Association Swissmedia: de l’argent communal en jeu!

Des sommes importantes d’argent public ont été perdues dans la déconfiture de l’Association Swissmedia et tout se passe comme s’il fallait passer l’éponge sans faire de vagues et sans établir de responsabilités. Vevey Libre souhaite que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Lorsque le conseiller communal Peter Schuseil demande – dans son interpellation – quelles mesures vont-elles être prises pour poursuivre les responsables, le municipal Rivier répond que cette saga est entre les mains du Tribunal des faillites.

Et que nous apprend 24 Heures: une action peut être menée au près du tribunal des faillites que si l’association possède suffisamment d’actif, or tel n’est pas le cas.

Il y a eu «mauvaise gestion, manque de rigueur, absence de stratégie et organisation déficiente» selon le président Olivier Mark, récemment entré en fonction, le secrétaire général Bernard Degex était grassement payé mais circulez, y a rien à voir!

Selon la Municipalité de Vevey, c’est l’Etat de Vaud qui tenait les rênes de l’association, mais il a décidé de ne pas verser sa subvention 2013 et a exigé le remboursement de subventions passées. Résultat, c’est la subvention communale 2014 qui permettra de payer les salaires et charges sociales en retard. L’Etat commande et la commune paie!

On verrra si le tribunal des faillites accepte ce bricolage de l’Etat de Vaud et comment de dernier répond à une interpellation détaillée déposée hier au Grand Conseil par le député de Vaud Libre Jérôme Christen.

 

Voici le le texte de l’interpellation de Peter Schuseil:

Swissmedia Center: quelles responsabilités pour «mauvaise gestion, un manque de rigueur, une absence de stratégie et une organisation déficiente» ?

La presse a fait état de la dissolution du Swissmedia Center en mars dernier. Selon 24 Heures, l’association affichait au 31 décembre 2013, un résultat négatif de 172’000 francs. Ces chiffres rouges ont été découverts par  le Contrôle cantonal des finances en octobre 2013.

Pourtant, selon Etienne Rivier, les résultats livrés par la société fiduciaire étaient rassurants, mais explique-t-il, « la structure était trop petite pour être rentable et l’encadrement des start-up s’est révélé insuffisant. »

«Elle ne déploie pas assez d’activités par rapport aux subventions qu’elle touche» relève son président Olivier Mark, très critique,  dans Le Régional. Il fait encore état de «mauvaise gestion, manque de rigueur, absence de stratégie et organisation déficiente». On apprend également que le comité a tenté d’initier une remise en question, mais que cela a crée des tensions, son secrétaire général étant critiqué pour son immobilisme. Le Contrôle cantonal des finances, lui pointe un manque de rigueur dans la gestion de l’association.

Dans une interpellation déposée en juin 2012,  notre collègue Jérôme Christen s’était pourtant demandé s’il y avait vraiment des éclosions d’entreprises au Swissmedia Center. Il faisait état du fait que ces deux dernières années pourtant, des critiques s’étaient faites jour sur les résultats médiocres obtenus par cet incubateur/pépinière et sur le mauvais accueil réservé à des demandes. Il s’étonnait aussi du peu d’informations à ce sujet, pour tout dire, rien dans les cinq derniers rapports de gestion, alors que nous avions plusieurs pages de commentaires sur des associations qui bénéficient de subventions bien plus modestes. Il demandait notamment pour conclure si, dans ce contexte, la Municipalité entendait poursuivre son soutien financier.

Dans sa réponse, la Municipalité se déchargeait sur l’Etat de Vaud en affirmant que l’évaluation du bon ou mauvais fonctionnement du pôle de développement Swissmedia reposait entièrement dans les mains du canton. Pour justifier la subvention accordée par la ville, la Municipalité  soulignait le fait qu’il paraissait absurde de saborder un tel projet qui a permis de créer des entreprises actives dans le domaine de l’image et des TIF.

Avec le recul, on peut s’étonner des réponses municipales et s’inquiéter de la confiance aveugle qu’elle a eue envers une institution qu’elle subventionnait.

Je pose donc les questions suivantes :

1. Comment explique-t-on le fait que la société fiduciaire ait communiqué de résultats rassurants alors que la situation était calamiteuse ?

2. Dans 24 Heures, le municipal Etienne Rivier explique que “l’architecture du site était inadéquate avec une cafétéria dans le hall d’entrée et aucune salle de conférence digne de ce nom.” En quoi une cafétéria peut-elle être source d’un échec? Le bâtiment n’était-il donc pas assez grand pour résoudre ce problème?

3. Comment se fait-il que, selon la Municipalité, dans sa réponse en juin 2012, tout allait bien alors qu’il s’avère que l’encadrement des start-up était totalement insuffisant selon M. Rivier et qu’il y a eu  «mauvaise gestion, manque de rigueur, absence de stratégie et organisation déficiente» selon M. Mark ?

4. Quelles mesures vont-elles être prises pour poursuivre les responsables?

Peter Schuseil, le 15 mai 2014

Une réflexion sur « Association Swissmedia: de l’argent communal en jeu! »

  1. Quel dommage et quel gâchis ! Vevey et sa région fourmille de talents, et swiss-média aurait pu être une forme d’école audio-visuelle, ainsi qu’un lieu de stimulation des jeunes producteurs et réalisateurs, mettant leurs moyens techniques à disposition des cinéastes en herbes bourrés d’idées (les frères LEGRAND, par exemple).
    En tant qu’association, restructurée en école et/ou pépinière de jeunes réalisateurs, swissmédia ne pourrait t-elle pas bénéficier d’une subvention de la part de la Romande des Jeux….?
    Cette association ne pourrait t-elle pas s’autofinancer grâce à des participations dans les films tournés avec son matériel et son soutien technique (co-producteurs) ?
    Autre piste, ne pourrait-on pas y intégrer une “école de cameraman” pour les enfants (payante bien sûr) ?
    La société de production DZ films ne pourrait t-elle pas être consultée (M. Heintz DIEHL) ?

    J’espère que ces pistes aideront Swissmédia à devenir une référence nationale en terme de cinématographie…ou pour le moins à sortir de l’impasse.

    Gilles SONDEREGGER

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