25 février 2024
Le développement urbain de la ville de Vevey pour les 20 ans à venir tels que prévu par le plan directeur communal

La Municipalité de Vevey doit prévoir des infrastructures adaptées à l’évolution démographique

Qui dit nouveaux habitants et habitantes à Vevey devrait aussi dire nouvelles infrastructures et équipements publics. L’un ne peut pas aller sans l’autre ont expliqué les conseillers communaux Jérôme Christen (Vevey Libre) Pierre Chiffelle (Décroissances-Alternatives) et Bastien Schobinger (UDC). Dans le cadre du débat sur le plan directeur communal, ils ont proposé de formaliser cette exigence selon des formulations différentes. L’une d’elles a fini par passer sans que tous ceux qui contestaient cette contrainte ne s’en rendent vraiment compte…

Au nom de Vevey Libre, Jérôme Christen proposait de veiller à prévoir simultanément la réalisation des infrastructures et équipements publics et collectifs nécessaires engendrés par les nouveaux droits à bâtir. Pierre Chiffelle nuançait le texte en parlant de coordination plutôt que de simultanéité. Vevey Libre retira aussitôt sa proposition au profit de celle de M. Chiffelle estimant qu’il s’agissait d’un bon compromis.

Jérôme Christen avait auparavant parlé d’une approche modérée puisqu’elle ne remet pas fondamentalement en question la croissance démographique pour deux raisons. « Primo, il n’y a pas de majorité politique pour aller dans ce sens. Secundo, nous pouvons en effet admettre une légère densification en ville dans des zones déjà urbanisées pour autant que nous ayons la garantie de pouvoir disposer des infrastructures nécessaires permettant de répondre aux besoins de cet afflux de nouveaux habitants. Ce pourrait être considéré comme une lapalissade, mais il est essentiel de fixer ce cadre dans la mesure où nous sommes déjà aujourd’hui dans l’incapacité de répondre aux besoins des habitants actuels et qu’il serait invraisemblable d’aggraver encore la situation. »

Au nom de Vevey Libre, Jérôme Christen proposait de veiller à prévoir simultanément la réalisation des infrastructures et équipements publics et collectifs nécessaires engendrés par les nouveaux droits à bâtir.
Au nom de Vevey Libre, Jérôme Christen proposait de veiller à prévoir simultanément la réalisation des infrastructures et équipements publics et collectifs nécessaires engendrés par les nouveaux droits à bâtir.

L’amendement de Pierre Chiffelle a été refusé par 43 non (PLR-PS-Verts-Le Centre) contre 35 oui (Decroissances-Alternatives, Vevey-Libre, En Avant Vevey). Mais étonnamment, dans la foulée, le Conseil communal a accepté quasi unanimement (abstention du PLR) un amendement de la commission (émanant de l’UDC Bastien Schobinger) parfaitement dans l’esprit de du texte refusé peu auparavant: la commune devrait « garantir un niveau d’infrastructures éducatives, sportives et culturelles adapté à l’évolution démographique et des besoins ». 

Large acceptation en vote final

L’acceptation de cette proposition par la commission d’étude à une large majorité et le vif débat qui a précédé sur l’amendement Chiffelle lui a fait perdre tellement de visibilité qu’elle n’a même pas été discutée. Il n’en fallait pas plus pour qu’au vote final tout le monde finisse par accepter unanimement un document qu’Alain Gonthier (DA) a qualifié d’historique dans la mesure où le plan directeur communal précédent datait de 1987.

Le PDCom, un document de qualité

De manière globale, Vevey Libre, par la voix de son vice-président de groupe a salué « la pertinence de ce PDCom utile et nécessaire.  Le service Urbanisme/Mobilité, les mandataires et la Municipalité ont élaboré avec soin un document de qualité qui a encore été amélioré par divers amendements proposés par la commission en charge de l’étudier. Ce PDCom nous semble soutenable du point de vue du défi environnemental et social qui nous attend.

Mais il ne faut pas non plus en attendre des miracles. C’est un inventaire très large de ce qu’on souhaiterait de mieux pour notre commune, mais qui, par la force des choses, ne tient pas compte des ressources financières dont nous disposons et des besoins en ressources humaines pour le concrétiser. Il faut donc bien sûr le voir comme une feuille de route. »

Mais le parlement vaudois, à part des élus Verts, des Vert’Libéraux et des UDC, n’avait pas voulu nous entendre sur la question des limites de la croissance démographique et des mesures à prendre, alors que nous ne pouvons continuer de croître dans un environnement fini et dans un contexte d’épuisement des ressources, d’autant plus que la population refuse régulièrement des projets immobiliers d’importance.


D’ailleurs, depuis ce débat il y a deux ans est demi, la situation s’est encore aggravée : les projets de développement immobilier de franchissent plus le cap des urnes, récemment à Montreux, Crissier et Saint-Sulpice. A chaque fois, les autorités prennent une claque. Conséquence : la crise du logement continue de s’aggraver, mais nos autorités politiques ne prennent toujours la mesure de cette bombe à retardement.

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