Pas de champ libre aux actes de vandalisme!

Qu’est-ce que la municipalité entend-elle faire pour lutter contre le vandalisme, les actes d’incivilités qui se répètent et demeurent impunis. Veut-on laisser le champ libre aux auteurs des déprédations régulières dont sont victimes les biens publics et infrastructures au service de la population ? Ces dégâts coûtent chaque année plusieurs dizaines de milliers de francs. Engager des mesures de prévention, c’est bien et Vevey Libre les a soutenues, mais il s’agit également de prendre des sanctions. Quand la cellule d’intervention rapide anti-tags et graffitis – prévue depuis de nombreuses années – entrera-t-elle en fonction et quelles mesures la Municipalité entend-elle prendre pour pallier le refus du Conseil intercommunal de sécurité Riviera de renforcer la surveillance des gares ? C’est ce qu’ a demandé Jérôme Christen lors de la séance du Conseil communal du 7 octobre dans une interpellation.

1. Actes d’incivilité impunis

Le 10 mars dernier en fin de matinée, un incendie s’est déclaré dans des sanitaires situés dans le collège Bleu. Il y au total pour 11’700 francs de dégâts. Du matériel de conciergerie a également été détruit. Il s’agit d’un acte de vandalisme dont les auteurs sont des élèves. Renseignement pris, pour une raison inexplicable, la gendarmerie n’a pas effectué d’enquête, alors que selon la direction des écoles, il aurait été facile de trouver les protagonistes. Nombre d’élèves savent de qui il s’agit, les directeurs probablement aussi, mais ils n’ont aucun pouvoir de police. S’il est possible de commettre des actes de vandalisme sans que ceux-ci soient punis, il ne faut guère s’étonner qu’ils se répètent. Ce cas n’est pas unique, car ces dernières années, plusieurs déprédations ont été commises dans des locaux des scouts de la villa Gerhard et de Gilamont et aucune sanction n’a été prise à l’encontre des auteurs de ces dégâts.

2. Conciliations extrajudiciaires

Afin de diminuer les actes d’incivilités qui coûtent des sommes considérables chaque année à la collectivité et contribuent au sentiment d’insécurité qui s’intensifie dans la population, il est indispensable de faire aussi bien de la prévention que de sanctionner. Pour cela, la police cantonale a mis au point un concept qui s’appelle Puero et dont 24 heures a récemment fait état.  Une quinzaine de communes ont mis en application cette formule avec succès.

Puero a été mis au point par la Division prévention de la criminalité de la police cantonale, dont les tâches sont notamment la prévention contre les violences et les incivilités, ainsi que l’aide et le conseil aux communes et aux écoles. Cette collaboration dans les actions contre les auteurs mineurs et leurs parents se fait en réseaux avec les autorités communales et les directeurs des établissements scolaires. Ces acteurs s’appliquent à trouver ensemble des solutions communes à la délinquance et aux incivilités juvéniles.

Concrètement, les municipalités sont soutenues pour négocier un accord privé avec l’auteur d’un dommage (parents et mineur) en vue d’obtenir une réparation sous forme de travaux au service de la population et dans certains cas d’un dédommagement financier.  La Municipalité accepte de retirer sa plainte si le délinquant s’engage à réaliser les travaux et les dédommagements convenus. Elle se réserve toutefois le droit de redéposer sa plainte si le travail n’a pas été accompli ou mal fait. L’intérêt d’une telle mesure est la rapidité, la proximité de la réaction. Police Riviera n’applique malheureusement pas ce concept qui a pourtant fait ses preuves, même si la réussite n’est pas totale. Dans tous les cas, il n’est pas admissible que des actes d’incivilités restent délibérément impunis.

3. Lutte contre les tags et graffitis

Les tags et graffitis qui recouvrent un certain nombre de murs de votre ville l’enlaidissent et contribuent à entretenir le sentiment d’insécurité subjective. Il y a déjà plusieurs années, la Municipalité avait décidé de créer une cellule spéciale d’intervention rapide pour effacer rapidement ces déprédations. On sait en effet que plus les murs sont sales et dépréciés, moins les tagueurs ont de scrupules à les maculer. L’auteur d’un tag ou d’un graffiti qui les voit systématiquement et rapidement effacés va vite se décourager. La commune devrait également pouvoir intervenir sur les bâtiments privés avec l’accord de leurs propriétaires.  Cela a certes un coût, mais il s’avèrera payant à terme.

4. Surveillance accrue des gares.

Le Conseil intercommunal Sécurité Riviera a refusé une motion d’Alexandre Stäger (Montreux Libre) visant à instaurer une surveillance accrue des gares. Celle-ci a été refusée malgré le soutien des élus des villes (Montreux-La Tour-de-Peilz-Vevey). Les élus des communes d’amont ne se sentent pas concernés. On pourrait imaginer que les villes négocient un contrat de prestation particulier avec Sécurité Riviera. Mais cela paraît difficilement soutenable vis-à-vis de nos contribuables dans la mesure où nous payons à Sécurité Riviera déjà deux fois plus en francs par habitant que les petites communes.

Dans ce contexte, je pose les questions suivantes :

  1. Dans le cas de l’incendie des WC du collège Bleu la Municipalité peut-elle nous donner les raisons pour lesquelles il n’a rien été tenté pour retrouver les auteurs de cet acte d’incivilité?
  2. Comment la Municipalité, dans ce cas et à l’avenir dans des cas similaires, entend-elle faire payer aux auteurs d’actes d’incivilité les dégâts commis?
  3. La Municipalité entend elle agir pour que Sécurité Riviera applique le concept PUERO? De manière générale qu’entend faire la Municipalité de Vevey pour lutter contre les actes d’incivilités?
  4. Quand la Municipalité entend-elle faire entrer en action sa cellule de nettoyage anti-graffitis et anti-tags ? Entend-elle agir également sur les bâtiments privés avec l’accord de leurs propriétaires ?
  5. Compte tenu de la décision du Conseil intercommunal sécurité Riviera, comment la Municipalité de Vevey entend-elle résoudre le problème de la sécurité dans les gares?

L’interpellateur souhaite une réponse écrite.

 

Vevey, le 4 octobre 2011                                                              Jérôme Christen

2 réflexions sur « Pas de champ libre aux actes de vandalisme! »

  1. Permettez-moi de réagir à votre affirmation: “Les tags et graffitis qui recouvrent un certain nombre de murs de votre ville l’enlaidissent et contribuent à entretenir le sentiment d’insécurité subjective.”
    Mais ce n’est qu’une question de point de vue et d’avis personnel! Et je pourrais dire la même chose de la fresque (le nom “légal” du grafiti) qui domine la place Scanavin, ou l’autre abominable concept 3D à côté de Photo ÇAGAN, que personnellement, je trouve laides! S.v.p allez regarder les oeuvres le long de la Veveyse en-dessous de la rue du Devin, ou celle qui embellit le béton du passage sous route de St-Antoine, ou encore celle que l’on trouvait au fond du parking sur l’ancien site des Temps Modernes. Même si une partie de la population les trouve laides, ce n’est pas le cas de tout le monde!
    Alors au lieu de vous battre pour conserver votre béton tout gris et de courir après des soi-disants vandales, pourquoi ne pas mettre à disposition ces espaces vides et tristes à disposition de ces jeunes artistes?
    Quand au concept de “sentiment d’insécurité subjective” je ne m’attarderai pas sur une notion aussi loufoque!

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