11 décembre 2025
Photo: Ville de Vevey: Coline Bublex

Vevey gère désormais son parc immobilier avec efficacité dans l’intérêt public

CONTEXTE HISTORIQUE – Il en aura fallu du temps pour renverser la regrettable décision d’externalisation prise lors de la législature 2002-2006 sous l’impulsion du radical Dominique Rigot. La législature suivante 2006-2011, la majorité municipale de gauche mettait curieusement son veto à une ré-internalisation proposée par le municipal Jérôme Christen. Ce dernier a réitéré sa proposition à la Municipalité en 2016, toujours sans succès. Dans la foulée, en octobre 2016, la conseillère communale Isabel Jerbia, déposait au nom du PS un postulat intitulé «Pour une ville gestionnaire de son patrimoine immobilier». Mais la Municipalité a continué de résister, tant et si bien qu’en 2018 le conseiller communal VL Steven Pilet a relancé la demande au nom du groupe Vevey Libre par le dépôt postulat intitulé «L’internalisation du secteur des gérances, c’est maintenant!». Ce dossier a d’ailleurs été, simultanément à «l’affaire Girardin », la source de vives tensions au sein de la Municipalité où les deux municipaux Vevey Libre étaient minorisés. La pression a porté ses fruits et la Municipalité a fini par céder un an avant la fin de la législature.

POSTULANT SATISFAIT AVEC QUELQUES NUANCES – Steven Pilet, qui a suivi le dossier même s’il n’est plus conseiller communal à Vevey, a fait part de sa satisfaction : «l’internalisation est une réussite sur plusieurs aspects :  réactivité auprès de locataires, maîtrise financière, transparence et efficacité du service au profit les Veveysannes et Veveysans. Il a toutefois fait part de quelques nuances : «surcharge du service, manque d’un accompagnement social structuré pour les situations complexes, besoin de renforcer les outils comptables et techniques pour garantir une mise en œuvre complète du processus». Il a encouragé la Municipalité «à entreprendre un suivi régulier pour que l’approche soit humaniste et évolutive».

Roger Pieren: Grâce à l’établissement d’un règlement d’attribution clair et précis, il n’y a plus d’arbitraire dans l’attribution des logements.
Grâce à l’établissement d’un règlement d’attribution clair et précis, il n’y a plus d’arbitraire dans l’attribution des logements.

Steven Pilet, ancien conseiller communal: «l’internalisation est une réussite sur plusieurs aspects :  réactivité auprès de locataires, maîtrise financière, transparence et efficacité du service au profit les Veveysannes et Veveysans».
Steven Pilet, ancien conseiller communal: «l’internalisation est une réussite sur plusieurs aspects : réactivité auprès de locataires, maîtrise financière, transparence et efficacité du service au profit les Veveysannes et Veveysans».

DES GRANDES AMÉLIORATIONS – Lors de la séance du Conseil communal du 19 juin dernier, le co-président du groupe Vevey Libre, Roger Pieren, a relevé que cette internalisation et reprise en main du service des gérances a débouché sur de grandes améliorations : «assainissement du parc immobilier avec à la clef une meilleure efficience énergétique et meilleurs revenus».

Le nettoyage de ce qu’on peut véritablement appeler des «écuries d’Augias» a permis d’augmenter les revenus de deux millions par an tout en conservant des loyers très attractifs à 174 francs le m2 par année, soit par exemple pour un trois pièces de près de 70 m2 un loyer d’environ 950 francs. Roger Pieren souligne que «les investissements engagés en faveur du patrimoine immobilier valent la peine d’être faits et poursuivis que ce soit au niveau des loyers, du logement du point de vue financier. Nous avons enfin une vision globale de notre patrimoine, nous procédons à un meilleur suivi, un meilleur entretien, un meilleur service public, c’est plus simple pour les locataires. Grâce à l’établissement d’un règlement d’attribution clair et précis, il n’y a plus d’arbitraire dans l’attribution des logements grâce à un règlement plus clair et précis. Il conclut « que ces deux postulats ont été des leviers importants permettant d’engager des changements spectaculaires et durables. Bravo à la municipale de la cohésion social et au municipal des gérances qui se sont engagés avec Intelligence, force et conviction pour notre bien à toutes et tous.

UN OUTIL PRÉCIEUX – L’autre co-président du groupe, Jérôme Christen, de son coté, a relevé combien ce dossier tenait à cœur le groupe Vevey Libre : « Nous sommes heureux de constater que l’internalisation des gérances appelées de nos vœux avec instance la législature précédente est aujourd’hui une réussite à tout point de vue. Nous disposons d’un outil précieux pour une politique du logement plus que jamais nécessaire compte tenu de la crise que nous traversons en la matière. C’est également positif pour les finances communales avec le redressement simultané d’un service des gérances qui était, osons le mot, en perdition, depuis plusieurs législatures, en dépit d’un début de reprise en cours de la dernière législature. Les bonnes nouvelles sont suffisamment rares pour qu’elles soient soulignées. »

Jérôme Christen: « Nous disposons d’un outil précieux pour une politique du logement plus que jamais nécessaire compte tenu de la crise que nous traversons en la matière.»
Jérôme Christen: « Nous disposons d’un outil précieux pour une politique du logement plus que jamais nécessaire compte tenu de la crise que nous traversons en la matière.»

Ce qu’écrit 24 Heures en mai 2020

L’internalisation de la gérance des immeubles veveysans est l’épilogue d’une saga de quatre ans. En début de législature, quand Michel Agnant prend les rênes du Logement, la gestion de l’immobilier veveysan lui est acquise (Mais le transfert du dossier ne se fait pas). Les choses s’enveniment lorsqu’un rapport du Service des finances-gérances du PLR Étienne Rivier conclut que cette internalisation reviendrait trop cher. Une majorité de la Municipalité – la syndique Verte Élina Leimgruber, Étienne Rivier et le socialiste Lionel Girardin – revient sur ses engagements et opte pour poursuivre l’externalisation. Michel Agnant (soutenu par son collègue de parti Jérôme Christen) se sent trahi et se retrouve «empêché de fonctionner».

La rupture entre les deux camps est consommée fin 2017, lorsque la décision est prise (à la majorité) de confier les rênes des gérances à la Société coopérative d’habitation Lausanne. Problème, cela risque de contrevenir à la loi sur les marchés publics. Rétropédalage en mars 2018 et prolongation du mandat – résilié quelques mois plus tôt – des trois gérances. Mai 2020, la Municipalité décide un retour à la case départ: celle de l’internalisation. «Un immense gâchis, commente Michel Agnant. Pire, une législature de perdue!» Étienne Rivier s’en défend: «Il était légitime de procéder à une analyse financière fine de la situation, l’enjeu était énorme – on parle de plusieurs millions en loyers. Cela dit, cette affaire a empoisonné les relations au sein de la Municipalité.»

Michel Agnant voyait dans ce regroupement la possibilité de mener une politique foncière ambitieuse. «Soit une politique d’acquisitions opportuniste pour étoffer notre parc immobilier, reconstituer notre patrimoine et assurer une maîtrise de notre sol.»

Le reportage de 24 Heures de Karim di Matteo: https://www.24heures.ch/vevey-gerera-elle-meme-son-patrimoine-immobilier-790891850656

La situation actuelle lui donne raison. Parallèlement à la ré-internalisation, la ville a mené une politique offensive permettant à la fois de contrôle une plus grande part du parc.

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