7 mars 2021

Vevey et la Riviera ont besoin d’un « bon Samaritain »

Après le centre de dialyse parti à Rennaz, c’est la clinique de gériatrie qui, au lieu de prendre place au Samaritain à Vevey, pourrait s’en aller à Monthey si le Conseil d’Etat maintenait sa décision. Une deuxième des trois promesses de l’Etat – faites lors du choix d’installer l’hôpital unique de soins aigus à Rennaz – ne serait ainsi pas tenue. Un choix invraisemblable dans la mesure où c’est un savoir-faire de plus de trente ans qui partirait en grande partie en fumée. Le municipal et député veveysan Jérôme Christen s’en est insurgé hier au Grand Conseil dans une interpellation intitulée “Vevey et la Riviera ont besoin d’un « bon Samaritain»” et co-signée par 12 des 14 députés de la Riviera.

Engagements pas tenus

La Riviera a du faire le deuil de ses trois hôpitaux régionaux. La pilule a été difficile à avaler d’autant plus que le localisation de l’hôpital a été ratée à un endroit mal desservi en transports publics. Mais la Riviera a joué le jeu pour doter la région d’un hôpital performant de soins aigus.

En 2012, les engagements de la Fondation de l’Hôpital et du Conseil d’Etat étaient clairs : le projet prévoyait une clinique de gériatrie et de réadaptation comprenant 75 lits B, un centre de dialyse et une permanence médicale pour les petites urgences.

Pour différentes raisons et suite à un conflit avec le médecin en charge de la dialyse et une très mauvaise évaluation des responsables sanitaires cantonaux, au grand dam des habitants de la Riviera, l’antenne prévue la dialyse a finalement été concentrée à Rennaz. Voilà qu’une des deux promesses faites en 2012 partait en fumée.

Plus récemment, on a appris que les Conseils d’Etat vaudois et valaisans examinaient la possibilité de concentrer les activités de gériatrie sur le site de Monthey. Notre gouvernement ferait ainsi fi du 2ème des trois principaux engagements pris en 2012, engagement encore confirmé en 2018 par la direction de l’HRC.

Le dommage

La clinique de gériatrie et de réadaptation de la Riviera comprend actuellement 88 lits occupés à 87%. Si le Conseil d’Etat confirme ses intentions, ce sont près de 1350 patients dont 70% domiciliés sur la Riviera qui devront suivre leur traitement à Monthey. Les membres du personnel devraient prendre le même chemin. Un savoir faire de trente ans qui partira en bonne partie en fumée.

Voilà des lustres que l’activité gériatrique de la Riviera fonctionne à satisfaction. Cest un pôle de compétence reconnu. Et voilà qu’il faudrait le déménager à Monthey où cette compétence n’existe pas.

La logique voudrait que l’on maintienne le pôle de la Riviera et que les Valaisans se déplacent sur le site bien plus proche pour eux de Rennaz quitte même à réduire le nombre de places à 60 places sur chaque site au lieu de 60 dès lors que la pandémie Covid 19 a provoqué une diminution des besoins.

Conclusion

La Riviera ne doit pas être le dindon de la farce, raisons pour laquelle nous posons les questions suivantes pour connaître la composition de la « soupe à la grimace » que l’HRC et le Conseil d’Etat sont en train de nous mijoter.

Les questions posées

  1. Comment le Conseil d’Etat peut-il justifier cette nouvelle approche en contradiction totale avec les engagements pris et rappelés il y a peu de temps encore ?
  2. Comment le Conseil d’Etat peut-il justifier l’abandon de l’antenne gériatrique de Vevey face la nécessité de conserver une offre de proximité pour une population fragilisée et dans un contexte de nécessité d’une solidarité intergénérationnelle ?
  3. Pour quelles raisons, le Conseil d’Etat ne s’est-il pas concerté avec les autorités régionales avant de prendre une décision sur une question de la plus haute importance ?
  4. A quelles conditions pourrait-il revenir à des meilleures intentions ?Jérôme Christen le mardi 19 janvier 2021

    Texte de l’interpellation sur ce lien.
    https://www.vd.ch/toutes-les-autorites/grand-conseil/depute-e-s/detail-objet/id/21_INT_16/membre/21336/print

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