aux Etats? Les avis sur la plateau sont tranchés.

    Journaliste Claude Torracinta

    https://www.rts.ch/archives/tv/information/table-ouverte/3446657-bonnant-et-bertossa.html

  165. Fiches story

    15 novembre 1990

    Temps présent

    Temps Présent revient sur l’affaire des fiches en mettant face-à-face des citoyens fichés et des policiers ficheurs. C’est toute la question de la confiance dans les institutions qui est posée. Où commence en effet l’investigation préventive de la police et où débute le respect de la liberté de conscience et d’expression.

    Ce document a été diffusé à l’antenne sous le titre original : Fiches story

    Journaliste Henri Hartig
    Réalisateur Ersan Arsever

    https://www.rts.ch/archives/tv/information/3471749-fiches-story.html

  166. https://www.payot.ch/Detail/stupefiants_prix_profits-marie_christine_dupuis-9782130481409

    Stupéfiants, prix, profits
    L’économie politique du marché des stupéfiants industriels

    On parle beaucoup des stupéfiants aujourd’hui : faut-il continuer à les interdire ? Autoriser leur consommation ? Y a-t-il des drogues “douces” par opposition à d’autres, elles, “dures” ? Mais au-delà des discours, peu de faits réels, vérifiés, recoupés, étaient jusqu’alors disponibles pour qui veut vraiment étudier ou réfléchir sur la base de connaissances solides. S’agissant des stupéfiants “industriels”, cocaïne et héroïne, dont la production relève de la chimie lourde, les vraies questions sont en réalités les suivantes : les estimations officielles, américaines ou émanant de l’ONU, sont-elles fiables ? Sinon, combien produit-on vraiment de ces narcotiques ? Comment s’opère la formation de leurs prix, des jungles les plus reculées aux métropoles du monde développé ? Quel rôle le “capital criminel” joue-t-il dans la production et le négoce de ces stupéfiants ? Pour quels taux de profit ?

  167. https://www.payot.ch/Detail/finance_criminelle-marie_christine_dupuis-9782130494560

    FINANCE CRIMINELLE.
    Comment le crime organisé blanchit l’argent sale

    Au prix de détail, il s’est vendu en 1996 aux Etats-Unis pour 30 milliards de dollars de cocaïne, 18 milliards d’héroïne. En billets de 5, 10 et 20 dollars, ces 48 milliards pèsent au total 6200 tonnes. Les trafiquants doivent donc absolument transformer leur cash en argent électronique : un million de dollars dans une banque, c’est une ligne de crédit qui ne pèse rien et peut s’investir dans l’économie honnête. Ainsi, le blanchiment prend désormais l’allure d’une ” lessiveuse mondiale ” pour argent sale : est-ce d’ailleurs un hasard si de retentissants krachs financiers ont récemment éprouvé le Mexique et la Thaïlande, pays où la narco-économie pèse très lourd ? Pour la première fois, un praticien de la finance internationale explique les techniques employées par les ” blanchisseurs ” professionnels d’argent criminel les risques qu’ils prennent, les arbitrages qu’ils opèrent, les circuits qu’ils empruntent, les outils financiers et juridiques qu’ils privilégient. Curiosité intellectuelle, nécessité de lutter contre la finance criminelle ceux qui s’intéressent à la mécanique du blanchiment ont à leur disposition ce ” guide de la planète blanchiment “, outil de travail permettant de comprendre comment s’infiltre, comment corrompt, comment se recycle l’argent du crime.

  168. https://www.payot.ch/Detail/finance_criminelle-marie_christine_dupuis_danon-9782130545897

    Finance criminelle
    Comment le crime organisé blanchit l’argent sale

    Cette collection s’intéresse à toutes les formes actuelles de criminalité ; au-delà, aux menaces nouvelles dans le domaine criminel. Enrichi de tableaux, graphiques et annexes de référence ; remis à jour lors de chaque réédition, chacun de ses volumes ambitionne d’être pour l’utilisateur un outil de travail. Criminalité Internationale choisit ses auteurs parmi les meilleurs experts en activité fonctionnaires spécialisés, journalistes, magistrats, universitaires, etc. Comment font les mafieux et autres trafiquants pour ” blanchir ” l’argent de leurs crimes ? Entièrement revue et augmentée, cette nouvelle édition de Finance Criminelle dévoile et explique les techniques les plus récentes utilisées par les ” blanchisseurs ” professionnels, les risques qu’ils prennent, les arbitrages qu’ils opèrent, les circuits financiers et juridiques qu’ils privilégient. Le lecteur pénètre ainsi les arcanes de ces étonnantes ” lessiveuses ” internationales qui réinjectent dans l’économie légale l’argent des grands et petits trafics. L’enjeu est d’importance : aujourd’hui, le blanchiment représente une part importante des flux financiers mondiaux et permet aux criminels d’asseoir leur puissance dans l’ensemble des secteurs productifs. Parfaitement documenté, Finance Criminelle s’adresse à tous ceux qui, par besoin professionnel ou par intérêt, veulent connaître cette face noire de la mondialisation. Il se lit comme un thriller moderne, dans un domaine où la réalité dépasse depuis longtemps la fiction.

  169. https://www.payot.ch/Detail/pratique_de_la_lutte_antiblanchiment-herve_landau-9782863254387

    Pratique de la lutte antiblanchiment
    De l’approche normative à la gestion du risque

    Les banques et les institutions financières sont en première ligne dans la lutte contre l’argent criminel et les infrastructures financières du terrorisme international. Cet ouvrage se propose de leur apporter des outils opérationnels afin de les assister dans leur pratique quotidienne de la lutte antiblanchiment. Plutôt qu’une analyse théorique ou des témoignages d’investigation, les auteurs ont choisi de privilégier une approche novatrice et très concrète, axée sur le décryptage des comportements économiques des blanchisseurs. Ce guide méthodologique de la nouvelle lutte antiblanchiment intègre également les dernières avancées résultant de la troisième Directive européenne. Il intéressera donc tout autant banquiers, comptables et financiers d’entreprise qu’étudiants et chercheurs en économie, en gestion, en droit ou en relations internationales. Grâce à l’explication de la nouvelle approche de gestion du ” risque blanchiment ” que propose la troisième directive européenne actuellement à l’étude, ce livre permettra à l’ensemble des acteurs impliqués dans la banque et la finance, de pratiquer leurs métiers en intégrant sereinement les bonnes pratiques d’une lutte antiblanchiment devenue naturelle et évolutive. S’il n’est pas un manuel, cet ouvrage se veut être un guide méthodologique de la nouvelle lutte antiblanchiment.

  170. https://www.24heures.ch/ccpayernedealrue-903515032702
    Trafic de drogue: Payerne veut agir en amont sur le deal de rue
    Trafic de droguePayerne veut agir en amont sur le deal de rue
    Alors que plusieurs villes appellent à l’aide, la cité broyarde prend des mesures préventives depuis des mois.

    Sébastien Galliker

    Publié: 11.10.2024, 00h15

    La Police Nord vaudois en action contre le deal de rue à la gare d’Yverdon (photo d’archives).

    La Police Nord vaudois en action contre le deal de rue à la gare d’Yverdon (photo d’archives).

    JEAN-PAUL GUINNARD

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    «La situation n’est pas alarmante, mais on se doit d’éviter que cela ne le devienne, alors que la répression s’intensifie notamment à Yverdon. L’engagement d’un travailleur social de proximité permettrait davantage de présence la nuit et le week-end». Municipal en charge de la population, Edouard Noverraz résume ainsi les diverses mesures que Payerne met en place contre le trafic de drogue en plein air. Les environs de la gare, mais aussi les écoles sont particulièrement surveillés.

    Alors que les villes de Lausanne, Vevey et Yverdon ont récemment lancé un appel à l’aide au canton face à la prolifération du deal, les séances de sécurité s’accentuent dans le chef-lieu broyard. «Une campagne publicitaire de sensibilisation doit débuter en novembre», a aussi présenté l’édile, jeudi, au Conseil communal, en réponse à une question d’Anaïs Bidiville (PSIP). La crainte est notamment que les opérations «coup de poing» menées dans le chef-lieu du Nord vaudois n’entraînent un déplacement des trafiquants.

    Sébastien Galliker est journaliste à la rubrique vaudoise depuis 2017. Au bureau de Payerne, il couvre l’actualité de la Broye vaudoise et fribourgeoise. Journaliste depuis 2000, il a travaillé à La Broye Hebdo, aux sports et en région.Plus d’infos

    @sebgalliker
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  171. Expulsée Par Des Dealers, Une Mère Désespérée À Marseille !

    15 oct. 2024
    Dans un quartier de Marseille en proie à la violence, Cécilia, une mère isolée d’une petite fille de 5 ans, vit un cauchemar. Délogée de son propre appartement par des dealers qui squattent régulièrement les lieux, elle a été violemment agressée, laissant des séquelles physiques et psychologiques. Malgré cela, elle continue de payer 300 euros par mois pour un logement qu’elle ne peut plus occuper. Face à l’impuissance des autorités, son histoire reflète une réalité inquiétante dans de nombreux quartiers français.

    https://www.youtube.com/watch?v=JHSX6c-__gE

  172. Trafic de drogue : le phénomène des adolescents tueurs

    12 oct. 2024
    Arrêt sur Info revient aujourd’hui sur le phénomène des “baby killers”, notamment à Marseille où des adolescents deviennent de véritables tueurs à gages.

    Nos invités pour en parler :
    Jean-Michel Descugis, grand reporter au Parisien, co-auteur de “Tueurs à gages” (Flammarion)
    Anne Senequier, psychiatre et co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Iris
    Joachim Barbier, reporter au magazine Society
    Emilie Zapalski, communicante politique

    https://www.youtube.com/watch?v=cN7CEwvRGro

  173. https://www.payot.ch/Detail/stupefiants_prix_profits-marie_christine_dupuis-9782130481409

    On parle beaucoup des stupéfiants aujourd’hui : faut-il continuer à les interdire ? Autoriser leur consommation ? Y a-t-il des drogues “douces” par opposition à d’autres, elles, “dures” ? Mais au-delà des discours, peu de faits réels, vérifiés, recoupés, étaient jusqu’alors disponibles pour qui veut vraiment étudier ou réfléchir sur la base de connaissances solides. S’agissant des stupéfiants “industriels”, cocaïne et héroïne, dont la production relève de la chimie lourde, les vraies questions sont en réalités les suivantes : les estimations officielles, américaines ou émanant de l’ONU, sont-elles fiables ? Sinon, combien produit-on vraiment de ces narcotiques ? Comment s’opère la formation de leurs prix, des jungles les plus reculées aux métropoles du monde développé ? Quel rôle le “capital criminel” joue-t-il dans la production et le négoce de ces stupéfiants ? Pour quels taux de profit ?

  174. https://www.payot.ch/Detail/finance_criminelle-marie_christine_dupuis-9782130494560

    Au prix de détail, il s’est vendu en 1996 aux Etats-Unis pour 30 milliards de dollars de cocaïne, 18 milliards d’héroïne. En billets de 5, 10 et 20 dollars, ces 48 milliards pèsent au total 6200 tonnes. Les trafiquants doivent donc absolument transformer leur cash en argent électronique : un million de dollars dans une banque, c’est une ligne de crédit qui ne pèse rien et peut s’investir dans l’économie honnête. Ainsi, le blanchiment prend désormais l’allure d’une ” lessiveuse mondiale ” pour argent sale : est-ce d’ailleurs un hasard si de retentissants krachs financiers ont récemment éprouvé le Mexique et la Thaïlande, pays où la narco-économie pèse très lourd ? Pour la première fois, un praticien de la finance internationale explique les techniques employées par les ” blanchisseurs ” professionnels d’argent criminel les risques qu’ils prennent, les arbitrages qu’ils opèrent, les circuits qu’ils empruntent, les outils financiers et juridiques qu’ils privilégient. Curiosité intellectuelle, nécessité de lutter contre la finance criminelle ceux qui s’intéressent à la mécanique du blanchiment ont à leur disposition ce ” guide de la planète blanchiment “, outil de travail permettant de comprendre comment s’infiltre, comment corrompt, comment se recycle l’argent du crime.

  175. https://www.payot.ch/Detail/finance_criminelle-marie_christine_dupuis_danon-9782130545897

    Cette collection s’intéresse à toutes les formes actuelles de criminalité ; au-delà, aux menaces nouvelles dans le domaine criminel. Enrichi de tableaux, graphiques et annexes de référence ; remis à jour lors de chaque réédition, chacun de ses volumes ambitionne d’être pour l’utilisateur un outil de travail. Criminalité Internationale choisit ses auteurs parmi les meilleurs experts en activité fonctionnaires spécialisés, journalistes, magistrats, universitaires, etc. Comment font les mafieux et autres trafiquants pour ” blanchir ” l’argent de leurs crimes ? Entièrement revue et augmentée, cette nouvelle édition de Finance Criminelle dévoile et explique les techniques les plus récentes utilisées par les ” blanchisseurs ” professionnels, les risques qu’ils prennent, les arbitrages qu’ils opèrent, les circuits financiers et juridiques qu’ils privilégient. Le lecteur pénètre ainsi les arcanes de ces étonnantes ” lessiveuses ” internationales qui réinjectent dans l’économie légale l’argent des grands et petits trafics. L’enjeu est d’importance : aujourd’hui, le blanchiment représente une part importante des flux financiers mondiaux et permet aux criminels d’asseoir leur puissance dans l’ensemble des secteurs productifs. Parfaitement documenté, Finance Criminelle s’adresse à tous ceux qui, par besoin professionnel ou par intérêt, veulent connaître cette face noire de la mondialisation. Il se lit comme un thriller moderne, dans un domaine où la réalité dépasse depuis longtemps la fiction.

  176. https://www.payot.ch/Detail/pratique_de_la_lutte_antiblanchiment-herve_landau-9782863254387

    Les banques et les institutions financières sont en première ligne dans la lutte contre l’argent criminel et les infrastructures financières du terrorisme international. Cet ouvrage se propose de leur apporter des outils opérationnels afin de les assister dans leur pratique quotidienne de la lutte antiblanchiment. Plutôt qu’une analyse théorique ou des témoignages d’investigation, les auteurs ont choisi de privilégier une approche novatrice et très concrète, axée sur le décryptage des comportements économiques des blanchisseurs. Ce guide méthodologique de la nouvelle lutte antiblanchiment intègre également les dernières avancées résultant de la troisième Directive européenne. Il intéressera donc tout autant banquiers, comptables et financiers d’entreprise qu’étudiants et chercheurs en économie, en gestion, en droit ou en relations internationales. Grâce à l’explication de la nouvelle approche de gestion du ” risque blanchiment ” que propose la troisième directive européenne actuellement à l’étude, ce livre permettra à l’ensemble des acteurs impliqués dans la banque et la finance, de pratiquer leurs métiers en intégrant sereinement les bonnes pratiques d’une lutte antiblanchiment devenue naturelle et évolutive. S’il n’est pas un manuel, cet ouvrage se veut être un guide méthodologique de la nouvelle lutte antiblanchiment.

  177. https://www.payot.ch/Detail/la_diffusion_du_wokisme_en_suisse-follonier_jonas__massin_olivier-9782832113301

    Réécriture de livres qui ne correspondent plus aux standards moraux de l’époque, discrimination des Blancs au profit des Noirs… Il n’est pas rare d’entendre que le mouvement woke, qui se présente comme un éveil à certaines injustices, concernerait essentiellement les Etats-Unis, et dans une moindre mesure la France. La Suisse serait relativement épargnée, grâce à son sens du compromis, son intégration des minorités, sa distance par rapport à l’histoire coloniale ou encore sa tradition libérale. Cet ouvrage, fondé sur une longue enquête dans le pays et un travail d’analyse rigoureuse de ce courant, montre qu’il n’en est rien. Le wokisme s’est déjà diffusé en Suisse, à tous les niveaux, et continue de le faire, avec des conséquences majeures sur la vie en société. Les exemples recensés dans cet essai montrent notamment que sous ses airs bienveillants et libérateurs, le wokisme s’attaque en réalité à la liberté d’expression, au pluralisme, à la recherche de la vérité ou encore à la présomption d’innocence – un ensemble de conditions essentielles à nos démocraties libérales. La Suisse, pays de la démocratie directe et de la protection des libertés, a toutes les raisons de s’opposer à ce grand mouvement de fond. Par son système, elle peut même servir de modèle de résistance.

  178. https://www.payot.ch/Detail/tueurs_a_gages-jean_michel_decugis__jeremie_pham_le-9782080444844

    Oubliez le Samouraï, sa discrétion, son imperméable et son professionnalisme… Aujourd’hui, les nouveaux tueurs à gages, vêtus d’un survêtement Lacoste et Nike aux pieds, ont moins de 25 ans, sont recrutés pour quelques milliers d’euros sur Snapchat ou Signal pour régler les comptes de gangs mafieux. Ces jeunes “shooters”, comme ils se surnomment, tirent en rafale à la kalachnikov sans connaître leur cible. Avant de diffuser le film de leurs exploits sanguinaires sur les réseaux sociaux… La guerre des narcotrafiquants a récemment basculé dans un univers d’ultra violence obscène, autrefois réservé aux narcos mexicains ou à la mafia napolitaine. Trois des meilleurs journalistes d’investigation français se sont plongés dans le monde terrifiant de ces jeunes tueurs à gages et livrent une enquête unique et glaçante sur un phénomène qui sidère juges et policiers.

  179. Génération kalach – Une montée en puissance de la violence -Documentaire 71mn

    Génération kalach
    Une montée en puissance de la violence
    Docu – 71 min
    Depuis le début des années 2000, une nouvelle criminalité organisée a vu le jour dans les quartiers sensibles, remplaçant au fil des années le Milieu traditionnel. De nouveaux caïds ont mis la main sur le trafic de stupéfiants, ses tonnes de drogue et ses millions d’euros. Mais cette florissante économie souterraine n’a pas créé que des fortunes illicites, elle s’est accompagnée d’une montée de la violence et de règlements de compte entre bandes rivales. Les affrontements se font désormais à l’arme de guerre. L’utilisation de la Kalachnikov AK-47, de pistolet mitrailleurs Scorpio, de fusils d’assaut M15 se sont banalisés ces dernières années. Cet arsenal est utilisée par la nouvelle génération de voyous, issue des quartiers sensibles, qui a imposé des méthodes radicales tout en affichant une détermination sans faille. Les rafales de Kalach sont devenues la signature, la norme pour régler les problèmes et les jeunes trafiquants tombent sous les balles. Il n’y a bientôt plus une semaine sans qu’on entende parler d’une fusillade, d’une exception liée aux trafic de stupéfiant. En 2019, cinquante jeunes hommes sont morts, ainsi, tués par balles. Aujourd’hui, on meurt de plus en plus jeune, de plus en plus violemment, pour des raisons de plus en plus futiles. Alors qu’auparavant, la criminalité professionnelle, ne sortait les armes qu’en dernier recours. Cette évolution s’est accompagnée d’un abaissement de l’âge des assassins et de leurs victimes. La plupart sortent à peine de l’adolescence. Désormais, de simples guetteurs de seize ans peuvent être mitraillés par un commando issue d’un gang rival, des commandos peuvent cribler de balles des immeubles de cité concurrente pour intimider leurs rivaux au risque de faire une hécatombe. Marseille est l’une des villes les plus touchée par la prolifération des règlements de compte mais, et c’est un phénomène nouveau, Toulouse, Nantes, Clermont-Ferrand, Montpellier, Besançon sont également concernées. Là, où il y a quelques années encore, les fusillades se cantonnaient aux capitales du Milieu – Paris, Lyon et Marseille – elle se déroulent aujourd’hui dans des villes qui ne connaissaient jusqu’alors qu’une délinquance mineure ou de seconde zone. Génération Kalach est écrit et réalisé par Jérôme Pierra. Voilà plus de vingt ans que le journaliste travaille sur le crime organisé et particulièrement sur la mutation qu’il connaît depuis les années 2000 : Fin des voyous “à l’ancienne”, prise de pouvoir des nouveaux caïds de banlieue, multiplication des réseaux de revente de drogue, la toile des filières qui ont essaimé sur tout le territoire français, les équipes qui régissent le trafic… Dans ce nouveau documentaire, Jérôme Pierrat va à la rencontre de jeunes trafiquants, des portes-flingues et de leurs victimes. Il fait la radioscopie d’un véritable drive de la drogue, implanté dans une cité de Marseille. Il enquête.

  180. France : plaque tournante des grands réseaux de drogue

    10 oct. 2024 #enquête #police
    Depuis le Maroc jusqu’à l’Espagne, les passeurs utilisent la technique du « go-fast » pour transporter des tonnes de marchandises à bord de puissantes voitures, roulant souvent à plus de 200 km/h pour échapper à la police. Comment les enquêteurs parviennent ils à les arrêter ? Quelles stratégies emploient ils pour contourner les obstacles ? Nous avons suivi le quotidien de ces policiers spécialisés. Entre filatures, planques et écoutes téléphoniques, tous les moyens sont mobilisés pour intercepter ces équipes qui transportent d’impressionnantes cargaisons à chaque voyage.

    #enquête #police

    https://www.youtube.com/watch?v=VA1aawzAuXE

  181. Décriminaliser la drogue, le modèle portugais (2021) | ARTE Regards

    21 août 2024 #Arte #Drogues #Legalisation
    Rediffusion disponible jusqu’au 24/01/2026
    Au Portugal, les drogués ne sont pas considérés comme des délinquants mais comme des malades qui doivent être soignés. En 2001, le pays a fait le choix de décriminaliser l’usage de toutes les drogues. Une décision qui a entrainé une baisse drastique du nombre de toxicomanes.

    Au Portugal, à la chute de la junte militaire en 1975, la drogue devient vite un enjeu de santé publique. Le pays découvre la liberté. Il découvre également la drogue, notamment l’héroïne qui fait des ravages pendant deux décennies. En 2000, le pays compte plus de 100.000 toxicomanes, soit 1% de la population. Toutes les classes sociales sont touchées.

    Le gouvernement adopte un changement radical dans son approche. La loi change. Lorsqu’une personne est interpelée elle est dirigée vers une “commission de dissuasion de la toxicomanie”, composée de médecins, de conseillers juridiques et de travailleurs sociaux. On propose un accompagnement médical, social et psychologique personnalisé. Les patients montrant une réelle volonté de sortir de la dépendance peuvent se voir offrir un travail et même un logement pris en charge à 80% par l’État.

    Reportage (France, 2021, 33mn)

    #Drogues #Legalisation #Arte

    https://www.youtube.com/watch?v=wpiKlSiTT4Q

  182. Cannabis, la multinationale du blanchiment (intégrale) – Cash investigation
    28 juin 2024

    Cannabis, la multinationale du blanchiment (intégrale) – Cash investigation 29 octobre 2019
    L’argent du cannabis en France, c’est un chiffre d’affaires occulte estimé à 1 milliard d’euros chaque année. Des sommes gigantesques qui circulent en liquide, échappent à l’impôt et que les trafiquants doivent blanchir avant de les réinvestir dans l’économie réelle.
    Elise Lucet et son équipe ont enquêté sur les banquiers du cannabis, qui gèrent l’un des marchés les plus secrets au monde.
    De Paris à Dubaï en passant par la Belgique et le Maroc, Nicolas Vescovacci a pisté l’argent sale et découvert comment, au terme d’un long périple, il est injecté dans des entreprises françaises qui ont pignon sur rue. Dans les arcanes des circuits de blanchiment, le journaliste de Cash Investigation a croisé des collecteurs de cash, des négociants en or, des hommes d’affaires et même un cabinet d’audit international très connu.
    Dans ce nouveau numéro de Cash Investigation, révélations sur l’une des multinationales du blanchiment, celle du cannabis.

    https://www.youtube.com/watch?v=135hBa98op8

  183. A Paris, le quotidien d’une bande qui fait la loi dans son quartier – Documentaire – ES

    28 avr. 2024
    “Elles font la une de l’actualité mais ne se dévoilent pas souvent. Les “bandes” de jeunes, qualifiées parfois de violentes seraient 222 en France, selon les derniers chiffres de la Police. Une définition vague, qui concerne essentiellement des groupes d’adolescents de banlieue ou de cité pas toujours structurés. 8 bandes recensées sur 10 sont en région parisienne. Voici le quotidien d’une d’entre elles à Paris, une trentaine de garçons de 13 à 19 ans en proie aux “embrouilles” avec les bandes voisines, en réalité des bagarres générales qui se règlent à coups de marteaux, de couteaux ou de battes de base ball.

    https://www.youtube.com/watch?v=Xxa4mx-8JpE

  184. À Bordeaux, les mineurs délinquants font la loi

    20 déc. 2023 #société #reportage #bordeaux
    Ils multiplient vols et agressions dans les rues des grandes villes comme à Bordeaux. Des jeunes délinquants sans papiers mentent souvent sur leur âge en se déclarant mineurs pour échapper aux sanctions.

    https://www.youtube.com/watch?v=WTk6yhQZfw0

  185. Trafic de cocaïne : enquête sur un gang d’importateurs de drogue en France

    9 juin 2024 #EnquêteVidéo
    Sur les 28 tonnes de cocaïne saisies en France en 2022, plus d’un tiers sont entrées par le port du Havre. Face à des contrôles qui se renforçaient d’année en année, une petite équipe de narcotrafiquants a cru avoir trouvé la parade ultime : modifier chimiquement leurs cargaisons et se cacher derrière un vaste réseau de sociétés-écrans. Le produit devenait presque indétectable et ses commanditaires, invisibles.

    Ce système sophistiqué aurait pu prospérer mais plusieurs erreurs, parfois grossières, ont mis les enquêteurs sur la piste des trafiquants.

    Grâce aux « NarcoFiles », une fuite inédite de documents issus du bureau du procureur général de Colombie, et à des recherches en sources ouvertes,Le Monde dévoile les méthodes et le parcours de cette organisation criminelle aux méthodes nouvelles

    https://www.youtube.com/watch?v=CBOPzyZlIWM

  186. https://grea.ch/actualites/communique-nos-recommandations-pour-la-disparition-des-scenes-ouvertes-de-consommation-et-une-approche-globale-daccompagnement-des-personnes-concernees/
    Communiqué : nos recommandations pour la disparition des scènes ouvertes de consommation et une approche globale d’accompagnement des personnes concernées – GREA – Groupement Romand d’Étude des Addictions
    Une crise multifactorielle

    Les professionnel·le·s des addictions identifient quatre facteurs à l’origine de cette crise : la précarisation croissante de la population et en particulier des personnes vulnérables, la disponibilité et la qualité sans précédent des drogues, la transformation du marché et des modes de consommation, ainsi qu’une péjoration de la santé mentale. Ces facteurs, loin d’être isolés les uns des autres, s’influencent mutuellement. Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, les professionnel·le·s des addictions constatent une augmentation de la présence de publics précarisés dans la rue ainsi que des comorbidités psychiatriques plus fréquentes et plus complexes parmi leurs bénéficiaires. Cette situation implique une multiplication des risques de consommation problématique et une complexification des facteurs de vulnérabilité.

    Des moyens à la hauteur des enjeux

    Sur la base de ces constats, les professionnel·le·s des addictions, que réunit le GREA, publient des recommandations à l’intention des autorités, des médias et du public pour adresser ces nouveaux enjeux. Si nous connaissons pour l’essentiel les solutions nécessaires, sans les moyens adéquats, leur mise en œuvre demeure un défi majeur. Il est impératif d’investir dans des ressources en adéquation avec les problématiques actuelles.

    Des recommandations concrètes pour mettre fin à la situation de crise

    Les professionnel·le·s des addictions, issu·e·s principalement de la réduction des risques, des soins résidentiels et médicaux, formulent des recommandations concrètes articulées autour de cinq axes cohérents pour mettre fin à la situation de crise :

    1. Adapter les espaces de consommation sécurisés aux nouveaux modes de consommation, en prévoyant des espaces séparés pour la consommation de stimulants (par ex. crack).

    2. Lutter contre la précarité, favoriser la participation en développant l’hébergement d’urgence, le Housing First et l’insertion socio-professionnelle via du travail payé à la journée voir à l’heure.

    3. Tranquilliser l’espace public en favorisant des lieux d’accueil de jour et de nuit via une couverture horaire complète (24h/24) et en renforçant l’aller-vers et le travail social hors mur.

    4. Faciliter l’accès aux soins grâce à une offre d’accueil universelle, y compris pour les mineurs, et en diminuant les temps d’attente et la complexité administrative dans les services ambulatoires et résidentiels

    5. Renforcer la collaboration interprofessionnelle, régionale et le travail en réseau pour coordonner au mieux les actions de différents corps de métier (police, travail social, soins) et aborder la problématique au-delà des frontières des villes centre.

    Contact : Camille Robert, co-secrétaire générale du GREA, 078 891 39 41

  187. Génération kalach – Une montée en puissance de la violence -Documentaire 71mn

    Génération kalach
    Une montée en puissance de la violence
    Docu – 71 min
    Depuis le début des années 2000, une nouvelle criminalité organisée a vu le jour dans les quartiers sensibles, remplaçant au fil des années le Milieu traditionnel. De nouveaux caïds ont mis la main sur le trafic de stupéfiants, ses tonnes de drogue et ses millions d’euros. Mais cette florissante économie souterraine n’a pas créé que des fortunes illicites, elle s’est accompagnée d’une montée de la violence et de règlements de compte entre bandes rivales. Les affrontements se font désormais à l’arme de guerre. L’utilisation de la Kalachnikov AK-47, de pistolet mitrailleurs Scorpio, de fusils d’assaut M15 se sont banalisés ces dernières années. Cet arsenal est utilisée par la nouvelle génération de voyous, issue des quartiers sensibles, qui a imposé des méthodes radicales tout en affichant une détermination sans faille. Les rafales de Kalach sont devenues la signature, la norme pour régler les problèmes et les jeunes trafiquants tombent sous les balles. Il n’y a bientôt plus une semaine sans qu’on entende parler d’une fusillade, d’une exception liée aux trafic de stupéfiant. En 2019, cinquante jeunes hommes sont morts, ainsi, tués par balles. Aujourd’hui, on meurt de plus en plus jeune, de plus en plus violemment, pour des raisons de plus en plus futiles. Alors qu’auparavant, la criminalité professionnelle, ne sortait les armes qu’en dernier recours. Cette évolution s’est accompagnée d’un abaissement de l’âge des assassins et de leurs victimes. La plupart sortent à peine de l’adolescence. Désormais, de simples guetteurs de seize ans peuvent être mitraillés par un commando issue d’un gang rival, des commandos peuvent cribler de balles des immeubles de cité concurrente pour intimider leurs rivaux au risque de faire une hécatombe. Marseille est l’une des villes les plus touchée par la prolifération des règlements de compte mais, et c’est un phénomène nouveau, Toulouse, Nantes, Clermont-Ferrand, Montpellier, Besançon sont également concernées. Là, où il y a quelques années encore, les fusillades se cantonnaient aux capitales du Milieu – Paris, Lyon et Marseille – elle se déroulent aujourd’hui dans des villes qui ne connaissaient jusqu’alors qu’une délinquance mineure ou de seconde zone. Génération Kalach est écrit et réalisé par Jérôme Pierra. Voilà plus de vingt ans que le journaliste travaille sur le crime organisé et particulièrement sur la mutation qu’il connaît depuis les années 2000 : Fin des voyous “à l’ancienne”, prise de pouvoir des nouveaux caïds de banlieue, multiplication des réseaux de revente de drogue, la toile des filières qui ont essaimé sur tout le territoire français, les équipes qui régissent le trafic… Dans ce nouveau documentaire, Jérôme Pierrat va à la rencontre de jeunes trafiquants, des portes-flingues et de leurs victimes. Il fait la radioscopie d’un véritable drive de la drogue, implanté dans une cité de Marseille. Il enquête.

    https://www.dailymotion.com/video/x8jkmbl

  188. LA COCAÏNE: FLÉAU DU SPORT (documentaire)

    19 oct. 2024 ✪ Priorité aux membres le 9 septembre 2024
    De la montée au Crash, pour un aspect récréatif ou de performance, la Cocaïne s’est invitée dans le monde du sport.

    Sur tous les terrains de sport, du tennis à l’aviron en passant par le foot et le rugby, elle fait son chemin des milieux professionnels aux amateurs du dimanche.

    Pour cette première enquête, je m’attaque au sujet de la cocaïne dans le sport.

    J’ai appris des trucs hallucinant. De son histoire, à l’utilisation dans notre société, des aspects récréatifs à ceux pour supporter la douleur et les charges d’entraînement, la blanche s’est invitée partout.

    Bienvenue dans ce monde assez sombre !

    https://www.youtube.com/watch?v=4aiAI1o3dnw

  189. Enfants en prison, les sacrifiés de l’Amérique

    Les Etats-Unis sont le seul pays à ne pas avoir ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant et les mineurs y sont jugés comme des adultes, dès l’âge de 9 ans. Cette enquête menée dans deux prisons, au Texas et en Utah, montre leur quotidien. Les journalistes ont pu rencontrer des jeunes détenus, parmi lesquels un garçon de 16 ans condamné à passer quatre décennies derrière les barreaux. Ce dernier raconte son quotidien en cellule et les moyens qu’il met en œuvre pour tenir jusqu’à sa libération.

    https://www.dailymotion.com/video/x8k8kif

  190. Trafiquants aux portes de l’école _ le quotidien infernal de ces enfants à Nîmes

    Dans les écoles du Chemin-Bas-d’Avignon à Nîmes, la journée de classe est rythmée par de drôles de cris qui retentissent régulièrement depuis la rue : ceux des guetteurs, de jeunes adolescents chargés de prévenir de l’arrivée d’une patrouille de police. Car ce groupe scolaire est littéralement cerné par le trafic de stupéfiants qui s’opère aux quatre coins des bâtiments. Le directeur, les professeurs, les élèves et leurs parents ne supportent plus l’insécurité qui règne et qui les met en danger. Intimidations, intrusions des trafiquants dans la cour de récréation, règlements de compte armés dans la rue, ils ne comptent plus les incidents qui bouleversent leurs journées. Malgré les interventions de la police et de la mairie, le trafic semble impossible à arrêter.

    https://www.dailymotion.com/video/x8xfds8

  191. Lutte anti drogue à Lille _ la ville sous tension _ Reportage complet

    La sûreté urbaine de Lille lutte contre les zones de non-droit. Selon une étude récente, 250 tonnes de cannabis sont consommées chaque année en France, rapportant plus d’un milliard d’euros aux trafiquants. La proximité de Lille avec la Hollande en fait une cible privilégiée des réseaux criminels, facilitant le trafic de stupéfiants. À la tête de cette lutte, Olivier Denut, chef des stups, traque dealers et fournisseurs. La démocratisation des drogues dures aggrave le problème, touchant même les plus modestes. Les stups de Lille mènent des opérations de longue haleine pour éradiquer ce fléau, entre surveillances, filatures et interpellations

    https://www.dailymotion.com/video/x9080ra

  192. Désespérées ces mères veulent aider leurs enfants toxicomanes

    “DESCENTE AUX ENFERS” / En 1995, Mireille Liberas a tué son fils Gilles de deux balles de revolver. Depuis douze ans, elle tentait de le sortir de l’enfer de la drogue, en vain. A bout de désespoir, elle a brusquement décidé de lui ôter la vie, elle voulait mettre fin à ses jours ensuite mais le pistolet s’est enrayé. Son procès doit se dérouler dans six mois, mais elle a décidé de rompre le silence pour mettre en garde toutes les mères de toxicomanes. A travers son récit, elle analyse toutes ses erreurs. Elle a attendu que Gilles ait 19 ans avant de lui avouer le nom de son père… Elle est persuadée que si elle avait parlé plus tôt, tout cela ne serait pas arrivé. Son propos est parfaitement illustré par Yan, un toxicomane qui n’;a vu le bout du tunnel que le jour où ses parents ont accepté de reconnaître sa toxicomanie. Des mères désespérées ont créé à Marseille une association, “Les amies de l’Espoir”. Elles accueillent toutes celles qui ont besoin de conseils et de réconfort. Nous sommes allées chez la présidente de l’association qui ce jour-là accueillait une nouvelle venue… Encore faut-il s’apercevoir à temps du drame que vivent les enfants. France, elle, ne comprend toujours pas pourquoi ses trois fils se sont drogués.

    Tous ces témoignages nous ramènent à Mireille Liberas et nous font mieux comprendre son drame.

    https://www.dailymotion.com/video/x95rmku

  193. Bordeaux Livrée Aux Trafiquants : La Ville Défigurée

    21 oct. 2024
    Autrefois perle du Sud-Ouest, Bordeaux sombre aujourd’hui dans la déchéance. Toxicomanes en pleine rue, violences quotidiennes, et commerces fermant les uns après les autres : le centre-ville historique est méconnaissable. La proximité d’un centre d’accompagnement des toxicomanes, sous la houlette d’un maire écologiste, est accusée d’alimenter ce déclin. Retour sur une ville en chute libre.

    https://www.youtube.com/watch?v=tMQPK1CHtbI

  194. Trafic de Cocaine International

    21 oct. 2024 ESPAGNE
    De l’océan Atlantique à la mer Méditerranée, des Antilles au Sénégal, du Maroc à l’Espagne, nous avons suivi les spécialistes de la lutte contre le “Narco trafic”.

    Corruption, extrême pauvreté, narco-Etats, l’Afrique est une aubaine pour les trafiquants de drogue.

    https://www.youtube.com/watch?v=-OpjcwUOktY

  195. Le crack, une drogue qui gagne du terrain | ARTE Regards

    23 oct. 2024 #drogue #reportage #arte
    Disponible jusqu’au 16/10/2029
    Bon marché et extrêmement addictif, le crack est issu de la cocaïne. Cette drogue qui inonde l’Europe devient de plus en plus accessible et dans de nombreuses villes, on la consomme désormais à la vue de tous. Tandis qu’en Allemagne, les habitants se sentent abandonnés par les pouvoirs publics, la Suisse renforce sa politique en matière de drogue.

    Noé Gonzales et sa famille vivent dans le quartier berlinois de Wedding, à proximité de la Leopoldplatz. Ces dernières années, la place est devenue une véritable plaque tournante du crack – parfois consommé dans l’entrée des immeubles, au grand dam des riverains. Dans sa cage d’escalier, Noé Gonzales est souvent tombé nez à nez avec des personnes venues fumer du crack, dormir ou dealer, et a dû leur demander de partir.

    Ronald Schneider travaille depuis trente ans dans l’aide aux personnes en situation d’addiction. À Francfort, il dirige un centre d’assistance près de la gare, où jusqu’à 400 toxicomanes se droguent quotidiennement à la vue de tous. Avec ses collègues, il gère deux salles de consommation pour stopper la consommation dans l’espace public. Mais l’essor du crack inquiète le directeur du centre. Après quelques secondes d’euphorie seulement, les consommateurs de crack errent déjà à la recherche de leur prochaine dose. Comment les aider à sortir de la rue ?
    À Zurich, un concept unique est mis à l’essai. Addict au crack depuis toujours, Kim Hauser fréquente l’un des trois centres de contact et d’accueil qui se sont ouverts au cœur de la ville pour accueillir les usagers de drogue dans de bonnes conditions. Environ mille personnes fréquentent ces espaces adaptés qui offrent des soins médicaux, de la nourriture et la possibilité de priser dans de bonnes conditions d’hygiène.

    L’idée était jusqu’alors inconcevable : en Allemagne, il est désormais possible d’acheter de la drogue directement au point de contact de petits dealers – une zone grise tolérée par la police. Le directeur de centre Florian Meyer en est convaincu : pour aider les personnes dépendantes au crack à sortir de la rue, il faut emprunter de nouvelles voies.

    Reportage (Allemagne, 2024, 31mn)

    #drogue #reportage #arte

    https://www.youtube.com/watch?v=so_HWQ_Oe_o

  196. République tchèque : le boom du cannabis | ARTE Regards

    22 oct. 2024 #cannabis #légalisation #arte
    Disponible jusqu’au 08/10/2025
    Depuis que le gouvernement tchèque s’est engagé sur la voie de la légalisation du cannabis, nombreux sont ceux qui voient en Prague la nouvelle Amsterdam. Le commerce du chanvre indien est en plein essor dans le pays : l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques est toléré depuis deux ans et le marché noir florissant. “ARTE Regards” fait le point avec des Tchèques.

    Prague attire des fêtards de toute l’Europe, pour des enterrements de vie célibataires très arrosés, mais aussi pour la fumette. Surnommée l’Amsterdam de l’Est, la ville est un haut-lieu de la consommation de cannabis, les autres régions n’étant pas en reste. Pourtant, la légalisation de cette substance n’a pas encore été actée : même si le gouvernement a annoncé son intention de suivre l’exemple de l’Allemagne, seul un projet de loi existe pour l’heure. Ce flou législatif n’empêche pas le marché du cannabis d’être florissant, les touristes s’approvisionnant auprès de dealers dans le centre-ville de Prague. Auxquels s’ajoutent les échoppes qui exploitent ce créneau, alors qu’elles ne sont autorisées qu’à vendre des produits à base de CBD, qui ne figure pas sur la liste des psychotropes. Radek Jurnikl, qui travaille depuis sept ans dans les rues de la capitale avec des toxicomanes, est très critique vis-à-vis de la situation juridique actuelle. Licite depuis deux ans, la vente de cannabis à des fins thérapeutiques est elle aussi en plein boom. Des entrepreneurs qui, comme Martin Vanek, sont déjà sur ce créneau, attendent avec impatience la légalisation générale, qui leur permettrait d’étendre encore leurs activités lucratives. Tandis que Martin Vanek peut cultiver de plein droit du cannabis, Matej Cerny est en prison depuis trois ans pour production illégale de stupéfiants. Mais ce père de famille récidiviste, qui purge une peine de 12 années, a bon espoir de voir sa peine réduite une fois que le cannabis aura été légalisé.

    Reportage (Allemagne, 2024, 30mn)

    #cannabis #légalisation #arte

    https://www.youtube.com/watch?v=6oBV8F1661k

  197. https://www.blick.ch/fr/news/suisse/trafic-de-stupefiant-a-yverdon-les-bains-un-kiosquier-romand-accuse-de-vendre-de-la-drogue-place-en-detention-id20251145.html
    Un kiosquier romand accusé de vendre de la drogue placé en détention
    Le kiosque Près-du-Lac, plus connu sous le nom de kiosque rouge à Yverdon-les-Bains, aurait servi de lieu de vente de cannabis, a appris Blick. Contacté, le Ministère public indique qu’un homme a été placé en détention.

    Publié: 05:05 heures

    |

    Dernière mise à jour: 13:24 heures

    C’est depuis le kiosque rouge, à un jet de pierre des rives yverdonnoises du lac de Neuchâtel, que Marc* aurait mené son trafic de drogue.

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    Google Street View

    C’est depuis le kiosque rouge, à un jet de pierre des rives yverdonnoises du lac de Neuchâtel, que Marc* aurait mené son trafic de drogue.

    Photo: Google Street View

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    Antoine HürlimannResponsable du pôle News et Enquêtes

    Alors que les Villes de Lausanne, Vevey et Yverdon-les-Bains appellent à l’aide le Canton de Vaud pour faire face au deal de rue, la police aurait mis fin à un autre type de trafic de drogue dans la capitale du Nord vaudois, a appris Blick. Selon nos informations, le Kiosque Près-du-Lac, plus connu sous le nom de kiosque rouge à Yverdon, aurait servi de lieu de vente de cannabis.

    C’est du moins ce qu’indique l’extrait de la déposition d’un consommateur en notre possession. Appréhendé par les forces de l’ordre, l’individu qui se met à table affirme y avoir acheté «huit grammes» dans les trois derniers mois.

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    Interrogé sur sa consommation, il déclare: «Je me fournis aux dealers de la gare d’Yverdon ou alors au kiosque du quartier des Cygnes. C’est une petite maison rouge près du lac. Il y a un parc près du kiosque où je vais jouer avec mon enfant. J’ai découvert cet été que je pouvais me dépanner là-bas. […] Je pense qu’il ne vend pas de cannabis THC au public, mais uniquement à des potes ou des connaissances. Il vend également du CBD de façon légale.»

    Le kiosquier dort en prison
    Toujours d’après nos sources, Marc*, le commerçant pointé du doigt, aurait été interpellé et placé en détention provisoire peu après ce témoignage daté de la fin du mois de septembre. Quelle est l’ampleur de ce trafic qui avait visiblement pignon sur rue? Quel était l’assortiment illégal du kiosquier? Nous avons contacté la police cantonale. «Cette affaire est à présent reprise par le Ministère public Strada», redirige Alexandre Bisenz, chargé de communication.

    Nous avons par conséquent adressé les mêmes questions à Vincent Derouand, responsable de la communication du Parquet vaudois. «Je suis en mesure de vous confirmer qu’une procédure pénale a été ouverte par le Ministère public, visant [Marc] pour infraction à la Loi sur les stupéfiants», écrit-il dans un courriel.

    Il développe: «Le prévenu a été interpellé et placé en détention provisoire, tout en restant au bénéfice de la présomption d’innocence à ce stade. L’instruction étant en cours, aucun détail ne peut être communiqué par le Ministère public pour l’heure.»

    Cette histoire pour le moins insolite n’est pas une première. Pour mémoire, en mars 2009, la police interpellait un kiosquier lausannois qui avait écoulé plus de quatre kilos de marijuana en moins d’une année. Sur place, les agents avaient découvert une septantaine de sachets prêts à l’emploi. Le kiosque rouge, quant à lui, cherche un repreneur, à en croire une annonce publiée sur les réseaux sociaux.

    *Prénom d’emprunt

  198. Un kiosquier lausannois a écoulé plus de quatre kilos de marijuana en moins d’une année
    La police a découvert une septantaine de sachets de marijuana prêts pour la vente dans le kiosque. Ils contenaient 3 grammes de marchandise à 50 francs pièce. Plus de 2000 francs en petites coupures provenant de ce trafic ont été saisis. l’homme a reconnu les faits.

    31.03.2009
    1 min

    https://www.rts.ch/play/tv/couleurs-locales/video/un-kiosquier-lausannois-a-ecoule-plus-de-quatre-kilos-de-marijuana-en-moins-dune-annee?urn=urn%3Arts%3Avideo%3A537694

  199. Le GHB – Substances

    22 oct. 2024
    Tristement connu sous le nom de “drogue du viol”, le GHB traîne une réputation sombre, en raison de son utilisation à l’insu des victimes, plongées dans l’inconscience et rendues particulièrement vulnérables. Pourtant, cette substance est également consommée à des fins récréatives et dans les milieux festifs. Qu’est-ce qui pousse les consommateur.trice.s à y recourir? Et quels en sont les risques? Sara Buzzell a mené l’enquête sur ce phénomène.

    https://www.youtube.com/watch?v=AeUp_6vufZ0

  200. Payer la congestion/Décriminaliser les drogues – Des idées pour le Québec

    2 avr. 2024
    Malgré ses 5,5 millions d’habitants, Singapour réussit à éviter les embouteillages grâce à une tarification agressive de la congestion. Le Portugal a choisi de décriminaliser les drogues il y a 20 ans. Depuis, le nombre de décès liés à la consommation a chuté de façon phénoménale. Est-ce que le Québec devrait prendre exemple sur ces politiques?

    https://www.youtube.com/watch?v=VtbzQ1hM1HU

  201. Le fentanyl et les autres opioïdes – Substances

    15 oct. 2024
    La crise des opioïdes ne cesse de faire les manchettes, avec le fentanyl en première ligne. Jean Bourbeau a mené l’enquête auprès du milieu médical et des consommateur.trice.s d’opioïdes pour comprendre les effets de ces substances sur le corps, et les raisons ayant mené à cette situation préoccupante. La société en fait-elle suffisamment pour freiner ce fléau?

    https://www.youtube.com/watch?v=8RshGnoziX4

  202. Comment je suis sorti de l’addiction

    19 oct. 2024
    Aujourd’hui dans Delta Plane on va parler de mon passif de consommations, des soucis que ca a pu me causer, mais surtout de comment et pourquoi j’en suis sorti. Beaucoup d’entre vous dans ma communauté avez des situations semblables à celle que j’avais. J’espère par cette vidéo vous donner de l’espoir. Oui c’est possible, vous pouvez vous en sortir.

    https://www.youtube.com/watch?v=v_keP–1Sr4

  203. https://www.24heures.ch/colombie-nouveau-record-de-production-de-cocaine-en-2023-53-100586588350
    Drogues: Nouveau record de production de cocaïne en Colombie en 2023
    Drogues

    Nouveau record de production de cocaïne en Colombie en 2023
    La production de cocaïne a augmenté de 53% en 2023 en Colombie pour atteindre 2664 tonnes, un nouveau record historique.

    Publié: 18.10.2024, 23h50

    Une saisie de cocaïne colombienne de l’armée équatorienne, le 21 janvier 2024.

    Une saisie de cocaïne colombienne de l’armée équatorienne, le 21 janvier 2024.

    AFP

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    BotTalk

    La production de cocaïne a littéralement explosé en 2023 en Colombie, atteignant un nouveau record historique avec une augmentation de 53%, selon un rapport conjoint du gouvernement colombien et de l’agence de l’ONU contre les drogues (ONUDC).

    La production de chlorhydrate de cocaïne a atteint l’année passé 2664 tonnes, soit une augmentation de 53%, selon ce rapport, rendu public vendredi à Bogota. Les zones cultivées de coca, culture à la base de la cocaïne dont la Colombie est le premier producteur mondial, sont également en augmentation de 10%, s’étendant dorénavant sur 253’000 hectares du territoire colombien

    «Contrairement à l’augmentation observée entre 2021 et 2022, qui était fortement concentrée dans le département de Putumayo, (sud-ouest, frontalier de l’Équateur), la croissance est cette fois plus généralisée», indique le rapport.

    «Zones d’expansion»
    «Elle concerne seize des 19 départements» où la présence de coca est signalée. Le Cauca (sud-ouest) et le Nariño (sud-ouest), deux régions où l’on observe une forte présence des groupes armés, «ont été les plus touchés».

    Quatre régions ont des surfaces de culture de coca supérieures à 30’000 hectares : le Cauca, le Nariño, le Putumayo, et le Nord de Santander (nord-est, frontalier du Venezuela). Le rapport s’intéresse en particulier à quinze enclaves de production, concentrant 39% de la zone de culture de coca sur seulement 14% du territoire.

    Il s’alarme par ailleurs des «zones d’expansion, zones où les cultures de coca ne sont présentes que depuis trois ans», et qui sont localisées à 40% dans la région du Pacifique, l’une des plus pauvres et des plus isolées du pays.

    «Il est important de noter que dans différentes régions, les prix des dérivés de la feuille de coca (pâte de coca et cocaïne base) atteignent des niveaux historiquement bas», alors que dans d’autres régions «il n’y a pas de marché du fait de l’absence d’acheteurs».

    Associée aux groupes armés
    «Malgré cela, la grande majorité des cultures de coca continuent d’être récoltées» et ces restrictions du marché ont conduit à la constitution de stocks de pâte de cocaïne et de la cocaïne base», parfois utilisé «comme un moyen d’échange commercial dans certaines régions».

    «La culture de la coca et la production de cocaïne continuent d’être une menace pour la conservation de l’environnement, de la biodiversité biologique et culturelle», selon le même rapport, alors que s’ouvre lundi à Cali (sud-ouest) la COP16, grand forum mondial sur la biodiversité. Cette production est localisée à 4% dans les parcs nationaux, 10% dans les réserves indigènes, à 14% dans les réserves forestières et à 20% sur les terres des communautés noires.

    Les zones les plus cultivées de coca sont occupées à 98% par au moins un groupe armé. Dans certaines villes proches des zones de production, l’économie illicite de la cocaïne représente plus de 42% de l’économie locale.

    Hausse du marché de la cocaïne
    Les groupes armés impliqués dans le narcotrafic, tels que l’ELN (Armée de libération nationale), les dissidents des FARC marxistes ou encore les paramilitaires «restent liés à la criminalité transnationale organisée, qui se concentre sur la production et le trafic de cocaïne».

    Certaines régions de production se sont ainsi converties «en points stratégiques pour les activités illégales», avec une «intensification du trafic, de l’exploitation minière illégale et la traite des êtres humains», de même qu’une «grande disponibilité des financements et une spécialisation de la production».

    Ces chiffres alarmants s’inscrivent dans un contexte international de forte de hausse du marché de la cocaïne, tant l’offre comme la demande, souligne ce document, qui évalue la consommation internationale à la hausse de 20% depuis dix ans.

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    AFP

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  204. Découvrez le premier épisode du nouveau podcast de la Fédération Addiction : « La société face aux addictions : récits pluriels »

    Article rédigé par
    Pauline Amadé Dimitrov
    2 septembre 2024
    La Fédération Addiction vient de lancer son nouveau podcast : « La société face aux addictions, récits pluriels ». Au fil des cinq épisodes, découvrez des histoires croisées sur les drogues, les addictions et leur prise en charge. Des récits qui donnent la parole aux différents acteurs et actrices du champ de l’addictologie.
    Écoutez dès aujourd’hui le premier épisode, « L’évolution des conduites addictives et de leurs représentations » qui revient sur l’histoire des addictions et l’évolution de leur prise en charge et abonnez-vous pour ne pas rater les prochains épisodes !

    Disponible aussi sur Spotify, Deezer et Acast

    Avec la participation de : Jean Michel Delile, président du CEID de Bordeaux et ancien président de la Fédération Addiction, Martine Lacoste, directrice de l’association régionale Clémence-Isaure en Occitanie et vice-présidente de la Fédération Addiction, Laurence Duprat, éducatrice spécialisée au CEID de Bordeaux et Laurent, résident du centre thérapeutique résidentiel de Barsac.

    Prise de son, montage, réalisation : Céline Grillon. Musique originale : Jean-Baptiste Julien. Mixage : Cyrill Maudelonde.

    https://www.federationaddiction.fr/publications/multimedia/decouvrez-le-premier-episode-de-notre-nouveau-podcast-la-societe-face-aux-addictions-recits-pluriels/

  205. https://www.lematin.ch/story/israel-lusage-de-drogues-a-bondi-apres-le-7-octobre-103167081
    L’usage de drogues a bondi après l’attaque du Hamas
    Publié11. août 2024, 13:32

    IsraëlL’usage de drogues a bondi après l’attaque du Hamas
    Une étude révèle «un lien entre l’exposition indirecte aux événements du 7 octobre et l’augmentation de la consommation de substances addictives».

    364 personnes ont été tuées par le Hamas le 7 octobre 2023 sur le site du festival Nova, à la lisière de la bande de Gaza.

    364 personnes ont été tuées par le Hamas le 7 octobre 2023 sur le site du festival Nova, à la lisière de la bande de Gaza.

    AFP
    Drogues, médicaments, jeux d’argent: la consommation de produits stupéfiants et les comportements addictifs ont bondi en Israël après l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre, qui a provoqué la sidération dans le pays, selon des professionnels de santé.

    «En réaction naturelle au stress émotionnel et dans la recherche de soulagement, on a assisté à une augmentation spectaculaire de la consommation de diverses substances sédatives addictives, qu’il s’agisse de médicaments sur ordonnance, de drogues illégales, d’alcool ou parfois de comportements addictifs comme les jeux d’argent», explique à l’AFP le psychiatre Shaul Lev-Ran, fondateur du Centre israélien sur la toxicomanie et la santé mentale à Netanya, dans le centre d’Israël.

    Un Israélien sur quatre
    Pour appuyer ce constat, ses équipes ont mené une étude sur un millier de personnes représentatives de la population israélienne qui a révélé «un lien entre l’exposition indirecte aux événements du 7 octobre et l’augmentation de la consommation de substances addictives», de près de 25%.

    Un Israélien sur quatre a accru sa consommation de produits addictifs alors qu’en 2022, avant l’attaque, seul un Israélien sur sept était aux prises avec des troubles liées à la toxicomanie.

    Le 7 octobre, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d’Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1198 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur 251 personnes alors enlevées, 111 sont toujours retenues à Gaza, dont 39 sont mortes, selon l’armée.

    En représailles, Israël a déclenché la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza qui a fait près de 40.000 morts, d’après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas, qui ne donne pas d’indications sur le nombre de civils et de combattants morts.

    «Échapper à la réalité»
    Après ces événements et la guerre qui a suivi, 50% des survivants de l’attaque ont augmenté leur consommation de substances addictives, et 33% pour les personnes déplacées, selon l’étude menée en novembre et décembre. En Israël, l’utilisation de somnifères et d’analgésiques a explosé respectivement de 180% et 70%.

    Certains patients du Dr. Shaul Lev-Ran lui réclament «quelque chose» en disant: «Mon fils se bat à Gaza, je dois dormir, sinon je ne pourrais pas aller travailler», dit-il.

    Convoqué par l’armée, Yoni (prénom d’emprunt), a retardé son service militaire car il était sur le point de faire une cure dans le centre d’Israël pour soigner sa dépendance à la drogue qui s’est accrue depuis quelques mois. «J’ai commencé à me droguer pendant la pandémie de Covid-19, et avec la guerre cela a vraiment empiré (…). C’est une façon d’échapper à la réalité», confie l’homme âgé de 19 ans.

    Lors de l’attaque du 7 octobre, il a perdu son ami Nick Beizer, 19 ans, enterré au cimetière militaire de Beersheva, dans le sud d’Israël, à une centaine de mètres du parc où l’équipe de l’AFP a rencontré Yoni, en perte de sens.

    Pour tromper «l’ennui» et vaincre «la peur», il fréquente avec ses amis des fêtes technos «comme celle de Nova», festival de musique où s’étaient donné rendez-vous des milliers de jeunes pour danser, à la lisière de la bande de Gaza, et où 364 personnes ont été tuées par les hommes du Hamas le 7 octobre.

    «À la veille d’une épidémie»
    Dans les premiers mois, Yoni a consommé «des drogues récréatives comme l’ecstasy, la MDMA, le LSD», «facile» à se procurer, en groupe, puis «seul à la maison». «Je sais que je suis toxicomane, et maintenant je sais que je dois aller en cure de désintoxication pour prendre soin de moi», explique sans détour Yoni.

    Après sa cure, il veut effectuer son service militaire, pour «me prouver, prouver à la famille, que je suis capable de contribuer à la communauté».

    «La drogue me permet d’oublier», explique Matan, soldat déployé à Gaza, rencontré dans un bar à Jérusalem. «Je sais que ça ne sert à rien (ndlr: la guerre) mais il faut y aller», lâche-t-il.

    En se basant sur l’étude, «il est déjà évident que nous sommes à la veille d’une épidémie dans laquelle de larges pans de la population développeront une dépendance à l’égard de substances» addictives, observe le professeur Shaul Lev-Ran.

    Parmi la population palestinienne, il n’existe aucune donnée sur la santé mentale et la toxicomanie faute de moyens, a indiqué l’Autorité palestinienne à l’AFP.

    (afp)

  206. https://www.lematin.ch/story/france-voisine-il-foncait-vers-la-suisse-a-220-kmh-avec-19-kilos-de-cannabis-103207607
    Il fonçait vers la Suisse à 220 km/h avec 19 kilos de cannabis
    Publié24. octobre 2024, 13:32

    Un jeune homme pincé sur l’autoroute non loin d’Annecy a été condamné à trois ans de prison.

    La prise réalisée par les douaniers de Haute-Savoie.

    La prise réalisée par les douaniers de Haute-Savoie.

    Douanes d’Annecy
    En France voisine, non loin de Genève, les douaniers de Haute-Savoie ont fait ce qui est qualifié de «belle prise»: un homme qui filait à plus de 200 km/h en direction de la Suisse avec plusieurs kilos de cannabis. Il va passer de longs mois derrière les barreaux.

    L’arrestation a eu lieu vendredi 11 octobre vers 9 heures du matin. Sur l’autoroute A40, non loin d’Annecy, des motards des douanes françaises repèrent un conducteur qui écrase son accélérateur en les voyant. Il fonce alors à 220 km/h, précise le «Dauphiné». Il est stoppé et interpellé peu après, au péage d’Eloise.

    Il s’est avéré que cet individu transportait une grosse quantité de cannabis: près de 19 kilos. Il avait aussi 6250 euros en liquide. Il s’agit d’un jeune Portugais de 24 ans qui a expliqué qu’il venait de Paris et se rendait à Lausanne, relate le quotidien français. Il roulait à bord d’une voiture louée en Suisse.

    L’homme a été remis aux gendarmes de Saint-Julien-en-Genevois, qui l’ont placé en garde à vue. Jugé ensuite en comparution immédiate, il a été condamné à trois ans de prison ferme et placé immédiatement en détention.

    Il sera aussi interdit de territoire français pendant dix ans après avoir purgé sa peine et doit payer, détaille le «Dauphiné», une amende douanière de 82’000 euros pour le transport de stupéfiants et de 6250 euros au titre du blanchiment douanier.

  207. La cocaïne et ses dérivés – Substances

    29 oct. 2024
    La cocaïne, de plus en plus populaire et banalisée, est aujourd’hui la drogue illégale la plus consommée au Canada. Souvent associée aux milieux festifs, elle s’invite aussi parfois dans le cadre professionnel, où elle est perçue comme un stimulant de productivité. Jean Bourbeau explore la place de cette substance et de ses dérivés dans la société, ainsi que leurs conséquences sur les consommateur.trice.s.

    https://www.youtube.com/watch?v=D8IqLF6v4pc

  208. Être Accro au Crack Pendant 5 ans : ÇA FAIT QUOI ?!

    12 sept. 2024

    Après vous avoir parlé de consommation de “salade” et de “farine”, on continue notre petite série sur les drogues, en s’attaquant au crack, qui a énormément de préjugés et d’idées reçues. Mais de quoi est composée cette drogue, qui est touché par le crack, quels sont les dégâts sur le consommateur, que ce soit sur le plan psychologique ou physique ? On répond à toutes ces questions !

    https://www.youtube.com/watch?v=iqGOpEnT0hE

  209. DZ, “la mouche” et “narcomicide”… On a enquêté sur le phénomène des shooters

    30 oct. 2024
    Un livre-enquête de trois journalistes du Parisien – Aujourd’hui en France documente pour la première fois le phénomène en expansion des jeunes tueurs à gages français à la solde des narcotrafiquants.

    https://www.youtube.com/watch?v=V7Z0CHXRlo8

    « Il y a 20ans un assassinat ça valait 200.000€» oui et c’était fait par des pros. Il s’agissait ”d’effacer” en quelque sorte la personne/ l’a faire disparaître sans laisser de traces. Les mecs faisaient en sorte de tout maquiller en accident ou du moins de compliquer le travail des enquêteurs, pour les faire privilégier des pistes de suicide, disparition, etc. Le but recherché était de ne surtout pas faire penser à un règlement de compte entre bandes rivales. Le boulot était discret (sans impact direct sur les civils) et bien fait (sans se tromper de cible comme c’est le cas aujourd’hui). C’est fou de se dire que dans notre piètre société même les assassinats sont devenus médiocres. Les mecs emploient des gosses de 15ans pour régler leurs problèmes et après ils s’étonnent que ça ne fait qu’empirer la situation

  210. Braquage et guerre de gangs de Lyon à Grenoble, enquête sur les nouveaux caïds -Documentaire complet

    27 oct. 2024
    « On ne dit plus Grenoble , murmure un flic de la Police judiciaire, mais « Chicago-sur-Isère ». Dans cette ville longtemps considérée comme une cité modèle, le grand banditisme version « 9mm » est une spécialité locale.

    Dans les années 70, les Corses se battaient comme des chiens avec les Italiens ; une décennie plus tard, les gitans faisaient battre les « ritals » en retraite. Une guerre sans fin, qui a pris une dimension d’une violence inouïe depuis que les équipes des « maghrébins », retirés sur leurs territoires des quartiers de La Villeneuve, Fontaine ou dans l’ancien village olympique, ont pris le pouvoir…
    Un pouvoir sans limite, sans code de l’honneur comme autrefois… A 100 kilomètres de là, à Lyon, c’est la soif de l’or qui rend fous les nouveaux caïds. Capitale du métal précieux depuis François 1er, cette belle ville bourgeoise résonne régulièrement au son des Kalachnikovs et des fusils à pompe. Il ne se passe pas une semaine sans qu’une bijouterie, un bureau de change, une fonderie d’or, ne soient attaqués par des malfrats armés jusqu’aux dents.
    Ils ne reculent devant rien : prises d’otages, kidnappings, tirs à l’aveuglette dans la foule pour protéger leur fuite, tout est bon pour ne pas aller en prison. Grenoble et sa came… Lyon et son or… Ce film aux antipodes des images stéréotypées liées au grand banditisme à la « grand-papa », n’est rien d’autre qu’une plongée vertigineuse au coeur d’une criminalité qui n’a jamais été aussi désespérée, organisée, enracinée dans la recherche du profit immédiat.
    Un film de Claude Ardid
    Une production Dreamway
    © 2011

    https://www.youtube.com/watch?v=_1JDBeUOMOE

  211. Crack la drogue de l’enfer

    8 déc. 2021
    Le crack n’en finit pas de faire la une: la déchéance des quasi morts vivants qui fument cette drogue très addictive, la violence et les nuisances qui exaspèrent les riverains, les démantèlements forcés qui se suivent et se ressemblent, mais ne font que déplacer le problème. Depuis bientôt 4 décennies, malgré un «plan crack, malgré les arrestations de dealers qui se multiplient, les autorités échouent à endiguer ce fléau.

    BFMTV a enquêté sur cette drogue de l’enfer. Avec, notamment, le témoignage rare d’une jeune femme qui consomme depuis 5 ans. Attention, certaines images peuvent choquer.

    Une enquête de Régis Desconclois et Elodie Noiret

    https://www.youtube.com/watch?v=ZJdMhDzB8cw

  212. Être Accro à la “Coco” Pendant 5 ans : ÇA FAIT QUOI ?!

    13 juil. 2023

    Après vous avoir parlé de boulettes de viandes et autre salade, on reste dans le même champ lexical avec .. la farine !
    Enjeux, risques, mais surtout explications, tout ce que vous devez savoir sur cette petite poudre est ici !

    https://www.youtube.com/watch?v=TaKnaARor8Q

  213. Faut-il LÉGALISER les DROGUES ?

    3 nov. 2016
    Dans cet épisode, on remet tout à plat pour mieux comprendre la géopolitique des drogues! Que génère une légalisation? Où sont produites les drogues? Combien ça rapporte aux petits agriculteurs? Qui se charge du transport? Quels sont les risques liés à la consommation?

    https://www.youtube.com/watch?v=Rf9W8T_NzK0

  214. https://www.payot.ch/Detail/laurie_et_la_colline_aux_mirages-laurie_moucheron__adeline_fleury-9782749947464

    “Je fume du crack depuis que j’ai 15 ans. Je fume des joints, je bois de l’alcool, je prends du Valium… Je fais n’importe quoi. Je vole, je fais la manche, je me prostitue au rond-point d’Aubervilliers tous les soirs.” Laurie a consommé du crack à haute dose pendant quatre ans, au point d’y laisser une partie de son âme et presque sa peau. Arrivée de Belgique à 14 ans, d’où elle a fui un passé douloureux, elle a vite planté sa tente à “la colline du crack”. Dans les moments les plus extrêmes, Laurie écrivait sur des carnets les effets dévastateurs de la drogue, les passes sur le périphérique, mais aussi l’humanité de cette “famille” qu’elle s’était constituée à la “colline”. Aujourd’hui Laurie s’en est sortie, portée par la nécessité d’écrire, un désir puissant d’être maman et grâce à une force inouïe de caractère.

  215. https://technopolice.fr/blog/parution-du-livre-technopolice/

    Technopolice, la surveillance policière à l’ère de l’intelligence artificielle paraît aujourd’hui aux éditions Divergences. Dans ce livre, Félix Tréguer, membre de La Quadrature du Net et chercheur associé au Centre Internet & Société du CNRS, fait le récit personnel d’un engagement au sein du collectif Technopolice. Mêlant les anecdotes de terrain aux analyses issues des sciences humaines et sociales, il retrace les mécanismes qui président à la technologisation croissante du maintien de l’ordre et de la gestion urbaine.

    Résumé

    Voici le résumé du livre, disponible dans votre librairie de quartier.

    « Drones, logiciels prédictifs, vidéosurveillance algorithmique, reconnaissance faciale : le recours aux dernières technologies de contrôle se banalise au sein de la police. Loin de juguler la criminalité, toutes ces innovations contribuent en réalité à amplifier la violence d’État. Elles referment nos imaginaires politiques et placent la ville sous contrôle sécuritaire. C’est ce que montre ce livre à partir d’expériences et de savoirs forgés au cours des luttes récentes contre la surveillance policière. De l’industrie de la sécurité aux arcanes du ministère de l’Intérieur, de la CNIL au véhicule de l’officier en patrouille, il retrace les liens qu’entretient l’hégémonie techno-solutionniste avec la dérive autoritaire en cours. »

    Présentations
    12 octobre : Nice, librairie Les Parleuses, 19h
    18 octobre : Marseille, librairie L’Hydre aux mille têtes, 19h
    5 novembre : Paris, Mardis Informels de la Générale, 19h30
    6 novembre : Montreuil, café-Librairie Michèle Firk, 19h00
    7 novembre : Tours, librairie Les Temps Sauvages, 19h00
    21 novembre : Sète, Nouvelle librairie Sétoise, 19h
    22 novembre : Montpellier, La Carmagnole, 18h30
    28 novembre : Toulouse, Cinéma Utopia Borderouge, 20h
    5 décembre : Paris, caviste-librairie Rerenga Wines, 19h
    7 décembre : Lyon, librairie La Gryffe, 15h
    12 décembre : Avignon, librairie Youpi !, 19h30

    Retrouvez toutes les dates dans l’agenda public de La Quadrature.

    Extraits

    « Lorsque vient notre tour de parler, Martin et moi montons sur l’estrade. Face à l’amphi bondé, face aux képis et aux costumes-cravate, face au commandant Schoenher et à la futurologue de la préfecture de police, face au préfet Vedel et aux cadres d’Idemia ou de Thales, il nous faut déjouer le piège qui nous est tendu. Dans le peu de temps qui nous est imparti, nous leur disons que nous savons. Nous savons que ce qu’ils attendent, c’est que nous disions ce que pourraient être des lois et des usages  »socialement acceptables » [s’agissant de la reconnaissance faciale]. La même proposition vient alors de nous être faite par le Forum économique mondial et le Conseil national du numérique. Un peu plus de transparence, un semblant de contrôle par la CNIL, une réduction des biais racistes et autres obstacles apparemment  »techniques » auxquels se heurtent encore ces technologies, et l’on croit possible d’assurer un compromis  »éthique » entre la défense automatisée de l’ordre public et l’État de droit.

    Mais nous leur disons tout net : la reconnaissance faciale et les autres technologies de VSA [vidéosurveillance algorithmique] doivent être proscrites. Plutôt que de discuter des modalités d’un  »encadrement approprié », nous exprimons notre refus. Nous leur disons que, pour nous, la sécurité consiste d’abord en des logements dignes, un air sain, la paix économique et sociale, l’accès à l’éducation, la participation politique, l’autonomie patiemment construite, et que ces technologies n’apportent rien de tout cela. Que sous prétexte d’efficacité, elles perpétuent des logiques coloniales et déshumanisent encore davantage les rapports qu’entretiennent les bureaucraties policières à la population. »

    ….

    « Le glissement de l’urbanisme cybernétique vers des applications techno-sécuritaires semble irrésistible. Début 1967, aux États-Unis, une autre commission lancée par le président Johnson et dirigée par l’ancien ministre de la Justice de Kennedy, Nicholas Katzenbach – qui rejoindra d’ailleurs IBM en 1969 et y fera une bonne partie de sa carrière – a, elle aussi, rendu un rapport sur la montée des « troubles à l’ordre public » (…). C’est un programme d’ampleur qui est proposé : édiction d’un plan national de R&D qui devra notamment se pencher sur l’approche des politiques pénales en termes de  »système », relevés statistiques couplés au déploiement d’ordinateurs et à la géolocalisation des véhicules de police pour optimiser voire automatiser l’allocation des patrouilles et s’adapter en temps réel à la délinquance, automatisation de l’identification biométrique par empreintes digitales, technologies d’aide à la décision dans le suivi des personnes condamnées, etc. La pensée techno-sécuritaire infuse l’ensemble des recommandations. Et l’on remarquera au passage combien la police du futur des années 1960 ressemble à la nôtre. Comme si le futur, lui non plus, ne passait pas. »

    « Lorsque la technologie échoue à rendre la police plus précise ou efficace dans la lutte contre la délinquance, cela ne signifie pas qu’elle ne produit pas d’effets. Constater un tel échec doit plutôt inviter à déplacer le regard : l’une des principales fonctions politiques dévolues aux technologies ne consiste pas tant à produire de la  »sécurité publique » qu’à relégitimer l’action de la police, à redorer le blason de l’institution en faisant croire à un progrès en termes d’efficience, d’allocation des ressources, de bonne gestion, de transparence, de contrôle hiérarchique. Il en va ainsi depuis la fin du XIXe siècle et le début de la modernisation de la police, lorsque le préfet Lépine mettait en scène l’introduction de nouveaux équipements, les bicyclettes ou les chiens de police. C’est aussi une dimension centrale des premiers chantiers informatiques des années 1960 que de rationaliser une administration perçue comme archaïque. Reste que cette promesse d’une police rendue plus acceptable, transparente ou légitime grâce à la technologie est toujours trahie dans les faits. »

    « Tandis que l’extrême droite s’affirme de manière toujours plus décomplexée partout dans le champ du pouvoir, ces processus grâce auxquels les élites libérales gèrent la dissonance cognitive induite par leur complicité objective avec la spirale autoritaire en cours forment l’un des rouages les plus efficaces du fascisme qui vient. »

  216. Brésil, cocaïne et prison : la vie de Bakhaw

    31 oct. 2024 #Témoignage #StreetPress #Bakhaw
    Ancien trafiquant international de cocaïne, Bakhaw raconte à StreetPress sa vie dans le business, son addiction à l’argent et les meurtres d’amis proches. Il sort aujourd’hui “Libéré !”, un livre sur son parcours.

    https://www.youtube.com/watch?v=Lnal_Zw51bg

  217. Detroit de Gibraltar : la porte ouverte aux trafiquants

    3 nov. 2024 GIBRALTAR
    Il ne mesure que quelques kilomètres de largeur et pourtant il concentre à lui tout seul tous les éléments d’un cocktail explosif entre l’Europe et l’Afrique. C’est le détroit de Gibraltar entre le sud de l’Espagne et le nord du Maghreb.

    Pas une semaine sans que de frêles embarcations sur lesquelles s’entassent des dizaines d’immigrés tentent de le franchir au péril de leur vie pour atteindre les plages espagnoles. Pas une semaine sans que cette fois de puissants hors-bords bourrés de haschisch fassent le même trajet en direction de petites criques discrètes d’où les attendent des trafiquants qui remonteront la drogue à toute vitesse vers la France et le nord de l’Europe.

    Les équipes d’Enquête Exclusive ont remonté ces filières pour mettre au jour l’étonnante passivité de certaines autorités marocaines fermant les yeux sur les immenses champs de haschisch qui s’étalent au grand jour et les multiples bases arrière des trafiquants qui traversent quotidiennement le détroit. Corruption, incompétence, mais aussi paysans qui vivent de cette économie, pourquoi tolèrent-elles cette culture ?

    De l’autre côté du détroit, vous découvrirez l’impressionnant système de surveillance mis au point par la Guardia Civil pour intercepter les trafics. Radars, caméras infrarouges et le flair des douaniers qui découvrent la drogue de mieux en mieux dissimulée dans les camping-cars des touristes ou jusqu’aux parties intimes des passagers des ferries.

    Gros trafiquants bien organisés mais aussi petits dealers qui viennent s’approvisionner en haschich pour monter un business dans leur cité, qui sont ces Français prenant un maximum de risques dans la traversée du détroit de tous les dangers ?

    Réalisateur : Roger Auque, Michaël Richard

    https://www.youtube.com/watch?v=e3Vf7cANod4

  218. 1990 : ils chassent les dealers dans le métro parisien | INA Paris Vintage

    27 juin 2024 #INA #Vintage #Paris

    Pendant 15 jours, ce reportage suit l’équipe du Service de Protection et de Sécurité du métroparisien, avec à sa tête Nino. Il s’agit de 400 policiers chargés de la chasse aux dealers dans les 315 stations du réseau souterrain.

    https://www.youtube.com/watch?v=LQvyiPIJIxg

  219. Trafic de drogue à Marseille, les coulisses d’une guerre sans merci – Documentaire complet

    24 juil. 2024
    Le trafic de drogue est un fléau à Marseille. Dans la cité phocéenne, où transitent chaque année 200 tonnes de cannabis, les trafiquants se disputent des “territoires” qui valent des centaines de milliers d’euros. Les sommes en jeu sont telles que l’économie réelle est gangrenée par ce flux d’argent sale. Pendant six mois, nos caméras se sont trouvées au coeur de la police marseillaise et y ont recueilli des témoignages rares …
    Un film de Claude Ardid
    Une production Dreamway

    https://www.youtube.com/watch?v=-4vMWa8y0YM

  220. https://www.blick.ch/fr/suisse/reorganisation-des-effectifs-trois-fois-plus-de-policiers-dans-les-rues-a-lausanne-pour-lutter-contre-le-deal-id20207061.html
    Trois fois plus de policiers dans les rues pour lutter contre le deal
    Lors d’une conférence de presse le 7 octobre, le Commandant du Corps de police de Lausanne Olivier Botteron (à gauche) a annoncé une réorganisation des unités.

    Lors d’une conférence de presse le 7 octobre, le Commandant du Corps de police de Lausanne Olivier Botteron (à gauche) a annoncé une réorganisation des unités.

    Photo: keystone-sda.ch

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    ATS Agence télégraphique suisse

    Police-secours et la police de proximité fusionnent à Lausanne. Le regroupement de ces deux divisions vise à dégager des ressources pour augmenter la présence policière dans l’espace public, afin essentiellement de lutter contre le deal de rue.

    Cette réorganisation, effective dès ce mois d’octobre, permet de tripler le nombre de policiers engagés dans des patrouilles pédestres. Désormais, selon les moments de la journée, entre 12 et 54 policiers en uniforme sillonneront le centre de la capitale vaudoise, a annoncé lundi le commandant de la police lausannoise, Olivier Botteron, lors d’une conférence de presse. En fonction des événements, plus de 50 autres policiers en uniforme pourront être immédiatement mobilisés.

    Ces patrouilles sont actives en journée (7h00-23h00) dans plusieurs zones sensibles, à commencer sur la place de la Riponne, où se déroule la majeure partie du deal de rue, mais aussi dans les secteurs de Chauderon, Bel-Air, St-François, Marterey, Tunnel et Sébeillon. La couverture pédestre est aussi renforcée de nuit, en particulier au Flon durant le week-end.

    «Casser les silos»
    L’augmentation du nombre de policiers dans la rue constitue «l’outil principal à notre disposition» pour tenter d’endiguer les infractions liées au trafic de drogue qui, à Lausanne comme ailleurs en Suisse, explose depuis plusieurs mois, a relevé Pierre-Antoine Hildbrand, le municipal lausannois en charge de la sécurité.

    Le recours à des patrouilles pédestres est toutefois «gourmand» en personnel, raison pour laquelle la police lausannoise a été contrainte de se réorganiser. La fusion des deux divisions doit ainsi permettre de dégager davantage de moyens et de gagner en souplesse en «cassant les silos», a ajouté le municipal.

    Olivier Botteron a aussi relevé cette nécessité «d’innover» pour améliorer la situation actuelle, de chercher «une plus grande efficience» en matière d’utilisation des effectifs. Le commandant a toutefois reconnu qu’il n’était «pas anodin» de fusionner deux entités «historiques», à la culture et aux missions différentes.

    Près de 200 postes
    Les personnes concernées par la fusion devront être davantage polyvalentes, mais cette «diversité des tâches» doit être vue comme un bénéfice, tant pour la population que pour les policiers eux-mêmes, a estimé Pierre-Antoine Hildbrand.

    La nouvelle division, qui n’a pas encore de nom, comprend 186 équivalents plein-temps (EPT). Elle devrait grimper à 200 dès l’an prochain. Pour Olivier Botteron, cette fusion ne constitue d’ailleurs que «la première étape» d’une restructuration de la police face aux problématiques actuelles.

    Devant la presse à l’Hôtel de police, Pierre-Antoine Hildbrand et Olivier Botteron ont répété que leur volonté était «d’apaiser» le centre-ville, de «rassurer la population et les commerçants». Selon leur «philosophie», une présence policière accrue dans la rue aura un effet dissuasif et préventif. «Notre but n’est pas d’augmenter le nombre d’interpellations», ont-ils martelé.

  221. https://www.20min.ch/fr/story/geneve-nouvelle-arme-contre-les-effets-dangereux-des-opioides-103199539
    Genève: Nouvelle arme contre les effets dangereux des opioïdes
    Publié9. octobre 2024, 12:28

    GenèveNouvelle arme contre les effets dangereux des opioïdes
    Des équipes de l’Université ont découvert des molécules qui restreignent les effets secondaires ravageurs de médicaments comme le fentanyl.

    Getty Images
    Les opioïdes soulagent efficacement les douleurs, mais peuvent néanmoins conduire à des issues dramatiques. Depuis des années, les effets secondaires dangereux de puissants analgésiques comme le fentanyl, la morphine ou le tramadol, mobilisent la communauté scientifique et les pouvoirs publics (cf. encadré). Des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) ont réalisé une percée importante dans ce domaine, a annoncé l’alma mater, mercredi. Deux de ses équipes ont découvert des molécules (nommées nanocorps NbE) capables de bloquer les effets des opioïdes, qui vont de vertiges à des dépressions respiratoires fatales.

    Problème: ces nanocorps restent «assez volumineux» et leur production est «relativement coûteuse», expose l’UNIGE. Qu’à cela ne tienne. En collaboration avec une équipe de l’Université de Bruxelles, les chercheurs genevois ont créé in vitro des molécules encore plus petites. «Elles ont le potentiel d’inverser ou de réduire les effets secondaires délétères des opioïdes», souligne la coordinatrice des recherches, Miriam Stoeber, professeure associée au Département de physiologie cellulaire et métabolisme de l’alma mater. Et, ajoute la scientifique, «elles devraient aussi être beaucoup moins chères à produire». Il faudra cependant patienter avant leur arrivée sur le marché. «Ce ne sera pas avant quinze ans, car il reste de nombreux essais cliniques à effectuer.»

    Les résultats des recherches menées par les équipes genevoises ont été publiés dans la revue «Nature Communications».

    La dérive mortelle des opioïdes
    Outre leurs effets secondaires, qui peuvent se révéler fatals dans certains cas, les opioïdes suscitent aussi une très vive inquiétude parce que leur usage a été détourné. Ces médicaments sont en effet aussi massivement utilisés comme drogues. Le fentanyl est ainsi responsable du trois quart des overdoses mortelles aux Etats-Unis et a débarqué dans les rues, en Suisse. Récemment, des chercheurs de l’UNIGE ont décortiqué les effets sur le cerveau du fentanyl. Leur découverte pourrait changer le traitement des addictions.

  222. Les Origines de la Crise des Opioïdes aux États-Unis

    3 oct. 2024 SAN FRANCISCO
    De retour après plus d’un an d’absence (je vous expliquerai les raisons de cette disparition dans une prochaine vidéo). Je me lance à plein temps dans la réalisation de documentaires sur YouTube. Je vais alterner entre des vidéos courtes et des documentaires plus longs comme celui-ci, afin de rester régulier (mais pour l’instant, à une fréquence d’environ une fois toutes les six semaines, faute de personnel).

    Dans cette vidéo, j’ai voulu comprendre ce qui a conduit à la crise des opioïdes, qui fait actuellement plus de 80 000 victimes par an aux États-Unis. La majorité des recherches pour cette vidéo provient des deux ouvrages de Samuel Quinones (« Dreamland » et « The Least of Us »), journaliste et écrivain américain qui s’est longuement penché sur ce sujet.

    Pour éviter que ce documentaire, déjà très riche en informations, ne devienne encore plus dense, j’ai choisi de ne pas aborder le sujet de la famille Sackler, propriétaires de Purdue Pharma, bien que ce soit un sujet tout aussi intéressant. J’ai trouvé cette vidéo, très bien réalisée, qui explore plus en profondeur la famille propriétaire de ce géant pharmaceutique

    https://www.youtube.com/watch?v=8hf478LWoCg

  223. https://www.rts.ch/info/regions/vaud/2024/article/une-petition-demande-au-canton-de-vaud-d-en-faire-plus-pour-gerer-le-deal-de-rue-28626859.html
    Une pétition demande au canton de Vaud d’en faire plus pour gérer le deal de rue
    Lausanne, Yverdon, ou encore Vevey. Plusieurs villes vaudoises sont touchées par le deal de rue. Une pétition demande au Canton d’en faire plus pour gérer cette problématique. Ses initiants se sont retrouvés mardi soir à Vevey pour faire le point.

    Intitulée “Le deal de rue, ça suffit!”, la pétition a été lancée en août par un mouvement citoyen. Près de 1200 personnes ont signé en ligne ce texte en trois semaines. Il devrait être remis à la fin de l’année au Grand Conseil vaudois.

    “On ne peut pas laisser ces dealers s’attrouper en grand nombre et squatter les lieux publics”, estime Marianne Dind, ancienne vice-présidente de l’UDC Riviera et l’une des instigatrices de cette pétition, interrogée mercredi dans la Matinale. “On veut que les citoyens, les habitants, puissent se réapproprier les places publiques”, poursuit-elle.

    >> Ecouter l’interview de Marianne Dind dans La Matinale :
    Marianne Dind, ancienne vice-présidente de l’UDC Riviera. [UDC Vaud – DR]UDC Vaud – DR

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    DR – UDC Vaud

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    Les villes vaudoises se battent contre le deal de rue: interview de Marianne Dind / La Matinale / 1 min. / le 11 septembre 2024
    Les initiants reconnaissent qu’il existe déjà une présence policière, mais ils demandent qu’elle soit plus importante, avec davantage de budget. “Il faut également une réponse judiciaire derrière”, souligne Marianne Dind. Elle pointe du doigt certaines zones problématiques, comme la gare de Vevey et celle d’Yverdon.

    Entre ras-le-bol et tolérance à Vevey
    “Récemment, il y a plus de dealers que de citoyens sur le quai”, observe un passager interrogé par la RTS à la gare de Vevey. Il ne cache pas son dépit: “Ils sont complètement hors-la-loi et on les laisse faire”.

    Autre avis pour Ana, qui habite près de la gare. “Je ne trouve pas que c’est forcément dérangeant”, témoigne-t-elle. “Dès qu’ils comprennent qu’on n’a pas envie d’acheter, ils ne nous dérangent pas”. Diane, elle, se sent en insécurité en tant que femme.

    Mesures sécuritaires “pas suffisantes”
    La présence des dealers s’est intensifiée à la gare confirme le syndic de Vevey Yvan Luccarini. Selon lui, les dealers sont notamment attirés par les 40’000 personnes qui transitent chaque jour par la gare.

    “On constate que les mesures sécuritaires ne sont pas suffisantes”, juge le syndic, “malgré les passages de la police plusieurs fois par jour et le passage des brigades canines du Canton au minimum une fois par semaine”.

    >> Ecouter l’interview d’Yvan Luccarini dans La Matinale :
    Yvan Luccarini (Syndic de Vevey). [Ensemble à gauche]Ensemble à gauche

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    Ensemble à gauche

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    Les villes vaudoises se battent contre le deal de rue: interview d’Yvan Luccarini / La Matinale / 1 min. / le 11 septembre 2024
    Des médiateurs urbains sont actifs à la gare de Vevey depuis bientôt trois mois. Ils ont comme mission de pacifier cette zone. L’installation de caméras de surveillance est également à l’étude.

    Sujet radio: Margaux Reguin

    Adaptation web: Julie Liardet

  224. https://www.radiolac.ch/politique/deal-de-rue-lausanne-yverdon-et-vevey-ecrivent-au-conseil-detat/

    Deal de rue: Lausanne, Yverdon et Vevey écrivent au Conseil d’Etat

    Lausanne, Yverdon et Vevey demandent une action cantonale coordonnée aux niveaux pénal et sanitaire pour lutter contre le deal de rue (photo d’illustration). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

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    Lausanne, Yverdon et Vevey s’unissent face au trafic de drogue dans la rue. Les trois villes, particulièrement concernées par cette problématique, ont écrit une lettre au Conseil d’Etat vaudois pour demander la tenue d’assises de la chaîne pénale et de la santé publique.

    L’organisation de ces assises doit permettre d’aboutir à “une politique coordonnée en matière de sécurité publique et de lutte contre le deal de rue”, mais aussi “une meilleure prise en charge des personnes toxicodépendantes, en particulier s’agissant de la réduction des risques et des programmes d’intégration”, peut-on lire dans la lettre adressée jeudi au gouvernement vaudois.

    Signé par les trois syndics – Grégoire Junod (Lausanne), Pierre Dessemontet (Yverdon) et Yvan Luccarini (Vevey) -, le courrier souligne que le deal de rue et la consommation de drogue, de crack en particulier, sont en “forte augmentation depuis plusieurs mois”. La situation actuelle est “à bien des égards hors de contrôle”. Elle suscite des problèmes de politique sécuritaire et de prise en charge sociale et sanitaire des populations toxicodépendantes, poursuit le texte.

    Alors que la tension monte depuis plusieurs semaines dans ces villes, leurs trois Municipalités reconnaissent que les populations des quartiers concernés “se sentent de plus en plus régulièrement en insécurité et ressentent à juste titre un sentiment d’abandon et d’impunité face à la multiplication dans les rues d’actes illicites non poursuivis.”

    Et d’ajouter que la situation est “à ce point critique” que les visiteurs de ces villes sont aussi affectés, pénalisant ainsi l’attractivité commerciale et touristique.

    Action pénale et sanitaire

    Selon les trois villes, il faut notamment agir sur le plan pénal. Elles regrettent en effet que le deal de rue ne soit plus aujourd’hui “une priorité des différents acteurs et actrices de la chaîne pénale.” Une affirmation confirmée par les retours du terrain des différents corps de police.

    Les Municipalités rappellent qu’il y a quelques années, “une action coordonnée” de ces acteurs avait débouché sur des “résultats positifs” et permis de diminuer le phénomène du deal de rue.

    Des mesures doivent aussi être prises dans la prise en charge sociale et sanitaire. Les structures actuelles pour les consommateurs de drogue sont “surchargées” et seule Lausanne compte des locaux de consommation sécurisés pour un canton de 900’000 habitants. “Les possibilités de prise en charge médicale des personnes toxicodépendantes, qui présentent souvent des pathologies plus larges, mériteraient aussi d’être améliorées”, poursuit le courrier.

    Pétition

    La problématique du deal de rue s’est aggravée depuis cet été à Lausanne, Yverdon et Vevey, faisant souvent la une des médias. Les trois villes ont déjà pris diverses mesures sur leur territoire pour tenter d’endiguer le phénomène, comme la fermeture de certains lieux sensibles.

    La réaction s’est aussi faite au niveau de la population avec le lancement, mi-août, d’une “pétition citoyenne” demandant au Conseil d’Etat d’en faire davantage. Intitulé “Le deal de rue, ça suffit! Tolérance zéro!”, le texte avait réuni plus de 1800 signatures vendredi matin.

    Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

  225. https://www.europe1.fr/faits-divers/une-fusillade-eclate-a-poitiers-cinq-personnes-grievement-blessees-4276273
    Poitiers : cinq blessés graves, «400 à 600 personnes impliquées»… Ce que l’on sait de la fusillade qui a éclaté jeudi soir
    Europe 1 avec AFP / Crédit photo : Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP 08h49, le 01 novembre 2024, modifié à 14h12, le 01 novembre 2024

    Une fusillade a éclaté ce vendredi à Poitiers (Vienne) et fait cinq blessés graves, selon le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Selon la préfecture, deux groupes sont impliqués et des renforts de police seront déployés. Un mineur de 15 ans, blessé à la tête, est entre la vie et la mort.
    Cinq personnes ont été grièvement blessées ce vendredi à Poitiers (Vienne) après une fusillade survenue dans le quartier des Couronneries. “Des tensions entre groupes ont éclaté, nécessitant l’intervention de la police et de la gendarmerie. Le Préfet s’est rendu sur place”, fait savoir la préfecture de la Vienne qui précise que “des renforts de police” seront déployés “dès aujourd’hui”. Sur BFMTV et RMC, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, ajoute qu'”entre 400 et 600 personnes sont impliquées” et que ces faits sont “en lien avec le trafic de drogue”.

    Selon les informations d’Europe 1, trois personnes à bord d’un véhicule ont visé la terrasse d’un restaurant, blessant grièvement cinq personnes. Un mineur de 15 ans, grièvement blessé à la tête, serait entre la vie et la mort. Le pronostic vital d’une autre victime est également engagé.

    “Point de bascule”
    “Ça a commencé par une fusillade sur un restaurant et ça s’est achevé par une rixe entre bandes rivales qui a engagé plusieurs centaines de personnes”, a également détaillé Bruno Retailleau. Les coups de feu ont été signalés au niveau de la place Coimbra, un lieu connu pour abriter du trafic de stupéfiants. Les assaillants ont pris pour cible la terrasse d’un restaurant, selon une source policière, et se trouvaient à bord d’un véhicule. Intervenus sur place, des policiers ont été pris à partie par des jeunes. Ce vendredi matin, le calme était rétabli dans le secteur.

    Après cette nouvelle fusillade liée au trafic de drogue, Bruno Retailleau a estimé qu’on était “à un point de bascule”, alors qu’il doit se rendre à Rennes où un enfant de cinq ans est entre la vie et la mort après avoir reçu une balle dans la tête samedi dernier, dans le cadre d’un règlement de compte.

  226. MAROC – CHINE – AUBERVILLIERS : PLONGÉE DANS LA MULTINATIONALE DU CRIME ET DE LA DROGUE

    31 oct. 2024
    Les cols blancs, au cœur du trafic de de stup
    En France le narcotrafic génère près de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires par an et représente 0,1 point du produit intérieur brut. 240 000 personnes vivent directement ou indirectement du trafic de stupéfiants en France. Une multinationale du crime qui innerve l’économie légale.
    Le stup est une activité criminelle qui génère une très grande quantité d’argent cash mais qui ne peut être massivement réutilisé tel quel. Le trafic doit donc s’accompagner de mécanismes de blanchiment pour réinjecter cet argent dans les circuits légaux et permettre aux trafiquants de s’enrichir réellement et d’acquérir leur pouvoir.
    A l’heure où l’inquiétude grandi en France sur l’impact de ces groupes criminels sur notre démocratie, une affaire judiciaire vient éclairer ces mécanismes très élaborés. Une affaire qui a nécessité plus de cinq ans d’enquête, dix ans d’instruction et l’intervention de plusieurs dizaines de policiers, de gendarmes et de magistrats spécialisés aux quatre coins de la France ainsi que des collaborations internationales avec plusieurs pays.
    Le 16 mai 2024, dix-neuf personnes ont été condamnées pour le blanchiment de plusieurs millions d’euros en quelques mois. Une affaire emblématique où tout un réseau s’est retrouvé sur le banc des accusés des trafiquants aux cols blancs qui les enrichissent et sans qui rien n’est possible. Bienvenu au cœur du blanchiment d’argent sale où se côtoient trafiquants, commerçants et chefs d’entreprises avec un seul et même objectif : s’enrichir.

    https://www.youtube.com/watch?v=qmRoJGGDVnw

  227. Arrêté Avec Drog*e Et Cash : Libéré Sans Détention, Scandale Judiciaire !

    9 nov. 2024
    Arrêté en pleine opération de “go fast” avec 15 kg de drogue, 80 000 € de cash et des antécédents judiciaires, ce trafiquant a blessé un policier en fonçant sur les forces de l’ordre. Pourtant, la justice l’a remis en liberté en attendant son procès, invoquant une incompatibilité avec la détention provisoire. Un choix judiciaire qui fait débat : quel message cela envoie-t-il aux criminels et aux forces de l’ordre ?

    https://www.youtube.com/watch?v=4l9-MKbn2NI

  228. https://www.watson.ch/fr/suisse/la-poste/358040256-les-dealers-exploitent-une-faille-de-la-poste-et-des-cff
    Les dealers ont une astuce avec les CFF et La Poste pour livrer leur came
    Les trafiquants de drogue utilisent des plateformes comme Telegram pour mener leurs affaires illicites. Grâce à des complices prêts à tout et à des astuces recherchées, ils parviennent à livrer leurs substances coûteuses aux clients.

    En juin 2020, une femme a été interpellée par la police à Zurich. D’après l’acte d’accusation, elle effectuait des livraisons de drogue pour un «service de commande et livraison de drogue sur Telegram» à bord de son Alfa Romeo. A l’intérieur du véhicule, la police a trouvé deux petites doses de cocaïne prêtes à être distribuées, et, à son domicile, des stupéfiants d’une valeur estimée à 24 000 francs, incluant de la cocaïne, du cannabis, de l’ecstasy, des amphétamines et du LSD. Elle projetait de les distribuer dans la région zurichoise, tout en les consommant en partie.

    Après 282 jours de détention, le tribunal de district l’a condamnée, en mars 2021, à une peine de 20 mois avec sursis et à une amende de 500 francs. Il a également ordonné la destruction des dizaines de sachets de plastique contenant les drogues prêtes à la vente.

    La femme travaillait pour le réseau de dealers appelé «Colombe Vitamine». Ce réseau s’inscrit dans un groupe Telegram qui facilite la vente de drogues de tous types en Suisse: cannabis, amphétamines, cocaïne, voire fentanyl, accessibles à tous, comme l’ont révélé les investigations de CH Media (groupe auquel appartient watson).

    Des coursiers enrôlés par des inconnus
    La coursière zurichoise recevait cinq puis dix francs pour chaque «unité» livrée. Elle collectait l’argent auprès des clients, puis le transférait en bitcoins à ses commanditaires anonymes.

    En janvier 2023, un autre coursier du réseau «Colombe Vitamine» a été condamné: un jeune entrepreneur romand en difficulté financière, qui livrait des stupéfiants après ses heures de travail. Recruté sur Telegram, il a gagné environ 22 000 francs en livrant des substances qu’il recevait préemballées par la poste, et pour lesquelles il était rémunéré en espèces ou en bitcoins. Ayant exprimé des remords, il a écopé de deux ans de sursis et d’une amende ferme de 180 jours-amende à 80 francs.

    Pendant que les petits coursiers se font attraper, les dealers principaux demeurent eux dans l’ombre. Le commerce prospère, et la quantité de drogues écoulées en Suisse, tout comme la misère qui en découle, ne cessent de croître.

    Capture d'écran Telegram

    Capture d’écran du canal TelegramImage: Telegram

    Au printemps et en été 2024, un canal de «Colombe Vitamine» a proposé une «offre spéciale» sur Telegram: jusqu’à trois kilos par client pour 33 000 francs. Les gros dealers offraient même un service de stockage sécurisé et de livraison échelonnée, pour des frais de port de 50 francs.

    Boîtes aux lettres mortes et automates
    Sur un autre canal Telegram, un intermédiaire met en garde ses clients contre les colis expédiés depuis l’étranger, qui pourraient provoquer des perquisitions en cas de contrôle douanier. Pour ceux qui persistent à commander hors du pays, il recommande l’utilisation d’une «adresse anonyme» ou d’une «boîte aux lettres morte» – un point de dépôt connu uniquement de l’expéditeur et du destinataire, une méthode prisée par les dealers.

    L’intermédiaire conseille également de recourir aux automates postaux pour les livraisons. Les automates My Post 24 semblent en effet prisés, à en croire les discussions sur Telegram, tout comme les distributeurs CFF pour le retrait de cryptomonnaies.

    Sur ces canaux, certains intermédiaires proposent même des «comptes My Post 24 piratés» afin que les utilisateurs puissent envoyer et recevoir des colis de manière anonyme.

    «Tu veux un compte My Post 24 piraté? Paie en crypto et reçois tes identifiants immédiatement»

    Un dealer sur la plateforme

    Pour l’achat de cinq comptes à 140 francs pièce (payables en bitcoins), une réduction de 10% est accordée, avec possibilité de payer en espèces lors d’une rencontre.

    La Poste n’a aucune «connaissance» de ces activités
    La Poste, quant à elle, déclare n’avoir aucune «connaissance» de ces activités. Les comptes My Post 24 sont-ils piratés et utilisés pour le trafic de drogues, comme le prétendent ces trafiquants? «Nous n’avons pas connaissance de telles activités», a répondu Stefan Dauner, porte-parole de La Poste, en précisant que «les automates My Post 24 nécessitent un enregistrement via SwissID».

    Pour l’heure, les criminels semblent toujours avoir une longueur d’avance. Les commanditaires et grands trafiquants restent dans l’ombre. Seuls les petits maillons de la chaîne se font attraper.

    Traduit et adapté de l’allemand par Tanja Maeder

  229. https://www.rts.ch/info/suisse/2024/article/plus-de-90-d-hommes-et-67-d-etrangers-ont-ete-incarceres-dans-les-prisons-suisses-l-an-passe-28691479.html
    Plus de 90% d’hommes et 67% d’étrangers ont été incarcérés dans les prisons suisses l’an passé
    L’an passé, 9297 nouvelles incarcérations ont débuté dans un établissement pénitentiaire en Suisse, un chiffre stable par rapport à 2022 (9121). La proportion d’hommes dépasse encore les 90% tandis que les personnes de nationalité étrangère étaient majoritaires (67%).

    Quelque 90,6% des incarcérations en 2023 concernaient des hommes, selon les chiffres publiés lundi par l’Office fédéral de la statistique. Les femmes représentaient 9,4% des cas, soit une tendance en hausse sur le long terme.

    Si la part d’étrangers atteignait plus des deux tiers en 2023, sur dix ans, la tendance est stable. Cette proportion a toutefois quasiment triplé depuis les années 1980. En ce qui concerne les exécutions de mesures en 2023, les Suisses restent majoritaires (64%).

    Les peines les plus souvent exécutées en 2023 étaient des peines privatives de liberté (38%) et des peines de substitution pour une amende non payée (42%). L’an dernier, 31 personnes, dont 28 hommes, étaient visés par une peine privative de liberté à vie.

    Du travail d’intérêt général pour un quart des exécutions de peine
    En 2023, 2823 exécutions de peine sous la forme de travail d’intérêt général ont débuté, soit moins d’un quart (23%) de l’ensemble des exécutions. La part de femmes (27%) et celle de Suisses (61%) exécutant un travail d’intérêt général était plus élevée qu’en détention. Dans 83% des cas, une amende a été exécutée sous cette forme.

    L’exécution de peine sous surveillance électronique représentait seulement 3% de toutes les exécutions débutées en 2023. Ce mode d’exécution de sanction concernait principalement des hommes (82%) et des Suisses (61%).

    >> Lire aussi : Le taux de suicide dans les prisons est quatre fois plus élevé en Suisse que dans l’UE

    ats/boi

  230. https://ghi.ch/articles/drogues-pourquoi-rien-ne-bouge-geneve
    Drogues: pourquoi 
rien ne bouge à Genève?
    Malgré la volonté politique affichée de lutter contre le fléau des stupéfiants, le crack gangrène toujours Genève. Dans certains lieux, riverains et commerçants n’en peuvent plus et tirent la sonnette d’alarme.

    «Rien ne change. Depuis l’arrivée du crack, je vois toujours plus de drogués. C’est un triste spectacle pour les enfants du quartier et ça nous pourrit la vie», désespère un habitant des Grottes. «Certains qui mendient sont agressifs, ça fait fuir les clients. Et puis, les lieux sont de plus en plus sales. Que fait l’Etat?», abonde un commerçant des Pâquis, témoin quotidiennement d’échanges de substances à proximité de son magasin et d’une école.
    Dans le canton de Vaud, une pétition (Le deal de rue….ça suffit!) a même été lancée par un mouvement citoyens pour demander aux autorités davantage de résultats en matière de lutte contre le trafic.
    Quatre piliers
    Et pourtant, à Genève, une véritable politique est menée par nos autorités, à l’image de l’approche en quatre piliers, défendue par le Conseil d’Etat (prévention, thérapie, réduction des risques et répression). Comment expliquer que les drogues continuent à se répandre comme une traînée de poudre? Nous avons interrogé les sept présidents des partis représentés au Grand Conseil. «Notre position est la même que celle initiée par l’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss, à savoir celle des quatre piliers. A ce titre, la politique transversale déployée par le Conseil d’Etat, en ne se limitant pas à la simple répression, va exactement dans ce sens et permet d’obtenir des résultats», précise Thomas Wenger, président de la section genevoise du PS. Mais où sont ces résultats? «Cela est complexe et prend du temps. C’est pour cela que nous nous sommes battus pour allouer des ressources au plan crack.» Thomas Wenger cite l’exemple de Zürich: «Les autorités ont mis en place un accompagnement socio-sanitaire. Une partie de la consommation se passe dans des structures en appartements». A ce titre, le PS se dit en faveur d’un déplacement du Quai 9 dans un endroit plus approprié, pour autant qu’il reste dans un lieu central.
    Lenteur de la mise en œuvre
    «Les Verts ont été parmi les premiers à interpeller le Conseil d’Etat. Nous jugions important de relancer la politique des 4 piliers. Une majorité du Grand Conseil a même décidé de lui ajouter un cinquième pilier à savoir l’accompagnement social. Un plan crack de 6 millions de francs a été adopté par le Grand Conseil, mais il peine à se déployer. Nous regrettons la lenteur de la mise en œuvre du dispositif», assure Maryam Yunus Ebener, présidente des Verts genevois. Pour son parti, il s’agit non seulement de renforcer l’ensemble des piliers, mais aussi chercher de nouvelles manières de répondre à ce fléau. «Ce qui n’a pas fonctionné, il y a 30 ans – à savoir le tout répressif – n’a pas plus de chance de fonctionner aujourd’hui. Miser uniquement sur la prévention ne réglerait pas non plus le problème actuel. C’est bien l’ensemble des piliers qu’il faut renforcer. Et puis, il ne faut pas se focaliser uniquement sur les dealers, mais combattre également les filières en amont. L’augmentation des dealers visibles n’est que la partie émergée de l’iceberg», rappelle-t-elle.
    Répression
    De l’autre côté de l’échiquier politique, la position de l’UDC tranche avec celle de ses adversaires. «C’est un fléau à éradiquer d’urgence! Il faut absolument renforcer les moyens policiers sur le terrain et l’arsenal judiciaire», résume Lionel Dugerdil, président de la section genevoise du parti agrarien. Pour l’élu: «Davantage d’agents, sont nécessaires et on doit les laisser travailler. Il n’est pas normal de voir des dealers ressortir rapidement après leur arrestation alors qu’ils pourrissent la vie des habitants.» Lionel Dugerdil estime d’ailleurs que le Ministère public devrait être plus offensif. «Peut-être que s’il prenait ce problème à bras-le-corps, plutôt que de poursuivre des policiers pour excès de vitesse pendant leur travail, la situation s’améliorerait.». Pour lui, il y a un risque à ce que Genève devienne une ville ou les dealers font la loi, comme on le voit en France ou aux Etats-Unis».
    Un tour de vis également souhaité par le Mouvement citoyens genevois (MCG), qui demande lui aussi davantage d’actions contre le deal. «Nous estimons qu’il fallait faire un effort beaucoup plus grand, notamment sur le terrain avec des agents supplémentaires et des sanctions plus lourdes contre les dealers. Sans oublier le volet social et sanitaire», détaille le président du parti, François Baertschi. Mais ce n’est pas tout. Pour le MCG, de nombreuses formations politiques seraient dans le double discours, ce qui expliquerait l’absence de changement. «La gauche et la droite font des promesses. Mais quand il faut soutenir des actes il n’y a plus personne», déplore l’élu.
    “Idéologique”
    Par ailleurs, le MCG dit partager les préoccupations des commerçants et des habitants concernés par la présence des usagers du Quai 9. «Ce lieu draine du monde, notamment en provenance de l’autre côté de la frontière, puisque la France est plus restrictive en matière de drogue. Résultat: un appel d’air, alors que ce n’est pas la vocation de Genève!» Concernant les propositions de légalisation régulièrement demandée par des acteurs, le président n’y croit pas. «C’est purement idéologique. Je pense que ces personnes n’ont jamais vu de fumeurs de crack et l’impact qu’ils ont sur un quartier. Je m’étonne qu’on puisse encore faire de telles propositions face à une situation si grave», conclut François Baertschi.
    Un canton attractif?
    Le PLR, qui défend lui aussi l’approche en 4 piliers, prête une attention particulière à l’impact de la drogue sur les quartiers. Si une légalisation des drogues a beaucoup été défendue par les jeunes PLR, la section cantonale ne partage pas ce point de vue: «Certaines substances peuvent être encadrées, mais ce n’est pas le cas du crack, qui vient de faire son apparition. Nous devons donc nous assurer que Genève ne soit pas considéré comme un endroit attractif pour cette drogue. Cela génère une criminalité, notamment des vols et des agressions, qu’il est impératif de sanctionner», affirme Pierre Nicollier, président de la section cantonale. Pour les résultats, l’élu rappelle que la formation de nouveaux policiers prend du temps. «Il faut environ deux ans pour qu’ils soient prêts. Les ressources ont déjà été octroyées. En attendant, il est important d’agir là où on le peut, par exemple en fermant les cours d’école si nécessaire, ou en déplaçant le Quai 9.»
    En dehors de ce clivage habituel, qu’en pensent les partis du centre? «Il faut entendre le mécontentement. Nous ne pouvons pas rester insensibles au désarroi ambiant. Effectivement, la politique actuellement menée prend du temps à se déployer, mais il faut tenir bon. Et intervenir là où c’est possible», analyse Philippe Rochetin, président du Centre Genève, également favorable à un déplacement du Quai 9. Pour lui, la stratégie plurielle de l’Etat reste la bonne: «Il faut de la répression, pour éviter de banaliser le problème. On ne soigne pas une maladie en la laissant s’exprimer. Mais l’approche socio-sanitaire est aussi centrale.» Enfin, Philippe Rochetin se dit en faveur de davantage de moyens d’accompagnement pour aider à sortir des addictions. «Pourquoi ne pas mettre en place des structures médicalisées pour favoriser la désintoxication?»
    Perte de contrôle
    Enfin du côté de Libertés et justice sociale (LJS), on redoute une perte de contrôle. «Nous sommes en particulier sensibles à la détérioration de l’environnement immédiat, des habitants et commerçants, du quartier, des Grottes et de celui des Pâquis», détaille la présidente, Florence Florenza Decurtins. D’après la formation, Genève serait arrivé «au bout» de la politique des quatre piliers. Pour faire face, le parti confie d’ailleurs plancher sur de nouvelles pistes. «Le phénomène du crack pousse en effet dans ses derniers retranchements l’articulation entre la répression et la prévention. C’est plus une question d’équilibre entre ces quatre piliers qu’une question de prise en charge des consommateurs qui sont des toxicomanes plutôt que des délinquants», conclut-elle.

  231. https://www.swissinfo.ch/fre/cinquieme-suisse/drogues-dures-la-prohibition-fait-elle-plus-de-mal-que-de-bien/87905701
    Drogues dures: la prohibition fait-elle plus de mal que de bien?
    Un adolescent fume du crack.
    Drogues dures: l’interdiction fait-elle plus de mal que de bien? [Image symbolique] Keystone/Christof Schuerpf
    Après Genève, le crack – une drogue issue de la cocaïne – s’étend également à d’autres villes suisses. Comment contrer cette consommation croissante et de quels soutiens les personnes dépendantes ont-elles besoin? Rejoignez la discussion proposée par l’équipe «dialogue».

    Ce contenu a été publié sur 01 novembre 2024 – 09:09

    5 minutes

    En Suisse, la consommation de crack est en hausse. Des villes comme Zurich luttent contre les scènes de drogue ouvertes depuis l’année dernière et, en Suisse romande, la consommation a triplé depuis 2020.

    «Dans le passé, c’étaient les opiacés, d’autres substances qui étaient consommées plus fréquemment, comme l’héroïne. Maintenant, c’est le crack. Les consommateurs sont hyperactifs, très stressés, excités. Malheureusement, nous assistons à des scènes d’agression et de violence, en particulier dans les lieux publics où les gens se réunissent pour consommer», explique José Di Stefano dans un article de RSILien externe.

    Ce que dit ce responsable d’une structure de jour à Lugano – structure qui accueille chaque jour environ 40 personnes dépendantes et traite 140 autres personnes en ambulatoire – fait écho aux témoignages de consommateurs qui racontent leur désarroi face à cette substance. «On a la sensation de ne jamais en avoir assez et c’est ça le problème: les gens en veulent toujours, toujours, toujours, toujours…», explique Nils au micro de l’émission CQFD de la RTS.

    Distribution contrôlée de cocaïne
    Depuis un certain temps déjà, les experts encouragent la Suisse à repenser et adapter sa politique en matière de drogues. Cet été, la Commission fédérale pour les questions liées aux addictions et à la prévention des maladies non transmissibles (CFANT) a emboîté le pas. Elle appelle à des approches novatrices pour limiter l’offre et la visibilité du crack dans la sphère publique. «Les gens qui consomment du crack plusieurs fois par jour entrent dans un cercle vicieux d’approvisionnement et de consommation», explique Christian Schneider, vice-président de la CFANT.

    Pour l’analyste stratégique de la police cantonale zurichoise, il faut des lieux supplémentaires et facilement accessibles (points de contact et lieux de retraite) pour ces toxicomanes qui dorment à peine, mangent, boivent et se négligent. Ou alors épuisés et dormant 24 heures sur 24.

    Compte tenu de la distribution réussie de l’héroïne au cours des dernières décennies, la distribution contrôlée de cocaïne aux personnes gravement dépendantes est également à l’ordre du jour. Cependant, il n’y a pratiquement pas de recherches à ce sujet et les experts sont divisés.

    Regarder le reportage de SRF sur les arguments pour et contre la distribution contrôlée de cocaïne :

    Adaptation de la politique en matière de drogue
    La politique suisse en matière de drogue, qui vise à réduire la consommation de drogues et ses conséquences négatives pour les usagers et la société, repose sur quatre piliers: la prévention, la thérapie, la réduction des risques et la répression.

    Un système qui doit être adapté selon Ruth Dreifuss, membre de la Commission mondiale sur la politique des drogues. Afin de résoudre les problèmes liés à la vente et à la consommation de crack, l’ancienne conseillère fédérale préconise de sortir les toxicomanes de leur situation par le biais d’approches d’accompagnement et d’émancipation.

    Regarder l’interview de Ruth Dreifuss réalisée par la RTS :

    Qu’en pensez-vous? L’interdiction des drogues dures fait-elle plus de mal que de bien? Rejoignez la discussion sur la plateforme de débat multilingue «Dialogue».

    Les psychédéliques en thérapie
    Alors que le crack et ses effets sur les toxicomanes et la société alimentent le débat sur la façon de gérer les drogues dures, une autre discussion tourne autour d’un autre groupe de drogues: les psychédéliques, comme l’explique un article de SWI.

    En 2024, les psychédéliques sont légaux ou décriminalisés dans 23 pays. La Suisse a une longue histoire avec de telles drogues, puisque le LSD a été découvert à Bâle en 1938. Avec les États-Unis, le Canada et l’Australie, la Suisse est un leader mondial dans le domaine de la thérapie et de la recherche psychédéliques.

    Depuis 2014, les patients de Suisse peuvent recevoir des psychédéliques en dernier recours dans le cadre d’un «usage compassionnel». Jusqu’à présent, cependant, les Hôpitaux universitaires de Genève sont le seul endroit du pays qui propose un traitement psychédélique sûr dans un cadre médical important.

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    Mesure de microdoses de champignon magique
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    Bientôt des thérapies psychédéliques pour tous?
    Ce contenu a été publié sur 28 juil. 2024 Genève abrite le seul hôpital suisse proposant une thérapie assistée par les psychédéliques.

    lire plus Bientôt des thérapies psychédéliques pour tous?
    Traduit de l’allemand par Didier Kottelat/cm

    Articles mentionnés

  232. Règlements de comptes à la cité ! L’enfer de la drogue à Marseille

    5 juil. 2023
    25 morts l’été dernier à Marseille, la plupart liés au trafic de drogue. Comment expliquer cette série noire de règlements de compte d’une rare violence qui ensanglante les cités des quartiers Nord ?

    https://www.youtube.com/watch?v=hDWJW2uOc1k

  233. Les banlieues (EP.1) – La drogue

    22 avr. 2022
    Voici l’épisode 1 d’une série sur les banlieues. Voici l’épisode sur la drogue, la machin, la weed, le jaune. Qu’on y aille pour toucher ou jobber, j’ai été immergée pendant quelques semaines dans une société parallèle. Hors la loi, en dehors de la légalité, soumis à d’autres lois: les leurs. La loi de la nécessité, l’impitoyable loi du marché, et celle de la jungle, inévitablement.
    Voici ce que j’ai vu.

    https://www.youtube.com/watch?v=F9thpS8L2Pk

  234. Meurtres et Cocaïne dans la Mafia Calabraise : La Ndrangheta règne en Italie | Documentaire HD

    17 oct. 2024
    Numéro un sur le marché de la cocaïne, rapportant plus de 53 milliards d’euros par an, la Ndrangheta est la branche la plus puissante de la mafia italienne. Ses membres sont enrôlés jeunes dans cette immense organisation, considérée comme une famille à laquelle on doit être loyal tout au long de sa vie.
    De l’extorsion au trafic de drogue, la Ndrangheta est impliquée dans de nombreuses affaires à travers le monde. Fortement armée, l’organisation a la mainmise sur l’économie calabraise.
    Nous rencontrons les rares et courageux acteurs qui luttent contre l’organisation et participons avec la police à l’assaut d’un port et à l’arrestation d’un « parrain ». Un éclairage sur cette mafia qui a la mainmise sur le sud de l’Italie.

    Ce documentaire a été produit par Ligne de Front et dirigé par Clément Dudoue. Il a été publié pour la première fois en 2015.

    https://www.youtube.com/watch?v=z5j9Ccemcis

  235. https://www.plr-vevey.ch/actualites/communiques-de-presse/communiques-de-presse-detail/news/securite-dans-lespace-public-et-deal-de-rue-il-est-temps-dagir-et-vite-2
    Sécurité dans l’espace public et deal de rue: Il est temps d’agir et vite !
    Le PLR Vaud et ses sections de Lausanne, Vevey et Yverdon-les-Bains martèlent depuis des années que la situation relative au deal de rue, à la politique de la drogue, à la sécurité dans l’espace public se péjore. Dans de nombreuses villes vaudoises, les citoyens se sentent de plus en plus exposés à des activités illégales et à l’insécurité ambiante. Or, la sécurité est un droit fondamental.

    Depuis quelques mois, cela est tellement intenable que les municipalités des villes susmentionnées ont appelé à l’aide le Canton et demandé des assises de la chaîne pénale.

    Ce réveil tardif des municipalités de gauche démontre le laxisme dont elles ont fait preuve durant ces dernières années. Leurs politiques favorisent un environnement où la consommation de drogues et le deal de rue prospèrent au détriment de la tranquillité publique et de la sécurité des habitants. Le PLR considère que ce n’est pas en organisant des assises que la situation va s’améliorer.

    Aujourd’hui, il faut agir et faire des propositions concrètes. Le PLR va déposer plusieurs textes au sein des conseils communaux ainsi qu’au Grand Conseil, afin d’exiger des actions fermes et efficaces pour lutter contre l’insécurité dans l’espace public.

    Ainsi, nous demandons notamment de mettre en place une meilleure collaboration entre la police et les assistants sociaux. Nous voulons également que les critères d’entrée dans les lieux à bas seuil soient réservés aux habitants du canton, voire des villes concernées. Ces deux premières mesures fonctionnent avec succès à Berne et à Zurich. Les prisons étant pleines, des solutions provisoires doivent être trouvées pour faire face à la surpopulation carcérale, en particulier en augmentant la pose de bracelets électroniques. Un accent doit être mis sur la prévention peu existante à notre avis. Enfin, la police et les autres intervenants “feux bleus” doivent être soutenus par les différents pouvoirs publics lorsqu’ils subissent des violences et être informés de leurs droits.

    Notre objectif est clair : mettre fin à l’impunité et rétablir un climat de sérénité pour tous.

    Textes parlementaires en annexe:

    Postulat: Renforcer la collaboration entre la police et les assistants sociaux dans le canton de Vaud
    Interpellation: Soutien aux équipes « feux bleus » face aux violences contre les fonctionnaires
    Interpellation: Quelles solutions provisoires en attendant la prison des Grands-Marais ?
    Interpellation: Quelle prévention en matière de consommation de drogues ?

  236. https://www.24heures.ch/vaud-les-remedes-du-plr-pour-lutter-contre-le-deal-de-rue-762086932963
    Vaud: les remèdes du PLR pour lutter contre le deal de rue
    Trafic de drogue

    Les remèdes du PLR pour lutter contre le deal de rue
    Le parti veut notamment limiter l’accès aux locaux d’injection de Lausanne aux seuls Lausannois. Son but: sécuriser l’espace public.

    Laurent Antonoff

    Publié: 14.11.2024, 17h33

    Le PLR Vaud demande de mettre en place une meilleure collaboration entre la police et les assistants sociaux.
    Le PLR Vaud demande de mettre en place une meilleure collaboration entre la police et les assistants sociaux.

    Jean-Paul Guinnard

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    «On marche sur la tête dans ce canton: il est interdit de cueillir des champignons chaque première semaine du mois, mais on peut dealer dans nos villes en toute impunité.» C’est en ces termes que le député Grégory Bovay, vice-président du PLR Vaud, a dénoncé ce jeudi l’insécurité dans l’espace public, liée au deal de rue.

    Son parti va déposer plusieurs textes au sein des conseils communaux d’Yverdon-les-Bains, de Vevey et de Lausanne, ainsi qu’au Grand Conseil, afin d’exiger des actions fermes et efficaces.

    À Lausanne, c’est Mathilde Maillard qui souhaite que les autorités fixent des critères d’accessibilité aux locaux d’injection du Vallon et de la Riponne. «La Municipalité a indiqué que seuls 56% des usagers résident à Lausanne ou dans sa région. Cela veut dire que 40% n’ont pas à y être, mais on les retrouve dans nos rues. Et comme la demande crée l’offre, les dealers sont davantage présents. Le message est clair: il faut rendre nos villes à leurs habitants et enfin s’occuper des gens honnêtes qui respectent les lois.»

    À Lausanne, Mathilde Maillard souhaite que les autorités fixent des critères d’accessibilité aux locaux d’injection. Ici, celui de la Riponne.
    À Lausanne, Mathilde Maillard souhaite que les autorités fixent des critères d’accessibilité aux locaux d’injection. Ici, celui de la Riponne.

    Patrick Martin

    Pour l’élue PLR, les locaux d’injection devraient être réservés aux personnes provenant de Lausanne et de sa région. «Ce n’est pas à Lausanne de prendre en charge toute la toxicomanie du canton», acquiesce la députée Florence Bettschart-Narbel, présidente du PLR Vaud.

    Soutien aux équipes «feux bleus»
    Le PLR Vaud demande également de mettre en place une meilleure collaboration entre la police et les assistants sociaux, cette coordination s’avérant cruciale pour garantir la sécurité et le bien-être des citoyens. Elle serait même «indispensable» pour répondre aux défis posés par le deal de rue. Le parti de droite proposera donc au Conseil d’État d’étudier les modèles de collaboration existant dans certaines villes suisses allemandes, telles que Zurich ou Berne, et de mettre en place des formations communes afin de sensibiliser chacun aux compétences et aux rôles de l’autre, renforçant ainsi la compréhension mutuelle et la coopération sur le terrain.

    Autres textes qui seront prochainement déposés par le PLR Vaud au Grand Conseil: une interpellation concernant des actions à mener afin de prévenir les consommations de drogue, une interpellation sur la surpopulation carcérale, et une demande de soutien aux équipes «feux bleus» (pompiers, police, ambulanciers) face aux violences contre les fonctionnaires.

    Enfin, au sujet de l’appel à l’aide lancé au Canton en septembre dernier par les municipalités de gauche d’Yverdon-les-Bains, de Vevey et de Lausanne pour lutter contre le deal de rue, le PLR Vaud se dit «surpris et choqué». Ces villes demandaient notamment la tenue d’assises de la chaîne pénale. «C’est clairement un aveu d’échec», estime Mathilde Maillard.

  237. https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home.gnpdetail.2024-0245.html
    Exécution des sanctions en 2023 – GNP Diffusion
    Nouvelles informations statistiquesDate de publication 11.11.2024

    Exécution des sanctions en détention en 2023

    En 2023, 9 297 exécutions de peine ou de mesure ont débuté dans un établissement pénitentiaire en Suisse. Parmi ces exécutions, la proportion d’hommes dépasse 90%. Les décisions le plus souvent exécutées en détention sont les peines privatives de liberté (38%) et les peines privatives de liberté de substitution de l’amende (42%). En exécution de peine, les personnes de nationalité étrangère sont les plus représentées (67%). A l’inverse, en exécution de mesure, les personnes de nationalité suisse sont majoritaires (64%).

    Modes alternatifs de l’exécution des sanctions

    En 2023, 2 823 exécutions de peine sous la forme du travail d’intérêt général ont débuté, ce qui représente moins d’un quart (23%) de l’ensemble des exécutions. Les proportions de femmes (27%) et de Suisses (61%) exécutant un travail d’intérêt général sont plus élevées qu’en détention. Dans 83% des cas, une amende a été exécutée sous cette forme.

    L’exécution de peine sous surveillance électronique (ou « Electronic Monitoring ») se rapporte à 3% de toutes les exécutions débutées en 2023. 82% des exécutions de peine sous surveillance électronique concernent des hommes et 61% des Suisses. Contrairement au travail d’intérêt général, les peines privatives de liberté sont les peines le plus souvent exécutées avec un appareil électronique (50%).

    Assistance de probation et règles de conduite

    En 2023, 1 372 assistances de probation et règles de conduite ont été engagées, dont 91% concernent des hommes et 61% des personnes de nationalité suisse. La moitié des assistances engagées font suite à une décision de libération conditionnelle. L’autre moitié a débuté en raison du prononcé d’une peine privative de liberté ou d’une peine pécuniaire avec sursis ou sursis partiel.

    Criminalité et droit pénal

  238. Alerte aux nouvelles drogues : moins chères et plus dangereuses – Documentaire complet

    17 nov. 2024
    Censée décupler les sensations de plaisir et d’énergie, la MDMA, qu’on appelle aussi la «drogue de l’amour», est devenue en à peine trois ans l’une des drogues les plus consommées de France.

    Elle fait des ravages chez les jeunes, sur les pistes de danse ou dans les soirées entre amis. Mais dans les services de réanimation des hôpitaux, les problèmes de santé augmentent de manière inquiétante. Fournie par des grossistes hollandais, cette drogue de synthèse au coût dérisoire est fabriquée dans des laboratoires clandestins mobiles, difficiles à identifier. Produite au coeur de l’Europe, elle circule en toute impunité.
    Un film de Valérie Rouvière
    Une production Dreamway
    © 2015

    https://www.youtube.com/watch?v=VK_u-q-k3bI

  239. Paris : Quand Les Policiers Fuient Face à la Violence !

    20 nov. 2024
    Une scène glaçante à Paris : une voiture de police attaquée à coups de pierres par des délinquants, sous les regards passifs d’une foule qui préfère filmer plutôt qu’agir. Les policiers, en infériorité, prennent la fuite. Cette scène illustre-t-elle l’état d’impuissance de nos forces de l’ordre face à la montée de la violence ?

    https://www.youtube.com/watch?v=CwsSot_ivS8

  240. Drogues dures: la prohibition fait-elle plus de mal que de bien?
    swissinfo.ch/fre/cinquieme-suisse/drogues-dures-la-prohibition-fait-elle-plus-de-mal-que-de-bien/87905701
    1 novembre 2024
    Cinquième Suisse
    Un adolescent fume du crack.
    Drogues dures: l’interdiction fait-elle plus de mal que de bien? [Image symbolique] Keystone/Christof Schuerpf
    Après Genève, le crack – une drogue issue de la cocaïne – s’étend également à d’autres villes suisses. Comment contrer cette consommation croissante et de quels soutiens les personnes dépendantes ont-elles besoin? Rejoignez la discussion proposée par l’équipe «dialogue».

    Ce contenu a été publié sur 01 novembre 2024 – 09:09

    5 minutes

    En Suisse, la consommation de crack est en hausse. Des villes comme Zurich luttent contre les scènes de drogue ouvertes depuis l’année dernière et, en Suisse romande, la consommation a triplé depuis 2020.

    «Dans le passé, c’étaient les opiacés, d’autres substances qui étaient consommées plus fréquemment, comme l’héroïne. Maintenant, c’est le crack. Les consommateurs sont hyperactifs, très stressés, excités. Malheureusement, nous assistons à des scènes d’agression et de violence, en particulier dans les lieux publics où les gens se réunissent pour consommer», explique José Di Stefano dans un article de RSILien externe.

    Ce que dit ce responsable d’une structure de jour à Lugano – structure qui accueille chaque jour environ 40 personnes dépendantes et traite 140 autres personnes en ambulatoire – fait écho aux témoignages de consommateurs qui racontent leur désarroi face à cette substance. «On a la sensation de ne jamais en avoir assez et c’est ça le problème: les gens en veulent toujours, toujours, toujours, toujours…», explique Nils au micro de l’émission CQFD de la RTS.

    Distribution contrôlée de cocaïne
    Depuis un certain temps déjà, les experts encouragent la Suisse à repenser et adapter sa politique en matière de drogues. Cet été, la Commission fédérale pour les questions liées aux addictions et à la prévention des maladies non transmissibles (CFANT) a emboîté le pas. Elle appelle à des approches novatrices pour limiter l’offre et la visibilité du crack dans la sphère publique. «Les gens qui consomment du crack plusieurs fois par jour entrent dans un cercle vicieux d’approvisionnement et de consommation», explique Christian Schneider, vice-président de la CFANT.

    Pour l’analyste stratégique de la police cantonale zurichoise, il faut des lieux supplémentaires et facilement accessibles (points de contact et lieux de retraite) pour ces toxicomanes qui dorment à peine, mangent, boivent et se négligent. Ou alors épuisés et dormant 24 heures sur 24.

    Compte tenu de la distribution réussie de l’héroïne au cours des dernières décennies, la distribution contrôlée de cocaïne aux personnes gravement dépendantes est également à l’ordre du jour. Cependant, il n’y a pratiquement pas de recherches à ce sujet et les experts sont divisés.

    Regarder le reportage de SRF sur les arguments pour et contre la distribution contrôlée de cocaïne :

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    Adaptation de la politique en matière de drogue
    La politique suisse en matière de drogue, qui vise à réduire la consommation de drogues et ses conséquences négatives pour les usagers et la société, repose sur quatre piliers: la prévention, la thérapie, la réduction des risques et la répression.

    Un système qui doit être adapté selon Ruth Dreifuss, membre de la Commission mondiale sur la politique des drogues. Afin de résoudre les problèmes liés à la vente et à la consommation de crack, l’ancienne conseillère fédérale préconise de sortir les toxicomanes de leur situation par le biais d’approches d’accompagnement et d’émancipation.

    Regarder l’interview de Ruth Dreifuss réalisée par la RTS :

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    Qu’en pensez-vous? L’interdiction des drogues dures fait-elle plus de mal que de bien? Rejoignez la discussion sur la plateforme de débat multilingue «Dialogue».

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    Les psychédéliques en thérapie
    Alors que le crack et ses effets sur les toxicomanes et la société alimentent le débat sur la façon de gérer les drogues dures, une autre discussion tourne autour d’un autre groupe de drogues: les psychédéliques, comme l’explique un article de SWI.

    En 2024, les psychédéliques sont légaux ou décriminalisés dans 23 pays. La Suisse a une longue histoire avec de telles drogues, puisque le LSD a été découvert à Bâle en 1938. Avec les États-Unis, le Canada et l’Australie, la Suisse est un leader mondial dans le domaine de la thérapie et de la recherche psychédéliques.

    Depuis 2014, les patients de Suisse peuvent recevoir des psychédéliques en dernier recours dans le cadre d’un «usage compassionnel». Jusqu’à présent, cependant, les Hôpitaux universitaires de Genève sont le seul endroit du pays qui propose un traitement psychédélique sûr dans un cadre médical important.

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    Bientôt des thérapies psychédéliques pour tous?
    Ce contenu a été publié sur 28 juil. 2024 Genève abrite le seul hôpital suisse proposant une thérapie assistée par les psychédéliques.

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    Traduit de l’allemand par Didier Kottelat/cm

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  241. Le trafic de drogue va bientôt entrer dans le calcul du PIB français
    lefigaro.fr/conjoncture/2018/01/30/20002-20180130ARTFIG00342-le-trafic-de-drogue-va-bientot-entrer-dans-le-calcul-du-pib-francais.php
    30 janvier 2018
    Par Le Figaro et AFP agence
    Publié le 30 janvier 2018 à 20h18, mis à jour le 31 janvier 2018 à 15h06

    Australian Federal Police/AP
    L’Institut national des statistiques accède à la demande d’Eurostat et intègre le trafic de stupéfiants dans le calcul de son produit intérieur brut (PIB), à partir de mai. Un changement qui pourrait entraîner une révision à la hausse de la croissance française.

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    Après des années d’hésitation, la France a partiellement cédé à Eurostat. Depuis 2013, l’institut européen des statistiques demande aux pays du Vieux continent de comptabiliser le trafic de drogue et de la prostitution dans le calcul de leur produit intérieur brut (PIB).

    À partir du mois de mai prochain, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) va «tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national», a-t-il annoncé dans un communiqué. Cette prise en compte est destinée à aligner les statistiques françaises sur celles «des autres pays européens» et cela entraînera «une révision en très légère hausse du niveau du PIB», ajoute l’Insee. «Il s’agira de révisions à la marge», a précisé à l’AFP le chef du département des comptes nationaux de l’institut, Ronan Mahieu, en évoquant le chiffre de «quelques milliards» d’euros, à rapporter aux 2.200 milliards d’euros du PIB français. «Ca n’influera pas sur le chiffre de la croissance» en 2017, a-t-il par ailleurs prévenu.

    Toutefois, sur ce point, les analyses varient en raison de la difficulté à calculer les activités liées au trafic de stupéfiants, par définition illégale. En 2013, l’Institut économique Molinari chiffrait à 219,2 milliards d’euros le marché souterrain de la drogue, soit… 10,8% du PIB.

    La France manque de moyens pour calculer les activités illégales
    De son côté, l’institut statistique européen demande, depuis 2013, aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif est d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains États, à l’image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres.

    Plusieurs pays avaient répondu favorablement à cette demande comme l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie. Ce nouveau système de compte s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur produit intérieur brut.

    À lire aussi A LIRE AUSSI: » Le secret de l’insolente croissance anglaise? Du sexe et de la drogue

    L’Insee avait de son côté accepté de prendre en compte les ressources issues du trafic de drogue dans le «revenu national brut» (RNB), destiné principalement à déterminer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, mais pas dans le PIB, mesure comptable qui fait référence dans le débat public.

    L’organisme public avait par ailleurs refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était «probablement pas vérifié». «Sur ce point, nous maintenons notre position», a indiqué Ronan Mahieu. Pour Christopher Dembik, responsable des analyses chez Saxo Banque, au-delà de l’opposition morale, les motifs pour lesquels la France recule sont avant tout logistiques. «En effet, la prise en compte de l’économie informelle sous-entend la mise en place de nouveaux moyens pour enquêter sur un secteur très opaque. Or les moyens actuels sont limités.» Les enquêtes sur le nombre de consommateurs, le cours des drogues ou encore le réseau des proxénètes nécessitent des ressources financières et techniques importantes.

  242. Comment l’Insee a intégré le trafic de drogue dans le calcul du PIB
    lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/02/01/comment-l-insee-va-integrer-le-trafic-de-drogue-dans-le-calcul-du-pib_5250216_4355770.html
    Mathilde Damgé
    Cannabis, cocaïne et autres drogues génèrent en France une activité économique estimée à 2,7 milliards d’euros par an, soit 0,1 point de produit intérieur brut, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques. Pour la première fois, l’Insee a intégré le trafic de drogue, illégal, dans la mesure de la croissance, après des années de discussion.

    Espagne, Royaume-Uni, Italie… d’autres pays européens avaient déjà commencé en 2014 à adopter un nouveau calcul tenant compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à celle-ci, à la demande de l’office européen de statistique, Eurostat.

    Lire aussi Sexe, drogue et trafics en tout genre bientôt dans le PIB européen

    Comment, concrètement, l’institut de statistiques français a-t-il fait pour évaluer le poids de la consommation de drogue dans la croissance ?

    1. Un calcul sous l’angle de « l’offre »
    Les Etats membres de l’Union européenne peuvent choisir le mode d’estimation de leur croissance qui leur convient, mais ils doivent fournir des données harmonisées à Eurostat, l’institut européen des statistiques.

    La méthodologie, obtenue auprès de l’office européen, recommande d’aborder la prostitution sous l’angle de « l’offre » et de prendre en compte les « consommations intermédiaires », comme la location d’un appartement et l’achat de matériel.

    Concernant la drogue, Eurostat conseille de multiplier la quantité consommée par le prix moyen ayant cours dans la rue, tout en faisant jouer le paramètre du « ratio de pureté » des produits stupéfiants et des « coûts de transport et de stockage » des narcotrafiquants.

    « Nous suivons bien une approche de ce type, en nous fondant sur les analyses de chercheurs spécialistes de ces sujets », confirme l’Insee, notamment les travaux de chercheurs de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et de l’Institut national des hautes études sur la sécurité et la justice (INHESJ), sans détailler davantage son approche et les analyses sur lesquelles il s’appuie.

    Lire aussi Faut-il repenser la mesure de la richesse d’un pays ?

    2. Un impact incertain sur le PIB
    L’explication à l’origine de ce nouveau mode de calcul est que la contribution de chaque membre au budget européen dépend pour partie de son PIB. Or certains Etats membres (Pays-Bas, Suède…) ont, dans leur PIB, une part liée à la drogue et/ou à la prostitution.

    Le Monde

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    Difficile de savoir précisément le montant généré par ces activités, dans la mesure où les autres pays européens ayant sauté le pas ne détaillent pas dans leur PIB, qui varie chaque année pour des raisons macroéconomiques, quelle part relève des trafics illégaux. D’ailleurs, on ne sait même pas quel pays a adopté quelle méthode ; les pays sont censés se conformer au nouveau mode de calcul, se contente de répondre Eurostat.

    Peut-être pour ne pas donner des armes à ceux qui militeraient pour une légalisation, peu de pays ont communiqué sur ces changements de calcul mais l’Allemagne (qui incluait déjà la prostitution dans son PIB) a noté une amélioration de 0,1 point de pourcentage en 2013. Les services statistiques britanniques ont partagé un exercice de calcul sur l’année 2009, comprenant du prix moyen du gramme d’héroïne à celui de la passe, anticipant une hausse de 0,7 point du PIB.

    En France, le calcul effectué par l’Insee et publié fin mai aboutit à une ausse de 0,1 point du produit intérieur brut.

    OFFICE FOR NATIONAL STATISTICS
    3. Pourquoi la France a tardé à adopter ce calcul
    La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’Insee avait, dans un premier temps (en 2014), accepté de donner une estimation des revenus issus du trafic de drogue dans le revenu national brut (RNB), destiné principalement à déterminer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, mais pas dans le PIB, mesure comptable « sacrée », ou du moins qui fait référence dans le débat public.

    Son argument : le libre arbitre. « On voit bien que des consommateurs en situation de grande dépendance ne sont plus vraiment en mesure d’exercer leur libre arbitre (et donc, on peut arguer que les transactions ne se font pas vraiment par accord mutuel, ce qui est un critère essentiel pour l’Insee). »

    L’étape suivante a relevé d’un choix pragmatique : l’Insee reconnaît avoir fini par être « assez isolé au niveau européen sur cette position »… avant de se rallier à la majorité. « En même temps, le raisonnement [sur le libre arbitre] pourrait s’appliquer aussi à des substances (alcool, tabac, voire jeux de hasard) dont la consommation est légale et que l’on prend en compte depuis longtemps dans les comptes nationaux. »

    L’institut européen des statistiques avait également demandé aux Etats membres d’intégrer la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. Ce dernier point fait débat en France : l’Insee a tranché en estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Une volumineuse documentation montre que la prostitution de rue est ultra-majoritairement le fait de personnes mineures et/ou en situation irrégulière, sous la coupe de réseaux qui les obligent à se prostituer pour rembourser les passeurs. »

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    Mathilde Damgé

  243. En lui intégrant le trafic de drogue, l’Insee confirme que le PIB est absurde
    marianne.net/economie/en-lui-integrant-le-trafic-de-drogue-l-insee-confirme-que-le-pib-est-absurde
    31 janvier 2018
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    Economie
    Le trafic de cannabis sera désormais considéré comme une production de richesses.
    Le trafic de cannabis sera désormais considéré comme une production de richesses.
    Le monde est fou

    Par Hadrien Mathoux
    Publié le 31/01/2018 à 16:30

    L’Insee a annoncé ce mardi 30 janvier qu’il comptabiliserait désormais l’achat et la vente illégale de drogues comme une production de richesses. De quoi souligner encore plus les limites du PIB, un indicateur économique qui ne fait pas de différence entre les bienfaits et les nuisances pour nos sociétés.

    C’est étonnant à première vue, mais une explosion du trafic de drogue en 2018 pourrait receler une bonne nouvelle pour le gouvernement : elle ferait augmenter le sacro-saint taux de croissance du PIB, scruté chaque fin d’année comme indicateur phare de la santé économique du pays. En 2017, ce taux de croissance a été de 1,9%, et l’exécutif a beau jeu de le brandir comme une réussite majeure. Le PIB, selon l’Insee, est “le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes”. En moins jargonnant, cela signifie : la valeur ajoutée de tout ce qui a été produit dans l’Hexagone dans l’année. Matières premières, produits industriels, services… Le taux de croissance désigne l’évolution en pourcentage du PIB d’une année sur l’autre. En somme, la France a produit 1,9% de plus de richesses en 2017 qu’en 2016.

    Nouveauté pour l’année à venir : l’Insee a annoncé ce mardi 30 janvier qu’il intègrerait dans son calcul… le trafic de drogue. L’institut applique une recommandation d’Eurostat, l’organe de statistiques de l’Union européenne. Objectif : pouvoir comparer les pays de l’UE entre eux, certains (comme les Pays-Bas) ayant légalisé la vente de cannabis qui lui confère un PIB “gonflé” par rapport aux Etats où elle est interdite. L’impact sur le PIB français sera cependant très réduit : “Quelques milliards d’euros” annuels de trafic, à mettre en perspective avec les 2.200 milliards du PIB national.

    Cerise sur le gâteau pour le PIB
    Ce changement de comptabilité remet toutefois en lumière une question cruciale : la mesure du PIB a-t-elle un sens ? A quoi bon en effet se réjouir d’une augmentation de la production de richesses, si les richesses en question sont néfastes à la société ? C’est le défaut déjà existant du PIB : il ne fait pas la différence entre les bienfaits et les nuisances, et réduit toute production à son caractère comptable. Prenons un cas de figure concret : une accélération du trafic d’héroïne dans un quartier français. Actuellement, le PIB comptabilise comme en pertes et profits toutes les conséquences des problèmes posés par la drogue dans la société : avec cette logique, les investissements de l’Etat dans des forces de police ou les achats par les citoyens de dispositifs de protection individuelle deviennent des richesses… Donc plus le trafic s’étend, plus la croissance sera forte ! C’est sur le même modèle que les Etats-Unis voient leur PIB gonflé par leur engagement militaire dans le monde entier. Or, la réforme du mode de calcul du PIB appliquée par l’Insee, c’est la cerise sur le gâteau : en plus de toutes les conséquences du trafic, le PIB intègrera désormais… le trafic lui-même.

    Devançant les médias, les pouvoirs politiques ont engagé une réflexion sur la pertinence de l’indicateur, à une époque où la production effrénée menace l’avenir de la planète sans garantir le bien-être des citoyens. “Plus les questions écologiques et sociétales deviennent prégnantes et plus on se rend compte que nos systèmes d’indicateurs actuels sont contre-productifs, regrette ainsi dansLa Croix le philosophe altermondialiste Patrick Viveret. Nous sommes aujourd’hui dans la situation d’un marin qui aurait décidé de changer de cap mais dont les instruments de bord continueraient à être réglés sur l’ancien cap”. Il y a dix ans exactement, Nicolas Sarkozy lançait la commission Stiglitz, chargée de trouver de nouveaux indices économiques. Le Forum pour d’autres indicateurs de richesse (Fair) a également été créé à cette occasion. Mais si d’autres statistiques ont désormais fait leur entrée dans les manuels (comme par exemple, l’indice de développement humain, l’IDH), le PIB reste une norme référence qui éclipse toutes les autres.

    Dans une longue tirade dénichée par Alternatives économiques, un sénateur américain a dénoncé en ces termes les aspects néfastes de l’indicateur de référence : “Notre PIB prend en compte (…) la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer les émeutes dans nos villes (…). En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux (…). Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue”. C’était un certain Robert Kennedy, le 18 mars 1968.

    Par Hadrien Mathoux

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    Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne

  244. Intégration du trafic de drogue dans le calcul du produit intérieur brut
    senat.fr/questions/base/2018/qSEQ180203097.html
    Question écrite

    Question écrite n°03097 – 15e législature

    Les informations clés

    Auteur de la question
    CHARON Pierre
    Type de question
    Question écrite

    Ministre interrogé(e)
    M. le ministre de l’action et des comptes publics

    Question réattribuée à
    M. le ministre de l’économie et des finances

    Date(s) de publication
    Question publiée le 08/02/2018
    Réponse publiée le 22/03/2018
    Question de M. CHARON Pierre (Paris – Les Républicains) publiée le 08/02/2018
    M. Pierre Charon interroge M. le ministre de l’action et des comptes publics sur la décision prise par l’institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) le 30 janvier 2018 d’intégrer le trafic de drogue dans le calcul du produit intérieur brut (PIB). Le prétexte officiel invoqué est l’alignement des statistiques françaises sur celles « des autres pays européens ». Cette intégration ne peut que susciter une certaine perplexité ne serait-ce qu’en raison du fâcheux écho symbolique qu’elle comporte. Dans le contexte actuel, elle constituerait un message désastreux auprès de l’opinion publique. Qui plus est, une telle mesure n’a rien d’inéluctable. En effet, dans le passé, l’INSEE s’est déjà opposé à la demande d’Eurostat visant à intégrer la prostitution relevant des réseaux dans la comptabilité nationale. Si une telle objection est possible, elle peut logiquement l’être à l’égard de la prise en compte du trafic de drogue dans nos statistiques nationales. Il lui demande donc ce qu’il envisage de faire à l’égard d’une telle décision qui ne peut être qu’inappropriée et lourde de conséquences.

    Publiée dans le JO Sénat du 08/02/2018 – page 492

    Transmise au Ministère de l’économie et des finances

    Réponse du Ministère de l’économie et des finances publiée le 22/03/2018
    L’INSEE a décidé de faire évoluer le calcul du PIB, selon des méthodes statistiques sur lesquelles l’INSEE agit en toute indépendance, au regard de la réglementation européenne. Le Gouvernement ne peut que prendre acte du choix de l’INSEE. Les textes régissant l’établissement des comptes nationaux et, notamment le règlement n° 549/2013 du Parlement européen et du Conseil relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans l’Union européenne (SEC 2010), énumèrent les différents types d’activité englobées par la production au sens des comptes nationaux et précisent que ces activités « sont incluses dans la production, même si elles revêtent un caractère illégal ou ne sont pas connues officiellement des administrations fiscales et de la sécurité sociale, des services statistiques officiels ou autres organismes publics » (§ 3.08 du SEC 2010). Le SEC 2010 pose toutefois une limite (§ 1.65) : ne sont décrits par la comptabilité nationale que « les flux économiques entre institutionnels agissant d’un commun accord ». Le caractère illégal ou dissimulé d’une activité ne saurait donc, en aucun cas, justifier son exclusion du produit intérieur brut (PIB). Le fait que cette activité soit exercée par un commun accord des parties prenantes (producteur et consommateur) est en revanche un critère fondamental. Les activités, en elles-mêmes légales mais exercées de manière dissimulée, doivent sans équivoque être intégrées dans le calcul du PIB. L’institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) s’en assure en effectuant divers redressements statistiques. En particulier, l’estimation de la valeur ajoutée des sociétés non financières est issue de l’exploitation de données comptables qui, par nature, excluent l’activité dissimulée : l’INSEE corrige donc l’estimation spontanée par une estimation de l’activité dissimulée des entreprises ayant une existence légale, fondée sur l’exploitation à des fins statistiques des résultats des contrôles fiscaux. Des redressements, statistiquement plus fragiles, sont également effectués pour tenir compte de l’activité des entreprises sans existence légale (travail clandestin) ou de l’emploi non déclaré de personnel domestique par des particuliers. Une correction visant à tenir compte des marges des personnes exerçant la contrebande de tabac est également appliquée. Au total, le montant ainsi ajouté à l’activité directement mesurable via l’appareil statistique s’élève à 68,1 Mds€ en 2010, soit 3,4 % du PIB. S’agissant des activités par nature illégales, la distinction entre ce qui doit être intégré dans le calcul du PIB et ce qui doit en être exclu, est plus délicate car en partie conventionnelle. S’il est clair, par exemple, que le vol ne doit pas être intégré dans le calcul du PIB puisque, par définition, la personne volée n’est pas consentante, les choses sont plus complexes s’agissant de la prostitution et du trafic de stupéfiants. S’agissant de la prostitution, l’INSEE s’est notamment appuyé sur le diagnostic porté par un rapport parlementaire sur la prostitution en France, rendu public par l’Assemblée nationale en 2011 (http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i3334.pdf). Ce rapport fait une distinction assez nette entre une prostitution « discrète » et une prostitution « de rue ». La première est le plus souvent exercée dans des lieux clos ayant officiellement une autre activité (1) (bars, salons de massage…) : l’INSEE considère que cette activité est déjà intégrée dans les comptes nationaux via l’exploitation des données comptables de l’ensemble des entreprises et les redressements opérés sur ces données sur la base de l’exploitation des résultats des contrôles fiscaux. La seconde est exercée dans la rue, dans des proportions écrasantes par des personnes contraintes de s’y adonner par des souteneurs : il s’agit très souvent de personnes étrangères en situation irrégulière, parfois mineures. Le rapport considère explicitement que cette forme de prostitution relève largement de l’esclavage sexuel. L’INSEE considère donc que cette forme de prostitution n’a pas vocation à être intégrée dans les comptes nationaux du fait de la contrainte qui s’exerce sur les personnes concernées et aucun redressement n’a été effectué au titre de cette prostitution de rue. Cette position, que l’INSEE a fait valoir à Eurostat en 2014, n’est pas remise en cause aujourd’hui. S’agissant du trafic de stupéfiants, l’INSEE s’est longtemps fondé sur le même argument que pour la prostitution de rue pour l’exclure des comptes nationaux, considérant que la consommation de drogues créait des situations de dépendance si marquée que l’on ne pouvait plus vraiment considérer que les consommateurs consentaient aux transactions. Aucune correction au titre du trafic de stupéfiants n’a donc été appliquée pour calculer le PIB en base 2010 publié en mai 2014. Il reste que cet argument est sur le fond plus discutable que dans le cas de la prostitution de rue. D’une part, on peut arguer que le consommateur a au moins consenti aux premières transactions, avant qu’il ne devienne dépendant et, d’autre part, l’argument de la dépendance pourrait tout aussi bien s’appliquer à des substances ou des services également générateurs d’addictions mais dont la consommation est autorisée (tabac, alcools voire jeux de hasard et d’argent) et qui ont toujours été pris en compte par la comptabilité nationale. Pour ces raisons et, constatant qu’il était assez isolé au niveau européen dans sa contestation du bien-fondé de l’intégration des stupéfiants dans les comptes nationaux, l’INSEE a préféré s’aligner sur les pratiques des autres pays. En pratique, les stupéfiants seront donc pris en compte dans la base 2014 des comptes nationaux qui sera publiée en mai 2018. L’impact en 2014 est de + 2,5 Mds€ sur le PIB et de + 3 Mds€ sur la consommation finale des ménages. (1) La prostitution « discrète », telle que définie dans le rapport, comprend aussi la prostitution par internet et la prostitution étudiante, mais le rapport ne fournit aucun élément quantitatif permettant de cerner, même très approximativement, l’ampleur de ces phénomènes.

    Publiée dans le JO Sénat du 22/03/2018 – page 1357

    Page mise à jour le 15 novembre 2023

  245. Inclure la drogue dans le PIB, fumeuse idée ?
    leparisien.fr/economie/inclure-la-drogue-dans-le-pib-fumeuse-idee-31-01-2018-7533528.php
    Par Gaël Lombart (@gaellombart) Le 31 janvier 2018 à 17h1431 janvier 2018
    Dans la plupart des statistiques internationales, le trafic de stupéfiants équivaut environ 1 % du PIB.
    Dans la plupart des statistiques internationales, le trafic de stupéfiants équivaut environ 1 % du PIB. AFP/Lars Hagberg

    Afin de se conformer aux standards européens et internationaux, la France va désormais incorporer le fruit des trafics de drogues dans le calcul du PIB. L’INSEE a annoncé lundi la publication en mai prochain de comptes nationaux corrigés dans ce sens, mesure demandée de longue date par l’organisme européen des statistiques Eurostat. «Il en résultera une révision en très légère hausse du niveau du PIB», a souligné l’institut français. Mais peut-on s’assurer que la prise en compte du trafic de stupéfiants, un phénomène qui échappe, par définition, aux écrans radars, sera fidèle à la réalité?

    Un consensus international sur l’impact des activités illégales. Heureusement, les données des organismes mondiaux qui étudient cette question concordent le plus souvent en attribuant aux activités illégales entre 0,5 % et 1 % du PIB. En 2016, la Commission européenne estimait généralement ce chiffre à moins de 1 % et donnait pour le Royaume-Uni une fourchette s’étendant de 0,9 % à 1,5 %. Dans un inventaire de référence des Nations unies, publié en 2002 et cité par l’OCDE, la part du trafic de drogues dans le PIB de plusieurs pays européens (pays baltes, Pologne, Slovaquie…) n’excédait pas 1,1 %. Selon le professeur allemand Friedrich Schneider, un spécialiste de l’économie souterraine dont le dernier rapport a été publié la semaine dernière par le Fonds monétaire international, les activités illégales en Estonie et en Allemagne, entre 2009 et 2015, représentaient respectivement 1,75 % et 0,69 % du PIB.

    Des calculs parfois dissonants au sein d’un même pays. Mais le cas de l’Italie montre que la réalité est parfois plus complexe. Depuis qu’il a adopté la nouvelle base de calcul du PIB mise en place par Eurostat en 2014, l’institut italien Instat publie ainsi tous les ans les chiffres de l’économie souterraine. Les activités illégales (drogue, contrebande, prostitution) représentaient 1,04 % du PIB en 2014, 1,03 % en 2015. Or, selon la Banque d’Italie, l’économie criminelle représenterait plutôt 10 % du produit intérieur. Et en 2013, l’Université du Sacré-Coeur de Milan donnait encore un autre son de cloche, estimant la contribution de la mafia au PIB au-dessous de 1 %…

    La nécessité de multiplier les sources. Pour approcher au plus près de la réalité, Instat, comme la plupart des instituts ayant adopté la méthode Eurostat, a multiplié ses sources d’informations : l’institut italien expliquait ainsi en 2014 à Challenges s’«appuyer sur les données de la police et de la justice qui ont une bonne connaissance du volume et des prix» des drogues, ainsi que sur les ONG. Contacté par Le Parisien, l’Insee indique qu’il se fondera également sur les travaux de chercheurs de l’Ofdt (observatoire francais des drogues et toxicomanies) et de l’Inhesj (institut national des hautes études sur la sécurité et la justice). Et qu’il suivra l’approche recommandée par Eurostat : «Multiplier la quantité consommée par le prix moyen ayant cours dans la rue, tout en faisant jouer le paramètre du ratio de pureté des produits stupéfiants et des coûts de transport et de stockage des narcotraficants. »

    À voir aussi

    «En une demi-heure tu es sur Pluton!»: HHC, ce cannabis de synthèse vendu légalement cartonne

    La prostitution pas prise en compte. Paradoxalement, cette harmonisation européenne ne permettra pas de nous comparer plus efficacement avec nos voisins, car l’étiquette «activités illégales» ne recoupe pas partout les même faits. Non seulement ce qui est légal dans un pays ne l’est pas forcément dans un autre, mais l’approche éthique du problème peut également différer. « Aux Pays-Bas, la prostitution est légale et incluse dans le PIB, et dans l’Union Européenne les contributions des pays dépendent du PIB. Du coup, les Pays-Bas ont poussé pour que tous les pays Européens incluent la prostitution dans leur PIB », expliquait récemment François Lequiller, conseiller auprès du directeur des statistiques de l’OCDE, interrogé par France Culture. Or, la France refuse de prendre en compte la prostitution dans le calcul du PIB, l’Insee arguant qu’on ne peut pas dire que les prostituées «s’adonnent volontairement à leur activité». Or, l’«accord mutuel» est un «critère essentiel pour l’Insee».

  246. Nations Unies A/RES/70/1*
    *Résolution adoptée par l’Assemblée générale le 25 septembre 2015

    Transformer notre monde : le Programme de développement
    durable à l’horizon 2030

    https://documents.un.org/doc/undoc/gen/n15/291/90/pdf/n1529190.pdf

    Objectif 3. Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bienêtre de tous à tout âge

    3.5 Renforcer la prévention et le traitement de l’abus de substances psychoactives, notamment de stupéfiants et d’alcool

  247. https://www.dhnet.be/regions/liege/2024/11/22/le-voleur-toxicomane-recidiviste-annonce-a-la-juge-que-des-quil-sera-libere-il-recommencera-a-se-droguer-et-a-voler-H56BOSVFYBGLHOQLUGOM57TKP4/
    Le voleur toxicomane récidiviste annonce à la juge que dès qu’il sera libéré, il recommencera à se droguer et à voler
    Rayan, un Liégeois âgé de 24 ans a écopé de neuf mois de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Liège pour avoir commis des vols dans les commerces liégeois. Il était également poursuivi pour avoir tenu des propos d’incitation à la haine, mais le tribunal n’a pas estimé cette circonstance établie.

    L’intéressé, toxicomane depuis plusieurs années, ne cesse de commettre des vols pour ensuite revendre les marchandises de manière à se procurer de l’argent pour s’adonner à son addiction à la drogue. Le 23 septembre dernier, il s’est rendu dans un magasin situé en plein centre de Liège, non loin de la place Saint-Lambert.

    Son manège suspect a rapidement été remarqué par le vigile. Ce dernier a décidé de suivre l’individu. Lorsque Rayan a dépassé les caisses du magasin, le garde a décidé de le contrôler. C’est alors que le suspect s’est montré violent. Il a tenté de prendre la fuite et une bagarre s’est ensuivie.

    Rayan a alors insulté le vigile de “sale n…” et lui a dit qu’il devrait retourner dans son pays ! Le détenu a décidé de se défendre seul et a refusé d’être assisté d’un avocat. Le moins que l’on puisse dire, c’est que son interrogatoire et ses réponses à la juge ont laissé une impression pour le moins négative.

    “C’est raciste, mais lui, il mérite”, a estimé l’intéressé. Interrogé sur l’explication qu’il venait de donner, le prévenu s’est montré sibyllin. “J’ai mes raisons. Il m’a juste jeté par terre et tout… S’il avait été blanc, je l’aurai insulté aussi”, a-t-il poursuivi sur un ton nonchalant.

    Après avoir été libéré suite à ces faits, le 15 décembre suivant, Rayan commettait un nouveau vol dans le quartier Cathédrale cette fois. Il a volé deux coffrets de produits de beauté dans une pharmacie avant d’aller les revendre dans un magasin de nuit. L’intéressé a dit ne pas se souvenir des faits. La juge l’a questionné quant à sa situation personnelle et ses réponses donnent le tournis. “Je consomme de la drogue depuis que j’ai 18 ans. J’ai arrêté de prendre la médication pour arrêter la drogue pour être plus en forme. De toute façon, à la sortie, on retourne au même endroit avec les mêmes gens. On se retrouve place Saint-Lambert, donc ça ne sert à rien. Ça ne changera pas.”

    Bien que les propos proférés par Rayan étaient clairement racistes, le tribunal n’a pas retenu la prévention d’incitation à la haine.

    “Le fait que ces injures racistes aient été proférées en public n’entraîne en soi ni l’existence d’une incitation à la discrimination ou la ségrégation, ni l’intention particulière d’une telle incitation”, a souligné la juge.

  248. Connection

    13 décembre 1985

    Tell Quel

    Quels liens existent entre la morphine iranienne, le chef de la mafia turque, les mafias siciliennes et américaines et les toxicomanes des rues des grandes villes des Etats-Unis ?

    Réponse: quelques financiers qui utilisent la législation suisse pour faire tourner la boucle infernale de l’achat de la drogue, de la vente puis du blanchiment de l’argent sale.

    Enquête en forme de film policier signée Ersan Arsever et Henri Hartig.

    Journaliste Henri Hartig
    Réalisateur Ersan Arsever

    https://www.rts.ch/play/tv/-/video/-?urn=urn:rts:video:3446677

  249. Le cannabis dans la pop culture !

    24 avr. 2021
    Le 20 avril, c’était la journée du cannabis, un anniversaire officieux bien entendu !

    En présence de Marine, nous allons creuser la brûlante influence de la Marie-Jeanne dans la pop culture.

    Que ce soit dans la musique, au cinéma et dans les séries, l’herbe est souvent évoquée sans tabou et sans drame et ce phénomène ne date pas d’hier !

    https://www.youtube.com/watch?v=uN6djQZzcbg

  250. Le cannabis a déclenché chez Tristan un trouble schizo-affectif – Ça commence aujourd’hui

    19 nov. 2024
    Une seule prise de drogue et vous pouvez rester percher, beaucoup pense que c’est une légende mais c’est une réalité. Un message d’alerte pourtant sérieux, que nos invités ont appris à leurs dépens.

    « Drogue : une seule prise et leur vie a basculé » diffusée le 19/11/2024 à 13h50 sur France 2.

    https://www.youtube.com/watch?v=ZlRE0MTBvQc

  251. Trafic de drogue, racket et tueurs à gages : quand les gangs sèment la terreur

    23 nov. 2024
    LA GRANDE HISTOIRE. Trafic de drogue, racket et règlements de comptes…
    Cette semaine dans La grande histoire, Hugo vous raconte comment la DZ Mafia tente d’imposer son règne sur le crime organisé.

    https://www.youtube.com/watch?v=gE6H8p6aaMY

  252. Récit:La Drogue le Nerf de la Guerre

    10 août 2021 #Djibouti #Somali #Kenya
    Enquête sur les réseaux de financement des seigneurs de guerre somaliens au Kenya et à Mogadiscio à travers le suivi de la chaîne de production distribution et vente du khat, une drogue hallucinogène. C’est dans des conditions de sécurité extrêmement précaires que Philippe Buffon a mené à bien son enquête dans ces deux pays. À Mogadiscio la tension n’a jamais été aussi grande depuis novembre 2001. Les miliciens deviennent incontrôlables. Les chefs de guerre n’ont plus qu’une idée, contrôler un maximum de territoire pour un éventuel accord de paix.

    https://www.youtube.com/watch?v=VErpbiFIGYQ

  253. Cela fait trente ans que cela existe et nos politiques ne font rien

    12 mars 2023

    Bonsoir Philippe vous êtes vraiment un sacré bonhomme pour aller dans des endroits pareils.Quelle déchéance. Je n’arriverai jamais à comprendre le choix de la drogue avec toute cette descente en enfer .Honnêtement j’ai plus de respect pour les personnes qui choisissent la mort par ce qu’elles ne supporte plus les douleurs de la vie. Et j’entends souvent parler des chances de la France,c’est ça???? Ce serait pourtant facile d’agir et de mettre de l’ordre mais c’est vrai qu’il faut être propre soi- même et avoir un peu de courage pour perdre des électeurs mais pourtant au final je suis sûr qu’ils en gagneraient.Bonne soirée et à demain

    https://www.youtube.com/watch?v=pLxLgv0zQJo

  254. Somalie : La Drogue le Nerf de la Guerre un reportage de 26′

    14 janv. 2012
    Le traffic de khat (Qat) , entre le Kenya et la Somalie.
    C’est grace à ce traffic que les armes a destinations des milices sont achetées
    Le khat est une drogue hallucinogéne qui est cultivée au Kenya
    Sélection au grand prix des correspondants de guerre de Bayeux

    https://www.youtube.com/watch?v=2VbPCmpElkY

  255. La Drogue,Le Vol , La Prison Pour une Famille du Nord de la France

    10 févr. 2012
    Le portrait d’une famille française à la dérive.
    Le grand-père est mort à Cayenne, le père est en prison pour cambriolage, la mère en sort, les 9 enfants vont et viennent entre la drogue, les vols et la prison.
    Le petit dernier, 5 ans, veut travailler : “plus tard, il fera … comme Papa !”
    Juliana, la mère est désemparée.

    https://www.youtube.com/watch?v=3M1-VuyMUTU

  256. Mon premier reportage, la drogue dans le metro Chatelet les Halles à Paris

    6 mars 2019
    C’est mon premier reportage j’étais à Paris Match et je me suis servi d’une petite caméra que j’avais pour filmer ma famille ..Je suis allé à Canal+ avec des rushs ne savant pas quoi en faire.
    Eric Gilbert le patron de l’emission Samedi une heure me dit que c’était un scoop..Moi je me suis alors dit que si cà c’était un scoop , j’allais faire un malheur dans les chaines de télévisions..

    https://www.youtube.com/watch?v=pA3elN8rPeo

  257. Dans l’enfer de “Stalincrack” avec Stéphane Ravier.

    22 nov. 2024
    Dans le quartier de Stalingrad, avec le sénateur Stéphane Ravier, nous sommes allés observer la vie locale et recueillir les impressions des habitants. Ce qui nous a particulièrement marqués, c’est l’absence de la langue française.

    Une immersion étonnante dans un quartier parisien où la « diversité » domine tellement que la France a disparu.

    Notre journaliste Garen Shnorhokian est allé au contact d’une population qui vit entre trafic de drogue, immigration clandestine
    et un « grand remplacement » acté.

    https://www.youtube.com/watch?v=afWNDcakRDQ

  258. LA POSTE MODIFIE SES HORAIRES POUR NE PAS GENER LES POINT DE DEAL

    27 nov. 2024 ✪ Priorité aux membres le 27 novembre 2024 #LaPoste
    #LaPoste

    La poste modifie ses horaires de distribution de courrier pour ne pas correspondre au horaires d’ouvertures des points de deal pour éviter de les gêner

    https://www.youtube.com/watch?v=f8REuiEGmqI

  259. Un retraité niçois installe des plantes dans sa rue pour faire fuir les dealeurs

    25 nov. 2024 #antidrugs #nice #fleurs
    Jean-Jacques, un habitant du Vieux-Nice, a progressivement installé plus de 141 pots de fleurs et de plantes dans sa rue pour faire fuir les dealers et les gens alcoolisés qui s’installaient sous ses fenêtres.

    https://www.youtube.com/watch?v=fG7g82yyxBA

  260. Kacey Mottet Klein se confie sur son addiction à la cocaïne
    blick.ch/fr/suisse/kacey-mottet-klein-se-confie-sur-son-sevrage-de-la-coca-ne-l-addiction-avait-pris-trop-de-place-dans-ma-vie-id20365753.html
    Patrick Baumann, «L’Illustré»30 novembre 2024
    Kacey Mottet Klein se confie sur son sevrage de la cocaïne
    «L’addiction avait pris trop de place dans ma vie»

    On parlera beaucoup de lui en 2025 – série fantastique sur Canal+ et un biopic sur de Gaulle. Mais, aujourd’hui, Kacey Mottet Klein a décidé de reprendre sa vie en main. Dans une interview pour «L’Illustré», il évoque avec sincérité et courage son sevrage de la cocaïne.

    Publié: 08:58 heures

    |

    Dernière mise à jour: 10:20 heures

    1/4

    Kacey Mottet Klein, acteur suisse, se confie dans une grande interview pour «L’Ilustré». Ici au Lausanne Palace.

    Photo: Julie de Tribolet

    Patrick Baumann, «L’Illustré»

    Il arrive dans ce restaurant près de la gare de Lausanne en blouson de cuir et pantalon large, détendu et souriant. Le visage de Kacey Mottet Klein a gagné en maturité, angles plus marqués, une lucidité dans les yeux qui frappe, peut-être parce qu’il a déjà 16 ans de carrière derrière lui malgré les 26 ans qu’il a eus le 20 octobre dernier.

    Il sera à l’affiche de plusieurs films en 2025, avec ce biopic sur de Gaulle où il incarne son aide de camp et encore un rôle de soldat de la Première Guerre mondiale dans une série fantastique sur Canal+. Les projets réalisés ou en cours de réalisation ne manquent pas pour ce jeune homme qui, en pleine interview pour «L’Illustré», se décide à révéler son besoin de reprendre sa vie en main en ayant suivi une cure de désintoxication.

    Avec une sincérité courageuse, Kacey évoque son addiction à la cocaïne, un fléau qui touche beaucoup de jeunes de sa génération. S’il peut utiliser sa notoriété pour inciter la société à plus de bienveillance face aux personnes concernées, encourager d’autres à parler, alors lui le fait ici et maintenant. L’interview démarre. On parlera aussi de choses plus légères comme l’amour et les greffes capillaires.

    Besoin d’aide?

    Des associations sont là pour vous aider en cas d’addictions. Si vous vous sentez en danger, prenez contact avec des spécialistes.

    L’association Addiction Suisse possède une ligne téléphonique gratuite au 0800 105 105.

    Vous pouvez également retrouver le répertoire des ressources en Suisse sur le site de Rel’ier.

    Un acteur suisse dans la peau de l’aide de camp du général de Gaulle, c’est assez inédit, non?
    J’ai bien interprété enfant le rôle de Gainsbourg, c’est dans la même lignée! (Sourire.) C’était un honneur de participer à un film biographique sur un personnage aussi connu. Lors du casting, avec le réalisateur Antonin Baudry, c’était la première fois que je me trouvais en tenue militaire dans un décor impressionnant. C’est une des plus grosses productions historiques au cinéma. Je suis Geoffroy Chodron de Courcel, qui a été l’aide de camp du général de Gaulle avant de partir faire la guerre au Liban (ndlr: apparenté à Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel).

    Vous interprétez encore un soldat dans Les sentinelles, la série événement de Canal+ qui sortira l’an prochain, c’est votre école de recrues cinématographique?
    Exact! Elle remplace celle que je n’ai pas faite en Suisse! J’aurais pourtant bien aimé faire l’armée plutôt que payer la taxe militaire, mais avec mon métier, mes engagements, ce n’était pas possible.

    Séance photo dans une suite du Lausanne Palace. Aujourd’hui, dit-il, il prend les choses de sa vie «step by step», un pas à la fois, comme en alpinisme.

    Photo: Julie de Tribolet

    On ne vous imagine pas féru d’ordre et de discipline…
    Si, j’ai une petite attirance pour l’ordre, je ne suis pas quelqu’un de très chaotique malgré le fait que je suis un aventurier; mais le surpassement de soi, cela me plaît. A l’armée, j’aurais aimé intégrer un corps d’élite, genre commando, et pas une colonie de vacances, ce que l’armée donne parfois l’impression d’être. (Sourire.)

    De quoi parle cette série?
    C’est l’histoire de quatre soldats pendant la Première Guerre mondiale à qui on injecte un produit qui s’appelle le Dixenal et qui les rend beaucoup plus forts, un peu l’équivalent de l’amphétamine qu’on donnait aux soldats pendant la guerre du Vietnam. J’ai pour partenaires Thibaut Evrard, un autre acteur suisse que j’adore, Carl Malapa et Louis Peres, qui est un peu mon acolyte dans l’histoire. C’est un acteur extraordinaire dont on va entendre parler…

    Vous avez dû vous préparer physiquement?
    Non, mais nous sommes quatre grands sportifs, nous nous sommes préparés ensemble car il y a beaucoup de scènes de combat dans les tranchées. Je leur ai fait découvrir un bootcamp à Paris, une salle plongée dans le noir avec des exercices au sol, un coach qui te crie dessus un peu comme à l’entraînement des marines US. Nous avons aussi passé une semaine avec la Légion étrangère pour apprendre les codes de l’armée. Le sport est très important pour moi, c’est un cadre essentiel qui me permet de ne pas déconner. Dans mon quartier de l’est lausannois, je fais beaucoup de HIIT en salle, des exercices de haute intensité cardio mélangés à de l’explosivité musculaire. Je fais aussi du vélo, de la course, des randos en montagne.

    A lire sur la culture
    Quels points communs avez-vous avec les deux soldats que vous incarnez?
    Ils me ressemblent pas mal, dans une forme de tendresse, d’écoute, même si on n’imagine pas cela chez moi quand on me voit avec mes potes. Je reste toujours l’élément boute-en-train et perturbateur… mais je sais aussi être à leur écoute.

    Pourquoi être revenu vivre en Suisse il y a quelques mois?
    Je devais partir vivre à Los Angeles avec Tam, ma compagne marocaine, mais notre rupture a annulé ce projet. Et comme je suis déjà tout le temps à Paris pour le travail, j’ai eu envie de revenir vivre en Suisse. C’est un bon compromis. Je ne peux aimer Paris que si je n’y suis pas tout le temps. Et pareil pour la Suisse. Je vis d’ailleurs dans l’immeuble où j’ai grandi avant de déménager à Bussigny.

    Comment sait-on qu’une relation amoureuse est finie?
    Quand on se rend compte que l’amitié est plus forte que l’amour, ou en tout cas qu’on peut préserver plus de choses à travers elle qu’avec l’amour. Avec Tam, c’était une très belle relation qui m’a fait énormément grandir. Aujourd’hui, c’est ma meilleure amie.

    «

    Il faut se montrer désirable, se faire désirer, attendre un rôle mais ne pas le solliciter
    Kacey Mottet Klein
    »

    Passer de rôles d’adolescents à ceux d’adultes a été difficile?
    Je suis arrivé évidemment dans une catégorie d’acteurs où il y a plus de compétition. Mais ce qui est stressant – et cela l’a toujours été et le sera toujours pour tous les acteurs, ce sont ces moments d’attente entre deux films, attendre le désir d’un réalisateur sur moi, la déception des castings qui échouent… C’est un métier où on n’est absolument pas responsable de notre productivité, de notre carrière. Ce qui est ambigu et me pose un problème quand je me retrouve au chômage en Suisse comme intermittent. Dans ce métier, on doit attendre qu’on vienne te chercher et pas le contraire; si je fais des recherches d’emploi, je perds mon travail. C’est un signe de faiblesse, il faut se montrer désirable, se faire désirer, attendre un rôle mais ne pas le solliciter.

    «J’ai fait une retraite spirituelle pour me reconnecter aux choses essentielles.»

    Photo: Julie de Tribolet

    On va néanmoins beaucoup vous voir en 2025…
    Oui, en dehors de ces deux rôles de soldats, je serai le cardinal Richelieu dans Toutes pour une, de la réalisatrice Houda Benyamina, une version des Trois mousquetaires au féminin. Il y a aussi le film de Maxime Caperan qui sortira, sur deux frères qui commettent un braquage, je vais jouer le fils de Benoît Poelvoorde dans une comédie de Patrice Leconte et je vais tourner, ce printemps, avec le réalisateur Louis-Julien Petit, qui m’a demandé d’incarner un homosexuel en couple avec Aliocha Schneider qui font appel à une mère porteuse.

    «

    J’ai toujours été conscient que j’avais un problème de consommation, notamment avec la cocaïne
    Kacey Mottet Klein
    »

    Parlez-nous de cette greffe de cheveux médiatisée sur Instagram…
    C’est un sujet encore tabou pour beaucoup d’hommes mais le fait d’en avoir parlé sur les réseaux sociaux m’a valu beaucoup de retours. J’ai pu échanger, donner des conseils. Ma calvitie a débuté à l’âge de 16 ans. A 22 ans, je n’avais plus de cheveux sur le crâne. Toute ma famille américaine du côté de mon père est chauve… J’ai souvent mis des perruques sur mes tournages.

    Bruce Willis a pourtant fait une belle carrière la boule à zéro…
    Oui, mais il avait un beau crâne, ce qui n’est pas mon cas (rires). J’avais une espèce de coupe à la Tintin avec trois cheveux sur le caillou devant. La greffe a été libératrice, je la recommande à tous ceux qui hésitent à le faire. D’ailleurs, je pourrais en faire encore une.

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    Un poison pour le psychisme

    Un addictologue explique comment se débarrasser de la cocaïne

    Les villes n’en peuvent plus!

    Le fléau du crack continue de gangréner la Suisse et force l’OFSP à agir

    L’adage «Il faut souffrir pour être beau» est bien vrai?
    Le plus douloureux, ce sont les 250 piqûres dans le crâne en vingt minutes pour l’anesthésie. J’ai fait l’opération au milieu du tournage du film sur de Gaulle, qui a duré un an. L’intervention devait être millimétrée au niveau de la date car il y a le temps de la repousse et il faut attendre trois mois avant de mettre quelque chose sur la tête.

    Où étiez-vous le 20 octobre dernier pour fêter vos 26 ans?
    (Silence.) J’hésite à vous en parler… Mais bon, je ne suis pas quelqu’un qui triche et je pense que c’est important de le dire: j’étais à la clinique Belmont, à Genève, en cure de désintoxication. J’ai toujours été conscient que j’avais un problème de consommation, notamment avec la cocaïne, mais comme j’en prenais surtout quand je faisais la fête, c’est plus difficile de se rendre compte du fait qu’on est devenu dépendant. Mais c’était quelque chose qui prenait trop de place dans ma vie et c’était une souffrance intérieure énorme. J’ai commencé à travailler très jeune et j’ai été initié tôt à toutes sortes de produits, mais ce problème concerne toutes les couches de la société, pas seulement le milieu artistique. Notre société a souvent un regard très culpabilisant sur les toxicomanes, on se sent parfois considérés comme des pestiférés alors que c’est une vraie maladie. C’est plus facile de parler de son cancer que de son addiction. Cela explique aussi peut-être le fait que beaucoup de personnes sont dans le déni. Comme je suis quelqu’un qui n’aime pas tricher, je réponds très sincèrement à votre question et je me dis que si je peux avoir une influence avec ma petite notoriété pour aider d’autres jeunes à se faire aider, c’est déjà ça!

    «

    Je n’avais pas une consommation assez importante pour souffrir du manque, mais je voyais le chemin que je ne voulais pas prendre
    Kacey Mottet Klein
    »

    Comment s’est déroulée la cure?
    Trois semaines. Sevrage total. On apprend à devenir expert de nos propres symptômes et de notre maladie, on nous donne des outils pour repérer ce qui active la consommation, comment la désamorcer, on se retrouve avec d’autres malades… J’ai bénéficié d’une thérapie comportementale extrêmement complète, groupes de discussion, méditation de pleine conscience, yoga, exercices de cohérence cardiaque… des outils très utiles pour prévenir une rechute. J’ai beaucoup appris sur la théorie de l’attachement, en lien avec l’absence de mon père. Je n’avais pas une consommation assez importante pour souffrir du manque, mais face à d’autres malades avec une addiction beaucoup plus grande, je voyais le chemin que je ne voulais pas prendre. L’engrenage est vite arrivé, consommer comme je le faisais, c’est une mort à petit feu. Mais vouloir se confronter à son addiction, mettre tout en place pour en guérir demande un effort important et ne peut se faire que dans un cadre protecteur et bienveillant. Mais cela en vaut la peine; malgré la difficulté, cela reste toujours plus facile que de devoir affronter les conséquences de son addiction. Et c’est pour cette raison, encore une fois, que j’en parle, pour tous les jeunes touchés par le problème de la drogue, et ils sont nombreux.

    Comment vous sentez-vous aujourd’hui?
    En pleine forme. Après la cure, je suis parti faire une retraite spirituelle de cinq jours. Rien de religieux mais l’envie de renforcer les bienfaits du séjour en clinique, me reconnecter aux choses essentielles, découvrir mon chemin intérieur. Bien sûr, je sais que je devrai rester à jamais vigilant, ne pas baisser ma garde… Mais aujourd’hui j’ai réussi à me protéger davantage de mes émotions, je peux dire que je suis apaisé, je commence à être de plus en plus heureux. Je suis sur le bon chemin. Je prends les choses au fur et à mesure, step by step, on retrouve ça en montagne quand on fait de l’alpinisme. Cela paraît tout simple mais c’est très compliqué. Ce conseil qui m’a été donné par un psy a été très important dans ma vie à un moment où j’étais vraiment en difficulté sur le plan émotionnel. Me rendre compte qu’on ne peut pas accomplir tout, tout de suite. J’utilise bien sûr toujours mes émotions pour mon travail d’acteur, mais elles viennent plus instinctivement, plus facilement; avant, j’avais besoin de passer par un chemin plus laborieux, ce qui créait beaucoup de bordel autour de moi. (Rires) Je pense que l’amour, la tristesse amoureuse, les joies et les déceptions que l’amour apporte m’ont beaucoup aidé à mieux comprendre mes émotions et à les gérer.

    Vous parlez déjà comme un vieux sage…
    (Rires.) Bon, rassurez-vous, je reste quelqu’un de très jeune…

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  261. Pourquoi les humains boivent de l’alcool depuis des millénaires
    watson.ch/fr/blogs/suisse/566558824-pourquoi-les-humains-boivent-de-l-alcool-depuis-des-millenaires
    La consommation d’alcool est souvent associée à un moment de convivialité. Photo issue d’un album de famille, années 1960.
    La consommation d’alcool est souvent associée à un moment de convivialité. Photo issue d’un album de famille, années 1960.Image: Musée national suisse

    Vintage

    Pourquoi on boit de l’alcool depuis des millénaires
    Boisson d’agrément, stupéfiant, alternative hygiénique à l’eau, ou encore traitement contre les vers intestinaux: l’alcool accompagne l’être humain depuis toujours. Petite histoire culturelle d’un poison du quotidien.

    Isabelle Hausmann / musée national suisse

    On dit que les Germains avaient l’habitude de statuer deux fois sur une affaire: une première fois en état d’ivresse et une seconde fois sobres. Seules les propositions acceptées les deux fois étaient approuvées. Si l’on en croit le récit de l’historien romain Tacite vers l’an 100 ap. JC., les boissons alcooliques faisaient partie intégrante de la vie des peuples germaniques. Effectivement, la bière et le vin firent partie de l’alimentation de base de nombreuses civilisations du monde occidental pendant des siècles.

    Le blog du Musée national suisse

    Des histoires passionnantes sur l’histoire de la Suisse plusieurs fois par semaine: on y parle des Romains, des familles d’émigrants ou encore des débuts du football féminin.
    blog.nationalmuseum.ch/fr
    Une habitude vieille de plusieurs millions d’années
    L’histoire commença toutefois bien avant, la recherche ayant établi que nos ancêtres simiesques étaient déjà en contact avec l’alcool. Aussi bien le goût que l’odeur de cette liaison chimique activent une région du cerveau qui déclenche la sensation de faim. Or, les fruits mûrs contiennent plus de sucre, sont plus riches en énergie et libèrent des substances volatiles, notamment de l’éthanol, que nos ancêtres devaient sentir sur de vastes distances.

    Dans son ouvrage Une brève histoire de l’ivresse, Mark Forsyth défend la thèse selon laquelle, il y a dix millions d’années, nos ancêtres auraient raffolé des fruits trop mûrs. Une mutation génétique survenue pendant cette période aura réglé le problème de la métabolisation de l’alcool par l’organisme.

    Distillation d’alcool (?) sur un foyer ouvert au bord d’une route. Eau-forte de Johann Balthasar (l’Ancien) Bullinger, XVIIIe siècle.Image: Graphische Sammlung ETH Zürich
    Une boisson hygiénique et un fortifiant
    Au Néolithique, lorsque l’être humain se sédentarisa et qu’il commença à cultiver la terre, certaines civilisations se mirent à produire systématiquement des boissons alcooliques. L’acide tartrique laissant des traces bien visibles dans les contenants, les archéologues sont en mesure aujourd’hui de confirmer la présence d’alcool: les premières traces trouvées en Chine datent d’env. 7000 ans av. J.-C., celles trouvées en Iran et dans le bassin méditerranéen d’un peu plus tard.

    Par ailleurs, de nombreuses représentations figurant sur des statuettes et des tableaux révèlent que, des millénaires avant notre ère, la bière et le vin constituaient déjà des produits d’agrément et des aliments (oui, des aliments!) quotidiens en Mésopotamie, en Assyrie, à Babylone et en Crète. En Egypte, par exemple, la valeur nutritive de la bière fut longtemps mise en avant à cause de sa teneur en vitamines et oligoéléments.

    En outre, la bière était souvent moins souillée que l’eau, ce qui en fit une boisson désaltérante bienvenue pendant des siècles. Au XIe siècle, l’abbé anglo-saxon Ælfric écrivit:

    «Je bois de la bière quand j’en ai, et de l’eau quand je n’ai pas de bière»

    Brasseur au travail, vers 1425.Image: Wikimedia
    Outre sa fonction désaltérante, on prêta également pendant longtemps des vertus thérapeutiques à l’alcool. Au XIIIe siècle, le médecin catalan Arnau de Villanova décrivit comment l’alcool aidait à lutter contre les vers intestinaux et à prévenir le mal de mer. Jusqu’au XXe siècle, la médecine occidentale recommanda la consommation de bière à certains groupes de personnes.

    Ainsi, le chercheur suédois Carl von Linné nota en 1784 que la bière avait des effets bénéfiques pour «ceux qui étaient plutôt maigres et déshydratés, ainsi que pour ceux qui effectuaient des travaux manuels pénibles pour les aider à tenir le coup». Jusqu’à il y a une centaine d’années, l’alcool était aussi la seule substance antalgique et anesthésiante en médecine, ainsi qu’un antiseptique efficace.

    L’alcool a longtemps été considéré comme bénéfique pour la santé. Un homme buvant du vin, vers 1964.Image: Musée national suisse

    Les spiritueux comme élixirs de vie
    C’est cependant surtout l’effet grisant de l’alcool qui séduisit les humains. Les spiritueux, c’est-à-dire les boissons ayant un fort degré d’alcool, étaient particulièrement indiqués pour atteindre cet état. Néanmoins, leur production nécessita d’abord l’invention du procédé de distillation. Ce sont très probablement des chimistes arabes d’Afrique du Nord qui l’introduisirent au Xᵉ siècle. S’il est difficile de savoir à partir de quand ce mode de production se répandit en Europe, on sait en tout cas que l’alcool distillé est mentionné dans des ouvrages de médecine ou d’alchimie à partir du XVe siècle.

    Au cours des deux siècles suivants, d’infatigables distillatrices et distillateurs produisirent en Europe de l’Ouest toutes sortes de spiritueux (whisky, gin, brandy, etc.), baptisés acqua vitae (littéralement «élixir de vie», devenus «eau-de-vie» aujourd’hui). Cette frénésie de l’alambic fut à l’origine d’une crise sociale dans le Londres du début du XVIIIe siècle, dont le coupable était le gin. Selon un article du London Magazine, le gin «se négociait dans presque toutes les maisons, souvent dans la cave». Très fort en alcool (il aurait titré jusqu’à 80%) et bon marché (car sa production n’était ni taxée ni soumise à une licence), il était particulièrement apprécié des plus pauvres, qui buvaient également des gins coupés avec de la térébenthine et de l’acide sulfurique.

    La forte consommation de gin eut des conséquences catastrophiques. Au Royaume-Uni, le taux de mortalité dû à l’abus d’alcool finit par dépasser le taux de natalité. En désespoir de cause, le gouvernement fit voter plusieurs lois pour tenter de réduire la consommation d’alcool, introduisant notamment des licences de débit de boissons. Dans les années 1750, une série de mauvaises récoltes fit le reste et mit fin à cette période sombre qui rentrerait bientôt dans les livres d’histoire sous l’appellation de «Gin Craze» (la «folie du gin»).

    Gravure de William Hogarth montrant les conséquences de la consommation de gin, vers 1750.Image: Wikimedia
    Dans les frontières de la Suisse actuelle, la consommation de schnaps resta raisonnable jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Ce n’est que lorsque la pomme de terre fit son apparition dans l’agriculture du pays que le vent tourna. Le tubercule se prêtait à merveille à la production d’eau-de-vie, appelée «Hardöpfeler» (ou schnaps de pomme de terre).

    De nombreux petits paysans et familles d’artisans que l’industrialisation avait poussés au bord de la ruine virent dans la distillation de la pomme de terre une chance de survivre. Cela fit également augmenter la consommation, tant parmi les paysannes et les paysans que parmi les ouvriers des usines, pour qui l’eau-de-vie était un moyen efficace d’altérer la conscience après une longue journée de travail salarié. L’historien suisse Jakob Tanner écrivit à ce sujet:

    «L’ivresse, c’était ‘l’autre côté’, c’était se détacher, sombrer et disparaître»

    Un paysan offre un schnaps au facteur lors de sa tournée, 1952.Image: Musée national suisse
    Le problème de l’alcool
    Tout le monde sait que la consommation d’alcool n’est pas sans conséquence. C’est également ce que conclurent plusieurs médecins à la fin du XVIIIe siècle en Ecosse, en Allemagne et aux Etats-Unis en évoquant dans leurs écrits les concepts d’«addiction» et de «dépendance à l’alcool» et en déconseillant la consommation immodérée d’alcool.

    En Suisse, le médecin genevois Ernest Naville fut l’un des premiers en 1841 à étudier l’alcoolisme et à en dresser toute une liste de causes, notamment l’accès facile et bon marché à l’alcool, la culture de «la liberté et de l’ivresse» dans l’armée ou la précarité du logement. Un mouvement de tempérance et d’abstinence inspiré du modèle américain vit également le jour en Suisse. En 1877, le pasteur genevois Louis-Lucien Rochat fonda la Croix Bleue pour venir en aide aux alcooliques.

    Au niveau fédéral également, on reconnut la nécessité d’agir sur la «question de l’alcool»: au milieu des années 1880, la Confédération introduisit le monopole fédéral de l’alcool et la dîme de l’alcool. Ces mesures portèrent apparemment leurs fruits, puisque l’époque de l’alcoolisme engendré par la misère fut considérée comme révolue à partir des années 1930 en Suisse… bien qu’on y bût toujours autant.

    Maquette d’une affiche pour la prévention contre l’alcool en Suisse de Burkhard Mangold.Image: Musée national suisse

    Selon la fondation Addiction Suisse, quelque 85% des jeunes Suisses de plus de 15 ans consomment régulièrement de l’alcool de nos jours. Presque 9% d’entre eux en consomment quotidiennement et environ 250 000 sont dépendants à l’alcool (c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas s’en passer, ou alors difficilement). Dans une étude récente, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle que l’alcool n’est pas exempt de conséquences sur la santé, quelle que soit la quantité consommée, ce qui signifie que le risque existe bel et bien dès la première gorgée.

    Qu’il serve à désaltérer, à soigner ou à remonter le moral, l’alcool accompagne l’être humain depuis la nuit des temps. Il y a donc fort à parier que l’heure de sa disparition n’a pas encore sonné.

    >>> Plus d’articles historiques sur: blog.nationalmuseum.ch/fr
    watson adopte des perles sélectionnées du blog du Musée national suisse dans un ordre aléatoire. L’article «L’histoire grisante de l’Homo alcoholicus» est paru le 8 août.
    blog.nationalmuseum.ch/fr/2024/08/lhistoire-grisante-de-lhomo-alcoholicus
    La France accusée d’inciter les jeunes à boire

    Video: youtube

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    Nous prenons le volant de la nouvelle coqueluche de Renault, la Renault 5 E-Tech 100% Electric afin de vous en livrer les points forts et les points faibles. En voiture!

    Enfin! Il aura fallu atteindre quatre ans depuis sa première apparition en janvier 2021 pour en prendre le volant. Après des débuts tonitruants au GIMS 2024 en mars dernier, nous vous en avions déjà livré les principales caractéristiques. Il est donc temps de se glisser derrière le volant de la nouvelle Renault 5 E-Tech 100% Electric pour juger sur pièce des promesses du Losange.

    L’article

  262. L’alcoolisme en France en 1978 | INA Société

    22 sept. 2024

    Le nouveau vendredi | France 3 | 22/09/1978

    Reportage sur l’alcoolisme à travers le cas d’une jeune femme, Laure, qui raconte comment elle est devenue alcoolique et ce qu’elle a fait pour s’en sortir. Des témoignages de personnes qui ont bien connu Laure, d’un ancien alcoolique et de sa femme, et de plusieurs médecins sont présentés dans ce reportage.

    https://www.youtube.com/watch?v=eqXRSu9UtoI

  263. Le Conseil fédéral veut livrer la Suisse à l’immigration de l’UE
    udc.ch/actualites/publications/communiques-de-presse/le-conseil-federal-veut-livrer-la-suisse-a-limmigration-de-lue
    Communiqué de presse

    Comme le montre l’exemple de la Croatie, les « clauses de sauvegarde » de l’UE ne sont que de la poudre aux yeux. A partir du 1er janvier 2025, la Croatie bénéficiera de la libre circulation complète des personnes. Avec l’accord-cadre prévu par l’UE, nous n’aurons plus rien à dire en termes d’immigration.

    L’UE poursuit sa tactique du salami vis-à-vis de la Suisse, afin d’imposer toujours plus d’immigration à notre petit pays. L’exemple de la Croatie est édifiant : en 2022, le pays bénéficiait de la libre circulation complète des personnes. En raison de la forte immigration de ce pays vers la Suisse, le Conseil fédéral a certes pu activer la clause de sauvegarde et introduire des contingents. Mais comme la clause de sauvegarde est limitée à 2 ans au maximum, la Croatie bénéficiera à nouveau de la libre circulation complète des personnes à partir du 1er janvier 2025, ce qui signifie encore plus d’immigration.

    Mais ce n’est pas tout : l’accord-cadre prévu par l’UE prive la population suisse de toute possibilité juridique de gérer elle-même l’immigration conformément à la Constitution. Au contraire : l’accord doit permettre d’étendre la libre circulation des personnes. Concrètement, les citoyens de l’UE devraient obtenir le droit de séjour permanent en Suisse après 5 ans déjà, au lieu de 10 ans actuellement. En clair, ils pourront rester ici, même s’ils se retrouvent au chômage ou dépendent de l’aide sociale.

    Pour notre petit pays, cela signifie un nouvel afflux migratoire et des coûts se chiffrant en milliards. De plus, avec la Bosnie-Herzégovine, l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie, l’Albanie, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie, de nouveaux candidats à l’adhésion à l’UE sont à nos portes. Cela représente plus de 60 millions de citoyens de l’UE qui obtiennent de facto le droit de s’établir en Suisse grâce à la libre circulation des personnes.

    L’immigration en Suisse bat déjà des records : en 2023, plus de 140’000 personnes supplémentaires sont arrivées en Suisse et au premier semestre 2024, elles étaient plus de 80’000. Depuis l’introduction de la libre circulation des personnes en 2002, le nombre d’habitants a augmenté de 20% soit de 1.5 million. La population suisse croît donc 20x plus vite que celle de l’Allemagne. Entre-temps, nous avons franchi la barre des 9 millions d’habitants. Avec l’accord-cadre, le Conseil fédéral et les autres partis veulent nous livrer entièrement à l’immigration de l’UE.

  264. Avec 2,3 tonnes de cocaïne saisies, l’Australie enregistre son record de drogues interceptées
    la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/saisie-record-de-cocaine-en-australie-1541998.html
    page des articles faits divers
    Saisie record de stupéfiants en Australie.
    Une partie de la drogue saisie par la police australienne. • ©Jono Searle AAP Image via AP
    Un peu plus de deux tonnes de cocaïne au large du Queensland : c’est la saisie record de stupéfiants effectuée par la police australienne. Plusieurs personnes ont été arrêtées. Le gang local de motards Comanchero est mis en cause en lien avec un syndicat du crime organisé international.

    2,3 tonnes ! De mémoire de policier, c’est la plus importante saisie de cocaïne jamais réalisée en Australie. Pour une valeur de près de 56 milliards de francs Pacifique (près de 468 millions d’euros). Treize personnes ont été arrêtées durant le week-end. La drogue provenait d’un navire-mère (qui n’a pas été arraisonné) évoluant sur les eaux internationales à des centaines de kilomètres des côtes australiennes. Un premier bateau a tenté de l’importer mais est tombé en panne. Un second bateau a ensuite sombré au large des côtes du Queensland. Les suspects sont ainsi restés bloqués jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.

    Des trafiquants internationaux et les motards du Comanchero MC mis en cause
    Ces forces de l’ordre étaient déjà sur la piste des trafiquants comme l’explique le commandant Stephen Jay de la Police Fédérale Australienne.

    “La police fédérale et celle du Queensland enquêtent conjointement sur cette affaire depuis un mois, après avoir reçu des informations selon lesquelles un syndicat criminel présumé ayant des liens avec le gang de motards hors-la-loi Comanchero préparait l’importation de plusieurs tonnes de cocaïne au large des côtes du Queensland.”

    Le Comanchero Motorcycle Club est connu pour semer la terreur et opérer divers trafics, entre autres d’armes et de stupéfiants. Les personnes arrêtées (certaines sur le bateau, d’autres les attendant à terre) devaient comparaître devant les tribunaux dès lundi. Deux d’entre elles ont moins de 18 ans. La peine maximale encourue est la réclusion à perpétuité.

    La police sur les dents alors que l’Australie est un eldorado pour les trafiquants de cocaïne
    En tout cas, les forces de l’ordre australiennes veulent prendre le trafic de drogue à bras-le-corps, à en croire le commissaire adjoint par intérim James Copeman de l’Australian Border Force : “Cette opération a permis de démanteler de manière décisive un important réseau de trafic de drogue et envoie un message clair : les forces de l’ordre australiennes sont résolues à protéger les communautés australiennes contre les effets destructeurs des drogues illégales”.

    Cette saisie de cocaïne, arrivant d’un pays d’Amérique du Sud non identifié, représente 11,7 millions de transactions de rue. Elle est à rapprocher d’autres saisies récentes et très importantes de drogue de même origine, à destination de l’Australie. Le pays est une mine d’or pour les trafiquants. La cocaïne s’y revend au moins 6 fois plus cher qu’aux Etats-Unis.

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  265. Gestion des écrans: les enfants, miroir des adultes ?
    rts.ch/info/societe/2024/article/gestion-des-ecrans-les-enfants-miroir-des-adultes-28695136.html
    Radio Télévision Suisse30 novembre 2024
    Société
    Modifié samedi à 11:40

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    Temps écoulé 20:51

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    Durée 53:38

    Chargé: 40.76%

    Et si on levait les yeux? – Une classe face aux écrans / Doc à la Une / 53 min. / le 23 octobre 2024
    Gilles Vernet, enseignant d’école primaire, constate avec inquiétude l’invasion des écrans dans le quotidien de ses élèves. Pendant une année scolaire, l’instituteur et réalisateur entame une réflexion sur la place que cette pratique occupe dans leur vie. Il les prépare à dix jours de déconnexion totale, en pleine nature. Son documentaire “Et si on levait les yeux?”, disponible sur PlayRTS, est un miroir tendu aux adultes par des enfants d’une étonnante lucidité.

    Quand je sors de ma chambre, ça crie et j’ai rien d’autre à faire. Alors je préfère rester sur mon téléphone

    A l’aide d’un petit chronomètre distribué par l’enseignant, Elise a calculé passer six heures par jour sur son téléphone. C’est une heure de plus que la moyenne des jeunes de son âge. Avec ses camarades de 8P, elle essaie de comprendre pourquoi: “Quand je sors de ma chambre, ça crie et j’ai rien d’autre à faire. Alors je préfère rester sur mon téléphone”.

    Au fur et à mesure que les élèves et leur professeur réfléchissent aux raisons pour lesquelles les écrans prennent une aussi grande place dans leur vie, le documentaire met en lumière les habitudes familiales. Et quelles que soient les configurations parentales, le manque de disponibilité des adultes – qu’il soit un choix ou non – est frappant.

    Dire aux jeunes: ‘vous êtes des drogués’ n’amène rien. Par contre, casser cette idée d’addiction permet de relégitimer le pouvoir des parents pour mettre un cadre

    Niels Weber, psychologue et thérapeute de famille à qui nous avons demandé de visionner le film, estime qu'”il ne faut pas tomber dans le piège de la culpabilisation. Le but, ce n’est pas de dire aux parents: ‘Occupez-vous mieux de vos enfants!’ Ce serait un message beaucoup trop réducteur. Par contre, quand on donne la parole aux enfants et qu’ils nous disent: ‘J’utilise mon écran parce que je n’ai rien d’autre à faire’, on a la solution: il faut proposer des alternatives.”

    Apprendre à gérer la frustration
    De dire: “Vous êtes des drogués, par exemple, n’amène rien. En revanche, casser cette idée d’addiction permet de relégitimer le pouvoir des parents pour mettre un cadre. Si vous enlevez l’accès aux écrans à vos enfants, ce sera la crise mais ça ne mettra pas la santé de votre enfant en danger.” Pour Niels Weber, la crise est l’expression de la frustration. Sentiment désagréable, même pour les adultes. Mais plus tôt on apprend à gérer le sentiment de frustration, plus ce sera facile de s’autogérer plus tard et de se dire: “Ma foi, je ne verrai pas la fin de ma série ce soir. Je regarderai le dernier épisode demain. Je suis frustré, mais je m’en accommode”. Pour le spécialiste, “Il n’y a aucune raison qu’un enfant ou un adolescent s’arrête lui-même d’utiliser un écran. C’est à l’adulte de fixer une limite et surtout de proposer des alternatives.”

    On doit pouvoir répondre au besoin de sociabilisation en disant: “on va créer un contexte dans lequel tu vas voir tes amis. Mais il n’y aura pas besoin de téléphone”

    Quand un ou une adolescente nous dit: “Vous ne pouvez pas m’enlever mon téléphone ou mes réseaux sociaux parce que c’est mon seul accès à mes amis”, ce qu’on doit comprendre, c’est: “J’ai besoin de mes amis. Il s’agit d’un vrai besoin, contrairement au pseudo-besoin d’écrans. On doit pouvoir répondre au besoin de sociabilisation en disant qu’on va créer un contexte dans lequel il ou elle va voir ses amis. Mais il n’y aura pas besoin de téléphone.”

    Pour que ces besoins puissent s’exprimer et être entendus, il est nécessaire d’aménager des moments où tout le monde joue le jeu, où adultes et enfants vont faire l’effort de mettre les écrans de côté pour échanger et rester en lien.

    L’accompagnement plutôt que l’interdiction
    Plutôt que d’interdire, Niels Weber recommande d’accompagner les jeunes dans leur usage du numérique. “Le modèle de l’interdiction, on sait que c’est un modèle qui ne marche pas car il y a toujours des moyens de le contourner. Par contre, accompagner et réfléchir ensemble à quel moment il est judicieux d’entrer dans ces univers et de le faire, non pas d’un coup, avec tous les outils à disposition mais progressivement, c’est beaucoup plus efficace.”

    >> Niels Weber, thérapeute de famille et psychologue spécialisé en hyperconnectivité, réagit aux extraits du documentaire “Et si on levait les yeux ?” :

    Docu réactions “Et si on levait les yeux? – Une classe face aux écrans” / Docu réactions / 6 min. / le 1 novembre 2024
    Devenir des citoyens numériques responsables
    Le spécialiste en hyperconnectivité compare cet apprentissage au permis de conduire: “On n’imaginerait pas confier les clés d’une voiture à un adolescent sans formation préalable. De même, l’éducation numérique doit permettre d’acquérir à la fois des compétences techniques mais surtout de gestion: “Quelles sont mes priorités? Qu’est-ce que je veux faire? Est-ce que j’ai besoin d’un écran ou pas? Cette éducation passe par l’école, mais aussi et surtout par les parents. L’objectif est d’apprendre aux jeunes à devenir des “citoyens numériques” responsables, capables de gérer leur usage des écrans de manière autonome.”

    Mais pour y arriver, un encadrement de qualité et donc une disponibilité des adultes est indispensable. Pour bien des parents, cela représente déjà la charge mentale de trop. D’autant plus face à des plateformes de contenus numériques qui traquent notre attention sans répit. “Leur modèle économique fonctionne sur la captation de notre attention et la gestion de nos émotions. Développer des réseaux sociaux basés sur un autre modèle serait bien moins problématique”, rappelle Niels Weber.

    Muriel Reichenbach – RTS Les Documentaires

    “Et si on levait les yeux ?”, de Gilles Vernet, est disponible sur PlayRTS jusqu’au 23 janvier 2025

    Le livre “Les écrans, je gère” de Niels Weber avec les illustrations de Clémentine Latron, Editions Magenta, 2023 – Marre des conflits en famille à propos du temps passé sur les écrans? Ce livre décrypte le fonctionnement des jeux vidéo, des algorithmes, des réseaux sociaux et revient sur de nombreuses idées reçues (car devenir YouTubeur, ce n’est pas si simple…).

    Publié samedi à 09:57 Modifié samedi à 11:40

    Trois conseils à retenir :
    1. Ne vous focalisez pas sur le temps d’écran! Mais plutôt sur les besoins réels des enfants. Si vous pouvez établir ce que vous attendez de la part de vos enfants pour que vous soyez rassurés (moments privilégiés, sorties, sports, musiques, études, etc.), le nombre d’heures qu’ils passeront sur les écrans importera peu.

    2. Quel âge pour avoir son premier smartphone personnel? Idéalement 15-16 ans. Mais avant cela, identifiez quelles seraient les raisons d’en acheter un. Vous avez besoin d’être rassurés parce que votre enfant doit désormais prendre le bus et vous pensez avoir besoin de le joindre? Achetez un téléphone à touche qui permettra cette fonction. Et en parallèle, découvrez les réseaux sociaux à la maison avec eux, sur un appareil qui reste à domicile, si vous craignez qu’ils et elles ne se sentent exclus.

    3. Un usage excessif et envahissant est toujours symptomatique de quelque chose d’autre, mais n’est jamais le problème en lui-même. Un ou une ado qui se démotive, se désintéresse et passe de plus en plus de temps sur son téléphone est potentiellement un signe d’une situation de cyberharcèlement. Questionnez alors les ados sur leur ressenti, pas sur leur utilisation du téléphone.

    Pour en savoir +
    3-6-9-12+ : Conseils de praticiens de terrain, de chercheurs et d’universitaires, pour une éducation du public aux écrans et aux outils numériques. Ils et elles s’appuient sur les balises 3-6-9-12 imaginées par Serge Tisseron.

    Action Innocence : Des contenus destinés aux enfants et adolescents ainsi qu’aux parents qui souhaitent les accompagner dans leurs pratiques numériques. La fondation promeut un usage sain et modéré des écrans
    ainsi qu’une pratique sécurisée, citoyenne et responsable des outils numériques.

  266. Zoom – Luc Fontaine : Un juge au cœur des narco-cités et des zones de non-France !
    lesobservateurs.ch/2024/12/03/zoom-luc-fontaine-un-juge-au-coeur-des-narco-cites-et-des-zones-de-non-france
    3 décembre 2024

    Luc Fontaine était, jusqu’à l’été dernier, le premier président de chambre de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Ce magistrat français a été reconnu pour sa grande expérience et sa rigueur. Il a, par exemple, instruit l’affaire de l’Ordre du Temple solaire. Depuis plusieurs années, il s’est spécialisé dans la lutte contre la criminalité organisée et en particulier le trafic de stupéfiants, notamment sur les dossiers marseillais. Il est évident que son expertise est essentielle pour comprendre les raisons et les besoins pour combattre dans des “narco-cités” au cœur de zones de non-France.

    Pour TVL, l’ancien juge Fontaine évoque les opérations “place nette XXL”, le renforcement des partenariats internationaux pour contrer les réseaux criminels, la sanction des trafiquants, des dealers mais aussi des consommateurs de drogue, l’institution de peines planchers pour les récidivistes et la reconduite à la frontière pour les étrangers condamnés pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Luc Fontaine exige aussi une remise à plat du régime de l’exécution des peines.

    Un entretien passionnant au cœur des narco-cités. Et une réponse à la question : Peut-on gagner cette guerre ?

    Extrait de: Source et auteur

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  267. LA SOMBRE HISTOIRE DE LA COCAÏNE – CREAM City #1

    9 oct. 2022 #cocaine #drogue #CREAMcity
    Re.

    Aujourd’hui on va parler de la Cocaïne, et plus précisément de son histoire.
    Et autant vous dire que du Corse Mariani au Colombien Escobar, en passant par Sigmund Freud et Coca-Cola; il y a énormément de choses à dire.

    Alors accrochez vos ceintures parce que cette histoire pourrait bien changer votre perception de cette substance si dangereuse !
    Bon visionnage !

    ——
    00:00 – Début
    00:59 – Intro
    02:16 – PARTIE 1 – Le Roi des Pinards
    06:48 – PARTIE 2 – Les Apôtres de la Cocaïne
    10:47 – PARTIE 3 – Le Revers de la Médaille
    16:40 – PARTIE 4 – Le monde, Chico
    24:34 – PARTIE 5 – L’après-Escobar
    ——

    https://www.youtube.com/watch?v=VklCkXGaarw

  268. Comment les Narcos ont Envahi Miami dans les Années 80 ?

    18 juin 2021 #professiongangster #narcos

    Lors des années 80, Miami a été le théâtre d’une terrible guerre liée au trafic de cocaïne.
    Différents cartels originaires d’Amérique du Sud (Cuba, Colombie entre autres) ont effectivement fait régner la terreur dans le sud de la Floride.
    Nombreuses étaient alors les victimes (la plupart innocentes).

    Pour comprendre comment une telle guerre de la drogue a pu s’amorcer, je vous propose dans ce documentaire de retracer l’Histoire du banditisme floridien.
    En commençant par les années 20 et en terminant par les années 80 (période pendant laquelle Miami était considéré comme la capitale mondiale de la drogue).

    Ainsi, dans cette vidéo, nous nous pencherons sur les gangsters qui ont joué un rôle déterminant dans l’acheminement de produits illicites à Miami.
    Parmi eux, on peut notamment citer Pablo Escobar, Fabio Ochoa Restrepo, Rafael Cardona Salazar, Max Mermelstein et bien sûr Griselda Blanco.

    Si des œuvres culturelles telles que la série Miami Vice, le film Scarface ou le jeu vidéo Grand Theft Vice City vous parlent alors vous allez probablement apprécier ce qui va suivre.

    https://www.youtube.com/watch?v=GohIzlJV_8A

  269. La Camorra : Une mafia qui règne par la terreur | Documentaire Français

    6 déc. 2024 #FreeDocumentary #mafia #Documentaire
    La Camorra : Une mafia qui règne par la terreur | Documentaire Français

    La Ndrangheta – Une mafia qui ne connaît pas de frontières : • La Ndrangheta : Une mafia qui ne conn…

    Des comptes sanglants réglés et des rues envahies par les déchets ont terni l’image de carte postale de Naples. Crimes divers et trafics en tout genre sont les marques laissées par la Camorra, la mafia napolitaine, qui est le principal employeur de la ville.

    En créant de petits emplois illégaux, comme les gardiens de parking qui garent des scooters pour quelques euros et servent d’informateurs pour la mafia, ou en contrôlant le marché lucratif de la gestion des déchets, la Camorra a su étendre son influence à l’ensemble de l’économie napolitaine. Certains habitants ripostent, tandis que d’autres apprennent à vivre avec cette réalité. Prenons l’exemple des neomelodici, des chanteurs populaires souvent très jeunes. Ces neomelodici peuvent gagner jusqu’à 100 000 euros simplement en chantant les louanges de la Camorra.

    Pour tenter de réduire l’empire mafieux dans la ville, Naples a mis en place une force de police spéciale : les Falchi, les faucons. Équipés de puissantes motos, sans casque ni uniforme, ils roulent à toute allure dans le labyrinthe des rues napolitaines. Quelles sont leurs techniques pour infiltrer les clans ? Caméras espions, micros cachés… Découvrez comment ils tendent un piège à des quartiers entiers pour démanteler un réseau de trafic de cocaïne organisé par les mères de la mafia napolitaine.

    https://www.youtube.com/watch?v=ewKiLAGkH5Q

  270. L’ecstasy comme remède contre la dépression? Oui, mais il y a un hic
    watson.ch/fr/suisse/sante/350593043-l-ecstasy-comme-remede-contre-la-depression-oui-mais-il-y-a-un-hic
    Two women sitting in armchairs and talking. Female coach, psychotherapist, psychologist, advisor and patient, client, psychotherapy, job interview
    Selon des chercheurs suisses, les thérapies à base de substances telles que le LSD ou la MDMA sont porteuses d’espoir.Image: Moment RF

    Les psychothérapies à l’aide de substances psychédéliques comme le LSD et l’ecstasy sont un espoir pour les patients traumatisés sur lesquels rien d’autre ne fonctionne. Mais si l’autorité américaine de régulation reste méfiante, en Suisse, il existe désormais une recommandation thérapeutique pour les exceptions.

    Jean-Martin Büttner / ch media

    Le chercheur américain Rick Doblin avait l’air choqué lorsqu’il a dû annoncer le revers de sa recherche. La consternation, partagée par ses collègues du monde entier, est liée à une décision de l’agence américaine des médicaments (FDA), rendue publique en août. L’autorité a refusé d’autoriser la MDMA – connue sous le nom de marque Ecstasy – comme méthode de traitement pour les patients souffrant de trouble de stress post-traumatique (TSPT).

    Au lieu de cela, elle demande une nouvelle étude clinique sur l’efficacité et la sécurité de la substance. La durée d’une telle étude s’étendrait sur des années et déclencherait des coûts supplémentaires de plusieurs millions. Cette décision est lourde de conséquences, car la position de la FDA a valeur de signal international.

    Rick Doblin ne se laisse pas décourager pour autant. Il a confié au Washington Post que lui et ses collègues de l’organisation américaine à but non lucratif MAPS (Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies) continueraient à s’engager pour l’utilisation de substances modifiant l’état de conscience comme la MDMA et le LSD. Ils sont en effet convaincus que de telles substances peuvent aider les patients traumatisés.

    La Suisse est pionnière
    Une étude menée en 2023 par les chercheurs suisses Peter Gasser et Daniel Liechti a confirmé que les thérapies à base de substances telles que le LSD ou la MDMA sont porteuses d’espoir: la distribution ciblée de LSD réduit de manière significative les symptômes de dépression et de troubles anxieux en combinaison avec une psychothérapie. Et ce, même un an après le traitement. Le rejet de la FDA américaine montre, selon Peter Gasser, «qu’il faudra plus de temps pour normaliser de telles thérapies que nous ne l’avions pensé dans l’euphorie des premières études qui nous ont tous encouragés».

    Il y a une «bombe à retardement» dans l’eau en Suisse

    Bien qu’aucune autre agence de médicaments au monde n’ait autorisé un psychédélique en tant que médicament, il existe en Suisse une réglementation d’exception. Certains psychiatres peuvent utiliser des psychédéliques avec une autorisation correspondante de l’OFSP.

    Et la Suisse, pays pionnier en matière de thérapies de ce type, est désormais également le premier pays à avoir publié des recommandations de traitement pour les thérapies psychédéliques. Celles-ci comprennent un diagnostic correct des patients qui ne répondent pas aux méthodes thérapeutiques établies, ainsi qu’un entretien avant et après la séance au cours de laquelle le patient ou la patiente prend la substance active. Il s’agit également de se prémunir contre d’éventuelles agressions sexuelles. Mais cette réglementation exceptionnelle ne permet pas de traiter un grand nombre de patients.

    Si des pays comme la Suisse espèrent tant de substances actives comme le LSD, la kétamine, la psilocybine ou la MDMA (qui n’a pas d’effet hallucinatoire) – connue sous le nom d’ecstasy –, c’est parce que l’expérience montre que ces produits fonctionnent comme une sorte de catalyseur dans la thérapie. Et facilitent ainsi l’accès aux malades psychiques. C’est particulièrement vrai pour un trouble difficile à traiter: le syndrome de stress post-traumatique. Les patients traumatisés sont terrorisés par l’horreur de ce qu’ils ont vécu et c’est précisément pour cette raison qu’ils ne peuvent pas laisser un thérapeute s’approcher d’eux.

    Cette scientifique s’injecte des virus expérimentaux pour vaincre son cancer

    Dans de tels cas, la recherche espère que des psychotropes à faible dose, administrés seulement quelques fois, peuvent déjà aider. «Il est prouvé que les hallucinogènes relâchent les synapses dans le cerveau et entraînent leur reformation», explique le médecin et biochimiste Franz Vollenweider, qui a publié plusieurs études sur les hallucinogènes.

    Les hallucinogènes, un problème pour la recherche
    Un problème méthodologique non résolu dans les études avec des substances comme le LSD ou la MDMA est celui de la «suppression de l’aveugle». Le principe du double aveugle est exigé dans les études scientifiques: le groupe expérimental auquel est administré le nouveau médicament est confronté à un groupe de contrôle qui reçoit un placebo, sans que ni l’expérimentateur ni les sujets ne sachent qui reçoit quoi. De cette manière, l’effet d’une substance doit être mesuré de manière compréhensible.

    Le problème de mesure de ces substances est leur effet psychologique aigu. De nombreux sujets d’expérience remarquent ce qu’ils ont reçu, de sorte que l’aveuglement souhaité disparaît. D’autre part, il n’y a pas encore de consensus sur un placebo optimal, dit actif, qui masquerait suffisamment l’effet des psychédéliques à étudier dans le groupe de contrôle.

    La FDA en est également consciente, affirment les spécialistes interrogés. Et pourtant, l’autorité insisterait sur de telles études irréalistes. Cela serait d’autant moins crédible que dans la recherche, on étudie aussi d’autres symptômes sans études en double aveugle, comme le rhume, la diarrhée ou la mauvaise audition.

    Les études thérapeutiques avec le LSD et autres sont claires. Comme elles coûtent très cher, seules les grandes entreprises pharmaceutiques peuvent les financer. Mais les géants du secteur ne montrent pas ou pas encore d’intérêt. «Nous n’investissons pas dans cette forme de thérapie», répond un porte-parole de Novartis. D’autres grandes entreprises ont émis des avis similaires.

    Big Pharma attend
    Il y a plusieurs raisons à cela. L’une d’entre elles est que des substances comme le LSD ou la MDMA ne peuvent pas être brevetées. Certes, une entreprise pourrait développer des substances aux effets similaires et faire breveter ces dérivés. Mais comme on ne délivre de tels psychotropes que pendant une courte période et à des doses relativement faibles, une autre incitation financière disparaît pour les géants de l’industrie pharmaceutique. «Big Pharma veut faire de l’argent et attend d’abord», résume le pharmacien du chanvre Manfred Fankhauser – dès qu’une petite entreprise montre des succès démontrables, une grande entreprise la rachète, ce qui arrive souvent avec les nouveaux médicaments.

    Ce business de la santé menace «d’exploser à la figure» des Suisses

    Derrière la défense des autorités américaines et le désintérêt de l’industrie pharmaceutique, les pionniers voient encore un autre problème qui complique leurs recherches. Franz Vollenweider, médecin et chercheur zurichois spécialiste du cerveau, le formule ainsi:

    «Jusqu’à aujourd’hui, un réflexe puritain déterminé par la mentalité américaine, né en réaction à la montée incontrôlée de la drogue dans les années 1960, continue d’agir»

    Les espoirs extatiques de nouveaux traitements psychédéliques sont en tout cas actuellement fortement désillusionnés.

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    (Traduit et adapté par Chiara Lecca)

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    source: forum asbest schweiz

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    Video: watson

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    L’UE réclame près d’un milliard à la Suisse

    Fonds de cohésion, accès à la recherche, paiements uniques: l’argent est au cœur du dernier round des négociations entre la Confédération et l’Union européenne. Craignant les réactions en Suisse, Berne veut faire baisser la facture.

    C’est bien connu, l’addition vient à la fin. Et c’est aussi vrai pour les accords politiques: les derniers jours de négociations entre la Suisse et l’Union européenne en vue d’une nouvelle réglementation des relations bilatérales portent désormais sur l’argent. Les futurs paiements de cohésion ou les contributions que la Suisse devra verser pour accéder au programme de recherche de l’UE sont sur la table. On parle de centaines de millions de francs.

    L’article

  271. Deal de rue : a-t-on perdu le contrôle ?

    Infrarouge Modifié le 21 octobre 2024 à 11:55

    Deal de rue: a-t-on perdu le contrôle? / Infrarouge / 59 min. / le 9 octobre 2024
    Des dealers qui agissent en pleine rue, des toxicomanes qui consomment du crack dans l’espace public et des citoyens qui se sentent de moins en moins en sécurité : la situation se tend sur le front de la drogue en Suisse romande.
    A tel point que les syndics de Lausanne, Vevey et Yverdon dénoncent une situation hors de contrôle dans une lettre au Conseil d’État vaudois et réclament des assises sur la question. A Genève aussi, la cohabitation avec les dealers devient problématique et l’augmentation de la consommation de crack met le dispositif sanitaire et social en difficulté.

    Alors notre politique en matière de drogue est-elle encore adaptée ? Comment faire pour repousser les dealers hors des centres-villes ?

    Deal de rue : a-t-on perdu le contrôle ?  c’est le débat d’Infrarouge mercredi 9 octobre

    Publié le 9 octobre 2024 à 17:10 Modifié le 21 octobre 2024 à 11:55
    Invités :
    Vassilis Venizelos, conseiller d’État VD

    Céline Amaudruz, vice-présidente UDC, conseillère nationale GE

    Grégoire Junod, syndic de Lausanne

    Camille Robert, co-secrétaire générale du GREA

    Thomas Herquel, directeur association Première Ligne

    Ruben Ramchurn, conseiller municipal indépendant Yverdon

    https://www.rts.ch/play/tv/-/video/-?urn=urn:rts:video:15215043

  272. La pétition contre le deal de rue remise au Grand Conseil avec près de 8000 signatures
    rts.ch/info/regions/vaud/2024/article/la-petition-contre-le-deal-de-rue-remise-au-grand-conseil-avec-pres-de-8000-signatures-28715507.html
    Radio Télévision Suisse3 décembre 2024
    La pétition vaudoise contre le deal de rue a été remise mardi au Grand Conseil. Munie de 7912 signatures, elle avait été lancée mi-août alors que le trafic de drogue explosait dans plusieurs villes du canton, en particulier à Lausanne, Yverdon et Vevey.

    Cette pétition montre que “la situation n’est plus tenable” et que “la population en a ras-le-bol”, a déclaré Marianne Dind, l’une des instigatrices du texte, après avoir remis les paraphes au président du Grand Conseil, Jean-François Thuillard.

    Elle a salué “le très bon score” de cette pétition, lancée par un petit groupe de citoyens, avec une logistique réduite et sans le soutien d’un parti. Elle a été signée par “Monsieur et Madame tout le monde”, par des gens “de droite comme de gauche”, a continué Marianne Dind, elle-même membre de l’UDC.

    Intitulé “Le deal de rue, ça suffit! Tolérance zéro”, le texte exige plus de fermeté des autorités politiques, accusées d’avoir laissé la situation dégénérer. Les pétitionnaires demandent que les lois en matière de lutte contre le trafic de drogue soient “enfin appliquées”.

    La pétition milite pour “un contrôle permanent”, par la police, des lieux publics touchés par le deal. De véritables sanctions envers les trafiquants sont également exigées. Pour les signataires, il faut “faire comprendre aux dealers qu’ils ne sont pas les bienvenus dans les lieux publics des villes vaudoises”.

    >> Ecouter le débat de Forum entre Elodie Lopez, membre du Grand Conseil vaudois (EàG), et Marianne Dind, initiatrice de la pétition (UDC). :

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    Une pétition vaudoise demande la tolérance zéro contre le deal de rue: débat entre Elodie Lopez et Marianne Dind (vidéo) / Forum / 11 min. / le 3 décembre 2024
    >> A lire : Une pétition demande au canton de Vaud d’en faire plus pour gérer le deal de rue

    Une possible initiative populaire
    La pétition souligne encore que les substances vendues dans la rue sont “de moins en moins chères”, touchant un public “de plus en plus large”. Mais aussi que les dealers montrent désormais “des attitudes très invasives” envers la population. Pour toutes ces raisons, “il y a urgence à agir”, d’après Marianne Dind.

    Le texte est désormais entre les mains de la commission des pétitions du Grand Conseil. Il sera ensuite discuté en plénum, qui décidera ou non de le renvoyer au Conseil d’Etat.

    Marianne Dind a déjà prévenu que le comité à l’origine du texte pourrait ne pas en rester là. A terme, si la situation ne devait pas évoluer “sur le terrain”, une initiative populaire pourrait être lancée.

    >> Revoir le reportage de Mise au point à Yverdon :

    Deal de rue à Yverdon / Mise au point / 13 min. / le 29 septembre 2024
    Task force cantonale
    Le deal de rue a fortement augmenté cet été en terre vaudoise, en particulier celui lié au crack. Outre la pétition et un renforcement policier sur le terrain, cette situation a suscité diverses interventions politiques, tant au niveau communal que cantonal.

    Les trois principales villes concernées — Lausanne, Yverdon et Vevey — ont notamment écrit au Conseil d’Etat pour lui signaler une situation “hors de contrôle” et lui demander d’en faire davantage.

    Le Conseil d’Etat a annoncé, lui, l’instauration d’une “task force” et un renforcement des mesures répressives, comme l’organisation d’opération “coups de poing” ou l’accélération du renvoi de trafiquants en séjour illégal.

    ats/ami

    Publié le 3 décembre 2024 à 18:02 Modifié le 3 décembre 2024 à 20:28

  273. Travail obligatoire en prison: une clé pour favoriser la réinsertion des détenus
    rts.ch/info/suisse/2024/article/travail-obligatoire-en-prison-une-cle-pour-favoriser-la-reinsertion-des-detenus-28722132.html
    Radio Télévision Suisse10 décembre 2024

    Qu’ils soient condamnés pour commerce de drogue, vols, homicide ou actes de pédophilie, dans toutes les prisons de Suisse les détenus doivent travailler. Dans l’établissement de Crêtelongue, en Valais, ils apprennent ainsi la cuisine, le travail de ferme ou l’entretien des bâtiments. De quoi favoriser leur réinsertion une fois dehors.

    Celui que l’on appellera James a derrière lui un long passé en détention: une dizaine d’années au total, toujours pour des infractions à la loi sur les stupéfiants. Il est déjà passé par les établissements pénitentiaires de Bellechasse (FR), les Iles (VS) et ceux de la plaine de l’Orbe (VD).

    Il vient d’arriver à Crêtelongue (VS) et ne peut cacher son étonnement: le bâtiment, quasiment neuf, a été inauguré il y a une année seulement. En outre, les 104 cellules de 12m2 sont lumineuses et sans barreaux (des vitres spéciales ont été installées ne nécessitant pas de sécurité supplémentaire).

    Interrogé lundi dans l’émission Basik, James dit apprécier le cadre: “Je suis Valaisan. La vue est superbe: les vignes, les sommets enneigés. Ce n’est pas comme ça ailleurs.”

    Mais ce qui change surtout, c’est le fait d’avoir une cellule à soi, car les prisons des cantons latins dépassent le taux de 100% d’occupation, selon les derniers chiffres disponibles (janvier 2024). Avec certains établissements largement surpeuplés dans les cantons de Vaud et Genève notamment.

    >> Voir le sujet du 19h30 sur le nouveau bâtiment de la prison de Crêtelongue :

    Temps écoulé 0:14

    /

    Durée 2:34

    Chargé: 41.46%

    Les cantons romands sont contraints d’agrandir et de moderniser leurs prisons. / 19h30 / 2 min. / le 26 août 2023
    Manque de gardiens
    La prison de Crêtelongue, elle, n’est occupée qu’à 70% par manque de gardiens et de places en atelier. Anne Bochatay, directrice de l’établissement, s’explique: “Il y a un projet en cours pour adapter les ateliers à l’agrandissement du nombre de places, mais ce projet a été ralenti pour des raisons budgétaires. J’espère qu’il sera rapidement repris, car sinon il ne va pas être possible d’accueillir davantage de détenus.”

    À Crêtelongue, les travaux proposés aux détenus sont variés: travail dans les grandes cultures, les vignes, l’élevage, la buanderie, la cuisine, la fabrication de plaques d’immatriculation… La liste est longue.

    Obligation de travailler
    En Suisse, les établissements pénitentiaires sont tenus d’offrir du travail aux détenus, selon le Code pénal. Et tous les détenus ont l’obligation de travailler, même après 65 ans. Seule exception, si le détenu est au bénéfice d’un arrêt maladie.

    Si je devais faire de la détention, je préférerais me lever le matin et avoir une activité plutôt que de rester 23 heures sur 24 dans ma cellule

    Dans tous les cantons latins, le salaire est fixé à 33 francs par jour de travail. De cette somme, l’établissement prélève 8 francs pour les frais de pension. Le détenu peut donc toucher au maximum 25 francs par jour. Cela dit, si ce dernier ne montre aucune motivation, son salaire sera amputé et atteindra au minimum 12,5 francs. Enfin, au cas où le prisonnier refuse de travailler, l’établissement peut le punir en ponctionnant son compte ou en l’enfermant dans une cellule d’isolement.

    15% du salaire pour l’épargne
    Le salaire du détenu se répartit ensuite ainsi: 20% de la somme va sur un compte de réserve destiné aux contributions d’entretiens, aux assurances sociales, aux indemnités pour les victimes et aux frais médicaux ou de justice. Un autre 15% va sur un compte bloqué qui sera donné au détenu lors de sa libération.

    Enfin, le détenu peut disposer du solde (65% de son salaire) pour ses dépenses courantes: achats d’articles de toilette et de nourriture supplémentaire, location d’un téléviseur, primes d’assurances maladie…

    Donner une formation et un “sens à sa vie”
    Le but d’obliger les détenus à travailler est multiple: assurer quelques entrées financières à la prison, mais surtout offrir aux détenus une formation, même sommaire et un goût pour le travail.

    Pour Anne Bochatay, le travail offre aussi un cadre aux détenus. “Si je devais faire de la détention, je préférerais me lever le matin et avoir une activité plutôt que de rester 23 heures sur 24 dans ma cellule. Travailler donne une structure, un sens à sa vie”, justifie-t-elle.

    Gabriel Tejedor

    Publié hier à 06:26 Modifié hier à 09:45

  274. Contrefaçons, armes, permis : les dessous des trafiquants

    10 déc. 2024 #arnaque #reportage #société
    Contrefaçons, cigarettes, armes ou permis de conduire… Pour tous ces trafics, les malfaiteurs ne jurent désormais plus que par leur smartphone et Snapchat, WhatsApp ou encore Telegram… Cryptées et intraçables, ces messageries leur permettent de se livrer à des activités illégales en toute impunité. Enquête sur un vrai darknet de poche.

    https://www.youtube.com/watch?v=hgAcIEpCpLk

  275. Cannabis trafiqué : attention danger en Suisse

    17 févr. 2021 #cannabis #drogues
    Des cannabinoïdes de synthèse, fabriqués artificiellement en labo, puis pulvérisés sur du CBD pour faire croire à du cannabis THC ! Attention arnaque, et surtout attention danger… Le cannabis de synthèse débarque chez nous, une molécule indétectable à l’oeil nu, et associée à une centaine de décès en Europe. Marc vous embarque dans son enquête sur les traces de ce cannabis trafiqué, qui se diffuse peu à peu en Suisse romande.

    Journaliste : Marc Gagliardone

    #cannabis #cannabisdesynthèse #drogues

    https://www.youtube.com/watch?v=lon0x57XWjM

  276. Public Eye | Corruption « Made in Switzerland »
    swisscorruption.ch/fr
    La corruption
    « Made in Switzerland »
    Switzerland is yours ! Que vous soyez fille de potentat, financier véreux ou négociant en pétrole peu regardant, la Suisse vous ouvre les bras avec ses indéniables atouts.

    Il n’est pas dans nos coutumes de poser trop de questions ou de condamner trop sévèrement celles et ceux qui détournent ou blanchissent des millions… Et puisque l’argent n’a pas d’odeur, la bucolique Helvétie et ses banques ont pu se muer en toute quiétude en principal receleur de l’argent de l’évasion fiscale et du crime.

    Bien sûr, le pays a dû se plier à quelques changements sous la pression internationale. Mais rassurez-vous, tout n’est pas perdu ! Pourvu que l’on sache s’y prendre, la Suisse reste un havre de paix pour les criminel·le·s en col blanc.

    C’est pourquoi Public Eye va vous guider dans vos démarches corruptives, en vous fournissant toutes les informations nécessaires pour exploiter au maximum les avantages de la Suisse.

    Petit manuel suisse à usage des criminel·le·s en col blanc

    Pourquoi la Suisse est-elle une destination de rêve pour les criminel·le·s en col blanc ? À qui devez-vous impérativement vous adresser pour faciliter vos magouilles ? Public Eye a rédigé un petit manuel suisse de la corruption. Il fonctionne comme une boîte à outils qui vous permettra de prendre les bonnes décisions au bon moment.

    Chapitre 1

    Les 12 raisons d’opter pour la Suisse
    Découvrez les avantages et les failles législatives dont vous pourrez bénéficier dans notre beau pays, ainsi que les astuces à utiliser en cas de pépin.

    1. Des avocat·e·s d’affaires aux petits soins

    Encore quelques années de liberté ! Le 19 mars 2021, le projet de modification de la LBA – la loi sur le blanchiment d’argent (1997) – a été en partie jeté à la poubelle. Le nouveau texte prévoyait de soumettre à cette législation les avocat·e·s qui créent, gèrent ou administrent vos sociétés-écrans ou vos trusts. La commission parlementaire compétente, qui compte en son sein plusieurs avocat·e·s, a refusé, estimant que cela signifierait « une sérieuse remise en question » du secret professionnel.

    Résultat : vos conseillers et conseillères helvétiques n’ont toujours aucune obligation de diligence ou de contrôle et n’ont pas l’obligation de dénoncer vos malversations auprès du bureau anti-blanchiment (MROS) de la Confédération. Sauf s’ils sont signataires sur l’un de vos comptes bancaires.

    2. Des intermédiaires financiers autorisés à la négligence

    Contrairement à vos avocat·e·s, les banquiers et banquières suisses sont soumis depuis près de vingt-cinq ans à la loi anti-blanchiment (LBA). En théorie, la justice peut les embêter sur trois points : ils peuvent eux-mêmes être accusés de blanchiment d’argent ; épinglés pour ne pas avoir suffisamment clarifié l’origine des fonds et l’ayant droit économique des sociétés (art 305 ter) ; ou encore rattrapés pour avoir violé leur obligation de communiquer leurs soupçons (art 37 LBA).

    Mais rassurez-vous : il ne se passera certainement rien si votre banquier est juste… très négligent. Par exemple, s’il prétend n’avoir pas remarqué certaines transactions financières pourtant acrobatiques, il s’en tirera avec quelques kopecks. En revanche, aucune sanction ne le menace si la justice n’a pas pu démontrer l’origine criminelle des fonds.

    3. Un système d’autorégulation à taille humaine

    C’est de vos banquiers ou gestionnaires de fortune que peut venir le coup de poignard. Celles et ceux qui vous traitaient avec tant d’égards ont l’obligation, en cas de soupçon « fondé », d’envoyer un signalement au bureau anti-blanchiment (MROS). C’est la vénérée « autorégulation » ! La démarche est un peu tordue et on comprend aisément que vos interlocuteurs et interlocutrices y renoncent parfois en jouant sur le registre lexical. En cas de « simple » soupçon, ou si vous refusez de transmettre certains justificatifs, il arrive au banquier de vous conseiller discrètement de changer d’établissement. Ni vu, ni connu.

    Rien à voir avec le système qui prévaut en France. Tout dépôt ou retrait de cash supérieur à 10 000 euros sur un compte génère un signalement à la cellule financière nationale. Et la plupart des banques transmettent systématiquement les informations sur les transactions supérieures à 150 000 euros et dont le bénéficiaire réel n’est pas clairement identifié.

    4. Un bureau de lutte anti-blanchiment chroniquement embouteillé

    Votre gestionnaire de fortune a franchi le pas. Il a signalé au bureau anti-blanchiment (MROS) une relation d’affaires suspecte et, hélas, vous n’avez pas pu honorer ce transfert de fonds vers la Lituanie pour rémunérer l’ancien ministre des Transports ukrainien pour ses précieux services. Vos comptes sont bloqués ! Heureusement, la petite cellule financière qui a reçu le signalement ne compte qu’une quarantaine de personnes trimant jour et nuit dans des conditions « archaïques », dixit l’ancien chef du MROS.

    En 2020, plus de 6000 dénonciations émises par les banques n’avaient pas encore été traitées. Dans un quart des cas, les malheureux collaborateurs et collaboratrices devaient copier chiffre par chiffre sur leur ordinateur les données bancaires reçues par la Poste. Des boîtes entières de documents – les vôtres peut-être – risquaient de passer à la trappe lors de ce long processus. Depuis 2021, les banques doivent en principe utiliser la seule voie électronique pour communiquer leur dossier. Toutes ne le font cependant pas. Il y a encore de la marge…

    5. Une bien utile procédure de mise sous scellés

    Votre société a été perquisitionnée ? Pas de panique, vous avez la possibilité de faire tourner la justice suisse en bourrique, en vous assurant que les pièces saisies ne soient remises aux enquêteurs et enquêtrices que plusieurs mois, voire des années plus tard. Il suffit de brandir l’article 248 du Code de procédure pénale ! Cet article prévoit que certaines pièces soient « mises sous scellés » et que l’autorité pénale ne puisse pas en prendre connaissance ou les exploiter, sous prétexte qu’il s’agit d’informations couvertes par un secret protégé par la loi.

    En clair, si la police a saisi le disque dur de votre société, faites valoir que celui-ci contient des informations personnelles ou protégées par le secret : par exemple des courriers échangés avec vos avocat·e·s. La procédure sera alors au point mort jusqu’à ce qu’un tribunal indépendant ne tranche. Ce petit jeu en vaut toujours la chandelle si vous misez sur une prescription des faits pour vous en tirer.

    6. Des fonctionnaires qui pinaillent

    Admettons que vous ayez bâti votre fortune à la sueur de votre front et que vous l’ayez déposée en toute sécurité sur des comptes suisses. Les fonctionnaires de votre pays vous reprochent désormais d’avoir acquis votre richesse de façon illégitime, et vont même jusqu’à demander à la justice helvétique une entraide judiciaire. Vous avez de la chance car la Suisse est particulièrement pinailleuse quand on lui demande ce type de service. Si la requête n’est pas précise, il y a fort à parier que le ou la fonctionnaire en charge de la traiter la rejette pour des motifs purement formels.

    7. Une entraide judiciaire internationale qui traîne pendant des années

    Le coup est parti de l’étranger, et la justice suisse vous a pris dans ses filets. La Lituanie a adressé une demande d’entraide judiciaire à Berne, au Ministère public de la Confédération. Les magistrats baltes veulent recevoir toute la documentation bancaire vous concernant, car il se trouve que l’ancien ministre des Transports ukrainien, à qui vous avez fait de généreux versements, a été arrêté à Vilnius et s’est mis à table. Les Suisses sont sur le point d’adresser les pièces…

    Une solution s’impose : s’y opposer par un recours, même sous des prétextes fallacieux ! Cela permettra de gagner plusieurs mois, voire une année. Vous pouvez recourir deux fois : devant le Tribunal pénal fédéral, puis devant le Tribunal fédéral, la plus haute juridiction suisse. La voie dilatoire est toujours utile.

    8. Une industrie offshore suisse très compétitive

    Vous avez besoin d’une coquille vide pour frauder le fisc ou opacifier une transaction douteuse ? Sur le grand marché des paravents et faux-nez offshore, les avocat·e·s et fiduciaires helvétiques ont une expertise notoire. Ils figurent parmi les plus actifs dans la création d’entités sans substance et de montages destinés à semer la justice. Leurs terrains de jeu favoris : le Panama, les Îles Vierges britanniques ou même la Suisse.

    Sur le Net, de petits malins offrent leurs services pour « créer une société en Suisse sans y être domicilié » en quelques clics. Pour 99 francs par mois, vous pouvez même vous offrir un service de conciergerie d’entreprise et faire illusion avec de vrais numéros de téléphone suisses et une redirection des appels et du courrier.

    Et comme la Suisse refuse de se doter d’un registre national – accessible au public – des bénéficiaires ultimes des sociétés, votre identité ne sera jamais révélée. À Genève, Zoug ou Lugano, on imagine déjà le nom cryptique de votre entreprise sur une boîte aux lettres.

    9. Sursis automatique presque garanti

    Vous êtes tombé ! Fort heureusement, en 2007, une révision du Code pénal a introduit le sursis automatique pour les peines privatives de liberté de moins de deux ans. En votre qualité de criminel·le en col blanc, vous ne risquez donc pas grand-chose, si ce n’est une petite amende et l’obligation de rendre l’argent volé.

    Les législateurs suisses sont des gens bien ! S’il est impossible de vous imputer directement vos crimes ou délits, l’article 102 du Code pénal prévoit une peine maximale de 5 millions de francs pour votre entreprise pour défaut d’organisation. Une broutille ! En plus de l’amende, le procureur peut également ordonner une créance compensatrice. Il ne s’agit pas d’une vraie sanction, mais plutôt d’un prélèvement des gains obtenus de manière illégale.

    Vous voyez : la législation suisse est taillée pour les personnes honnêtes comme vous !

    10. Une paix royale pour les négociants en matières premières

    Vous êtes dans la vente de pétrole ou de métaux ? N’hésitez pas à choisir la Suisse pour enregistrer votre société de trading. En premier choix, visez Genève. La cité de Calvin abrite les banques qui vous financeront et les acteurs du milieu y grouillent : des géants du négoce aux petits traders, en passant par les apporteurs d’affaires débrouillards. Une grande famille ! Il y a aussi Zoug – la légendaire bourgade suisse alémanique qui a servi de tremplin à certains grands manitous du secteur – et ses alléchants avantages fiscaux.

    Dans le registre du commerce suisse, seuls les noms de vos subalternes (administrateurs ou directrices) apparaîtront et vous pourrez rester dans l’ombre de votre société anonyme (SA). Enfin, avantage majeur : contrairement aux banquiers et banquières soumis à la loi anti-blanchiment (LBA) et aux banques supervisées par une autorité de surveillance (FINMA), vous, les négociants en matières premières, n’êtes astreints à aucun devoir de diligence. Vous n’avez aucune précaution à prendre dans le choix de vos partenaires d’affaires ou de vos facilitateurs de barils. Elle est pas belle la vie ?

    11. La promesse de pouvoir récupérer votre argent

    Manque de chance, vos avoirs ont été gelés par la justice suisse en raison de votre incapacité à justifier leur origine licite. Votre banquier a pris peur devant la dernière salve des journalistes d’investigation du coin. Il s’est protégé en vous signalant au bureau anti-blanchiment (MROS). En réalité, cela permettra à son établissement d’être assuré de garder les fonds – et les intérêts qu’ils génèrent – pendant des années. Pour autant que la justice de votre pays n’ait pas pu/voulu prouver leur origine illicite ; ce qui est bien souvent le cas. Après l’expiration du délai légal, les fonds seront probablement débloqués ou, si vous n’avez pas tenu le coup, restitués à votre descendance.

    12. Votre meilleur allié : le secteur immobilier en Suisse

    Vous êtes une personne politiquement exposée (PEP) et voulez investir des pots-de-vin reçus à Chypre ? Votre cœur chavire à l’idée d’acheter un château ou une gentilhommière de luxe avec vue sur le lac Léman ? Profitez-en ! En Suisse, le législateur n’a toujours pas jugé utile de soumettre le secteur immobilier à la loi sur le blanchiment d’argent (LBA). Vos courtiers et notaires ne sont pas tenus de vérifier l’origine de vos fonds et vous n’avez à craindre aucune question déplacée.

    Pour rendre la transaction intraçable, n’achetez pas en votre nom, mais ayez recours à des hommes ou femmes de paille, ou à des sociétés offshore immatriculées dans différents paradis fiscaux. Le montage idéal ? Payez votre bien sans passer par une banque suisse grâce à un jeu complexe de prêts accordés entre plusieurs entités fictives que vous contrôlez. Une fois votre propriété acquise, vous pouvez vous en servir pour obtenir un crédit auprès d’un respectable établissement suisse, ou encore faire faire de fausses factures pour des travaux pharaoniques. Et voilà, votre argent est blanchi !

    PS : Actions au porteur : la fête est hélas terminée !

    Tout fout le camp ! Après les comptes anonymes numérotés, qui durant des décennies ont fait le bonheur des spécialistes de la fraude fiscale et du blanchiment de l’argent de la drogue, c’est au tour des actions au porteur d’être jetées par-dessus bord par la Suisse. La faute au Forum mondial de l’OCDE sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales et au Groupe d’action financière (GAFI). Ce dernier plaidait depuis vingt ans pour leur abrogation. Ce système permettait d’émettre des actions sans que les banques ou les autorités ne connaissent l’identité des personnes qui les détiennent. Vous aviez jusqu’au 30 avril 2021 pour convertir vos actions aux porteurs en actions nominatives. Beaucoup d’entre vous ont apprécié.

    Chapitre 2

    Vos partenaires helvétiques : les clés pour les comprendre
    Apprenez à connaître les avocats, banquiers, agentes de conformité, auditeurs et comptables, mais aussi procureurs et politiciens. Si le jeu en vaut la chandelle, certain·e·s pourront se transformer en facilitateurs ou facilitatrices de la corruption. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait peu flatteuse.

    L’avocat

    Tout le monde a le droit d’être défendu, même les pires criminels. Certains avocats suisses ont fait une interprétation extensive de ce principe. Quand il n’est pas occupé à demander la récusation du procureur ou à bloquer des demandes d’entraides judiciaires jusqu’à ce que prescription s’ensuive, il s’improvise « intermédiaire financier » ou « conseiller », poussant le vice jusqu’à organiser la domiciliation de douteuses compagnies, la création de fondations liechtensteinoises ou la réalisation de complexes montages offshore.

    Homme de lettres et d’esprit, il a troqué la toge pour la mallette, le tribunal pour les salons feutrés, louant sa verve au plus offrant. Il faut le voir graviter, ce Voltaire sans cause, dans cet univers qu’il abhorre secrètement, où règne la superficialité des gains rapides. Mais après tout, facile de défendre la veuve et l’orphelin… mais qui est prêt à prendre des coups pour un milliardaire véreux ?

    Le banquier

    Il ne s’est jamais reconnu dans le personnage que Jean Dujardin a fait de lui dans le film le Loup de Wall Street. Quel pitre, quelle vision caricaturale de la Suisse ! L’anglais du banquier genevois est bien meilleur que celui de l’acteur français, surtout après avoir passé cet executive MBA à Harvard. Quant aux supposées aventures avec les compagnes de ses relations d’affaires… elles sont contraires au bon goût protestant, au sens des affaires et – dans l’esprit – à l’autorégulation en vigueur dans le secteur financier. La réalité n’est pas là.

    Quand il est critiqué, le banquier ressasse ses critiques contre les procédures de conformité qui ne cessent de changer. Il a pourtant démontré qu’il sait s’adapter à tout, quitte à se muer en agent du fisc pour sauver le secret bancaire. Mais comment maintenir des relations de confiance avec des client·e·s ou un pays qui peut se retrouver du jour au lendemain sous sanctions ? Fini les millions qui pleuvent sur le secteur et les gros bonus à la fin de l’année. Mais qui le dit, ça ?

    La compliance officer

    À Midi, l’agente de conformité mange seule. Ce n’est pas qu’elle soit de nature solitaire, mais les interactions avec certains collègues peuvent être houleuses. Le profil de cette spécialiste de l’évitement de risque, fonctionnaire de la méfiance sur client, se marie peu avec celui des banquiers requins naviguant en haute mer. Dans sa banque, la « compliance officer » appartient à un centre de coût ; sa mission est d’aller à l’encontre des intérêts commerciaux.

    « Coupe-bonus, gate-crasher, aguafiestas », les sobriquets à son encontre fleurissent dans toutes les langues. Ce n’est tout de même pas sa faute si tant de « relations bancaires » sont suspectes. L’agente de conformité avait bien alerté sur l’ascension fulgurante de ce client vénézuélien, passé de garde du corps à ministre des Finances. « Pfff, n’importe quoi ! ». Il a fallu que les médias s’emparent du cas pour qu’elle soit autorisée à dénoncer la relation au bureau anti-blanchiment (MROS). Alors l’agente de conformité soupire, seule, devant son « bowl » de salade.

    L’intermédiaire

    On dit que le négoce est un métier de contacts. Carnet d’adresses en main, l’intermédiaire en a fait son évangile. Mine patibulaire, sourire carnassier, ou au contraire tout en normalité, il a su se rendre indispensable dans ces pays où l’on ne pose pas beaucoup de questions. Pour compléter un portrait à charge, les médias aiment rappeler son background militaire, son passé d’agent secret ou son ascendance diamantaire. Qu’importe. La peau tannée par le soleil d’Afrique centrale, le corps marqué par de vieilles cicatrices, « l’apporteur d’affaires » reste persuadé de s’être fait tout seul. Il vendait des couches-culotte en Afrique, il s’est improvisé spécialiste des mines de fer.

    Le meilleur du job ? La vie entre deux mondes : la dure réalité des mines et les palaces des grandes villes portuaires. Malgré les courbettes et les tapes amicales, ce payeur de commissions garde à l’esprit qu’il reste un élément gênant pour la maison de négoce, incompatible avec ses belles publications sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Alors pour ne pas sauter, le fusible continue inlassablement à rouler son rocher : se rendre indispensable.

    L’agente fiduciaire et la comptable

    Un coup de fil et c’est elle qui vous aidera à structurer votre complexe de sociétés. Moins qualifiée que son cousin avocat, qui lui s’offrira même d’administrer votre holding, l’agente fiduciaire n’en est que plus discrète. Sur son site, elle a rédigé sa propre biographie, qui tient en deux paragraphes. Elle s’y autorise à se qualifier de grande amatrice de culture espagnole/brésilienne/russe {barrez selon votre marché-cible}. Vous y apprendrez aussi qu’il est possible de créer en 24 heures sa propre société offshore, « sans impôt sur les sociétés ni sur les bénéfices », « sans TVA », « sans obligation de maintenir des pièces ou des livres comptables ». Le rêve de tout·e criminel·le en col blanc !

    Pour les conseils plus personnalisés d’évitement fiscal ou judiciaire, l’agente fiduciaire se tient discrètement à votre disposition dans son cabinet. Celui où sont domiciliées des dizaines de sociétés répondant toutes au même numéro de téléphone.

    L’agente immobilière

    Face aux taux d’intérêt négatifs, pourquoi ne pas investir dans la pierre ? Et quoi de mieux que notre beau pays, la Suisse, pour installer sa base arrière ? Ce sont les questions qui figurent sur la carte de visite que l’agente immobilière tend aux grandes fortunes. Opportuniste, elle roule son bout de caillou sur le marché du courtage depuis vingt-cinq ans. Les familles russes, ouzbèkes, indiennes puis chinoises, leurs désirs de marbre et de terrains de tennis en sous-sol : elle a tout connu. Sa tâche : vendre un petit bout d’Helvétie, le kitsch oriental en plus.

    L’avantage de ce beau pays ? Sa stabilité, sa neutralité, la garantie de générer une plus-value à la revente du bien et, bien sûr, le peu de questions posées lors de la transaction immobilière.

    L’auditeur

    Il a le visage de Monsieur-tout-le-monde. Dans une autre vie, l’auditeur aurait pu être comptable ou fonctionnaire de province. Dans celle-ci, il audite les comptes des grandes entreprises implantées en Suisse. Pour le dire autrement, l’auditeur est mandaté et rémunéré par une multinationale pour contrôler la véracité des données financières. « Il faut bien que quelqu’un finance l’audit », a-t-il l’habitude de rétorquer quand on soulève la question du conflit d’intérêts dans son grand cabinet d’audit financier et de conseil du Big-4. Tremblez devant tant de probité, contrefacteurs et bonimenteurs ! Et si vous n’êtes pas contents du résultat, vous n’avez qu’à tenter votre chance auprès d’auditeurs plus exotiques.

    Et puis, l’auditeur est intègre. Rien à voir avec son cousin auditeur qui fait du conseil aux multinationales. Lui, l’auditeur qui audite, avait refusé de signer l’audit de la maison de négoce aux 100 millions de dollars de dépenses injustifiées. Elle avait dû recourir à un autre auditeur de la place avant que le procureur ne vienne fourrer son nez. Que l’on ne vienne pas dire que ce système ne fonctionne pas !

    Le politicien

    « Croyez-moi, je suis avocat. » Sur les ondes publiques ou dans la presse dominicale, le politicien-avocat est toujours prêt à brandir son métier pour justifier le torpillage de la dernière loi anti-blanchiment ou le blocage d’un registre national des « bénéficiaires effectifs » des entreprises.

    En plénière, les politiciens-avocats se fondent dans la masse des agriculteurs et autres consultants ; en commission, ils exploitent tout leur potentiel corporatiste. Grégaires, ils votent comme un seul, enterrant toute velléité de réforme qui affecterait leur cœur de métier. Mais le politicien-avocat sait aussi trouver des alliés à sa cause.

    Le procureur

    Son étoile a pâli depuis les dernières turbulences. Mais la figure du procureur de la Confédération est toujours aussi centrale pour résoudre les grandes affaires de corruption. Dommage que le tableau de chasse du procureur ne soit guère proportionnel au « gibier » qui circule dans nos contrées. Et que dire de ces grands dossiers qui prennent l’eau ou dont il suffit d’un renvoi de séance pour dépasser le délai de prescription ?

    Le procureur a beau blâmer les lacunes législatives, l’impossible collaboration avec les juridictions où règnent les potentats ou les entraves des avocat·e·s, sa responsabilité est engagée dans le bourbier du Ministère public de la Confédération (MPC).

    Chapitre 3

    Les plus qu’offre la Suisse
    Familiarisez-vous avec tous ces petits bonheurs d’ici qui rendront votre existence plus douce et faciliteront vos affaires illicites. Merci la Suisse !

    Une absence quasi totale de protection pour les whistleblowers

    En Suisse, les lanceurs et lanceuses d’alerte sont toujours considérés comme des personnes hautement suspectes, des traitres. Voilà dix-huit ans que le Parlement rejette, à intervalles réguliers, une loi censée les protéger.

    Aucun risque donc – ou presque – que l’une de vos collaboratrices qui avait débusqué vos malversations vous dénonce. Elle aurait beaucoup trop à perdre : se retrouver elle-même devant la justice pour violation du secret de fonction. Ce type de mésaventure arrive plus souvent qu’on ne le pense.

    Des coffres-forts privés pour planquer vos valeurs

    Si vous souhaitez échapper à tout contrôle de la part des autorités, vous pouvez toujours avoir recours aux coffres-forts privés. Vous pourrez ainsi mettre à l’abri vos lingots d’or, votre cash ou vos documents confidentiels.

    Ultra-sécurisés, ils sont gérés par des entreprises privées qui, contrairement aux banques, n’ont aucune obligation en matière de conformité, et sont dénuées de toute curiosité. Quels que soient votre lieu de résidence et votre nationalité, une pièce d’identité suffit pour obtenir un coffre, à votre nom ou à celui d’une société.

    De grosses coupures très commodes

    La Suisse ne veut pas abandonner son billet de 1000 francs et elle a bien raison. Cela permet de réaliser de jolies opérations transfrontalières de transfert d’argent sale ou de fonds non déclarés.

    Imaginez un peu : 500 000 francs peuvent tenir dans une simple enveloppe de format A4. Les spécialistes du blanchiment apprécient particulièrement de pouvoir embarquer des millions planqués dans leur jet privé ou leur voiture. Et si ne voulez pas être contrôlé : placez un siège bébé à l’arrière de votre véhicule. Ce conseil a récemment été donné par un ancien procureur fédéral suisse à la retraite.

    Des fondations caritatives pour blanchir

    Qui a dit que les riches n’aiment pas donner ? C’est l’impôt qu’ils détestent, mais si vous leur offrez des véhicules pour investir selon leurs goûts, ils deviendront vite des mécènes pour l’art et la culture. On ne compte plus les fondations caritatives dites « d’utilité publique » enregistrées en Suisse par les milliardaires et leurs épouses. Les contrôles sont minimes et personne ne viendra vous demander pourquoi vous faites des donations de plusieurs millions pour des écoles au Daghestan.

    Pensez-y : la philanthropie fait de l’évadé fiscal un bon prince, et en plus, c’est déductible d’impôts !

    Des ports francs pour entreposer vos œuvres d’art

    Il y a encore peu, vous n’étiez pas capable de faire la différence entre Manet et Monet. Mais depuis que vous êtes milliardaire, vous vous devez d’avoir, vous aussi, votre collection de tableaux. C’est un investissement qui vous rehausse et un moyen discret de frauder le fisc ou de blanchir votre argent.

    La Suisse met à votre disposition ses ports francs et ses entrepôts douaniers ouverts. Dans ces bunkers ultra sécurisés, vous pouvez entreposer vos œuvres d’art en suspension des droits de douane et des taxes (TVA), et les vendre à l’abri des regards sans que la marchandise ne change de lieu. On appelle ça une « transaction blanche ».

    Certes la législation s’est durcie, vous obligeant à dresser un inventaire de vos trésors et prévoyant des contrôles douaniers inopinés. Mais pas de soucis : sur les papiers, vous pouvez ne jamais apparaître en vous cachant derrière un transitaire, une société, un trust ou un homme/femme de paille. Facile et légal !

    Des sanctions étrangères déductibles fiscalement

    À partir du 1er janvier 2022, les sanctions financières à caractère pénal prononcées à l’étranger seront déductibles fiscalement « dans des cas exceptionnels (…) si elles sont contraires à l’ordre public suisse » ou si l’entreprise « peut démontrer de manière crédible qu’elle a entrepris tout ce qui est raisonnablement exigible pour se comporter conformément au droit ».

    Malheureusement, le Conseil fédéral n’a pas souhaité inclure les commissions occultes versées à des particuliers. Parfois c’est à se demander ce que fait l’avocat-politicien au Parlement…

    Pas un centime pour les victimes de la corruption

    Vous n’avez pas envie que votre argent revienne à celles et ceux à qui vous avez tout pris ? La Suisse est peut-être votre alliée ! Certes, depuis deux décennies, elle se targue d’être la championne en matière de restitution des fonds de potentats saisis, mais il y a toujours de gros trous dans le dispositif.

    Le clan de l’ancien président-dictateur tunisien Ben Ali (mort en septembre 2019) pourrait à terme récupérer une partie de ses millions planqués en Suisse. L’ordonnance de blocage de fonds a bêtement atteint, en janvier 2021, la durée légale maximale de dix ans et le second niveau de blocage est tributaire de la bonne marche de l’entraide judiciaire entre la Suisse et la Tunisie. Autant dire que le temps ne court pas en faveur des victimes de la corruption du clan Ben Ali.

    Genève, dans une vision plus pragmatique, a mis aux enchères les « supercars » de Teodorin Obiang, fils du dictateur équato-guinéen, qui s’est empressé de les racheter via un prête-nom. Les victimes ont été trahies deux fois ? C’est le geste qui compte.

    Un cadre idéal pour votre famille

    La Suisse a le sens de l’accueil quand elle le veut. Ici, les riches viennent des quatre coins du monde. Au vu de la forte présence de fonctionnaires internationaux, l’offre en écoles internationales et autres instituts pour mauvais élèves fortunés y est très développée. Vous pourrez y inscrire votre rejeton pour des frais de scolarité allant jusqu’à 130 000 francs par an, avec l’assurance qu’il côtoie des fils et filles d’oligarques et de ministres. Excellent pour son futur réseau !

    Vous trouverez également une gamme importante de cliniques pour effectuer vos dialyses ou vous repayer une jeunesse avant les élections au pays. Mentionnons encore les chalets ou villas de luxe à profusion ainsi que l’époustouflante offre culturelle qui règne parfois dans les bourgades suisses. De quoi combler toute la famille !

    Au fait : Public Eye cherche généralement à assurer une représentation des genres aussi équilibrée que possible. Mais nous nous en tenons parfois délibérément à la forme masculine car ce sont souvent des hommes qui vous aideront à couvrir vos magouilles.

  277. Pour une lutte anti-blanchiment efficace : nos revendications
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    La Suisse est depuis longtemps considérée comme un havre de paix pour les fonds acquis de manière illégale ou illégitime. Plutôt que de chercher activement à améliorer la lutte contre le blanchiment d’argent, la Suisse ne réagit toujours que sous la pression internationale, tandis que les scandales se multiplient et présentent un risque pour la réputation du pays. En août 2023, le Conseil fédéral a publié un projet de loi visant à combler les lacunes identifiées et critiquées à l’international. Mais pour lutter efficacement contre le blanchiment d’argent, des améliorations sont nécessaires.

    La corruption et le blanchiment d’argent privent les pays du Sud de ressources dont ils auraient grandement besoin – et qui terminent encore et toujours sur des comptes suisses ou sont investis dans des villas luxueuses. Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme constituent une menace sérieuse pour l’intégrité de la place financière et économique ainsi que pour la stabilité du système financier.

    C’est pourquoi, depuis des années, Public Eye défend notamment les revendications suivantes :

    Extension de la loi sur le blanchiment d’argent aux activités de conseil.

    Introduction d’un registre des ayants droit économiques des personnes morales et autres constructions juridiques fréquemment utilisées pour le blanchiment d’argent. Ce registre doit pouvoir être consulté comme il se doit.

    Réformes de la punissabilité des entreprises.

    Des revendications similaires sont formulées par le Groupe d’action financière (GAFI), une organisation internationale intergouvernementale active dans la prévention du blanchiment d’argent. Celle-ci a établi des normes à l’aune desquelles elle évalue régulièrement les États participants. Ses évaluations de la Suisse, réalisées en 2005 et 2016, ont constaté quelques progrès mais surtout des besoins d’amélioration. Les demandes du GAFI d’étendre la loi sur le blanchiment d’argent aux conseillers et conseillères et de mettre en place un système de sanctions efficace restent notamment insatisfaites. Le Conseil fédéral voulait répondre en partie aux critiques du GAFI dès 2020. Mais, sous la pression du lobby des avocat·e·s, la majorité bourgeoise du Parlement a empêché la réforme qui s’imposait d’urgence.

    Les critiques du GAFI sont donc toujours d’actualité. De plus, en mars 2022, le GAFI a renforcé les exigences en matière d’identification des ayants droit économiques, ce qui demande des adaptations supplémentaires. Le 30 août 2023, le Conseil fédéral a donc mis en consultationun projet de loi visant à répondre aux critiques du GAFI : la loi fédérale sur la transparence des personnes morales et l’identification des ayants droit économiques.

    Cependant, il s’agit une fois de plus d’un pansement sur une jambe de bois. Dans le cadre de la procédure de consultation, Public Eye a déposé une prise de position exhaustive.

    Il est donc toujours nécessaire d’améliorer l’efficacité de la lutte contre le blanchiment d’argent.

    Extension de la loi sur le blanchiment d’argent aux activités de conseil

    La Suisse doit étendre sa loi sur le blanchiment d’argent (LBA) à d’autres activités que celles des banques, qui présentent un risque particulier de blanchiment d’argent. Cela vaut en premier lieu pour les activités de conseil en matière de création et de gestion d’entités juridiques et de trusts.

    Jusqu’à présent, la LBA obligeait uniquement les banques et autres prestataires de services financiers à indiquer précisément l’identité de leur clientèle et des personnes pour lesquelles ils agissent. Ils sont également les seuls à devoir signaler tout soupçon de blanchiment d’argent au bureau de communication compétent, le MROS.

    Le GAFI demande que ces obligations de diligence et de déclaration soient étendues aux casinos, aux courtiers et courtières, aux négociant·e·s en métaux précieux et pierres précieuses, aux avocat·e·s, aux notaires, aux comptables, aux fiduciaires et aux prestataires de services. Et ce avec raison. Toute personne fournissant des services qui sont souvent utilisés pour blanchir de l’argent doit également être impliquée dans les mesures de prévention des infractions. Pour que de telles obligations soient effectives, leur non-respect doit être puni pénalement.

    Public Eye demande que les conseillers et conseillères, y compris les avocat·e·s, soient soumis·e·s à des obligations effectives de diligence et de communication en vertu de la LBA.

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    Un registre accessible des bénéficiaires économiques

    La Suisse a besoin d’un registre des bénéficiaires économiques des personnes morales et autres constructions juridiques. Cela permettrait aux autorités, mais aussi aux journalistes, organisations non gouvernementales (ONG) et autres utilisateurs et utilisatrices autorisé·e·s présentant un intérêt légitime à identifier les personnes qui se cachent derrière de telles constructions. Et cela renforcerait de manière significative la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption.

    Les criminel·le·s économiques se cachent souvent derrière des sociétés boîtes aux lettres et des constructions juridiques similaires (entreprises, fondations, associations). Actuellement, il est impossible de savoir quelles sont les personnes physiques qui se cachent derrière ces entités juridiques et ces trusts, qui les contrôle et à qui appartiennent réellement leurs avoirs.

    La publication des ayants droit économiques est l’une des mesures les plus efficaces pour lutter contre la criminalité économique. Cela est désormais reconnu au niveau international, notamment par le GAFI.

    Aujourd’hui, les autorités de poursuite pénale et les autorités fiscales doivent souvent enquêter longuement pour déterminer à qui elles ont réellement affaire lorsqu’il s’agit de personnes morales. Les autorités étrangères doivent passer par les mécanismes complexes de l’entraide judiciaire et administrative pour mener leurs enquêtes. Un registre central des ayants droit économiques simplifierait considérablement leur travail.

    Et l’accès à de telles informations faciliterait aussi le travail des journalistes et des ONG qui dénoncent les cas de corruption et de blanchiment d’argent. De tels cas présentent un grand intérêt public, et les médias et ONG devraient donc également avoir accès au registre.

    Public Eye demande un registre effectif des ayants droit économiques des entreprises, accessible aux autorités en Suisse et à l’étranger ainsi qu’aux utilisateurs et utilisatrices présentant un intérêt légitime. Il s’agit notamment des médias et des ONG qui travaillent sur la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption.

    Punissabilité des entreprises : des amendes plus élevées et des règles plus claires

    Une réforme est nécessaire dans le domaine des sanctions et des poursuites pénales contre les entreprises. Le montant actuel des amendes n’est pas dissuasif.

    Punissabilité des entreprises

    Il faut augmenter le montant maximal des amendes (actuellement fixé à 5 millions de francs) pour qu’elles aient un effet dissuasif. Nous demandons une augmentation à 10 millions de francs et, quand l’amende maximale n’est pas assez élevée au vu de la gravité des faits et du montant du délit, jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires moyen des trois exercices précédant la condamnation. Une telle augmentation est jugée appropriée, d’une part, en raison de la hausse générale des prix depuis l’introduction des amendes d’entreprises en 1998. D’autre part, le projet de consultation du Département fédéral de justice et police relatif à l’introduction de la LBA du 11 mars 1991 prévoyait déjà une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions de francs en cas d’infraction pénale.

    Au-delà des amendes, la Suisse doit introduire dans sa loi d’autres possibilités de sanction. Pour ce faire, les autorités législatives peuvent s’inspirer de l’avant-projet de 1991 : imposition de règles de conduite, mesures de surveillance, interdiction d’exercer, dissolution de l’entreprise.

    Il faut en outre des règles claires pour la répartition des profits indus confisqués, ou créances compensatrices, entre la population civile lésée dans le pays concerné et les caisses publiques suisses.

    Procédures pénales contre les entreprises

    Les procédures pénales contre des entreprises ne devraient pouvoir être réglées par ordonnance pénale que dans des cas de délinquance mineure. Il faut donc une nouvelle base légale qui limite le recours à la procédure d’ordonnance pénale dans le domaine des poursuites pénales d’entreprises.

    Les autorités de poursuite pénale devraient publier des directives présentant les conditions préalables selon lesquelles les déclarations volontaires et la pleine coopération de l’entreprise fautive peuvent être prises en considération pour atténuer la condamnation. On peut s’inspirer ici des Principles of Federal Prosecution of Business Organizations (Principes de poursuite fédérale des organisations commerciales) des États-Unis.

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    En matière de criminalité économique, les condamnations sont très rares en Suisse. Découvrez pourquoi et ce qui doit changer ici.

    Public Eye demande que les entreprises soient davantage tenues pour responsables sur le plan pénal. Il faut notamment augmenter le montant maximal des amendes pour qu’elles soient dissuasives.

    Approches novatrices dans la lutte contre le blanchiment d’argent

    Dans le domaine du blanchiment d’argent en particulier, il convient de développer de nouvelles approches scientifiques novatrices. Les banques suisses investissent des ressources et des sommes importantes dans leurs systèmes de surveillance et le nombre de communications au MROS augmente. Pourtant, des scandales parfois spectaculaires surviennent toujours.

    Les autorités, les intermédiaires financiers, les milieux scientifiques et les autres milieux intéressés doivent donc entamer un dialogue afin de renforcer de manière systémique la lutte contre le blanchiment d’argent. Dans ce contexte, il leur revient d’examiner puis mettre en œuvre de nouvelles approches, telles que :

    Des possibilités de partage d’informations entre les intermédiaires financiers. Lorsqu’un établissement identifie un client comme problématique et le signale au Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS), il devrait pouvoir mettre en garde les autres établissements. Une telle règle peut par exemple ne s’appliquer qu’à partir d’un certain montant ou seulement dans certains cas de figure. La Monetary Authority Singapore (MAS) développe actuellement une plateforme numérique qui devrait permettre de tels échanges : la COSMIC ou Collaborative Sharing of Money Laundering/Terrorism Financing (ML/TF) Information & Cases.

    Informations sur les nouveaux schémas observés. Dans leurs rapports annuels, la FINMA et le MROS informent régulièrement sur les schémas de blanchiment d’argent fréquemment constatés. Ces informations devraient être développées et notamment complétées par des indications sur la manière dont les établissements peuvent identifier ces cas. La publication devrait se faire rapidement, et pas seulement dans le rapport annuel.

    Partager les connaissances acquises dans le cadre du travail de surveillance. La FINMA devrait plus souvent partager avec les établissements financiers soumis à sa surveillance des exemples de bonnes et de mauvaises pratiques. Le secret de fonction ne devrait pas empêcher le partage de telles informations, qui est dans l’intérêt de la stabilité de la place financière, d’autant qu’il n’est pas nécessaire de mentionner le nom des établissements.

    Développement de schémas « top down ». Certaines infractions donnent lieu à des schémas de paiement spécifiques, mais les paiements individuels peuvent passer inaperçus. À l’instar de l’initiative « Finance Against Slavery and Trafficking (Finance contre l’esclavage et la traite) » de l’Université des Nations Unies pour la recherche politique, les acteurs suisses devraient également développer activement des manuels et instructions pour identifier de tels schémas de paiement liés à certains crimes.

    Analyse et révision éventuelle des points d’audit relatifs à la LBA pour les banques 2023. La FINMA impose aux sociétés d’audit des directives pour l’examen des aspects relatifs à la LBA. Les cas problématiques doivent servir à déterminer pourquoi les auditeurs n’ont pas identifié les problèmes, et notamment ceux d’ordre systématique. Si nécessaire, les points d’audit doivent être adaptés et d’autres mesures doivent être prises.

    Simplification des modalités d’acceptation d’une responsabilité personnelle des organes de la société (direction et conseil d’administration) dérivée de la responsabilité de l’entreprise, à l’instar de la responsabilité du détenteur dans la conduite d’un véhicule à moteur. Une telle responsabilité devrait, d’une part, être de nature pénale et, d’autre part, inclure au moins une clause de récupération (clawback) facilitée, c’est-à-dire une demande de remboursement des bonus versés.

    Mise en œuvre des recommandations du GAFI. De manière générale, la Suisse adopte une approche minimaliste en matière de prévention du blanchiment d’argent et elle n’applique notamment les recommandations du GAFI que dans la mesure où cela est nécessaire pour éviter une mauvaise notation. L’objectif doit toutefois être de lutter de manière effective et efficace contre le blanchiment d’argent. Les recommandations et les commentaires détaillés devraient donc en principe être considérés comme de précieuses suggestions d’amélioration et être mis en œuvre.

  278. Les milliards d’Assad grâce au Captagon|LCI

    12 déc. 2024
    Le régime de Bachar al-Assad a gagné des milliards de dollars en faisant sortir de Syrie des amphétamines hautement addictives, le Captagon. Cette drogue est consommée à des fins récréatives et par des personnes ayant des emplois physiquement pénibles pour rester alertes.

    https://www.youtube.com/watch?v=VSm71YjkAQI

  279. https://www.blick.ch/fr/suisse/les-cff-nen-feront-rien-a-la-gare-de-vevey-cette-affiche-anti-drogue-liee-a-la-scientologie-agace-id20429794.html
    Cette affiche anti-drogue à la gare de Vevey est liée à une secte
    Cette affiche «d’un mouvement sectaire» dans un passage sous la gare de Vevey a déclenché la colère de la conseillère nationale Jessica Jaccoud (PS/VD)… et lui a rappelé des souvenirs.

    Cette affiche «d’un mouvement sectaire» dans un passage sous la gare de Vevey a déclenché la colère de la conseillère nationale Jessica Jaccoud (PS/VD)… et lui a rappelé des souvenirs.

    Photo: DR

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    Léo MichoudJournaliste Blick

    Une enfant, les bras croisés, fait la moue devant un paysage helvétique. «Informez vos enfants avant que les dealers ne le fassent», scande l’affiche repérée ce lundi 16 décembre dans le passage sous-gare de la gare CFF de Vevey par la conseillère nationale Jessica Jaccoud (PS/VD). Jeudi dernier, les Transports publics lausannois (TL) ont sévi contre cette association et sa campagne du moment, dévoilait alors «24 heures», en interdisant les mêmes affiches sur demande de la Ville de Lausanne.

    Un lien et un QR Code mènent au site de l’association Dites non à la drogue, oui à la vie (ADNAD), qui assure proposer des formations et de la documentation, souvent gratuitement, pour lutter contre la drogue. Mais cette campagne publicitaire, à la cause d’apparence noble, cacherait en fait du prosélytisme envers l’Église de Scientologie, ce qui énerve l’élue socialiste vaudoise – qui a un passif avec l’ADNAD (voir ci-dessous): «Ce n’est pas du tout une association dont le but idéal est de faire de la prévention contre les drogues. C’est bien un mouvement qui n’a pas d’autre but que de mettre en avant les préceptes de l’Eglise de Scientologie, qui est à mon sens un mouvement sectaire.»

    Le passif de Jessica Jaccoud (et de Fréderic Borloz?) avec l’association

    Il faut dire que Jessica Jaccoud a un passif avec l’association Dites non à la drogue, oui à la vie, qui remonte à son mandat de conseillère communale à Nyon: «Ça ravive chez moi d’anciens souvenirs. En 2012 déjà, je militais pour que cette association affiche clairement son affiliation à la Scientologie lorsqu’elle tenait un stand au marché ou dans l’espace public.» Ce combat l’avait menée jusque devant la justice, après s’être fait traiter avec son camarade Alexandre Démétriadès de «fumeurs de joints» par la présidente de l’époque de l’assoc’ anti-drogue.

    Cette dernière, Suzanne Crauzaz, n’est autre que la mère de l’actuel conseiller d’Etat vaudois, le libéral-radical (PLR) Frédéric Borloz – dont Blick avait raconté en 2022 les déboires avec sa page Wikipédia, qui a un temps affiché ses liens avec la Scientologie de manière bien plus prononcée. En 1991, un Frédéric Borloz pas encore trentenaire s’était fait le porte-parole de l’ADNAD dans le Courrier des lecteurs de la «Nouvelle revue de Lausanne et du Pays de Vaud», journal du Parti radical de l’époque.

    Au fil de son parcours politique, le ministre vaudois de l’Education a été amené à plusieurs reprises à se justifier sur ses liens familiaux avec le mouvement sectaire. Interrogé par Blick sur la question de sa page Wikipédia, Frédéric Borloz avait assuré en 2022 n’avoir plus aucun lien avec la scientologie.

    Il faut dire que Jessica Jaccoud a un passif avec l’association Dites non à la drogue, oui à la vie, qui remonte à son mandat de conseillère communale à Nyon: «Ça ravive chez moi d’anciens souvenirs. En 2012 déjà, je militais pour que cette association affiche clairement son affiliation à la Scientologie lorsqu’elle tenait un stand au marché ou dans l’espace public.» Ce combat l’avait menée jusque devant la justice, après s’être fait traiter avec son camarade Alexandre Démétriadès de «fumeurs de joints» par la présidente de l’époque de l’assoc’ anti-drogue.

    Cette dernière, Suzanne Crauzaz, n’est autre que la mère de l’actuel conseiller d’Etat vaudois, le libéral-radical (PLR) Frédéric Borloz – dont Blick avait raconté en 2022 les déboires avec sa page Wikipédia, qui a un temps affiché ses liens avec la Scientologie de manière bien plus prononcée. En 1991, un Frédéric Borloz pas encore trentenaire s’était fait le porte-parole de l’ADNAD dans le Courrier des lecteurs de la «Nouvelle revue de Lausanne et du Pays de Vaud», journal du Parti radical de l’époque.

    Au fil de son parcours politique, le ministre vaudois de l’Education a été amené à plusieurs reprises à se justifier sur ses liens familiaux avec le mouvement sectaire. Interrogé par Blick sur la question de sa page Wikipédia, Frédéric Borloz avait assuré en 2022 n’avoir plus aucun lien avec la scientologie.

    L’ADNAD a été fondée en 1991 à Lausanne, explique à Blick Manéli Farahmand, la directrice du Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC), qui a pour mission de répondre aux inquiétudes de la population à l’égard des dérives sectaires. L’association anti-drogue compte «environ 30 membres actifs» dans la capitale vaudoise «et un plus petit groupe à Genève», détaille la spécialiste, qui ajoute que «la plupart sont des scientologues bénévoles.»

    Promouvoir l’abstinence totale
    Blick a d’ailleurs également observé l’affiche anti-drogue ce vendredi 20 décembre à la gare genevoise de Cornavin. Pour Jessica Jaccoud, le lien de l’ADNAD avec l’Eglise de Scientologie est non seulement avéré, mais voir l’association s’afficher ainsi est «inadmissible». «L’ADNAD a été créée par le mouvement scientologue et est fondée sur les principes de l’eglise de Scientologie, insiste l’élue vaudoise. Elle met en avant le programme de désintoxication Narconon, créé par l’Eglise de Scientologie sur la base des écrits de Ron Hubbard (ndlr: le fondateur du mouvement, clairement opposé à toute substance chimique).»

    Retirée des Transports publics lausannois, mais aussi en gare de Vevey, l’affiche a trouvé une place dans une troisième ville romande marquée par le débat autour de la drogue: Genève.

    Retirée des Transports publics lausannois, mais aussi en gare de Vevey, l’affiche a trouvé une place dans une troisième ville romande marquée par le débat autour de la drogue: Genève.

    Photo: Léo Michoud/Blick

    Débroussaillons un peu tout ça. Narconon est une autre association souvent mise en relation avec l’Eglise de Scientologie. «L’ADNAD, c’est le volet prévention. Et Narconon, c’est le traitement», explique Manéli Farahmand. L’association Narconon a tenu un centre d’accueil jusque dans les années 2000 à Zurich, dans lequel elle proposait des traitements pour vaincre la toxicomanie par l’abstinence totale. «Le programme Narconon est basé sur les découvertes et les écrits de Ron Hubbard, fondateur de la religion de Scientologie. Cependant, Narconon est laïc et ce programme ne demande pas à la personne de devenir scientologue», peut-on lire sur le site français de Narconon.

    «La seule chose qu’on sait, c’est qu’à l’époque où le centre Narconon de Zurich a fermé, les membres de l’ADNAD recommandaient un traitement au centre d’accueil pour toxicomanes Narconon de Turin», précise la directrice du CIC. Mais le problème, au-delà des dérives sectaires, c’est que l’abstinence totale «n’est plus vraiment d’actualité dans les politiques sociales face à la drogue», euphémise Manéli Farahmand.

    Manque de transparence
    Revenons à l’ADNAD, dont le lien avec la Scientologie ne serait pas aussi clair que ce que laisse entendre la politicienne vaudoise: «Au vu de l’entretien que nous avions eu en 2013 avec son président de l’époque, nous savons seulement que l’Eglise de Scientologie les aide dans la diffusion de leurs brochures, qu’ils recevraient gratuitement», développe Manéli Farahmand, qui a elle-même observé ces affiches à un autre emplacement de la gare de Vevey.

    L’experte en croyances et dérives sectaires rappelle que «dans ses statuts, l’association revendique son indépendance vis-à-vis de toute activité religieuse ou politique. Elle se dit d’utilité publique et dit fonctionner avec un petit budget.» Mais il y a bien un lien, que confirmait le président actuel de l’ADNAD dans l’article de «24 heures», avant de préciser que son association est «indépendante, laïque et donc non-religieuse».

    «

    J’ai toujours été persuadée que l’ADNAD n’était rien d’autre qu’une association-écran qui avance à visage masqué

    Jessica Jaccoud, conseillère nationale (PS/VD)

    »

    Pour Jessica Jaccoud, le manque de transparence constitue le cœur du problème: «J’ai toujours été persuadée que l’ADNAD n’était rien d’autre qu’une association-écran qui avance à visage masqué. L’idée est justement d’éviter la première réaction négative de l’écrasante majorité de la population quand elle entend parler de scientologie.» La conseillère nationale vaudoise estime qu’«un mouvement sectaire doit dire qui il est»: «Si cette même affiche avait la mention ‘association appartenant à l’Eglise de Scientologie’, alors ce serait ok dans l’espace public.»

    Qu’en dit la loi et qu’en disent les CFF?
    Mais alors, cette affiche a-t-elle sa place à la vue de tous? Contactés, les CFF se dédouanent de toute responsabilité dans l’affichage d’une association liée à la scientologie. «Les CFF ne peuvent pas refuser des affiches ou des demandes de promotion de type commercial, politique, religieux ou idéologique dans les gares, car celles-ci sont considérées comme des lieux publics depuis un jugement du Tribunal fédéral en 2012», déclare Jean-Philippe Schmidt, porte-parole de la régie fédérale.

    «

    Cela signifie que la liberté d’expression s’applique et que les CFF doivent en principe autoriser ce type de publicité

    Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF

    »

    En effet, un cas polémique avait animé la gare de Zurich et la justice suisse en 2012. Les CFF avaient ordonné le retrait d’une affiche pro-palestinienne s’opposant à la colonisation israélienne. En 2012, un arrêt du Tribunal fédéral (TF) donne tort au recours des CFF et invoque la liberté d’expression. En ce sens, le communicant explique qu’en raison de l’application de la «liberté d’expression», les CFF «doivent en principe autoriser ce type de publicité».

    Toutefois, le porte-parole renvoie à la société publicitaire APG|SGA, qui «commercialise et exploite les surfaces publicitaires dans les gares pour le compte des CFF». La Société générale d’affichage s’occupe des espaces publicitaires pour les CFF, mais aussi pour les TL à la demande desquels elle a dû agir.

    L’agence de communication avait «des indices»
    Ce mercredi, Blick a obtenu des réponses de l’agence de communication, notamment à la question de savoir s’ils sont au courant du lien avec la scientologie de l’association avec laquelle ils ont établi un contrat publicitaire. «Oui il y a des indices, répond une porte-parole de la Société générale d’affichage. C’est pourquoi nous avons soumis le sujet au partenaire de marché CFF pour examen. Le sujet a été validé par les CFF, APG|SGA suit les instructions des CFF.»

    La porte-parole d’APG|SGA répète que son employeur «ne procède à aucune censure» et renvoie aux conditions générales de vente: «La responsabilité du contenu et de la présentation des moyens publicitaires incombe exclusivement au client», donc à l’association anti-drogue, bien que l’agence «contrôle chaque affiche avant son affichage pour s’assurer qu’elle est conforme aux exigences légales».

    «

    La question est de savoir s’il y a volonté de recruter et de convertir, ou simplement d’informer ou d’exprimer une conviction

    Manéli Farahmand, présidente du Comité intercantonal d’information sur les croyances

    »

    Comme ailleurs dans l’espace public, en vertu de la liberté d’expression, c’est donc seulement si elles sont problématiques que les diffusions de croyances religieuses sont interdites. «Par exemple, s’il y a un trouble à l’ordre public, du démarchage agressif ou reposant sur un prosélytisme insistant», détaille Manéli Farahmand.

    Mais interdire des affiches s’avèrent plus compliqué que de limiter la présence de stands sur un marché, où des membres d’une église interpelleraient les passants. «La question est de savoir s’il y a volonté de recruter et de convertir, ou simplement d’informer ou d’exprimer une conviction, détaille la directrice du CIC. Il faut aussi évaluer s’il n’y a pas d’appel à la haine, à la discrimination et qu’il n’y a pas de caractère sexiste, homophobe ou transphobe.»

    Une visibilité masquée «inadmissible»
    Quant à savoir si l’association est une association-écran de l’Eglise de Scientologie, la directrice de la CIC affirme «ne pas avoir les bases de données pour le confirmer». Quoi qu’il en soit, la campagne d’affichage de l’ADNAD surfe sur l’un des sujets du moment, à Vevey comme à Genève: la drogue et ses dérives.

    «

    Il est inadmissible d’utiliser la thématique des drogues pour toucher des personnes potentiellement fragiles, pour promulguer, derrière, les principes d’un mouvement sectaire

    Jessica Jaccoud, conseillère nationale (PS/VD)

    »

    «Il est inadmissible d’utiliser la thématique des drogues pour toucher des personnes potentiellement fragiles, directement concernées par la consommation de substance, surtout pour promulguer, derrière, les principes d’un mouvement sectaire, commente Jessica Jaccoud. Pour moi, c’est là que se trouve la limite à la possibilité de cette association d’être aussi visible dans l’espace public sans dire qui elle est.» Bien qu’elle «ne pense pas qu’il y ait quelque chose d’illégal dans cet affichage», l’élue socialiste veut, par sa démarche, «répondre à un devoir de transparence que l’association ne fait pas.»

  280. https://www.blick.ch/fr/suisse/gangs-mafia-et-clans-voici-a-quoi-ressemble-le-crime-organise-en-suisse-id18793192.html
    Voici à quoi ressemble le crime organisé en Suisse
    En Suisse, ils sont les chefs de file des bikers: les Hells Angels.

    En Suisse, ils sont les chefs de file des bikers: les Hells Angels.

    Photo: keystone-sda.ch

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    Myrte Müller

    Ils agissent en groupes, cherchent le profit et sont enclins à la violence: les clubs de bikers, les gangs de jeunes, les clans mafieux et les cartels internationaux tourmentent la population suisse, la police et le Ministère public. Tour d’horizon.

    Plus sur le sujet du crime organisé

    Les bandes de bikers
    La police fédérale Fedpol les désigne sous le nom de «Outlaw Motorcycle Gangs» (en français: des gangs de bikers hors-la-loi). Les Hells Angels, les Broncos, les Outlaws Motorcycle Club et les Bandidos ont tous des branches – autrement appelées chapitres – en Suisse.

    Ces groupes sont strictement hiérarchisés et suivent un code de conduite. Ils sont organisés à un niveau international, les différentes sections communiquent au-delà des frontières. On leur reproche des actes de violence, des délits contre le patrimoine et des délits liés à la drogue.

    Un épisode a particulièrement marqué les esprits. En mai 2019, les Hells Angels, les Broncos et les Bandidos se sont affrontés à Belp (BE) avec des armes à feu. Résultat: trois blessés. Au début de l’été 2022, 22 motards ont été jugés. Le principal accusé, qui appartient aux Bandidos, a été condamné à huit ans de prison.

    Plutôt silencieux en Suisse
    «Alors que dans des villes allemandes comme Düsseldorf ou Berlin, il y a des démonstrations de force en public, en Suisse, les chapitres veulent plutôt mener leurs affaires en toute discrétion», observe Dirk Baier, directeur de l’Institut sur la délinquance et la prévention de la criminalité à la Haute école des sciences appliquées de Zurich.

    «Pendant de nombreuses décennies, les Hells Angels ont dominé la Suisse. Ils avaient peu de raisons de montrer leur présence. Les rivalités ne sont apparues que lorsque les Bandidos ont revendiqué le territoire suisse. Mais depuis le procès de Berne, tout le monde se comporte avec plus de retenue.»

    «Les Hells Angels revendiquent une position supérieure dans ce que l’on appelle la scène MC (ndlr: la scène des clubs de motards), qui se compose de plusieurs clubs plus petits», confirme également Berina Repesa de Fedpol. La plupart des groupes de bikers qui ont tenté d’établir des chapitres en Suisse ces dernières années n’existent plus.

    Les gangs Osmanen Germania et Bahoz
    C’est d’Allemagne que sont venus en 2016 les Osmanen Germania turcs et leurs rivaux kurdes, les Bahoz. Les Osmanen Germania, qui soutiennent le président turc de longue date Recep Tayyip Erdogan, faisaient l’objet d’une enquête pour trafic d’armes depuis la Suisse.

    Une guerre des gangs menaçait entre les Turcs ultranationalistes et les Bahoz, profondément antifascistes, qui s’étaient installés à Zurich, Bâle, Saint-Gall et Schaffhouse.

    Officiellement, les deux gangs ont été dissous il y a six ans. Mais le Ministère public de Zurich enquête à nouveau sur 25 membres présumés de Bahoz pour tentative d’homicide et lésions corporelles, car un témoin-clé a fait des révélations.

    Les clans polonais et roumains
    Toutes les polices cantonales connaissent leur mode opératoire: les escrocs appellent des personnes âgées, inventent des histoires glaçantes et les intimident jusqu’à ce qu’ils leur confient leurs économies.

    Le scénario le plus commun des clans familiaux polonais et roumains: faire croire à la personne âgée que l’un de ses petits enfants est dans une situation de détresse et a besoin d’agent immédiatement. Arkadiusz L.* a inventé cette trame, mais c’est son fils Marcin K.* qui y excelle tout particulièrement: il a volé plus d’un million de francs à des seniors suisses.

    En 2021, deux Roumaines ont été jugées dans le canton de Zurich pour avoir escroqué un homme de 96 ans pour une somme de 150’000 francs.

    Les gangs de jeunes
    Les gangs de jeunes – qui se nomment d’après le code postal de leur lieu de résidence – n’existent pas seulement dans les grandes métropoles internationales, mais aussi en Suisse. Ils agressent les passants, participent à des émeutes, se livrent à des vols et s’en prennent parfois violemment à des rivaux.

    En 2021, une bagarre au couteau entre deux gangs, de Bienne et de La Chaux-de-Fond, a coûté la vie à un jeune de 20 ans. «La proportion de jeunes appartenant à un gang ou à une bande est légèrement inférieure à la moyenne internationale, avec près de 7%», complète Dirk Baier.

    Il y a une différence notoire avec les gangs de l’étranger: en Suisse, ces jeunes ne sont pas actifs dans le trafic de drogue, et par conséquent moins impliqués dans des affrontements mortels.

    «En Suisse, nous parlons de groupes de jeunes, principalement masculins, qui déclarent les lieux publics comme leur territoire, observe le spécialiste de la délinquance. Ils ont parfois des couteaux, mais pas d’autres armes. Des combats de rue tels qu’on les a vus par exemple à Malmö ou à Stockholm ne seraient pas imaginables en Suisse.» En raison de la petite taille des villes suisses, il est plus facile pour les autorités de contrôler les jeunes.

    La mafia italienne
    La mafia italienne, notamment la ‘Ndrangheta de Calabre, est particulièrement dangereuse. La violence n’est utilisée qu’en dernier recours. Ces Italiens du sud misent plutôt sur le business et la coopération. Résultat: ils sont très impliqués dans des affaires illégales, mais œuvrent aussi, de plus en plus, du côté de la légalité. Depuis longtemps, la mafia calabraise fonctionne comme une entreprise, qui a des tentacules dans le monde entier.

    La ‘Ndrangheta de Calabre est bien présente en Suisse. Avec une vingtaine de cellules locales estimées, elle est représentée dans presque tous les cantons. Les clans calabrais règnent depuis leur pays d’origine. Leur principale source de revenus est le trafic de cocaïne en Europe. Ils utilisent en outre la Suisse pour le blanchiment d’argent et le commerce illégal d’armes en raison de sa législation plus souple que celle de l’Italie.

    Les communications se font toujours davantage en ligne et de manière cryptée. Contrer cette mafia nécessite beaucoup de ressources, explique Berina Repesa de Fedpol. «Pour lutter contre la mafia, il faut une collaboration entre les polices et les acteurs non policiers. L’échange d’informations entre les autorités du registre foncier et du Registre du commerce gagne également en importance dans la lutte contre la mafia.» La ‘Ndrangheta blanchit souvent l’argent de la drogue en achetant des biens immobiliers.

    Au niveau du trafic international de cocaïne, elle coopère avec les cartels des Balkans – qui ont également des branches en Suisse –, avec la mafia nigériane Black Axe Confraternity, ainsi qu’avec des bandes dominicaines.

    Cette évolution est assez récente, explique le procureur de la Confédération Sergio Mastroianni à Blick: «Les organisations criminelles sont un problème transfrontalier et dynamique.» C’est pourquoi de nombreuses enquêtes doivent être menées via l’entraide judiciaire internationale, ce qui n’accélère pas vraiment les procédures. De plus, il est difficile de prouver devant un tribunal le rôle joué par des membres suisses de la mafia au sein d’une organisation criminelle.

    *Noms connus de la rédaction

  281. De la Colombie à l’Espagne, les routes de la poudre

    2 oct. 2023
    Depuis 40 ans, la Galice au Nord de l’Espagne est une région connue comme la porte d’entrée de produits illicites en Europe. De part son histoire et sa géographie, la Galice a permis aux trafiquants d’établir une tête de pont pour les cartels colombiens. Cette année le plus gros laboratoire a été démantelé par les unités spéciales: Les Greco
    Réalisateur : Remi Cadoret, Bertrand Aguirre

    https://www.youtube.com/watch?v=CdnB9bMPW60

  282. Tournage inédit dans les champs de cannabis au Maroc : la légalisation pour mettre fin au trafic ?

    22 nov. 2024
    Découvrez dans ce document exclusif comment le Maroc, premier producteur mondial de cannabis, mise sur la légalisation de cette plante pour assécher le marché noir et conquérir de nouveaux marchés. Une plongée inédite au cœur des montagnes du Rif, zone historique du “Kif”, où en à peine 3 ans des centaines de cultivateurs sont passés des liens sulfureux avec les narcotrafiquants à des coopératives modernes agréées par l’État. Le royaume chérifien tente un pari audacieux: reconvertir toute une filière autrefois clandestine et artisanale pour le marché porteur du CBD (huiles, crèmes, shampoing) et surtout du cannabis thérapeutique estimé à 60 milliards d’euros et désormais légal dans presque toute l’Europe. Une révolution verte pour changer l’image du pays.
    Rencontrez les acteurs de cette transition, des militants aux laboratoires, et découvrez les espoirs d’une éventuelle légalisation récréative.

    https://www.youtube.com/watch?v=ku8WC_1KRgs

  283. Noémie a été victime de troubles pendant 4 ans, liés à une consommation de LSD – CCA

    19 nov. 2024

    Une seule prise de drogue et vous pouvez rester percher, beaucoup pense que c’est une légende mais c’est une réalité. Un message d’alerte pourtant sérieux, que nos invités ont appris à leurs dépens.

    « Drogue : une seule prise et leur vie a basculé » diffusée le 19/11/2024 à 13h50 sur France 2.

    https://www.youtube.com/watch?v=c8ybR6duoAg

  284. https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/italie-la-mafia-investit-dans-l-eolien-pour-blanchir-son-argent_10588
    Italie: la mafia investit dans l’éolien pour blanchir son argent
    Bruxelles (AFP) – Les mafia italiennes ont considérablement diversifié leurs activités criminelles et investissent dans le secteur des énergies renouvelables pour blanchir leurs revenus illégaux et bénéficier des aides européennes, révèle le dernier rapport publié jeudi par Europol.

    L’office de police de l’UE a analysé les opérations menées par les quatre mafia italiennes pour recycler l’argent de leurs activités criminelles.

    “Les informations révèlent que les mafia italiennes investissent de plus en plus dans les secteurs des énergies renouvelables, notamment dans les parcs éoliens, pour profiter des prêts et des aides européennes généreuses accordées par les Etats membres, ce qui leur permet de blanchir les revenus du crime au travers d’activités économiques légales”, souligne le rapport.

    Il y a un an, la police italienne a ainsi saisi des biens appartenant à la N’drangheta, la mafia calabraise, d’une valeur de 350 millions d’euros, dont l’un des parcs éoliens les plus grands d’Europe dans la région de Crotone.

    Le parc éolien composé de 48 aérogénérateurs avait été construit par le biais de prête-noms et d’une dizaine de sociétés écrans, dont plusieurs basées hors d’Italie, à Saint-Marin, en Allemagne et en Suisse, avaient expliqué les enquêteurs.

  285. https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/les-mafias-du-cannabis-mettent-sous-tension-le-reseau-electrique-en-espagne-2102408
    Les mafias du cannabis mettent sous tension le réseau électrique en Espagne
    Les plantations clandestines de cannabis sont en plein essor en Espagne. C’est ce que dénonce la compagnie électrique Endesa, filiale de l’italien Enel et principal acteur du secteur énergétique avec Iberdrola. Elle a détecté depuis cinq ans une hausse de 35 % du nombre de branchements frauduleux, dont les trois quarts sont destinés à l’alimentation de sites de production intensive sous serre, particulièrement gourmands en énergie pour maintenir les plantes en permanence sous les puissants systèmes d’éclairage et de ventilation qui vont optimiser les rendements.

    Loin de l’image d’installations artisanales associées à la petite délinquance locale, la compagnie électrique alerte sur la présence grandissante de plantations d’envergure et d’une activité très « professionnalisée ». Les installations de plus en plus performantes, capables de produire quatre à six récoltes par an, sont contrôlées par des groupes mafieux internationaux, parmi lesquels une forte présence de Français, tous attirés au sud des Pyrénées par une législation plus clémente face au délit de connexion illégale.

    Si la culture du cannabis est interdite en Espagne, ils savent que selon la loi du pays, les peines encourues sont légères, d’un à trois ans de prison, et des amendes équivalentes au double de la valeur des quantités saisies. « Pour eux, c’est insignifiant », témoignait il y a peu, dans une émission de télévision, un garde civil chargé des opérations d’intervention. « Il nous arrive de confisquer le matériel le matin et de voir l’après-midi même les membres du groupe en train d’acheter de nouveaux équipements pour relancer la production. »

    Deux milliards de pertes par an
    Avec 150 manipulations irrégulières détectées chaque jour sur son réseau, Endesa constate à la fois l’expansion du nombre de sites de production de cannabis et de la sophistication grandissante des techniques employées. Avec à la clé, deux milliards d’euros de pertes par an, liées à ces branchements illégaux sur l’ensemble du réseau électrique. Selon les estimations globales du secteur, les plantations de cannabis détournent chaque année 2,2 térawatts heure d’électricité, soit l’équivalent de la consommation annelle des 700.000 habitants de Séville.

    Du côté de la compagnie, on signale à la fois le manque à gagner et les menaces de courts-circuits et d’incendies liés à la surcharge du réseau. « Cela représente un risque qui peut entraîner la mort des personnes impliquées ou de tiers qui n’ont rien à voir avec cette pratique illégale », affirme José Manuel Revuelta, le directeur général des réseaux d’Endesa, en avertissant de la détérioration du service pour les clients qui sont les premiers à souffrir des coupures dues à la surcharge de ces pics de consommation imprévus.

    Intelligence artificielle
    S’il arrive de détecter des plantations clandestines un peu partout dans les villages perdus de l’Espagne dépeuplée, le gros du trafic a lieu le long du littoral méditerranéen, depuis la côte catalane jusqu’à la pointe sud de l’Andalousie, aux alentours d’Almería ou Cadix. Les réseaux, de plus en plus organisés pour pirater le réseau, établissent des connexions souterraines difficiles à détecter et ils s’appuient sur l’intelligence artificielle pour contrôler leur production et les heures de lumière afin d’optimiser les récoltes.

    En Catalogne, tout se passe dans des entrepôts anonymes de zones industrielles, tandis qu’en Andalousie, les plantations sont réparties discrètement chez des particuliers, dans des logements où une pièce est consacrée à la culture intensive sous lumière violette. A simple vue, on ne repère rien d’anormal, explique-t-on chez Endesa. Jusqu’au jour où un transformateur qui fait un saut de 20 mégawatts à 120 mégawatts, sans raison apparente, va donner l’alerte.

  286. https://www.atalayar.com/fr/articulo/politique/maroc-va-acquerir-davantage-drones-pour-renforcer-lutte-contre-trafic-drogue-et-traite-des-etres-humains/20241227190000209385.html
    Le Maroc va acquérir davantage de drones pour renforcer la lutte contre le trafic de drogue et la traite des êtres humains
    Le Maroc prend une mesure cruciale pour renforcer ses frontières et améliorer sa sécurité. Dans son rapport annuel, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a révélé son intention d’acquérir 26 drones de pointe. Ces appareils joueront un rôle clé dans la lutte contre le trafic de drogue, la traite des êtres humains et l’immigration clandestine.

    Les drones sont un système de surveillance de pointe conçu pour surveiller de vastes zones et suivre les mouvements suspects en temps réel. Ces outils technologiques avancés joueront également un rôle clé dans la protection des grands événements, tels que les compétitions sportives.

    Comme le note Morocco World News, des officiers de police sont formés à l’utilisation des drones et à l’analyse des données visuelles qu’ils collectent, alors que le Royaume fait face à des défis croissants à ses frontières, qui servent de pont entre l’Afrique et l’Europe.

    Les réseaux de trafic et de contrebande constituent une menace constante. Selon la DGSN, les drones joueront un rôle crucial en permettant aux forces de sécurité de patrouiller dans des zones éloignées et difficiles d’accès, en améliorant à la fois la rapidité et l’efficacité.

    Le Maroc s’est rapproché de pays leaders dans l’industrie des drones. À cet égard, Rabat a signé en 2021 un accord de défense avec Israël couvrant des domaines clés tels que le renseignement et la coopération dans l’industrie militaire.

    Ejercicios militares African Lion 2024 – PHOTO/X/@FAR_Maroc_
    Exercices militaires African Lion 2024 – PHOTO/X/@FAR_Maroc_
    Au début de l’année, le Maroc a acquis des drones kamikazes israéliens et a en outre conclu un accord avec Israel Aerospace Industries (IAI) pour l’achat d’un satellite espion d’une valeur d’un milliard de dollars. IAI, réputée pour fabriquer certains des drones et des systèmes de défense antimissile les plus avancés d’Israël, fournira le satellite espion Ofek 13, qui remplacera deux satellites d’Airbus et de Thales.

    Le satellite israélien Ofek-13, lancé le 29 mars de l’année dernière, représente une avancée significative en matière de technologie de reconnaissance. Le satellite utilise la technologie du radar à synthèse d’ouverture (SAR) pour fournir des images à haute résolution quelles que soient les conditions météorologiques ou d’éclairage.

  287. La sombre histoire de la guerre de la drogue – HDG #55

    28 mai 2024

    La guerre de la drogue, c’est un conflit global qui a débuté il y a plus de 50 ans. Au Mexique et en Colombie, plusieurs narcotrafiquants se sont alliés pour créer les premiers cartels de la drogue : de véritables multinationales du crime. En 1971, les États-Unis déclarent la guerre aux Narcotrafiquants et créent la DEA, une police chargée de mener la charge. Mais au Mexique, Felix Gallardo, le parrain, a corrompu l’État tout entier. Quant à Pablo Escobar, chef du cartel de Medellín en Colombie, il met son pays à feu et à sang. Découvrez l’histoire sanglante, complexe et passionnante de la guerre contre la drogue.

    https://www.youtube.com/watch?v=x6ccDlXoBeE

  288. Trafic de cocaïne : notre enquête inédite sur la lutte anti-drogue en Bretagne [Documentaire]

    20 avr. 2024 #️⃣

    Les saisies de cocaïne explosent dans les ports de Bretagne depuis quelques années. En 2023, c’est près d’une demi-tonne de cocaïne qui a été retrouvée à Brest. On est certes bien loin des records européens mais attirés par sa grande façade maritime, les trafiquants commencent à utiliser la région comme une porte d’entrée pour leur marchandise. Par quels chemins la cocaïne arrive-t-elle jusque sur nos côtes et comment la région lutte contre cette drogue ? C’est l’histoire que nous allons vous raconter dans ce documentaire.

    https://www.youtube.com/watch?v=5pwwUUQI5Og

  289. Dollars noirs | Trafic de cocaïne

    21 sept. 2023
    En allant à la rencontre d’anciens cocaleros repentis, de trafiquants et des instances internationales chargées d’endiguer le trafic, Dirty Dollars Inc. s’attache à décrypter les différentes étapes du marché. Comment est fabriquée la substance ? Comment est-il acheminé vers ses points de vente ? Et surtout, à qui profitent les revenus générés ?

    00:00 Le documentaire
    00:11 La vidéo explore les aspects économiques du crime organisé
    05:42 La vidéo explique le processus de production et l’importance de la marque du fabricant.
    11:57 Les agriculteurs des zones reculées se tournent vers la culture de la coca pour augmenter leurs revenus et subvenir aux besoins de leurs familles.
    17:36 La confiance est indispensable au bon fonctionnement du trafic, mais les campagnes d’éradication ont eu une efficacité limitée dans la réduction de la production.
    23:01 Les trafiquants utilisent une nouvelle méthode appelée « arnaque, arnaque » pour transporter le produit, ce qui rend difficile pour Interpol le contrôle de leurs activités.
    29:27 Le marché est passé d’une domination colombienne à un contrôle par des mafias africaines, qui gèrent désormais toute la logistique, le transport, le stockage et la vente sur le marché européen dans des régions à sécurité limitée et à instabilité politique.
    34:25 L’orateur évoque la gestion et les contraintes d’être un petit entrepreneur dans ce métier.
    40:34 La corruption et le lobbying sont des pratiques courantes dans les entreprises traditionnelles et dans les cartels.
    45:26 Les mafias exploitent les failles de l’économie mondiale pour optimiser leurs profits et blanchir de l’argent.

    Réalisateur : Ludovic MARCELLIN

    https://www.youtube.com/watch?v=kmyoDa41jqc

  290. Detroit de Gibraltar : la porte ouverte aux trafiquants

    nov. 2024 GIBRALTAR
    Il ne mesure que quelques kilomètres de largeur et pourtant il concentre à lui tout seul tous les éléments d’un cocktail explosif entre l’Europe et l’Afrique. C’est le détroit de Gibraltar entre le sud de l’Espagne et le nord du Maghreb.

    Pas une semaine sans que de frêles embarcations sur lesquelles s’entassent des dizaines d’immigrés tentent de le franchir au péril de leur vie pour atteindre les plages espagnoles. Pas une semaine sans que cette fois de puissants hors-bords bourrés de haschisch fassent le même trajet en direction de petites criques discrètes d’où les attendent des trafiquants qui remonteront la drogue à toute vitesse vers la France et le nord de l’Europe.

    Les équipes d’Enquête Exclusive ont remonté ces filières pour mettre au jour l’étonnante passivité de certaines autorités marocaines fermant les yeux sur les immenses champs de haschisch qui s’étalent au grand jour et les multiples bases arrière des trafiquants qui traversent quotidiennement le détroit. Corruption, incompétence, mais aussi paysans qui vivent de cette économie, pourquoi tolèrent-elles cette culture ?

    De l’autre côté du détroit, vous découvrirez l’impressionnant système de surveillance mis au point par la Guardia Civil pour intercepter les trafics. Radars, caméras infrarouges et le flair des douaniers qui découvrent la drogue de mieux en mieux dissimulée dans les camping-cars des touristes ou jusqu’aux parties intimes des passagers des ferries.

    Gros trafiquants bien organisés mais aussi petits dealers qui viennent s’approvisionner en haschich pour monter un business dans leur cité, qui sont ces Français prenant un maximum de risques dans la traversée du détroit de tous les dangers ?

    Réalisateur : Roger Auque, Michaël Richard

    https://www.youtube.com/watch?v=e3Vf7cANod4

  291. Trafic : l’enquête parfaite pour faire tomber du dealers

    27 déc. 2024
    C’est une enquête longue et complexe que nous allons suivre aux côtés de la Brigade de Sureté Urbaine en France, afin de démanteler un réseau important de trafiquants. Liste d’écoute, filature, intervention et arrestation… le cocktail parfait pour passer les menottes.

    https://www.youtube.com/watch?v=-iwjkc3SEmY

  292. Postulat Elodie Lopez et consorts au nom EP – Pour des politiques adaptées aux profils des personnes toxicodépendantes en matière de prise en charge, réduction des risques et prévention

    Texte déposé
    La consommation et la vente illégale de substances illicites dans l’espace public animent l’actualité vaudoise depuis des mois. Elle est la pointe d’un iceberg. Et si l’on parle beaucoup des vendeurs, qu’en est-il des consommateurs?

    Différentes études et rapports ont constaté une consommation extrêmement élevée de substances illicites en Suisse ces dernières années. Le phénomène est en augmentation, et les villes vaudoises n’échappent pas à la tendance. Citons à titre d’exemple l’explosion de la consommation de cocaïne ou de crack. Cette drogue bon marché brasse les cartes tant elle plonge les consommateurs et consommatrices dans des situations d’une précarité dévastatrice. Comme le relevait en octobre Madame la Conseillère d’Etat Rebecca Ruiz, la consommation de crack complexifie toutes les données et déroute les professionnels concernés, notamment dans la prise en charge sociosanitaire.

    Mais il n’y a pas que la cocaïne ou le crack : chez les jeunes, la kétamine est également en vogue. Et on ne peut pas taire la consommation préoccupantes de fentanyl, des nitratées ou de la xylazine, qui font des ravages ailleurs mais qui pourraient bientôt être plus fortement consommées ici.

    Pour qu’une stratégie en 4 piliers axée sur la prévention, la thérapie, la réduction des risques et la répression soit efficace, il est crucial de différencier les types de consommateurs auxquels ces stratégies s’adressent. Jeunes, moins jeunes, cadres, personnes marginalisées ou fragilisées : les profils sont radicalement différents, parfois surprenants. Ils nécessitent des approches de prévention et de soin adaptées.

    Au vu des récentes évolutions de la situation socio-sanitaire, Madame la Conseillère d’Etat relevait qu’une adaptation de la stratégie cantonale en 4 piliers était nécessaire. Les soussignés estiment que les demandes formulées dans ce postulat contribueraient à cette adaptation.

    Qui sont les personnes qui achètent et consomment des substances illicites, alimentant ainsi la vente illégale dans l’espace public ? Quelles prises en charge mettre en place pour les aider ? Que mettre en place pour aider les personnes qui souhaitent devenir sobre mais n’y arrive pas ? Pour celles qui n’ont pas encore pris conscience que leur consommation était problématique ? Pour celles qui commencent à consommer et sont susceptibles d’entrer, plus tard, dans la spirale d’une consommation problématique ? Quelles modalités de prise en charge urgente ? Quelle prévention pour quel public ?

    A travers le postulat, les soussigné.e.s invitent le Conseil d’État à étudier ainsi qu’à présenter les différents profils de consommateurs de substances et formuler des propositions de mesures en matière de politiques de prise en charge, de réduction des risques et de prévention adaptées tenant compte des différents profils préalablement identifiés.

    https://www.vd.ch/gc/depute-e-s/detail-objet/objet/24_POS_56/membre/612412

  293. Question orale Elodie Lopez au nom EP – Consommation de substances illicites: quelles suites suite à l’appel des communes ?

    Texte déposé
    Le mois dernier, je demandais au Conseil d’Etat comment l’inquiétante flambée du crack était anticipée. La réponse donnée, très Lausanno-centrée, considérait peu les autorités communales comme des partenaires concernés d’une part et d’autre part, faisait principalement état de mesures prises dans le passé, l’urgence et la capitale, en attendant la la stratégie 4 piliers. Cette réponse n’était pas satisfaisante face à une situation en évolution, nécessitant une action coordonnée, actualisée et anticipatrice, notamment pour soutenir les autorités territoriales concernées. Depuis, trois communes ont adressé un courrier au Conseil d’Etat, lui rappelant l’actualité des problématiques rencontrées dans le Canton, et appelant à la tenue d’assises de la chaîne pénale et de la santé publique.

    Nous avons ainsi l’honneur de demander au Conseil d’Etat de renseigner le Grand Conseil sur la suite qu’il compte donner à ce courrier.

    https://www.vd.ch/gc/depute-e-s/detail-objet/objet/24_HQU_110/membre/612412

  294. Interpellation Elodie Lopez et consorts au nom du groupe EP – Consommation de substances illicites dans l’espace public, mesures socio-sanitaires cantonales et soutien aux communes: point de situation ?

    Texte déposé
    En novembre dernier, le Conseil d’Etat répondait à plusieurs questions liées aux problématiques de consommation de substances illicites dans l’espace public, un sujet toujours d’actualité, en particulier dans les communes les plus concernées par ces problématiques.

    Dans ses réponses, le Conseil d’Etat constate notamment que la consommation de stupéfiants dans l’espace public est devenue beaucoup plus visible et problématique. Il exposait plusieurs facteurs expliquant l’explosion du phénomène, parmi lesquels la forte accessibilité de stupéfiants conjuguée à une baisse de prix, une aggravation de la précarité ainsi que des changements dans les pratiques des consommateurs et consommatrices, sans toutefois mentionner explicitement le point de la crise de la santé mentale identifiée par le groupement romand d’études des addictions (GREA).

    Il met en évidence différentes mesures prises par le Canton, en particulier le déploiement de mesures socio-sanitaires urgentes requises par le médecin cantonal pour orienter les usagers et usagères vers les dispositifs de soins et d’aide à même de les prendre en charge, un point sur lequel un retour serait bienvenu. Ces mesures nous semblent importantes, étant donné que la problématique de la consommation de substances illicites est un problème de santé publique et doit être traité comme tel. Parmi les mesures visant les usagers et usagères, une réflexion autour de mesures pour les proches et familles des personnes touchées par des problèmes d’addictions serait par ailleurs bienvenue.

    Le Conseil d’Etat affirme aussi l’importance de la collaboration entre les acteurs concernés (centres d’accueil à bas seuil, équipes médico-sociales, unités de traitement des addictions et services de police). Il précise qu’il est disposé à soutenir les communes concernées dans leurs rôles, notamment pour faciliter le travail collaboratif. Il rappelle l’existence du fonds cantonal pour la prévention et la lutte contre les addictions, et mentionne l’organisation d’une journée de travail avec les acteurs concernés sur laquelle un retour serait également bienvenu.

    Le processus est long pour s’emparer du problème dans son ensemble et les attentes sont grandes. En attendant le déploiement du plan d’action en quatre piliers, la problématique continue de préoccuper, notamment sur le plan de la santé publique. Dans ce contexte, il nous semble important de tenir la population informée et de montrer que le dossier avance. Nous avons ainsi l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

    1) Dans quelle mesure le Conseil d’Etat reconnaît-il que la dégradation de la santé mentale de la population fait partie des facteurs expliquant la péjoration de la situation liée à la consommation de substances illicites?

    2) Le fonds pour la prévention et la lutte contre les addictions a-t-il été utilisé cette année, et si oui, combien de demandes ont été reçues et traitées favorablement par le département ?

    3) Le Conseil d’Etat peut-il informer le Grand Conseil sur les mesures socio-sanitaires urgentes qui ont été prises par le médecin cantonal pour orienter les usagers et usagères, en particulier sur de premiers éléments de bilan et sur la possible prolongation de ces mesures ?

    4) De quelle manière le Conseil d’Etat intègre-t-il, dans les réflexions qu’il mène autour de son plan d’action, le déploiement de mesures ciblant les proches et familles des personnes en situation d’addiction, souvent démunies et durement impactées ?

    5) Le Conseil d’Etat peut-il renseigner le Grand Conseil sur les besoins et les actions à mener identifiés lors de de la journée de travail « Espace public et addictions », organisée par le DSAS et la DJES en collaboration avec les acteurs concernés ?

    6) Le Conseil d’Etat compte-t-il réitérer des rencontres pour favoriser un travail coordonné entre les différents acteurs, comme cela a été le cas avec l’organisation de la journée de travail qui a eu lieu en novembre ?

    https://www.vd.ch/gc/depute-e-s/detail-objet/objet/24_INT_53/membre/612412

  295. Simple question Elodie Lopez et consorts au nom du groupe EP – Soutien cantonal aux communes en matière de consommation de substances illicites

    Texte déposé
    Les problématiques liées à la consommation de substances illicites animent l’actualité. En cause : le constat d’une situation qui se dégrade en raison de l’ultradisponibilité des produits, une précarité croissante des personnes et une crise de la santé mentale (selon Camille Robert, co-secrétaire générale du GREA, dans une tribune du 24heures du 29 août dernier). Le canton a présenté un plan d’action en quatre piliers pour ne pas se centrer uniquement sur le volet répressif, stratégie des plus pertinentes dans ce dossier. Mais en attendant sa mise en œuvre, les communes concernées se confrontent tant à la dégradation de la situation qu’à une population de plus en plus excédée. A court terme, une aide cantonale serait ainsi bienvenue pour les aider à y faire face, en particulier pour saisir d’autres outils que celui de la répression. J’ai ainsi l’honneur de poser la question suivante au Conseil d’Etat :

    Quel soutien à court terme le canton peut-il mettre à disposition des communes concernées pour les aider à faire face à cette situation ?

    https://www.vd.ch/gc/depute-e-s/detail-objet/objet/23_QUE_47/membre/612412

  296. C’est vendredi, on appelle le dealer – ARTE Radio Podcasts

    31 déc. 2024 #documentaire #addiction #société
    « Faire la fête c’est l’expression de toute la chance qu’on a » : pendant la semaine, Adèle et ses amis étudient, travaillent et mangent cinq fruits et légumes par jour. Le week-end, ils se défoulent dans des soirées dansantes où la drogue est très répandue. Une consommation de cocaïne et MDMA festive, plus ou moins contrôlée, pas toujours assumée. Entre insouciance et peur de l’addiction, Adèle et ses potes, 25 ans, racontent les bonheurs et les doutes des amateurs de produits. Fêtards ou dépendants ?

    Ce podcast a été élaboré dans le cadre de la formation libre de narration radiophonique “Transmission”, complété et finalisé à ARTE Radio.

    Un documentaire d’Adèle Poisson
    [Documentaire de 2019]
    Réalisation, mise en ondes et mix : Arnaud Forest
    À retrouver sur le site et l’application ARTE Radio.

    https://www.youtube.com/watch?v=sQgVwHZVatQ

  297. https://www.arpac.eu/les-armes-a-feu-sauvent-des-vies/

    Sur les 2,5 millions de fois où les citoyens utilisent une arme pour se défendre chaque année, l’écrasante majorité n’a besoin que de dégainer son arme ou de faire un tir de semonce pour effrayer leurs agresseurs. Moins de 8% du temps, un citoyen aura besoin de tirer sur son agresseur. [3]

    Les citoyens armés tuent davantage de voyous que la police. Les citoyens tuent au moins deux fois plus de criminels que la police chaque année (1527 contre 606).[6] Et les lecteurs de Newsweek ont pu apprendre que “seulement” 2% des fusillades civiles impliquent une personne prise par accident pour un criminel. Le “taux d’erreur” de la police, cependant, est de 11%, plus de 5 fois supérieur.[7]

    Vermont : un des 5 états les plus calmes du pays. Dans le Vermont, les citoyens peuvent porter une arme à feu sans avoir besoin de permission… sans payer de licence… et sans même attendre aucune période de délai imposée par le gouvernement. Et pourtant, pendant 10 ans d’affilé, le Vermont est resté maintenu au top 5 des plus calmes états de l’union, ayant reçu 3 fois le “Safest State Award.”[12]

    3/5 des délinquants sondés ont admis que “un criminel ne va pas aller chercher des problèmes à une victime qu’il sait armée d’un pistolet.” [21]

    74% des délinquants sondés ont admis que “une des raisons qui font que les cambrioleurs évitent les maisons quand les résidents y sont est qu’ils craignent de se faire tirer dessus pendant leur crime.”[22] 57% des délinquants interrogés on admis que “les criminels craignent davantage de rencontrer une victime armée que de se retrouver face à la police.” [23]

  298. https://www.blick.ch/fr/suisse/criminalite-en-hausse-la-violence-et-le-trafic-de-drogue-ont-bel-et-bien-bondi-a-vevey-id19930137.html
    La violence et le trafic de drogue ont bel et bien bondi à Vevey!
    Les violations de domicile ont augmenté de 80,6% entre 2022 et 2023 à Vevey.

    Les violations de domicile ont augmenté de 80,6% entre 2022 et 2023 à Vevey.

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    Lucie FehlbaumJournaliste Blick

    Les témoignages sont sans équivoque: la violence augmente sur la Riviera. Sur les réseaux sociaux ou par mail, le ton est le même. Vevey n’est plus une paisible cité lacustre, les agressions augmentent sans cesse et il faut sévir.

    Malgré une violente agression visant des adolescents, et les confessions du syndic inquiet, le constat divisait. L’élu Yvan Luccarini a eu beau parler de «crise», certains refusent de croire à une progression de la violence à Vevey. Blick a voulu vérifier et a demandé à la police cantonale vaudoise ses statistiques de la criminalité.

    La réponse est claire: cumulées, toutes les infractions au Code pénal ont augmenté de 36,2% à Vevey, entre 2022 et 2023. C’est 14,4% de plus que dans tout le canton de Vaud, mêmes périodes comparées. Les chiffres 2024 ne sont pas encore disponibles.

    Les statistiques incluent les tentatives. Trois catégories d’infractions en particulier ont carrément explosé à Vevey. Blick les décortique.

    Les atteintes au patrimoine
    L’ensemble de ces crimes, qui englobent toutes les déclinaisons du vol, ont augmenté de 40,5% entre 2022 et 2023. Constat marquant, les vols «basiques», commis chez un privé sans forcer l’entrée ni violenter personne, et à l’étalage, ont plus que doublé. Ils ont même bondi de 139,7%!

    Les vols de voitures et les dommages à la propriété ont respectivement grimpé de 60,8 et 60,1%. Des infractions qui contribuent à ce fameux «sentiment d’insécurité» qui s’est emparé d’une partie des habitants de Vevey. Une pétition a été créée pour renforcer la sécurité dans la commune. Un post sur le réseau social Reddit, qui a généré des centaines de commentaires et de likes, demande à rendre la ville «sûre à nouveau».

    Les crimes contre la liberté
    Les menaces, au sens juridique, caractérisent toute tentative d’effrayer une personne avec n’importe quelle nouvelle alarmante. Ce délit a augmenté de 32,2% à Vevey entre 2022 et 2023. Un habitant relate sur les réseaux avoir récemment été suivi par une voiture en rentrant chez lui à 4h du matin. D’autres partagent également leur mauvaise expérience après avoir été suivis et détroussés.

    Au registre des crimes contre la liberté, qui ont crû de 64,2% en un an, on trouve aussi la contrainte, la séquestration ou les violations de domiciles lors d’un vol. Ces dernières se sont accrues de 80,6% dans la commune de la Riviera. En 2023, 242 cas ont été recensés.

    Les atteintes à la loi contre les stupéfiants
    C’est le cheval de bataille de nombreux Veveysans et Veveysannes. Les e-mails reçus par Blick, les posts sur les réseaux, tous déplorent le deal de rue qui s’intensifie à la place de la gare, mais aussi au bord du lac. Un habitant a écrit, lundi 8 juillet, à la Municipalité. Il dénonce les vendeurs de drogue «autour de la BCV et de la gare». Dans sa missive, il demande que la commune organise une «vraie répression avec arrestation et expulsion immédiate ou incarcération des dealers et de leurs commanditaires».

    Les infractions à la loi sur les stupéfiants ont augmenté de 7,2%. Pas une progression mirobolante, mais elle comprend la consommation et la possession. En revanche, les arrestations pour trafic, culture ou production ont grimpé, elles, de 60,7%. Dans son interview à Blick, le syndic, Yvan Luccarini, l’a répété: «Nous ne voulons pas d’une cohabitation entre dealers et habitants.»

  299. Drogues : menace sur l’Europe ?

    45 min

    Disponible jusqu’au 16/04/2028

    Émission du 14/05/2023

    Saisie record de cocaïne à Anvers et Rotterdam, tentative d’enlèvement du ministre belge de la Justice, fusillades en pleine rue… Pour contrôler un trafic qui génère des dizaines de milliards d’euros de chiffres d’affaires, les guerres de territoire font rage. Cette spirale mortifère peut-elle être contenue ? L’Europe est-elle en passe de voir émerger des narco-États ?

    Nous entendons tout d’abord les analyses et les témoignages d’Européens recueillis lors d’une séance de réflexion collective. Puis, Nora Hamadi lance le débat avec Constanza Sanchez Aviles, directrice des politiques publiques de l’institut de recherche espagnol ICEERS. Selon elle, l’origine du mal à un nom : la prohibition. De son côté, Teun Woeten, anthropologue et photojournaliste, s’inquiète de la transformation des Pays-Bas en un narco-État. Une pente, selon lui, que la légalisation des drogues ne ferait qu’accentuer.
    Le reportage nous conduit au Portugal, pays pionnier dans la dépénalisation des drogues. Vingt ans après, les limites de cette politique commencent à émerger.
    Enfin, dans le grand entretien, Nora Hamadi reçoit le sociologue Marwan Mohamed. Depuis des années, il s’intéresse aux “carrières criminelles” des jeunes de quartiers défavorisés, du simple guetteur au ponte du trafic.

    https://www.arte.tv/fr/videos/113194-005-A/27/

  300. Quelle est la raison du crime ?

    25 min

    Disponible jusqu’au 12/04/2030

    Pourquoi les affaires criminelles nous fascinent-elles ? Que nous enseigne l’événement criminel sur la question de la vérité et du mal ? Entretien avec le philosophe Mathias Roux.

    Anders Breivik, le terroriste d’extrême droite norvégien qui a assassiné 77 jeunes en 2011, reçoit 800 lettres d’amour par mois. Il existe un joli mot pour désigner cette passion pour les criminels : “hybristophilie”. On pourrait considérer ce genre d’héroïsation des tueurs comme un trouble pathologique, mais on peut aussi le voir comme la manifestation extrême d’une fascination largement partagée pour le crime.

    Cette attraction repose certes en grande partie sur nos pulsions voyeuristes, mais pour le philosophe Mathias Roux, les vraies affaires criminelles représentent plus que de simples faits divers. Dans “Le goût du crime” (Actes Sud, 2023), l’essai qu’il a coécrit avec son frère Emmanuel Roux, il montre que non seulement ces affaires donnent matière à penser notre époque, mais elles soulèvent de grandes questions philosophiques.

    Avec également le sociologue Matthieu Béra.

    Références :

    Marcel Proust, “Contre Sainte-Beuve”, Gallimard, 1954

    Pierre Bourdieu, “Sur la télévision”, Liber Éditions, 1996

    Roland Barthes, “Essais critiques”, Seuil, 1964

    Émile Durkheim, “Les règles de la méthode sociologique”, la Revue philosophique, 1894

    Émile Durkheim, “Leçons de sociologie criminelle”, éd. par Matthieu Béra, Flammarion, 2022 (1892-1893)

    Michel Foucault, “Du gouvernement des vivants – Cours au Collège de France. 1979-1980”, Gallimard, Seuil, 2012

    https://www.arte.tv/fr/videos/117234-004-A/quelle-est-la-raison-du-crime/

  301. Afghanistan : Kaboul dans l’enfer de la drogue (2022)

    25 min

    Disponible jusqu’au 30/06/2025

    Émission du 16/09/2022

    Depuis la reconquête du pouvoir par les talibans à Kaboul en août 2021, la situation humanitaire s’est considérablement détériorée. L’Afghanistan est le plus grand producteur d’opium au monde. Au cours des 20 dernières années, les talibans et les seigneurs de guerre ont gagné des milliards de dollars grâce à l’exportation d’héroïne.

    Mais c’est aussi l’un des pays les touchés au monde par la toxicomanie. Le pays est ravagé par l’héroïne et plus particulièrement sa capitale.
    Pourchassés à Kaboul par les talibans, des milliers de toxicomanes, dont l’addiction heurte leurs valeurs fondamentalistes, sont internés de force pour suivre une cure de désintoxication dans une clinique, située dans une ancienne base américaine.
    Conçu à l’origine pour accueillir un millier de patients destinés à un sevrage drastique, pendant 45 jours, l’établissement croule aujourd’hui sous le nombre de personnes qui y sont envoyées. Cruellement dépourvu de médicaments, le centre peine à assurer sa mission : le stock de méthadone est inexistant, le personnel est dépassé, les patients souffrent de la faim. Jusqu’à cinq millions d’Afghans, pour un pays qui en compte trente-neuf millions, seraient dépendants de l’héroïne et de la méthamphétamine…

    https://www.arte.tv/fr/videos/108048-000-A/afghanistan-kaboul-dans-l-enfer-de-la-drogue-2022/

  302. Brésil : l’enfer de Cracolandia

    9 min

    Disponible jusqu’au 20/05/2025

    Arthur Rayssiguier, co-auteur du reportage “Brésil : le clown de Cracolandia”, nous dévoile les conditions de tournage dans le quartier du crack de São Paulo, le plus grand marché de drogue à ciel ouvert au monde.

    Comment réaliser un reportage dans Cracolandia, le quartier du crack à São Paulo ? Arthur Rayssiguier, co-réalisateur avec Maxime Priou, raconte son expérience.
    Une immersion de deux semaines, au coeur d’une zone fréquentée par des milliers de consommateurs de crack, aux côtés notamment de Flavio Falcone, psychiatre, addictologue et clown, qui propose un programme de réinsertion.

    https://www.arte.tv/fr/videos/120504-001-A/bresil-l-enfer-de-cracolandia/

  303. GUERRE À LA DROGUE : L’ÉCHEC PERMANENT DE LA PROHIBITION

    8 janv. 2025 #Drogue #Portrait #Dépénalisation

    Fabrice Olivet est président de l’association ASUD (Auto-Support des Usagers de Drogues), une association fondée en 1992 par des usagers de drogue pour faire de la prévention et de l’information.

    Depuis plus de 30 ans, il milite pour la dépénalisation, et analyse les discours et les politiques publiques qui se déploient autour des drogues. Des contrôles de police systématiques à l’histoire de la prohibition, des discours guerriers de Richard Nixon dans les États-Unis des années 1970 aux “narco-racailles” pointées du doigt par le ministre Bruno Retailleau, Fabrice Olivet dresse ainsi une histoire politique des politiques des drogues et de leurs usages.

    Journaliste : Clara Menais
    Montage : Mélanie Ciais
    Son : Baptiste Veilhan
    Graphisme : Morgane Sabouret
    Production : Hicham Tragha
    Directeur des programmes : Mathias Enthoven
    Co-directrice de la rédaction: Soumaya Benaïssa
    Directeur de la publication : Denis Robert

    https://www.youtube.com/watch?v=7eyg-z1dCHg

  304. Trafic : l’enfer des habitants d’une cité de Montpellier

    8 janv. 2025 #société #reportage #trafic
    En exclusivité, nous avons pu suivre de l’intérieur l’opération « Place nette » lancée à Aiguelongue, un quartier de Montpellier gangréné par le trafic de stups. Bilan : 19 gardes à vue, plusieurs kilos de drogue saisis et des kalachnikovs… Mais sur le long terme, est-ce efficace ? Pas sûr.

    https://www.youtube.com/watch?v=fLqSSMvkvNs

  305. https://www.24heures.ch/lausanne-string-plie-ou-sont-les-marginaux-de-la-riponne-705440650458
    Lausanne: string plié, où sont les marginaux de la Riponne?
    Travaux à Lausanne

    Privés de «string», où sont passés les marginaux de la Riponne?
    Privés de leur point de ralliement durant les travaux du parking, les zonards se font rares, remplacés par des gens plus agressifs venus d’Annemasse.

    Laurent Antonoff

    Publié aujourd’hui à 09h49

    Des personnes assises et debout sous un auvent sur la place de la Riponne à Lausanne, entourées de plantes en pots, août 2014.
    Le premier string de forme triangulaire, d’où son surnom, installé à la Riponne pour les marginaux à l’été 2014.

    FLORAN CELLA/24 HEURES

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    BotTalk

    En bref:

    Les travaux de la place de la Riponne avancent malgré le bruit et la poussière.
    Les marginaux déplacés ne causent pas de problème, selon les riverains locaux.
    Des jeunes hommes plus agressifs viennent d’Annemasse par le Léman Express.
    La Ville explore des alternatives pour le string, en concertation.
    Un morceau de toile en moins, et elle paraît nue. La place de la Riponne a perdu son «string», tandis que les travaux d’assainissement avancent à grands pas à Lausanne. Le string? Cette large bâche qui servait d’abri de fortune aux marginaux depuis plus de dix ans. Elle a été démontée il y a quelques semaines, après la démolition de la fontaine Eau-de-Vie, la dépose du bas des escaliers du Palais de Rumine et la destruction des toilettes publiques qui faisaient office de shootoir pour les toxicomanes du quartier.

    Il est peu avant 15 h 30 sur la Riponne ce mardi après-midi. Le local d’injection va bientôt ouvrir ses portes. Ses usagers se pressent déjà devant l’entrée. Le chantier voisin fait du bruit et de la poussière. Il fait froid. Les marginaux sont aux abonnés absents. «La Ville leur a dit de se poser là, devant les casiers à couvertures et sacs de couchage», assure Noël. C’est un habitué des lieux depuis des années. Un pilier.

    Devant les casiers à couvertures
    Une riveraine confirme: «On a tous reçu un courriel des autorités pour nous avertir que les marginaux du string étaient déplacés ici, mais on ne les voit pas beaucoup. De toute façon, on les connaît pour la plupart et ce sont des gens qui ne causent pas de problème. Contrairement aux nouveaux.»

    Les nouveaux? Des jeunes hommes «plus agressifs, territoriaux et violents» qui, selon elle, arrivent chaque matin en provenance d’Annemasse, par le Léman Express. «Par wagons entiers.» Ils se tiennent aussi devant les fameux casiers toute la journée. «On doit faire avec eux, et maintenant les marginaux aussi. Pas facile», assure Noël.

    Une fois les toilettes détruites et le string démonté, la Ville ne craint-elle pas une péjoration de la situation dans l’espace public, en matière de prise de drogue sauvage et d’insécurité?

    Le chantier de démantèlement de l’abri des marginaux et toxicomanes à la Riponne, Lausanne, janvier 2025.
    En raison des travaux sur la Riponne, le «string» des marginaux a été démonté et l’endroit n’est plus accessible au public. Photo Yvain Genevay / Tamedia

    YVAIN GENEVAY/TAMEDIA

    «Les travaux sur la place ont un fort impact pour tout le monde, y compris pour les personnes consommatrices. Notre priorité est qu’elles soient accueillies dans l’antenne de l’espace de consommation sécurisé de la Riponne ou à celui du Vallon», déclare Emilie Moeschler, municipale de la Cohésion sociale. Elle assure continuer à suivre de près l’évolution de la situation.

    Du côté de la police municipale, on explique l’absence des marginaux déplacés à quelques mètres du string par les conditions climatiques hivernales. Pour ce qui est d’une éventuelle hausse de la consommation de drogue dans l’espace public, après la démolition des toilettes publiques, les forces de l’ordre expliquent y avoir porté une attention particulière.

    «Nous avons effectivement constaté des regroupements de personnes aux abords de l’antenne de l’espace de consommation sécurisé, surtout lorsque la structure est fermée. Chaque année en période hivernale, nous constatons également des reports dans des endroits à l’abri du froid, tels que les parkings ou entrées d’immeubles.»

    Depuis l’été 2014
    Dans l’immédiat, il n’a pas été possible de trouver un nouvel emplacement pour le string, ce qui préoccupe les riverains. Mais la bâche n’a pas dit son dernier mot. Emilie Moeschler: «Nous travaillons, avec nos partenaires et en concertation avec le voisinage et les personnes concernées, sur une alternative qui pourrait voir le jour dans le cadre des aménagements provisoires de la Riponne.»

    C’est à l’été 2014 que le string a été aménagé pour les marginaux de la Riponne. Jusque-là, ils occupaient deux bancs à la sortie du M2. Il doit son nom à la forme triangulaire qu’il avait à l’origine. Une année plus tard, la Ville décidait d’augmenter la taille de la bâche afin d’éviter que ses usagers «s’éparpillent» sur la place.

  306. https://www.rts.ch/info/regions/vaud/2025/article/hausse-des-violences-aux-urgences-du-chuv-mesures-et-defis-pour-le-personnel-28759396.html
    Victimes d’une hausse des violences, “les urgences du CHUV concentrent tous les maux de la société”
    Insultes, menaces, mais parfois aussi agressions physiques: les urgences du CHUV connaissent une augmentation des violences. Pour y faire face, l’établissement vaudois collabore depuis quelques années avec des agents de sécurité pour désamorcer les situations difficiles.

    Chaque année, près de 70’000 patientes et patients se rendent aux urgences du CHUV. Sur ce nombre, pas loin de 400 se sont montrés violents en 2024. Il s’agit d’une augmentation de 24% par rapport à 2022. Cette hausse s’explique notamment par un changement de politique du CHUV vis-à-vis de la violence.

    “On avait, par le passé, plutôt tendance à excuser les situations de violence, voire à les taire”, explique Pierre Merminod, l’adjoint au chef de la sécurité du CHUV, dans l’émission Mise au Point. Désormais, l’établissement applique une tolérance zéro pour les cas de violence envers son personnel. Chaque cas est référencé et rentre dans les statistiques.

    Drames, faits divers, misère sociale, violence: tout cela finit au CHUV. Et il faut être psychologiquement bien armé pour y faire face

    Depuis quelques années, le personnel soignant du CHUV est épaulé en cas de besoin par un service permanent d’agents de sécurité. Ils sont une cinquantaine, formés spécialement pour interagir avec les malades. Leur rôle est d’éliminer tout risque de violence que le patient pourrait s’infliger à lui-même ou aux autres et de ramener le calme avant de lancer le processus médical.

    “Les urgences du CHUV concentrent tous les maux de la société”, témoigne Kaled, agent de sécurité au CHUV depuis une année. “Drames, faits divers, misère sociale, violence: tout cela finit au CHUV. Et il faut être psychologiquement bien armé pour y faire face”, ajoute-t-il.

    >> Lire aussi : Les violences à l’encontre du corps médical se multiplient en Suisse

    Ateliers de formation
    Le CHUV a également mis en place une formation pour son personnel. Celle-ci comprend des cours théoriques sur la violence, la désescalade verbale et la gestion post-crise, ainsi que des jeux de rôle pour avoir les bons mots et les bons réflexes lors de situations tendues. Depuis trois ans, plus de 250 employés y ont déjà pris part.

    Le personnel soignant est par exemple invité à trouver une phrase prête à l’emploi, indique l’adjointe à la direction du Centre des formations du CHUV, Muriel Gasser. “C’est parfois quelque chose de tout simple, tel que ‘Je vous rappelle que nous sommes dans un hôpital et j’ai besoin de respect pour faire mon travail'”, illustre l’ancienne infirmière.

    C’est là aussi tout l’enjeu pour l’agent de sécurité dans un milieu hospitalier. Il faut savoir jongler entre l’empathie et la fermeté

    “Ce n’est pas agressif, mais on a quand même signalé aux patients ou aux proches que l’on a entendu une insulte et que ce n’est pas acceptable”, poursuit-elle.

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    Désescalade verbale
    Aux urgences du CHUV, deux tiers des violences subies sont verbales et un tiers sont des violences physiques, dont 1% avec des armes. En 2024, on recense quatre cas. Les abus d’alcool ou de drogues peuvent parfois être à l’origine de ces violences, mais il peut aussi s’agir de personnes évacuant leurs frustrations ou présentant des troubles psychologiques.

    Souvent, la simple présence d’un agent de sécurité peut suffire à apaiser la situation. Ceux-ci se montrent fermes, mais misent avant tout sur la désescalade verbale. “C’est là aussi tout l’enjeu pour l’agent de sécurité dans un milieu hospitalier. Il faut savoir jongler entre l’empathie et la fermeté”, explique Kaled.

    Parfois, la parole ne suffit pas à désamorcer la situation. La police peut même être amenée à intervenir. Par ailleurs, lorsqu’un patient est trop agité pour l’unité dans laquelle il est hospitalisé, il est amené aux urgences afin d’être sédaté et pour initier un traitement.

    Le monde a changé. On ne met pas quelqu’un dans une cellule pour le calmer”

    “Il n’y a plus aucune autre structure que les urgences somatiques qui sont équipées pour prendre en charge l’agitation et la violence”, souligne Adam-Scott Feiner, médecin cadre au service des urgences du CHUV. Malgré ses 20 ans de métier, les cas graves sont toujours douloureux à vivre pour lui.

    “Je n’ai pas fait des études de médecine pour attacher et injecter les gens”, se désole-t-il. “C’est quelque chose qui est extrêmement violent. Il faut prendre sur soi”.

    Changement de mentalité
    Si les situations de violence sont en augmentation, c’est aussi parce que les autorités ont davantage tendance à amener les personnes agitées aux urgences, ce qui traduit un changement de mentalité, selon Adam-Scott Feiner. “Le monde a changé. On ne met pas quelqu’un dans une cellule pour le calmer”, dit-il.

    “Les policiers sont beaucoup plus sensibles au concept de souffrance des individus”, poursuit le docteur. “Si un patient commence à se faire du mal ou s’il est menaçant, ils vont peut-être se dire qu’il est en souffrance et qu’il a besoin de soin. Et ça, c’est plutôt une bonne chose”.

    Sujet TV: Michael Borgognon

    Adaptation web: Emilie Délétroz

  307. Dani, Michi, Renato & Max de Richard Dindo
    https://vimeo.com/ondemand/danimichirenatomax
    En 1980, après la fermeture de la Maison de la Culture, lieu de rendez-vous de la jeunesse, dont la municipalité redoute la politisation, Zurich devient le théâtre d’affrontements violents entre la police et des bandes de jeunes. Parmi eux, Dani, Michi, Renato et Max sont victimes des bavures policières.

  308. Cocaïne, cannabis, MDMA : les consommateurs de drogue racontent leur addiction

    16 janv. 2025
    Que ce soit de la cocaïne, du cannabis ou de la MDMA, pourquoi les Français consomment de la drogue ?

    Six millions de Français déclarent avoir consommé une de ces trois substances au moins une fois au cours de l’année. C’est quasiment une personne sur dix. Pour comprendre les motivations de ces usagers, Le Monde est allé à la rencontre de cinq d’entre eux pour qu’ils racontent leurs vies avec la drogue.

    Ils sont cadres, travailleurs indépendants, éducateurs, sans emploi ou en apprentissage… tous affirment consommer ces produits illicites à des fins « récréatives ». Et cela malgré les risques pour leur santé et les poursuites judiciaires encourues. En qualité de consommateurs et de citoyens lambda, ils détaillent également comment ils s’accommodent du trafic de drogue criminel qu’ils alimentent en le finançant. Ce trafic, qui ne cesse de croître en France, est aussi meurtrier : 315 tentatives d’homicides et homicides ont été recensées en 2023, indique le ministère de l’intérieur.

    https://www.youtube.com/watch?v=j039TfPSZnQ

  309. Trump Écrase La Colombie En 1 Heure !

    27 janv. 2025
    Un clash sans précédent éclate entre les États-Unis et la Colombie après le refus de deux avions de rapatriement. Gustavo Petro, président socialiste colombien, défie ouvertement Trump, mais ce dernier réagit avec une puissance inédite : sanctions financières, interdictions de visas, et droits de douane explosifs. Découvrez comment Trump a obtenu en 1 heure ce que la France n’a jamais réussi à imposer en 20 ans.

    https://www.youtube.com/watch?v=ca6d6r6fRVI

  310. https://www.rhonefm.ch/suisse/vevey-veut-installer-40-cameras-dans-le-secteur-de-la-gare-864382
    Vevey veut installer 40 caméras dans le secteur de la gare
    Outre réduire la présence des dealers, ce dispositif doit permettre “de renforcer le sentiment de sécurité, d’intervenir sur les comportements déviants et d’améliorer l’image de la ville et la qualité de vie sur l’espace public”, indique lundi la Municipalité veveysanne.

    Dans son communiqué, elle s’engage à “une communication proactive et transparente” en informant régulièrement la population, le voisinage et les commerces de la zone concernée. L’exploitation des données collectées sera confiée à l’Association Sécurité Riviera (ASR).

    La Municipalité explique que ce projet de vidéosurveillance a été élaboré “dans le respect du principe de proportionnalité et des exigences légales”. Il s’appuie par ailleurs sur une étude menée par un expert en sécurité.

    Le coût de l’installation et des aménagements nécessaires se monte à 800’000 francs. Si le Conseil communal donne son feu vert, les caméras doivent être montées au cours du deuxième semestre 2025 “dans le secteur de la gare et des environs.”

    Autres mesures

    La Municipalité insiste sur le fait que la vidéosurveillance “ne doit pas être une mesure isolée mais doit s’imbriquer selon la politique des quatre piliers en matière de lutte contre la drogue.” Elle souligne ainsi que ce projet s’inscrit “dans une stratégie globale incluant travail social, observatoire social de l’espace public et aménagements pour améliorer la qualité de vie.”

    Depuis juin 2024, un projet pilote de médiation urbaine a été lancé pour prévenir les tensions et améliorer le dialogue social. “Ce projet pilote ayant accompli sa mission, il est désormais prévu d’assurer sa durabilité en l’intégrant au sein du Travail social de proximité”, poursuit le communiqué.

    La Municipalité annonce aussi la création d’un observatoire social de l’espace public, visant à “monitorer les dynamiques urbaines, analyser les problématiques émergentes et coordonner les actions entre la population, les partenaires et les autorités.” En complément, le personnel communal en contact avec le public bénéficiera de formations spécifiques pour mieux gérer les éventuelles tensions et assurer sa propre sécurité.

  311. 1984 : L’îlot Chalon, quartier de la drogue à Paris | Archive INA

    Sortie le 15 nov. 2022 #INA #Paris

    Journaux télévisés | Antenne 2 et FR3 | 1984-1986
    Dans les années 80, l’îlot Chalon situé dans le 12e arrondissement de Paris, à proximité de la gare de Lyon, défrayait la chronique à cause de ses trafics de drogue. Depuis plusieurs décennies, ce petit quartier concentrait aussi de nombreuses communautés issues de l’immigration. En 1984, plusieurs descentes de police d’envergures seront menées dans le quartier, provoquant la colère de ses habitants, avant d’être entièrement démantelé. Il faudra attendre 1986 pour que le quartier soit rénové et change de nom.

    https://www.youtube.com/watch?v=OTYurfV-9QU

  312. Pourquoi “demain, j’arrête” ne marche pas ? #addiction
    https://www.youtube.com/watch?v=kRc45ySGUaE

     27 mai 2021
    #addiction
    “Demain, j’arrête”… C’est dur non ? Qui n’a pas déjà décidé d’arrêter une consommation, un comportement pour le reprendre un jour plus tard ? L’addiction est une pathologie complexe, et en sortir ne tient pas d’un manque de volonté.

  313. Comprendre les addictions avec la neurobiologie
    https://www.youtube.com/watch?v=1z0wfwxQsTQ

    9 nov. 2024
    Le fonctionnement des addictions décrypté par les dernières recherches en neurosciences avec Mélina Fatseas, Professeur de psychiatrie et d’addictologie à l’université de Bordeaux

    0:00 Présentation
    0:25 Pouvez-vous définir la neurobiologie ?
    0:58 Quelles structures cérébrales sont impliquées dans le processus d’addiction ?
    1:36 Quels sont les principaux neurotransmetteurs impliqués dans l’addiction ?
    2:32 Le plaisir initial évolue-t-il avec l’installation de l’addiction ?
    3:15 Quelles sont les avancées majeures de la neurobiologie dans les addictions ?
    4:25 Comment explore t-on le fonctionnement du système de récompense ?
    5:19 A quoi servent les études sur les animaux ?
    6:44 Est-ce que l’addiction est une maladie génétique ?
    7:29 Y a t-il un chef d’orchestre de l’addiction qu’un traitement chimique pourrait cibler ?

    Remerciements
    Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du Congrès international d’addictologie de l’Albatros @congresalbatros – 4-5-6 juin 2024. Merci au Pr Amine Benyamina, président de l’Albatros, et à l’ensemble des professionnels pour leurs contributions.

  314. La France est elle devenue un narco-état ? #enquêteetinvestigation #documentaire
    1 févr. 2025

    la France est confrontée à une montée inquiétante du trafic de stupéfiants, notamment dans certaines grandes villes comme Marseille, Lyon ou Paris. Ce phénomène se traduit par :

    Une économie souterraine florissante, avec des réseaux bien structurés générant des milliards d’euros.
    Une violence accrue, notamment à Marseille où les règlements de comptes liés au trafic de drogue sont fréquents.
    Une infiltration de certaines institutions, bien que limitée, avec des cas de corruption policière ou de blanchiment d’argent.

    https://www.youtube.com/watch?v=7mrhZ2-gKto

  315. Violences liées au narcotrafic : la France est-elle à un “point de bascule” ? | 28 minutes | ARTE
    4 nov. 2024 #France #Narcotrafic #Stupéfiants
    Rennes, Marseille, Poitiers, ou encore Valence : les affaires criminelles liées au narcotrafic n’épargnent plus aucune ville de France ces derniers mois. Un rapport sénatorial paru en mai dernier, piloté par Étienne Blanc et Jérôme Durain, faisait état d’une “France submergée par le narcotrafic”. L’État peut-il encore agir face au trafic de stupéfiants ?

    On en débattra avec Frédéric Ploquin, écrivain et journaliste spécialiste du grand banditisme, Clotilde Champeyrache, économiste et maîtresse de conférences au CNAM et Gilles Leclair, ancien patron de l’Office central de lutte contre les stupéfiants.

    https://www.youtube.com/watch?v=mwwWYflr9_c

  316. Trafic de Cocaine International
    21 oct. 2024 ESPAGNE
    De l’océan Atlantique à la mer Méditerranée, des Antilles au Sénégal, du Maroc à l’Espagne, nous avons suivi les spécialistes de la lutte contre le “Narco trafic”.

    Corruption, extrême pauvreté, narco-Etats, l’Afrique est une aubaine pour les trafiquants de drogue.

    Un film réalisé par Stéphane Rybojad
    https://www.youtube.com/watch?v=-OpjcwUOktY

  317. À 13 ANS, ELLE SOMBRE DANS LA DR0GUE ET SE PROSTITUE À CAUSE DU HARCÈLEMENT SCOLAIRE

    4 févr. 2025
    Merci à Lisa d’être venue témoigner sur Legend Story. Elle est venue raconter comment elle a sombré dans la dr0gue à l’âge de 13 ans suite au harcèlement scolaire qu’elle a subi. Elle détaille son traumatisme en tant que « mule » d’un dealer qui n’a pas hésité à la prostituer. À cette âge là, elle était encore mineure.

    https://www.youtube.com/watch?v=h191NOR093s

  318. Drogue, alcool, sexe, réseaux sociaux… comment sortir de l’addiction ?

    27 oct. 2021 #Renaud #sexe #Laurent
    Dans cette émission de PuMS, avec le Pr Laurent Karila, addictologue on vous explique vraiment ce que veut dire être addicte à quelque chose (alcool, tabac, sexe, jeux vidéos…). Le rocker Renaud Hantson nous libre un témoignage personnel plein d’émotion et Olivier Kramarz, patient expert nous fait part de son expérience et de celle des nombreuses personnes addictes qu’il rencontre dans le cadre de son activité associative. Avec Laurent Karila, expert du collège de PuMS et nos deux invités, nous vous livrons tous les conseils utiles pour vous ou vos proches pour mieux détecter et se soigner les addictions.
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    Comment sortir de l’addiction ? #Laurent Karila, #Renaud Hantson – Pour une meilleure santé – PuMS #addiction #jeu #sexe #cocaine

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    L’addiction : une maladie ?
    L’addiction est aujourd’hui reconnue comme étant une vraie maladie chronique caractérisée par un processus récurrent, avec un phénomène de consommation répétée puis d’installation progressive d’une dépendance physiologique. On peut le résumer en disant que c’est “une incapacité de s’abstenir de consommer une substance, même si on connaît très bien les conséquences physiques négatives qui s’ensuivront”.

    Les chiffres de l’addiction
    Nous sommes en France 13 millions pour le tabac, 5 millions à consommer quotidiennement de l’alcool 900 000 pour le cannabis et 350 000 personnes sont dépendantes aux autres drogues. Faites le compte, on obtient plus de 20 Millions de consommateurs réguliers !!! Soit presque un tiers de la population et ca ne compte pas les addicions aux écrans, au sport, aux sexe…

    Est-ce qu’on est tous addict à quelque chose ?

    Le moyen mnémotechnique de PuMS pour savoir si on est addict : les 5 C
    C comme… Contrôle (car il y a perte de contrôle)
    C comme Consommation (ou craving en anglais ce qui signifie : envie irrépressible de consommer)
    C comme compulsion (activité compulsive : un acte que les personnes se sent obligées d’accomplir.. )
    C comme Continu (l’usage continu)
    C comme Conséquences (usage continu malgré les conséquences négatives)

    https://www.youtube.com/watch?v=zFeLr9kaHME

  319. 1970 : QUAND NEW YORK ÉTAIT TERRIFIANTE (Comme dans Taxi Driver)
    27 avr. 2022
    Dans les années 70 et 80, New York était une ville sombre, sale, et très dangereuse, comme on le voit dans le film Taxi Driver. Mais c’est aussi là qu’est né le Hip-Hop et qu’ont été tournés certains des plus grands films de l’histoire. Dans cette vidéo, je vous emmène dans cette ville sinistre, pour découvrir cette période à la fois effrayante et fascinante, que cetains New-Yorkais nostalgiques regrettent.

    https://www.youtube.com/watch?v=YctUx2bBaVM

  320. https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7176142763522936832/

    Les agressions ignobles de ces derniers jours interrogent sur notre société et les “libertés” données aux enfants au nom d’une éducation bienveillante, positive, mais insensée.
    Jamais une société n’a pû maintenir ses valeurs et l’ordre social sans poser des limites,et sans sanctions.
    Comment imaginer que les individus élevés dans un monde ou ils ne sont JAMAIS mis face à des sanctions pour leurs actes, ou il ne faut pas les brusquer, ou des parents se montrent incapables de leur dire que leurs actes doivent prendre en compte l’Autre, qui a AUTANT D’IMPORTANCE qu’eux même, qu’ils ne sont pas le centre du Monde .
    Et tout cela est accentué par l’usage inconsidéré des Smartphones,et de la survalorisatiin de l’image de soi.
    Le Selfie est le miroir narcissique de notre civilisation.
    Il reflète une image idéalisés du Moi et contribue a effacer tout ce qui se trouve autour, a éliminer les autres.

    De là à passer à une élimination PHYSIQUE de ce qui dérange et a montrer comment cette élimination a eu lieu pour dire “Je” suis le Monde et tout ce qui me dérange ne mérite pas d’être.
    Pourquoi laisser cet outil de mise à l’écart de l’altérité, pourquoi ne pas interdire les portables aux enfants ?

    Instaurer un “permis d’accéder” comme un permis de conduire, basé:
    1-sur l’age. Pas d’accès avant 15 ans
    2- sur la connaissance des règles. Ne pas utiliser Internet pour discriminer, propager des rumeurs,ou diffuser de fausses informations. Signature d’une charte en ce sens.
    3-sur la connaissance minimale du Droit.Droit d’auteur, droit à l’image, droits de la personne, droits civiques…
    4-sur le respect de la vie privée
    5-sur la connaissance des libertés individuelles,trop souvent confondues avec un droit à faire tout et n’importe quoi
    6-l’obligation de se connecter avec un numéro spécifique reçu lors du passage de cet examen et sans lequel il serait impossible d’avoir accès aux contenus du Net

    De cette façon,le nombre de personnes serait limité, encadré, vérifiable.
    Les personnes ayant accès connaîtraient les limites à ne pas franchir et les risques encourus en cas
    de non respect de celle ci.

    Bref une manière cohérente, basée sur des critères objectifs, légaux et des normes suffisamment reconnues et acceptées pour ne plus avoir à subir un envahissement permanent de la toile
    associé à un arsenal juridique capable d’endiguer cette boite de Pandore.

  321. Mon avis de psychiatre sur la légalisation des drogues

    28 sept. 2024
    En 2022, la Nouvelle-Zélande prend la décision d’interdire le tabac pour toutes les personnes nées après 2008. Bonne ou mauvaise idée ? Mais pourquoi certaines drogues sont légales et pas d’autres ? D’ici la fin de la vidéo est-ce que votre opinion aura changé ?

    Je vous donne mon opinion de médecin psychiatre spécialisé dans les addictions sur la légalisation des drogues et vous verrez à la fin de la vidéo ma réponse à la question : mais est-ce qu’il faudrait pas interdire le tabac en fait ?

    00:00 : Introduction
    01:36 : 50 nuances de légalisation
    04:14 : On légalise les drogues les moins dangereuses, non ?
    06:47 : Mais, heu, c’est possible d’interdire les drogues vraiment ?
    10:09 : Si on leur fait pas la guerre aux drogues, on leur fait quoi alors ?
    12:43 : Les drogues douces et dures, pourquoi déjà ?
    15:56 : Les bonnes et les mauvaises drogues, c’est-tu pas aussi une question de morale ?
    17:21 : Et la liberté des gens de faire ce qu’ils veulent dans tout ça ?
    20:06 : Conclusion, on interdit le tabac ou pas au final ?

    https://www.youtube.com/watch?v=P2bQqbE5Fac

  322. Le Haut Valais ?

    https://www.rts.ch/info/regions/valais/2024/article/la-mafia-en-suisse-comment-elle-s-implante-sans-inquieter-la-justice-28729066.html
    Frank Garbely: En Suisse, la mafia peut s’installer “sans avoir de problèmes avec la justice”
    Le journaliste d’investigation Frank Garbely est revenu dans La Matinale sur les mécanismes légaux qui permettent à des mafias telles que la ‘Ndrangheta de s’implanter en Suisse, notamment en Valais. Une problématique qui n’est pas assez prise au sérieux, selon lui.

    Dans son nouveau livre “Der Mafiaboss von Brig” (“Le parrain de la mafia de Brig”), le journaliste d’investigation Frank Garbely déroule une enquête sur l’expansion de la mafia en Suisse et en particulier dans le Haut-Valais, avec le constat que “la mafia est tout à fait autre chose que ce que l’on s’imagine”.

    “Si l’on regarde de près, elle est partout. […] Et ce qui est vraiment inquiétant, c’est que la police et la justice suisses travaillent de telle sorte qu’en tant que mafia, vous pouvez vous installer tranquillement sans avoir de problèmes avec la justice”, affirme-t-il lundi dans La Matinale de la RTS.

    >> Lire aussi à ce sujet : Nicoletta della Valle: “La criminalité organisée se sent très bien en Suisse, car c’est un pays riche et paisible”

    Infiltration de l’économie légale
    La mafia calabraise ‘Ndrangheta s’est développée jusqu’au nord de l’Italie, avant de s’implanter en Valais. Mais l’image que l’on se fait de ce type d’organisations relève de “clichés”, note Frank Garbely. Les mafieux sont “aujourd’hui des hommes d’affaires” actifs dans le blanchissement d’argent et les investissements, relève-t-il.

    “Les affaires légales de la mafia sont presque plus importantes que les affaires illégales. [Ces hommes d’affaires] implantent des sociétés un peu partout et, une fois bien installés, deviennent amis des politiques et des avocats”, jusqu’à jouir d’une structure à travers laquelle l’organisation peut être active, souligne le journaliste.

    Dans le cas du Valais, les activités mafieuses se traduisent surtout par l’infiltration de l’économie légale, selon l’enquêteur. “Dans la construction ou l’entretien des autoroutes, par exemple, vous pouvez faire des propositions avantageuses et, si vous êtes assez forts, faire en sorte que les autres qui soumettent [une offre] se retirent. Et à un moment donné, vous avez le monopole”, illustre-t-il.

    Manque de considération
    D’après Frank Garbely, dans le Haut-Valais, la ‘Ndrangheta est surtout implantée dans les bureaux d’avocats, bien qu’il soit difficile de connaître l’étendue de son réseau, tant le système est opaque. “Un banquier doit dénoncer s’il a des doutes sur l’origine de capitaux. Or, un avocat n’est pas obligé de le faire”, explique-t-il.

    L’enquêteur regrette un manque d’intérêt pour ces problématiques, qui concernent aussi d’autres régions en Suisse. “Je ne sais pas si l’on est inconscients ou si c’est parce que cela rapporte”, mais “on ne fait pas grand-chose [à ce niveau], on couvre le système financier”, conclut-il.

    Propos recueillis par Pietro Bugnon

  323. https://grea.ch/actualites/les-cantons-de-suisse-orientale-se-preparent-a-larrivee-du-fentanyl/
    Les cantons de Suisse orientale se préparent à l’arrivée du fentanyl – GREA – Groupement Romand d’Étude des Addictions
    La Suisse se prépare à une éventuelle propagation du fentanyl, un puissant opioïde synthétique. Le canton de Bâle-Ville renforce sa surveillance des drogues, devenant ainsi, après Zurich, le deuxième canton à prendre des mesures concrètes. En Europe, le fentanyl est déjà présent sur le marché noir au Royaume-Uni et dans le nord de l’Allemagne.

    Le fentanyl joue un rôle important dans l’épidémie de surdoses qui sévit depuis tantôt dix ans aux États-Unis, phénomène qui n’a pour l’instant pas atteint l’Europe.

    En Suisse, l’usage médical du fentanyl, qui est classé comme stupéfiant, est strictement contrôlé. Il est utilisé sur prescription comme analgésique puissant, principalement pour la gestion de douleurs aiguës ou chroniques ainsi que dans les soins palliatifs.

    Les cantons de Suisse orientale se mobilisent afin d’anticiper une possible arrivée du fentanyl sur le marché noir, qui ne serait a priori pas issu d’un détournement de médicaments, suivant ainsi l’exemple de Zurich et Bâle-Ville qui effectuent déjà des tests ciblés pour détecter des traces de fentanyl dans les substances vendues illégalement. La présence d’autres opioïdes de synthèse extrêmement puissants, les nitazènes, fait également l’objet d’une surveillance.

    Il s’agit avant tout d’instaurer un échange élargi et interdisciplinaire en Suisse orientale entre les autorités des différents cantons et les expert·e·s, ainsi qu’avec l’OFSP. La détection précoce, la sensibilisation des professionnel·le·s, des consommateurs et consommatrices, ainsi que la réduction des risques sont les lignes directrices adoptées par les villes de Zurich et Bâle qui jouent ainsi un rôle de pionniers.

    Les mesures suivantes sont actuellement étudiées ou existent déjà dans certains cantons :

    Le développement de nouvelles méthodes de test adaptées au fentanyl, notamment afin de détecter des concentrations extrêmement faibles de la substance.
    Le renforcement de la surveillance des drogues visant à identifier quelles substances sont vendues et consommées dans la rue, et l’adaptation des services de drug checking.
    L’obligation de signaler les cas potentiels de fentanyl rencontrés au sein des hôpitaux, des salles de consommation ou par la police.
    Aujourd’hui en Suisse, la situation n’est cependant pas alarmante et les autorités se veulent rassurantes. Selon Regine Steinauer, responsable du département des addictions du canton de Bâle-Ville, une situation comme celle des États-Unis n’est pas prévue en Suisse, mais il faut se tenir prêt.

  324. https://www.blick.ch/fr/suisse/romande/le-syndicat-policier-proteste-la-ville-de-lausanne-doit-envisager-de-desarmer-sa-police-municipale-id20499889.html
    Sur demande de la gauche, Lausanne devra envisager de désarmer sa police
    Le Conseil communal lausannois a décidé mardi d’accepter le postulat «pour une police de proximité sans arme à feu». La Ville devra étudier la possibilité que ses agents sortent parfois sans arme. Côté syndicat de police, on «peine à comprendre» cette politique.

    Publié: 16.01.2025 à 17:46 heures

    |

    Dernière mise à jour: 31.01.2025 à 13:12 heures

    Les policiers municipaux de Lausanne ne sortent jamais sans leur arme. Le Conseil communal aimerait que la Ville étudie la possibilité que certaines apparitions publiques et interventions se fassent sans arme de service à la ceinture.

    Les policiers municipaux de Lausanne ne sortent jamais sans leur arme. Le Conseil communal aimerait que la Ville étudie la possibilité que certaines apparitions publiques et interventions se fassent sans arme de service à la ceinture.

    Photo: Keystone

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    Léo MichoudJournaliste Blick

    Lausanne passe l’arme à gauche. Pas au sens mortel de l’expression. C’est plutôt que le Conseil communal demande à la Municipalité d’étudier l’idée d’une police désarmée, au moins lors de certaines interventions, comme l’écrit «24 heures» ce mercredi 15 janvier.

    La majorité – de gauche – de l’organe législatif a accepté, lors de sa séance de ce mardi, le postulat déposé par le député des Vert-e-s Ilias Panchard: «Projet pilote pour une police de proximité sans arme à feu». Celui-ci demande à la Ville de rendre un rapport sur la possibilité qu’au moins une partie des agents de police se rendent sur le terrain sans arme à feu. Une mesure de désescalade essentielle, selon les élus de gauche interrogés par le quotidien vaudois, par exemple dans des cas de conflits de voisinage ou de manifestations politiques.

    La Municipalité et son chef de la Sécurité Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) se sont opposés au texte. Leur argument? Toute intervention peut comporter son lot de surprise et nécessiter l’usage d’une arme. «Vous ne pouvez pas savoir si les violences domestiques pour lesquelles vous êtes appelées ne vont pas déboucher sur une situation de crise, avec des personnes qui s’arment de manière improvisée, ou qui sont en possession d’armes», illustre le municipal libéral-radical chez nos confrères.

    Le syndicat policier peine à comprendre
    La proposition, pour l’instant hypothétique, divise. La droite (UDC, PLR) et les Vert’libéraux s’y sont opposés, tandis que les voix des Verte-e-s du Parti socialiste et d’Ensemble à Gauche ont réussi à envoyer ce postulat à l’étude. Mais qu’en est-il côté policier?

    «

    N’importe quel policier, peu importe sa mission, peut être amené à être une force d’intervention lors d’un cas de force majeure

    Cyril Portmann, président de l’association des fonctionnaires de police de Lausanne

    »

    «On a de la peine à comprendre cette position. Prendre le risque d’affaiblir la sécurité aujourd’hui n’est pas souhaitable», explique à Blick l’agent Cyril Portmann, à la tête du syndicat de police de la capitale vaudoise. Le président de l’Association des fonctionnaires de police de Lausanne (AFPL) assure que «n’importe quel policier, peu importe sa mission et même si elle est locale, peut être amené à être une force d’intervention lors d’un cas de force majeure».

    Désarmés face au «risque terroriste»
    Pour lui, sortir sans arme, c’est diminuer la possibilité d’intervenir rapidement. Il pense tout particulièrement au «risque terroriste» lors d’événements publics festifs. «Ce risque, on n’a pas la possibilité de le prédire clairement, même lors d’une manifestation pour le climat», estime Cyril Portmann. Pour lui, qu’il s’agisse de manifestations politiques, des troubles à la tranquillité publique ou des conflits de voisinage, «on ne peut pas prévoir comment va se passer l’intervention».

    «

    Pour autant, je ne me verrais pas sortir sans arme à feu à l’heure actuelle. Je ne prendrais pas ce risque

    Cyril Portmann, président de l’association des fonctionnaires de police de Lausanne

    »

    Jusqu’à utiliser son arme de service dans des cas aussi banals? «On est tous unanimes sur le fait qu’on n’a pas envie de s’en servir. Pour autant, je ne me verrais pas sortir sans arme à feu à l’heure actuelle. Je ne prendrais pas ce risque.» Pour le syndicaliste policier, les arguments de la gauche n’ont pas lieu d’être: «Pas un policier ne m’a jamais dit qu’avoir l’arme à la ceinture ne lui avait pas permis de faire de la désescalade».

  325. https://www.letemps.ch/monde/londres-frappee-une-explosion-criminalite
    Londres est frappée par une explosion de la criminalité – Le Temps
    Publié le 21 février 2002 à 02:35. / Modifié le 10 juin 2023 à 19:40.

    «Carjacking.» C’est le dernier mot à la mode à Londres, qui fiche la frousse aux 8 millions d’habitants de la mégapole britannique. Ce type de vol de voiture avec violence physique se répand comme une traînée de crack dans les quartiers résidentiels de la capitale, gagnant les zones aisées. Autre aspect de cette radicalisation des actes criminels, les délinquants sont de plus en plus jeunes. Deux filles de 13 ans ont été arrêtées ce mois pour vol avec violence. La drogue est à l’origine de cette recrudescence, explique la police.

    Profitant de la concentration des forces policières dans les zones touristiques et sensibles de la capitale depuis le 11 septembre, les gangsters ont multiplié les vols à la tire, effractions et meurtres. Les chiffres publiés mercredi par la police métropolitaine de Londres témoignent d’une effrayante inflation: +49% en un an, avec une forte hausse de la violence. Très sensible au sujet, la presse populaire s’est lancée dans une campagne dénonçant le laxisme du gouvernement et des polices locales.

    Si le Royaume-Uni n’est pas la banlieue du Liberia que certains journaux décrivent, les faits demeurent préoccupants: cette semaine, un juge a déclaré que plusieurs quartiers périphériques de Londres étaient devenus des «zones interdites» pour les forces de l’ordre. Et le quotidien de gauche The Guardian a publié hier un reportage dans une rue résidentielle de Clapham (sud), choisie au hasard. Sur 25 adresses visitées par la journaliste, seules deux avaient connu douze mois sans attaque criminelle. Le quartier de Clapham est situé dans le district de Lambeth (travailliste), qui détient le triste record des vols: 4691 l’an dernier, dont seuls 265 (5,6%) ont été élucidés.

    Tandis que se poursuit le procès des quatre adolescents qui ont assassiné un jeune Nigérian au pied d’une HLM de Peckham (sud-est), c’est le meurtre en plein jour d’un agent immobilier de Battersea (district de Wandsworth, conservateur) par deux voleurs de voiture qui a déchaîné la critique contre l’action policière. «La sophistication de plus en plus grande des systèmes antivol des voitures conduit les criminels à recourir à des méthodes de plus en plus violentes, pour voler des voitures en bon état et, si j’ose dire, clés en mains», note un inspecteur.

    Mesures d’exception

    Les conservateurs accusent depuis longtemps le gouvernement travailliste de négliger la sécurité des rues en taillant dans les forces policières. C’est désormais Ken Livingstone, le maire du Grand Londres, dissident travailliste, qui est la cible des critiques du ministre de l’Intérieur, David Blunkett. Celui-ci vient de proposer une réforme radicale de la police et menace les villes qui se montreront incapables de vaincre la délinquance d’assurer directement l’ordre en imposant des mesures d’exception. La semaine dernière, la police métropolitaine de Londres a donc conduit une action «tolérance zéro», multipliant par deux le nombre d’agents mobilisés – et réduisant de 12% la criminalité. Histoire de se donner un peu d’air.

  326. «Les délinquants savent qu’ils n’ont presque rien à craindre»
    c’est bien cela le problème, il n’y a pas de sanction, ou sanction dissuasive, donc c’est open bar

    https://www.blick.ch/fr/suisse/des-commandants-de-police-sexpriment-les-delinquants-savent-quils-nont-presque-rien-a-craindre-id19574495.html
    «Les délinquants savent qu’ils n’ont presque rien à craindre»
    Dans les statistiques de la criminalité pour l’année 2023 publiées lundi, un chiffre précis attire l’attention: + 71,4% de vols de valeur dans un véhicule. Au total, cela représente 18’192 délits.

    Dans les statistiques de la criminalité pour l’année 2023 publiées lundi, un chiffre précis attire l’attention: + 71,4% de vols de valeur dans un véhicule. Au total, cela représente 18’192 délits.

    Photo: Getty Images

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    Nicolas Lurati

    Les criminels qui volent des objets dans les voitures sont sous le feu de la rampe. En effet, les statistiques criminelles publiées lundi pour l’année 2023 sont frappantes: les vols de véhicules ont augmenté de 71,4%. Le chiffre absolu: 18’192 délits. Interrogé par Blick, Mark Burkhard, président de la Conférence des commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS), précise: «Ce sont en premier lieu des adolescents et des jeunes adultes originaires des pays du Maghreb qui se cachent derrière les vols à l’intérieur ou à l’extérieur des véhicules.» C’est-à-dire l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

    Dans le canton de Berne, ce chiffre a même doublé. Et ici aussi: les malfrats sont en grande partie originaires des pays du Maghreb, comme l’indique la police cantonale bernoise dans un communiqué. La part des Maghrébins est particulièrement élevée dans les délits visant le patrimoine – une évolution à l’échelle de la Suisse.

    Policiers régulièrement agressés
    Le problème: «Les délinquants savent qu’ils n’ont presque rien à craindre.» C’est ce qu’affirme Christian Brenzikofer, commandant de la police cantonale bernoise. En conséquence, ils n’hésiteraient pas à menacer et à attaquer les policiers. Mark Burkhard, commandant de la police de Bâle-Campagne, déclare à ce sujet: «Comme il s’agit de délits mineurs, nous arrêtons certes un grand nombre de personnes. Celles-ci sont ensuite entendues par la police, mais elles sont remises en liberté après quelques heures.» Une situation qui ne le satisfait guère: «Les délits ne suffisent pas pour que les personnes soient placées en détention. Les délinquants sont conscients de cet état de fait.»

    Les délinquants originaires du Maghreb poseraient également des problèmes dans le canton de Zurich. Lors d’une conférence de presse lundi matin, le conseiller d’Etat zurichois en charge de la sécurité Mario Fehr a abordé un chapitre intitulé «Criminalité due à la population d’asile et aux touristes criminels». Selon lui, la criminalité a nettement augmenté – une hausse de 21,6% par rapport à l’année précédente. Mario Fehr parle du «top cinq des nationalités». En tête de liste, les délinquants originaires d’Algérie. L’explication: «Il s’agit presque exclusivement de demandeurs d’asile déboutés.» Le taux de criminalité chez eux est horriblement élevé: 91%.

    L’Algérie est suivie par la Roumanie. Pour le conseiller d’Etat, les délinquants roumains «sont avant tout des touristes criminels». Mario Fehr parle à leur propos de «vols avec effraction en série».

    Des Roms avec de faux passeports ukrainiens?
    Les Marocains occupent la troisième place de ce classement statistique des délinquants par nationalité. Pour ce qui est de la quatrième, Mario Fehr semble surpris: «les Ukrainiens nous suprennent et constituent un phénomène nouveau». Ils commettraient par exemple des vols à l’étalage. «Mais aussi des blessures corporelles et de la violence dans l’environnement domestique», souligne le conseiller d’Etat. Selon lui, la migration en provenance d’Ukraine a changé. «Durant les deux premières années de la guerre, ce sont surtout des femmes et des enfants qui sont arrivés – et très peu d’hommes. Entre-temps, nous avons une part croissante de Roms dans la population ukrainienne.» Le Secrétariat d’État aux migrations s’est penché davantage sur ces données. «Notamment pour savoir s’il s’agit vraiment d’Ukrainiens – ou s’il s’agit simplement de faux passeports.» Les délinquants d’Afghanistan arrivent quant à eux en cinquième position.

    Le canton d’Argovie s’est également exprimé lundi. Dans un communiqué de presse, les autorités font aussi état d’une quantité importante de vols dans les voitures. Les chiffres ont même explosé: une augmentation de 126%. Mark Burkhard, président de la CCPCS, explique à propos de ce phénomène qui touche toute la Suisse: «Pour une grande partie des délits, il ne s’agit pas d’effractions de véhicules, mais de vols dans des véhicules.» En d’autres termes: «Les véhicules n’étaient pas fermés à clé. C’est aussi une question de responsabilité personnelle du propriétaire du véhicule.»

    Selon lui, il existe des conseils simples pour minimiser les risques. «Ne laissez pas d’objets de valeur visibles dans le véhicule, ne laissez pas non plus de papiers d’identité, de cartes bancaires ou de crédit, ni les clés de la maison dans le véhicule. De plus, vous devriez toujours fermer votre véhicule à clé, même dans un garage.»

    Le commandant de la police exige un échange de données
    Alors que certains malfaiteurs se contentent du contenu de la voiture, d’autres veulent carrément voler des véhicules entiers – souvent des vélos. Dans cette catégorie, il y a eu une augmentation de 17,5%. Les cambriolages et les vols par effraction ont également vu leur proportion augmenter de 15,9%. Mark Burkhard explique à ce sujet: «Pour les vols par intrusion, ce sont d’autres groupes d’auteurs qui sont concernés. Il s’agit en général de groupes originaires d’Europe de l’Est.» Explication: si un voleur force une porte ou casse une vitre et qu’il vole quelque chose, il commet un cambriolage. S’il vole quelque chose sans utiliser la force – par exemple si une porte ou une fenêtre est ouverte – on parle de vol par intrusion.

    En principe, Mark Burkhard demande un échange national de données entre les différents corps de police de Suisse pour lutter contre les vols, notamment dans les véhicules. «Le vol à l’intérieur ou à l’extérieur d’un véhicule est un délit mineur. Le coupable reçoit tout au plus une ordonnance pénale, si tant est qu’il en reçoive une», explique le plus haut commandant de police de Suisse. «Mais si le prévenu a commis d’autres délits dans d’autres cantons et que nous pouvons identifier et mettre en évidence les liens, nous sommes dans un tout autre segment, y compris en termes de peine. Dans ce cas, la probabilité que cette personne puisse être placée en détention provisoire est nettement plus élevée.

  327. Après Trump, plus rien ne sera pareil
    17 févr. 2025

    Pour certains, c’est la dernière convulsion d’un empire en déclin.
    Pour d’autres, c’est le début de l’âge d’or de l’amérique.
    Une chose est certaine, les choses ne seront plus jamais les mêmes.

    Dans cet épisode, Benjamin Tremblay et l’équipe de 7 jours sur Terre posent un regard nuancé sur les quatre grandes révolutions orchestrées par Donald Trump afin de mieux en comprendre les fondements politiques et philosophiques.

    Elon Musk et le DOGE vont-ils sauver les démocraties libérales ou les détruire? Comment positionner la doctrine Trump en géopolitique?

    Les révolutions Trump pourraient-elles se propager?

    https://www.youtube.com/watch?v=ija9Ldb_7i4

  328. https://www.slate.fr/sante/alcool-enfant-adolescent-dependance-exces-addiction-biere-vin-consommation
    Non, donner une gorgée d’alcool «juste pour goûter» à votre enfant n’est pas une bonne idée
    Chez les jeunes français de 17 ans, 85,7% ont déjà goûté à un verre alcoolisé et 30% des consommations d’alcool ont lieu en présence des parents, ce qui n’est pas forcément une bonne chose. «On a longtemps pensé que si on apprenait à ses enfants à boire, ils n’auraient pas de problèmes avec l’alcool. Les recherches menées au cours des dernières décennies ont vraiment montré que ce n’était pas vrai», assure Lindsay Squeglia, chercheuse à la Medical University of South Carolina, à Charleston (États-Unis), interrogée par National Geographic. L’influence des parents sur la relation de leurs adolescents avec l’alcool est majeure et limiter au mieux l’accès des plus jeunes aux boissons alcoolisées a des conséquences bénéfiques sur le long terme en matière de santé publique.

    De fait, les adolescents autorisés à boire par leurs parents finissent par boire plus souvent et plus abondamment que leurs pairs à qui on a interdit toute absorption. Cela concerne aussi bien les consommations à la maison, surveillées par les parents –la fameuse «petite gorgée pour goûter qui ne fera pas de mal»–, que celles à l’extérieur, sans la présence d’adultes.

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    «C’est lié à l’établissement de normes», explique Rutger Engels, chercheur à l’université Érasme de Rotterdam (Pays-Bas). De la même façon que l’on ne conduit pas un véhicule sans avoir un permis, dire aux adolescents d’attendre un certain âge avant de boire de l’alcool permet d’associer la pratique à des règles et des limites. Naturellement, le comportement des parents eux-mêmes constitue un point de repère. Ainsi, une consommation régulière ou excessive et manifeste de leur part ne peut que normaliser une attitude à l’avenant de leur progéniture.

    Retarder la consommation d’alcool
    S’il est sans doute illusoire de miser sur une abstinence totale en matière d’alcool chez les jeunes, retarder le plus possible cette consommation est important pour préserver le développement du cerveau, notamment du cortex frontal, qui se poursuit jusqu’à l’âge de 25 ans et assure la maîtrise des fonctions exécutives.

    Pour peu que l’alcool soit utilisé comme remède pour surmonter des difficultés à sociabiliser avec les autres, comme c’est souvent le cas à l’adolescence, il peut conduire à développer une dépendance précoce, qui orientera les comportements futurs en matière d’interactions sociales.

    «Pour chaque année où un enfant retarde sa consommation d’alcool, la probabilité qu’il ait des problèmes au cours de sa vie est réduite de 14%. Notre principal message, c’est donc: retardez, retardez, retardez», explique Lindsay Squeglia.

    Cela vaut en particulier pour les enfants qui ont des antécédents familiaux de dépendance à l’alcool. «Si un enfant commence de boire à 13 ans et qu’il a une prédisposition génétique, il est beaucoup plus susceptible d’avoir des problèmes plus tard», poursuit la chercheuse. Cependant, si ce même adolescent attend d’avoir entre 18 et 21 ans pour commencer à boire, son risque de développer une dépendance diminue à un point tel qu’il n’est pas différent de quelqu’un qui n’aurait pas d’antécédents d’alcoolisme.

  329. Une Fiche de Paie Qui Choque
    https://www.youtube.com/watch?v=9JMhlzY4X78

    19 févr. 2025
    Une fiche de paie qui choque : salaire net 4 000€, coût total pour l’employeur plus de 10 000€. Où passe la différence ? Dans un système qui ponctionne sans limite, sous couvert de “solidarité” et de “cotisations”. Le vrai coût du travail est bien caché, et on vous fait croire que c’est normal. Jusqu’à quand acceptera-t-on cette spoliation ?

  330. 105 000€ Pour Expliquer Aux Racailles Que Brûler Des Voitures Pollue !
    https://www.youtube.com/watch?v=xxBIawgkHCE

    16 févr. 2025
    À Strasbourg, la mairie dépense 105 000€ pour former des jeunes aux enjeux climatiques… en leur expliquant que brûler des voitures pollue? Pendant que les contribuables comme Nicolas paient toujours plus d’impôts, l’argent public finance des formations absurdes au lieu de régler les vrais problèmes. Jusqu’où ira ce gaspillage ?

  331. https://www.20min.ch/fr/story/vevey-vd-la-police-s-est-fait-remarquer-lors-d-actions-contre-les-dealers-103265943
    Vevey: des actions contre les dealers réjouissent la population
    Publié25. janvier 2025, 07:05

    Vevey (VD)La police s’est fait remarquer lors d’actions contre les dealers
    Cette semaine, les forces de l’ordre ont opéré une présence plus poussée qu’à la normale et arrêté deux personnes, dont une a été mise en détention.

    L’action ponctuelle réalisée mardi soir a eu un effet, mais seulement éphémère.

    L’action ponctuelle réalisée mardi soir a eu un effet, mais seulement éphémère.

    24heures/Chantal Dervey
    Un frêle dealer qui déboule sur un des quais de la gare CFF en courant, sourire aux lèvres et qui sème un policier casque de moto encore sur la tête, qui repart bredouille, sous les yeux des voyageurs qui attendaient leur train. Cette scène qui s’est produite jeudi à 20h30 à Vevey (VD) n’en est qu’une parmi de nombreuses qui ont pu animer le quartier de la gare, cette semaine. Plusieurs témoins font état d’une action policière bien plus musclée qu’à l’accoutumée ces derniers jours, avec des arrestations et une traque prolongée.

    Mercredi matin, l’élue du Conseil communal veveysan Sarah Dohr se réjouissait sur Facebook d’une place de la gare vierge de tout dealer, comme disparus. «Merci la police», concluait-elle dans son intervention filmée en vidéo. Bien sûr, ce n’était que temporaire et la présence des dealers est revenue presque à la normale par la suite. Car en réalité, l’action de ce mardi soir était plutôt routinière.

    Renforts cantonaux ponctuels
    «Une opération de lutte contre le trafic de stupéfiants a été menée par Police-Riviera dans le secteur de la gare de Vevey», confirme la police cantonale vaudoise, qui ajoute: «Deux personnes ont été interpellées. L’une d’elle, porteuse de plusieurs grammes de cocaïne, a fait l’objet d’un rapport de dénonciation. La seconde, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt, a été mise en détention».

    Quant à la scène sur le quai de gare le jeudi soir, il s’agissait du travail habituel de la police, qui souhaite maintenir une pression. «Police Riviera mène quotidiennement des actions répressives ainsi que régulièrement des opérations planifiées en collaboration avec la Police cantonale vaudoise», complète cette dernière. En fin d’année 2024, lors d’une séance des délégués de l’Association sécurité Riviera, dont dépend la police régionale, les forces de l’ordre tiraient un bilan provisoire de l’année: en moyenne, elle compte 50 personnes contrôlées par mois. Ensuite, c’est à la chaîne pénale de faire son boulot (lire ci-dessous).

    Le responsable, c’est les autres
    Les habitants témoignent souvent de leur sentiment que rien ne bouge. Une des explications réside sûrement dans le fait que le système est ainsi fait que les responsabilités des autorités sont éclatées en plusieurs niveaux. La commune? Vevey axe ses réponses sur la sensibilisation. Pour ce qui est de la répression, adressez-vous à Police Riviera. Police Riviera? Elle fait son boulot, pour l’aspect pénal, adressez-vous au Canton. Le Canton? On applique les lois fédérales, adressez-vous donc à Berne. À Berne? Le Conseil fédéral vient de recommander aux élus de dire non à des lois plus strictes. Il trouve qu’elles suffisent et… que c’est aux Cantons de les appliquer.

  332. https://www.20min.ch/fr/story/berne-des-lois-plus-strictes-contre-les-dealers-le-cf-s-y-oppose-103229081
    Berne rejette l’idée de lois plus strictes contre les dealers
    Publié1. décembre 2024, 22:17

    BerneDes lois plus strictes contre les dealers? Le CF s’y oppose
    Le Conseil fédéral considère que le cadre légal actuel en matière de deal est suffisant. Il a donc proposé, mercredi, de rejeter le postulat d’un élu vaudois qui voulait changer la donne.

    Le Vaudois Jacques Nicolet est inquiet face à l’ampleur que prend le deal de rue.

    Le Vaudois Jacques Nicolet est inquiet face à l’ampleur que prend le deal de rue.

    Lucien Fortunati/TDG
    Encadrer plus strictement le trafic de drogue: l’idée ne convainc pas le Conseil fédéral (CF). Ce dernier s’est prononcé mercredi en défaveur d’un postulat en la matière, déposé fin septembre par le conseiller national vaudois Jacques Nicolet. Dans son texte, l’élu UDC demandait au gouvernement d’établir un rapport «sur les problèmes légaux qui entravent la lutte contre le trafic de drogue» ainsi que de proposer des solutions correspondantes.

    Si l’agriculteur de profession souhaitait une réaction fédérale, c’est que, selon lui, «les dealers ne craignent pas les autorités, aucune mesure ne peut les atteindre de manière dissuasive». Il en voulait pour preuve les «affaires et scandales» qui se seraient multipliés cet été (voir encadré). Et il s’est essayé, dans son postulat, à proposer ses propres idées d’adaptations légales. Au menu, notamment: un renforcement des mesures préventives, une aggravation des peines contre les guetteurs et abatteurs, ou encore la détention des dealers contre lesquels une expulsion a été prononcée.

    La loi suffit, dit le CF
    Mais, pour le CF, de tels changements ne seraient pas utiles. «Les dispositions pénales pertinentes de la loi sur les stupéfiants en vigueur constituent déjà un instrument légal suffisant pour lutter contre le trafic de rue», a-t-il argumenté dans sa réponse, précisant au passage que la gestion des dealers relevait principalement de la compétence des Cantons. Les sept Sages ont en outre affirmé qu’«il n’est pas établi que des sanctions plus sévères aient à elles seules un effet dissuasif». Quant à l’idée d’enfermer les dealers en attente d’expulsion, le gouvernement est catégorique: une telle mesure serait contraire à la Constitution et au droit international.

    Le parlement aura le dernier mot.

    Un problème bien présent dans le canton de Vaud
    Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est un Vaudois qui a interpellé le Conseil fédéral sur la question du deal de rue. Plusieurs villes du canton sont concernées par ce problème. Dans la même veine que Jacques Nicolet, la Municipalité d’Yverdon-les-Bains réclamait d’ailleurs «un cadre législatif fédéral plus répressif à l’égard des dealers» il y a quelques semaines, après avoir été accusée de ne rien faire pour améliorer la situation. Plus récemment, fin septembre, les Villes d’Yverdon, de Lausanne et de Vevey ont fait savoir publiquement leur impuissance face à l’ampleur qu’a pris le deal de rue ces derniers temps, appelant le Canton à la rescousse.

  333. DÉPUTÉS vs DROOOGUE – PARADOXA

    19 févr. 2025 #assembléenationale #drogue #députés
    Les substances illicites ainsi t’excite ? Toi membre de l’Assemblée Nationale. Si le mal est symptomatique de l’être humaine en générale ne faudrait-il pas quand même l’écarter de ce qui se dit être notre “élite”?
    Finalement c’est surtout cet autre mal qui ce qui se greffe à ces addictions qui nous nuit le plus… Je tente d’expliquer tout ça dans ce Paradoxa !

    https://www.youtube.com/watch?v=xBMiHV_nVL8

  334. https://www.blick.ch/fr/suisse/romande/duel-wicki-ramchurn-avec-ses-municipales-yverdon-cristallise-la-polarisation-du-monde-id20612833.html
    Avec ses municipales, Yverdon cristallise la polarisation du monde
    La campagne bat son plein à Yverdon-les-Bains

    La campagne bat son plein à Yverdon-les-Bains

    Photo: KEYSTONE

    Chroniques Teaser (2).png
    Myret ZakiJournaliste spécialisée économie

    A Yverdon-les-Bains, une ville au budget 6 fois plus petit que celui de Lausanne, la tension atteint des sommets jamais vus en Suisse romande, à l’approche des élections municipales du 2 mars. Ce deuxième tour oppose l’ex-membre de l’Union démocratique du centre (UDC) Ruben Ramchurn au socialiste Julien Wicki.

    En arrière-plan, une colère palpable dans les rues et sur les réseaux sociaux. Le 20 février, on apprenait que le syndic socialiste, Pierre Dessemontet, était placé sous protection policière légère depuis l’automne, après avoir reçu des menaces jugées crédibles, tout comme le municipal PLR chargé de la sécurité, Christian Weiler, victime d’attaques en ligne. Comme dans un remake, à échelle très locale, des élections de Donald Trump aux Etats-Unis, un climat d’insultes et d’attaques aux dimensions inédites s’est installé, et les politiques vivent dans la peur.

    Le 9 février, au premier tour, l’outsider Ruben Ramchurn, qui promet de s’attaquer au deal de rue, et de redonner confiance aux investisseurs dans l’avenir de la ville, a remporté 30,93% des voix, talonnant le socialiste Julien Wicki (39,43%) qui s’engage pour les familles, pour les commerces, pour l’intégration et contre la précarité. La bataille, qui oppose deux visions du monde, promet d’être très serrée, pour le siège d’un défunt socialiste, dans une Municipalité à coloration très largement rose/verte.

    «Il attise cette virulence»
    «Je suis vraiment inquiet du degré de violence que l’on a atteint dans ces élections, confie Julien Wicki. Je n’aurais jamais imaginé être soumis à cela quand je me suis lancé dans la campagne pour cette élection complémentaire, témoigne-t-il. On sait que sur les réseaux sociaux, il peut y avoir des insultes. Mais là, ce sont des menaces à l’encontre de ma famille, des gens qui se mettent en scène avec des armes blanches, des montages de ma tête découpée qui finit dans une poubelle.»

    En cause, d’après Julien Wicki: la virulence des supporters de son adversaire, Ruben Ramchurn, qui a créé son propre parti après avoir été exclu de l’UDC locale. «Il attise cette virulence alors que sa responsabilité serait de l’atténuer. Derrière sa mouvance, il y a de la violence. Il y a des gens qui font peur, qui ont menacé le syndic Pierre Dessemontet, le municipal de la police Christian Weiler, et même la présidente de l’UDC Yverdon, Madame Pistoia-Grosset.»

    «Ils ont fâché les gens et ils s’étonnent»
    Ruben Ramchurn balaye ces complaintes. «Quand j’ai dénoncé le deal de rue la première fois en 2023, je suis moi-même devenu une cible. On a essayé de me calomnier, on a fait courir des rumeurs, lancé des plaintes pénales contre moi, c’était ma faute. C’est cette municipalité qui est responsable d’avoir fâché les gens en ne les écoutant pas, en les traitant d’extrême-droite, en essayant de les réduire au silence. Et ils s’étonnent qu’il y ait des gens fâchés contre eux. Comment se fait-il que quand on pointe le trafic de drogue comme je l’ai fait, on se retrouve en danger?»

    Aujourd’hui, il juge électoralistes les plaintes de ses adversaires. «Personne ne s’en prend physiquement à eux. Or à une semaine des élections, ils se posent en victimes. Je n’ai jamais vu quelqu’un s’inquiéter quand je me suis fait attaquer, lyncher, que j’ai vécu des altercations, en particulier dans ma lutte contre les trafiquants de drogue. On a plutôt essayé de me faire passer pour un trafiquant.»

    Initialement, les menaces contre les municipaux émanaient surtout d’une personne qui a sévi sur les réseaux sociaux, qualifiée de «proche de Ruben Ramchurn», et dont ce dernier s’est désolidarisé depuis. Mais c’est aujourd’hui d’une violence plus générale, non limitée à une personne ou deux, que parlent les acteurs politiques. «Là où ça dérape, témoigne une source, c’est qu’à Yverdon il y a toute une frange de la population, dont certaines personnes incontrôlables, qui soutiennent Ruben Ramchurn, bien qu’il s’en distancie.»

    Pas acceptable pour l’UDC Yverdon
    A l’UDC Yverdon, la présidente Sophie Pistoia-Grosset confirme avoir subi un climat de violence. Cela a commencé quand son parti a émis un communiqué qui ne donnait pas de consignes de vote pour le 2ème tour. «Je me suis retirée des groupes Facebook et ne commente plus, pour me protéger et éviter les polémiques, témoigne la présidente de l’UDC. Cette agressivité et cette violence sont inacceptables.» Pour l’Yverdonnoise, «ce n’est pas un comportement justifiable. Celles et ceux qui en usent n’ont en tout cas pas leur place au sein de l’UDC ni, je l’espère, dans aucun autre parti. Qu’en Suisse on doive en arriver là, sincèrement, c’est inimaginable. Ma belle-famille fait de la politique en Italie, ils n’ont pas ce genre de problèmes.»

    Pour un observateur, «il est clair que le rôle des réseaux sociaux devient ici plus problématique que dans aucune ville de Suisse. Des gens utilisent de faux comptes, des personnalités n’osent plus parler ni écrire pour ne pas se prendre cette vague de haine. A l’international, l’élection de Trump a libéré une parole extrémiste, mais cela fait quelques années déjà qu’à Yverdon qu’il y a pas mal de violences, d’affiches taguées.»

    Soutien des UDC romandes
    De leur côté, les femmes UDC romandes ont choisi le 20 février de soutenir Ruben Ramchurn. Ce dernier, qui a créé son propre parti, «Yverdon pour tous», le 11 février dernier, refuse l’étiquette d’extrême-droite. «Face au problème du deal de rue, que promet le socialiste Julien Wicki?», interroge-t-il. Il nie quant à lui l’accusation d’avoir adopté une position uniquement répressive dans ce domaine. «Je suis allé à la rencontre des toxicomanes, des gens sortis de dépendance, j’ai dénoncé l’excès de médicaments. Par contre je souhaite que l’on confie plus de tâches à des agents de sécurité privés, plus costauds, plus faciles à recruter, pour intervenir efficacement en cas d’arrestations.»

    Pacifier en intégrant les voix dissidentes
    Au final, conclut Ruben Ramchurn, «cela pacifierait le climat d’intégrer des voix comme la mienne dans la Municipalité. Mais au lieu de ça, on a essayé à tout prix de me faire rempart. La gauche compte déjà 4 élus [ndlr: sur 7 sièges en tout], et ils veulent absolument conserver ce 5ème siège. Ils devraient déjà commencer par respecter les gens qui ne pensent pas comme eux.»

    Les cartes politiques semblent être définitivement rebattues, dans cette ville où depuis 50 ans, le pouvoir alterne entre gauche et droite, avec la régularité d’une horloge. Les partis traditionnels sont mis au défi par les nouvelles attentes des Yverdonnois.

    «Il existe un réel mécontentement de la rue, confie un observateur. A droite, le PLR arrivait un temps à réunir même la droite dure, mais il n’y arrive plus. De l’autre côté, on a une gauche plus urbaine, moins ouvrière, parachutée de Lausanne. Les gens d’Yverdon s’y reconnaissent moins, et le PLR est affaibli. Il y a aujourd’hui beaucoup de mécontents au niveau de la mobilité et du deal.»

    Face à cela, notre interlocuteur estime qu’un candidat comme Ruben Ramchurn dispose d’une réelle chance car il «pourrait amener aux urnes tous les gens qui ne votaient plus, qui ne sont pas intéressés par les politiques.»

  335. 24.3716 – Protéger la population. Pas de procédure d’asile ni de droit de rester sur le territoire pour les criminels
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.3716 Motion
    Protéger la population. Pas de procédure d’asile ni de droit de rester sur le territoire pour les criminels

    Déposé par:
    Schmid Pascal
    Groupe de l’Union démocratique du Centre

    Union Démocratique du Centre

    Date de dépôt:
    14.06.2024

    Déposé au:
    Conseil national

    Etat des délibérations:
    L’avis relatif à l’intervention est disponible

    Tout masquer
    Texte déposé
    Le Conseil fédéral est chargé de veiller, par des mesures appropriées, à ce que les personnes en procédure d’asile, les personnes admises à titre provisoire et les réfugiés qui ont été condamnés pour un crime au sens du code pénal ou de la loi sur les stupéfiants soient systématiquement exclus de la procédure d’asile ou que les autorisations de séjour qui leur ont déjà été accordées (asile, admission provisoire, statut S, regroupement familial, etc.) leur soient retirées.

    Si les bases légales actuelles ne le permettent pas, le Conseil fédéral doit proposer à l’Assemblée fédérale une modification de la loi.

    Développement
    En Suisse aussi, des actes de violence et de brigandage, ainsi que des homicides, ont lieu au quotidien. Selon les statistiques de la criminalité pour 2023, 56 % des délinquants sont des étrangers, et environ la moitié d’entre eux (44 %) sont des requérants d’asile ou des « autres étrangers ». La catégorie « autres étrangers » comprend les requérants d’asile déboutés, les clandestins et les criminels itinérants.

    Ces chiffres montrent sans équivoque que les personnes issues du domaine de l’asile commettent bien plus souvent des crimes que la population suisse, mais aussi beaucoup plus que la population étrangère résidant de manière permanente en Suisse.

    Pourtant, en raison d’une pratique beaucoup trop laxiste de la part des autorités, la grande majorité des criminels relevant du domaine de l’asile échappent à l’”indignité” que la LAsi prévoit pour ce genre de cas et qui entraîne un refus de l’asile ou une révocation de l’asile déjà accordé. L’indignité, prévue précisément lorsqu’un étranger est sous le coup d’une expulsion ou lorsqu’il a porté atteinte à la sûreté intérieure de la Suisse ou la compromet, devrait selon toute logique s’appliquer en cas de crime (art. 53 et 63 LAsi).

    Le droit d’asile a pour but de protéger les personnes qui sont persécutées dans leur pays d’origine. Il n’a toutefois pas vocation à permettre à des personnes de rester dans un pays qui les accueille alors même qu’elles y commettent des crimes et qu’elles mettent en danger la population.

    Des mesures efficaces doivent être prises pour éviter cette dérive. Les étrangers qui arrivent en Suisse pour y prétendre à l’asile, mais qui y commettent des crimes doivent être exclus de la procédure et quitter le pays. Il en va de même pour les personnes au bénéfice d’une autorisation de séjour (asile, admission provisoire, statut S, regroupement familial, etc.) qui commettent des crimes : leurs permis doivent être révoqués.

    Avis du Conseil fédéral du 28.08.2024
    Tout comme l’auteur de la motion, le Conseil fédéral considère qu’il faut lutter résolument contre la criminalité, y compris lorsqu’elle est le fait de personnes en quête de protection, de personnes admises à titre provisoire ou de réfugiés. Les bases légales en vigueur permettent déjà de révoquer l’asile, le statut de protection ou l’admission provisoire accordés à une personne délinquante. Dans les faits, les autorités compétentes recourent d’ailleurs à cette possibilité. Celle-ci trouve sa limite dans l’interdiction de refoulement prévue par le droit des réfugiés et celle au regard des droits de l’homme, inscrite à la fois dans le droit international (art. 33, al. 1, de la Convention relative au statut des réfugiés [RS 0.142.30] et art. 3 de la Convention européenne des droits de l’homme [RS 0.101]) et dans l’art. 25, al. 2 et 3, de la Constitution fédérale (RS 101).

    Le respect de cette interdiction implique que la procédure d’asile soit accessible à tous les étrangers qui se trouvent sur le territoire suisse. Si, dans le cadre de cette procédure, une personne obtient le statut de réfugié, elle se voit aussi, en général, accorder l’asile. Conformément à l’art. 53 de la loi sur l’asile (LAsi ; RS 142.31), l’asile n’est pas accordé au réfugié qui en est indigne en raison d’actes répréhensibles, qui a porté atteinte à la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse ou qui la compromet ou encore qui est sous le coup d’une expulsion. Des restrictions similaires sont prévues lorsqu’il s’agit de la révocation ou de l’extinction de l’asile, de l’octroi ou de la levée de l’admission provisoire et de l’octroi, de la révocation ou de l’extinction de la protection provisoire, par exemple.

    Ce sont les tribunaux pénaux cantonaux et, dans les cas qui relèvent de la juridiction fédérale, le Tribunal pénal fédéral qui ont compétence pour ordonner une expulsion. Lorsqu’un jugement rendu en ce sens est entré en force, le Secrétariat d’État aux migrations constate seulement l’extinction de l’asile (art. 64, al. 1, let. e, LAsi) ou de l’admission provisoire (art. 83, al. 9, de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration [LEI] ; RS 142.20). Toute décision d’expulsion prise par l’Office fédéral de la police (fedpol) en vertu de l’art. 68 LEI et entrée en force entraîne également l’extinction de l’admission provisoire (art. 83, al. 9, LEI).

    Proposition du Conseil fédéral du 28.08.2024
    Rejet

  336. 24.3734 – Protéger la population. Limiter systématiquement la liberté de mouvement des requérants d’asile criminels
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.3734 Motion
    Protéger la population. Limiter systématiquement la liberté de mouvement des requérants d’asile criminels

    Déposé par:
    Date de dépôt:
    14.06.2024

    Déposé au:
    Conseil national

    Etat des délibérations:
    L’avis relatif à l’intervention est disponible

    Tout masquer
    Texte déposé
    Pour protéger la population, le Conseil fédéral est chargé de limiter de manière conséquente la liberté de mouvement des personnes en procédure d’asile, des requérants d’asile déboutés et des migrants sans droit de séjour jusqu’à ce qu’ils aient purgé leur peine et aient été expulsés, et ce dès qu’une procédure pénale est ouverte à leur encontre pour un délit ou un crime au sens du CP ou de la LStup. Pour ce faire, il recourra à l’assignation à des centres spécifiques, à la détention ou à la surveillance permanente à l’aide de moyens appropriés.

    Si les bases légales actuelles ne le permettent pas, le Conseil fédéral doit proposer à l’Assemblée fédérale une modification de la loi.

    Développement
    En Suisse aussi, les actes de violence et de brigandage, les lésions corporelles et les homicides sont devenu des fléaux quotidiens. 56 % des délinquants sont des étrangers, et environ la moitié d’entre eux (44 %) relèvent du domaine de l’asile ou entrent dans la catégorie “autres étrangers”. Cette dernière comprend les requérants d’asile déboutés, les clandestins et les criminels itinérants (statistique de la criminalité 2023). Les personnes relevant du domaine de l’asile sont dès lors beaucoup plus souvent impliquées dans des activités criminelles que les Suisses.

    Le droit d’asile est détourné de son but et utilisé à des fins abusives. Seuls 25 % des requérants sont des réfugiés. Une majorité d’entre eux ne cherchent pas à être protégé contre des persécutions, mais simplement à abuser du système.

    C’est pourquoi des mesures efficaces doivent être prises pour protéger la population du pays, y compris les étrangers qui résident ici et les véritables réfugiés, c’est-à-dire ceux à qui l’asile a été octroyé. L’intérêt de la population doit passer avant celui des criminels qui ne respectent pas les lois du pays qui les accueillent.

    En réponse aux interpellations 24.3293 et 24.3238, le Conseil fédéral a déclaré que les requérants qui menacent sensiblement la sécurité et l’ordre publics ou qui portent, par leur comportement, sensiblement atteinte au fonctionnement et à la sécurité des centres de la Confédération pourraient être hebergés dans des centres spécifiques. Le cas échéant, les requérants concernés sont tenus de ne pas quitter le territoire qui leur a été assigné ou de ne pas pénétrer dans une région déterminée (art. 24a LAsi et 74, al. 1bis, LEI).

    Limiter la liberté de mouvement de requérants en les hébergeant dans des centres spécifiques est donc non seulement proportionné, mais aussi nécessaire si l’on veut garantir la sécurité de la population.

    Avis du Conseil fédéral du 28.08.2024
    La liberté de mouvement, garantie par l’art. 10, al. 2, de la Constitution fédérale (Cst. ; RS 101), ne peut être restreinte que si cette mesure est nécessaire, dans un cas spécifique, pour servir un intérêt public (art. 36, al. 2 et 3, Cst.).

    Le maintien de la sécurité et de l’ordre publics de même que la poursuite pénale et l’exécution des peines relèvent de la compétence des cantons. Si une procédure pénale est en cours, il est possible de recourir aux moyens prévus par ce type de procédure, notamment la détention provisoire pour risque de récidive (art. 221, al. 1, let. c, du code de procédure pénale, CPP ; RS 312.0). Les mesures de contrainte relevant du droit des étrangers relèvent également de la compétence des cantons. Elles visent en premier lieu à restreindre la liberté de mouvement jusqu’à la détention administrative dans le but de favoriser l’exécution du renvoi. C’est uniquement à titre secondaire que ces mesures contribuent à garantir la sécurité de la population, voire à prévenir la violence ou la criminalité (voir par ex. les art. 75, al. 1, let. g et h, et 76, al. 1, let. b, ch. 1, de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration, LEI ; RS 142.20). Elles ne se substituent pas à l’action des autorités cantonales de poursuite pénale.

    Les personnes en séjour irrégulier sont appelées à quitter la Suisse. À ce titre, elles peuvent être soumises à une obligation de ne pas quitter le territoire qui leur est assigné ou de ne pas pénétrer dans une région déterminée. Cette mesure vise notamment à lutter contre le trafic illégal de stupéfiants (art. 74, al. 1, let. a, LEI). Les personnes qui ne la respectent pas peuvent par la suite être détenues administrativement, pendant la préparation de la décision sur leur séjour, pour une durée de six mois au plus (art. 75, al. 1, let. b, LEI).

    Le Conseil fédéral mène une politique rigoureuse en matière de retour, à l’égard tant des étrangers délinquants que de toute autre personne faisant l’objet d’une décision de renvoi. Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a d’ailleurs lancé des tables rondes avec toutes les autorités concernées afin d’intensifier la coopération et d’améliorer l’exécution des mesures de contrainte de la LEI.

    Les centres spécifiques pour les requérants d’asile récalcitrants (art. 24a de la loi sur l’asile, LAsi ; RS 142.31), dans lesquels le séjour s’accompagne d’une interdiction pour la personne de quitter le territoire qui lui est assigné ou de pénétrer dans une région déterminée (art. 74, al. 1bis, LEI), peuvent être créés autant par la Confédération que par les cantons. Le Conseil fédéral relève toutefois que ces centres, qui ne sont pas fermés, n’ont qu’un but subsidiaire à l’action des autorités cantonales de poursuite pénale ou d’exécution des peines. Ils visent à améliorer la sécurité dans les centres fédéraux pour requérants d’asile (CFA) et à garantir, en dernier recours, l’exécution de mesures disciplinaires temporaires à l’encontre de requérants qui, par un comportement contraire à leurs obligations, perturbent le bon fonctionnement d’un CFA ou menacent la sécurité et l’ordre publics à proximité immédiate (cf. art. 25a p-LAsi, message du Conseil fédéral du 24 avril 2024 relatif à la sécurité et au fonctionnement des centres de la Confédération, FF 2024 1107).

    Proposition du Conseil fédéral du 28.08.2024
    Rejet

  337. 24.4321 – Refouler à la frontière les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.4321 Motion
    Refouler à la frontière les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs

    Déposé par:
    Groupe de l’Union démocratique du Centre
    Orateur:
    Schmid Pascal
    Date de dépôt:
    09.12.2024

    Déposé au:
    Conseil national

    Etat des délibérations:
    L’avis relatif à l’intervention est disponible

    Tout masquer
    Texte déposé
    Le Conseil fédéral est chargé de soumettre à l’Assemblée fédérale les modifications de la loi nécessaires et de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour que la Suisse :

    – puisse refouler à la frontière, sans procédure d’asile, les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs ;

    – n’entre pas en matière sur les demandes d’asile de personnes qui sont arrivées par des pays tiers sûrs.

    Développement
    Les requérants d’asile traversent souvent plusieurs États sûrs avant de déposer leur demande, motivés avant tout par des perspectives économiques et par nos prestations sociales. Venir en Suisse n’est donc, pour ces requérants, en aucun cas la seule possibilité d’assurer leur survie et d’obtenir une protection contre les persécutions dirigées contre leur personne en particulier. Il s’agit plutôt de choisir un pays dans lequel ils pourront se construire une vie moins dure que dans leur pays d’origine ou dans les autres pays qu’ils ont traversés.

    Pour corriger cette situation, il convient d’endiguer la migration secondaire dans le domaine de l’asile. Les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs ne doivent plus pouvoir demander l’asile. C’est pourquoi les personnes qui veulent entrer chez nous en arrivant par des pays tiers sûrs doivent être refoulées à la frontière sans procédure d’asile. Parallèlement, il faut cesser d’entrer en matière sur les demandes d’asile de personnes qui sont déjà arrivées par des pays tiers sûrs.

    Grâce aux modifications demandées, nous disposerons d’un moyen efficace pour empêcher que d’autres États continuent de laisser des requérants transiter par leur territoire sans les enregistrer, en violation de leurs obligations internationales, pour ne pas être considérés comme pays de premier accueil. La Suisse perdra ainsi un peu de son aura d’eldorado pour migrants.

    Les modifications demandées respectent la Convention de Genève sur les réfugiés, qui n’autorise en aucun cas le libre choix du pays d’accueil. Elle ne protège que les réfugiés qui arrivent directement d’un pays où leur vie ou leur liberté est menacée, ce qui n’est manifestement le cas dans aucun de nos pays voisins.

    Avis du Conseil fédéral du 12.02.2025
    La motion demande que des mesures soient prises aux frontières (refus d’entrée), ce qui implique que chaque personne souhaitant entrer en Suisse devrait être contrôlée. Ce n’est qu’aux frontières extérieures de l’espace Schengen (aéroports) que cette demande pourrait être satisfaite sans enfreindre les obligations légales liées à Schengen. Aux frontières intérieures, par contre, le code frontières Schengen interdit les contrôles systématiques. Cela étant, la Suisse ne fait pas partie de l’union douanière de l’UE. L’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) peut donc effectuer des contrôles douaniers à toutes les frontières et à l’intérieur du pays. Lors de ces contrôles ou en cas de soupçon policier, ses agents peuvent aussi procéder à des contrôles de personnes, en fonction des risques et de la situation.

    Si une personne dépose une demande d’asile, il convient de déterminer à qui incombe la responsabilité du traitement de cette demande. Comme cela ressort de la réponse à la motion 24.3056 « Les requérants d’asile qui transitent par un pays sûr ne sont pas des réfugiés », déposée par le groupe de l’Union démocratique du centre, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) prononce déjà des décisions de non-entrée en matière lorsque la personne concernée a un lien plus étroit avec un État tiers qu’avec la Suisse, en application de l’art. 31a, al. 1, let. a à e, de la loi sur l’asile (LAsi ; RS 142.31). Concrètement, notamment en présence d’un séjour préalable dans un État tiers sûr ou un État tiers (let. a et c), d’un État tiers (Dublin) compétent pour mener la procédure d’asile et de renvoi (let. b), d’une poursuite du voyage vers un État tiers pour lequel un visa est disponible ou dans lequel vivent des proches parents (let. d et e). Dans ces situations, le SEM n’examine pas les conditions de reconnaissance de la qualité de réfugié et prononce l’exécution du renvoi de la personne concernée vers l’État tiers, pour autant que l’admission sur le territoire de cet État soit garantie et que ce dernier respecte le principe du non-refoulement, celui-ci étant présumé pour les États tiers sûrs (art. 31a, al. 2, LAsi).

    Ces dispositions visent à exclure le libre choix du pays d’accueil et répondent aux exigences de la Convention relative au statut des réfugiés (Conv. Réfugiés ; RS 0.142.30), qui permet de ne pas examiner une demande d’asile et d’exécuter le renvoi des personnes concernées dans un État pour autant que le respect du principe de non-refoulement soit garanti.

    Le Conseil fédéral, lorsqu’il a proposé d’accepter le postulat Damian Müller 18.3930 « Adaptation de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés », a rappelé que ladite convention n’était pas dévolue au contrôle des flux migratoires et qu’elle constituait l’un des principaux outils de protection des réfugiés. Dans le rapport rédigé en réponse à ce postulat, le Conseil fédéral constate que la Conv. Réfugiés ne règle pas la procédure de désignation de l’État responsable de l’examen d’une demande d’asile et qu’elle ne règle pas non plus la répartition entre les États des responsabilités envers les requérants d’asile et les réfugiés. Elle impose par contre le respect du principe de non-refoulement (art. 33 Conv. Réfugiés), qui interdit d’expulser un réfugié vers un État dans lequel il risque d’être persécuté. Le caractère impératif de ce principe impose que le risque lié au refoulement soit toujours évalué avant la possible expulsion de l’auteur d’une demande de protection. À cet égard, la Conv. Réfugiés ne lie pas une protection à la condition que la personne arrive directement de l’État où elle est exposée à un risque de persécution. Comme l’indique la réponse à la motion 24.3056 précitée, ni la définition du terme de réfugié ni les motifs d’exclusion figurant dans la Conv. Réfugiés ne prévoient que les personnes ayant transité par un pays sûr puissent être exclues du statut de réfugié. Il en va de même pour le principe de non-refoulement inscrit dans la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH ; RS 0.101), principe qui protège tout être humain et empêche quiconque d’être refoulé vers un État où il risque réellement d’être soumis à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants (cf. art. 3 CEDH). Partant, le fait de ne pas prendre en compte une demande de protection, qu’elle soit déposée à la frontière ou à l’intérieur du pays, et de renvoyer la personne sans examiner les risques liés à son refoulement, même si elle arrive d’un État tiers sûr, serait incompatible avec les exigences précitées, qui sont également inscrites dans la Constitution fédérale (art. 25, al. 2 et 3, Cst.).

    Proposition du Conseil fédéral du 12.02.2025
    Rejet

  338. https://www.20min.ch/fr/story/descente-de-police-a-vevey-contre-le-deal-de-rue-276243680724
    Descente de police à Vevey contre le deal de rue
    Publié11. mars 2021, 16:56

    Une quinzaine de policiers sont intervenus dans une rue proche de la gare dans le cadre de la lutte contre le deal de rue. La zone visée, où se trouveraient de nombreuses cachettes, est fréquentée par des enfants.

    Cette photo de l’intervention a tourné sur les réseaux sociaux. Elle montre l’extrémité de la rue de la Byronne, à l’angle avec la Veveyse, à quelques mètres du centre Manor.

    Cette photo de l’intervention a tourné sur les réseaux sociaux. Elle montre l’extrémité de la rue de la Byronne, à l’angle avec la Veveyse, à quelques mètres du centre Manor.

    DR
    Un grand nombre d’agents de la Police cantonale et de Police Riviera sont intervenus jeudi matin, peu avant 9h, dans une rue non loin de la gare et du centre Manor de Vevey, rapporte «24 heures». Ce déploiement s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le deal de rue, très présent au centre-ville. En conséquence, les forces de l’ordre ne communiquent pas sur les résultats de cette opération, puisqu’elle concerne des enquêtes au long cours, qui ne sont pas terminées. Une riveraine évoque toutefois le passage régulier de brigades canines ces derniers temps.

    Dans les colonnes de «24 heures», plusieurs habitants racontent que certaines zones de la rue de la Byronne sont fréquentées par des enfants, pour qui la présence des vendeurs de drogue est un danger, notamment à cause des planques dans le quartier. Des parents se disent inquiets face à une intensification de leur présence. D’autres, recueillis par nos soins, constatent peu d’insistance de la part des dealers, nombreux mais pas menaçants.

    (rmf)

  339. 24.4429 – Protéger enfin la population. Pas de procédure d’asile ni de droit de rester sur le territoire pour les criminels
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.4429 Motion
    Protéger enfin la population. Pas de procédure d’asile ni de droit de rester sur le territoire pour les criminels

    Déposé par:
    Friedli Esther
    Groupe de l’Union démocratique du Centre

    Union Démocratique du Centre

    Date de dépôt:
    18.12.2024

    Déposé au:
    Conseil des Etats

    Etat des délibérations:
    Déposé

    Tout masquer
    Texte déposé
    Le Conseil fédéral est chargé de veiller, par des mesures appropriées, à ce que les personnes en procédure d’asile, les personnes admises à titre provisoire et les réfugiés qui ont été condamnés pour un crime au sens du code pénal ou de la loi sur les stupéfiants soient systématiquement exclus de la procédure d’asile ou que les autorisations de séjour qui leur ont déjà été accordées (asile, admission provisoire, statut S, regroupement familial, etc.) leur soient retirées. Si les bases légales actuelles ne le permettent pas, le Conseil fédéral doit proposer à l’Assemblée fédérale une modification de la loi.

    Développement
    En Suisse aussi, malheureusement, des actes de violence et de brigandage, ainsi que des homicides, ont lieu au quotidien. Selon les statistiques de la criminalité pour 2023, 56 % des délinquants sont des étrangers, et environ la moitié d’entre eux (44 %) sont des requérants d’asile ou des « autres étrangers ». La catégorie « autres étrangers » comprend les requérants d’asile déboutés, les clandestins et les criminels itinérants.

    Ces chiffres montrent sans équivoque que les personnes issues du domaine de l’asile commettent bien plus souvent des crimes que la population suisse, mais aussi beaucoup plus que la population étrangère résidant de manière permanente en Suisse.

    Pourtant, en raison d’une pratique beaucoup trop laxiste de la part des autorités, la grande majorité des criminels relevant du domaine de l’asile échappent à l’« indignité » que la LAsi prévoit pour ce genre de cas et qui entraîne un refus de l’asile ou une révocation de l’asile déjà accordé. L’indignité, prévue précisément lorsqu’un étranger est sous le coup d’une expulsion ou lorsqu’il a porté atteinte à la sûreté intérieure de la Suisse ou la compromet, devrait selon toute logique s’appliquer en cas de crime (art. 53 et 63 LAsi).

    Le droit d’asile a pour but de protéger les personnes venant de pays où elles sont persécutées et leur vie et leur intégrité corporelle sont menacées. Il n’a toutefois pas vocation à permettre à des personnes de rester dans un pays qui les accueille alors même qu’elles y commettent des crimes et qu’elles mettent en danger la population.

    Des mesures efficaces doivent être prises pour éviter cette dérive. Les étrangers qui arrivent en Suisse pour y prétendre à l’asile mais qui y commettent des crimes doivent être systématiquement exclus de la procédure et quitter le pays. Il doit en aller de même pour les personnes au bénéfice d’une autorisation de séjour (asile, admission provisoire, statut S, regroupement familial, etc.) qui commettent des crimes : leurs permis doivent être révoqués.

  340. 24.4495 – Protéger la population. Limiter systématiquement la liberté de mouvement des requérants d’asile criminels
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.4495 Motion
    Protéger la population. Limiter systématiquement la liberté de mouvement des requérants d’asile criminels

    Déposé par:
    Schwander Pirmin
    Groupe de l’Union démocratique du Centre

    Union Démocratique du Centre

    Date de dépôt:
    19.12.2024

    Déposé au:
    Conseil des Etats

    Etat des délibérations:
    Déposé

    Tout masquer
    Texte déposé
    Pour protéger la population, le Conseil fédéral est chargé de limiter de manière conséquente la liberté de mouvement des personnes en procédure d’asile, des requérants d’asile déboutés et des migrants sans droit de séjour jusqu’à ce qu’ils aient purgé leur peine et aient été expulsés, et ce dès qu’une procédure pénale est ouverte à leur encontre pour un délit ou un crime au sens du CP ou de la LStup. Pour ce faire, il recourra à l’assignation à des centres spécifiques, à la détention ou à la surveillance permanente à l’aide de moyens appropriés.

    Si les bases légales actuelles ne le permettent pas, le Conseil fédéral doit proposer à l’Assemblée fédérale une modification de la loi.

    Développement
    En Suisse aussi, les actes de violence et de brigandage, les lésions corporelles et les homicides sont devenus des fléaux quotidiens. 56 % des délinquants sont des étrangers, et environ la moitié d’entre eux (44 %) relèvent du domaine de l’asile ou entrent dans la catégorie « autres étrangers ». Cette dernière comprend les requérants d’asile déboutés, les clandestins et les criminels itinérants (statistique de la criminalité 2023). Les personnes relevant du domaine de l’asile sont dès lors beaucoup plus souvent impliquées dans des activités criminelles que les Suisses.

    Le droit d’asile est détourné de son but et utilisé à des fins abusives. Seuls 25 % des requérants sont des réfugiés. Une majorité d’entre eux ne cherchent pas à être protégés contre des persécutions, mais simplement à abuser du système.

    C’est pourquoi des mesures efficaces doivent être prises pour protéger la population du pays, y compris les étrangers qui résident ici et les véritables réfugiés, c’est-à-dire ceux à qui l’asile a été octroyé. L’intérêt de la population doit passer avant celui des criminels qui ne respectent pas les lois du pays qui les accueillent.

    En réponse aux interpellations 24.3293 et 24.3238, le Conseil fédéral a déclaré que les requérants qui menacent sensiblement la sécurité et l’ordre publics ou qui portent, par leur comportement, sensiblement atteinte au fonctionnement et à la sécurité des centres de la Confédération pourraient être hébergés dans des centres spécifiques. Le cas échéant, les requérants concernés sont tenus de ne pas quitter le territoire qui leur a été assigné ou de ne pas pénétrer dans une région déterminée (art. 24a LAsi et 74, al. 1bis, LEI).

    Limiter la liberté de mouvement de requérants en les hébergeant dans des centres spécifiques est donc non seulement proportionné, mais aussi nécessaire si l’on veut garantir la sécurité de la population.

  341. 24.4318 – Refouler à la frontière les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.4318 Motion
    Refouler à la frontière les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs

    Déposé par:
    Date de dépôt:
    09.12.2024

    Déposé au:
    Conseil des Etats

    Etat des délibérations:
    L’avis relatif à l’intervention est disponible

    Tout masquer
    Texte déposé
    Le Conseil fédéral est chargé de soumettre à l’Assemblée fédérale les modifications de la loi nécessaires et de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour que la Suisse :

    puisse refouler à la frontière, sans procédure d’asile, les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs ;
    n’entre pas en matière sur les demandes d’asile de personnes qui sont arrivées par des pays tiers sûrs.
    Développement
    Les requérants d’asile traversent souvent plusieurs États sûrs avant de déposer leur demande, motivés avant tout par des perspectives économiques et par nos prestations sociales. Venir en Suisse n’est donc, pour ces requérants, en aucun cas la seule possibilité d’assurer leur survie et d’obtenir une protection contre les persécutions dirigées contre leur personne en particulier. Il s’agit plutôt de choisir un pays dans lequel ils pourront se construire une vie moins dure que dans leur pays d’origine ou dans les autres pays qu’ils ont traversés.

    Pour corriger cette situation, il convient d’endiguer la migration secondaire dans le domaine de l’asile. Les personnes qui arrivent par des pays tiers sûrs ne doivent plus pouvoir demander l’asile. C’est pourquoi les personnes qui veulent entrer chez nous en arrivant par des pays tiers sûrs doivent être refoulées à la frontière sans procédure d’asile. Parallèlement, il faut cesser d’entrer en matière sur les demandes d’asile de personnes qui sont déjà arrivées par des pays tiers sûrs.

    Grâce aux modifications demandées, nous disposerons d’un moyen efficace pour empêcher que d’autres États continuent de laisser des requérants transiter par leur territoire sans les enregistrer, en violation de leurs obligations internationales, pour ne pas être considérés comme pays de premier accueil. La Suisse perdra ainsi un peu de son aura d’eldorado pour migrants.

    Les modifications demandées respectent la Convention de Genève sur les réfugiés, qui n’autorise en aucun cas le libre choix du pays d’accueil. Elle ne protège que les réfugiés qui arrivent directement d’un pays où leur vie ou leur liberté est menacée, ce qui n’est manifestement le cas dans aucun de nos pays voisins.

    Avis du Conseil fédéral du 12.02.2025
    La motion demande que des mesures soient prises aux frontières (refus d’entrée), ce qui implique que chaque personne souhaitant entrer en Suisse devrait être contrôlée. Ce n’est qu’aux frontières extérieures de l’espace Schengen (aéroports) que cette demande pourrait être satisfaite sans enfreindre les obligations légales liées à Schengen. Aux frontières intérieures, par contre, le code frontières Schengen interdit les contrôles systématiques. Cela étant, la Suisse ne fait pas partie de l’union douanière de l’UE. L’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) peut donc effectuer des contrôles douaniers à toutes les frontières et à l’intérieur du pays. Lors de ces contrôles ou en cas de soupçon policier, ses agents peuvent aussi procéder à des contrôles de personnes, en fonction des risques et de la situation.

    Si une personne dépose une demande d’asile, il convient de déterminer à qui incombe la responsabilité du traitement de cette demande. Comme expliqué dans la réponse à la motion 24.3056 « Les requérants d’asile qui transitent par un pays sûr ne sont pas des réfugiés », déposée par le groupe de l’Union démocratique du centre, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) prononce déjà des décisions de non-entrée en matière lorsque la personne concernée a un lien plus étroit avec un État tiers qu’avec la Suisse, en application de l’art. 31a, al. 1, let. a à e, de la loi sur l’asile (LAsi ; RS 142.31). Concrètement, notamment en présence d’un séjour préalable dans un État tiers sûr ou un État tiers (let. a et c), d’un État tiers (Dublin) compétent pour mener la procédure d’asile et de renvoi (let. b), d’une poursuite du voyage vers un État tiers pour lequel un visa est disponible ou dans lequel vivent des proches parents (let. d et e). Dans ces situations, le SEM n’examine pas les conditions de reconnaissance de la qualité de réfugié et prononce l’exécution du renvoi de la personne concernée vers l’État tiers, pour autant que l’admission sur le territoire de cet État soit garantie et que ce dernier respecte le principe du non-refoulement, celui-ci étant présumé pour les États tiers sûrs (art. 31a, al. 2, LAsi).

    Ces dispositions visent à exclure le libre choix du pays d’accueil et répondent aux exigences de la Convention relative au statut des réfugiés (RS 0.142.30), qui permet de ne pas examiner une demande d’asile et d’exécuter le renvoi des personnes concernées dans un État pour autant que le respect du principe de non-refoulement soit garanti.

    Le Conseil fédéral, lorsqu’il a proposé d’accepter le postulat Damian Müller 18.3930 « Adaptation de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés », a rappelé que ladite convention n’était pas dévolue au contrôle des flux migratoires et qu’elle constituait l’un des principaux outils de protection des réfugiés. Dans le rapport rédigé en réponse à ce postulat, le Conseil fédéral constate que la Convention relative au statut des réfugiés ne règle ni la procédure de désignation de l’État responsable de l’examen d’une demande d’asile, ni la répartition entre les États des responsabilités envers les requérants d’asile et les réfugiés. Elle impose par contre le respect du principe de non-refoulement (art. 33 de la Convention), qui interdit d’expulser un réfugié vers un État dans lequel il risque d’être persécuté. Le caractère impératif de ce principe impose que le risque lié au refoulement soit toujours évalué avant la possible expulsion de l’auteur d’une demande de protection. À cet égard, la Convention ne lie pas l’octroi d’une protection à la condition que la personne arrive directement de l’État où elle est exposée à un risque de persécution. Ni la définition du terme de réfugié ni les motifs d’exclusion figurant dans la Convention ne prévoient que les personnes ayant transité par un pays sûr puissent être exclues du statut de réfugié (voir aussi la réponse à la motion 24.3056). Il en va de même pour le principe de non-refoulement inscrit dans la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH ; RS 0.101), lequel protège tout être humain et empêche quiconque d’être refoulé vers un État où il risque réellement d’être soumis à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants (cf. art. 3 CEDH). Ces principes sont aussi inscrits dans la Constitution fédérale (art. 25, al. 2 et 3, Cst.). Partant, ne pas prendre en compte une demande de protection, qu’elle soit déposée à la frontière ou à l’intérieur du pays, et renvoyer la personne sans examiner les risques liés à son refoulement, même si elle arrive d’un État tiers sûr, serait incompatible non seulement avec la CEDH, mais aussi avec la Constitution.

    Proposition du Conseil fédéral du 12.02.2025
    Rejet

  342. 24.4320 – S’inspirer du Danemark et de la Suède pour gérer le regroupement familial dans l’intérêt de la Suisse
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.4320 Motion
    S’inspirer du Danemark et de la Suède pour gérer le regroupement familial dans l’intérêt de la Suisse

    Déposé par:
    Groupe de l’Union démocratique du Centre
    Orateur:
    Addor Jean-Luc
    Date de dépôt:
    09.12.2024

    Déposé au:
    Conseil national

    Etat des délibérations:
    L’avis relatif à l’intervention est disponible

    Tout masquer
    Texte déposé
    Le Conseil fédéral est chargé de présenter une modification de la loi pour que, sauf si des traités prévalent, le droit au regroupement familial soit toujours soumis aux conditions minimales suivantes :

    – la personne demandant le regroupement dispose de moyens financiers suffisants pour assurer durablement sa subsistance ainsi que celle des personnes qu’elle fait venir, sans aucune aide de l’État ; des assouplissements doivent être prévus pour les personnes reconnues comme réfugiés pendant les trois mois suivant l’octroi de l’asile ;

    – la personne demandant le regroupement est âgée d’au moins 24 ans ;

    – le conjoint à faire venir est âgé lui aussi d’au moins 24 ans et le mariage n’a pas été conclu à des fins de regroupement familial ;

    – les enfants à faire venir ne sont pas âgés de plus de 15 ans ;

    – la personne demandant le regroupement et les personnes à faire venir assument elles-mêmes tous les frais liés au regroupement, c’est-à-dire sans aide de l’État (obtention de documents, frais de voyage, etc.).

    Développement
    Le regroupement familial est l’un des principaux canaux de migration, et donc l’une des principales raisons de la croissance démographique en Suisse. En effet, un quart de l’immigration permanente s’est fait par cette voie en 2023, soit 46 281 personnes, ce qui représente une hausse de 7,6 % par rapport à 2022.

    Économiquement, une poursuite de cette évolution n’est pas dans l’intérêt global de la Suisse, car, contrairement aux autres canaux d’immigration réguliers, le regroupement familial n’est pas corrélé à une demande de main-d’œuvre. Il s’agit même de l’une des catégories d’immigration les plus défavorables pour la Suisse. Dans un rapport du 7 juin 2019, le Conseil fédéral a reconnu que le risque de dépendance à l’aide sociale est plus élevé que la moyenne pour les ressortissants de pays tiers venant en Suisse par le biais du regroupement familial (17.3260).

    La Constitution fédérale pose le principe selon lequel l’immigration doit être gérée de manière autonome et qu’elle doit correspondre aux intérêts économiques globaux de la Suisse. Pour que ce principe puisse être respecté, il est expressément prévu que le droit au regroupement familial peut être limité (art. 121a Cst.). Au vu de la situation actuelle dans le domaine de l’asile et du non-faiblissement des flux migratoires vers l’Europe, il convient de mettre en œuvre le mandat constitutionnel au niveau de la loi.

    Le Danemark et la Suède ont montré comment le regroupement familial peut être limité dans le respect de la Convention de Genève sur les réfugiés. Aujourd’hui, la Suisse ne prévoit aucune restriction en matière de regroupement familial pour les réfugiés reconnus. Si nécessaire, la Confédération va jusqu’à prendre en charge les frais de voyage (art. 53, let. d, OA2). Pour les personnes admises à titre provisoire, le Conseil fédéral entend même élargir le regroupement familial au lieu de le limiter.

    Cette situation ne peut plus être justifiée, même au regard de l’art. 121a Cst. Les restrictions demandées permettraient d’éliminer les incitations erronées, notamment pour les personnes n’ayant pas ou que peu de liens avec notre pays. Elles permettraient de freiner l’immigration, indésirable, visant à profiter de notre système social.

    Avis du Conseil fédéral du 19.02.2025
    Le Conseil fédéral examine régulièrement des mesures et des lois adoptées dans d’autres pays pour voir si elles pourraient être pertinentes pour la Suisse. C’est dans cet esprit qu’il avait proposé d’adopter le postulat 24.3939 Z’graggen (Analyse des procédures d’asile dans différents pays européens), qui demandait qu’une analyse soit faite des procédures d’asile et des développements dans différents pays européens afin d’en tirer des conclusions pour la politique de la Suisse en matière d’asile.

    La marge de manœuvre pour une adaptation des conditions légales du regroupement familial est limitée par des dispositions du droit constitutionnel et du droit international (en particulier la Convention européenne des droits de l’homme [CEDH ; SR 0.101]). Dans ce contexte, il y a également lieu de prendre en compte les engagements de la Suisse avec l’Union européenne (cf. art. 3 annexe I de l’accord sur la libre circulation des personnes [ALCP] ; RS 0.142.112.681). Plus de la moitié des personnes arrivant en Suisse via un regroupement familial viennent de l’espace UE/AELE. Le marché du travail est le principal moteur de l’immigration en Suisse. Les conditions posées pour un regroupement familial relevant du droit des étrangers sont déjà très restrictives ; ne pas dépendre de l’aide sociale est par exemple un critère. Ce n’est que pour le regroupement familial demandé par une personne suisse ou ressortissante de l’UE/AELE que les conditions sont moins strictes. La notion de membre de la famille est aussi plus large pour ces deux catégories. Elle englobe notamment les descendants de moins de 21 ans ou à charge ainsi que les ascendants du regroupant et de son conjoint qui sont à sa charge.

    Dans le droit de l’asile, le champ d’application du regroupement familial est plus restreint que dans le droit des étrangers. Aux termes de la législation sur l’asile, seul un réfugié reconnu ayant obtenu l’asile peut demander un regroupement familial de personnes à l’étranger.

    Selon l’art. 85c de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI ; RS 142.20), le conjoint et les enfants mineurs d’une personne admise à titre provisoire peuvent bénéficier du regroupement familial et du même statut qu’elle, à certaines conditions, au plus tôt trois ans après la décision d’admission provisoire. Toutefois, dans son arrêt de principe M.A. c. Danemark du 9 juillet 2021, la Cour européenne des droits de l’homme (CourEDH) a estimé qu’un délai d’attente légal de trois ans n’était pas compatible avec le droit au respect de la vie familiale. Le Tribunal administratif fédéral a repris cette jurisprudence. Le Secrétariat d’État aux migrations doit désormais examiner après un délai d’attente de deux ans déjà si les conditions du regroupement familial sont remplies, notamment ne pas dépendre de l’aide sociale et ne pas percevoir de prestations complémentaires annuelles. Dans un souci de sécurité juridique, le Conseil fédéral souhaite inscrire dans la loi ce changement de pratique concernant les délais. Suite à l’arrêt de la CourEDH, le Danemark a lui aussi réduit le délai d’attente à deux ans.

    L’instauration d’un âge minimal de 24 ans pour demander un regroupement familial serait problématique, compte tenu du principe d’égalité consacré par l’art. 8 de la Constitution fédérale (Cst.) et pourrait contrevenir au principe de proportionnalité, vu que cette limite d’âge ne semble pas appropriée pour réduire l’immigration, mais représenterait une charge excessive pour les personnes concernées. Il n’y a en outre pas de critères objectifs pour cet âge minimal. Fixer à 15 ans l’âge maximal pour bénéficier d’un regroupement familial ne serait en outre pas cohérent vis-à-vis des autres réglementations nationales concernant l’âge de la majorité et violerait, entre autres, la Convention relative aux droits de l’enfant (RS 0.107) et la CEDH, car il ne serait plus possible de procéder à une pesée des intérêts au cas par cas.

    L’introduction du critère de la non-dépendance à l’aide sociale pour le regroupement familial en vertu de la législation sur l’asile serait contraire à la jurisprudence : Selon le Tribunal fédéral, les exigences en matière d’indépendance de l’aide sociale ne peuvent pas être aussi élevées pour les personnes ayant la qualité de réfugié que dans les constellations relevant du droit des étrangers, en raison du devoir de protection découlant de la Constitution et de la CEDH (ATF 139 I 330, consid. 4.2 ; arrêt 2C_660/2015 du 26 août 2015 du Tribunal fédéral, consid. 2.2.). La jurisprudence de la CourEDH est sur la même ligne : on ne saurait exiger des réfugiés l’impossible en termes d’indépendance financière. Pour toutes ces raisons, l’introduction de critères concernant l’indépendance financière n’aurait guère d’effets sur le nombre de demandes de regroupement familial.

    Enfin le SEM est restrictif concernant les frais engagés par des personnes du domaine de l’asile pour venir en Suisse : il ne les prend en charge qu’exceptionnellement, dans le cas de requérants totalement démunis et notamment pour éviter qu’un retard ne mette en danger leurs proches. Pour les regroupements familiaux relevant du droit des étrangers, la Confédération ne verse aucune participation aux frais de voyage.

    Proposition du Conseil fédéral du 19.02.2025
    Rejet

  343. 24.4444 – S’inspirer du Danemark et de la Suède pour gérer le regroupement familial dans l’intérêt de la Suisse
    parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft
    24.4444 Motion
    S’inspirer du Danemark et de la Suède pour gérer le regroupement familial dans l’intérêt de la Suisse

    Déposé par:
    Stark Jakob
    Groupe de l’Union démocratique du Centre

    Union Démocratique du Centre

    Date de dépôt:
    18.12.2024

    Déposé au:
    Conseil des Etats

    Etat des délibérations:
    L’avis relatif à l’intervention est disponible

    Tout masquer
    Texte déposé
    Le Conseil fédéral est chargé de présenter une modification de la loi pour que, sauf si des traités prévalent, le droit au regroupement familial soit toujours soumis aux conditions minimales suivantes :

    la personne demandant le regroupement dispose de moyens financiers suffisants pour assurer durablement sa subsistance ainsi que celle des personnes qu’elle fait venir, sans aucune aide de l’État ; des assouplissements doivent être prévus pour les personnes reconnues comme réfugiés pendant les trois mois suivant l’octroi de l’asile ;
    la personne demandant le regroupement est âgée d’au moins 24 ans ;
    le conjoint à faire venir est âgé lui aussi d’au moins 24 ans et le mariage n’a pas été conclu à des fins de regroupement familial ;
    les enfants à faire venir ne sont pas âgés de plus de 15 ans ;
    la personne demandant le regroupement et les personnes à faire venir assument elles-mêmes tous les frais liés au regroupement, c’est-à-dire sans aide de l’État (obtention de documents, frais de voyage, etc.).
    Développement
    Le regroupement familial est l’un des principaux canaux de migration, et donc l’une des principales raisons de la croissance démographique en Suisse. En effet, un quart de l’immigration permanente s’est fait par cette voie en 2023, soit 46 281 personnes, ce qui représente une hausse de 7,6 % par rapport à 2022.

    Économiquement, une poursuite de cette évolution n’est pas dans l’intérêt global de la Suisse, car, contrairement aux autres canaux d’immigration réguliers, le regroupement familial n’est pas corrélé à une demande de main-d’œuvre. Il s’agit même de l’une des catégories d’immigration les plus défavorables pour la Suisse. Dans un rapport du 7 juin 2019, le Conseil fédéral a reconnu que le risque de dépendance à l’aide sociale est plus élevé que la moyenne pour les ressortissants de pays tiers venant en Suisse par le biais du regroupement familial (17.3260).

    La Constitution fédérale pose le principe selon lequel l’immigration doit être gérée de manière autonome et qu’elle doit correspondre aux intérêts économiques globaux de la Suisse. Pour que ce principe puisse être respecté, il est expressément prévu que le droit au regroupement familial peut être limité (art. 121a Cst.). Au vu de la situation actuelle dans le domaine de l’asile et du non-faiblissement des flux migratoires vers l’Europe, il convient de mettre en œuvre le mandat constitutionnel au niveau de la loi.

    Le Danemark et la Suède ont montré comment le regroupement familial peut être limité dans le respect de la Convention de Genève sur les réfugiés. Aujourd’hui, la Suisse ne prévoit aucune restriction en matière de regroupement familial pour les réfugiés reconnus. Si nécessaire, la Confédération va jusqu’à prendre en charge les frais de voyage (art. 53, let. d, OA2). Pour les personnes admises à titre provisoire, le Conseil fédéral entend même élargir le regroupement familial au lieu de le limiter.

    Les restrictions demandées permettraient d’éliminer les incitations erronées, notamment pour les personnes n’ayant pas ou que peu de liens culturels avec notre pays. Elles permettraient aussi de freiner l’immigration, indésirable, visant à profiter de notre système social.

    Avis du Conseil fédéral du 19.02.2025
    Le Conseil fédéral examine régulièrement des mesures et des lois adoptées dans d’autres pays pour voir si elles pourraient être pertinentes pour la Suisse. C’est dans cet esprit qu’il avait proposé d’adopter le postulat 24.3939 Z’Graggen (Analyse des procédures d’asile dans différents pays européens), qui demandait qu’une analyse soit faite des procédures d’asile et des développements dans différents pays européens afin d’en tirer des conclusions pour la politique de la Suisse en matière d’asile.

    La marge de manœuvre pour une adaptation des conditions légales du regroupement familial est limitée par des dispositions du droit constitutionnel et du droit international (en particulier la Convention européenne des droits de l’homme [CEDH ; SR 0.101]). Dans ce contexte, il y a également lieu de prendre en compte les engagements de la Suisse avec l’Union européenne (cf. art. 3 annexe I de l’accord sur la libre circulation des personnes [ALCP] ; RS 0.142.112.681). Plus de la moitié des personnes arrivant en Suisse via un regroupement familial viennent de l’espace UE/AELE. Le marché du travail est le principal moteur de l’immigration en Suisse. Les conditions posées pour un regroupement familial relevant du droit des étrangers sont déjà très restrictives ; ne pas dépendre de l’aide sociale est par exemple un critère. Ce n’est que pour le regroupement familial demandé par une personne suisse ou ressortissante de l’UE/AELE que les conditions sont moins strictes. La notion de membre de la famille est aussi plus large pour ces deux catégories. Elle englobe notamment les descendants de moins de 21 ans ou à charge ainsi que les ascendants du regroupant et de son conjoint qui sont à sa charge.

    Dans le droit de l’asile, le champ d’application du regroupement familial est plus restreint que dans le droit des étrangers. Aux termes de la législation sur l’asile, seul un réfugié reconnu ayant obtenu l’asile peut demander un regroupement familial de personnes à l’étranger.

    Selon l’art. 85c de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI ; RS 142.20), le conjoint et les enfants mineurs d’une personne admise à titre provisoire peuvent bénéficier du regroupement familial et du même statut qu’elle, à certaines conditions, au plus tôt trois ans après la décision d’admission provisoire. Toutefois, dans son arrêt de principe M.A. c. Danemark du 9 juillet 2021, la Cour européenne des droits de l’homme (CourEDH) a estimé qu’un délai d’attente légal de trois ans n’était pas compatible avec le droit au respect de la vie familiale. Le Tribunal administratif fédéral a repris cette jurisprudence. Le Secrétariat d’État aux migrations doit désormais examiner après un délai d’attente de deux ans déjà si les conditions du regroupement familial sont remplies, notamment ne pas dépendre de l’aide sociale et ne pas percevoir de prestations complémentaires annuelles. Dans un souci de sécurité juridique, le Conseil fédéral souhaite inscrire dans la loi ce changement de pratique concernant les délais. Suite à l’arrêt de la CourEDH, le Danemark a lui aussi réduit le délai d’attente à deux ans.

    L’instauration d’un âge minimal de 24 ans pour demander un regroupement familial serait problématique, compte tenu du principe d’égalité consacré par l’art. 8 de la Constitution fédérale (Cst.) et pourrait contrevenir au principe de proportionnalité, vu que cette limite d’âge ne semble pas appropriée pour réduire l’immigration, mais représenterait une charge excessive pour les personnes concernées. Il n’y a en outre pas de critères objectifs pour cet âge minimal. Fixer à 15 ans l’âge maximal pour bénéficier d’un regroupement familial ne serait en outre pas cohérent vis-à-vis des autres réglementations nationales concernant l’âge de la majorité et violerait, entre autres, la Convention relative aux droits de l’enfant (RS 0.107) et la CEDH, car il ne serait plus possible de procéder à une pesée des intérêts au cas par cas.

    L’introduction du critère de la non-dépendance à l’aide sociale pour le regroupement familial en vertu de la législation sur l’asile serait contraire à la jurisprudence : Selon le Tribunal fédéral, les exigences en matière d’indépendance de l’aide sociale ne peuvent pas être aussi élevées pour les personnes ayant la qualité de réfugié que dans les constellations relevant du droit des étrangers, en raison du devoir de protection découlant de la Constitution et de la CEDH (ATF 139 I 330, consid. 4.2 ; arrêt 2C_660/2015 du 26 août 2015 du Tribunal fédéral, consid. 2.2.). La jurisprudence de la CourEDH est sur la même ligne : on ne saurait exiger des réfugiés l’impossible en termes d’indépendance financière. Pour toutes ces raisons, l’introduction de critères concernant l’indépendance financière n’aurait guère d’effets sur le nombre de demandes de regroupement familial.

    Enfin le SEM est restrictif concernant les frais engagés par des personnes du domaine de l’asile pour venir en Suisse : il ne les prend en charge qu’exceptionnellement, dans le cas de requérants totalement démunis et notamment pour éviter qu’un retard ne mette en danger leurs proches. Pour les regroupements familiaux relevant du droit des étrangers, la Confédération ne verse aucune participation aux frais de voyage.

    Proposition du Conseil fédéral du 19.02.2025
    Rejet

  344. https://www.midilibre.fr/2025/02/21/il-faut-faire-pour-les-stupefiants-ce-quon-a-fait-pour-le-terrorisme-analyse-le-prefet-de-lherault-francois-xavier-lauch-12526011.php#/
    “Il faut faire pour les stupéfiants ce qu’on a fait pour le terrorisme”, analyse le préfet de l’Hérault Franço
    À la suite de la présentation de son plan d’action sur la sécurité du quotidien dans l’Hérault, le préfet François-Xavier Lauch s’est prêté au jeu des questions-réponses.

    Montpellier nécessite quels types d’adaptations de ce nouveau dispositif “Villes de sécurité renforcée” ?

    On peut aussi parler de trafic de cigarettes et de tabac en général. C’est une vraie spécificité de la zone qui est liée à notre positionnement entre deux frontières et des flux de transferts depuis le Maghreb. Pour moi, on a, à deux tiers, un sujet stupéfiant et le tiers restant un sujet tabac. Mais notre sujet unique c’est le trafic. Les gens qui font du trafic, ils s’en fichent de savoir ce qu’ils vendent. Aujourd’hui, c’est du cannabis et de la cocaïne. Pour certains, ils trouvent qu’investir dans le tabac c’est très lucratif. Peut-être que demain ce sera les médicaments comme aux États-Unis.

    En plus du travail de voie publique, c’est un travail d’enquête qui doit être effectué

  345. https://www.journaldemontreal.com/2025/02/21/la-maison-blanche-menace-les-cartels-douvrir-les-portes-de-lenfer
    La Maison-Blanche menace les cartels d’«ouvrir les portes de l’enfer»
    La Maison-Blanche a menacé vendredi les cartels de la drogue d’«ouvrir les portes de l’enfer» contre eux pour sécuriser la frontière américaine avec le Mexique, ajoutant qu’ils étaient «prévenus».

    • À lire aussi: Arrêté aux États-Unis, le cofondateur du cartel de Sinaloa demande son rapatriement au Mexique

    • À lire aussi: «C’est génial»: le retour de Trump célébré chez les conservateurs américains

    • À lire aussi: Ottawa place des cartels mexicains sur la liste des entités terroristes

    Depuis son retour au pouvoir le 20 janvier, le président américain Donald Trump a déclaré la guerre aux cartels mexicains de la drogue, qu’il accuse de produire du fentanyl.

    Cet opioïde synthétique 50 fois plus puissant que l’héroïne est à l’origine de dizaines de milliers de décès chaque année aux États-Unis.

    «Ouvrons les portes de l’enfer contre les cartels. Trop c’est trop. Nous sécurisons notre frontière et les cartels sont prévenus», a déclaré vendredi Mike Waltz, le conseiller de Donald Trump pour la sécurité intérieure, lors de la grand-messe des conservateurs, près de Washington.

    «Vous avez vu des images de l’armée mexicaine effectuant des patrouilles conjointes avec notre police des douanes et des frontières et avec notre armée pour garantir la sécurité à la frontière américaine, car sans frontière, il n’y a pas de pays et il n’y a pas de souveraineté», a-t-il ajouté.

    Les États-Unis ont désigné mercredi des cartels comme organisations «terroristes mondiales», dont le cartel mexicain de Sinaloa, le gang vénézuélien «Tren d’Aragua», celui du MS-13 ainsi que cinq autres groupes.

    La liste comprend également le cartel de Jalisco Nueva Generacion ou encore la Nueva Familia Michoacana.

    Cette désignation «nous donne un outil précieux pour couper court à toute association qu’ils pourraient avoir, non seulement avec des citoyens américains, mais aussi avec toute autre entreprise ou personne dans le monde qui les aident», a déclaré jeudi soir le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans une interview sur X.

    À la question de savoir s’il autoriserait le recours à la force militaire contre les cartels, Marco Rubio a répondu que «cela dépendait de l’endroit où ils se trouvaient».

    Mais «si, en fin de compte, ces personnes représentent une menace imminente pour les États-Unis, ou si elles franchissent nos frontières… alors cela nous donne des outils pour les poursuivre», en utilisant «toutes les agences dont nous disposons», a-t-il ajouté.

  346. ENCORE UNE LOI DE MERDE – Surveillance et narcotraficotage

    24 févr. 2025
    La semaine prochaine, l’Assemblée nationale discutera de la proposition de loi relative au « narcotrafic ». Contrairement à ce que le nom du texte indique, les mesures proposées vont bien au-delà du seul trafic de stupéfiants et, si elles étaient adoptées, pourrait hisser la France en tête des pays les plus avancés en matière de surveillance numérique.

    La Quadrature du Net lance donc aujourd’hui une campagne de mobilisation pour lutter contre cette loi : laquadrature.net/narcotraficotage

    https://www.youtube.com/watch?v=ClLbFxdoFKU

  347. Il a enquêté sur le phénomène d’«auto justice», face à l’inertie de l’institution judiciaire
    21 févr. 2025
    Journaliste et auteur de «Auto justice», Pierre Rancé a enquêté sur ces personnes qui décident de se faire justice eux-mêmes face à l’inertie des forces de l’ordre et de la justice. «Un phénomène inquiétant qui arrive de plus en plus devant les tribunaux» et qui trouve son origine, selon lui, dans la faillite de l’institution judiciaire.
    https://www.youtube.com/watch?v=Jk0VPoiYFK4

  348. Incroyable : Le Parisien Découvre Que La Délinquance Baisse Avec + De Policiers !

    24 févr. 2025
    Effet “inattendu” des JO 2024 : les vols de véhicules ont chuté de 24 % à Paris. La raison ? Plus de policiers et une expulsion massive des campements illégaux.

    Pourtant, la presse mainstream parle d’un “effet surprise”, comme si le lien entre sécurité et présence policière n’avait jamais été prouvé. Mettre de l’ordre réduit la délinquance… qui l’aurait cru ?!

    Alors, ces résultats sont-ils une simple coïncidence, ou une preuve flagrante qu’une politique ferme fonctionne ?

    https://www.youtube.com/watch?v=gCNdIzrePNQ

  349. Cocaïne : d’une consommation récréative à quotidienne – Ça commence aujourd’hui
    21 févr. 2025

    La cocaïne touche aujourd’hui toutes les classes sociales, toutes les professions et aucune génération n’est épargnée. Guy, Léa et Dylan racontent cette période sombre de leur consommation et dépendance.

    https://www.youtube.com/watch?v=kkXmYKDgmlU

  350. https://www.francetvinfo.fr/societe/immigration/immigration-illegale-toutes-les-frontieres-francaises-controlees_7099995.html#xtor=CS2-765-%5Bshare%5D
    Immigration illégale : toutes les frontières françaises contrôlées
    Publié le 27/02/2025 14:49

    Temps de lecture : 1min – vidéo : 2min

    François Bayrou a annoncé, mercredi 26 février, le renforcement des contrôles aux frontières pour lutter contre l’immigration clandestine. Gendarmes, policiers et douaniers pourront faire appel à des réservistes.

    Policiers, gendarmes, douaniers, militaires, voilà bientôt 18 mois qu’ils unissent leurs forces pour surveiller les 100 km de frontière entre l’Italie et les Alpes-Maritimes(Nouvelle fenêtre). Au pont Saint-Ludovic, à Menton, chaque voiture est observée, les vans et les bus sont inspectés. Chaque jour, près de 200 personnes des forces de sécurité intérieure ou militaires sont déployées dans des lieux stratégiques, comme dans une gare, la première après la frontière.

    Une coopération qui porte ses fruits puisque plusieurs personnes ont été interpellées dans les trains, jeudi 27 février, mais aussi aux postes-frontières routiers. La force aux frontières s’efforce également de démanteler les réseaux qui aident les migrants à passer la frontière, en coopération avec l’Italie voisine. Avec la nouvelle politique migratoire italienne, les interpellations de personnes en situation irrégulière ont baissé de 60% l’an dernier à Menton.

  351. https://www.blick.ch/fr/opinion/la-chronique-de-celine-amaudruz-depenalisation-du-cannabis-et-ensuite-id20624661.html
    Céline Amaudruz: dépénalisation du cannabis, et ensuite?
    Pour Céline Amaudruz, la dépénalisation du cannabis transmettrait un message désastreux à la jeunesse.

    Pour Céline Amaudruz, la dépénalisation du cannabis transmettrait un message désastreux à la jeunesse.

    Céline Amaudruz, conseillère nationale UDC

    La dépénalisation du cannabis revient sur le tapis. Ce n’est pas la première fois. Les arguments n’ont pas changé. La répression a échoué. Les dealers sont toujours là. Il faut libéraliser le cannabis, mais l’interdire aux mineurs. Le commerce doit être placé sous le contrôle de l’Etat. Le produit sera taxé pour financer la prévention. Comme souvent avec la gauche, l’utopie prend le pas sur la réalité.

    La répression, quelle répression?
    Commençons par la répression qui aurait échoué. Il suffit de se promener sur la place de la gare à Yverdon, au Jardin Anglais, au Parc des Bastions pour se rendre compte qu’il n’y a pas de répression. Les dealers sont chez eux, démarchant impunément le quidam en vue de vendre la mort. Les prisons sont pleines, il n’y a plus de place pour embastiller ceux que leurs activités devraient conduire en cellule. Vrai. Mais les promoteurs de la dépénalisation sont aussi les opposants les plus farouches à l’expulsion des criminels étrangers, population riche en trafiquants de drogue. On prétend que la répression a échoué tout en veillant à ce que les dealers restent en Suisse. Légère contradiction dans les termes.

    Les dealers hors course
    En libéralisant le cannabis, on va couper l’herbe sous le pied des trafiquants. Jeu de mot facile pour une vision illusoire. Le cannabis autorisé devra répondre à des critères stricts, notamment au niveau du taux de THC, le principe actif de cette drogue. Cela ne durera qu’un temps. Il faudra très vite trouver un cannabis plus fort pour obtenir les sensations souhaitées, d’où le recours aux dealers qui proposeront une «qualité» nettement supérieure au produit autorisé. Le projet poussera simplement les producteurs à augmenter le taux de THC de l’herbe qu’ils proposent.

    Les mineurs à l’abri du THC
    Seuls les consommateurs majeurs pourront se procurer du cannabis étatique. Il faut une certaine dose d’optimisme pour voir les choses ainsi. C’est tout le contraire qui se produira. Cette façon de faire offrira des opportunités commerciales majeures à ceux qui achèteront dans les magasins pour revendre aux mineurs interdits d’achat. Le trafic sera d’autant plus facile que sa source sera légale. De plus, une substance qui se consomme sans entrave dès 18 ans ne saurait être mauvaise. On ne risque donc pas grand-chose à anticiper l’anniversaire libérateur. La légalisation, c’est la banalisation d’une drogue qu’on a tort de considérer comme inoffensive.

    «

    Il serait faux de prétendre que le cannabis conduit aux autres drogues, mais c’est une porte d’entrée systématiquement franchie par les zombies que nous rencontrons de plus en plus fréquemment

    Plus de moyens pour la prévention, vraiment?
    La prévention sera financée par les consommateurs grâce aux taxes. Noble projet. A ceci près que comme nous venons de le voir, le produit légal ne séduira qu’un temps. Au surplus, il faudra taxer vigoureusement le cannabis afin de libérer les moyens nécessaires à la prévention d’un fléau qu’on aura lâché dans les rues. Un produit plus fort et non imposé ne manquera pas de faire son apparition, rendant leur importance aux dealers tout en sclérosant la prévention. Mauvaise idée encore une fois.

    D’autres chroniques de Céline Amaudruz

    Le cannabis à l’intérieur, le reste à l’extérieur
    Autre élément plaidant en défaveur du projet, les abcès de fixation. Dans le commerce, on sait qu’il est intéressant pour un vendeur d’être proche de sa clientèle. Les magasins qui mettront du cannabis en vente seront bien vite cernés par les trafiquants d’autres produits attirés par ces clients avides de paradis artificiels. Un fumeur de cannabis est un adepte potentiel de produits plus dangereux, genre crack comme on le voit dans nos rues. Il serait faux de prétendre que le cannabis conduit aux autres drogues, mais c’est une porte d’entrée systématiquement franchie par les zombies que nous rencontrons de plus en plus fréquemment.

    Commencer par le cannabis pour s’arrêter où?
    Dépénaliser le cannabis, quelles que puissent être les précautions prises, donne un message désastreux à notre jeunesse. C’est la porte ouverte à la dépénalisation de toutes les drogues. Car les causes qui justifient la capitulation devant le cannabis valent aussi pour l’héroïne, la cocaïne, le crack et tout le cortège de substances aussi addictives que mortifères. Nous avons chaque jour sous les yeux des femmes et des hommes ravagés par la drogue. Ce seul spectacle doit nous suffire pour dire non au cannabis, non aux drogues qui le suivent.

  352. L’IA, nouvelle arme de la police

    10 juin 2023 LAUSANNE
    Grâce à l’intelligence artificielle, il n’a jamais été aussi facile de fabriquer des faux documents numérique de qualité. Un changement qui ne sera pas sans conséquence pour la justice, comme nous l’ont confirmé les experts de la célèbre Ecole des sciences criminelles de Lausanne. Mais l’IA ne posera pas que des problèmes dans le futur… les enquêteurs se servent déjà d’elle, notamment pour identifier le véritable auteur d’un texte.

    Journaliste : Alexandre Willemin

    00:00 Intro
    00:58 les trucs pour reconnaître les fausses images
    02:21 danger n°1 : la désinformation
    03:17 danger n°2 : les arnaques
    03:59 danger n°3 : les preuves fabriquées
    06:54 l’IA pour débusquer les faux contenus

    https://www.youtube.com/watch?v=9-q–mWqVoE

  353. D’où vient la COCAÏNE ?

    11 mars 2023 #drogue #rtsinfo
    Avant de devenir la drogue préférée du cinéma américain, la cocaïne est passée par bien des chemins et des transformations. À la base mâchée par les Incas, elle deviendra plus tard une drogue interdite ultra-consommée dans le monde entier. Je vous raconte l’histoire de cette substance fascinante.

    Si tu rencontres des problèmes d’addiction, ou si tu connais des personnes qui en souffrent, voici quelques liens où tu pourras trouver informations et conseils :

    https://www.youtube.com/watch?v=UIQZg7v9Ac0

  354. Tout savoir sur les Écoutes Téléphoniques en France

    23 févr. 2025
    Comment les enquêteurs réalisent-ils les écoutes téléphoniques, et comment savoir si vous êtes sur écoute ?

    Les écoutes téléphoniques en France, également connues sous le nom d’interceptions judiciaires de communications, sont depuis longtemps un outil puissant et intrusif utilisé pour résoudre des enquêtes policières ou alimenter les services de renseignement. Mais qui peut être écouté ? Dans quel cadre légal ces écoutes sont-elles réalisées ? Quelles données sont collectées, et comment savoir si vous ou vos proches êtes sous surveillance ? Découvrez les réponses à ces questions cruciales dans cette vidéo.

    Chapitres :
    00:00 Intro
    02:13 Les interceptions : définitions
    04:56 Le cadre légal
    09:00 Qui peut être placé sur écoute ?
    14:23 Le fonctionnement des écoutes
    25:33 Les données interceptées
    30:34 L’exploitation des écoutes
    33:05 Comment savoir si vous êtes sur écoute ?

    https://www.youtube.com/watch?v=Z1Y9OmhPPcI

  355. Énorme Coup De Gueule : ‘L’État Me Passe Dessus !’

    2 mars 2025
    Un coup de gueule puissant contre l’État et les impôts ! Sam, un citoyen excédé, n’en peut plus des services publics défaillants et de la pression fiscale. Sa phrase est choc : “Je me sens comme une prostituée. L’État me passe dessus, mais il ne veut pas me payer.”

    Il va plus loin et lance un appel à la révolte fiscale : “Les Français, arrêtez de payer. On envoie nos impôts à Macron !”

    Alors, simple coup de colère ou réflexion légitime sur l’injustice fiscale ? Son message divise, mais il fait écho à un ras-le-bol national.

    https://www.youtube.com/watch?v=c64JUVVmYRs

  356. https://technopolice.fr/presentation/
    Manifeste

    Résister à la surveillance totale de nos villes et de nos vies
    Partout sur le territoire français, la Smart City révèle son vrai visage : celui d’une mise sous surveillance totale de l’espace urbain à des fins policières.

    À Toulouse, Valenciennes ou Paris, on expérimente la vidéosurveillance réputée « intelligente » car fondée sur le traitement automatisé des flux vidéos pour imposer la reconnaissance faciale.

    À Saint-Étienne, une startup s’allie avec la mairie pour déployer des micros dans l’espace urbain afin d’alerter la police en cas de bruit suspect.

    À Marseille ou Nice, des industriels voraces comme Thalès ou Engie avancent main dans la main avec les élus pour pousser leurs projets de « Safe City », sorte de couteau-suisse sécuritaire qui va de la reconnaissance des émotions dans l’espace public urb à l’interconnexion massive de bases de données à des fins de police prédictive, en passant par la surveillance des réseaux sociaux.

    Les nouvelles technologies informatiques comme le Big Data et l’Intelligence Artificielle sont la clé de voûte de ces différents projets. Ce sont elles qui doivent permettre de faire sens de toutes les données que l’on saura produire ou collecter, établir des corrélations, faire des recoupages statistiques, tracer des individus ou administrer des lieux.

    La Smart City fait ainsi de la Technopolice notre futur. Sous couvert d’optimisation et d’aide à la décision, elle transforme l’urbanité toute entière pour en faire une vaste entreprise de surveillance. Une surveillance macroscopique d’abord, dédiée à un pilotage serré et en temps réel des flux de population et de marchandises, à une gestion centralisée depuis un centre de commandement hyperconnecté. Puis, une surveillance rapprochée des individus et des groupes : dès que des comportements « suspects » sont détectés, les appareils répressifs pourront fondre sur eux, « préempter la menace » et réprimer la moindre petite infraction à l’ordre public. Ou à l’inverse récompenser les citoyens jugés vertueux.

    Sauf qu’il suffit de regarder dans le miroir que nous tendent l’histoire ou d’autres régions du monde pour savoir à quoi la Technopolice nous conduit : renforcement des formes de discrimination et de ségrégation, musellement des mouvements sociaux et dépolitisation de l’espace public, automatisation de la police et du déni de justice, déshumanisation toujours plus poussée des rapports sociaux. Tout cela et plus encore, au prix d’un gigantesque gâchis financier et écologique qui ne servira qu’à conforter le pouvoir des marchands de peur, et à maquiller le plus longtemps possible l‘ineptie de leurs politiques.

    Les technocrates misent donc sur le Plan et la Machine pour réguler nos villes et nos vies. En lieu et place de la polis entendue comme cité démocratique, comme espace pluraliste, lieu de déambulation, de rencontres impromptues et de confrontation à l’altérité, ils mettent la ville sous coupe réglée. La technopolice ressemble à un gigantesque tube à essai dans lequel les formes les plus avancées du contrôle social pourront être mises au point.

    Contre cette dystopie que préparent ceux qui prétendent nous gouverner, nous appelons à une résistance systématique.

  357. https://technopolice.fr/technologies/
    Technologies

    À Marseille ou à Nice, des industriels comme Thalès ou Engie avancent main dans la main avec les élu·es pour pousser leurs projets de « Safe City ». Véritables couteaux suisses sécuritaires, ils vont de la reconnaissance des émotions dans l’espace public urbain à l’interconnexion massive de bases de données à des fins de police prédictive, en passant par la surveillance des réseaux sociaux. Les technologies informatiques comme le Big Data et l’Intelligence Artificielle sont les clés de voûte de ces différents projets. Ce sont elles qui doivent permettre d’analyser toutes les données que l’on saura produire ou collecter, établir des corrélations, faire des recoupages statistiques, tracer des individus ou administrer des lieux.

    Parmi les technologies les plus utilisées dans la Technopolice, se trouve ainsi la « vidéosurveillance intelligente », par exemple à Valenciennes avec l’aide de l’entreprise Huawei, ou encore à Toulouse avec l’entreprise IBM. Elle a pour objectif de détecter certaines situations et d’émettre des alertes en cas de mouvements de foule, d’objets abandonnés, de situations inhabituelles, de personnes se mettant subitement à courir…

    Dans le même ordre d’idées, toujours dans le cadre de l’analyse d’images, la reconnaissance faciale est un des autres outils favoris de la Technopolice. Visant à identifier ou authentifier des personnes à l’aide de données biométriques. Cette technologie a déjà été expérimentée sur la voie publique à Nice, pendant le carnaval en 2018, et est également en projet dans deux lycées de la région Sud, l’un à Nice et l’autre à Marseille.

    Ces nouvelles capacités d’analyse automatique des flux vidéos doivent être rapprochées avec le développement des moyens de captation d’images et de leur transmission en temps réel à des centres de supervision urbains. Les caméras ne sont plus seulement fixes mais maintenant mobiles : en caméra-piétons mais aussi bientôt par drones, comme c’est déjà le cas à Istres.

    D’autres technologies se mettent à pulluler sur notre territoire, comme les dispositifs de détection de bruits suspects et non plus seulement de l’image, à l’aide de microphones et d’intelligence artificielle qui se déclenchent à l’écoute d’un cri ou d’un bris de vitre, comme cela est envisagé à Saint-Etienne. Ou le développement d’applications dites « citoyennes » permettant aux personnes de notifier à leur administration non seulement des dépôts d’ordures devant chez eux, mais aussi tout « incident » sur la voie publique ou encore, comme ce fut le cas pour le projet Reporty à Nice, de signaler des « incivilités » directement à la police avec leur caméra (projet auquel la Cnil avait mis son veto).

    Enfin, grâce aux outils d’analyse du « Big Data », certains acteurs cherchent à récupérer un maximum de données générées dans la ville (images de vidéosurveillance, données de la circulation, des hopitaux, de la police, des réseaux sociaux…), de les passer par le filtre d’une analyse algorithmique afin, comme cela a été annoncé à Marseille, pour l’ « Observatoire de la Tranquillité publique » « d’anticiper et donc d’empêcher le déroulement de faits problématiques pour la paix urbaine, que ce soit de la délinquance aux questions de propreté, de réglementation de la circulation et du stationnement, d’occupation temporaire du domaine public, etc. ».

    L’ensemble de ces outils révèlent bien la nature de la « Safe City » telle qu’elle est fantasmée par ses promoteurs : une surveillance totale de l’espace public au travers de technologies de contrôle social, développés par des entreprises privées et avec la complaisance des élus locaux.

  358. https://www.payot.ch/Detail/technopolice-felix_treguer_-9791097088729
    Detail
    Drones, logiciels prédictifs, vidéosurveillance algorithmique, reconnaissance faciale : le recours aux dernières technologies de contrôle se banalise au sein de la police. Loin de juguler la criminalité, toutes ces innovations contribuent en réalité à amplifier la violence d’Etat. Elles referment nos imaginaires politiques et placent la ville sous contrôle sécuritaire. C’est ce que montre ce livre à partir d’expériences et de savoirs forgés au cours des luttes récentes contre la surveillance policière. De l’industrie de la sécurité aux arcanes du ministère de l’Intérieur, de la CNIL au véhicule de l’officier en patrouille, il retrace les liens qu’entretient l’hégémonie techno-solutionniste avec la dérive autoritaire en cours.

    Félix Tréguer est chercheur associé au Centre Internet et Société du CNRS et membre de La Quadrature du Net, un collectif dédié à la défense des droits humains face au processus d’informatisation. Il est l’auteur de Contre-histoire d’Internet : du XVe siècle à nos jours (Agone, 2023).

  359. https://www.20min.ch/fr/story/alcool-jeu-tabac-une-minorite-trinque-aux-depens-de-tous-les-lobbys-mis-en-cause-103293907
    Addiction Suisse : l’impact caché des lobbys
    Publié4. mars 2025, 06:05

    Alcool, jeu, tabac …Une minorité trinque aux dépens de tous: les lobbys mis en cause
    Dans son rapport annuel, l’organisation de lutte contre les addictions critique un business model fondé sur une consommation problématique.

    Les coûts liés à la consommation d’alcool, de tabac ou aux jeux en ligne se chiffrent en millards, dénonce Addiction suisse dans son Panorama annuel.

    Les coûts liés à la consommation d’alcool, de tabac ou aux jeux en ligne se chiffrent en millards, dénonce Addiction suisse dans son Panorama annuel.

    Getty Images
    L’addiction est traité comme un problème individuel, alors qu’il coûte cher à la société et rapporte gros aux industries concernées. C’est ce que dénonce Addiction Suisse dans son dernier Panorama, qui s’attèle à montrer comment une minorité de consommateurs représente la plus grosse part des profits en la matière.

    Une minorité consomme la plus grosse part
    Par exemple, liste le rapport, un petit 4% de la population consomme un quart de tout l’alcool bu dans le pays. La consommation globale est en recul, mais les excès restent fréquents, et les coûts pour la collectivité, au travers de violences, accidents ou encore problèmes de santé qui en découlent sont gigantesques.

    Quelque 5% des joueurs représentent près d’un tiers des recettes de jeu d’argent, y compris chez les jeunes exposés à une publicité massive venue de l’étranger, et les pertes augmentent pour dépasser deux milliards de francs en 2023. En outre, 10% des fumeurs de cannabis consomment la moitié de la quantité totale.

    Des liens ambigus avec la culture, le sport, l’argent des retraites
    Avec environ 10’000 morts par an et des coûts estimés à 7,9 milliards de francs pour l’année 2017, Addiction Suisse dénonce un marché juteux pour les entreprises, mais dont les conséquences sont laissées à la charge de la collectivité. Toutefois, les bénéfices reversés à la culture, au sport ou à l’AVS constituent un argument de poids pour éviter une réglementation plus stricte, critique l’organisation.

    «Le marché pesant plusieurs milliards de francs, l’industrie combat les mesures politiques en vue de réglementer le secteur et de prévenir les addictions, le plus souvent avec succès, écrivent les auteurs du rapport. Elle investit des sommes faramineuses dans le lobbying et les actions en justice afin d’affaiblir les prescriptions ou d’empêcher l’adoption de dispositions plus sévères.» Avec pour exemple la lutte contre la réglementation de la pub pour le tabac, ou un contrôle insuffisant des offres illégales de jeux en ligne, Addiction suisse dénonce une gestion basée sur la responsabilité individuelle.

    Le marché de l’attention, espace de manipulation
    Réseaux sociaux et jeux vidéos, malgré leurs côtés positifs, sont un terrain de jeu pour les méthodes de manipulation d’un nouveau genre de marketing, dénonce Addiction Suisse. Celui-ci incite à y consacrer le plus de temps et d’argent possible, et exposent à des images parfois choquantes, ayant un impact sur leur santé psychique.

    Face une hausse des situations problématiques, de 3,8 à 6,8% entre 2017 et 2022, possiblement aggravées par la pandémie, l’organisation appelle à mieux réguler ces marchés, et à développer les compétences médiatiques des citoyens de tous âges. Et à commencer tôt, puisque les usages problématiques concernent en priorité les 15-24 ans (22,2%).

    Pour Addiction Suisse, le plus urgent est la protection de la jeunesse, car retarder l’installation d’habitudes problématiques a un effet très bénéfique à long terme. Elle salue les interdictions cantonales des puffs (vapes à usage unique), et en appelle une nationale, «d’autant plus urgente que la consommation de nicotine est en hausse chez les jeunes à cause de ce type de produits».

    Elle demande aussi une restriction des publicités nocives, une hausse des prix, une meilleure régulation des jeux en ligne et une réduction de la vente nocturne d’alcool, qui réduit la gravité des excès. Elle soutient une régulation publique et non lucrative du cannabis.

  360. Macron veut espionner vos messages ? Signal dit NON !

    28 févr. 2025

    La liberté d’expression et la vie privée sont en danger !

    Signal, l’application de messagerie ultra-sécurisée, annonce son départ de la France après l’adoption de la loi “narcotrafic”.

    Cette loi impose des backdoors dans les systèmes de chiffrement, rendant vos conversations accessibles aux autorités… et aux hackers.

    Après l’interpellation du patron de Telegram, c’est une nouvelle attaque contre la vie privée en ligne.

    Pourquoi c’est grave ?

    La fin du chiffrement sécurisé ?
    Un pas de plus vers la surveillance de masse ?
    Signal, Telegram, WhatsApp… qui sera le prochain ?

    ⚠️ On nous vend la sécurité, mais à quel prix ?

    Comme les caméras de surveillance pour les JO, ce genre de mesures temporaires devient souvent permanent…

    https://www.youtube.com/watch?v=lY55bN-gZjU

  361. Drogue à domicile – Envoyé spécial

    14 févr. 2025 PARIS
    Un reportage de Clément Le Goff, Valéria Ghiri, Elouën Martin, Laurent Desbois, Guillaume Beaufils et Nils Montel.
    Première diffusion le 13 février 2025 sur France 2.

    Depuis quelques années, partout en France, la livraison de drogue remplace peu à peu les points de deal traditionnels. Toutes les drogues peuvent s’acheter en ligne, sans bouger de chez soi : cannabis, cocaïne, 3 MMC. C’est toute une économie parallèle qui se développe : livreurs, nourrices, responsables marketing, dealers 2.0. Comment ce nouveau trafic de drogue a-t-il augmenté la consommation ?Envoyé spécial dresse le portrait des acteurs de ce trafic : un jeune livreur de drogue, un trafiquant à la tête d’un réseau géré entièrement depuis son ordinateur, des consommateurs de tous horizons accros à la livraison. Parmi eux, pour la première fois, le député La France Insoumise Andy Kerbrat, interpellé alors qu’il se faisait livrer de la drogue, se livre à Envoyé spécial.

    https://www.youtube.com/watch?v=4GRyQ2TyoJc

  362. Le Traumatisme Invisible Derrière L’Addiction | Carl Jung et Gabor Mat
    https://www.youtube.com/watch?v=8UzkA21voFA

    2 févr. 2025 #CarlJung #Psychologie #Addiction
    Pourquoi tant de personnes tombent-elles dans l’addiction ? Qu’y a-t-il réellement derrière la dépendance ? Dans cette vidéo, nous explorons les découvertes de Gabor Maté et Carl Jung sur la manière dont les traumatismes cachés façonnent nos vies et nous poussent à chercher un soulagement… souvent au mauvais endroit.

    Vous allez découvrir :
    ✅ Comment les traumatismes de l’enfance affectent le cerveau et créent des schémas addictifs.
    ✅ Pourquoi l’addiction n’est pas une question de moralité, mais de souffrance émotionnelle.
    ✅ La vision de Carl Jung sur la relation entre spiritualité et guérison.
    ✅ Ce que la science révèle sur les mécanismes de survie derrière la dépendance.
    ✅ Comment remplacer le jugement par l’empathie et trouver une véritable voie de guérison.

    Si vous voulez comprendre l’origine de l’addiction et comment s’en libérer, cette vidéo peut changer votre regard ! Aimez, commentez et partagez pour que ce message atteigne plus de personnes.

  363. Le crack, une drogue qui gagne du terrain | ARTE Regards
    23 oct. 2024 #reportage #drogue #arte
    Disponible jusqu’au 16/10/2029
    Bon marché et extrêmement addictif, le crack est issu de la cocaïne. Cette drogue qui inonde l’Europe devient de plus en plus accessible et dans de nombreuses villes, on la consomme désormais à la vue de tous. Tandis qu’en Allemagne, les habitants se sentent abandonnés par les pouvoirs publics, la Suisse renforce sa politique en matière de drogue.

    Noé Gonzales et sa famille vivent dans le quartier berlinois de Wedding, à proximité de la Leopoldplatz. Ces dernières années, la place est devenue une véritable plaque tournante du crack – parfois consommé dans l’entrée des immeubles, au grand dam des riverains. Dans sa cage d’escalier, Noé Gonzales est souvent tombé nez à nez avec des personnes venues fumer du crack, dormir ou dealer, et a dû leur demander de partir.

    Ronald Schneider travaille depuis trente ans dans l’aide aux personnes en situation d’addiction. À Francfort, il dirige un centre d’assistance près de la gare, où jusqu’à 400 toxicomanes se droguent quotidiennement à la vue de tous. Avec ses collègues, il gère deux salles de consommation pour stopper la consommation dans l’espace public. Mais l’essor du crack inquiète le directeur du centre. Après quelques secondes d’euphorie seulement, les consommateurs de crack errent déjà à la recherche de leur prochaine dose. Comment les aider à sortir de la rue ?
    À Zurich, un concept unique est mis à l’essai. Addict au crack depuis toujours, Kim Hauser fréquente l’un des trois centres de contact et d’accueil qui se sont ouverts au cœur de la ville pour accueillir les usagers de drogue dans de bonnes conditions. Environ mille personnes fréquentent ces espaces adaptés qui offrent des soins médicaux, de la nourriture et la possibilité de priser dans de bonnes conditions d’hygiène.

    L’idée était jusqu’alors inconcevable : en Allemagne, il est désormais possible d’acheter de la drogue directement au point de contact de petits dealers – une zone grise tolérée par la police. Le directeur de centre Florian Meyer en est convaincu : pour aider les personnes dépendantes au crack à sortir de la rue, il faut emprunter de nouvelles voies.

    Reportage (Allemagne, 2024, 31mn)
    https://www.youtube.com/watch?v=so_HWQ_Oe_o

  364. Zones rurales, coke en stock
    1 mars 2025
    Après avoir conquis les grandes villes, le trafic de drogue s’étend désormais aux zones rurales et aux villes moyennes. Dans les départements de l’Orne et de la Manche, la cocaïne circule à bas bruit. Et cause d’importants dégâts sanitaires, surtout quand elle est consommée sous forme de “crack”. Sur la piste des trafiquants, gendarmes et magistrats déplorent un criant manque de moyens. Une récente proposition de loi du Sénat vise justement à mieux les armer dans leur lutte contre les réseaux criminels. Mais tandis que la drogue se banalise auprès des jeunes, la prévention demeure le parent pauvre de la réponse des pouvoirs publics. Entre Coutances et Alençon, radioscopie d’un bout de Normandie aux prises avec le narcotrafic.

    Réalisateurs :
    Fabien Recker
    https://www.youtube.com/watch?v=dPSQ-nkPXZs

  365. Pourquoi le Portugal a décriminalisé toutes les drogues

    5 févr. 2025 LISBONNE
    En 2001, le Portugal a pris une décision qui le distingue du reste du monde : le pays a décriminalisé TOUTES les drogues, de l’héroïne au crack. Et c’est notamment lié aux crises du sida et de l’héroïne que le Portugal a traversées dans les années 1980 et 1990. Désormais, les consommateur·ices y sont perçu·es comme des patient·es plutôt que comme des criminel·les.

    vingt-quatre ans après la mise en place de cette décriminalisation, les résultats montrent que cette approche fonctionne… Alors pourquoi les autres pays n’imitent pas le Portugal ?

    https://www.youtube.com/watch?v=N-pdsSQkP9M

  366. Prédire les crimes – Film documentaire
    on-tenk.com/fr/documentaires/vous-etes-filmees/predire-les-crimes

    Résumé
    Dans de nombreux pays, le film d’anticipation de Spielberg, Minority Report, est déjà une réalité : des logiciels permettent à la police de prévenir les crimes et délits. Quelles sont les conséquences pour les citoyens, identifiés comme criminels ? Sommes-nous prêts à sacrifier notre liberté pour davantage de sécurité ?

    L’avis de Tënk
    Prédire les crimes donne un aperçu complet des méthodes de la police prédictive et montre très concrètement l’impact que l’alliance de la surveillance, du big data et des algorithmes a et aura sur nos vies personnelles. Le film présente des policiers et des scientifiques travaillant avec ces technologies, ainsi que des personnes qui en ont été victimes.
    Il apparaît clairement à quel point nous sommes tous devenus « transparents » sans même nous en rendre compte. L’utilisateur moyen fournit presque volontairement une grande partie des données collectées via les réseaux sociaux. Le commerce de ces traces numériques est florissant et nous devenons tous calculables et évaluables. Pour mettre en lumière le fait que la surveillance est depuis longtemps omniprésente, Prédire les crimes utilise des reconstitutions, des illustrations et des animations dans le style de la réalité augmentée qui simulent les données enregistrées.
    Que peut-on ressentir, lorsqu’on vit au cœur d’un système de prédiction imprévisible ?

    Luc-Carolin Ziemann
    Programmatrice, autrice et formatrice cinéma

    Télévision. Prédire les crimes n’est plus une fiction
    ouest-france.fr/culture/television-predire-les-crimes-n-est-plus-une-fiction-5996906
    1 octobre 2018

    Un documentaire d’Arte rapporte les expériences menées dans différentes villes et les conséquences pour des habitants fichés.

    On sait tout de vous. Au point de prédire vos moindres faits et gestes. Ceci n’est pas un film de science-fiction, inspiré de la plume de Philip K. Dick. Le documentaire Prédire les crimes montre une réalité sur le point de dépasser la fiction.

    Algorithmes, big data, caméras… Les nouvelles technologies permettent aux forces de l’ordre des quatre coins du globe d’anticiper crimes et délits. Peu importe le nom qu’ils donnent à leur logiciel. « Matrix » et autre « Redpol » traitent les données à un rythme effréné pour rendre la police « proactive ».

    Conséquence : dans des villes comme Chicago ou Londres, des hommes et des femmes, supposés dangereux, sont fichés. Coupables de ce qu’ils pourraient faire demain, en se basant sur ce qu’ils ont fait hier !

    Malgré quelques longueurs, ce documentaire de Monika Hielscher et Matthias Heeder est irréprochable dans sa forme. Sur le fond ? Il prouve qu’on a beau en être aux prémices, les dérives de tels procédés sont flagrantes. Les questions éthiques sont soulevées. Seul regret ? Le constat d’un présent inquiétant sans un regard sur ce qu’il sera possible demain. Encore plus effrayant.

    Arte, 20 h 50.

  367. La prédiction des crimes via logiciel ne séduit pas en Suisse romande
    rts.ch/info/regions/autres-cantons/9236453-la-prediction-des-crimes-via-logiciel-ne-seduit-pas-en-suisse-romande.html
    Radio Télévision Suisse10 janvier 2018
    Depuis plusieurs années, la police de la ville de Zurich utilise un logiciel informatique capable selon elle de prédire les cambriolages. Côté romand, l’intelligence artificielle n’a pas encore séduit les forces de l’ordre.

    La scène rappelle le film “Minority Report” avec Tom Cruise: des forces de l’ordre consultant une “météo du crime” sur leur écran d’ordinateur. Depuis quatre ans, cette technologie n’est plus de la science-fiction à Zurich. La police municipale y utilise le système Precobs – pour Pre Crime Observation System – qui fournit des prévisions concernant les cambriolages.

    Grâce aux données collectées les années précédentes, le système étudie les différents périmètres de la ville, zone par zone, explique dans le 19h30 de la RTS Marco Cortesi, chef de l’information de la police zurichoise. “Puis Precobs en déduit où auront lieu les nouveaux cambriolages dans les sept prochains jours” via des algorithmes, précise le porte-parole.

    Avec ce logiciel, la police zurichoise affirme avoir fait chuter le nombre de cambriolages de 30% à 40% depuis 2014. L’ordinateur ferait une prévision correcte dans quatre cas sur cinq.

    En Suisse romande, on mise sur l’humain
    Du côté des experts en sciences criminelles, l’efficacité des logiciels de prédiction fait toujours débat. “Certaines évaluations disent que cela fonctionne, d’autres que non, on n’est pas loin du hasard”, analyse Olivier Ribaux, criminologue à l’Université de Lausanne. Autre aspect controversé: jusqu’à quel point peut-on déléguer aux machines des questions relevant de la loi?

    En Suisse romande, les polices romandes n’utilisent pas de tels systèmes et continuent de miser sur l’intelligence humaine. A l’instar de Neuchâtel, où la police s’appuie sur des outils informatiques, mais l’expertise du policier reste au centre des enquêtes.

    “Parfois, nous retrouvons des criminels après plusieurs années. C’est souvent une détection faite facilement par le policier grâce à sa sensibilité”, raconte Samuel Rodrigues, analyste criminel au sein de la police cantonale. “L’outil informatique n’arrive pas encore à remplacer ce côté humain.”

    A terme, les polices romandes n’excluent cependant pas de s’équiper de tels programmes. Mais ceux-ci restent mieux adaptés aux grandes agglomérations.

    Julien Guillaume/tmun

    Publié le 10 janvier 2018 à 20:24

  368. MAGAZINE AMNESTY Suisse Surveiller et prédire
    amnesty.ch/fr/sur-amnesty/publications/magazine-amnesty/2021-3/surveiller-et-predire
    Par Florian Wüstholz. Article paru dans le magazine AMNESTY n°106, juillet 2021

    La police suisse mise sur des outils de pronostic à base d’algorithmes pour identifier et surveiller les personnes supposément dangereuses. Si l’efficacité de la prédiction policière, en anglais « predictive policing », n’est pas attestée, une chose est sûre : elle porte atteinte aux droits fondamentaux.

    Dans le film Minority Report, la police parvient à empêcher des crimes bien avant que ceux-ci n’aient lieu. Elle fait appel à des visions obtenues par des procédés divinatoires pour entrevoir des événements futurs. Dans la réalité, nos autorités utilisent les algorithmes, les logiciels de pronostic et la surveillance vidéo pour déterminer ce qui pourrait se passer demain. Avec la prévision policière, la police cherche à identifier les régions où la probabilité des cambriolages est particulièrement élevée. Elle tente aussi de prédire la supposée dangerosité des personnes.

    Les individus sont surveillés et font l’objet de mesures préventives, alors qu’ils n’ont rien à se reprocher. N’importe quel propos ou like sur les réseaux sociaux peut être interprété comme l’indice que ces personnes risquent, d’un jour à l’autre, de devenir dangereuses pour la collectivité.

    La prévision policière n’en constitue pas moins une atteinte aux droits humains. Les individus sont surveillés et font l’objet de mesures préventives, alors qu’ils n’ont rien à se reprocher. N’importe quel propos ou like sur les réseaux sociaux peut être interprété comme l’indice que ces personnes risquent, d’un jour à l’autre, de devenir dangereuses pour la collectivité. Dans la plupart des cas, elles ignorent que l’État les tient à l’oeil, et elles n’ont aucun moyen juridique de se défendre.

    La prévision policière est également dangereuse en raison des technologies utilisées. La population n’a la plupart du temps aucun moyen de savoir à quels outils et logiciels recourt la police, dans quelles situations et à quelle fréquence. Les algorithmes appliqués sont opaques, parfois discriminatoires, et ils ne sont soumis à aucun contrôle scientifique. Rien d’étonnant à ce que l’ONG canadienne CitizenLab y voie une menace pour toute une série de droits fondamentaux : interdiction de la discrimination, sécurité juridique, protection de la sphère privée ou liberté d’expression.

    La Suisse, pionnière
    La prévision policière n’est pas une dystopie relevant de la science-fiction. C’est une réalité, notamment dans notre pays, qui fait figure de pionnier en la matière. Ce qui est techniquement possible est mis en oeuvre, sans débat démocratique, sans évaluation scientifique. Les profils des individus désignés comme « potentiellement dangereux » sont enregistrés dans des bases de données et conservés pendant des années. La police tient le registre de ces personnes à leur insu en utilisant des outils de pronostic tels que « Ra-Prof », « DyRiAS », « Octagon » ou « ODARA », censés évaluer la dangerosité avec des questionnaires et des échelles de mesure. Le logiciel « Precobs » doit guider les patrouilles là où des cambriolages risquent de se produire. En Suisse, presque tous les cantons misent sur l’un ou l’autre de ces logiciels.

    L’usage des algorithmes est dépourvu de base légale claire

    Cette évolution est particulièrement inquiétante dans le contexte de la loi sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme (MPT) récemment acceptée en votation populaire. Des milliers de personnes sont déjà fichées dans les bases de données d’individus « potentiellement dangereux ». Avec les outils de pronostic et les nouvelles mesures préventives, d’autres pourraient bientôt connaître le même sort alors qu’elles n’ont commis aucun délit. L’usage des algorithmes est en outre dépourvu de base légale claire, comme l’a montré une enquête du média en ligne Republik. À Bâle-Ville, ces bases légales sont tout juste en cours d’élaboration, alors que « Ra-Prof » a été mis en oeuvre dans plus de 50 cas depuis 2016. Le logiciel a été développé par l’Institut suisse pour les questions de violence (Schweizerisches Institut für Gewaltfragen, SIFG) pour calculer les tendances à la radicalisation sur la base de 40 questions. Les cantons de Schaffhouse, Saint-Gall et Argovie utilisent « Octagon », alors que la révision correspondante des lois policières n’est pas encore entrée en vigueur. Ce questionnaire établi par le Service psychiatrique et psychologique du canton de Zurich doit déterminer la probabilité qu’une personne commette un acte violent. « Octagon » est en service dans au moins onze autres cantons suisses.

    Tout cela ne dérange pas les autorités. Interrogées, elles renvoient à des alinéas de portée générale de la loi sur la police autorisant celle-ci à prendre des mesures préventives contre les infractions. Il est plus que douteux que l’utilisation systématique de logiciels de pronostic en fasse partie. Pour la professeure de droit bâloise Nadja Braun Binder, ces dispositions générales ne devraient être invoquées que dans des cas exceptionnels.

    Obéissance aveugle ?
    L’acquisition et l’utilisation de « Ra-Prof », « Octagon » ou « DyRiAS » ne font pas l’objet d’un débat public. La transparence et la clarté des algorithmes ne sont pas non plus explicitement prises en compte lors de la procédure d’acquisition, comme il ressort d’une étude menée à l’Université de Saint-Gall. Le fonctionnement de nombreux outils est couvert par le secret des affaires.

    Une transparence absolue serait pourtant le minimum exigible. De même, la pertinence des algorithmes n’est guère remise en question, et quand c’est le cas, les résultats sont peu encourageants. La télévision suisse alémanique a montré que « DyRiAS » surestimait lourdement la dangerosité des individus : dans deux cas sur trois, ses appréciations sont fausses. « DyRiAS » doit déterminer sur une échelle de 1 à 5 le degré d’urgence d’une intervention dans différents domaines comme l’emploi, l’école, le couple. Il est en usage dans au moins six cantons.

    Depuis des années, la reconnaissance faciale est sous le feu des critiques pour ses biais racistes et sexistes, avec pour résultat des erreurs qui conduisent à des violations massives des droits fondamentaux.

    La police souligne que ces outils ne tranchent pas – ils n’ont qu’un rôle auxiliaire. Au final, les décisions appartiennent aux seul·e·s fonctionnaires. Mais les choses ne sont pas si simples, à en croire Monika Simmler de l’Université de Saint-Gall. Les algorithmes confèrent une « pseudo-légitimation » : lorsque les résultats du logiciel viennent confirmer une intuition, ils fournissent une justification à celle-ci. Mais lorsque l’algorithme parvient à une conclusion différente, les utilisateurs vont être plutôt amenés à remettre en question ce résultat. Le risque est celui d’une vision en tunnel : le travail finit par ne plus se fonder que sur ce que l’on demande au logiciel et sur ce qu’il permet d’enregistrer, en négligeant d’autres données et indices. Quant au contexte, il échappe souvent aux algorithmes.

    Confrontée à ces problèmes, la police suisse reste de marbre. Selon elle, il existe une mécompréhension de son rôle et de son travail. Les médias se seraient simplement emparés d’un sujet à la mode. Un reportage du Tages Anzeiger donne un aperçu du quotidien de la police cantonale argovienne. Elle piste les criminel·le·s avec le logiciel de reconnaissance faciale de la société israélienne AnyVision. Or, depuis des années, la reconnaissance faciale est sous le feu des critiques pour ses biais racistes et sexistes, avec pour résultat des erreurs qui conduisent à des violations massives des droits fondamentaux. Les géants de la tech comme Amazon, IBM et Microsoft ont eux-mêmes interdit l’usage des outils qu’ils ont développés à des fins policières. Et pourtant, lors du moindre vol à la tire, les polices des cantons d’Argovie, Schaffhouse, Saint-Gall et Vaud passent automatiquement en revue leurs archives photos pour identifier des personnes suspectes. La police argovienne avoue ouvertement qu’il est impossible de connaître précisément le taux d’erreur du logiciel.

    Les algorithmes sont utilisés sans discernement. Sous prétexte de lire dans le futur, ils amènent à sacrifier des droits fondamentaux qui devraient nous protéger contre l’arbitraire.

  369. Disciples des piqûres – ARTE Radio Podcasts

    12 mars 2025 #addiction #drogue #société
    Il y a les drogués au crack qui font peur aux passants, il y a aussi des toxicomanes “inclus” et invisibles pour la société. Pierre, 41 ans, est fromager ; Philippe, 57 ans, est entrepreneur retraité et franc-maçon actif. Tous deux racontent leur lourde consommation d’héroïne, de cocaïne et désormais de méthadone. Propos libres sur le bonheur, la déchéance et la méfiance.

    #podcast #drogue #addiction #société

    Un documentaire de Mathilde Guermonprez et Mathieu Crocq
    [Documentaire de 2011]
    Réalisation : Mathilde Guermonprez et Mathieu Crocq
    Mise en ondes et mixage : Arnaud Forest

    https://www.youtube.com/watch?v=e8Btpky4D8Y

  370. Explosion des drogues psychostimulantes : ce que vous devez savoir

    16 févr. 2025 #santé #drogue #politique
    Depuis le début des années 2000, la consommation de toutes les drogues a explosé en France. Et depuis 2010, une nouvelle tendance inquiète : l’essor des nouvelles drogues psychostimulantes et le détournement de médicaments opiacés.

    ❓ Mais quelles sont ces substances ?
    ❓ Pourquoi leur usage augmente-t-il autant ?
    ❓ Quels dangers représentent-elles ?

    ️ Amine Benyamina, psychiatre addictologue, décrypte l’ampleur du phénomène, les risques pour la santé et les mesures mises en place par les autorités.

    #drogue #politique #santé

    https://www.youtube.com/watch?v=fEhNXWhVwZs

  371. https://www.blick.ch/fr/suisse/bagarre-meurtre-pedophilie-la-liste-des-peches-des-suisses-en-tha-lande-sallonge-de-jour-en-jour-id20683220.html
    Voici le registre des péchés des Suisses en Thaïlande
    En Thaïlande, la police vient d’arrêter un Suisse qui prenait de la coke en public. Les Thaïlandais demandent que les étrangers soient punis plus sévèrement de manière générale. Blick a compilé le registre des infractions des Suisses dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

    Publié: 14:57 heures

    |

    Dernière mise à jour: 14:59 heures

    Les Suisses n’ont pas bonne réputation en Thaïlande. Manfred K. avait par exemple donné un coup de pied dans le dos d’une femme dans un escalier.

    Les Suisses n’ont pas bonne réputation en Thaïlande. Manfred K. avait par exemple donné un coup de pied dans le dos d’une femme dans un escalier.

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    Guido Felder

    Agressions, meurtres, pédophilie, drogue: les Suisses font régulièrement la Une des journaux en Thaïlande, paradis des vacances. Dernier exemple en date: un Suisse qui aurait consommé de la cocaïne en public est au centre de l’attention. L’affaire fait des remous et la publication de la vidéo montrant l’homme en train de se droguer a suscité une vague de commentaires dans les réseaux sociaux, comme l’écrit «Der Farang», le journal des étrangers en Thaïlande.

    L’attention de la police de Phuket n’a été attirée qu’après qu’une vidéo intitulée «Qu’est-ce que tu fais, mon frère?» a été postée sur les réseaux. Le clip montre deux hommes, dont l’un se penche sur un scooter et s’enfile une ligne. Le test de dépistage de drogue du Suisse appréhendé s’est finalement révélé positif. La police l’a arrêté. Entre-temps, il a été remis en liberté. Ce cocaïnomane n’est pas le seul Suisse à avoir des ennuis avec les autorités. Un meurtrier qui avait caché sa femme décédée, deux pédophiles et d’autres criminels occupent également la justice thaïlandaise.

    Une justice moins sévère avec les étrangers?
    Dans le débat sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs reprochent à la police de punir moins sévèrement les étrangers que les indigènes. Deux poids deux mesures

    La colère dans les commentaires est également dirigée contre la baisse de la qualité du tourisme. Cette tendance serait favorisée par le programme d’entrée sans visa pour différents pays, qui encouragerait une augmentation des touristes. Les Suisses peuvent ainsi visiter la Thaïlande sans visa pendant 60 jours.

    Des suspects affichés comme des trophées
    La Thaïlande est certes une destination de vacances et un paradis pour les retraités, avec des gens extrêmement prévenants. Mais les lois y sont très dures. Les délits tels que le crime de lèse-majesté, les relations sexuelles avec des mineurs, le fait de fumer dans des zones interdites ainsi que la consommation ou la possession de drogues sont très sévèrement punis. En 2018, un Thaïlandais de 26 ans qui avait tué un adolescent en 2002 a été exécuté. La peine de mort n’avait plus été prononcée depuis 9 ans.

    Les suspects vivent très souvent un enfer. La police expose les personnes arrêtées comme des trophées dans les médias régionaux. Les procédures pénales peuvent durer longtemps et entraînent parfois de longs séjours préventifs en prison. Les avocats? Il y en a, mais ils sont souvent chers et ne peuvent pas y faire grand-chose.

    Et pour ceux qui sont définitivement condamnés à la prison, le calvaire ne fait que commencer. Les cachots thaïlandais sont massivement surpeuplés et leurs conditions sanitaires plus que douteuses. Les étrangers, très bas dans la hiérarchie, se retrouvent ainsi à la merci des chefs de gang. Selon Amnesty International, des détenus meurent régulièrement pour des raisons inconnues.

    Une longue liste de délits suisses
    La consommation publique de cocaïne est le dernier des délits impliquant des Suisses, pour le moment. et la liste des autres délinquants helvétiques est longue. En voici un extrait:

    Mi-février, deux Suisses ont été arrêtés à Pattaya pour des délits sexuels commis sur des mineurs. Un homme de 68 ans avait proposé de financer l’éducation d’une jeune fille si elle acceptait de vivre chez lui. Un homme de 41 ans avait rencontré une jeune Thaïlandaise de moins de 15 ans via Tinder. L’enquête est en cours.

    Après avoir longtemps nié, Wolfgang J.* a avoué il y a un an avoir étranglé sa femme thaïlandaise dans la province de Nakhon Ratchasima et l’avoir cachée dans un champ de maïs. La femme avait disparu pendant trois semaines. Elle avait laissé une fortune de 320’000 francs suisses, héritée de son premier mari suisse. Le jugement n’a pas encore été publié.

    Manfred K.*, qui avait donné un coup de pied dans le dos d’une jeune médecin dans un escalier à Phuket il y a un an, a été acquitté à la surprise générale, faute de preuves. Toutefois, le Suisse, aujourd’hui âgé de 46 ans, a été expulsé.

    Selon «Der Farang», le service de l’immigration de Chon Buri a banni définitivement un Suisse de Thaïlande en février 2025. La raison en est un mandat d’arrêt pour abus sexuel sur un enfant de moins de 13 ans à Pattaya.

    Un Suisse a également déjà été emprisonné en Thaïlande pour crime de lèse-majesté. En 2007, cet homme de 57 ans, alors en état d’ébriété, avait tagué à la peinture noire cinq portraits de Bhumibol Adulyadej (1927-2016), alors au pouvoir. Le tribunal a réduit sa peine de 20 ans à la moitié en raison de ses aveux, et le roi l’a finalement gracié.

    Huit Suisses en prison
    La Thaïlande devient de plus en plus un pays d’émigration pour les Suisses. Fin 2023, 10’414 Suisses y vivaient, un chiffre qui a doublé en l’espace de 15 ans. Le DFAE a connaissance de huit citoyens suisses qui se trouvent en détention en Thaïlande: deux personnes pour des délits liés à la drogue, six pour d’autres délits. Pour eux, la situation pourrait devenir très inconfortable dans ce paradis de vacances.

  372. https://ghi.ch/articles/telegram-la-nouvelle-planque-des-delinquants-genevois
    Telegram, la nouvelle planque 
des délinquants genevois
    L’application Telegram permet de commander de la drogue ou de signaler des radars en restant anonyme. Des dizaines de milliers de Genevois ne s’en privent pas.

    «Livraison beuh et shit. Une défonce incroyable, un goût unique. Satisfait ou remboursé. Opérationnel, livraison en moins de 15 minutes»; «Menu du jour: Hash, weed, cocaïne colombienne (96%)» ; «Envoi postal disponible et livraison hors de la ville aux frais du client». Sur l’application mobile Telegram, qui offre un service de messagerie instantanée, les dealers ne se cachent plus. Certains, sous couvert d’anonymat, s’en donnent à cœur joie et attirent les consommateurs directement sur leur téléphone portable. Le système est rodé: après avoir envoyé un premier message «lorsque vous êtes prêts à commander», les vendeurs invitent à effectuer le paiement par Bitcoin ou via un QR code reçu à un distributeur CFF ou Paypal.
    Loin d’être des cas isolés, ces groupes, qui se comptent déjà par dizaines à Genève, séduisent à grande échelle. De véritables communautés, qui possèdent chacune des milliers d’abonnés, ou «subscribers» en anglais. Et qui restent sur la durée: certaines sont opérationnelles depuis plus d’un an, à grand renfort de photos des différents produits.
    Mais ce n’est pas tout. Parallèlement à cette activité, d’autres groupes permettent aux automobilistes de signaler la présence des forces de l’ordre, des contrôles radars et même la présence de douaniers. Pour rassurer les utilisateurs, le fonctionnement est détaillé: concrètement, les responsables invitent à envoyer un message à l’application, qui se charge de le partager ensuite sur le groupe en question pour conserver l’anonymat du contributeur. Parmi les messages visibles :«Police municipale au Curé Baud (Lancy)» , «Faites gaffe, ça contrôle quasi tous les jours en bas de l’avenue de France», ou encore «Douane Cern / niveau restaurant Nirvana des deux côtés». Parmi les messages, on retrouve parfois celui d’une personne remerciant d’avoir pu éviter les forces de l’ordre. Dans d’autres cas, certains déplorent de n’avoir pas eu connaissance de ces groupes plus tôt … et d’avoir perdu leur permis. Une réalité qui touche également les pays voisins, notamment la France, où le fondateur de l’application en question, Pavel Dourov, vient justement d’être arrêté (lire encadré).
    Risque d’amende
    De quoi interpeller les forces de l’ordre, qui rappellent le caractère illégal de ce type de signalement. «La police cantonale genevoise applique les lois, donc notre position est claire: la Loi sur la circulation routière (LCR) interdit depuis 2013 d’adresser des avertissements publics aux usagers de la route concernant les contrôles officiels du trafic, sous peine d’écoper d’une amende», rappelle d’emblée Alexandre Brahier, chef de service et porte-parole. Et la douloureuse peut être salée: «les contrevenants risquent une amende ou une peine pécuniaire de 180 jours-amende dans les cas les plus graves».
    Pourtant, impossible de savoir dans le détail comment les autorités luttent contre ce phénomène. «Sans révéler ici les moyens et stratégies d’enquête qui demeurent confidentiels, nous nous préoccupons surtout des infractions graves. Les groupes «d’infos-radar» sur les différentes messageries n’ont que très peu d’influence sur le succès de nos actions», assure Alexandre Brahier. En effet, les contrôles pouvant être très mobiles, il est tout à fat possible qu’un signalement ne soit plus d’actualité cinq minutes après avoir été effectué, les agents ayant changé de lieu entre-temps. Idem du côté de l’Administration fédérale des douanes, qui affirme que ces différents signalements ne la gênent pas dans son action.
    Nouveau vecteur
    Du côté du commerce de la drogue, la police apparaît davantage déterminée à agir. D’autant que ces groupes sont également utilisés pour des infractions encore plus graves, notamment la traite d’humains et la pédo criminalité. «C’est un nouveau vecteur pour la diffusion de la drogue qui se développe massivement. Sur ce type de messageries, nous retrouvons quasiment toutes les formes de criminalités», informe le capitaine Patrick Ghion, chef de la cyber stratégie de la police, qui s’occupe notamment de toutes les technologies émergentes.
    Nos autorités ont-elles les moyens d’agir, face à ces applications qui promettent un anonymat à toute épreuve? «Oui, nous avons des collaborateurs qui ont la capacité technique de monitorer ces différents éléments. Comme sur le Dark Web, connu pour être une forteresse, nos moyens permettent régulièrement d’obtenir des résultats concrets, par exemple en identifiant un contributeur», confirme le capitaine.
    Mais ce n’est pas tout. Pour lutter contre ces groupes, le dispositif de lutte contre la cybercriminalité de la police genevoise étoffe ses rangs, notamment en engageant de plus en plus de civils, pour intégrer la brigade de renseignement criminel (BRC). «Nous allons vers une mixité. Certaines compétences pour entrer dans la police sont difficiles à acquérir, notamment sur le plan physique. Dans ce cas, nous avons surtout besoin de personnes douées en informatique. En engageant des civils spécialistes, nous ajoutons de nombreuses cordes à notre arc.»
    En attendant, les Genevois pourront-ils continuer à jouir de ces différents services sans être inquiétés? Pas si sûr. «Personne n’est totalement à l’abri, il y a toujours un monde réel! Celui qui trafique de la drogue à l’aide d’une application reste un dealer, qui doit s’approvisionner, faire des livraisons, échanger avec des clients. Si la réalité le rattrape, il sera véritablement condamné, et non pas virtuellement.» Qu’on se le dise.

  373. https://ghi.ch/articles/gaz-hilarant-rire-quel-prix-pour-la-sante#/
    Gaz hilarant: rire à quel prix pour la santé?
    Le protoxyde d’azote se répand comme une traînée de poudre chez les jeunes au point qu’un véritable business s’est développé sur Snapchat. Des mesures sont mises en place pour prévenir et endiguer le fléau qui peut gravement affecter la santé.

    C’est drôle, cela fait rire, et même beaucoup, mais en réalité cela peut être très moche et méchant, tant ses complications peuvent faire des ravages chez ceux qui en font un mauvais usage… Depuis quelques mois en effet, le protoxyde d’azote connaît un regain d’intérêt en Suisse romande, particulièrement chez les jeunes générations. Le phénomène n’est certes pas nouveau, il remonte même à la découverte de ce gaz utilisé initialement en médecine, mais il revient régulièrement sur le devant de la scène par vagues successives.
    Découvert au 19e siècle
    Mais de quoi s’agit-il exactement? Découvert au 19e siècle, le protoxyde d’azote, appelé également gaz hilarant, a longtemps été, et est toujours utilisé en médecine comme analgésique ou anesthésiant. Seulement voilà: à l’inhalation, il a également un effet euphorisant, de courte durée mais intense. Une capacité à mettre facilement de bonne humeur qui lui a très vite conféré un usage récréatif.
    Risques liés à la dose et à l’environnement
    «La première fois que je l’ai testé, c’était il y a quelques mois lors d’un anniversaire qui se déroulait au centre-ville de Lausanne. L’effet dure à peine 30 minutes, mais on a clairement l’impression que ça dure bien plus longtemps, tant on plane dans un autre monde, et c’est d’autant plus amusant que l’on se retrouve avec une voix très aiguë», raconte Julie*, 17 ans, qui avoue ne pas avoir répété l’expérience, l’un de ses amis français étant depuis devenu paraplégique à la suite d’une consommation frénétique du protoxyde d’azote.
    Risques de décès
    «La consommation de ce gaz peut induire plusieurs risques selon la dose utilisée et l’environnement dans lequel on se trouve, explique le Dr Marc Augsburger, responsable de l’Unité de toxicologie et chimie forensiques du Centre universitaire romand de médecine légale. Le premier de ces risques est la consommation concomitante d’alcool ou de substances psychotropes. Le second est celui du manque d’oxygène lié à l’usage du ballon de baudruche qui permet de l’inhaler et qui peut aller jusqu’au décès dans les cas extrêmes. Et puis enfin, en cas d’usage chronique, le protoxyde d’azote peut induire des dégâts au niveau de certaines structures cérébrales, avec dans les cas les plus graves, des atteintes irréversibles.»
    Produit facile d’accès
    En dépit de tous ces risques, il est très facile d’acquérir du protoxyde d’azote. Et pour cause, ce gaz, également utilisé dans des aérosols pour provoquer un effet de mise sous pression, peut librement être acheté dans le commerce pour un usage culinaire, sous forme de cartouches pour siphons de crème fouettée. Mieux, ou pire encore, il est aussi très facile de s’en procurer d’importants volumes sur les réseaux sociaux.
    «Sur Snapchat par exemple c’est un vrai business et on peut s’en procurer comme on se procurerait de la drogue en s’adressant à des spécialistes, détaille Julie. Il y a de vrais dealers qui proposent de très grosses bonbonnes et même assorties de ballons colorés pour agrémenter leur offre».
    Parlement unanime
    En mai 2024 déjà, le député socialiste genevois Léonard Ferati déposait une motion au Grand Conseil. Directeur adjoint d’une structure éducative, l’élu affirme être particulièrement sensible aux problématiques visant les adolescents. «Dans mon texte, je souhaitais que Genève puisse agir à la fois de manière coercitive et préventive. Je voulais tout d’abord interdire la vente de ce gaz à des mineurs. Interdiction que je souhaitais voir appliquée dans l’ensemble des petits et grands magasins. J’avais également demandé qu’une prévention expliquant tant les risques intrinsèques du protoxyde d’azote que ceux découlant d’un mélange avec de l’alcool ou d’autres stupéfiants soit diffusée de manière détaillée à la jeune population. La réponse du Conseil d’Etat, saluée unanimement par le parlement, me semble la bonne riposte», affirme-t-il.
    Contrôles inopinés
    Depuis l’adoption de la motion, des contrôles inopinés sont effectués dans l’ensemble des enseignes genevoises et dans les discothèques. Selon le député: «Ces actions sont couplées avec de la prévention faite auprès des commerçants qui ne sont pas toujours au fait de la manière dont ce produit peut être détourné. En outre, des brochures exposant les divers dangers liés à ce gaz dit récréatif sont en cours d’élaboration. Elles devraient être distribuées aux élèves du canton.»
    Le Département de la santé et des mobilités (DSM) est pleinement conscient de la problématique de l’exposition des jeunes au protoxyde d’azote et des risques pour leur santé. Il précise d’ailleurs que: «Le Conseil d’Etat a répondu en décembre dernier à une motion du Grand Conseil demandant la mise en place d’un plan d’action contre l’usage détourné de ce produit.
    Dans son rapport, 4 axes de mesures sont identifiés, à savoir la réalisation de contrôles appropriés, la création et la rédaction d’un cadre juridique cantonal spécifique, l’élaboration et le lancement d’une campagne de sensibilisation auprès de la population cible, ainsi qu’une coordination à l’échelle nationale.»
    Le service de la consommation et des affaires vétérinaires, autorité cantonale de surveillance pour les produits chimiques, travaille à la mise en œuvre de ces 4 axes, en collaboration avec l’ensemble des acteurs impliqués, affirme-t-on de même source.

  374. Le solutionnisme technologique : vrais problèmes, fausses solutions ?
    ifri.org/fr/etudes/le-solutionnisme-technologique-vrais-problemes-fausses-solutions
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    Accroche

    Le retour de Donald Trump à la tête des États-Unis s’est accompagné d’une montée en puissance spectaculaire des acteurs les plus radicaux de la Silicon Valley. Si un basculement dans une ère techno-libertarienne semble d’ores et déjà en cours, il pourrait se doubler d’une promotion active du technosolutionnisme, qui constitue le socle commun à la plupart des élites de l’oligopole technologique.

    Image principale

    Un scientifique tient dans sa main une clé dans un décor vintage

    © ChatGPT

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    Cette vision, consistant à prétendre apporter des « solutions » technologiques à des enjeux sociétaux par nature complexes et multiples, gagne du terrain et s’impose progressivement au détriment de la préservation de l’intérêt général, à commencer par l’environnement et les libertés publiques.

    Solidement implantée dans la Silicon Valley où elle a pris corps, cette vision est également au cœur des politiques publiques sécuritaires et sanitaires qui sont actuellement déployées par les États occidentaux, et affleure jusque dans les plans d’action d’organisations internationales. Un tel constat impose une prise de conscience et un questionnement collectifs sur le rôle dévolu à la technologie, ainsi que sur les usages que nous pouvons en déployer.

    Cette étude tente donc de retracer les fondements idéologiques et politico-économiques du solutionnisme technologique, ses ramifications et les conséquences qu’il entraîne pour l’ensemble de nos sociétés, afin d’en montrer les limites et d’identifier des moyens de s’en prémunir plus efficacement.

    Elle invite ainsi à l’exploration d’alternatives existantes ou appelant à être développées, dans la mesure où celles-ci tracent un horizon plus juste et durable. La force du technosolutionnisme étant de se présenter comme la seule et unique voie possible, il s’agit précisément de rappeler que la vision d’une technologie au service du bien commun n’a rien d’une utopie qui serait hors de portée. L’Europe constitue le terrain opportun pour la faire prospérer pleinement, au regard de jalons fragiles qu’il lui faudra probablement renforcer mais aussi défendre.

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  375. Crack, la nouvelle précarité dans nos rues | RTS

    18 mars 2025 #crack #épidémie #reval
    Crack, la nouvelle précarité dans nos rues | RTS

    Trente ans après les fermetures du Platzspitz et du Letten, des nouvelles scènes ouvertes de la drogue sont apparues dans nos rues. En cause : le crack, une drogue puissante et destructrice qui plonge les consommateurs dans une grande misère. Face à la présence grandissante de dealers et de consommateurs, les villes romandes tirent la sonnette d’alarme. La politique en matière de drogue est-elle encore adaptée ? Faut-il s’attaquer aux dealers de rue ou mieux accompagner les consommateurs ?
    “Crack, la nouvelle précarité dans nos rues” – Temps Présent le 20.02.2025

    Un reportage de Karim Amin
    Image : Karim Amin Son : Marc Thill Montage : Wedid Ben Hamidane Illustration sonore : Laurence Dussey Mixage : Benoît Mayer

    Ce sont des scènes qu’on espérait ne plus voir dans les villes suisses depuis la fermeture du Platzspitz et du Letten, le 5 février 1992. De la drogue qui se vend, s’échange, se consomme dans nos rues au vu de tous. Cette drogue, c’est le crack qui fait des ravages aujourd’hui et qui mettent à mal notre politique des quatre piliers nés du traumatisme collectif des années 90. Face à ce fléau, les villes romandes tirent la sonnette d’alarme car il est très difficile de lutter contre cette substance. Elle ne coûte pas cher, elle est consommée par une population très précaire et surtout, il n’existe aucun traitement de substitution. Sortir du crack, c’est extrêmement difficile pour ces consommateurs qui en oublient de manger et de dormir. Comment les aider : avec plus de répression ? plus de prévention ?

    https://www.youtube.com/watch?v=1cs37H_rYOo

  376. Qui inonde l’Afrique de l’Ouest de dangereux opioïdes ? BBC Eye s’infiltre pour le découvrir.
    17 mars 2025 #opioidcrisis #kush #traffic
    Depuis plus d’une décennie, l’Afrique de l’Ouest est en proie à une crise des opioïdes. Des pilules illégales, addictives et dangereuses sont vendues dans les rues. Mais qui fabrique ces comprimés ? Qui les conditionne pour qu’ils ressemblent à des médicaments ? Et qui les expédie en Afrique par conteneurs entiers ? BBC Eye Investigations remonte la filière des opioïdes jusqu’en Inde et s’infiltre pour démasquer certains des hommes qui profitent de la misère d’autrui.
    https://www.youtube.com/watch?v=ha9fku2LqDg

  377. Les héros des quartiers chauds de Marseille | ARTE Regards
    18 mars 2025 #arte #marseille #reportage
    Disponible jusqu’au 11/03/2030
    Les cités HLM du nord de Marseille sont sous la coupe des narcotrafiquants. Délaissés par la classe politique, les résidents pâtissent de la violence au quotidien et de l’absence de perspectives.

    Certains refusent pourtant de se résigner et investissent pour fournir une aide médicale, un soutien psychologique ou créer des espaces de répit. Ces irréductibles redonnent espoir à la population dans un environnement précaire.

    Reportage (2025, 31mn)

    #arte #marseille #reportage
    https://www.youtube.com/watch?v=3KdAHGWCnoI

  378. 25_HQU_32 – Question orale Elodie Lopez au nom EP – Quelle prise en compte de la première recommandation du rapport Brägger ?.
    vd.ch/gc/seances-du-grand-conseil/point-seance/point/dc8682dd-6aa5-44eb-98a6-a59afca3a5ac/meeting/1026881

    Séance du Grand Conseil du mardi 11 mars 2025, point 7.3 de l’ordre du jour

    Texte déposé
    Le 10 février, le Conseil d’Etat a rendu publics deux rapports sur la surpopulation carcérale, qui concluent qu’il n’y a pas de spécificité pénale dans le Canton de Vaud – désavouant les discours à l’emporte-pièce sur le rôle de prétendus “gang lyonnais”. Les infractions pénales ont diminué de près de moitié entre 2013 et 2021 sur Vaud. À criminalité drastiquement baissante, des taux d’incarcération largement plus élevés qu’ailleurs. Le rapport Brägger point du doigt la culture punitive romande et la responsabilité des politiques pénales. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre : le Conseil d’État, dans ses mesures, n’a pas pris en compte la première recommandation du rapport Brägger portant sur le développement d’une stratégie cantonale de politique criminelle. D’autres cantons instaurent pourtant ce dialogue entre politiques et autorités judiciaires, en préservant l’indépendance dans les prétoires. Ainsi, comment le Conseil d’État compte-t-il la prendre en compte ?

    Retour à l’ordre du jour
    Secrétariat général du Grand Conseil
    Place du Château 6
    1014 LausanneSuisse

    +41213160500
    info.grandconseil(at)vd.ch
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  379. 7 Jours BFM: au coeur d’une cité de la drogue 12/10
    14 oct. 2013
    Plongée dans la cité Émile Cordon à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Reportage sur le trafic et la vie des habitants d’une citée où la drogue alimente l’économie parallèle. Une cité décrite comme un “supermarché de la drogue”.
    https://www.youtube.com/watch?v=UxvqeCo_hP4

  380. Narcotrafic dans l’Ouest : comment en est-on arrivé là ? – Enquête
    17 mars 2025
    94 épisodes de tirs liés au narcotrafic en 2024, contre 68 en 2019. Une hausse de 38 % en cinq ans, qui illustre la violence qui s’est enkystée dans les villes de l’Ouest de la France, qu’elles soient grandes, moyennes ou petites.

    00:00 Introduction
    02:00 L’origine de la cocaïne
    03:50 Comment la drogue arrive en France
    05:15 L’exemple au port de Saint-Nazaire
    08:16 La situation dans l’Ouest
    09:33 L’organisation d’un point de deal
    11:56 La montée des violences
    14:25 La démocratisation de la drogue
    https://www.youtube.com/watch?v=sT9ej-IwQww

  381. Tous les moyens sont-ils bons pour lutter contre le narcotrafic ? | 28 minutes | ARTE
    17 mars 2025 #Loi #Narcotrafic #Drogues
    La proposition de loi visant “à sortir la France du piège du narcotrafic”, portée par les sénateurs Étienne Blanc (LR) et Jérôme Durain (PS) a été votée au Sénat le 4 février dernier, et arrive en séance à l’Assemblée nationale lundi 17 mars. Le texte a vu plusieurs de ses dispositions retoquées en commission des lois.

    On en débat avec Carbon de Seze, avocat pénaliste et membre du Conseil National des Barreaux, Olivier Cadic, sénateur Union Centriste et vice-président de la commission d’enquête sur le narcotrafic en France et Clotilde Champeyrache, économiste et maîtresse de conférences au CNAM.
    https://www.youtube.com/watch?v=Hh7oca52N0s

  382. Le Crack à Paris : Comment se débarrasser de ce fléau qui fait des ravages dans la capitale ?
    18 mars 2025
    Ces dernières années, le nombre de toxicomanes dépendants du crack a explosé à Paris. Surnommée la « drogue des pauvres » en raison de son prix abordable, cette puissante dérivée de la cocaïne s’achète et se consomme au vu et au su de tous au cœur de la capitale. Dans le nord-est de Paris, la présence de fumeurs de crack pose de réels problèmes pour les riverains. Les parcs publics sont envahis par les squatteurs et les habitants sont constamment soumis à des sollicitations agressives.

    Ce documentaire a été produit par Ligne de Front et dirigé par Marc de la Villardière & Clément Dudouet. Il a été publié pour la première fois en 2020.
    https://www.youtube.com/watch?v=0cwZlshOCsU

  383. Mafia : La France contaminée. Les révélations de Roberto Saviano
    20 mars 2025
    La mafia en France : un danger sous-estimé ? Dis-nous en commentaire !

    Aujourd’hui, nous recevons Roberto Saviano, écrivain et journaliste italien. Il est connu pour avoir décrit et dénoncé les milieux mafieux dans ses écrits et articles, en particulier dans son livre Gomorra, qui met à nu le milieu de la Camorra.

    Il publie ” Giovanni Falcone ” aux éditions Gallimard. Ce nouveau roman-enquête reconstitue les étapes qui ont mené à l’assassinat du célèbre juge Falcone.
    https://www.youtube.com/watch?v=yb5whocejWE

  384. une altercation entre jeunes avec couteau éclate
    blick.ch/fr/suisse/blesse-par-son-propre-couteau-une-altercation-entre-jeunes-eclate-sur-les-quais-de-la-gare-de-vevey-id20389695.html
    Léo Michoud6 décembre 2024
    Blessé par son propre couteau
    Une altercation entre jeunes éclate sur les quais de la gare de Vevey

    Une altercation entre jeunes a éclaté ce vendredi peu avant 18h, sur les quais de la gare de Vevey (VD), au beau milieu des pendulaires. Une spectatrice témoigne de la présence d’un couteau, avec lequel un mineur s’est blessé. La police confirme être intervenue.

    Publié: 06.12.2024 à 19:09 heures

    Ce vendredi en fin d’après-midi sur les voies 3 et 4, éloignées du bâtiment de la gare de Vevey (VD), bon nombre de pendulaires ont eu à subir l’altercation entre une bande de jeunes et un autre.

    Photo: Keystone

    Léo MichoudJournaliste Blick

    Une altercation entre jeunes cause un moment de panique chez les pendulaires, à la gare de Vevey. Ce vendredi 6 décembre sur les voies 3 et 4, un différend a éclaté peu avant 18h entre plusieurs garçons, apparemment mineurs. L’un d’eux se serait blessé à la main, jusqu’au sang, avec son propre couteau.

    «J’ai vu un jeune avec un couteau dans la main, caché dans sa manche, raconte une témoin de la scène. En face de lui et de son pote, il y avait cinq à six personnes, une bande, qui étaient en train d’essayer de l’attaquer. Lui, les menaçait de ne pas s’approcher.» La scène s’est déroulée devant de nombreux passagers, au sortir d’un train bondé en provenance de Lausanne.

    «On est plusieurs à avoir appelé la police, continue la spectatrice. C’était complètement fou de voir cette altercation devant tout le monde à l’heure de pointe. Un gars avec une poussette est passé juste à côté du jeune homme avec un couteau, avant de paniquer et de faire demi-tour. C’était lunaire.»

    A lire aussi
    La police confirme être intervenue
    Contactée vers 18h30, la police cantonale vaudoise confirme qu’une intervention de la Police Riviera est toujours en cours, après des appels reçus sur le coup de 17h50. «Une dizaine de jeunes sont impliqués et la présence d’un couteau est effectivement évoquée dans les informations que nous avons reçues à ce stade», détaille une communicante des forces de l’ordre.

    Sur place, une personne évoque un règlement de comptes. Cette situation de violences entre jeunes à Vevey rappelle un cas survenu cet été, où un jeune homme avait été frappé à coups de pierre, suscitant l’indignation dans la commune vaudoise.

  385. Un affrontement entre une quinzaine de personnes fait deux blessés à Vevey
    blick.ch/fr/suisse/apres-un-match-de-leuro-une-quinzaine-de-personnes-impliquees-dans-un-affrontement-brutal-a-vevey-id19888809.html
    Lucie Fehlbaum27 juin 2024
    Après un match de l’Euro
    Une quinzaine de personnes impliquées dans un affrontement brutal à Vevey!

    La police vaudoise confirme une vaste bagarre impliquant une quinzaine de personnes à Vevey, le 19 juin. Deux personnes ont été blessées. L’information a tourné sur les réseaux sociaux et donné lieu à une pétition pour «Augmenter la sécurité à Vevey».

    Publié: 27.06.2024 à 11:32 heures

    |

    Dernière mise à jour: 27.06.2024 à 11:45 heures

    Le parc Doret, à Vevey, où la bagarre générale a eu lieu.

    Photo: DR

    Lucie FehlbaumJournaliste Blick

    Que s’est-il passé le 19 juin, au beau milieu de la nuit à Vevey? Un post sur le réseau social Reddit, publié lundi 24 juin, décrit une scène d’horreur. Vingt personnes s’en seraient prises à un petit groupe de copains. «Ils ont frappé mon ami avec une brique, l’obligeant à subir une reconstruction faciale. Vevey doit redevenir une ville sûre», plaide l’auteur du billet, en anglais.

    La police cantonale vaudoise confirme la bagarre générale, survenue à 2h24 du matin au Jardin Doret, à Vevey, dans la foulée du match Écosse-Suisse. Elle tempère l’ampleur de l’évènement.

    «Une quinzaine de personnes sont impliquées. Deux individus ont été blessés et pris en charge par des ambulanciers, informe Alexandre Bisenz, chargé de communication. Deux plaintes ont été déposées.»

    «Une ombre sinistre plane sur Vevey»
    Une pétition a été lancée sur la plateforme Change.org par un «parent concerné», dont le nom n’a pas été divulgué. Elle demande à Vevey d’augmenter la présence policière, notamment aux abords de la gare.

    À lire aussi
    «Mon fils et ses amis ont été récemment victimes de violence injustifiée, conduisant quatre personnes à l’hôpital, explique ce parent. Ce n’est pas un incident isolé, mais une ombre sinistre qui plane sur notre commune.»

    La Riviera, une no-go zone?
    Le profil de l’auteur de la pétition se dit basé en Californie. À l’instar du billet sur Reddit, rédigé en anglais, il décrit une région Riviera tombée dans la violence.

    Le marché de la drogue et l’insécurité à la gare de Vevey sont mentionnés, ainsi que de nombreuses autres affaires d’agression. Police Riviera confirme notamment une autre une bagarre, impliquant deux individus à la place Robin, à Vevey, la nuit du samedi 22 au dimanche 23 juin.

    «L’un des individus présentait une légère blessure à la lèvre nécessitant une prise en charge médicale, sans assistance d’une ambulance», précise le corps de police. Aucune plainte n’a été déposée pour l’heure.

  386. Morte dans le lac: «Je n’ai pas échangé Gaëlle contre de la drogue»
    lematin.ch/story/morte-dans-le-lac-je-n-ai-pas-echange-gaelle-contre-de-la-drogue-723019567526
    26 mars 2019
    Actualisé26. mars 2019, 22:28

    Vaud: Morte dans le lac: «Je n’ai pas échangé Gaëlle contre de la drogue»

    Les quatre requérants accusés d’avoir tous abusé de la Valaisanne de 27 ans sur les bords du lac à Vevey et de ne pas lui avoir prêté secours, comparaissent depuis mardi.

    par
    Evelyne Emeri

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    Le corps sans vie de Gaëlle flottait non loin de la berge du Quai Ernest-Ansermet à Vevey (VD), près de la Buvette des bains publics. Il a été aperçu par une promeneuse le samedi 10 mars 2018 au matin, le lendemain de la soirée passée avec les quatre migrants.

    Sébastien Anex/DR
    En ouverture d’audience ce mardi matin à la salle cantonale de Renens, le Tribunal correctionnel d’arrondissement de l’Est vaudois a accédé à la requête du procureur Stephan Johner, soutenue également par l’avocat de la famille de Gaëlle, Me Astyanax Peca. Le magistrat a demandé d’envisager l’aggravation de l’infraction d’actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. A savoir l’atteinte à l’intégrité sexuelle commise en commun. En clair, le principe de la tournante et d’une forme de viol collectif. «La Cour n’a pas de motif de l’écarter et se réserve d’en faire application», dixit le président de céans, Franz Moos.

    Expertise en alcoologie rejetée

    En revanche, la requête déposée par Me Sarah Meyer, défendant le meneur présumé du quatuor, qui conteste avoir abusé de la jeune Valaisanne (ndlr. pas de liquide séminal et d’ADN retrouvés sur la victime contrairement aux trois autres prévenus), a été rejetée. Me Meyer demandait la mise en œuvre d’une expertise par un spécialiste en alcoologie sur la défunte afin de définir sa capacité de discernement – total ou partiel – au moment des faits et, partant, la culpabilité de son client. Les juges ont estimé que les éléments au dossier s’agissant de l’influence des substances ingérées par Gaëlle étaient parfaitement suffisants.

    «Elle avait bu, mais elle était consciente»

    Les déclarations du premier requérant interrogé sont si contradictoires qu’elles donnent déjà bien du fil à retordre au tribunal, qui a dû s’adjoindre les services d’une traductrice pour ces quatre messieurs. Ce Tunisien de 31 ans ne se souvient pas, prétend autre chose ou ne sait pas pourquoi il a affirmé l’un ou l’autre élément pourtant capital avant le procès. A croire qu’il tente de couvrir ses potes et de charger celle qui n’est plus là pour s’exprimer, retrouvée sans vie dans le Léman le 10 mars 2018. «La première fois, j’ai vu la fille près du foyer de l’EVAM (Établissement vaudois d’accueil des migrants, à Vevey). Elle avait un peu bu mais elle était consciente. Elle marchait correctement. Au lac, elle a sorti une bouteille d’alcool fort, elle voulait que je l’accompagne. J’étais avec mon copain (ndlr. l’Algérien de 29 ans, soupçonné d’être le leader du groupe).»

    «Vu que c’était une femme, c’était normal»

    «Arrivés près du lac, on était les 3. Gaëlle écoutait de la musique, elle voulait un joint. Elle en avait un. On l’a fumé. Après le joint, elle était en chaleur. Elle s’est approchée de moi, m’a enlacée et s’est mise à m’embrasser. Elle a voulu ouvrir mon pantalon. Elle me parlait de sexe, Elle voulait le faire avec moi», raconte le trentenaire. «Vu que c’était une femme, pour moi, c’était normal. C’était le week-end (ndlr. vendredi soir 9 mars 2018). J’avais bu et consommé de la drogue. Nous avons eu une relation sexuelle tous les deux. Après, elle s’est approchée de mon copain, il s’est éloigné quand elle a voulu. Il est revenu plus tard, il avait été chercher du papier à rouler. Après, c’est moi qui me suis éloigné. Mon copain ne m’a jamais dit s’il avait eu une relation sexuelle avec elle. Je n’ai rien vu.»

    «Vous n’avez rien vu, c’est formidable!»

    Confusion aussi dans l’ordre d’arrivée des deux autres coaccusés et d’un cinquième individu du Kosovo, qui ne comparaît pas. «On a continué à fumer et à boire. Elle marchait en titubant. Mes deux autres copains (ndlr. l’Algérien de 26 ans et le Marocain de 32 ans), je ne sais pas non plus s’ils ont eu une relation sexuelle avec elle. J’étais un peu loin. Elle buvait, elle riait.» «Vous n’avez rien vu, c’est formidable!», tonne le président Moos. «Elle voulait avoir une relation avec tout le monde», réplique le Tunisien sur la sellette. «Gaëlle n’est pas tombée sur une pierre mais à côté d’un mur. Elle était sur les genoux la tête appuyée sur le mur, elle voulait rester comme ça. Elle était très bourrée. A la fin, j’étais seul avec la fille. Je l’ai laissée pour aller chercher de la marijuana. Quand je suis revenu, il n’y avait plus que ses sacs. Je suis allé voir dans les deux toilettes (ndlr. près de la Buvette des bains publics), elle n’y était pas. J’ai jeté un coup d’oeil vers le lac. Il faisait trop noir.»

    «Elle disait fuck me»

    Les trois autres coprévenus ont égrainé les interminables heures d’audience et agacé l’assistance de la même manière que leur acolyte. Servant des versions à l’opposé de leurs auditions devant les enquêteurs et la police. Celui que l’accusation estime être l’instigateur de cette macabre promenade et d’avoir échangé Gaëlle contre de l’herbe et de la cocaïne ne s’est pas laissé démonter. L’Algérien de 29 ans était du premier voyage vers le lac. «Elle était déjà ivre. On l’a un peu soutenue. On était vers une table de ping-pong. Elle m’a embrassé, elle me chauffait. Elle voulait encore un joint. Je ne l’ai pas touchée. J’avais peur d’une maladie. Je ne l’ai pas échangée contre de la drogue.» Ces trois potes le chargent pourtant, tous. «Je ne sais pas pourquoi. En partant, je leur ai dit de ne pas la laisser seule, elle n’était pas en état. Elle disait «fuck me, fuck me». Si je lui ai touché la poitrine, c’était pour la repousser.»

    «Je l’ai b***, M. le président»

    Son compatriote algérien de 26 ans est arrivé dans une deuxième phase précisément à la demande du présumé «cerveau» de la bande pour ramener de la beuh. «Gaëlle était sur ses genoux. J’ai cru que c’était sa copine. Elle m’a dit que non. Elle a croché sur moi. Elle était intéressée par un rapport sexuel avec moi. Un migrant kosovar qui était aussi là m’a dit «B***-la», alors j’ai b*** avec elle, M. le président. Mais je n’ai rien dit aux autres. Elle ne m’a jamais dit d’arrêter. Elle voulait à 100%. Elle était trop stressée par l’amour, elle a baissé elle-même son pantalon. Là, elle était bourrée. Elle est tombée de la table de ping-pong. Elle n’avait plus d’équilibre. Tu vois (s’adressant au procureur), j’ai eu l’impression qu’il y avait autre chose que de l’alcool, peut-être de l’ecstasy, parce qu’elle était douce et tendre. J’ai pensé qu’il n’y avait que moi qui l’avais b***.»

    «Elle savait ce qu’elle faisait»

    Dernier à s’exprimer, le Marocain de 32 ans, également contacté par le prétendu chef d’équipe, l’Algérien de 29 ans. «Il m’a dit qu’il y avait une fille qui n’avait pas de sou et qu’il avait besoin d’une boule de blanche en contrepartie de sexe. J’ai accepté. C’était le week-end, il y avait une bonne ambiance quand je suis arrivé. La fille rigolait. Ca riait, ça fumait. Elle m’a embrassé. Elle savait ce qu’elle faisait. Je n’aurais pas pris le risque avec une fille qui titube. Elle a agi de son plein gré, je ne l’ai pas forcée. Elle a remonté mon pull et m’a saisi par le sexe. Après je suis reparti à la gare, j’ai rencontré le Tunisien et j’ai demandé des nouvelles des garçons, pas de la fille. Je n’étais pas responsable. Je ne sais pas qui l’avait amenée. Près du lac, il y avait ses affaires. Son téléphone était par terre, je ne l’ai pas volé, je l’ai trouvé.»

    «Je sais que vous savez!»

    «Vous avez mis des mois pour nous dire que vous avez pris ce téléphone, explose le procureur Johner, Vous faites partie des deux dernières personnes avec votre ami tunisien à avoir vu Gaëlle. Je sais que vous savez! Je vous cite (ndlr. PV d’audition): «Je suis presque sûr qu’il l’a vue dans l’eau. Il était effrayé, il m’a dit c’est possible qu’elle soit tombée dans l’eau». Vous confirmez?» Le Marocain: «Oui. Il avait le visage changé.» Avocat de la famille de Gaëlle, Me Astyanax Peca de l’interpeller à son tour et de demander qui avait abusé de la jeune Valaisanne. Le ressortissant marocain nomme les trois autres, qui lui ont tous assuré qu’elle était «consentante». Des relations sexuelles avec une seule et même femme, à quelques mètres les uns des autres avec alcool, drogue et surdose de médicaments pour Gaëlle. Des abus sexuels commis en commun? Une tournante avec une proie dépourvue de discernement? C’est tout l’enjeu de cette sordide affaire.

    «Personne ne vous dit la vérité»

    Que ce soit le Ministère public ou le tribunal, tous deux ont tenté de faire surgir la vérité, menaçant les intéressés que c’était le dernier moment pour eux de cesser de varier. Au terme des débats de ce mardi, le président Franz Moos a plus particulièrement interpellé l’Algérien de 29 ans, qui aurait tout orchestré: «Vous êtes sûr que vous n’en savez pas un peu plus?» «Oui, j’ai entendu mon copain tunisien dire qu’elle s’était suicidée. Il le racontait à tout le monde. Il a vu quelque chose flotter sur l’eau, quelque chose de sombre. Personne ne veut vous dire la vérité. Je ne sais pas pourquoi ils ne veulent pas dire ce qu’ils savent. Il ne m’a pas dit si elle était tombée ou si elle avait été poussée. Il m’a aussi dit qu’il était seul, pas avec le Marocain. Je sais seulement ça. Ils ont raison les parents de vouloir savoir.»

    Réquisitoire et plaidoiries mercredi

    Le quatuor est prévenu, principalement, d’actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, d’omission de prêter secours et d’infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants. L’instigation à actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance est uniquement retenue contre le présumé meneur.

    Le procès se poursuit mercredi.

    evelyne.emeri@lematin.ch

  387. https://www.20min.ch/fr/story/criminalite-violences-en-hausse-la-suisse-reste-sure-selon-la-police-103309832
    Criminalité en Suisse: la police rassure malgré la hausse des violences
    Publié24. mars 2025, 22:58

    CriminalitéViolences en hausse: la Suisse reste «sûre» selon la police
    Les chiffres sur la criminalité en Suisse doivent être interprétés avec prudence selon les cantons. Les femmes socialistes demandent d’agir.

    Les violences graves augmentent, mais les polices cantonales considèrent que la Suisse reste un pays sûr.

    Les violences graves augmentent, mais les polices cantonales considèrent que la Suisse reste un pays sûr.

    ©Boris Bouattit / Police cantonale vaudoise
    «De manière générale, nous pouvons considérer que le pays est sûr.» Voici la réaction mesurée de la Conférence des commandantes et des commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS) lundi, après l’annonce d’une nouvelle hausse globale (+8%) des délits pénaux en Suisse.

    Les tendances à moyen terme donnent raison à l’analyse plutôt mesurée des cantons. Si l’on regarde entre 2009 et 2013, le nombre d’infractions pour 1000 habitants se situait autour de 70, alors qu’il est de 62,9 cette année. Cette proportion augmente certes depuis 2021, mais on ne vit pas une situation inédite en Suisse.

    95% des violences graves perpétrées par des hommes
    En revanche, l’évolution des violences graves a de quoi inquiéter davantage. Elles sont au plus haut niveau depuis 2009 et la progression est de près de 20% entre l’année dernière et 2023. La CCPCS pointe notamment l’évolution des violences domestiques, les cas de viols ont par exemple augmenté de plus de 30% l’an dernier. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 95% des violences graves ont été perpétrées par des hommes en 2024.

    La CCPCS précise que «plusieurs éléments» peuvent «en partie expliquer cette hausse» statistique des violences graves, «notamment l’attention politique accordée à ce thème, la libération de la parole (qui conduit à une meilleure capacité de signalement) ainsi que les mesures de prévention et d’accompagnement qui se développent sur le terrain». Il n’est pas exclu non plus que davantage de violences se produisent effectivement à cause de facteurs «sociaux, économiques et culturels».

    En réaction à la publication de ces chiffres, les femmes socialistes exigent «une meilleure prévention, des poursuites judiciaires systématiques et une protection renforcée des victimes» de violences sexistes et sexuelles et devaient remettre une pétition lundi au Conseil fédéral.

    Moins de la moitié de Suisses
    L’UDC a aussi réagi aux statistiques sur la criminalité en fustigeant l’immigration. Les chiffres montrent qu’en 2024, 42,3% des prévenus sont suisses (-2%), 31,4% sont de nationalité étrangère au bénéfice d’un permis d’établissement ou de séjour (+0,2%) et 6,7% sont des requérants d’asile et des personnes admises à titre provisoire (+0,1%). Les 19,6% restants sont des prévenus résidents non permanents en Suisse.

  388. Des Dealers Prennent Sa Maison: La Vie A Grenoble.
    26 mars 2025
    À Grenoble, des trafiquants de dr*gue ont expulsé une adolescente de son propre logement, profitant de l’absence de ses parents pour changer les serrures et s’installer chez elle. Résultat : elle dort chez une voisine, impossible de récupérer l’appartement, et aucune réaction immédiate des autorités. Ce drame humain, c’est aussi le symbole d’une République dépassée, où la peur change de camp. Jusqu’à quand ?
    https://www.youtube.com/watch?v=KuLZ11STs24

  389. Trafic de Fentanyl : le double jeu de la Chine | Sources | ARTE

    26 mars 2025
    Documentaire disponible jusqu’au 27/03/2026

    C’est une drogue infernale qui a tué des centaines de milliers d’Américains. Le Fentanyl est pourtant l’arme d’un puissant bras de fer diplomatique. L’Amérique de Donald Trump d’un côté et de l’autre, la Chine… qui dit lutter fermement contre les trafiquants. Mais en fait-elle assez ?

    A peine élu, Donald Trump impose de nouveaux droits de douanes contre la Chine, l’accusant de laisser prospérer le trafic de fentanyl. La rédaction de Sources a enquêté : la Chine, qui affirme lutter fermement contre les trafiquants, combat-elle suffisamment le phénomène ?

    C’est une drogue qui a tué des centaines de milliers d’Américains. Les exportations de fentanyl ont été interdites par la Chine en 2018, mais elles ont été remplacées par d’autres produits : les précurseurs chimiques du fentanyl. Les cartels mexicains mélangent ces produits pour fabriquer la drogue destinée au marché américain. La Chine affirme contrôler sévèrement ces produits et faire la chasse aux revendeurs. Pourtant, notre enquête montre que l’on trouve très facilement des centaines d’annonces pour se procurer ces produits. Des trafiquants chinois très actifs qui proposent toujours des livraisons et se font payer en bitcoins. Nos recherches montrent aussi comment la Chine utilise la coopération anti-drogue comme un moyen de pression diplomatique. Le pouvoir chinois s’en sert pour obtenir des concessions de la part des Etats-Unis sur d’autres sujets, comme la question de Taiwan ou de celle des Ouïghours.

    (Depuis le 4 mars, Donald Trump a décidé d’ajouter un droit de douane de 10% supplémentaire au droit mentionné dans cet épisode.)
    https://www.youtube.com/watch?v=zxorpF2tUQo

  390. Addiction, rechute, résilience : sortir de l’enfer de l’alcool | RTS
    25 mars 2025 #alcool #addiction #reval
    Addiction, rechute, résilience : sortir de l’enfer de l’alcool | RTS

    28 jours et 11 mois : c’est la durée totale de la cure à la clinique « la Métairie » à Nyon, que les patients souffrant d’addiction acceptent de suivre, parfois forcés par leurs proches désespérés. Temps Présent s’est penché sur le modèle Minnesota, une des approches thérapeutiques les plus radicales, en suivant Léa, Kevin et Michel lors de ces 28 jours et 11 mois de combat, de survie et d’espérance.

    https://www.youtube.com/watch?v=jRRNi9Yo_EY

  391. https://www.blick.ch/fr/suisse/romande/geneve-reelue-dimanche-une-verte-arretee-pour-trafic-de-drogue-id20713271.html
    Grand-Saconnex: 1 kg de cocaïne retrouvé chez une élue verte
    Une élue verte du Grand-Saconnex (GE) a été arrêtée lors du démantèlement d’un réseau de drogue. La police a saisi de l’argent et des kilos de stupéfiants. Il y avait un kilo de cocaïne dans l’appartement de l’élue. Son fils est soupçonné d’être le chef du réseau.

    Publié: 24.03.2025 à 13:58 heures

    |

    Dernière mise à jour: 24.03.2025 à 14:28 heures

    Une conseillère municipale écologiste du Grand-Saconnex (GE) a été arrêtée dans le cadre d’un démantèlement de trafic de drogue.

    Une conseillère municipale écologiste du Grand-Saconnex (GE) a été arrêtée dans le cadre d’un démantèlement de trafic de drogue.

    Photo: Keystone

    En démantelant un vaste réseau de trafic de drogue, la police genevoise a arrêté une élue municipale verte du Grand-Saconnex (GE), révèle «La Tribune de Genève» ce lundi 24 mars. Plus de 100’000 francs et plusieurs kilos de drogue ont été saisis au total. Dont un de cocaïne dans l’appartement dans lequel vit l’élue avec son mari et son fils – lequel est soupçonné d’être à la tête de l’organisation.

    Au total, neuf personnes ont été interpellées dans cette opération de police qui, sur instruction du Ministère public, s’est étendue de la commune au centre-ville de Genève. Outre la cocaïne, la police a retrouvé de la kétamine, des excitants, du MDMA divers produits à base de cannabis, des centaines de pilules d’ecstasy et «plus de 2200 pilules de Xanax», détaille l’article de la «TDG».

    Suspectée d’avoir aidé
    Selon la RTS, l’élue a été placée en détention provisoire à Champ-Dollon, car elle est suspectée «d’avoir participé au bon fonctionnement du réseau incriminé, aux côtés d’un membre de sa famille». L’intervention, qui s’est déroulée la semaine dernière, a mobilisé les forces d’intervention. Des témoins ont entendu une forte détonation et vu plusieurs personnes être escortée à l’extérieur de l’immeuble.

    La politicienne a été réélue, ce dimanche 23 mars, comme vice-présidente du Conseil municipal de la commune genevoise. Les Vert-e-s, notamment le coprésident du parti écologiste au Grand-Saconnex, appellent à sa démission, voire à son exclusion, si son implication est avérée, indique le quotidien genevois. «Une personne impliquée dans un trafic de drogue n’a rien à faire chez les Vert-e-s», a indiqué à Keystone-ATS Maryam Yunus Ebener, présidente des Vert-e-s genevois. Le parti, qui par ailleurs loue le travail de cette élue, ne s’attendait pas du tout à ces révélations.

    L’opération policière s’est déroulée mercredi dernier, a confirmé le Ministère public genevois. Neuf personnes suspectées d’être impliquées dans ce trafic de stupéfiants ont été interpellées. Elles ont toutes été entendues par le Ministère public jeudi et vendredi. Le Tribunal des mesures de contrainte a ensuite ordonné la mise en détention provisoire de huit prévenus, dont la conseillère municipale.

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  392. Décriminaliser la drogue, le modèle portugais (2021) | ARTE Regards
    21 août 2024 #Arte #Drogues #Legalisation
    Rediffusion disponible jusqu’au 24/01/2026
    Au Portugal, les drogués ne sont pas considérés comme des délinquants mais comme des malades qui doivent être soignés. En 2001, le pays a fait le choix de décriminaliser l’usage de toutes les drogues. Une décision qui a entrainé une baisse drastique du nombre de toxicomanes.

    Au Portugal, à la chute de la junte militaire en 1975, la drogue devient vite un enjeu de santé publique. Le pays découvre la liberté. Il découvre également la drogue, notamment l’héroïne qui fait des ravages pendant deux décennies. En 2000, le pays compte plus de 100.000 toxicomanes, soit 1% de la population. Toutes les classes sociales sont touchées.

    Le gouvernement adopte un changement radical dans son approche. La loi change. Lorsqu’une personne est interpelée elle est dirigée vers une “commission de dissuasion de la toxicomanie”, composée de médecins, de conseillers juridiques et de travailleurs sociaux. On propose un accompagnement médical, social et psychologique personnalisé. Les patients montrant une réelle volonté de sortir de la dépendance peuvent se voir offrir un travail et même un logement pris en charge à 80% par l’État.

    Reportage (France, 2021, 33mn)

    #Drogues #Legalisation #Arte
    https://www.youtube.com/watch?v=wpiKlSiTT4Q

  393. Voici les outils que la mafia utilise pour s’infiltrer en Suisse
    blick.ch/fr/suisse/romande/failles-du-systeme-helvetique-ces-outils-que-la-mafia-utilise-pour-s-infiltrer-en-suisse-id20717758.html
    Camille Krafft
    29 mars 2025
    Failles du système helvétique
    Voici les outils que la mafia utilise pour s’infiltrer en Suisse

    Pour le crime organisé, les brèches du système helvétique offrent des points d’entrée: zones d’ombre financières, économie permissive, contrôles insuffisants, police sous-dotée. Blick a fait le point avec des spécialistes.

    Publié: 29.03.2025 à 06:03 heures

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    Dernière mise à jour: 30.03.2025 à 10:15 heures

    Des arrestations de mafieux ont également lieu en Suisse, où certains criminels se réfugient pour fuir la justice italienne (image d’illustration générée avec l’IA).

    Photo: Midjourney

    Des arrestations de mafieux ont également lieu en Suisse, où certains criminels se réfugient pour fuir la justice italienne (image d’illustration générée avec l’IA).

    Photo: Midjourney

    C’est un sujet des plus sérieux, caché sous une apparence folklorique. La faute en partie à la voix rauque de Marlon Brando dans Le Parrain, qui a contribué à l’image esthétisée de la mafia. En Suisse, la présence du crime organisé est pourtant une réalité, qu’une poignée de journalistes et de politiques tentent de dénoncer, avec un succès mitigé.

    Il faut dire que le phénomène est invisible, car les règlements de comptes violents sont rarissimes sur notre territoire. Mais discret ne signifie pas inoffensif. «Le vrai danger de la mafia, et son but, ce n’est pas de tuer et d’assassiner, mais de s’infiltrer dans l’économie et le système financier», résume Frank Garbely, journaliste d’investigation et auteur de «Der Mafiaboss von Brig» (Le «parrain de la mafia de Brig», Editions Garbely, 2024).

    S’infiltrer dans l’économie
    Egalement journaliste, Madeleine Rossi est l’auteure de «La mafia en Suisse» (Editions Attinger, 2021). Elle regrette que dans notre pays, la représentation du mafieux soit encore celle d’«un homme avec un chapeau noir qui t’attend derrière un buisson avec un fusil à canon scié pour te faire la peau». La spécialiste rappelle que la’Ndrangheta de Calabre est présente sous différentes formes dans toute la Suisse, où de nombreux criminels coulent des jours sereins avec permis B et voitures immatriculées dans leur canton de résidence.

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    «Le vrai danger de la mafia, et son but, ce n’est pas de tuer et d’assassiner, mais de s’infiltrer dans l’économie et le système financier»
    Frank Garbely, journaliste d’investigation
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    Ce 25 mars encore, un coup de filet de la justice italienne contre la ‘Ndrangheta, incluant l’arrestation de 17 personnes et la saisie des biens pour un montant allant jusqu’à 50 millions d’euros, a été rendu public. Des avoirs, des comptes bancaires et des voitures ont notamment été saisis en Suisse dans ce cadre, selon l’agence de presse italienne Ansa.

    Il faut dire que la mafia bénéficie de tous les outils d’un système helvétique très libéral: un secteur financier qui conserve des zones d’opacité, un gouvernement réticent à instaurer des instruments de contrôle, une police sousdotée pour lutter contre la criminalité en col blanc et une économie peu regardante. En résumé, la mafia adore la Suisse. On vous détaille pourquoi.

    Restauration et construction, les cibles de la mafia
    S’il est deux domaines où la mafia s’étend en Suisse, ce sont ceux de la restauration et de la construction. Dans le premier, la situation a été aggravée par la crise sanitaire, selon la police fédérale (Fedpol). Le crime organisé a profité des difficultés rencontrées par de nombreux restaurateurs pour mettre la main sur certains établissements, ce qui lui permet de blanchir de l’argent. Et peu importe qu’il n’y ait pas de clients. «Il y a plein de restaurants ou d’hôtels qui ne sont pas rentables et qui sont rachetés par des petites sociétés, avec à leur tête deux Italiens et un Tessinois, raconte Frank Garbely. Si 30% de l’argent de la drogue est sauvé parce qu’il est investi légalement, c’est tout bénéfice pour la mafia.»

    A lire aussi
    Cette non-exigence de rentabilité touche également le domaine de la construction, où la mafia est présente de longue date, avec des répercussions sur les conditions de travail et la sécurité des employés. Dans La mafia en Suisse, Madeleine Rossi évoque ainsi l’influence de la’Ndrangheta sur le chantier du tunnel de base du Monte Ceneri au Tessin, mis en service en 2020. En plein appel d’offres, le groupe romain qui avait remporté la mise pour le gros œuvre grâce à des prix défiant toute concurrence s’était vu retirer son certificat antimafia en Italie, puis certains de ses dirigeants avaient été visés par une opération contre le crime organisé. Interpellé à ce sujet, le Conseil fédéral avait répondu que la présomption d’innocence prévalait et que de toute façon l’Italie n’avait pas déposé de demande d’entraide judiciaire auprès de la Suisse.

    «

    «La ’Ndrangheta de Calabre est présente sous différentes formes dans toute la Suisse»
    Madeleine Rossi, journaliste et spécialiste de la mafia
    »

    Une autre entreprise romaine active au Ceneri, GCF (Generali Costruzioni Ferroviarie), avait été pointée du doigt pour avoir mis en place un système de sous-traitance en cascade et imposé des conditions de travail effroyables aux ouvriers sur le chantier. Ce groupe est actuellement jugé à Varèse (Italie) pour infiltration mafieuse présumée, dans le cadre d’un procès portant sur la présence du crime organisé dans les installations ferroviaires. C’est également GCF qui a posé les rails dans le nouveau tunnel du Lausanne-Echallens-Bercher (LEB), inauguré en 2022 dans le canton de Vaud.

    Les possibilités qu’offrent les sociétés
    L’opacité que peuvent permettre les registres des sociétés offre à la mafia des moyens d’entrer discrètement en activité. Frank Garbely cite le cas d’un homme d’affaires, fiché en Italie comme membre présumé de la’Ndrangheta, qui a créé sa société dans les années 1990 à Viège (VS). Dans le Registre du commerce du Valais de l’époque, son nom apparaissait comme directeur et l’apport était de 100’000 francs à la fondation. Frank Garbely parle d’une «dame venue de Domodossola» en 1994 avec 400’000 francs d’apports, suivis d’autres, hissant le capital à 700’000 francs. «L’argent venait d’un entrepreneur étroitement lié à la mafia», assure l’auteur.

    Or l’origine de ces fonds n’apparaît pas au registre. Si l’on est habile, ajoute l’enquêteur, on peut faire échapper des informations. Il suffit de tenir deux assemblées au lieu d’une et de protocoler uniquement les informations obligatoires pour la première assemblée. La seconde, qui peut se tenir durant la même heure, ne ferait pas l’objet d’un PV, et on y aborderait les précisions sensibles.

    Un avocat que nous avons contacté fournit une autre astuce. «Les prêts accordés à des entités tierces, cela ne se voit que dans le bilan et ce n’est pas public. L’origine d’un prêt est moins scrutée que l’origine d’un capital.» «On ne peut nier que des individus cherchent à optimiser les possibilités des sociétés, reconnaît un consultant d’une grande firme d’audit. Et quand les autorités colmatent les brèches, c’est l’effet «kalter Kaffee»: on réglemente des pratiques déjà dépassées.»

    Politique: une apathie coupable?
    Malgré ces affaires connues, rares sont les élus à empoigner de front la problématique de la mafia. Ces dernières années, quelques objets parlementaires ont été déposés par des conseillers nationaux tessinois, dont Fabio Regazzi (Le Centre), aujourd’hui aux Etats. Malgré son statut de président de l’Union suisse des arts et métiers, cet entrepreneur a l’impression de prêcher dans le vide. «En tant que restaurateur, je suis bien placé pour savoir que certains établissements sont utilisés pour blanchir l’argent de la mafia. Mais lorsqu’ils dénoncent quelque chose, les Tessinois ne sont généralement pas pris au sérieux. Les Alémaniques se sentent loin de tout cela.»

    L’actualité récente montre pourtant que le Röstigraben ne protège pas du crime organisé. En février, Blick racontait comment un coup de filet contre la mafia en Lombardie avait mené les enquêteurs jusqu’à Saint-Gall, Zurich et Saint-Moritz. Le récit était signé par Madeleine Rossi. La spécialiste s’étonne qu’aucun arsenal ne soit mis en place au niveau politique pour lutter contre le crime organisé. «Il y a seulement des petites mesures pour boucher les trous.» Elle se demande carrément «s’il faudra un événement sanglant pour que la Suisse se réveille».

    «

    «En tant que restaurateur, je suis bien placé pour savoir que certains établissements sont utilisés pour blanchir l’argent de la mafia»
    Fabio Regazzi, Conseiller aux États tessinois
    »

    Cette apathie transparaît dans le traitement par le gouvernement des propositions visant à lutter contre le crime organisé. Ainsi par exemple l’idée d’un certificat antimafia destiné aux marchés publics. Cet outil, utilisé par l’Etat italien, permettrait à la Confédération d’exiger que les soumissionnaires et sous-traitants ayant leur siège principal en Italie présentent un certificat attestant de l’inexistence de liens avec la mafia. Après avoir soutenu l’idée dans un premier temps, le Conseil fédéral a balayé la proposition dans un récent rapport, la jugeant discriminatoire et estimant que les garde-fous actuels sont suffisants.

    Zones d’opacité financière
    Les faiblesses réglementaires se constatent également dans l’efficacité limitée de la loi anti-blanchiment (LBA). L’activité de la mafia s’est poursuivie bien au-delà de l’entrée en vigueur de cette loi, qui date de 1997. Or, dans les récits sur la mafia, il est question d’ouvertures de comptes dans des banques de Lugano, de Genève et de Zurich dans les années 2000. «La LBA n’était pas appliquée», n’hésite pas à affirmer Frank Garbely. «Un système anti-blanchiment, aussi sophistiqué soit-il, ne pourra jamais faire un obstacle complet aux manœuvres qu’il compte combattre, complète un avocat de la place. Dès que vous instaurez une norme, les gens essaieront de la contourner.»

    D’après les experts interrogés, les fonds transiteraient de préférence via des banques de grande taille. Dans les petites structures, les gros montants seraient plus facilement détectés par l’autorité de surveillance. En outre, la mafia aurait souvent recours à des transactions en cash, pour laisser un minimum de traces.

    Secrets des notaires et avocats
    A travers ces récits ressort le rôle central des avocats et des fiduciaires, qui sont exemptés des obligations de la LBA. Contrairement aux banques, ces acteurs ne sont pas tenus de vérifier l’origine des fonds de leurs clients et de les dénoncer aux autorités en cas de soupçons, tant qu’ils ne gèrent pas directement leur argent. Pour Frank Garbely, cette lacune est au cœur du problème. «Et ce sont les avocats qui sont les plus représentés à Berne», déplore-t-il. A l’origine de cette opacité: le rejet par des élus bourgeois, dont les Valaisans Beat Rieder et Philippe Mathias Bregy, fin 2019, d’une révision de la LBA qui aurait assujetti les avocats.

    Quant aux grandes fiduciaires, elles sont certes soumises à la surveillance d’un organisme d’autorégulation, mais il n’est pas aussi strict que la Finma, l’autorité qui surveille les banques.

    Que fait la police?
    Les récentes alertes faisant état du manque de moyens de la police fédérale (Fedpol) pour enquêter sur la mafia ne sont pas vraiment de nature à rassurer sur la capacité de la Suisse à lutter contre ce phénomène. Dans un rapport d’inspection de la collaboration entre le MPC et la police judiciaire fédérale publié en février, l’Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération a souligné ce déficit de ressources, qui est régulièrement évoqué depuis quelques années.

    «Il est invraisemblable que des enquêtes sur la criminalité économique passent à l’as à cause d’un défaut d’effectifs», estime le conseiller national MCG (UDC) genevois Roger Golay, qui a déposé en mars une motion demandant un renforcement rapide de la police judiciaire fédérale. «Dans un Etat de droit, on ne peut pas laisser passer ça. Tout au long de ma carrière de policier, j’ai constaté que les cols blancs intéressent moins les politiques que le crime crapuleux.»

    Ce problème d’effectif n’a pas empêché le conseiller fédéral Beat Jans de charger Fedpol, fin 2024, d’élaborer «une stratégie de lutte contre le crime organisé en Suisse». Selon Frank Garbely, les autorités multiplient les déclarations dans ce domaine, sans effets concrets. «A chaque fois qu’un nouveau procureur fédéral entre en fonction, il annonce qu’il va mettre la priorité sur la mafia. Et ensuite, rien ne se fait.»

    Le fédéralisme ne serait-il pas aussi un frein à la lutte contre le crime organisé? Pour Madeleine Rossi, certains cantons comme le Valais et le Tessin sont mieux armés que d’autres pour faire face à cette menace. «Ailleurs, ils ont souvent peu d’expérience et d’intérêt pour cette problématique. Ils s’appuient donc sur Fedpol. Résultat: il y a un gros problème de remontée des informations des cantons vers la police fédérale. La solution serait de redonner des prérogatives aux cantons pour qu’ils s’autonomisent dans ce domaine.» La journaliste précise que la mafia est en train de s’étendre vers l’ouest de la Suisse, notamment le Chablais romand et donc le canton de Vaud.

    On n’a donc pas fini d’entendre parler de la’Ndrangheta.

  394. LE SCANDALE DONT PERSONNE NE PARLE : CE QUE CONTIENT LA LOI NARCOTRAFIC SOUTENUE PAR RETAILLEAU
    21 mars 2025

    Cette émission d’Au Cœur de l’Actu sera intégralement consacrée à la proposition de loi visant à lutter contre le narcotrafic. L’objectif affiché de cette loi est de renforcer les moyens d’enquête pour faire tomber les barons de la drogue. Certaines dispositions sont d’ores et déjà critiquées par la gauche, mais aussi par une partie de la macronie. Des avocats pénalistes et des associations de défense des libertés publiques ont également émis de nombreuses réserves. Cette loi est jugée dangereuse par certains, aussi bien en ce qui concerne la surveillance de masse ou l’égalité des droits, mais aussi pour les libertés numériques.

    Avec Marion Lopez, autour de cette table, nous avons Julie Garnier, Oratrice nationale de la France insoumise, Bastien Le Querrec, juriste en droit public et membre de La Quadrature du Net. Et en visio, Mohammed Benmeddour, médiateur dans les quartiers de Marseille.
    https://www.youtube.com/watch?v=4KxZGLFXW5k

  395. Couteaux et barres de fer dans une zone de deal
    20min.ch/fr/story/couteaux-et-barres-de-fer-dans-une-zone-de-deal-975924051796
    29 octobre 2020
    Publié29. octobre 2020, 13:02

    Vevey (VD): Couteaux et barres de fer dans une zone de deal

    Une vingtaine de personnes se sont affrontées à Vevey, devant la gare et sur la place du Marché, où les dealers sont légion, alors que la question de la vente de drogue en pleine rue échauffe les esprits dans la ville de la Riviera.

    par
    Pauline Rumpf
    Il est 21 h 30 samedi quand Francisco* entend des cris sur le parking de la Poste, devant la gare de Vevey (VD). «Les dealers que je vois tous les jours à cet endroit étaient en train de s’affronter à mains nues, explique cet habitant du quartier. Puis ils sont partis et sont revenus pour régler leurs comptes avec des couteaux et des barres de fer.» Francisco ajoute que ce n’est pas la première bagarre violente qu’il observe à cet endroit, occupé à longueur de journée par des personnes proposant aux passants de leur acheter de la drogue. «On se fait souvent siffler et prendre à partie. Ce n’est pas rassurant du tout.»

    Police Riviera indique qu’elle a été appelée un peu plus tard, vers 0 h 15, sur la place du Marché à Vevey, pour une altercation impliquant une vingtaine de personnes. Toutes avaient disparu à l’arrivée des agents, qui n’ont pas pu les retrouver ni constater la présence d’armes ou de blessés. Elle ne se prononce pas sur le lien entre ces bagarres et le deal de rue.

    Dealers en pleine rue: sujet chaud à Vevey

    La présence visible des dealers au centre-ville de Vevey a récemment causé des étincelles au Conseil communal, comme le rapportait «24 heures» il y a un mois. L’élu de Vevey Libre Nicolas Bonjour y exprimait son ras-le-bol face à un phénomène «ayant pris des proportions insupportables». D’autres conseillers communaux s’accordaient toutefois à dire que les vendeurs ne sont guère agressifs, mais que leur impact sur l’image de la ville est mauvais. Le municipal responsable de la Sécurité, Yvan Luccarini, rappelait également qu’il fallait garder une certaine proportionnalité dans les interventions de la police.

    Interpellée, cette dernière refuse de parler d’une «scène ouverte de la drogue», indiquant que la situation d’autres villes romandes est comparable, mais confirme que le deal de rue s’est installé aux abords de la gare ainsi que dans certains secteurs du bord du lac. Police Riviera veut rassurer en précisant que «cette situation n’engendre pas d’autres délits connexes tels que des agressions».

    Les forces de l’ordre assurent en outre que leur présence est quotidienne dans la zone «afin de marquer une présence visible, dissuasive et répressive», de «déstabiliser le milieu» et de «redonner un sentiment de sécurité à la population». «C’est le jeu du chat et de la souris, reprend Francisco. Les agents arrivent, les vendeurs partent dans un autre quartier, et dès que la patrouille repart, ils reviennent.» Police Riviera assure pourtant avoir procédé à plus de 250 interpellations de personnes en situation irrégulière depuis début 2019, qu’elle a dénoncées à l’autorité compétente.

    *Prénom d’emprunt

  396. Insécurité en ville – Tabassé par des dealers, il portera plainte contre Lausanne
    24heures.ch/tabasse-par-des-dealers-il-portera-plainte-contre-lausanne-661953931852
    Laurent Antonoff
    28 octobre 2021
    AboInsécurité en ville –

    Tabassé par des dealers, il portera plainte contre Lausanne
    Un quinquagénaire, victime d’une violente agression un dimanche matin alors qu’il rentrait du Flon, tient aussi la Municipalité pour responsable de ce qui lui est arrivé.

    C’est dans les escaliers qui relient la rue de Genève aux Terreaux que Roberto a été agressé.

    FLORIAN CELLA

    Roberto* porte encore les stigmates de son agression, plus de dix jours après les faits. Un large pansement lui recouvre l’oreille gauche, son visage reste tuméfié et son avant-bras plâtré. Dans la nuit du 17 octobre dernier, ce quinquagénaire d’origine italienne raconte avoir été roué de coups par des dealers, au centre-ville de Lausanne, après avoir refusé de leur acheter la cocaïne qu’ils lui proposaient. «Je n’ai rien vu venir.»

    Roberto est en colère. Mais il n’en veut pas qu’à ses deux agresseurs. «Tout le monde connaît au moins une personne qui a été violentée à Lausanne. J’estime que la Ville n’en fait pas assez pour garantir la sécurité de ses habitants.» Ce chef d’entreprise a donc décidé de porter plainte contre ceux qui l’ont amoché méchamment, mais aussi contre les autorités qu’il juge responsables de l’insécurité en ville.

    «J’ai refusé d’acheter leur drogue. Ils m’ont jeté dans les escaliers.»

    Roberto, victime d’agression
    Les faits se sont déroulés vers 1 heure, un dimanche matin. Roberto avait bu un verre entre amis au Flon. Il remontait en direction de Chauderon en empruntant l’escalier situé entre le parking couvert et la Migros. «Après avoir refusé d’acheter la drogue à deux hommes, j’ai senti qu’ils me suivaient. Ils m’ont soudain saisi par-derrière pour me voler mon portefeuille et mon portable. Ils m’ont jeté dans les escaliers. Ils m’ont pris mon téléphone et mes lunettes. Moi, j’étais au sol couvert de sang.» Des passants appellent la police. Elle arrivera une vingtaine de minutes plus tard.

    Oreille arrachée et poignet cassé
    «La première chose que les agents m’ont demandée, c’est ma carte d’identité. Puis ils voulaient à tout prix savoir si j’étais inscrit au contrôle des habitants. Mais quelle question! J’avais frôlé la mort dans les escaliers. Je connais la vie, je suis né en Sicile. On m’a braqué mon vélo quand j’étais petit, mais là, je tremblais de tout mon corps. Comment ces choses peuvent-elles arriver à Lausanne?» C’est un ami de Roberto qui l’a conduit au CHUV. Bilan: une oreille arrachée, nécessitant douze points de suture, un poignet cassé, l’arcade sourcilière fendue et des hématomes à l’œil et sur tout le corps.

    Le lendemain de son agression, Roberto pousse la porte du poste de police pour porter plainte. Il est accompagné de sa fille. Elle souffre d’un choc post-traumatique. «Nous avons été accueillis comme si nous étions les coupables. On nous a dit qu’on ne pouvait pas porter plainte, qu’on n’en avait pas le droit. Et que de toute façon, les chances que la procédure aboutisse étaient nullissimes», témoigne la fille de Roberto. Le père en est persuadé: «On a voulu me dissuader. J’ai insisté. On m’a répondu que présentement, les policiers n’avaient pas le temps pour moi, qu’il fallait prendre rendez-vous et revenir dans une semaine. S’ils pensaient m’avoir à l’usure, ils se trompaient.»

    Roberto a finalement porté plainte contre ses agresseurs ce mardi. Il a fait noter dans sa déposition qu’il souhaitait aussi porter plainte contre la Ville. On lui a conseillé de faire part de son mécontentement à la Commune, par écrit simplement. «La Municipalité est responsable à mes yeux. Elle laisse faire les trafiquants. Pire: elle les soutient en tolérant leur trafic sur son territoire, sous le nez de la police. Essayez seulement de jeter un chewing-gum par terre! Vous prendrez 150 francs d’amende direct. La loi doit être respectée par tous. En tout cas, j’irai jusqu’au bout.»

    *Prénom d’emprunt

    Roberto en a le sentiment: la police de Lausanne a tenté de le dissuader de porter plainte. «Sans doute pour embellir les chiffres de la criminalité», avance-t-il. Hasard du calendrier, quelques jours avant son agression, la question est apparue au Conseil communal de Lausanne, par le biais d’une question orale au municipal de police Pierre-Antoine Hildbrand. L’interrogation d’Olivia Fahmy (les Verts) portait plus particulièrement sur les victimes de violences sexuelles.

    «De nombreux témoignages continuent de nous parvenir de personnes que le personnel de l’administration de police dissuade de porter plainte, et aussi de personnes agressées qui renoncent à porter plainte de ce fait.» Et l’élue Verte de demander quel contrôle interne sur les policiers était effectué afin de s’assurer que les personnes plaignantes soient entendues et traitées avec respect lors du dépôt de leur plainte.

    «Nous sommes préoccupés et engagés afin que les victimes de violence, et particulièrement de violence sexuelle, soient prises en charge de la façon la plus adéquate par le corps de police. Nous souhaitons qu’elles y reçoivent un accueil, une écoute et des conseils à la fois empreints de respect et de bienveillance», a répondu le municipal en préambule.

    Quid de ces victimes qui auraient été dissuadées de porter plainte par la police? «Nous réitérons notre appel à contacter la police et à signaler tous les cas où la prise en charge n’aurait pas été celle que nous souhaiterions voir. Je veillerai à ce qu’un suivi soit effectué de toutes les personnes plaignantes qui n’auraient pas reçu l’accueil qu’elles étaient en droit d’attendre de la police.»

    Pour rappel, en février dernier, le municipal Pierre-Antoine Hildbrand avait annoncé la création d’une unité spéciale formée à l’accueil et à la prise en charge de toutes les victimes de violence. Composée de dix hommes et femmes, elle devait être opérationnelle en mars. Où en est-elle? «Le projet suit son cours et une partie du personnel dédié doit encore suivre certaines formations», explique le municipal.

  397. Lutte entre dealers à Ouchy: onze ans de prison requis pour meurtre
    C’est un conflit autour d’une zone de vente de drogues qui a viré au drame, dans le parking souterrain du port d’Ouchy à Lausanne. D’une altercation verbale puis physique, à coups de poing et de pied, la bagarre entre le prévenu, un Sénégalais de 29 ans, et la victime, un Gambien d’une trentaine d’années, s’est achevée au couteau, fatalement pour celui qui détenait l’arme blanche sur lui et qui a agressé en premier le prévenu. Ce dernier comparaissait ce mercredi devant le Tribunal criminel de l’arrondissement de Lausanne.

    Les faits s’étaient déroulés le dimanche soir 31 mai 2020 dans le troisième sous-sol du parking de la Navigation peu après 21h30. Le prévenu est allé rejoindre un homme en vue d’une transaction de cocaïne, convenue par téléphone en début de soirée le même jour.

    Les deux hommes se connaissaient
    Un autre dealer, camarade de chambre gambien du ressortissant sénégalais dans un immeuble accueillant des migrants, l’a suivi en métro jusqu’au parking, apparemment contrarié que le prévenu se rende dans sa zone de vente. Une fois sur place, il s’en est pris au prévenu. Après une lutte physique, le Gambien a sorti un couteau de sa poche et a asséné des coups au Sénégalais, le blessant à la clavicule et aux mains.

    Probablement déséquilibrés par leur lutte, les deux hommes sont tombés dans les escaliers et ont chuté sur la plateforme intermédiaire entre les 2e et 3e étages du parking. Le moment précis où le Sénégalais a réussi à récupérer le couteau n’est pas clair, avant, pendant, après la chute.

    Le fait est qu’il est parvenu à le saisir et lui a asséné en retour un violent coup de couteau au niveau du thorax à gauche, lui perforant le poumon, sectionnant une artère et fracturant une côte. L’accusé s’est ensuite enfui par la cage d’escalier. La victime a succombé à ses blessures sur place. Le Sénégalais a, lui, quitté la Suisse le lendemain, via Annemasse (F), avant d’être arrêté le 29 juillet 2020 à Rotterdam aux Pays-Bas.

    «Totalement effrayé»
    Le prévenu fait face à plusieurs chefs d’accusation: meurtre, infraction à la Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration, délit et contravention à la Loi fédérale sur les stupéfiants. Ce ressortissant sénégalais était établi illégalement en Suisse, exerçant une activité lucrative sans autorisation. Il trafiquait de la drogue (cocaïne, ecstasy, cannabis), selon l’acte d’accusation.

    Détenu en prison depuis novembre 2020, l’accusé est arrivé menotté au tribunal et en training gris. Il a calmement affirmé n’avoir jamais eu l’intention de tuer son agresseur, que «totalement effrayé» par l’attaque au couteau de son camarade de chambre – «qui n’était pas son ami» et avec lequel il s’était déjà disputé -, il n’a cherché qu’à se défendre.

    «Je regrette sa mort, je suis désolé pour sa famille. J’ai eu la malchance d’être là au mauvais endroit au mauvais moment», a notamment dit le prévenu. Son avocat a plaidé la légitime défense ou, au moins, la défense excusable. Il a rappelé que c’est la victime qui avait eu en premier l’intention «sérieuse» de «chercher le contact, d’agresser, de poignarder voire de tuer».

    «Mon client n’a fait que de se défendre. Il a été confronté à une attaque sans pitié ne laissant aucune échappatoire. C’était lui ou l’autre. Et faut-il rappeler qu’il n’avait pas d’arme sur lui», a dit Marcel Waser, demandant l’acquittement.

    «Force et détermination»
    La procureure du Ministère public, Laurie Roccaro, a au contraire requis onze de prison ferme pour meurtre et une expulsion de quinze ans du territoire suisse. Elle a accusé le Sénégalais d’avoir cherché à «anéantir son adversaire avec force et détermination». L’intention était de tuer, de se venger, par un acte extrêmement violent, selon elle. «Sa culpabilité est très lourde».

    Elle a aussi estimé que le prévenu s’était «victimisé jusqu’à l’extrême» et qu’il n’avait montré «aucune empathie pour sa victime». Mme Roccaro a aussi mis en évidence les «versions fluctuantes» de l’accusé au cours des auditions, évoquant ses «égarements, ses mensonges, ses inventions et sa mauvaise foi» et des «dénégations jusqu’au-boutistes».

    Le verdict est prévu vendredi à 16h30.

  398. Les quatre agresseurs de la «noyée de Vevey» devant leurs juges

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    Le corps sans vie de G.P., valaisanne âgée de 27 ans, avait été découvert en mars 2018. Le procès des quatre requérants d’asile qui l’avaient agressée et abandonnée au bord du lac à Vevey (VD) s’ouvre ce mardi à Renens

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    La Valaisanne de 27 ans avait été retrouvée morte noyée dans le lac Léman. — © Udo Bernhart/ Keystone
    ATS

    Publié le 26 mars 2019 à 11:51. / Modifié le 10 juin 2023 à 15:24.
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    Vaud
    Chaque vendredi matin, tout ce qu’il faut retenir de l’actualité vaudoise de la semaine.

    Une transsexuelle valaisanne de 27 ans avait été retrouvée morte noyée dans le lac Léman un petit matin de mars 2018. Les quatre prévenus, requérants d’asile marocain, tunisien et algériens âgés de 32, 31, 29 et 26 ans ont rendez-vous avec la justice ce mardi. Trois d’entre eux, logeaient dans un centre de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) de Vevey à l’époque. Ils avaient passé la nuit du 9 mars avec la victime. A cette occasion, les quatre accusés avaient eu à tour de rôle des relations sexuelles avec elle.

    Une victime alcoolisée
    Le Tribunal d’arrondissement de l’Est Vaudois juge ces hommes principalement pour infraction à la Loi fédérale sur les stupéfiants, pour lésions corporelles simples, pour omission de prêter secours et pour menaces et actes d’ordre sexuel sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Pour cette dernière infraction, ils encourent jusqu’à dix ans de prison.

    L’enquête avait permis d’identifier les quatre prévenus puis de les placer en détention provisoire dès la fin avril 2018. L’acte d’accusation explique que la jeune femme était alcoolisée, sous sédatif et sous antidépresseurs la nuit du drame. Son discernement s’en trouvait sérieusement altéré.

    Traces ADN compromettantes
    La disparue avait rencontré deux de ses abuseurs le vendredi vers 19h00 devant le centre EVAM de Vevey. A ce moment-là, elle buvait une bouteille de rhum.

    Ils étaient allés fumer du cannabis au bord du lac. Les deux requérants avaient eu des relations sexuelles avec la victime. Des traces de leur sperme et de leur ADN avaient été retrouvées dans ses parties intimes et sous ses ongles.

    Corps flottant dans le Léman
    Un troisième requérant est accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec la victime qui l’aurait alors giflé, mais aucune analyse en atteste. Cet homme dit s’être borné à embrasser sa victime sur la bouche et à lui avoir caressé la poitrine.

    Lire aussi: A Vevey, une mère et son fils jugés pour un parricide au scénario terrifiant

    La justice lui reproche d’avoir incité le quatrième homme à entretenir des rapports avec elle en échange de cocaïne. Ces deux derniers agresseurs avaient ensuite délaissé leur victime aux abords immédiats du lac.

    Une dizaine de minutes plus tard, ils étaient revenus et avaient trouvé le corps de leur victime flottant dans une eau à 7 degrés. Ils n’avaient pas prévenu les secours mais avaient volé son téléphone portable

  399. “On semait la TERREUR dans BONDY” : comment ce DEALER s’en est sorti
    28 mars 2025
    Rodrigue arrive à Bondy à l’âge de 7 ans. Arrivé au lycée il découvre les guerres de gangs et plonge dans le trafic de drogue. Plutôt doué, il se fait beaucoup d’argent jusqu’à cette rencontre avec trois religieuses qui vont changer sa vie.
    https://www.youtube.com/watch?v=eGo6UWIjO7Y

  400. Une journée dans ma vie de POLYTOXICOMANE
    1 avr. 2025
    Aujourd’hui dans Delta Plane on va parler de mon passif avec la polyconsommation. J’ai eu une période très difficile plongée dans la dépendance, et tenais à partager avec vous la réalité de mon quotidien à cette époque. J’en suis heureusement totalement sorti maintenant.
    https://www.youtube.com/watch?v=eR3Ul8IoSwE

  401. Elle Travaille, Ils Trafiquent… Et C’est Elle Qu’on Verbalise !
    6 avr. 2025
    Scène surréaliste à Paris : une commerçante est verbalisée par la police municipale alors qu’elle termine de déballer une livraison… à quelques mètres de là, des trafiquants opèrent en toute tranquillité. Quand elle ose le faire remarquer, l’agent la filme pour l’intimider. Bienvenue dans une société où l’ordre frappe ceux qui bossent, pas ceux qui pourrissent les rues.
    https://www.youtube.com/watch?v=F8-QcYnqM9U

  402. Immersion dans la cité Aldrin à Sierre
    6 avr. 2025 #RTSinfo
    La cité ‘Aldrin’ de Sierre est devenue un symbole de précarité, minée par un trafic de drogue qui a récemment été démantelé par la police. Ce quartier, autrefois ambitieux, est aujourd’hui le théâtre d’un réseau criminel complexe, rappelant les structures des banlieues françaises. En février, une opération policière a permis la saisie de quantités importantes de stupéfiants, révélant l’implication de nombreux jeunes, dont certains mineurs.

    Au-delà de l’insécurité, c’est un sentiment d’abandon qui domine, avec des infrastructures vieillissantes et un manque de perspectives pour les habitants. La cité, caractérisée par une forte densité de jeunes et une population multiculturelle, souffre de vulnérabilité et de précarité. Les autorités locales reconnaissent la nécessité d’interventions pour améliorer la cohésion sociale, mais se heurtent à des contraintes de ressources et de terrains disponibles pour développer de nouveaux espaces publics. Mais des associations arrivent à construire avec les enfants de la cité un avenir positif qui mise sur la cohésion, la compréhension et la collaboration.
    https://www.youtube.com/watch?v=FbI-UpKiD1k

  403. Ce que le Cannabis FAIT VRAIMENT à TON CERVEAU (Personne ne te le dit)
    22 mars 2025
    Le cannabis semble cool ? Détente, rire, ambiance entre potes… mais derrière chaque bouffée se cache un piège. Dans cette vidéo, je te dévoile l’impact réel du cannabis sur ton cerveau, ta motivation, ta mémoire… et ta vie.
    Tu penses contrôler ? Regarde jusqu’au bout. Et partage ça à quelqu’un qui a besoin de l’entendre.

    00:00:00 – Introduction au mythe du cannabis inoffensif
    00:00:51 – Pourquoi le cannabis semble-t-il si agréable?
    00:01:47 – Effets du THC sur le cerveau et la dépendance
    00:02:37 – Impact du cannabis sur la mémoire et le QI
    00:03:26 – Risques physiques: cœur, poumons et digestion
    00:04:16 – Comment se débarrasser de la dépendance au cannabis
    00:05:07 – Remplacer la dopamine artificielle naturellement
    00:05:59 – Importance de choisir un bon entourage
    00:06:46 – Prendre l’engagement d’arrêter le cannabis
    00:07:35 – Partagez cette vidéo pour sensibiliser les autres

    https://www.youtube.com/watch?v=-FVPDGLNTsE

  404. https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/11/18/sky-ecc-l-application-prisee-des-traficants-mine-d-or-des-enquetes-sur-le-crime-organise_6150398_3224.html
    Sky ECC, l’application prisée des trafiquants, mine d’or des enquêtes sur le crime organisé
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    Société
    Police et justice
    Début 2021, cet outil de communication, réputé inviolable, a commencé à livrer ses secrets, aux Pays-Bas, en Belgique et en France.

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    L’application était réputée inviolable. Elle garantissait à ses usagers une discrétion parfaite. A l’aide d’un téléphone de technologie canadienne, les trafiquants de tous pays s’abritaient derrière un système de cryptage digne du niveau de sécurité des chefs d’Etat pour échanger au quotidien sur leurs affaires courantes. Livraisons de cocaïne, opérations de blanchiment, cibles de guet-apens… Sur Sky ECC – le nom de cet outil de communication – les scénarios criminels s’écrivaient dans l’ombre, loin des regards des polices, jusqu’au 15 février 2021…

    Ce jour-là, après plusieurs mois de recherches, les services de police belges parviennent à accéder en direct au contenu des quelque 1,5 million de messages échangés quotidiennement entre 164 000 utilisateurs sur cette application particulièrement prisée par les narcotrafiquants du Benelux, mais aussi de région parisienne : 12 000 utilisateurs sont recensés aux Pays-Bas, 6 000 en Belgique, 2 000 en France.

    Sous les yeux des enquêteurs, un monde souterrain prend enfin la lumière. Messages textes, photos et vidéos sont interceptés à la volée. Ces discussions offrent, en temps réel, une cartographie complète des projets criminels, mais aussi des indications « de l’intérieur » sur les rapports de force entre les groupes de trafiquants. Ces archives inédites reposent néanmoins sur des identifiants et des pseudonymes. Une sorte de littérature spécifique, en langage « texto » jargonneux. Les recoupements avec les enquêtes en cours permettront de relier des dialogues parfois abscons aux activités illicites de groupes bien enracinés.

    111 mises en examen
    La phase de surveillance en direct, menée conjointement par les services belges, français et hollandais, prend fin avec le premier coup de filet « Sky » de la police belge, le 9 mars 2021. Une opération massive : 1 800 policiers sont mobilisés pour réaliser 200 perquisitions et 48 arrestations. Au bilan des saisies, plus de 17 tonnes de cocaïne, 1,2 million d’euros, et des arsenaux complets. Les enquêteurs ne pouvaient suivre indéfiniment les discussions sans réagir. Mais les montagnes de données collectées demeurent une ressource inestimable pour lancer ou compléter des enquêtes. D’autant que, quelques mois plus tôt, un autre système de communication réputé sécurisé, EncroChat, était percé à jour par les gendarmes spécialisés, sous l’égide de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille.

    La juridiction chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco), créée début 2020, emmagasine ainsi des informations cruciales pour accomplir sa mission première : remonter les filières de trafics et viser le « haut du spectre » du crime organisé. Selon un enquêteur, « Sky ECC a permis de poser un diagnostic dont on se doutait qu’il serait extrêmement préoccupant, avec une vision précise des volumes concernés et de la façon dont sont réglés les litiges, avec un niveau de violence exceptionnel ».

    Bientôt deux ans après le dévoilement inaugural de Sky ECC, les résultats sur les enquêtes de la Junalco sont considérables. Selon les informations remontées par le logiciel Cassiopée, auquel Le Monde a eu accès, pas moins de 111 mises en examens ont été réalisées grâce aux révélations de Sky ECC, dont 64 personnes placées en détention provisoire.

    En outre, 67 dossiers déjà ouverts ont été alimentés par des informations découvertes grâce au décryptage de Sky ECC, parmi lesquelles 51 sont liées à des trafics de stupéfiants, et 13 à des violences criminelles dans un contexte de trafic. Concernant les saisies, 795 kg de cocaïne ont été découverts à la suite d’enquêtes ouvertes grâce aux révélations de la messagerie cryptée, tandis que les dossiers mis au jour par ces informations portent le volume de saisies de cocaïne à 11,15 tonnes. Pour le cannabis, ces chiffres s’élèvent respectivement à 1 300 kg et 4,8 tonnes. En complément, 1 539 680 euros en espèces ont été saisis.

    Coopération entre groupes
    La juridiction spécialisée parisienne n’est pas la seule à bénéficier de ces informations de première main, qui renseignent le déploiement de groupes criminels sur l’ensemble du territoire français. Chaque juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) a récupéré des affaires locales, comme ce fut le cas à Besançon, notamment, dans un dossier d’assassinat sur fond de trafic de drogue dont les auteurs présumés s’étaient vantés sur l’application.

    Les conversations Sky dressent aussi un état des lieux des dynamiques de pouvoir et de la géographie de la criminalité organisée. « Les ports d’Europe du Nord sont particulièrement recherchés comme points d’entrée de la cocaïne. Rotterdam, Anvers mais aussi les ports français sont utilisés indifféremment par des groupes ayant des capacités de sorties sur ces différents territoires », souligne un magistrat spécialisé.

    L’analyse des dialogues détaille aussi les coopérations régulières entre des groupes de pays différents, les donneurs d’ordre, les logisticiens, les « gros bras »… Cette organisation assure une forme de « division du travail » et compartimente les niveaux hiérarchiques. De quoi empêcher les « petites mains » de pouvoir connaître l’identité de la tête de réseau, opérant dans la majorité des cas depuis un pays « refuge » fort éloigné des trafics.

    Bientôt deux ans après le début des révélations, le volume des informations Sky n’est pas épuisé. Sur un total de plus de 1 milliard de communications interceptées, il reste environ 400 000 données à décrypter.

  405. Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… Une génération perdue
    Accord parental recommandé
    L’onde de choc de ce livre secoue l’Allemagne de l’Ouest à la fin des années 70. De très jeunes adolescents sombrent dans l’héroïne et meurent. Le pays prend conscience que ses enfants sont à la dérive et s’excluent d’une société qu’ils refusent en bloc. L’histoire de Christiane, c’est l’exemple à ne pas suivre, c’est l’exemple qui fascine.

    02.03.2025
    52 min
    Disponible jusqu’au 31.05.2025
    https://www.rts.ch/play/tv/-/video/-?urn=urn:rts:video:15485416

  406. Yverdon-les-Bains: des dealers rechargent leurs téléphones à la BCV
    20min.ch/fr/story/yverdon-les-bains-vd-les-dealers-rechargent-leur-telephone-aux-frais-de-la-bcv-103321502
    14 avril 2025
    L’entrée du sas de la filiale d’Yverdon de la BCV au centre-ville, avec la prise électrique disponible à tout le monde, y compris aux dealers.

    cht
    «La Banque cantonale vaudoise cautionne les dealers!» C’est du moins ce que dénonce le conseiller communal PLR d’Yverdon Thierry Pidoux. Celui-ci s’offusque en effet que des vendeurs de drogue locaux rechargent tranquillement leur téléphone portable durant la nuit dans la filiale de la BCV à la rue des Remparts, dans la cité thermale.

    Pas en sécurité

    «Je viens souvent dans cette BCV», raconte-t-il. «Mais j’ai constaté un soir après minuit, alors que je prélevais de l’argent au bancomat dans le sas de la banque, que deux gars se tenaient derrière moi en train d’attendre que leur téléphone se recharge à une prise électrique sur place. Je ne me suis pas senti du tout en sécurité», déplore-t-il. «Un ami m’a même dit qu’il ne voulait plus retourner dans cette BCV», ajoute-t-il.

    La faute, selon lui, à un système où il n’y a plus besoin de badger pour entrer dans le sas de la banque. Du coup, c’est la porte ouverte aux dealers, selon lui. «En leur permettant de prélever gratuitement de l’énergie, la BCV paie les frais des portables avec lesquels ils font leur trafic», critique-t-il.

    Cas exceptionnels, selon la BCV

    Du côté de la BCV, on relativise les faits. Son porte-parole, Jean-Pascal Baechler, reconnaît que «dans certaines localités, les usagers d’espaces accessibles au public peuvent y croiser des personnes qui n’y sont pas présentes pour l’usage prévu». Mais «les situations dans lesquelles un client se serait plaint d’un inconfort sont exceptionnelles», ajoute-t-il en précisant que la BCV était «très attentive» à la sécurité de la clientèle et qu’elle «surveillait ses espaces».

    Mais pas question de changer la situation, car les espaces bancomats ouverts 24h/24 sont accessibles aux détenteurs de cartes d’autres établissements, rappelle-t-il. La BCV préfère donc préserver leur accessibilité pour répondre aux besoins des clients.

    Bloquer les prises électriques?
    Quant aux prises électriques dans les sas des BCV, elles sont nécessaires pour l’alimentation des appareils utilisés pour le nettoyage des lieux, explique Jean-Pascal Baechler. Une réponse qui fait pester Thierry Pidoux, car selon lui, il serait très facile techniquement de les bloquer la nuit. La BCV ne promet rien, mais son porte-parole souligne «qu’en fonction des besoins et des possibilités techniques, des alternatives sont à l’étude».

  407. Mort d’une ado à Fribourg: dealer condamné avec sursis
    20min.ch/fr/story/fribourg-dealer-finalement-condamne-apres-la-mort-d-une-ado-103324123
    13 avril 2025
    L’accusé écope de 60 jours-amende avec sursis et d’une amende ferme de 300 francs pour avoir vendu le haschisch (photo d’illustration) à la jeune victime.

    IMAGO/Panama Pictures
    Le 30 septembre 2024, à Fribourg, une adolescente de 16 ans mourait subitement à son domicile, d’un arrêt du cœur provoqué par une overdose de médicaments, «potentiellement en lien avec une consommation simultanée de stupéfiants», expliquait, samedi, «La Liberté». L’enquête avait permis d’établir que la jeune fille avait eu des contacts avec deux hommes sur Instagram. Mais, dans un premier temps, il n’a pas été possible de démontrer que l’un ou l’autre avait «fourni la drogue en cause dans ce décès», l’affaire ayant dès lors été classée.

    Toutefois, en comparant avec d’autres dossiers l’ADN retrouvé sur un des deux sachets de haschisch, les policiers ont ensuite découvert qu’il «correspondait bien à celui d’un des deux hommes», un Algérien de 26 ans, sans domicile connu et en situation irrégulière. Cette preuve irréfutable de son implication dans le trafic a «permis la réouverture de la procédure», précise le quotidien.

    En conséquence, le suspect a été condamné à 60 jours-amende avec sursis, une amende ferme de 300 francs et plus de 1000 francs de frais de justice. Outre la livraison des 25 g de haschisch à la jeune fille, il a été reconnu coupable de quatre vols dans des véhicules et de séjour illégal.

    Besoin d’aide ou d’infos sur les addictions?
    Trouver un interlocuteur (tous les thèmes: alcool, drogue, tabac, jeu, porno, achats etc)

    Safezone.ch (drogues et dépendance)

    Mamanboit.ch (alcoolisme)

    Ciao.ch infos et aide pour les ados

    Ontecoute.ch infos et aide pour les 18-25 ans

    La main tendue: 143

    Pro Juventute: 147 (aussi sur WhatsApp)

    Conseils aux parents: 058 261 61 61

  408. Criminalité: le doute plane sur 60 procédures pénales en Suisse
    20min.ch/fr/story/suisse-mafia-de-la-drogue-soixante-procedures-penales-risquent-le-flop-103324149
    14 avril 2025
    Getty Images (photo prétexte)
    C’est peut-être la plus grande opération contre le crime organisé jamais menée en Suisse depuis des années: grâce à des données piratées en 2021 par les polices belge et française, issues du réseau crypté Sky Global (lire encadré), les autorités ont pu remonter aux réseaux de trafiquants et mettre au jour des opérations de grande envergure, puis prononcer de lourdes peines de prison.

    Or un doute majeur pèse désormais sur la validité des preuves, rapporte la «NZZ am Sonntag»: plusieurs spécialistes en droit et avocats de la défense font valoir que les informations de Sky ne peuvent pas être utilisées comme preuve devant les tribunaux, car les règles de procédure pénale auraient été violées.

    Liberté possible pour près de 60 prévenus

    Parmi ces experts, le pénaliste Wolfgang Wohlers, professeur et doyen de la Faculté de droit de l’Université de Bâle, pointe l’absence d’accès aux données brutes – les conversations enregistrées. Car les autorités étrangères ont uniquement transmis des transcriptions des conversations sur des tableaux Excel, dont ni la défense ni les juges ne peuvent vérifier l’exactitude.

    «Tout repose sur la confiance dans les autorités étrangères, c’est inacceptable en procédure pénale. Si la défense utilisait de tels documents dans la procédure, il ne viendrait à l’esprit de personne de se fier simplement à l’exactitude des données», note-t-il. Il se demande aussi s’il y avait un réel soupçon initial suffisant contre les accusés pour justifier la surveillance des 170’000 utilisateurs de Sky par la police française.

    Si les tribunaux devaient suivre ces argumentations, des preuves centrales disparaîtraient et une soixantaine de procédures pour crimes graves pourraient alors s’effondrer. Les prévenus retrouveraient la liberté au lieu de l’incarcération pour 20 ans. Les premiers jugements des tribunaux cantonaux sont attendus cet été. Plus tard, le Tribunal fédéral prendra probablement une décision définitive qui devrait faire jurisprudence en la matière.

    Un réseau énorme
    Les réseaux de crime organisé utilisaient des smartphones de la société canadienne Sky Global, une sorte d’étalon-or dans le crime organisé, rappelle la «NZZ am Sonntag». Les appareils, des BlackBerry et des iPhone modifiés, étaient remis aux criminels uniquement lors de réunions conspiratives. Tous les six mois, ils devaient acquérir un nouvel appareil pour des milliers de francs. Les criminels utilisaient un cryptage complexe qui a longtemps été impossible à décoder. Les messages s’effaçaient automatiquement au bout de 30 secondes. Ce réseau était énorme, avec 170’000 téléphones Sky actifs dans le monde entier.

  409. https://www.businessbourse.com/2025/04/15/le-narcotrafic-menace-notre-raison-detat-la-il-y-a-une-vraie-guerre-a-mener/
    Le narcotrafic menace notre raison d’Etat, là il y a une vraie guerre à mener.
    La raison d’État est le principe politique en vertu duquel l’intérêt de l’État, conçu comme une préoccupation supérieure émanant de l’intérêt général, peut nécessiter de déroger à certaines règles juridiques ou morales, notamment dans des circonstances exceptionnelles.

    Le narcotrafic menace notre raison d’Etat.

    Pas les fraudeurs fiscaux.

    Pas les non vaccinés.

    Pas les automobilistes allant dans une ZFE sans leur vignette.

    Pas les agriculteurs qui arrachent une haie quand il ne faut pas et quoi qu’en pensent nos pandores de la “police de l’environnement” les deux termes n’allant profondément pas ensemble.

    Les narcotrafiquants eux, menacent directement notre stabilité politique et sociale.

    Par leur capacité de corruption, de violence et de destabilisation ils constituent une menace évidente aux intérêts supérieurs de notre nation.

    C’est une évidence politique, historique économique.

    Il suffit de savoir ce qui s’est passé en Colombie, en Italie pour ne citer que ces deux pays pour anticiper déjà ce qui va se passer dans notre pays dans les mois qui viennent si nous continuons à être passifs et envoyer nos gendarmes contrôler madame Michu au volant de sa voiture qui a glissé le stop (ce qui n’est pas bien mais moins grave qu’une rafale de Kalach).

    Ceux qui nous dirigent se trompent d’ennemis depuis trop d’années.

    Ils se trompent d’ennemis et tapent toujours sur les mêmes, ceux qui bossent et globalement essaient de respecter les lois sans toujours y arriver parfaitement mais qui ne représentent aucune menace pour nos intérêts vitaux.

    Les dernières déclarations d’Amélie de Montchalin sur ce sujet vont dans le bon sens, mais que de temps perdu.

    Que de faiblesse contre les narcotrafiquants et que de force injuste contre les non-vaccinés et le contrôle zélé des passes sanitaires d’un vaccin qui au mieux ne servait à rien.

    «Nous ne pouvons pas vivre les mêmes attaques qu’en Belgique», Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics, sur le narcotrafic dans #LaGrandeInterview pic.twitter.com/EOO7zdbCdK

    — CNEWS (@CNEWS) March 17, 2025

    Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics, veut «taper au portefeuille des trafiquants» dans #LaGrandeInterview. pic.twitter.com/Np0sr63DOR

    — CNEWS (@CNEWS) March 17, 2025

    Charles SANNAT

    Source: insolentiae

  410. France: Les prisons sont attaquées et les politiciens réagissent
    blick.ch/fr/monde/france/prisons-francaises-attaquees-la-reponse-de-letat-devra-etre-implacable-id20784448.html
    AFP Agence France-Presse
    15 avril 2025
    Prisons françaises attaquées
    «La réponse de l’Etat devra être implacable!»

    Une vague d’attaques a frappé des prisons françaises, avec des incendies de véhicules et des tirs d’armes lourdes. Le syndicat FO Justice dénonce une ‘attaque frontale contre la République’ et exige une réponse immédiate de l’État.

    Un agent de l’administration pénitentiaire du centre de Vendin-le-Vieil, le 10 avril 2025. (Image d’iilustration)

    Plusieurs établissements pénitentiaires ont fait l’objet d’incendies de véhicules et celui de Toulon a été visé par des tirs à l’arme automatique dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué l’entourage de Gérald Darmanin.

    «La République est confrontée au narcotrafic et prend des mesures qui vont déranger profondément les réseaux criminels», a écrit sur X Gérald Darmanin, après les attaques qui ont visé plusieurs établissements pénitentiaires.

    «Elle est défiée et saura être ferme et courageuse», a ajouté le garde des Sceaux. Plusieurs établissements pénitentiaires ont fait l’objet d’incendies de véhicules depuis le week-end et celui de Toulon a été visé par des tirs à l’arme automatique dans la nuit de lundi à mardi.

    Bruno Retailleau a demandé mardi aux préfets de «renforcer sans délai la protection des agents et des établissements» après les attaques qui ont visé plusieurs établissements pénitentiaires. «La réponse de l’Etat devra être implacable. Ceux qui s’en prennent aux prisons et aux agents ont vocation à être enfermés dans ces prisons et surveillés par ces agents», a poursuivi sur X le ministre de l’Intérieur, condamnant “des attaques inacceptables».

    Gérald Darmanin doit se rendre dans l’après-midi au centre pénitentiaire de Toulon pour apporter son soutien aux agents sur place.

    Les attaques semblent coordonnées
    Selon une source proche du dossier, «tout cela semble coordonné et manifestement en lien avec la stratégie contre le narcobanditisme du ministre». Selon un communiqué du syndicat pénitentiaire FO Justice, «des véhicules ont été brûlés, des portes d’entrée incendiées et même visées par des tirs d’armes lourdes».

    Trois véhicules, dont deux appartenant à des agents pénitentiaires, ont été incendiés lundi soir sur le parking de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), selon une source policière. Un bidon d’hydrocarbure de cinq litres a été retrouvé sur place.

    Les images de vidéosurveillance ont permis de voir que les deux auteurs ont pénétré dans l’enceinte en passant par une butte de terre, incendiant chacun un véhicule, le troisième a été atteint par propagation. Selon une autre source policière, les établissements de Nanterre (Hauts-de-Seine), Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) et Valence (Drôme) ont aussi été touchés par des incendies de véhicules, dont certains avaient préalablement été tagués.

    «Une attaque frontale contre notre institution»
    Au centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède (Var), 15 impacts ont été relevés sur la porte de l’établissement après une «attaque à l’arme lourde, de type Kalachnikov», a affirmé FO Justice sur X. Au centre pénitentiaire d’Aix-Luynes, deux véhicules ont été incendiés, «ainsi que le portail de l’Eris (Equipe régionale d’intervention et de sécurité, NDLR) visé directement», selon la même source.

    Dans la nuit de dimanche à lundi, des incendies ont aussi touché le parking de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (Enap) et le centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne), selon plusieurs sources proches du dossier. «Ces actes criminels sont une attaque frontale contre notre institution, contre la République et contre les agents qui la servent au quotidien», a dénoncé FO Justice, exigeant «une réponse forte, immédiate et sans ambiguïté de l’État».

    «On attend une action coordonnée par les ministres de la Justice et de l’Intérieur», a de son côté déclaré à l’AFP Wilfried Fonck, secrétaire national de l’Ufap Unsa Justice, soulignant que l’administration pénitentiaire n’avait «pas les forces humaines pour assurer la sécurisation aux abords des établissements 24 heures sur 24».

  411. 25_POS_20 – Postulat Grégory Bovay et consorts au nom Groupe PLR – Espaces de consommation sécurisés et autres accueils à bas seuil : Pour une subvention cantonale conditionnée à des critères d’accès précis.
    vd.ch/gc/seances-du-grand-conseil/point-seance/point/e1aa1fbb-cdb4-4c1f-83c5-01779c3f82a7/meeting/1026882

    Séance du Grand Conseil du mardi 18 mars 2025, point 2.7 de l’ordre du jour

    Texte déposé
    Dans sa réponse à l’interpellation du soussigné[1] s’intitulant : Des subsides cantonaux pour les locaux d’injection : Sur quels critères et pour quels bénéficiaires ? (24_INT_139), le Conseil d’Etat s’est dit favorable au fait de conditionner l’octroi de la subvention cantonale à la mise en place de critères réservant l’accès aux Espaces de consommation sécurisés (ci-après : ECS) aux usagers domiciliés dans le canton de Vaud et qu’à cet effet, il interviendrait auprès de la Ville de Lausanne pour lui demander d’introduire des critères d’accès ainsi que pour examiner ensemble la manière de concrétiser une telle approche, en se basant sur les expériences menées dans d’autres cantons en vue d’une mise en œuvre.

    Au surplus et à la suite du dépôt de l’interpellation susmentionnée, deux postulats ont été déposés au Conseil communal de la Ville de Lausanne, lesquels prévoient notamment, après étude, la mise en place de critères d’accès liés au lieu d’habitation pour l’ECS Riponne respectivement les structures à bas-seuil[2] de la Ville de Lausanne[3].

    Fort de ce qui précède, le postulant soussigné considère que pour conditionner l’octroi de la subvention cantonale, le Conseil d’Etat doit désormais intervenir afin que des critères d’accès liés au lieu de domicile pour les ECS, respectivement les structures à bas-seuil, soient mis en œuvre.

    Le Présent postulat invite donc le Conseil d’Etat à étudier l’opportunité de :

    1.Présenter une étude comparative des exigences, conditions et critères d’accès aux prestations et aux structures ECS et d’accueil à bas seuil en Suisse.

    2. Intervenir auprès de la Ville de Lausanne pour la mise en place des critères d’accessibilité aux structures ECS et d’accueil à bas seuil, et notamment d’exiger un critère d’accès précis liés au lieu de domicile.

    [1] REPONSE DU CONSEIL D’ETAT à l’interpellation Grégory Bovay et consorts au nom du groupe PLR – Des subsides cantonaux pour les locaux d’injection : Sur quels critères et pour quels bénéficiaires? (24_INT_139)

    [2]Les premiers centres dit « d’accueil à bas seuil » sont apparus dans les années 80 dans les grandes villes de Suisse alémanique pour la prise en charge de personnes toxicodépendantes (cf. lignes directrices pour les centres d’accueil à bas seuil, chpt. 1). La notion s’est aujourd’hui généralisée et regroupe l’ensemble des structures d’urgence qui caractérise notamment le faible niveau d’exigence et de contraintes pour accéder aux prestations proposées (cf. https://www.lausanne.ch/prestations/inclusion-et-actions-sociales-de-proximite/lieu-accueil-usagers-drogues.htm)

    [3] Postulat Mathilde Maillard. Accueil à bas seuil : il faut définir le seuil. Novembre 2024

  412. https://www.vd.ch/gc/seances-du-grand-conseil/point-seance/point/6279fc11-9b3d-4491-9bdc-3fcfca1bcab7/meeting/1026885
    25_HQU_43 – Question orale Kilian Duggan – Cosa Nostra… Cosa Vaudoise?. | État de Vaud
    Séance du Grand Conseil du mardi 8 avril 2025, point 3.8 de l’ordre du jour

    Texte déposé
    Dans une enquête du Blick du 29 mars 2025 intitulé : « Voici les outils que la mafia utilise pour s’infiltrer en Suisse », on apprend que la mafia s’étend dangereusement en Suisse notamment dans les secteurs de la restauration et de la construction qui semblent être les plus vulnérables. Selon l’experte Madeleine Rossi, cette situation est préoccupante car à ce jour aucun arsenal n’est mis en place au niveau politique. Elle constate également le développement de la mafia dans le Canton de Vaud, particulièrement dans le Chablais.

    Face à cette situation, quelle stratégie le Conseil d’Etat met-il en oeuvre pour éviter que la mafia s’infiltre et s’installe dans notre Canton ?

    Retour à l’ordre du jour

  413. https://www.vd.ch/gc/seances-du-grand-conseil/point-seance/point/95dd6651-e588-47bd-bfdb-efe66f7b84ec/meeting/1026885
    23_POS_55 – Postulat Nicola Di Giulio et consorts – « Qui se préoccupe de l’état de santé de nos policières et policiers ? ». | État de Vaud
    Séance du Grand Conseil du mardi 8 avril 2025, point 38 de l’ordre du jour

    Texte déposé
    Titre : « Qui se préoccupe de l’état de santé de nos policières et policiers ? »

    Chez nos voisins français, 34 policiers et 14 gendarmes se sont suicidés en 2022, qu’en est-il de l’état de santé de la police sur notre canton ? Qui s’en préoccupe ?

    A Lausanne, sur la façade du Centre autogéré, les accusations mensongères prétendant que les polices suisses exécutent impunément hommes de couleur innocents fleurissent.

    A la gare de Morges, un individu agresse les policiers au couteau, les obligeant à faire usage d’une arme à feu.

    A Lausanne, c’est un requérant d’asile qui attaque et blesse un agent au couteau.

    Le métier de policier devient chaque jour plus dangereux et astreignant et le nombre d’interventions à l’endroit d’individus armés ne cesse d’augmenter.

    Nos autorités tolèrent toujours plus de manifestations de rues illégales, de la part de groupuscules pour lesquels tous les prétextes sont bons pour se faire remarquer.

    De même, on accorde des autorisations en trop grand nombre pour des manifestations sportives ou culturelles, en constante augmentation, mais qu’importe !

    On fait revenir des agents qui ont déjà travaillé la nuit précédente et l’on coupe dans leurs congés ou vacances, pour que le bon peuple puisse se distraire. En aval, c’est bien entendu toute la famille du policier qui en pâtit. Le deal de rue ne cesse d’augmenter, mais la Commune de Lausanne vend du cannabis et veut créer un nouveau local d’injection.

    Lorsqu’un trafiquant meurt peu après une intervention de police, certains opposants affichent volontiers l’acronyme ACAB sur leurs pancartes, n’hésitent pas à calomnier la police et induire des manifestations de rue, sans détenir la moindre parcelle d’un indice convainquant. Dans le cas Ben Peter, quelqu’un s’est-il soucié de la pression et la souffrance morale que ces 6 policiers innocents, qui viennent d’être acquittés ont subie durant 5 ans ? Quelqu’un a-t-il imaginé ce qu’a été leur vie de famille durant une demi-décennie ?

    Qui les dédommagera ? On retrouve le même schéma à Bex ou à Morges où l’agent a dû faire usage de son arme, en état de légitime défense. Là encore les contradicteurs ont causé des désordres en ville, sans avoir aucune connaissance des faits. Ce genre de choses crée une pression importante dont personne ne semble se soucier au sein des Autorités.

    Lors des assermentions, on entend régulièrement les politiciens, tous bords confondus, affirmer qu’ils appuient leur police, sans réserve. Cependant le travail de police est toujours plus astreignant pour les motifs évoqués et ceci, ajouté aux horaires difficiles à concilier avec une vie de famille harmonieuse fait que les effectifs des corps de police ne cessent de diminuer.

    Enfin, au niveau salarial, il existe de nombreuses disparités, entre gendarmes vaudois ou policiers communaux, par exemple, alors qu’ils ont suivi la même formation à Savatan.

    Conclusions :

    Au vu de ces éléments qui sont de nature à porter gravement atteinte à la santé et à la vie familiale des serviteurs de l’ordre et de la sécurité publique, le présent postulat invite donc le Conseil d’État d’étudier l’opportunitéd’initier une étude et de tirer un bilan au sujet de l’état de santé des policières et policiers cantonaux et communaux.

    Nicola Di Giulio

    Député UDC

  414. Elle Veut Supprimer La Police Et La Remplacer Par Des Citoyens
    https://www.youtube.com/watch?v=9D_BptXvuVc
     
    19 avr. 2025
    Et si on supprimait la police ?
    Non, ce n’est pas une parodie. Une jeune femme propose très sérieusement de remplacer les forces de l’ordre par des comités de citoyens désarmés, formés à l’écoute et aux premiers soins.
    Une idée portée avec douceur… mais aux conséquences potentiellement catastrophiques.
    Que se passe-t-il quand l’idéologie déconnectée rencontre la réalité du terrain ? On en parle, calmement… mais fermement.

  415. États-Unis : un maire suggère de se débarrasser des sans-abris à l’aide de drogues
    mai68.org/spip3/spip.php
    VIVE LA RÉVOLUTION

    lundi 21 avril 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 21 avril 2025).

    Pour lutter contre l’augmentation du nombre de sans-abris, le maire de Lancaster propose, de manière provocatrice, de leur donner du fentanyl, déjà facilement accessible selon lui. Cette solution choquante permettrait de réduire la criminalité qui prolifère à cause des SDF dont il affirme que beaucoup sont des « criminels sortis de prison ».

    Rex Parris, maire de la ville américaine de Lancaster, dans le sud de la Californie, a proposé de donner des quantités illimitées de drogue aux sans-abris afin d’en débarrasser les rues. « Lors de la réunion, j’ai en effet affirmé que si c’était à moi de décider, je leur donnerais du fentanyl », a-t-il déclaré.

    Le maire de Lancaster a également expliqué que « 40 ou 45 % » des sans-abri de Lancaster étaient « des criminels sortis de prison » qui « refusent » d’accepter de l’aide et commettent pourtant la majorité des délits dans la ville. Toutefois, Rex Parris a précisé que personne ne devait prendre sa déclaration « au pied de la lettre ». Il a indiqué que le fentanyl était « tellement facile » à obtenir dans les rues que si la ville le distribuait gratuitement, cela « ne ferait aucune différence ».

    Cette méthode radicale de gestion du grand nombre de sans-abris a été proposée par le maire de Lancaster lors d’une réunion du conseil municipal fin février. Lors de l’intervention d’une habitante qui critiquait le projet des autorités de Lancaster de déplacer les sans-abris sur un terrain de golf abandonné à proximité d’une zone résidentielle, Rex Parris a lancé : « Ce que je veux faire, c’est de leur donner gratuitement du fentanyl ».

    La femme n’a pas compris tout de suite ce que le maire de Lancaster voulait dire, alors elle lui a demandé deux fois. Cependant, Rex Parris a répété : « Je veux leur donner tout le fentanyl qu’ils veulent ».

    Le fentanyl est un opioïde synthétique qui provoque une forte dépendance. Même à faible dose, il peut être fatal. Cette drogue est l’une des raisons des droits de douane imposés par Donald Trump début mars à Ottawa, Mexico et Pékin. Selon le président américain, c’est la Chine qui est responsable de la livraison de fentanyl aux États-Unis via le Canada et le Mexique.

  416. Attaques coordonnées contre les prisons : l’État à genoux face au chaos organisé – Xavier Raufer

    24 avr. 2025 #politique #justice #macron
    Xavier Raufer, Criminologue, docteur en géographie/géopolitique, université Paris-Sorbonne. Directeur de collection au CNRS. Auteur de nombreux ouvrages consacrés à la criminalité et au terrorisme, dont “A qui profite le Djhad”, et dernièrement Jeffrey Epstein – L’âme damnée de la IIIe culture (paru le 5 octobre 2023 aux éditions du Cerf.) #politique #justice #macron #lignedroite

    Une émission dirigée par Liselotte Dutreuil, rédactrice en chef
    Réalisation : Franck et Arnaud
    Production audio : Franck
    Journalistes et programmation : Adèle Rosner, Liselotte Dutreuil, Marie Falicon et Maïlys Clauzel
    Communication numérique : Louis Rigaudière

    https://www.youtube.com/watch?v=R2Lv1zbGtRw

  417. Sous la neige la coke, Verbier la station de l’extrême

    L’émission du 10 avril 2025
    Verbier, station huppée et mythique des Alpes valaisannes est réputée pour son immense et magnifique domaine skiable. Mais c’est pour une tout autre raison, moins enviable, qu’elle a fait les gros titres : la découverte d’un trafic de coke très bien organisé. 15 dealers saisonniers ont été arrêtés avec 1 million de francs de drogue. Les autorités craignent l’arrivée de réseaux violents comme on en trouve en France. La station valaisanne, est-elle devenue le nouvel eldorado des trafiquants ? Reportage au cœur de la station.

    https://www.rts.ch/emissions/temps-present/2025/video/sous-la-neige-la-coke-verbier-la-station-de-l-extreme-28851415.html

  418. Crack, la nouvelle précarité dans nos rues / Médecins assistants, la grande désillusion

    L’émission du 20 février 2025
    CRACK, LA NOUVELLE PRÉCARITÉ DANS NOS RUES

    Trente ans après les fermetures du Platzspitz et du Letten, des nouvelles scènes ouvertes de la drogue sont apparues dans nos rues. En cause : le crack, une drogue puissante et destructrice qui plonge les consommateurs dans une grande misère. Face à la présence grandissante de dealers et de consommateurs, les villes romandes tirent la sonnette d’alarme. La politique en matière de drogue est-elle encore adaptée ? Faut-il s’attaquer aux dealers de rue ou mieux accompagner les consommateurs ?

    MÉDECINS ASSISTANTS, LA GRANDE DÉSILLUSION

    Devenir médecin ne fait plus vraiment rêver. Qu’ils soient praticiens, en formation ou étudiants, les médecins sont toujours plus nombreux à se détourner de la profession. Trop d’heures devant l’écran, trop peu avec les patients, des horaires interminables, la crainte de l’erreur médicale. Autant d’éléments mettant en tension un système médical qui risque de devoir affronter un sérieux problème de relève.

    https://www.rts.ch/emissions/temps-present/2025/video/crack-la-nouvelle-precarite-dans-nos-rues-medecins-assistants-la-grande-desillusion-28798266.html

  419. La Pire Addiction Chez Les 18-30 Ans
    25 avr. 2025
    Cette vidéo est une simplification et généralisation ! Elle ne prend en aucun cas en compte les cas particuliers.

    Sources :
    L’anxiété sociale et l’isolement sont plus fréquents chez les consommateurs réguliers, selon une étude parue dans Drug and Alcohol Dependence (Buckner et al., 2018).
    Le cannabis perturbe la production d’ocytocine, l’hormone de l’attachement, d’après Psychoneuroendocrinology (Lee et al., 2016).
    Les consommateurs réguliers de cannabis rencontrent plus de difficultés à interagir socialement lorsqu’ils sont sobres, selon Schizophrenia Bulletin (Volkow et al., 2014).
    Une consommation chronique réduit la production de dopamine, qui joue un rôle clé dans le plaisir et la motivation, d’après Biological Psychiatry (Bloomfield et al., 2016).
    Le cannabis diminue l’activité du cortex préfrontal, impliqué dans la concentration, la planification et la prise de décision, selon The Journal of Psychopharmacology (Martín-Santos et al., 2010).
    Une consommation fréquente est liée à une augmentation de la passivité et à une baisse du comportement orienté vers des objectifs, selon Neuropsychopharmacology (Nestoros et al., 2017).
    Les utilisateurs réguliers présentent une réduction du volume cérébral dans des zones clés comme l’amygdale, l’hippocampe et le cortex préfrontal, selon PNAS Journal (Filbey et al., 2014).
    Une fois encore, Biological Psychiatry (Bloomfield et al., 2016) confirme que la consommation chronique diminue la production de dopamine.
    Le cannabis réduit les niveaux de testostérone et la concentration de spermatozoïdes, selon Human Reproduction (Gundersen et al., 2015).
    Il a également été observé des dommages épigénétiques sur les spermatozoïdes après exposition au cannabis, selon Epigenetics Journal (Murphy et al., 2018).
    Les envies de fumer du cannabis sont fortement liées à l’environnement et aux habitudes, ce qui favorise la formation d’automatismes, d’après Nature Neuroscience (Everitt & Robbins, 2016).
    L’exercice physique aide à restaurer la fonction dopaminergique chez les anciens consommateurs, selon Neuropsychopharmacology (Roberts et al., 2018).
    Une consommation occasionnelle mène souvent à une rechute complète à cause des circuits neuronaux activés, selon The Journal of Neuroscience (Hogarth et al., 2013).

    https://www.youtube.com/watch?v=5l_sHmBGZL0

  420. Comment j’ai arrêté mon addiction au cannabis ?

    avr. 2024
    J’ai fumé du cannabis à haute dose pendant 8 ans, souvent mélangé avec de l’alcool. Un jour j’ai appris à me connecter avec mon Guide et j’ai tout arrêté… Comment j’ai arrêté mon addiction au cannabis?

    https://www.youtube.com/watch?v=mMzyLTybJM0

  421. Tu Casses, Tu Payes, Tu Purgues

    29 avr. 2025

    Les prisons coûtent 10 millions d’euros par jour. Gérald Darmanin veut que les détenus mettent la main à la poche. Une idée qui choque autant qu’elle séduit. Et si, après le “coupable”, venait le “facturé” ? Une nouvelle étape dans la justice à la française, entre économie et symbolique.

    https://www.youtube.com/watch?v=ToAIaPed7ww

  422. Proxénète en Suisse : comment il a monté un empire avec des Escorts du cartel colombien
    https://www.youtube.com/watch?v=xlrBkLpLXVE

    27 avr. 2025
    Proxénétisme illégal, cartel colombien et filles sur Fgirl : il balance tout !

    Il a monté un réseau d’escort en Suisse en toute illégalité. Dans cette interview exclusive, il nous raconte :
    Comment il trouvait les filles via le cartel colombien
    Le rôle du site Fgirl pour attirer les clients
    Les loyers qu’il payait par fille, selon leur rentabilité
    Les pourcentages qu’il prenait (jusqu’à 40%)
    Et surtout : pourquoi il a tout arrêté quand le cartel leur a demandé de venir en Colombie…

    Une plongée crue dans les coulisses du sexe tarifé en Suisse. Interdit, risqué, mais réel.

  423. https://www.theguardian.com/uk-news/2025/apr/08/uk-creating-prediction-tool-to-identify-people-most-likely-to-kill

    Le Royaume-Uni crée un outil de « prédiction de meurtre » pour identifier les personnes les plus susceptibles de tuer
    Exclusif : Des algorithmes seraient utilisés pour étudier les données de milliers de personnes, dans un projet que les critiques qualifient de « glaçant et dystopique »

    Vikram Dodd, correspondant police et crime
    Mardi 8 avril 2025, 19h39 CEST
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    Le gouvernement britannique développe un programme de « prédiction de meurtre » qu’il espère pouvoir utiliser en exploitant les données personnelles des personnes connues des autorités afin d’identifier celles les plus susceptibles de devenir des meurtriers.

    Des chercheurs utiliseraient des algorithmes pour analyser les informations de milliers de personnes, y compris des victimes de crimes, dans le but d’identifier celles présentant le plus grand risque de commettre des infractions violentes graves.

    Le projet s’appelait initialement « projet de prédiction des homicides », mais son nom a été changé en « partage de données pour améliorer l’évaluation des risques ». Le ministère de la Justice espère que ce projet contribuera à renforcer la sécurité publique, mais les militants le qualifient de « glaçant et dystopique ».

    L’existence du projet a été révélée par le groupe de pression Statewatch, et certains de ses mécanismes ont été découverts grâce à des documents obtenus via des demandes d’accès à l’information.

    Statewatch affirme que des données de personnes non condamnées pour une infraction pénale seront utilisées dans le cadre du projet, y compris des informations personnelles sur l’automutilation et des détails relatifs aux violences domestiques. Les responsables démentent fermement cela, insistant sur le fait que seules les données concernant des personnes ayant au moins une condamnation pénale ont été utilisées.

    Le gouvernement précise que le projet est à ce stade uniquement à des fins de recherche, mais les militants affirment que les données utilisées introduiraient un biais dans les prédictions à l’encontre des minorités ethniques et des personnes défavorisées.

    Le ministère de la Justice indique que le programme « examinera les caractéristiques des délinquants qui augmentent le risque de commettre un homicide » et « explorera des techniques alternatives et innovantes de science des données pour l’évaluation du risque d’homicide ».

    Le projet « fournira des preuves pour améliorer l’évaluation des risques de crimes graves, et contribuera en fin de compte à protéger le public grâce à une meilleure analyse », a ajouté un porte-parole.

    Le projet, commandé par le bureau du Premier ministre lorsque Rishi Sunak était en fonction, utilise des données sur la criminalité provenant de diverses sources officielles, notamment le Service de probation et les données de la police de Greater Manchester avant 2015.

    Les types d’informations traitées comprennent les noms, dates de naissance, sexe et origine ethnique, ainsi qu’un numéro identifiant les personnes dans le système national de la police.

    L’affirmation de Statewatch selon laquelle des données de personnes innocentes et de celles ayant sollicité l’aide de la police seront utilisées repose sur une partie de l’accord de partage de données entre le ministère de la Justice et la police de Greater Manchester.

    Une section intitulée « type de données personnelles à partager » par la police avec le gouvernement inclut divers types de condamnations pénales, mais mentionne également l’âge auquel une personne est apparue pour la première fois en tant que victime, y compris pour violences domestiques, ainsi que l’âge auquel une personne a eu son premier contact avec la police.

    Sont également partagées – et listées sous la rubrique « catégories spéciales de données personnelles » – des « indicateurs de santé censés avoir un pouvoir prédictif significatif », tels que des données relatives à la santé mentale, à la dépendance, au suicide et à la vulnérabilité, ainsi qu’à l’automutilation et au handicap.

    Sofia Lyall, chercheuse pour Statewatch, a déclaré : « La tentative du ministère de la Justice de construire ce système de prédiction de meurtre est le dernier exemple glaçant et dystopique de l’intention du gouvernement de développer des systèmes dits de ‘prédiction’ de la criminalité.

    « À maintes reprises, les recherches montrent que les systèmes algorithmiques de ‘prédiction’ de la criminalité sont intrinsèquement défaillants.

    « Ce dernier modèle, qui utilise des données issues de notre police et ministère de l’Intérieur institutionnellement racistes, renforcera et amplifiera la discrimination structurelle qui sous-tend le système judiciaire pénal.

    « Comme d’autres systèmes de ce type, il codera un biais envers les communautés racialisées et à faibles revenus. Construire un outil automatisé pour profiler les gens comme criminels violents est profondément injuste, et utiliser des données aussi sensibles sur la santé mentale, la dépendance et le handicap est extrêmement intrusif et inquiétant. »

    Un porte-parole du ministère de la Justice a déclaré : « Ce projet est mené uniquement à des fins de recherche. Il a été conçu en utilisant des données existantes détenues par le Service pénitentiaire et de probation ainsi que par les forces de police sur des délinquants condamnés afin de mieux comprendre le risque que des personnes en probation commettent des violences graves. Un rapport sera publié en temps voulu. »

    Les responsables indiquent que le service pénitentiaire et de probation utilise déjà des outils d’évaluation des risques, et que ce projet vise à déterminer si l’ajout de nouvelles sources de données, provenant de la police et des données de détention, améliorerait cette évaluation.

  424. https://www.reddit.com/r/Switzerland/comments/1ekzimx/what_can_be_done_about_the_situation_in_lausanne/

    il y a 9 mois 

    I have heard about this but not only on Lausanne, this also happens in Geneva! And yes, my friends who live in Lausanne are planning moving out because it becoming more dangerous!

    One of them told me, at least where he lives, the issue is mostly the drug use, specially on young boys, he even sleep in his sister’s house when he has the afternoon/night shift because he doesn’t want to walk at night!

    Many told me this violence is migrating to other cities, like Vevey and Aigle! If it is not stopped in time this will go out of hand, I’m from Latin America and I have seen how safe places became really dangerous because no one stopped the issue!

    il y a 9 mois 

    In june someone stole my street sneakers in gym(yes, nonstop at Flon). I just left them under drawer and went for training. I did not report that to police, and, considering condition of sneakers I assume that person was in desperate need. Couple of my colleagues also lost their sneakers that way.

    While living next to Riponne for 1.5 years, I saw one man stabbed, saw drug addict fighting ambulance(trying to rescue mate from being taken to hospital), some parcels stolen from common area of my house, some dangerously looking gatherings of people, I know how all drug dealers look like(cannot help myself but to notice they share some common features). And I cannot imaging such kind of things in places across Eastern Europe(maybe except Václavské square in Prague, also seen some drug trade there last time I’ve been to Prague).

    I usually do not consider too much danger for myself, because I avoid getting in unnecessary conflict situations while posing as not so lucrative target for those who might be after some earnings(and being 2m tall).

    But how is that for smaller people, I only have to guess.

    il y a 9 mois 

    je pense le fait que Lausanne a une politique dirigé vers la prévention plutôt que la répression, fait que les gens ont tendance à se permettre de commettre des crimes, de vendre de la drogue devant les yeux de tous. Je pense plutôt que le crime n’a pas forcément augmenté mais est plus visible aux yeux de tous.

    il y a 9 mois 

    What about giving people perspectives, jobs, enough money to survive without the need of getting into crime ?

    Perspectives in life so that people are willing to do good. The opportunity for migrants to get a job easily, go to uni easily. Which is not the case today.

    Integration policy so they can maybe feel normal and not sub-citizens without political rights and all… Because it’s normal to not feel welcomed in this country where national and european preference is the norm.

    il y a 9 mois 

    Situation is getting worse. Even 10 years I’ve never noticed anything at the Geneva Cornavin train station. 

     Since COVID pandemic, I’ve now started to see crazy drunk and smelly people (only 1 guy at a time but as loud as many) shouting and scaring people. Most people aren’t bothered and just ignore him, but many have told me they’re very scary.

    This happens nearly without fault every evening at 9- 10pm.

    il y a 9 mois 

    TBH, I don’t think Lausanne has gotten less safe in the past few years.

    Drugs just took over and people are now high in the street and begging all over town, this is not a crime problem, it’s more of a “helping drug addicts off the street” problem.

    These folks have dedicated smoking/injecting spots which most of them use, but are then told to leave when done. This lets them run around town high and beg for more money to use, so they go into terasses and such, which might exacerbate the feeling of insecurity, but they wouldn’t hurt a fly.

    I’ve spent my entire teenage years in Lausanne and most of my adult night life so far, and the worst thing that happened was that a friend of my mine got his Katana-shaped bottle opener stolen in Montbenon.

    Also, teenagers here tend to act all gangster to portray an image similar to that of the french banlieue, but most (if not all) of them are more bark then bite. I’ve given out a handful of “corrections” to some of these kids and most of them can’t even handle being proper yelled at, much less smacked in the mouth.

    read about broken glass policy, take a look at cities like san Francisco that have turned into crapholes owing to political agendas and inaction and ask ourselves if thats the future we want. Then pressurise the politicians that way and quality of life is more important than any political correctness that might be stopping them from taking strict measures. Form a vote bank on this agenda, unless the politicians see a sizeable votebank, they won’t do anything. I don’t live in Lausanne, but am scared of that cancer spreading to my canton too. Nip it while there is still time.

    il y a 9 mois 

    To me this speaks to a broader issue. More and more people are falling through the cracks of the system because it keeps getting harder and harder to keep up for those less fortunate, those who aren‘t highly skilled and of course those who arrive here with nothing and aren‘t able to make anything out of their lives or to be productive with their time. We already have a significant problem with wealth inequality in this country and I fear things are only going to get worse if we don‘t address it head on. More police presence might curb some of the symptoms but not the root cause, which is more and more people feeling disenfranchised.

    il y a 9 mois 

    I knew a police officer in Lausanne, and a big problem is the lenient practices towards asylum seekers, undocumented migrants, poor foreigners (not to put all the blame for crime on foreigners, but it’s a complex and weak spot for policing – at least in Vaud). If you fine, they can’t pay so the fine is waived. If you arrest them, the police are reluctant to charge them. She gave me one example she experienced where they kept re-arresting one non-EU migrant staying in state accomodation for theft or robbery at least monthly, but that they were always told to release him in the end – he couldn’t (officially) pay fines nor did the authorities either want to jail him as deterrence or put up with the bureaucratic nightmare that is the process to expel him switzerland (which can be appealed). She said the guy knew the police could and would do little so kept re-offending again and again. It was situations like this with caused her massive frustration and successfully obtained a transfer to police in another canton.

    il y a 9 mois 

    Yverdon has been anything but cleaned up. It just kind of swapped places with Vevey, but Yverdon train station area is still extremely bad, there have been several armed robberies in the past months.

    Renens, on the other hand, did get a clean up and it became nearly unrecognizable (except the main square which became a Riponne 2.0). I feel a lot safer in the Renens train station than any other urban train station in the canton (Aigle, Montreux, Vevey, Lausanne, Morges, Nyon, Payerne, Moudon, Yverdon). 10 years ago Renens station was the one place to avoid in the whole country. Guess something good came out of the situation

    il y a 9 mois 

    I’ll copy what I replied to another comment:

    Well, my experience has been pretty bad. Lived here for my whole life without issues, up until 2021, where stuff started going bad with me and also with my friends (could be a coincidence but the posts on this sub kind of reassure me). Everything started back in 2021 when a friend of mine got nearly stabbed in Vevey, another got a phone stolen in St-François, and then it was my turn to get robbed by 3 refugees by the train station, also with a knife.

    Got robbed again in 2023 by 2 teenagers in Flon. The police found all my cards that were in my wallet in Montbenon around a week after (except my credit card and the wallet). Again in 2023, got my necklace snatched in Flon at 23h.

    Been verbally abused several times by homeless people when ignoring them, as well as a few times where they threatened to punch me. I’m not even gonna talk about being proposed drugs 24 hours a day, 7 hours a week, 365 days a year, because I think that’s the least of the issues at this point.

    il y a 9 mois 

    I believed the same thing as you until everything started happening to me with more and more frequency. Crime has been “shrinking” in Lausanne because if you want to porter plainte, you need to book a slot and wait a month before you can even start the process (talking from experience). This just makes people say “fuck it” and not do it.

    il y a 9 mois 

    Can confirm reporting at least petty crime is very difficult in Vaud. I didn’t bother.

    il y a 9 mois 

    Just “enforce the laws quickly and effectively” is a recipe for disaster.

    How did we solve the needle park situation in Zürich? Just send in riot police in full riot gear and put everyone into prison?

    No, of course not. Social programmes, the methadone program, social workers on the street and then police to keep the scene from reforming.

    Lausanne and Vevey isn’t going to get solved for as long as socially and economically disadvantaged families congerate and live in the same areas with little or no social mingling with other social classes, especially since this means “foreigners”. It’s how you create parallel societies. And they only help one party by simply existing. There’s a reason they are against anything that could solve the issue in lieu of only policing the symptoms.

    il y a 9 mois 

    I dunno, I live in the countryside between Lausanne and Yverdon and there are a lot of thefts of bicycles and scooters, vandalism (including fores), and more burglaries than I ever heard of when living in the suburbs of Boston. People don’t always bother to report it because the police doesn’t do anything. And even when they do, the justice system does nothing.  I know an eight year old who got raped by a fifteen year old and he got four hours of community service and a fine of 250 francs. He didn’t even get a restraining order.

    In Switzerland things generally go well, but they don’t seem to know how to cope when they don’t. I remember being on the train snd a guy didn’t have a ticket and played dumb, and the conductor just shrugged and moved on. Most people will just comply and accept the fine, but this guy didn’t and the conductor didn’t know what to do.

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    il y a 9 mois 

    I think the issue is a combined craic epidemic with the importation of, well, let’s call it hoodie culture for want of a better term. I grew up in Ireland in the 80s I’ve seen my fair share of drug related issues, I can see that in certain areas in Lausanne there are people who have fallen out of society due to the newly increased prevalence of craic. On top of that some teenagers who maybe feel sidelined by regular Swiss society have adopted a sort of gangster personality that you also find in built up housing estates in the UK or Ireland or the banlieue of France. Places change, it’s part of life, they don’t always change for the better. Another aspect is that serious crime is down statistically in many western countries, so funding for police has been cut, prisons closed etc. These days your chances of being murdered at the hands of another person are lower but you might have a rock thrown at you by some kids and the police won’t do anything about it because their focus is elsewhere. It’s sad, but the cost benefit analysis performed by technocrats basically concludes that your problems don’t merit attention. Also I should mention I live on the Renens / Lausanne border, been here for 17 years and yes it has changed, I know because after growing up as I did I am hyper aware of potential danger around me, I’m quite good at reading who the wrong’uns are. But I still feel safer here than in many places.

    il y a 9 mois 

    I’ve been violently assaulted twice in the last ten years here, both on my way to the office and from the office by drug addicts in Vaud. I’ve seen a guy stabbed in Ripponne, my mate was hit over the head with an iron bar in Ripponne and had his backpack stolen after a leaving his friends at the great escape. I could go on and mention a whole string of incidents I am aware of but the conversation here seems to always end up in this kind of back and forth which doesn’t advance our understanding of the evolution of the city. I’m also friends with the harm reduction consultant invited here by the police of Lausanne for a workshop where they invited experts from the UK and Ireland to advise them regarding strategy to help deal with the issues I mentioned above. I agree, indeed there are nice drug addicts who are “nice” but be careful with such people when they haven’t had a fix in some time. You can turn your back on a person, but not on a drug.

    il y a 9 mois* 

    Closing the borders adds massive hassle for hundreds of thousands of frontaliers (at a time when Geneva desperately needs to make crossborder working more attractive, not less – rents are sky high already), while the bad guys can simply walk across a random field into Switzerland, people know very well that this is not a solution for Swiss drug-use related crime. All of this is just posturing/venting.

    People also seem to forget we had massive drug-related crime issues in the 1980s, much worse than now. This was also not solved with more border checks.

    il y a 9 mois 

    Yes, however I grew up near a border village where thirty years ago most in the village just left our doors unlocked and windows open. It was immediately noticable that after Switzerland joined Schengen, burglaries shot up dramatically as french gangs began targeting our and neighboring communities. Today the police often advise residents how to better secure their homes.

    Now, of course correlation does not necessarily equal causation, but perhaps joining Schengen was like a starting gun for these cross-border criminal gangs.

    il y a 9 mois 

    Well, my experience has been pretty bad. Lived here for my whole life without issues, up until 2021, where stuff started going bad with me and also with my friends (could be a coincidence but the posts on this sub kind of reassure me). Everything started back in 2021 when a friend of mine got nearly stabbed in Vevey, another got a phone stolen in St-François, and then it was my turn to get robbed by 3 refugees by the train station, also with a knife.

    Got robbed again in 2023 by 2 teenagers in Flon. The police found all my cards that were in my wallet in Montbenon around a week after (except my credit card and the wallet). Again in 2023, got my necklace snatched in Flon at 23h.

    Been verbally abused several times by homeless people when ignoring them, as well as a few times where they threatened to punch me. I’m not even gonna talk about being proposed drugs 24 hours a day, 7 hours a week, 365 days a year, because I think that’s the least of the issues at this point.

    il y a 9 mois 

    To further answer to u/blucoidale
     
    , I nearly got stabbed in Vevey in summer 2021 for defending (verbally, as in « get the fuck out of here dude ») a girl friend of mine which was being insulted very sexist stuff by a random dude for absolutely no reason, he looked intoxicated.

    I also second a lot of those posts about the shit ton of pushy beggars but would disagree with OP as I’ve encountered quite a few in Geneva as well but less than Lausanne.

    For me one of the biggest change is the RE trains. I take the late night ones from Geneva a few times a week so between 22h-00h departure from Geneva.

    In 2021 you had your occasional cracked out person charging their electric scooter in the train and taking 30 mins in the toilets which I kind of already disliked. Gradually up until this year which was the worst I saw so so so many fights both verbal and physical and I fucking hate that. Both young people and older adults it’s actually fucked up. I’m in my mid twenties and am an active male so I’m usually left alone but even I do not feel safe anymore.

    il y a 9 mois 

    Maybe start with a decent police force that knows how to respond to certain situations… got my car broken into a month ago on a sunday and was told that I needed an appointment for the police to come to verify: so I was supposed to plan my car getting broken into?? Even the officer at the emergency line told me this was ridiculous and inaccpetable of Lausanne police. They are ridiculous as a neighborhood help when needed and aggressively abusing when not needed yet they demand to be treated with respect… All I have learned is that in Lausanne, better not to call the police and deal with your problems yourself. Riviera Police of Montreux should be taken as an example as they are so much more present and efficient!

  425. https://www.reddit.com/r/Lausanne/comments/1kmsovv/ins%C3%A9curit%C3%A9_dans_le_quartier_bel_airchauderon/

    il y a il y a 6 jours par bois_santal
     
    Ça fait maintenant une dizaine de mois que j’habite pas loin et que je prend le bus à l’arrêt bel air ou chauderon plusieurs fois par jours presque tous les jours, autant la journée que le soir/nuit. Je me considère comme quelqu’un de gauche qui crie pas à l’insécurité ou demande pas la police au moindre truc mais là j’ai vraiment envie qu’ils interviennent.

    Entre les disputes (rien qu’aujourd’hui quelqu’un a balancé une canette sur quelqu’un d’autre ça m’est passé sous le nez et a deux mètres d’un enfant), l’harcèlement sexuel, les sollicitations pour acheter de la drogues, le mendiemenent plus ou moins aggressifs, c’est franchement un climat d’insécurité. C’est devenu clairement pire avec les beaux jours aussi.

    J’hallucine parce que ça fait plus de douze ans que j’habite a Lausanne. Jamais dans ce quartier mais j’y passais régulièrement , également de jour et de nuit. J’ai pas marqué le moment de la transition mais clairement quelque chose s’est empiré….c’était pas comme ça ! Peut être durant le COVID ?

    Bref je pose ça là pour avoir les impressions d’autres lausannois.

    il y a 3 jours* 

    Je suis assez d’accord, même vers le quartier ours c’est de pire en pire. Hier une poubelle a brûlé à l’école publique (elle est ouverte donc il y a souvent des jeunes qui s’installent pour boire des bières).

    Le gare, c’est devenu n’importe quoi également.

    Après je ne me suis jamais fait agresser ici et je ne me sens pas en insécurité complète non plus, mais la précarité (ça me brise le cœur dans un pays comme la Suisse) et les actes de vandalismes (mineurs) m’ont l’air d’avoir augmenté.

    Ma seule agression était à la gare d’Etoy avec une dame qui avait clairement faim et qui menaçait des passants avec une aiguille, c’était y a un mois (je crois ?). La police est intervenue de suite.

    il y a 5 jours 

    Contre exemple : ma copine qui habitait sur cette place s’est fait emmerder par un type qui sortait du noname, un blanc bien relou bien bourré. Les dealers ont tout de suite calmé le gars qui commençait à l’insulter. Merci à eux, et force car la plupart subissent le même traitement que les prostitués : bosser pour payer les mafias qui les ont fait traverser la Méditerranée.

    Et je confirme plusieurs commentaires, le sentiment d’insécurité il augmente avec l’écoute de la télé, aucun rapport avec la délinquance réelle.

    il y a 5 jours 

    Oui effectivement il y a un changement évident ces derniers temps. La mendiance a augmenté d’un cran au niveau sollicitation et aussi agressivité. La vente de la drogue s’est emparée de tout le centre de Lausanne de Chauderon à la Rue Marterey et depuis Bellevaux à la gare. A ce que j’ai pu observer. Au début des années nonante il fallait acheter du matos dans des lieux connues des aficionados. A présent, c’est partout.

    J’ai dû quitter Lausanne. Ayant eu des problèmes de toxicomanie moi-même et étant clean depuis 17 ans, pour moi cette ville est devenue invivable. La disponibilité des drogues et les sollicitations constantes des dealers c’est trop pesant.

    Je ne veux pas me promener dans une ville où je dois mettre des oeillères et/ou éviter certain endroits pour cacher la vérité à mon fils. Il est trop jeune pour voir la misère maintenant. Un dealer m’a même proposé de la drogue lorsque je tenais mon fils à la main. Le bon sens a perdu de sa valeur.

    Un rom a qui j’ai donné une thune, m’a engueulé que ce n’était pas assez. Mais et puis quoi encore?

    J’ai constaté aussi Bel-Air et Chauderon, la situation est vraiment grave. J’ai vu l’année passée un gars se piquer vers le kiosque de la riponne dans le cou.

    C’est une réalité et elle va s’empirer si on continue de caresser le taureau dans le sens du poil. Il faut agir et ce n’est pas seulement aux autorités. C’est au peuple de dire aux gens qui mendient et autres dans la misère que nous ne sommes pas responsable de leur misère. et que l’argent ne tombe pas du ciel.

    il y a 5 jours 

    Pour ceux qui ont oublié avant les toxs étaient à Bel-Air sur les escaliers de l’église de St-Laurent. Ils ont bougé à la riponne quand y a le sol qui s’est effondré devant le McDo à cause des travaux du m2. Donc y a du progrès à Bel-Air. Tu peux profiter de la terrasse du McDo sans voir des toxs se piquer. Et oui le covid à augmenter la précarité.

    il y a 5 jours 

    Le gars avec des garrots qui se piquent sur les escaliers de St Laurent a 11:30 du matin le samedi. Les souvenirs d’il y a 30 ans… L’héroïne ça a quand même bien tapé à l’époque.

    il y a 5 jours 

    Et côté Montbenon? Au-delà de la passerelle sur le Flon ils sont toujours en vedette….mais pas de flics là non non personne….mais si tu depasses les 30 après 22h t’as moitié de la caserne sous ta maison…. C’est une choix politique à ce point…on se mérite la ville comme ça si on continue à voter d’une certaine manière

    il y a 5 jours 

    Oui c’est vraiment insupportable… C’est là qu’ils ont balancé la canette hier en se criant dessus. Ça fait chier de rentrer a minuit après une grosse journée au taff et de pas savoir si tu sors du métro a la riponne parce que la dernière fois tu t’es fais harceler ou si t’attend flon et te demander si t’attend a bel air parce que ça va encore arriver.

    il y a 5 jours 

    surtout, je trouve que rien que le fait de ne pas vouloir vivre dans ces conditions soit perçu comme “de droite” est absurde et révèle une sorte de paresse intellectuelle, une acceptation de la course aux standards les plus bas possibles, de la part de la “gauche”. à quel moment les idéaux de la gauche sont-ils servis par l’augmentation massive de la précarité, la dépendance, et le crime de rue… je ne vois pas en quoi cela offre un soutient décent aux plus démunis traditionnellement soutenus par la gauche; on pourrait faire plus pour sortir durablement les gens de ce type d’activités, non ?

    je pense, de droite ou de gauche, on peut viser plus haut que se dire ‘ouais ben c’est une ville c’est normal, en fait si t’aimes pas te faire harceler/agresser/offrir de la coke nonstop t’es un facho’ je pense on est tous d’accord que c’est pas une attitude constructive, et que l’état actuel des choses ne soit une utopie politique pour aucun bord…

    il y a 5 jours 

    ben justement !

    “Lausanne c’était pas aussi violent quand j’étais ados et que je sortais bourré en ville. Maintenant que j’ai 25-30 ans quand je sors le soir à jeun avec ma copine je suis choqué par ce que je vois !”

    il y a 6 jours* 

    Tous les matins à 5h30 je passe sur la place de la Riponne. Si tu veux un spectacle de misère et de narco trafic à ciel ouvert je te laisse constater. Ca fait 10 ans que je suis ici et je vote aussi à gauche. C’est de pire en pire. Pour Chaudron je partage ton avis sur l insécurité: c’est le même topo rue de l Ale. On a surtout un souci avec les marginaux/alcoolo et la prostitution qu on laisse faire rue de la tour. Tu as aussi la schizo qui hurle tous les soirs mais visiblement la police la connaît et elle a droit à un traitement de faveur

    il y a 5 jours 

    C’est assez ridicule comme prétention. C’est très bien possible que les statistiques de crime montrent une diminution avec par ex moins d’interventions policières pour le Cannabis de par la légalisation du CBD et une certaine zone grise autour mais pourtant une augmentation de la sensation d’insécurité poussée oui, par les médias et la sur-représentation de la situation d’une partie de la population migrante qui est active dans le deal dans certaines zones, mais aussi par l’augmentation du nombre de poly-addicts, d’acheteurs et de vendeurs de certaines substances dans les rues.
    Et ca pour la plupart des gens que je connais qui vivent dans la zone ou la traverse depuis des années le changement est évident.

    Vivre ensemble c’est aussi considérer que certains problèmes existent et que plusieurs choses peuvent être vraie et d’une nature complexe sans diaboliser l’avis des autres dans un prisme absurde de dualisme politique arriéré.

    il y a 6 jours 

    C’est pas seulement dans ce quartier malheureusement.. Je trouve cela déplorable que les politiques ne décident pas d’en faire plus une priorité. D’un autre côté, va falloir s’y habituer de plus en plus malheureusement, avec les situations si précaires qui sont tolérées même dans notre pays.

  426. https://www.reddit.com/r/Switzerland/comments/1do75gm/why_was_the_post_about_violence_in_vevey_locked/

    il y a 10 mois 

    I have lived in Vevey for 5 years and I want to share some stories about the area around the train station. It’s a well-known fact that there are always several drug dealers around the station (more than 6 or 7); I’ve even counted up to 15 at times. Whether it’s day or night, it’s not hard to spot them. They don’t seem aggressive, but they are always watching, which creates a bad atmosphere.

    The other day, I saw something that made me think. There was a beggar near the station asking for money, and the police came and told him to leave. The ironic part is that there were several dealers just 50 meters away, but they were allowed to continue selling drugs.

    Another time, at night, I was waiting for my girlfriend, who was coming by train. A crazy person was attacking people entering and leaving the station. I immediately called the police, who arrived quickly.

    On a different occasion, two dealers were arguing and throwing stones at each other in front of the station. One stone came very close to hitting me as I was passing by on my bicycle.

    Although I personally do not fear the Vevey train station area at night, I always make a point of picking up my girlfriend when she comes home late from work by train. The station area always has strange people around, and there is a definite lack of a sense of security.

    il y a 10 mois* 

    I called the Vevey police station and they said although they cannot give specific information over the phone they cannot recall an incident like this.

    Furthermore on the original post there was a petition to sign, not simply a story to share points about. The police said to generally not sign any petitions from sources we can’t trust.

    Also the post was locked and one couldn’t post questions anymore. Overall a very sus post, especially with the increasing online fraud cases in Switzerland so I am happy it got taken down.

    However the police said drugs are a very real and increasing problem. And they also said that many stories about violent altocations never make the news. The last point really took me by surprise.

    il y a 11 mois 

    While I can’t say I’m shocked, I am disappointed. This kind of thing must be addressed ASAP. In general, I strongly recommend avoiding being out after midnight in any case, mainly just to avoid drunk idiots. We should all be comfortable walking around our cities at any time of the day or night. Anything that prevents that must be dealt with one way or another.

    Undercover cops should be out and about at these places at these times to dissuade this horrible behavior. No idea what the root cause of this, but I can only guess that these young people just don’t have anything better to do, or have anything to lose, or don’t know that this behavior is unacceptable, or don’t fear consequences, which is all of our responsibility as citizens to remedy.

  427. https://www.reddit.com/r/Switzerland/comments/1dpnrq5/update_violence_in_vevey/

    il y a 10 mois 

    Was in Vevey yesterday and there’s more police presence around the gare, not a drug dealer to be seen. One pair of police outside the gare and one pair inside and I crossed another pair while walking near place du marchè. Seems like some effort, but I don’t know how long it will last. Still couldn’t pay me to go watch the match tonight at the fan zone, though.

    il y a 10 mois 

    it was more than I usually see, they were there throughout the early evening, and it’s the first time in a very long time I didn’t see the drug dealers at the Gare nor on the nearby streets. But, like I said, I have no idea if this was going to be a long-term thing and the sign of ongoing increased presence, or if it was just situational.

  428. Des policiers qui ne servent à rien?!
    https://www.youtube.com/watch?v=Mc0Z278yZ9U

    15 juin 2024
    Voici un des multiples exemples montrant le défaut de formation des policiers européens Ici je parle d’un événement survenu à Mannheim en Allemagne : des policiers se sont fait surprendre par manque d’anticipation et de réaction!

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