La prochaine Municipalité de Vevey comptera 7 membres

La Municipalité élue en 2016 aura été la dernière à cinq membres. Dès la prochaine législature (au 1er juillet 2021), elle en comptera sept.
La Municipalité élue en 2016 aura été la dernière à cinq membres. Dès la prochaine législature (au 1er juillet 2021), elle en comptera sept.

 Vevey comptera 7 municipaux lors de la prochaine législature. Après quatre échecs depuis les années septante, dont un en votation populaire, le Conseil communal de Vevey a largement accepté la proposition. Il y a deux ans et demi, seuls le PLR et Vevey Libre y étaient favorables et l’idée avait été mise au frigo. Le débat a surtout tourné au tour du temps de travail des municipaux actuellement de 60%. D’aucuns, à droite, auraient préféré un taux à 40%. C’est finalement un compromis qui a été trouvé à 50%. Le taux d’activité de la syndicature restera à 80%.

Il convient d’ailleurs de préciser que ce taux de travail des municipaux est purement théorique. Si l’on parle d’un 50% ou 60% d’activité, c’est parce que le salaire des municipaux est fixé en pourcentage de celui des chefs de service. Un taux à 60% a été proposé par les Verts, soutenus par Décroissance-Alternatives. Au vote final, PLR, UDC, PDC, le PS et Vevey Libre ont accepté le passage à 7, tandis que Décroissance-Alternatives le refusait et Les Verts s’abstenaient.

Temps de travail réduit pour susciter de nouvelles vocations

L’objectif de la proposition de l’Entente veveysanne soit les PLR, l’UDC et le PDC de passer à 7 était de tendre à une réduction du temps de travail des municipaux pour leur permettre de conserver un emploi à coté de leur mandat politique, et ainsi de susciter plus de vocations. Cela permettrait aussi d’éviter une tendance à la professionnalisation du mandat, et de trouver un équilibre. «Nombre d’entreprises ne proposent pas de postes à moins de 50%», a déclaré le PLR Philippe Herminjard lors des débats. Un avis partagé par le PS, le PDC et Vevey Libre. Pour Pascal Molliat, président du groupe Vevey Libre, «passer ce cinq à sept, ça évite les problématiques personnelles, du moins en partie. C’est plus facile de gérer le problème de deux personnes qui ne s’entendent pas à 7 qu’à 5. Car, ça créée plus facilement des clans quand on est moins». Sur la question du taux, il estime «qu’à 40%, c’est une activité annexe, à 60%  une activité principale. A 50%, cela reste flexible et pour nous c’est un bon message.»

La plupart des villes-centres de la taille de Vevey sont dotées de 7 municipaux/municipales, comme Yverdon, Montreux, Renens, Morges et Nyon. Cela présente de gros avantages: renforcement des chances d’une meilleure représentativité politique, plus grande attractivité dès lors qu’un temps de travail réduit permet de conserver plus facilement un pied dans la vie active. Accessoirement, cela permet de pallier plus facilement à des absence d’un ou l’autre membre du collège municipal.

Le rôle transversal du/de la syndic/que

Vevey Libre était d’avis que le temps de travail du syndic/de la syndique ne devrait être guère supérieur à celui des municipaux, soit à 70%, mais pour ne pas compliquer les choses et ne pas mettre le compromis en péril, nous avons renoncé à déposer un amendement en ce sens. Nous estimons toutefois que pour mieux jouer son rôle de coordinateur et avoir le temps de mettre de l’huile dans les rouages, de travailler à des consensus, le/la syndic/que devrait se contenter de prendre en charge exclusivement les deux dicastères transversaux que sont l’administration générale et le service du personnel.

Un peu d’histoire

Cette proposition  de passer à 7 municipaux n’est pas nouvelle. En 1988, la droite veveysanne avait déjà lancé une telle démarche qui s’était soldée par un échec en votation populaire. La gauche y voyait – à juste titre – un moyen pour la droite majoritaire de mieux asseoir son pouvoir et en ouvrant la porte à une « surreprésentation ». Il faut savoir qu’en 1988, la droite était encore majoritaire à la Municipalité de Vevey. La gauche a été majoritaire depuis 2006 jusqu’en 2016 où l’effondrement du PS a bénéficié à Vevey Libre. Au Conseil communal, la droite a également perdu sa majorité lors du schisme radical de 2003 qui a abouti à la naissance de Vevey Libre qui, depuis, joue le rôle de bascule entre la droite et la gauche. Le Conseil communal est beaucoup plus éclaté avec sept groupes qui comptent entre 6 et 22 sièges. Le passage à 7  municipaux pourrait permettre une meilleure représentativité.

Numériser 1
yv Illustration: dessins de Pellet réalisés pour la campagne de la gauche en 1988, extraits du quotidien Vevey-Riviera daté du 15 septembre 1988.
Numériser 3
Ilustration: reportage paru 24 Heures du 23 septembre 1988 sur la campagne de la droite en faveur du 5 à 7. Le slogan choisi « Pourriez-vous imaginer Blanche-Neige sans les 7 nains » n’avait pas été porteur. Le 2 octobre 1988, le peuple avait refusé leur proposition à une écrasante majorité, soit par 1269 non contre 653 oui, soit à deux contre un. La participation avait atteint un record de faiblesse avec 23,07% de bulletins rentrés.

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