27 septembre 2022

Les trafiquants de drogue se sont appropriés la gare de Vevey, les bornes sont dépassées!

Les usagers/ères de la gare de Vevey ont en marre du harcèlement des trafiquants de drogue. Le conseiller communal Vevey Libre Nicolas Bonjour  a traduit cette agacement par une interpellation intitulée “Vevey plaque tournante de la drogue” développée il y a dix jours et transmise à la Municipalité qui a un mois pour y répondre.

Nicolas Bonjour, par ailleurs président de de Vevey Libre, n’hésite pas à parler de lieux «gangrenés par ce fléau» où «ces trafiquants n’hésitent pas à interpeller toute personne (enfants, jeunes, moins jeunes) qui aurait encore le courage de s’aventurer dans ces rues», rapporte 24 Heures dans son édition du 15 septembre. Et d’ajouter: «Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il a pris depuis quelques mois des proportions insupportables.»

Au nom de son groupe, il demande à la Municipalité un point de situation et des pistes pour «contenir et marginaliser» ce trafic, tout en évitant de «simplement reporter le problème ailleurs».

Voici son texte original et intégral:

Depuis la fin de la Fête des Vignerons et le départ des flots de touristes en Ville ce sont les trafiquants de drogue qui arpentent à nouveau nos rues en toute impunité, Toute la zone de la Gare ainsi que la Rue de Communaux, le Chemin de l’Espérance, le Parterre de St-Martin, La Rue des Bosquets et le Passage Saint-Antoine sont gangrénés par ce fléau.

Ces trafiquants n’hésitent pas à interpeller toute personne (enfants, jeunes, moins jeunes) qui aurant encore le courage de s’aventurer dans ces rues, avec pour objectif de leur proposer tous types de stupéfiants

Ce phémomène n’est pas nouveau, mais il a pris depuis quelques mois des proportions insupportables dès lors que les passants (habitants de la ville, pendulaires, touristes et hôtes de pasage) sont désormais constamment harcelés. Vevey, ville d’Images, mais quelle image lorsque le premier contact avec la ville que l’on vous propose en sortant de la gare est d’acquérir de la drogue ?

Nous questions à la Municipalité sont les suivantes :

  • Est-ce que la Municipalité est consciente de cette problématique ? Que va-t-elle mettre en œuvre rapidement pour contenir et marginaliser le trafic de drogue dans nos rues et ainsi assurer la sécurité de tous ?
  • Pourquoi Vevey est-elle devenue une plaque tournante de la drogue dans le canton ? D’où viennent ces trafiquants ? S’agit-il d’un transfert d’une autre ville qui s’expliquerait par une action de répression moins forte, voire laxiste à Vevey ?
  • Quelles mesures la Municipalité de Vevey et ASR comptent-ils prendre pour résoudre ce problème rapidement ?
  • Conscient de la problématique sociale et des conditions précaires des trafiquants, qu’est-ce que la commune peut s’engager à faire pour, ne pas simplement reporter le problème ailleurs ?

26 réflexions sur « Les trafiquants de drogue se sont appropriés la gare de Vevey, les bornes sont dépassées! »

  1. TRAFFIC
    Je suis désolé mais c’est pas nouveau que Vevey est une plaque tournante. Cela a toujours été depuis plus de 30ans qu’a Vevey on trouve de tout. Pour ces dealers de Coke c est vraiment plus une vie que de rentrer du travail en train et a peine on pose le pied sur le quai 1-2-3-4 on se fait agrésser par les dealers black en sortant de la gare même chose en allant a la Copp Pronto ou au Vème la même chose . Même mon fils en revenant du travail depuis derrière la Migros des Deux-Gares il a 16ans et se fait interpeller par ces dealers de mort et il a même vu un gars sniffer en pleine journée et devant tout le monde sans que personne ne dise rien. Ces dealers viennent de Lausanne ou de Montreux ou Bex. Pour la cocaine c’est depuis plus de 10ans qu’il y en a dans les rues et de l’herbe dans presque chaque bâtiment ça deal et personne fait rien non plus mais il y a de l’héroine aussi et pleins d’autres drogues ici à Vevey. Moi, j ‘habite un immeuble non loin de la gare et on voit tout. Par exemple.. Un dealer-père au foyer deal tous les jours en présence de ses enfants mineurs, ça fume l’herbe au balcon et la fumée rentre chez nous…au moment ou mes enfants vont se coucher vers 22h00 et donc 15 à 30 minutes a aérer les chambres parce que ça pue ( entre 18h00 et 1h00 du matin) on la sent cette fumée qui est beaucoup plus forte et dense que celle de la cigarette mais selon la police qui a dit a ce voisin… fumé vous pouvez mais à l’intérieur de votre appartement et que la fumée passive d’herbe ne DÉRANGE PAS LES VOISINS!. Je parle pas de la CBD! Mais les vente et les clients qui se croisent et que l’on croise dans les escaliers ça continue toujours encore et encore sans que ce dealer père au foyer ne se fasse pas inquiéter et aussi de recevoir l’aide sociale chaque mois.
    Donc alors c’est tellement facile de vendre de l’herbe illégale chez soit sans avoir de problèmes et en plus avec des enfants mineurs en bas âges!!?? Et la protection SPJ que dira-t-elle?

  2. Je suis cliente chez Migros 2 gares et depuis qu’ils ont ouvert cet migros je fait mes cours car ce tout proche de ma maison. Un jour après avoir fait mes courses avec mon caddie j’étais harcelé quand j’allais sortir du magasin, 4 hommes de couleur on entrée du côté du bancomat de la poste et m’ont presque poussé car ils était les uns a côté des autres. En plus ils n’avait même pas de masque et sont toutes les jours assises dehors et des fois ils sont même en train de charger leur natel sur la prise de l’entrée je ne trouve pas normal et je me sens de plus en plus en insécurité car ils sont lá toutes les jours même dans le tunnel que va a la gare et dans les quais. Je doit prendre le train pour aller a Lausanne ou même Montreux et très souvent ses gens se approchent de nous et la réponse donné par la commune de Vevey c’est de baisser mes yeux et continuer mon chemin le problème ce que certains messieurs essaye même de nous toucher. Alors quoi faire dans ce cas? On peut pas se défendre? Il faut se laisser faire violer ou voler s’ils ont envir? Ou pire on peut terminer sur les roues du train si ils ont envie de nous pousser comme ils ont fait il a pas si long temps avec un homme ils n’ont même pas mis sur le jornal mais on a vu plein d’ambulances même des hélicoptères.

  3. C’est devenu n’importe quoi la gare de Vevey et les alentours. Des geteurs de partout, des petits sachets entrouverts dans les tunnels de la gare (j’imagine qu’il y avait de la drogue), les dealers qui planquent leurs saloperies sur le quai 1, maintenant ils envahissent la rue des moulins/l’espace devant la migros. On les voit aussi monter dans les RE pour redescendre aussitôt. Que fait vevey, la municipalités, la police? Cela fait 8ans que j’ai emménagé ici, mais je me pose sérieusement des questions. Déjà qu’au niveau éducation c’est flippant, alors si la sécurité n’est plus là, à quoi bon résider à vevey ? J’ai la chance de gagner un bon salaire, mais je n’ai pas emménagé à Vevey pour me sentir moins en sécurité qu’à Paris.

  4. Une aberration que de laisser faire ce trafic à la vue de tout le monde. Honte à ces politicars veveysans plus enclins à faire contrôler les disques de parcage que de penser au bien-être de sa population. Franchement je suis Suisse mais la honte m’envahit.

  5. Dépenser les deniers publics pour peindre Charlot sur la tour de gilamont OK Mais au moins en le montrant en train de sniffer une ligne… Comme ca les touristes qui arrivent dans cette superbe ville seront tout de suite mis au parfum et ne seront pas étonné de voir ce trafic international se passer sous leurs yeux ébahis lors de leur passage à la poste pour envoyer leur belle carte postale de Vevey avec nestlé et le drapeau Suisse en arrière plan à leur famille.

  6. Bonjour,
    Ça fait rire lorsque je vois un policier discuter pendant des heures avec son ami et les trafiquants de drogue se trouve auprès de la Migros 2 gares.

  7. 8 mois depuis l’article… Je suis repassé à Vevey voir ma famille et la situation est toujours la même. Ok, je me fais pas interpeller. Ils te regardent juste avec insistance et c’est tout. Mais franchement, pourquoi y a toujours pas de présence policière? C’est nul comme atmosphère quand t’arrives à Vevey.

  8. Je suis rassuré de lire vos commentaires et de me sentir moins seul à être offusqué de cette réalité, qu’il faut prendre en main au plus vite et avec fermeté, si cela est possible légalement évidemment.

    Par moment, ils sont entre 20 à 30, si l’on part de la gare en passant par la place Robin et en redescendant vers le quartier des Bains-Payants. Une bien triste image de notre ville, que cela soit pour les résidents ou les commerçants.

    Ils sont devenus très insistants depuis quelques mois, masqués ou non évidemment, peu importe si c’est uniquement du regard ou en approchant verbalement tout ce qui passe… et franchement je suis mal à l’aise même en pleine journée, alors que je suis un homme de grande taille.

    D’un autre côté, il faut être clair: après les déconvenues voire scandales politiques de ces dernières années et du sursis avec quelques jours-amende dans le pire des cas, nous récoltons aujourd’hui les conséquences du laisser-aller à tous les niveaux. La municipalité actuelle devrait avoir honte, j’ose espérer qu’elle réalise être directement responsable de la situation actuelle.
    Les forces de l’ordre sont blasées, et je les comprends. Et ce n’est probablement pas la prochaine législature qui y changera grand-chose, même si je suis plutôt de gauche. J’espère néanmoins qu’elle reprendra à son compte le volet thématique du programme PLR concernant le deal de rue.

    À quand une analyse des eaux usées comme cela est fait à Zurich, afin de comprendre si il s’agit essentiellement d’une consommation ‘de proximité’…

  9. Les villes suisses à la recherche de la bonne recette contre le deal de rue
    swissinfo.ch/fre/les-villes-suisses-à-la-recherche-de-la-bonne-recette-contre-le-deal-de-rue/47711974
    Politique fédérale
    RTS-SWI
    En Suisse, la récente irruption du crack sur le marché de la drogue et la difficulté des villes à combattre ce trafic a relancé un vieux débat sur la lutte contre le deal de rue, qui revient de façon cyclique dans l’actualité politique.

    Ce contenu a été publié le 29 juin 2022 – 10:45 29 juin 2022 – 10:45
    Cécile Durring, Joël Boissard & Vincent Cherpillod, RTS

    À la fin des années 1980, la drogue explose à la vue de tous. La tristement célèbre Platzspitz, à Zurich, est le symbole de ce que l’on nommera les «scènes ouvertes de la drogue».

    Genève ne connaîtra pas de tel ghetto, mais la vente se fait dans divers lieux publics. La situation est telle que les autorités réagissent et prennent des mesures encore inédites à l’époque dans le monde: ce seront les débuts de la distribution contrôlée d’héroïne et l’ouverture de locaux d’injection.

    >> Le témoignage d’Evelyn G., dont le quotidien se conjugue depuis trente ans avec la prise d’héroîne médicale:

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    «Sans ce programme, je serais morte»
    Ce contenu a été publié le 27 janv. 2014 27 janv. 2014 Depuis vingt ans, la Suisse fournit de l’héroïne à des toxicomanes en toute légalité. Quelque 1500 personnes participent au programme public de…

    Politique des quatre piliers
    Ces solutions sont le résultat de la politique dite des quatre piliers, adoptée dans les années 1990 par la Confédération et toujours valable aujourd’hui: prévention, répression, thérapie, aide à la survie.

    «Dans les années 90, alors qu’on avait des discussions idéologiques dans beaucoup de pays, la Suisse a pris des décisions très pragmatiques qui ont permis de sauver des milliers de gens», s’est félicité le vice-directeur d’Addiction suisse, Frank Zobel, interrogé par la Radio télévision suisse (RTS). «Avec la prescription médicale d’héroïne, par exemple, on a retiré au marché des drogues ses meilleurs clients».

    Entre prévention et répression
    Mais les dealers ne disparaissent jamais vraiment: ils changent de lieu, et leur nombre fluctue jusqu’au prochain ras-le-bol des habitants et des commerçants, à l’instar des coups de gueule lancés par certains restaurateurs installés en bordure de la place de la Riponne, à Lausanne. La police intervient alors par des opérations coup de poing, ou en augmentant sa présence quotidienne.

    Dans un premier temps, Genève et Lausanne tirent un bilan positif de leurs actions. «La présence des agents sur le terrain et un très fort travail de pression ont déployé leurs effets», se félicitait ainsi en 2016 Pierre Maudet, alors conseiller d’État à la tête du Département genevois de la sécurité.

    Deux ans plus tard, son homologue au sein de la Ville de Lausanne, Pierre-Antoine Hildebrand, mentionnait lui un dispositif dédoublé, préventif d’un côté avec une «présence perpétuelle», et répressif de l’autre, avec «autant d’arrestations qu’avant».

    «Vous n’allez jamais faire disparaître ça»
    «Vous réussissez à faire reculer un peu la problématique, mais d’autres problématiques plus urgentes prennent la place, nuance toutefois Frank Zobel. Vous avez un trafic lucratif, avec une demande. Vous n’allez jamais faire disparaître ça. Mais vous pouvez peut-être trouver des arrangements avec lesquels la situation est supportable et la population protégée».

    Aujourd’hui, c’est l’apparition du crack à Genève qui inquiète. Habitants et commerçants tirent à nouveau la sonnette d’alarme et veulent que la police agisse.

    Mais c’est plus facile à dire qu’à faire: «Venir dire qu’on peut éradiquer le deal de rue par des présences quotidiennes dans ces lieux sensibles, je pense que c’est un leurre. On ne peut évidemment pas le faire, sinon ce sera au détriment d’autres actions», a prévenu le conseiller d’État genevois Mauro Poggia, interrogé par la RTS.

    Aujourd’hui comme hier s’impose un constat difficile: la lutte séculaire contre la drogue est un éternel recommencement.

    >> L’analyse de Sandro Cattacin, professeur de sociologie à l’Université de Genève et spécialiste des politiques de drogue:

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  10. «Platzspitzbaby», la soif de vivre d’une enfant de toxicomane
    swissinfo.ch/fre/cinéma-suisse_-platzspitzbaby—la-soif-de-vivre-d-une-enfant-de-toxicomane/45514704
    Pour supporter sa situation familiale difficile, Mia se réfugie dans des mondes imaginaires. © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.
    Un film de fiction s’intéresse pour la première fois aux scènes ouvertes de la drogue présentes en Suisse au début des années 1990. «Platzspitzbaby», inspiré d’une histoire vraie, raconte l’amour d’une jeune fille pour sa mère toxicomane et son combat pour rester avec elle.

    Ce contenu a été publié le 28 janvier 2020 – 16:50 28 janvier 2020 – 16:50
    «PlatzspitzbabyLien externe» est un long métrage réalisé par Pierre MonnardLien externe, avec dans les rôles principaux Luna Mwezi et Sarah Spale. Le film est sorti sur les écrans suisses alémaniques à la mi-janvier et s’est directement hissé en tête du box-officeLien externe. Il est au programme du festival cinématographique des Journées de SoleureLien externe qui se tient jusqu’au 29 janvier et sera ensuite projeté dans le reste de la Suisse.

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    Mia a ses écouteurs sur les oreilles et tente de se concentrer sur la musique pour échapper au décor qui l’entoure. Elle marche au milieu d’une foule qui crie, titube, rampe sur le sol et s’injecte de l’héroïne dans les veines. Mia cherche désespérément sa mère dans le chaos du Platzspitz, une place au centre de Zurich occupée par des milliers de toxicomanes.

    La première séquence du film «Platzspitzbaby» nous replonge directement dans la brutalité des scènes ouvertes de la drogue des années 1990. «C’était important pour moi de planter le décor tout de suite, afin de permettre aux gens qui n’ont pas connu cette époque de se rendre compte de la situation», dévoile le réalisateur Pierre Monnard.

    Mais le spectateur ne reste que quelques minutes avec Mia dans l’enfer du Platzspitz, car le film s’intéresse à ce qui s’est passé après. Qu’est devenue la petite fille lorsque les autorités zurichoises ont décidé de fermer les scènes ouvertes et de renvoyer tous les toxicomanes dans leur commune d’origine?

    Bande-annonce du film Platzspitzbaby
    Ce contenu a été publié le 28 janv. 2020 28 janv. 2020 © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.

    Mia espère un nouveau départ, mais elle se rend vite compte que sa mère ne parvient pas à décrocher. À onze ans, elle se retrouve bien seule avec une adulte dépendante à la maison, le ménage, la fatigue et des camarades de classe qui la traitent de fille de junkie. «On ne peut pas raconter le parcours des 3000 toxicomanes du Platzspitz, alors on se concentre sur une seule personne, une enfant. C’est la force de ce film», relève Pierre Monnard.

    Une histoire vraie
    Le long métrage s’inspire de l’enfance de Michelle HalbheerLien externe, qui a publié en 2013 une autobiographie intitulée «PlatzspitzbabyLien externe». Pierre Monnard a lu l’ouvrage dès sa sortie et a tout de suite pensé qu’il y avait là matière à faire un film. Le réalisateur était adolescent dans les années 1990 et a été marqué par les scènes ouvertes de Zurich et de Berne, même s’il a grandi à Châtel-St-Denis, dans le canton de Fribourg. «J’avais un ami qui se rendait régulièrement au Platzspitz. Un jour, il n’est pas revenu», confie-t-il.

    Environ 250 figurants ont joué dans la première scène du film, sur le Platzspitz. © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.
    Pierre Monnard et le scénariste du film, André Küttel, s’approchent alors de Michelle Halbheer. Enthousiaste, elle leur raconte à nouveau son histoire avec davantage de détails et des anecdotes sur les autres enfants qui vivaient la même situation. «Ces histoires sont venues nourrir notre travail d’écriture, c’était vraiment une inspiration», déclare Pierre Monnard.

    Pourtant, l’adaptation d’un récit autobiographique au cinéma n’est pas aisée. Michelle Halbheer se réfugiait dans des mondes fantastiques pour adoucir son quotidien, un mélange de rêve et de réalité compliqué à représenter en images. Les concepteurs du film ont décidé de créer un ami imaginaire, qui accompagne Mia dans les moments difficiles en jouant de la guitare et en chantant des chansons. Les apparitions de ce personnage lumineux sont bien dosées et apportent une touche originale et rafraîchissante.

    Stupéfiantes actrices
    Pour réaliser le film, Pierre Monnard a travaillé avec plusieurs toxicomanes ou survivants du Platzspitz. Ils apparaissent notamment dans la première scène, parmi les 250 figurants qui ont fait revivre, le temps d’un tournage, les heures les plus sombres du parc zurichois. C’est à ce moment-là que l’actrice qui incarne Mia, Luna Mwezi, a été confrontée à cette réalité. Elle s’est approchée de Pierre Monnard et lui a confié: «Je comprends maintenant, il faut vraiment la retrouver. Elle ne peut pas rester là, car j’ai trop peur pour elle.»

    Le réalisateur Pierre Monnard en plein tournage avec Luna Mwezi. © Aliocha Merker
    La jeune actrice est tout simplement éblouissante dans ce film et tellement juste dans sa façon d’incarner Mia. «Elle a une capacité à lâcher prise qui est impressionnante et un rapport direct à ses émotions», explique Pierre Monnard, admiratif. Une alchimie s’est vite créée entre Luna Mwezi et l’actrice qui joue sa mère, Sarah Spale. Et le spectateur le sent: la relation entre les deux protagonistes semble toujours authentique, malgré toute sa complexité.

    En Suisse, environ 100’000 enfants vivent avec un parent alcoolique ou accro à une autre substance. Ils ont beaucoup plus de risques de développer à leur tour une dépendance ou de souffrir de problèmes psychiques et n’osent souvent pas parler des difficultés qu’ils rencontrent. L’association Addiction SuisseLien externe organise une fois par année une semaine d’actions pour donner une voix à ces enfants et sensibiliser le public ainsi que les professionnels.

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    La performance de Sarah Spale est d’ailleurs à souligner, car elle réussit à incarner parfaitement la maman toxicomane. «Elle a fait une recherche très poussée sur le personnage, elle a commencé à fumer, à porter ses fausses dents, à adopter des postures dans la rue et à crier sur les passants, raconte Pierre Monnard. Elle s’est vraiment immergée dans le rôle avec une authenticité bluffante. Même moi, parfois, je ne la reconnais plus.»

    Le tour de force de Sarah Spale est d’avoir réussi à rendre ce personnage attachant, malgré tous ses défauts. «Elle n’a jamais jugé cette mère, elle s’est mise dans ses baskets et a commencé à réfléchir comme elle, précise le réalisateur. Mais ce rôle n’est pas facile et Sarah était très impliquée, elle m’a confié qu’elle rêvait comme son personnage. Elle rêvait même qu’elle perdait ses dents!»

    La performance des actrices, le scénario et la musique font de «Platzspitzbaby» un film réellement exceptionnel. Les émotions sont à vif et on en ressort secoués, mais avec dans le regard cette petite lueur d’espoir. En vivant cette histoire à travers les yeux d’une fillette, on ne tombe jamais dans le trash, l’horreur ou la dépression. Mia tente sans relâche de prendre le meilleur de ce qui lui arrive et de trouver des solutions. «On voulait donner une voix à tous les enfants qui vivent ce genre de situation, affirme Pierre Monnard. Même en Suisse ces problèmes sont toujours d’actualité, il faut qu’on soit meilleurs.»

    La relation entre Mia et sa mère oscille toujours entre tendresse et frustration. © Ascot Elite Entertainment Group. All Rights Reserved.
    Le traumatisme des scènes ouvertes de la drogue

    La diffusion de stupéfiants comme l’héroïne et la cocaïne fait naître plusieurs scènes ouvertes de la drogue dans des parcs publics suisses au milieu des années 80. Les villes de Zurich et Berne sont particulièrement touchées. Le Platzspitz, situé juste à côté de la gare de Zurich, accueillait chaque jour plus de 3000 toxicomanes et était considéré comme la plus grande scène ouverte d’Europe.

    Les autorités évacuent le PlatzspitzLien externe en 1992, mais les personnes dépendantes et les trafiquants se déplacent autour de la gare désaffectée du Letten, elle-même évacuée en 1995. Les toxicomanes sont alors renvoyés dans leur commune d’origine, souvent mal préparée pour accueillir ces nouveaux citoyens et prendre en charge leurs enfants.

    L’expérience de ces scènes ouvertes a conduit les autorités à développer une politique des droguesLien externe plus progressiste, basée sur quatre piliers: prévention, thérapie, réduction des risques et répression. La Suisse a été le premier pays au monde à mettre en place une distribution contrôlée d’héroïne et à ouvrir des locaux d’injection.

  11. L’indispensable réforme de la lutte mondiale contre les cartels de la drogue
    swissinfo.ch/fre/après-le-covid-19_l-indispensable-réforme-de-la-lutte-mondiale-contre-les-cartels-de-la-drogue/45757390
    Opération de police contre de présumés consommateurs de drogue à Manille en 2016. «Le gouvernement philippin a reconnu au moins 6 600 homicides imputables à la police. Des éléments de preuve laissent à penser que plusieurs milliers d’autres personnes ont été tuées par des individus armés non identifiés ayant probablement des liens avec la police», pointait Amnesty International l’été dernier. Keystone / Mark R. Cristino
    Freiné par les coupures des routes du commerce international pour cause de pandémie, le trafic de drogue pourrait rebondir dès que les frontières se rouvriront, selon un rapport de l’ONU. Il est donc d’autant plus urgent de se concentrer sur les responsables du crime organisé, plaide, de son côté, la Commission globale de politique en matière de drogue.

    Ce contenu a été publié le 14 mai 2020 – 16:45 14 mai 2020 – 16:45
    Frédéric Burnand, Genève

    Résilientes, agiles et efficaces, les organisations criminelles qui contrôlent le marché des drogues illicites se réinventent en permanence. Leur avantage comparatif est évident: elles ne respectent aucune loi, corrompent les agents de l’État et assassinent, si nécessaire, ceux qui se mettent en travers de leur chemin. Même la pandémie de Covid-19 ne semble ralentir que momentanément leurs activités.

    Dans un rapportLien externe publié la semaine dernière, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) constate que les mesures de confinement instaurées un peu partout dans le monde ont bien produit des effets notables. Il note que de nombreux pays de toutes les régions ont fait état d’une pénurie de différents types de drogues au niveau de la rue. Conséquence immédiate, nombre de consommateurs se sont rabattus sur des produits plus frelatés et plus dangereux encore.

    La résilience des cartels de la drogue
    Mais l’ONUDCLien externe souligne également la grande souplesse des cartels de la drogue:

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    «L’adaptation rapide des groupes criminels organisés à de nouveaux environnements a déjà été signalée dans certains pays des Balkans où des groupes criminels organisés impliqués dans le trafic de drogue se tournent vers des formes de criminalité liées au virus Covid-19, comme la cybercriminalité et le trafic de médicaments falsifiés.»

    L’agence spécialisée est tout aussi inquiète pour le moyen terme. Se référant aux effets de la crise financière de 2008, l’ONUDC estime probable que le ralentissement économique conduise à une transformation durable des marchés des drogues illicites et à une croissance du secteur dans le monde. Pointant les pertes d’emplois dans les secteurs formels et informels en Amérique latine notamment, l’ONUDC craint que le crime organisé puisse en tirer profit pour se renforcer.

    «Pendant la pandémie COVID-19 en cours, on rapporte que les cartels distribuent des fournitures sur leurs territoires d’influence et utilisent l’action sociale pour gagner la bonne volonté de la population locale. L’augmentation du chômage, la baisse des revenus et la hausse des prix des cultures illicites (par exemple, la cocaïne et l’héroïne) risquent de rendre l’adhésion à un cartel de la drogue de plus en plus attrayante», note le rapport.

    De l’urgence de changer de cap
    Ces perspectives rendent d’autant plus saillant le dernier rapportLien externe de la Commission globale de politique en matière de drogue (GCDP) qui réunit depuis 2011 un groupe de personnalitésLien externe pour inciter les États comme les organisations internationales à réorienter fondamentalement la «guerre aux drogues» décrétées par les États-Unis au début des années 1970.

    «En dix ans à peine, des centaines de milliers d’individus sont morts, victimes collatérales de la prohibition. Ils représentent le coût d’une politique qui n’a fait qu’enrichir et renforcer les organisations criminelles, alimenter la corruption et le blanchiment d’argent et contribuer à l’augmentation du trafic, du nombre des routes et des réseaux qu’il emprunte, ainsi que du nombre d’États défaillants en partie contrôlés par la criminalité organisée», écrit l’ancienne conseillère fédérale et présidente de la Commission, Ruth Dreifuss, en préambule du rapport qui se concentre, cette fois-ci, sur le crime organisé.

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    100 milliards de dollars jetés par les fenêtres
    Alors que le marché mondial des drogues illicites est évalué à 500 milliards de dollars par année, «la facture annuelle mondiale de la répression associée au contrôle des drogues dépasserait 100 milliards de dollars», souligne le nouveau rapport de la Commission basée à Genève.

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    Lutte contre le blanchiment: la Suisse est presque une bonne élève
    Ce contenu a été publié le 24 oct. 2019 24 oct. 2019 La Suisse a amélioré son système de lutte contre le blanchiment d’argent. Il reste quelques lacunes à combler d’ici début 2020.

    «La lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption sont les deux moyens à privilégier», précise Ruth Dreifuss à swissinfo.ch. Il est également nécessaire à ses yeux d’organiser autrement les réponses développées à l’international: «La coopération internationale n’est pas suffisante. Tout est très éclaté. Les nombreuses organisations qui s’occupent de criminalité internationale devraient beaucoup plus collaborer entre elles.» Des faiblesses dont profitent largement les cartels de la drogue pour contourner les législations et les actions à leur encontre.

    La décriminalisation de la consommation de drogue et le développement d’une approche centrée sur la santé des toxicomanes que défend la GCDPLien externe depuis 10 ans convainquent un nombre croissant d’États sur les continents européens, américains et asiatiques.

    Blocage persistant à l’ONU
    Mais cette évolution n’a pas encore permis de faire évoluer l’approche prohibitionniste de la Commission des stupéfiantsLien externe des Nations unies dont dépend l’ONUDC cité plus haut. «La situation y est bloquée actuellement, avec deux camps qui s’opposent. Cela alors que les lois et les conventions internationales devraient pouvoir être révisées ou remplacées, puisque l’on constate que l’objectif affiché est loin d’être atteint», regrette Ruth Dreifuss.

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    «Un monde sans drogues, vous y croyez?»
    Ce contenu a été publié le 28 avr. 2017 28 avr. 2017 La Thaïlande et la Birmanie s’ouvrent à une approche centrée sur la santé en matière de consommation de drogue. Une évolution notable dans une…

    Selon l’ancienne présidente de la Confédération suisse, les partisans de la prohibition centrée sur la répression mènent une bataille idéologique où les drogues et leurs consommateurs sont considérés comme l’incarnation du Mal. «Selon ces gouvernements, ces personnes doivent être éloignées de la société, soit tout le contraire de ce qu’il faut faire, si l’on veut réellement lutter contre les méfaits sociaux et sanitaires du trafic de drogue et diminuer l’emprise du crime organisé», pointe Ruth Dreifuss.

    En engageant une guerre à outrance contre les consommateurs et les revendeurs de drogue, le président philippin Rodrigo Duterte incarne jusqu’à la caricature cette politique prohibitionniste. Dans un rapportLien externe publié ce mardi 13 mai, Amnesty international s’inquiète de voir que le Cambodge s’est engagé sur la même voie: «La guerre contre la drogue menée depuis trois ans par le gouvernement cambodgien, juste après une visite d’État du président philippin, engendre une vague croissante d’atteintes aux droits humains, remplit dangereusement les centres de détention et se traduit par une situation sanitaire très inquiétante, davantage encore depuis l’arrivée de la pandémie de Covid-19.»

  12. «La prescription d’héroïne est une histoire de prestige»
    swissinfo.ch/fre/soigner-la-toxicomanie_-la-prescription-d-héroïne-est-une-histoire-de-prestige-/37771512
    La scène ouverte de la drogue en 1990 à Zurich. Keystone
    Au début des années 1990, les images effarantes de la scène ouverte de la drogue du Platzspitz, dans la métropole économique de Zurich, avaient fait le tour du monde. La Suisse a réagi avec une politique basée sur la distribution médicalisée d’héroïne. Fortement critiqué au départ, ce programme est devenu un modèle international.

    Ce contenu a été publié le 27 janvier 2014 – 11:01 27 janvier 2014 – 11:01
    Gabriele Ochsenbein, swissinfo.ch

    André Seidenberg, médecin qui a traité 3500 patients au cours de sa carrière, avait été à l’époque parmi les premiers à plaider en faveur de la distribution de seringues propres aux toxicomanes. La police et la justice avaient tenté de régler le problème par la répression, mais en vain. Au contraire, cette solution n’aurait fait qu’encourager la toxicomanie et le marché de la drogue, affirme le médecin zurichois. Interview.

    swissinfo.ch: Cela fait aujourd’hui vingt ans que la Suisse a lancé son programme pionnier de prescription contrôlée d’héroïne aux toxicomanes incurables. Une histoire à succès?

    André Seidenberg: C’est le cas, mais il faut bien voir que le programme de distribution d’héroïne est marginal et, à ma connaissance, il n’a jamais touché plus de 5% des patients. C’est une sorte de programme-témoin, une histoire de prestige.

    Mais le fait qu’en Suisse, une majorité des personnes dépendantes aux opioïdes soit en traitement, la plupart avec de la méthadone et une petite minorité avec une thérapie lourde à l’héroïne, est en soi un succès. Il serait judicieux d’augmenter le nombre de personnes traitées. A l’époque, j’aurais souhaité qu’on aille plus loin dans la médicalisation et la légalisation du marché.

    «Sans ce programme, je serais morte»
    Ce contenu a été publié le 27 janv. 2014 27 janv. 2014 Depuis vingt ans, la Suisse fournit de l’héroïne à des toxicomanes en toute légalité. Quelque 1500 personnes participent au programme public de…

    swissinfo.ch: Cela aurait donc eu des effets sur le marché noir selon vous?

    A.S.: Bien sûr. Le marché noir est stimulé par la répression et propose finalement de mauvais produits, qui sont nocifs pour la santé. Je souhaite une attitude moins hypocrite face à la drogue.

    swissinfo.ch: Dans ce cas, vous êtes favorable à une légalisation générale des drogues?

    A.S.: Je suis favorable à une amélioration de la réglementation du marché. C’est un problème international puisque la guerre de la drogue continue très ouvertement dans de nombreuses régions du monde.

    C’est très difficile de réglementer le marché de manière adéquate. Par exemple, on ne peut pas se borner à légaliser la cocaïne et imaginer que tous les problèmes seront résolus. Il faudrait donc procéder de manière très précise. La dépendance touche différents domaines, à commencer par le tabac ou l’alcool. Il faut essayer de créer un environnement permettant de limiter au maximum les dégâts causés par ces diverses substances chez un maximum de personnes.

    Scènes ouvertes de la drogue à Zurich
    Ce contenu a été publié le 30 janv. 2014 30 janv. 2014 Il y a une vingtaine d’années, les médias du monde entier se faisaient l’écho de la misère au grand jour du Platzspitz, derrière le Musée national…

    swissinfo.ch: Que se passe-t-il pour quelqu’un qui ne consomme pas son héroïne dans la rue, mais qui la reçoit régulièrement comme un simple médicament?

    A.S.: Une personne qui reçoit sa substance deux fois par jour va mieux, psychiquement, elle est plus stable à tous les égards. Bien sûr, il y a des effets secondaires et même un préjudice permanent. Celui qui prend de la drogue quotidiennement peut présenter une diminution de la libido, des troubles du sommeil ou une perception des sensations limitée à l’euphorie et à la souffrance.

    D’autre part, les gens qui participent au programme de prescription d’héroïne ne sont plus contraints de financer leur existence avec des activités illégales. Ce qui contribue à faire diminuer la délinquance, la prostitution et la déviance sociale sous toutes ses formes.

    swissinfo.ch: Ils peuvent donc mener une vie normale, dans une certaine mesure?

    A.S.: Cette possibilité d’approvisionnement est décisive, car l’illégalité tend à augmenter la dangerosité de la consommation: la majorité des toxicomanes ne sont pas toujours en mesure de se faire des injections sans aucun danger de contracter des infections et des maladies. Le risque d’overdose est aussi considérablement accru.

    Si nous arrivons à approvisionner les gens de manière médicale, ces risques sont en grande partie supprimés. La distribution contrôlée permet aux personnes de mener une vie tout à fait normale, même s’il y a plus de bénéficiaires de rentes d’invalidité dans le programme de distribution d’héroïne que dans celui de méthadone.

    Politique suisse de la drogue
    swissinfo.ch: Alors il s’agit, sur le plan médical, avant tout de limiter et de stabiliser les dégâts, et non pas d’abstinence?

    A.S.: Pour nous, médecins, la priorité est d’empêcher des dégâts physiques graves et la mort. Le salut de l’âme ne passe qu’après après l’intégrité physique, dans le catalogue de la médecine.

    swissinfo.ch: L’abstinence ne devrait-elle pas être le but de la politique de la drogue de l’Etat?

    A.S.: C’était le but de la politique, du public, et aussi de beaucoup de médecins qui cultivent encore cette illusion. Mais c’est une stratégie très dangereuse. La dépendance à l’héroïne est une maladie chronique. Seule une très petite minorité des personnes dépendantes aux opioïdes peut devenir durablement abstinente. Et la majorité souffre de l’abstinence.

    A la différence de l’alcool, la privation d’héroïne ne donne pas un sentiment de confort et de bonne santé. En période d’abstinence, la mortalité est 3 à 4 fois plus élevée chez ceux qui consomment de l’héroïne ou de la méthadone sous prescription médicale. Des tentatives d’abstinence répétées peuvent déclencher des difficultés psychosociales qui peuvent alors conduire à des actes dangereux.

    swissinfo.ch: Actuellement, l’héroïne est-elle encore un sujet de préoccupation?

    A.S.: Heureusement, nous n’avons plus que très rarement affaire à des jeunes qui tombent dans l’héroïne. La consommation a diminué massivement. Parmi les personnes nées en 1968, soit la génération du Platzspitz, 1% d’entre elles sont devenues dépendantes, dont beaucoup sont mortes ou en bonne partie toujours dépendantes.

    Aujourd’hui en Suisse, l’âge moyen des héroïnomanes se situe vers 40 ans. Si nous n’avions pas réussi à stopper le phénomène au début des années 1990, toutes les autres classes d’âge seraient touchées. Dans certains pays, comme les Etats de l’ex-Union Soviétique ou l’Iran, où une part élevée de la population est dépendante aux opioïdes.

    swissinfo.ch: Vous avez déclaré avoir expérimenté vous-mêmes certaines drogues, dont l’héroïne. Pourquoi n’êtes pas devenu dépendant?

    Plus
    À quel point la Suisse est-elle vraiment neutre?
    Alors que d’autres États disent adieu à la neutralité classique, la Suisse s’accroche à son rôle particulier… avec quelques entorses.

    A.S.: Peut-être que j’ai eu de la chance, simplement. Dans ma jeunesse, j’ai effectivement expérimenté presque toutes les drogues. Cela m’a permis de satisfaire ma curiosité et cela m’a peut-être aussi appris certaines choses qui se sont avérées utiles pour mes patients. J’ai aussi découvert les dangers de la drogue: beaucoup de mes amis en sont morts, même avant mes études de médecine.

    swissinfo.ch: Faut-il avoir consommé des drogues pour être un bon médecin pour toxicomanes?

    A.S.: Non, et je ne le recommanderais pas. Quand on a affaire à des problèmes liés au psychisme, cela aide sans aucun doute de garder un esprit ouvert. Mais pour cela, il ne faut pas tout expérimenter, car cela peut faire des dégâts et être dangereux.

  13. Héroïne: la politique libérale porte ses fruits
    swissinfo.ch/fre/héroïne–la-politique-libérale-porte-ses-fruits/5233248
    Le local d’injection est l’un des aspects les plus controversés de la politique suisse des drogues. Keystone
    Selon une étude de l’Université de Zurich, l’approche tolérante choisie par la Suisse depuis 1991 a permis de faire chuter le nombre de nouveaux consommateurs d’héroïne.

    Ce contenu a été publié le 02 juin 2006 – 11:49 02 juin 2006 – 11:49
    Cette enquête publiée dans la revue scientifique «The Lancet» montre toutefois que les toxicodépendants s’en sortent rarement.

    Le sociologue Carlos Nordt et le psychiatre Rudolf Stohler ont suivi depuis 1990 plus de 7000 héroïnomanes. Leur objectif: déterminer les conséquences de la politique suisse dite des quatre piliers sur la consommation de drogue.

    Lorsque cette politique a été mise en place, certains craignaient une augmentation du nombre de consommateurs d’héroïne.

    En plus de la prévention et de la répression, cette politique implique en effet de nouvelles formes de thérapies comme la distribution de méthadone ou l’aide à la survie.

    Les deux scientifiques arrivent à la conclusion que la politique libérale a en réalité permis de réduire continuellement le nombre de nouveaux adeptes de l’héroïne.

    Entre 1975 et 1990, leur nombre décuplait chaque année (850 en 1990). Mais dès 1991, il a nettement diminué, pour s’établir à 150 nouveaux en 2002.

    Comparaison internationale

    Le succès de cette politique libérale est confirmé par la comparaison avec des pays restés répressifs comme l’Italie et l’Australie.

    En dix ans, le nombre de nouveaux héroïnomanes en Suisse a diminué d’un facteur 4 par rapport à ces deux pays, souligne l’étude.

    Les deux experts zurichois donnent une explication à ce recul. L’injection d’héroïne a perdu son image «d’acte de rébellion» avec la médicalisation de la prise en charge des héroïnomanes.

    Une «drogue de perdant»

    En Suisse, «l’héroïne semble plutôt être considérée comme une maladie qui doit être traitée par un médecin que comme un acte criminel», précise Carlos Nordt.

    Plus même. L’héroïne est désormais perçue par beaucoup de toxicomanes comme une «drogue de perdant».

    En clair, la libéralisation n’a pas banalisé la consommation, bien au contraire, constatent les deux chercheurs.

    Un bémol toutefois. L’étude est moins positive en ce qui concerne les toxicomanes soignés pour dépendance à l’héroïne.

    Plus
    À quel point la Suisse est-elle vraiment neutre?
    Alors que d’autres États disent adieu à la neutralité classique, la Suisse s’accroche à son rôle particulier… avec quelques entorses.

    Difficile sortie de dépendance

    Seuls quelques héroïnomanes ont réussi à se désintoxiquer durablement sur les milliers qui ont suivi une cure à base de méthadone.

    Dans le canton de Zurich, on recensait quelque 7’100 personnes dépendantes à l’héroïne en 1996. L’an dernier, il y en avait encore 6’200.

    «Nous n’avons plus forcément affaire à de nouveaux consommateurs mais à des gens dépendants depuis parfois plus de trente ans», précise Carlos Nordt sur les ondes de la radio suisse alémanique.

    «Maintenant, la question est donc plutôt de savoir comment traiter ces gens qui ne parviennent pas à décrocher», poursuit le sociologue.

    Une précision: cette étude part du cas zurichois. Mais les chercheurs estiment que ce cas peut être extrapolé à l’ensemble de la Suisse.

    Il n’en reste pas moins aussi que la consommation de cannabis, d’amphétamines et de cocaïne continue d’augmenter en Suisse, constatait l’an dernier l’Organe international de contrôle des stupéfiants.

    swissinfo et les agences

  14. https://faits-chiffres.addictionsuisse.ch/fr/alcool/chiffres-cles/consequences.html

    https://www.addictionsuisse.ch/actualites/prises-de-position-daddiction-suisse/alcool/
    Rappel des faits
    – La consommation d’alcool par tête s’élève à 7.7 litre d’alcool par an.
    – 10% de la population boit quotidiennement de l’alcool et environ 11% de la population adulte boit la moitié de la totalité de l’alcool consommé.
    L’alcool et ses conséquences
    – environ 250’000 personnes sont dépendantes de l’alcool en Suisse.
    – 1600 décès dus à l’alcool par an (voir également notre page statistique: alcool – mortalité)
    – environ un demi-million de personnes en Suisse souffrent à cause du problème d’alcool d’un proche, auxquels s’ajoutent quelque 100’000 enfants vivant avec un parent souffrant d’une consommation problématique d’alcool.

    https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/zahlen-und-statistiken/zahlen-fakten-zu-sucht/zahlen-fakten-zu-alkohol.html
    La majorité des gens apprécient l’alcool lors d’occasions spéciales et de moments conviviaux. Toutefois, une personne sur cinq en consomme de manière abusive.
    Nocif pour la santé, l’abus d’alcool perturbe la vie en commun et génère des coûts considérables. L’OFSP s’engage avec d’autres partenaires de prévention pour une consommation d’alcool qui rime avec respect.

    https://faits-chiffres.addictionsuisse.ch/fr/tabac.html

    https://www.addictionsuisse.ch/actualites/prises-de-position-daddiction-suisse/tabac/
    La nicotine est une des substances psychoactives qui rend le plus vite dépendant. On peut en déduire que la plupart des fumeurs quotidiens (qui représentent le 70% de tous les fumeurs) sont dépendants. Presque 60% des fumeurs quotidiens souhaitent arrêter, un quart d’entre eux a déjà essayé durant les douze mois précédant l’enquête.
    Les conséquences du tabagisme
    – chaque année, 9500 personnes décèdent des suites du tabagisme en Suisse
    – 5,5 milliards de francs: c’est l’estimation des coûts sociaux liés au tabagisme pour l’année 2000, dont 4 milliards sont à charge de l’économie et 1,5 milliard aux cantons.

  15. Extra pure
    https://www.fr.fnac.ch/a7405586/Roberto-Saviano-Extra-pure

    “Se plonger dans les histoires de drogue est l’unique point de vue qui m’ait permis de comprendre vraiment les choses. Observer les faiblesses humaines, la physiologie du pouvoir, la fragilité des relations, l’inconsistance des liens, la force colossale de l’argent et de la férocité. L’impuissance absolue de tous les enseignements mettant en valeur la beauté et la justice, ceux dont je me suis nourri. Je me suis aperçu que la coke était l’axe autour duquel tout tournait. La blessure avait un seul nom. Cocaïne. La carte du monde était certes dessinée par le pétrole, le noir, celui dont nous sommes habitués à parler, mais aussi par le pétrole blanc, comme l’appellent les parains nigérians. La carte du monde est tracée par le carburant, celui des moeurs et des corps. Le pétrole est le carburant des moteurs, la coke celui des corps.” Après Gomorra, Roberto Saviano poursuit son travail d’enquête et de réflexion sur le crime organisé. Mais, cette fois, il sort du cadre italien pour penser à l’échelle mondiale. D’où le crime tire-t-il sa force ? Comment l’économie mondiale a-t-elle surmonté la crise financière de 2008 ? Une seule et même réponse : grâce à l’argent de la cocaïne, le pétrole blanc. Pour le comprendre, Extra pure nous convie à un voyage du Mexique à la Russie, de la Colombie au Nigeria, en passant par les États-Unis, l’Espagne, la France et, bien sûr, l’Italie de la ‘ndrangheta calabraise. Au fil de cette exploration, l’auteur raconte avec une puissance épique inégalée ce que sont les clans criminels partout dans le monde. Et il va plus loin encore, car c’est tout le fonctionnement de l’économie qu’il démonte impitoyablement. Extra pure n’est ni une enquête ni un essai, ni un roman ni un récit autobiographique, mais tout cela à la fois et bien plus encore. Pour Roberto Saviano, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir, de se confier, d’évoquer avec gravité et sincérité le danger et la solitude, le désir de mener une vie comme celle des autres et la détermination à poursuivre son combat.

  16. La police vaudoise a démantelé un réseau et saisi 14 kilos de cocaïne
    letemps.ch/suisse/police-vaudoise-demantele-un-reseau-saisi-14-kilos-cocaine

    Drogue
    Cette saisie est l’une des plus grosses jamais réalisées dans le canton. Les forces de l’ordre ont procédé à 13 arrestations au terme d’une enquête qui avait des ramifications jusqu’aux Pays-Bas

    Les policiers ont saisi plus de 13 kilos de cocaïne. — © Police cantonale vaudoise
    La police vaudoise a démantelé un vaste réseau de trafiquants de drogue. Elle a saisi 13,8 kilogrammes de cocaïne et arrêté treize individus, annonce-t-elle mardi. L’enquête a duré plusieurs mois, en collaboration avec la police genevoise et les gardes-frontières. Les trafiquants opéraient principalement à Yverdon-les-Bains et Vevey.

    Lire aussi: La cocaïne, cet obscur plaisir des Suisses

    La brigade des stupéfiants s’est focalisée sur l’arrestation des trafiquants de cocaïne actifs dans le canton de Vaud ayant des contacts à l’étranger. Composé en majorité d’Africains de l’Ouest, le réseau avait des ramifications jusqu’aux Pays-Bas.

    Les treize personnes arrêtées sont âgées de 28 à 51 ans, précise le communiqué de presse. Il s’agit de six Nigérians dont cinq domiciliés en Suisse, de deux Roumains domiciliés aux Pays-Bas, de deux Polonais aussi aux Pays-Bas, de deux Allemands domiciliés en Allemagne et d’une Albanaise habitant en Suisse.

    Plusieurs centaines de kilos importés par ces trafiquants
    Outre les 13,8 kilos de cocaïne, la police a aussi saisi plus de 91 000 francs et 54 000 euros. L’enquête a démontré que «plusieurs centaines» de kilos de cocaïne avaient été importées en Suisse, note la police sans préciser le volume exact.

    La particularité du réseau réside dans le fait que la quasi-totalité des transporteurs de drogue étaient d’origine européenne. Sur les six Nigérians, un seul était un transporteur, les autres étaient les destinataires de la marchandise. Les trafiquants ont été placés en détention en Suisse.

    Cette saisie de près de 14 kg de cocaïne est l’une des plus grosses jamais réalisées dans le canton de Vaud, selon la police.

  17. Nouveau plan vaudois de lutte contre le trafic et la consommation de drogue
    rts.ch/info/regions/vaud/12491855-nouveau-plan-vaudois-de-lutte-contre-le-trafic-et-la-consommation-de-drogue.html
    14 septembre 2021
    Nouveau plan vaudois de lutte contre le trafic et la consommation de drogue [RTS]
    Le canton de Vaud veut intensifier et mieux coordonner sa lutte contre la consommation et le trafic de drogues. Une nouvelle stratégie sur 5 ans qui cible davantage les consommateurs a été présentée mardi.

    Prévention, thérapie, réduction des risques, répression. Ce sont les quatre piliers sur lesquels s’appuie la nouvelle politique du canton.

    “La répression seule ne suffit pas”, a déclaré la ministre en charge de la sécurité Béatrice Métraux. “C’est pourquoi nous mettons en place un plan d’action dont le maître-mot est la pluridisciplinarité”, a-t-elle annoncé. Le canton veut mettre davantage l’accent sur la demande, soit la consommation, tout en continuant à agir sur l’offre, soit la vente et le trafic de drogue.

    Le canton juge qu’il est illusoire d’espérer une diminution accrue de l’offre sans agir sur la demande.

    “Drug Checking”
    Parmi la douzaine de mesures proposées sur 5 ans (2022-2026) pour un coût total de 10 millions de francs, figure un dispositif de surveillance du marché des stupéfiants, appelé “Drug Checking”. Il s’agit d’un projet-pilote d’analyse des substances des drogues (qualité, composition, coupage, etc), notamment sur celles de synthèse, pour évaluer leur dangerosité et informer sur les risques.

    L’idée est de cibler des lieux de fêtes – festivals, rave-party, etc – afin de proposer aux consommateurs d’analyser sur place les produits qu’ils s’apprêtent à utiliser avec un “laboratoire de poche”. Cet appareil “NIRLab”, développé par l’Ecole des sciences criminelles de l’UNIL, doit permettre d’augmenter le nombre d’analyses des produits stupéfiants et livrer rapidement leurs résultats à des fins préventive (dangerosité des produits) ou policière (remontée des filières).

    Prévention renforcée et répression accrue
    Parmi les autres mesures phares figurent le renforcement de la prévention en milieu scolaire et la création d’une plateforme cantonale permettant de repérer les jeunes en situation de vulnérabilité.

    Les effectifs de la division flagrant délit de la police cantonale seront aussi renforcés. Et les policiers pourront également définir des interdictions de périmètre allant de 24 heures à 3 mois au maximum afin d’éloigner les dealers.

    Quant à la prise en charge des personnes toxicomanes, le canton tient à ce qu’elles bénéficient d’une prise en charge adaptée et prévoit, en ultime recours, un programme de prescription d’héroïne pharmaceutique.

    Un marché lucratif
    Le marché vaudois de la drogue est “extrêmement lucratif”, a rappelé Béatrice Métraux. Son chiffre d’affaires annuel se monte à 80 millions de francs en moyenne. Quelque 3,5 à 5 tonnes de cannabis sont consommées chaque année par 25’000 à 35’000 individus. La cocaïne suit avec 500 kilos par an (14’000 consommateurs) et l’héroïne avec 200 kilos par an (2000 consommateurs).

    >> Les précisions de Béatrice Mettraux, conseillère d’Etat en charge du Département de l’environnement et de la sécurité:

    Les autorités vaudoises combattent le deal de rue. Les précisions de Béatrice Mettraux, conseillère d’État vaudoise. / 12h45 / 2 min. / le 14 septembre 2021
    >> Le débat mardi dans Forum entre Xavier de Haller, conseiller communal PLR à Lausanne, et Frank Zobel, directeur adjoint d’Addiction Suisse:

    Nouveau plan vaudois contre le deal de rue: débat entre Xavier de Haller et Frank Zobel / Forum / 10 min. / le 14 septembre 2021
    cab avec ats

    Publié le 14 septembre 2021 à 14:43 Modifié le 14 septembre 2021 à 21:18

  18. Politique de la drogue – La répression est le pilier de trop
    24heures.ch/la-repression-est-le-pilier-de-trop-314356907140
    Politique de la drogueLa répression est le pilier de trop
    La police, la justice et les prisons engloutissent des montagnes d’argent dans une croisade illusoire. Et si l’on parlait de dépénalisation?

    Jérôme Cachin
    OpinionJérôme Cachin
    Publié: 14.09.2021, 20h33
    Prévention, thérapie, réduction des risques et répression. Les quatre piliers de la politique suisse de la drogue ont été rappelés par une autorité de ce pays: mardi, trois membres du gouvernement cantonal ont donné les points forts de sa mise en œuvre pour les cinq prochaines années.

    Ces quatre piliers sont devenus indissociables. C’est un compromis. C’est ainsi que fut signée la paix entre les partisans de la répression et les tenants d’une approche sociale et thérapeutique. Cette litanie politique dure depuis près de trente ans. Ainsi, la Suisse n’a guère avancé sur la dépénalisation des drogues.

    Certes, elle a développé une mansuétude à l’égard des petits consommateurs. Mais la répression existe encore, comme un principe intangible, comme un tabou.

    Police, justice, prison: le monde entier engloutit des milliards dans une lutte utopique contre les drogues. Les responsables vaudois s’inscrivent bon gré mal gré dans cette croisade qui les dépasse. La dépénalisation complète des drogues n’est malheureusement pas à l’ordre du jour. Pas encore.

    Cette révolution libérerait pourtant des moyens considérables en faveur des victimes des drogues aujourd’hui illégales. L’immense foule des consommateurs réguliers n’est pas moins digne d’attention que les alcooliques ou les joueurs compulsifs.

    Un détenu vaudois sur deux est derrière les barreaux pour une infraction liée à la loi sur les stupéfiants. Les prisons débordent. Mais les très coûteuses chimères de la stratégie répressive aveuglent encore et toujours les élus.

    Pour preuve, cette absurdité qu’on peut lire sous la plume du Conseil d’État au sujet de la prochaine prison qu’il veut bâtir dans la plaine de l’Orbe: «Seule la construction de l’établissement des Grands-Marais, dont le crédit d’étude a été voté par le Grand Conseil en septembre 2018, permettra d’apporter une réponse définitive au manque de places de détention dans le canton.»

    C’est à croire que le gouvernement vaudois a fumé la moquette.

    Jérôme Cachin est journaliste à la rubrique vaudoise depuis 2019, spécialisé en politique. Il a été le responsable de la page Vaud de La Liberté de 2003 à 2019. Il est l’auteur d’Institutions politiques vaudoises, avec Mix & Remix (Loisirs et Pédagogie), paru pour la première fois en 2013.

    Plus d’infos
    Publié: 14.09.2021, 20h33
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  19. https://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/gc/fichiers_pdf/2017-2022/18_INT_195_depot.pdf

    Art. 115 et 116 LG(, L’interpellation est une- dema-nde d’explications-ou de précisions-adressée au CE sur un fait du gouvernement ou de son administration. Elle porte sur une compétence propre ou déléguée du CE et peut être développée oralement devant le GC. Les questions qu’elle contient sont exprimées de telle manière que le CE puisse y répondre et sont suffisamment précises pour qu’une réponse courte y soit apportée dans le délai légal (attention : ne pas demander un rapport, auquel cas il s’agit d’un postulat).

  20. Le Conseil d’Etat adopte une stratégie globale de lutte contre la consommation et le trafic de drogues
    vd.ch/toutes-les-autorites/departements/departement-de-la-sante-et-de-laction-sociale-dsas/actualites/news/14957i-le-conseil-detat-adopte-une-strategie-globale-de-lutte-contre-la-consommation-et-le-trafic-de-drogues

    Depuis plus de 10 ans, diverses actions dissuasives ont été mises en œuvre (opération STRADA, opérations policières d’envergure dans certaines communes, etc.) pour lutter contre le « deal de rue ». Si elles ont abouti à des effets positifs, notamment une meilleure connaissance des marchés et des pratiques des trafiquants, il est nécessaire aujourd’hui de coordonner le volet répressif avec les composantes préventive et sociosanitaire.

    En effet, fort du constat qu’il est illusoire d’espérer une diminution accrue de l’offre si l’on ne parvient pas à agir sur la demande, la volonté affichée des départements concernés (DES, DSAS, DFJC) est de cibler davantage les consommateurs. Afin d’instaurer une réelle politique publique en matière de lutte contre le « deal de rue » dans le canton, un groupe de travail pluridisciplinaire a travaillé durant deux ans sur la réponse à apporter à ce phénomène complexe.

    Ainsi, le Canton mise sur une action coordonnée qui implique tous les acteurs sociosanitaires et sécuritaires. Se basant sur la politique dite des quatre piliers (prévention, thérapie, réduction des risques, répression), il propose un plan d’action comprenant de nombreuses mesures (cf. tableau annexé). Parmi elles figurent notamment la création d’un dispositif de monitorage du marché des stupéfiants, le renforcement de la prévention en milieu scolaire, la création d’une plateforme cantonale permettant de repérer les jeunes en situation de vulnérabilité, une collaboration renforcée entre Police cantonale et Office du Médecin Cantonal, ou encore le renforcement des effectifs de la Division flagrant délit de la Police cantonale.

    L’expérimentation en phase pilote de l’appareil « NIRLAB » développé par l’Ecole des sciences criminelles devra aussi permettre d’augmenter significativement le nombre d’analyses des produits stupéfiants à des fins à la fois préventive (dangerosité des produits) et policière (remontée des filières).

    La mise en œuvre de ce plan d’action, déployé sur cinq ans (2022-2026), fera l’objet d’un monitorage régulier en coordination entre les départements et services concernés pour en évaluer l’efficacité et l’adapter en fonction des données récoltées et partagées. Avec cette nouvelle stratégie, le Conseil d’Etat met en place une politique publique globale et coordonnée destinée à répondre à une problématique de santé publique qu’est l’addiction à des produits stupéfiants.

    Communiqué de presse du 14 septembre 2021

  21. « Génération Kalach : la face cachée des cités », mercredi 29 septembre sur RMC Story
    coulisses-tv.fr/index.php/documentaires/item/19378-«-génération-kalach-la-face-cachée-des-cités-»,-mercredi-29-septembre-sur-rmc-story
    Jean-Marc VERDREL

    Mercredi 29 septembre à 21:05, RMC Story diffusera le documentaire inédit « Génération Kalach : la face cachée des cités » réalisé par Jérôme Pierrat.

    Il y a quelques jours, le Président de la République Emmanuel Macron était en visite à Marseille pour évoquer notamment la question de la sécurité dans la cité phocéenne. Une visite qui fait suite à de nombreux épisodes de violence, d’assassinats et de règlements de compte en lien avec le trafic de drogue. Emmanuel Macron s’est rendu notamment dans la cité Bassens, haut lieu du trafic de stupéfiant de Marseille.

    C’est sur ces terres que Jérôme Pierrat, journaliste d’investigation et grand spécialiste du crime organisé, s’est rendu à l’occasion de ce film exceptionnel.

    « Génération Kalach : la face cachée des cités » est une plongée édifiante dans ce que le « Milieu » a de plus noir, de plus terrifiant. Au-delà des trafics, de l’argent, du fantasme de « la belle vie », il existe une réalité qui régit ce monde, la face la plus sombre d’un univers déjà opaque, son extrême violence. Et c’est d’ailleurs la seule règle. La criminalité est une jungle dans laquelle règne la loi du plus fort.

    La nouvelle génération des voyous, les « narcobandits », issue des quartiers sensibles ont imposé de nouvelles méthodes radicales tout en affichant une détermination sans faille. Les rafales de Kalachnikovs sont devenues la signature, la norme, pour régler les problèmes et les jeunes trafiquants tombent sous les balles. On meurt de plus en plus jeune, de plus en plus violemment, pour des raisons de plus en plus futiles.

    Le grand banditisme traditionnel s’entretuait pour des motifs « sérieux ». Les armes ne sortaient que pour régler les comptes en dernier recours. Aujourd’hui, pour quelques kilos de shit, quelques milliers d’euros, des exécutions sont programmées. Avec des auteurs et des victimes qui sortent parfois à peine de l’adolescence. Aujourd’hui, on ne tue plus seulement des caïds, mais de simples guetteurs de seize ans ; on mitraille en commando des immeubles de cité en pleine journée, pour intimider.

    En 2020, soixante jeunes hommes sont morts, tués par balles. La plupart avait moins de 25 ans.

    À Marseille, au rythme de plus d’une vingtaine par an, en banlieue parisienne qui connaît une vague de règlements de compte mortels sans précédent, mais aussi, et c’est un phénomène nouveau, à Toulouse, Nantes, Clermont-Ferrand, Montpellier, Besançon…

    Là, où il y a quelques années encore, les fusillades se cantonnaient aux capitales du Milieu : Paris, Lyon et Marseille. Elles se déroulent aujourd’hui dans des villes qui ne connaissaient jusqu’alors qu’une délinquance mineure ou de seconde zone. Les rafales d’armes de guerre résonnent désormais sur tout le territoire.
    Questions à Jérôme Pierrat, réalisateur de ce documentaire.
    Vous avez réalisé plusieurs documentaires, écrit plusieurs livres sur ce sujet, comment avez-vous eu l’idée de vous intéresser au grand banditisme ?

    J’ai fait ce métier pour travailler sur les questions de grande criminalité qui m’intéressent depuis adolescent. J’ai moi-même grandi dans le 93 et passé mon temps libre à observer mes « futurs » clients…
    Pourquoi et dans quel but avez-vous décidé de réaliser ce documentaire « choc » « Génération Kalach » ?

    Voilà des années que je suis le phénomène des règlements de compte à Marseille et dans d’autres centres urbains mais depuis un an ou deux, on constate qu’il se banalise et se développe partout en France. On parle de « Marseillisation »… des banlieues.
    Comment êtes-vous parvenu à intégrer ce milieu très fermé et très risqué des quartiers chauds de Marseille ?

    Je travaille depuis près de 25 ans sur ces questions et notamment à Marseille. Avec les années j’ai développé un carnet d’adresses et une certaine confiance s’est installée entre eux et moi.
    Interviewer les traficants, guetteurs, dealers… n’est-ce pas vous exposer à des risques ? Votre vie a-t-elle déjà été mise en danger ?

    Il y a toujours des risques, mais dès l’instant où vous ne piégez personne et respectez les règles que vous vous êtes fixées mutuellement, vous les limitez grandement.
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    Publié dans Documentaires

  22. Confinement et cannabis font bon ménage
    lecourrierdesstrateges.fr/2022/07/05/confinement-et-cannabis-font-bon-menage
    Cannabis thérapeutique
    Selon un rapport publié par l’ONU, la consommation de cannabis a augmenté avec la légalisation et les confinements du COVID. Confinement et cannabis font bon ménage. Cette consommation accrue du cannabis a même favorisé le risque de dépression et de suicide.

    La « politique enfermiste » prônée par l’OMS a accentué les risques liés aux drogues, notamment l’augmentation de la consommation de cannabis. Dans son rapport annuel, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a indiqué que le cannabis est devenue la drogue la plus consommée dans le monde. Ce rapport offre une vue d’ensemble de l’offre et de la demande d’opiacés, de cocaïne, de cannabis, de stimulants de type amphétamine et de nouvelles substances psychoactives (NPS), ainsi que de leur impact sur la santé, en tenant compte des effets de la pandémie de Covid-19.

    Une hausse de la consommation de cannabis chez les jeunes adultes

    Selon le rapport annuel sur les drogues dans le monde de l’ONUDC, la pandémie a alimenté la consommation de cannabis en 2020, notamment chez les jeunes adultes. Selon le rapport, sur les 284 millions d’individus dans le monde (soit 5.6% de la population mondiale) qui consomment de la drogue (héroïne, cocaïne, amphétamines, ecstasy…) 209 millions ont pris du cannabis.

    L’ONUDC souligne également que le cannabis commercialisé est de plus en plus fort en termes de teneur en tétrahydrocannabinol(THC), une molécule psychoactive. Notons que le rapport de l’ONU concerne notamment les Etats de Washington et de Colorado aux États-Unis, l’Uruguay et le Canada.

    Le document indique que la consommation accrue du cannabis dans ces pays est liée à la légalisation de son usage non médical et au confinement. En effet, selon le rapport, “les périodes de confinement pendant la pandémie de COVID-19 ont entraîné une augmentation de la consommation de cannabis… en 2020”.

    Ainsi durant la pandémie, avec la hausse de la consommation de drogue, de nombreux pays ont mis en place des services de Télémédecine . Des travailleurs de la santé ont pu ainsi proposer des conseils ou des évaluations initiales par téléphone et utiliser des systèmes électroniques pour prescrire des substances contrôlées pour les toxicomanes.

    La consommation du cannabis à l’origine de troubles psychiatriques et de suicide
    Le rapport note également que la consommation régulière du cannabis optimise le risque de dépression et de suicide. En effet, l’organisation a observé une corrélation entre l’augmentation de la prise de cette drogue et la hausse du nombre de personnes atteintes de troubles psychiatriques et des tentatives de suicide.

    Pour rappel, selon une note scientifique publiée au mois de mars par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en 2020 la prévalence mondiale de l’anxiété et de la dépression a augmenté massivement, de 25 %.

    Le rapport a également révélé que la production de cocaïne a explosé et atteint un chiffre record en 2020. Selon, les données relatives aux saisies de 2021, il existe un nouveau marché de la drogue, avec une expansion en dehors des deux principaux marchés que sont l’Amérique du Nord et l’Europe, les chaînes d’approvisionnement en cocaïne se diversifient, et concernent de plus en plus l’Afrique et l’Asie.

    Les marchés de la drogue sur le Dark web sont également en hausse. Le Dark Web est devenu une plateforme pour vendre les médicaments et autres substances illicites.

    En ajout à tout cela, les décès par overdose suite à la prise d’opioïdes ont également augmenté aux États-Unis en 2021. Selon le rapport, on a recensé 107 622 décès par overdose lié au fentanyl aux États-Unis en 2021.

    Les dossiers d’Aventin
    Retrouvez les dossiers de référence de Laurent Aventin sur le COVID et la vaccination, pour enfin être informé clairement et avec rigueur sur la situation
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    ESSENTIEL

  23. Il y a quelque années des créanciers en UK envoyaient des personnes déguisées en Panthère Rose suivre leurs débiteurs

    Lors d’une discussion ce week-end, l’idée a pointé de faire de même mais avec des clowns, ce pour les dealers

    Sur le principe, c’est non violent, drôle, visible, gênant pour l’incriminé etc

    Y a-t-il des Grock dans la salle ?

  24. Lausanne, capitale de la drogue en Suisse ? | Temps Présent

    28 sept. 2018

    “Lausanne, les vacances du dealer”, Temps Présent du 27 septembre 2018, une émission de la @RTS – Radio Télévision Suisse.

    Avec ce sujet nous revenons sur la situation de la scène de la drogue à Lausanne, une situation qui alerte toute la Suisse romande. Vous verrez que cette situation mène à une tension extrême, en particulier au sein de la police.

    Mais tout d’abord, rappelez-vous : il a fallu juste avant l’été le coup de gueule du cinéaste Fernand Melgar, dont les méthodes lui ont valu les critiques furieuses d’une partie de sa corporation, pour qu’apparemment, la capitale vaudoise se bouge. Est-ce ce coup de gueule ou les hasards d’un calendrier prévue de longue date, toujours est-il que 20 policiers ont battu les trottoirs du centre-ville sous le caniculaire soleil de l’été. Au grand bonheur des passants, et surtout des commerçants, particulièrement remontés. Les dealers se sont faits discrets, et on a pu croire un instant que, comme par miracle, ils s’étaient évaporés vers des cieux plus cléments et moins répressifs.

    Mais pendant la torpeur de l’été, il y en a un qui n’a pas chômé, c’est notre réalisateur Wilfred Rebetez. Il est allé filmer autour de la fameuse place de la Riponne. Il a vu en effet un centre-ville apaisé, nettoyé de ses dealers. Mais devinez quoi ? A la nuit tombée, une fois les chats-policiers rentrés, les souris dealers reviennent danser. Et si on a rassuré un peu le citoyen, on a de loin pas réglé le problème de la scène de la drogue, qui semble avoir simplement ajusté ses horaires !

    Et les politiques dans tout cela ? Il se sont pas mal agités, au Grand-Conseil vaudois, juste avant l’été et ont résolu, de justesse, à exiger plus de répression en renforçant la chaîne pénale et les places de détention. Reste à savoir comment : ce sera la tâche du gouvernement vaudois, pressé de toutes parts pour présenter des solutions.

    Un reportage de Wilfred Rebetez
    Image : Thomas Szczepanski
    Son : Beat Lambert
    Montage : Brigitte Duc

    #Drogue #Toxicomane #Héroïne

    https://www.youtube.com/watch?v=AwDZFhn1wQw

  25. « Je dois passer au milieu des dealers » : Insultés, suivis et parfois agressés, les étudiants de Perpignan excédés par l’insécurité du campus de Mailly
    lesobservateurs.ch/2022/09/13/je-dois-passer-au-milieu-des-dealers-insultes-suivis-et-parfois-agresses-les-etudiants-de-perpignan-excedes-par-linsecurite-du-campus-de-mailly
    12 septembre 2022
    À Perpignan, le campus qui accueille les étudiants en droit est implanté au milieu d’un quartier gitan défavorisé. Insultés, suivis, et parfois agressés, ils effectuent leur rentrée dans un sentiment d’insécurité, entendu par la municipalité.

    «Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un coupe-gorge, mais presque». Formule alarmante mais pesée, c’est ainsi que Marie* définirait l’université dans laquelle elle a effectué sa dernière année de licence de droit, à Perpignan. Implanté au cœur du quartier Saint-Jacques, centre historique de la ville occupé désormais par la communauté gitane, le campus dit «Mailly» détonne au milieu des immeubles délabrés.

    Un quotidien difficile pour les filles surtout
    (…) Marie, étudiant sur le campus jusqu’en 2021, garde le souvenir désagréable d’un lieu où s’additionnent «pauvreté, prostitution, drogue, violence» et, de fait, «une énorme insécurité». «En tant que fille notamment, c’est très difficile au quotidien: je me fais siffler et interpeller tous les jours, pour aller à la fac je dois passer au milieu des dealers, certaines personnes me crachent dessus ou à mes pieds. C’est comme si, tout à coup, deux mondes se rencontraient», poursuit-elle.

    «Dès que tu descends de la navette, tu rentres le plus vite possible dans la fac et tu essaies de n’en ressortir que le soir, pour passer le moins de temps possible dehors», poursuit Marie.

    (…) Conscients que le lieu est propice à l’insécurité, les intervenants ont détaillé aux étudiants les comportements à éviter aux abords du campus. «Évitez de sortir seul(e), à la nuit tombée», «évitez de porter de manière ostensible des objets de valeur» ou encore «criez en cas d’agression», les conseils transmis sont plutôt inquiétants.

    «Même si on fait tout pour ne pas provoquer les riverains, quand on se fait cracher dessus ou insulté, on se sent forcément comme un intrus», poursuit le jeune homme.

    (…) Face à ces inquiétudes, la mairie se veut confiante. «Nous avons choisi d’implanter du service public dans un quartier réputé difficile et nous devons tenir nos promesses. Cette année encore, nous allons multiplier les initiatives: commencer à rénover le quartier, offrir un vrai point de restauration sur le campus, multiplier la fréquence des navettes. C’est un pari qui n’est pas gagné d’avance, mais nous nous investissons», promet Philippe Mocellin. Reste encore à convaincre les étudiants concernés.

    Le Figaro

    (Merci à Tara King)

    Extrait de: Source et auteur

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