Vevey dort et la Municipalité veille – le retour des bonnets de nuit

Durant quatre saisons estivales, Vevey a accueilli au bas de la place du Marché durant trois mois une plage urbaine qui a connu un important succès.  A chaque édition, entre 20’000 et 30’000 personnes ont apprécié ce site, propageant une image festive et sympathique de notre ville au-delà des frontières cantonales. Plusieurs événements qui s’y sont déroulés ont par ailleurs été médiatisés aussi bien par la presse écrite qu’audio-visuelle. Par la suite, plusieurs villes nous ont imité : Lausanne, Fribourg et bien d’autres. C’était un endroit sympathique où se succédaient et parfois se côtoyaient différents milieux sociaux : familles avec enfants en bas âge l’après-midi, travailleurs en fin de journée, couples, groupes d’amis le soir. La Municipalité a décidé d’annuler l’édition 2012 deux mois avant son démarrage alors que l’organisateur, « Sans Interdit » avait déjà pris des engagements. Notre autorité, dans sa majorité, a jugé cette manifestation estivale peu opportune. La couleur politique de la Municipalité a peu changé, mais les «bonnets de nuit » semblent désormais majoritaires. Cette décision brutale est incompréhensible. En février encore, l’organisateur la société « Sans Interdit » avait reçu des informations selon lesquelles, les oppositions seraient levées et qu’en cas de recours au Tribunal administratif, il devrait être possible d’obtenir la levée de l’effet suspensif. Et si tel ne devait pas être le cas, il aurait été possible de déménager la Plage au Jardin du Rivage (comme la patinoire) ou au Jardin Doret. Vis à vis de cette entreprise, il est par ailleurs incompréhensible qu’une décision ne lui ait pas été communiquée plus tôt. Sur la base de la relation de confiance qui prévalait jusqu’ici et sur le principe de la bonne foi, l’organisateur a renouvelé du matériel et engagé du personnel. « Sans Interdit » a même renoncé à donner suite à une demande d’une autre ville romande pour se consacrer à la bonne organisation des plages de Fribourg et Vevey. Plusieurs personnes voient ainsi leur emploi estival s’envoler dont quatre Veveysans.  Et l’entreprise organisatrice se trouve sans une situation critique dans la mesure où Vevey Plage représente le tiers de son chiffre d’affaires et permet de payer en partie les salaires des employés fixes à l’année.  C’est bien sûr le risque de l’entrepreneur, mais la décision tardive de la Municipalité ne permet pas à l’entreprise de se retourner, ce qui aurait été possible avec une annonce dans un délai correct.

Je pose donc les questions suivantes : 1. Pour quelles raisons la Municipalité a-t-elle décidé d’annuler l’édition 2012 de Vevey Plage et de ne pas tout entreprendre pour que cette animation puisse avoir lieu ? 2. Pourquoi a-t-elle pris cette décision si tard ? 3. Est-elle consciente que sa décision tardive a des conséquences fâcheuses pour l’organisateur, qui s’était déjà beaucoup engagé en se basant sur le principe de la bonne foi ? 4. Dans ce contexte, ne pourrait-elle pas au moins surseoir à sa décision pour l’édition 2012 ? 5. Dans le cas contraire, que prévoit la Municipalité pour animer la zone sinistrée du bas de la place du Marché ?

Jérôme Christen, le 29 mars 2012

2 réflexions sur « Vevey dort et la Municipalité veille – le retour des bonnets de nuit »

  1. Serait-il bon de rappeler que la “plage” qui occupait la zone “sinistrée” du bas de la place du marché n’était pas un espace public mais guère qu’un établissement où la consommation était obligatoire et la musique mauvaise et superflue et dont les hautes barrières privaient le reste de la place de son ouverture sur le lac?
    Le bas de la place respirera, Vevey étant bien assez belle naturellement.

  2. Bien sûr, il fallait consommer au moins un verre pour y passer quelques heures, mais pour financer l’infrasctructure qui sera désormais à charge de la commune. Le futur: un grand bac à sable gris avec des tables, chaises longues, et parasols. Mais faute de bar, il faudra apporter ses boissons et sa musique. Une aire de pique-nique qui sera peut-être sympathique, mais pas comparable avec de que l’on a connu les quatre été derniers. En tous cas pas d’ouverture sur le lac et une zone désertique où les voitures viennent squatter.

    La musique? Des goûts et des couleurs, cela ne correspondait pas toujours à des goûts, mais il n’est pas possible de satisfaire un clientèle la plus large possible. La Municipalité n’ayant pas plus le don de trouver la musique au goût de tous, il faudra se contenter du bruit des voitures.

    La Plage était un endroit surveillé constamment pour le personnel de service. Le risque est grand pour que le projet municipal tourne mal. La voirie ne pourra surveiller le site en permanence et le risque est grand non seulement de voir cette zone souillée par des propriétaires de chiens peu attentifs ou par des personnes avinées qui y laisseront du verre brisé. Dans tous les cas, cela coûtera de l’argent à la commune. L’infrastructure était financée auparavant par l’organisateur se retrouvent sur la vente de boissons.

    Un des des principes du fonctionnement de notre société devrait être la subsidiarité: l’Etat intervient lorsqu’une mission d’intérêt public n’est pas exercée ou mal exercée par un privé. L’Etat est là pour fixer des règles et palier si nécessaire. C’est d’autant plus insensé dans le cas présent que la collectivité publique va devoir dépenser de l’argent pour installer et entretenir cette plage alors que c’est un privé qui le faisait. Et qu’il était possible de négocier avec lui si nécessaire des améliorations (boissons à un prix plus accessible) ou effort fait sur l’aménagement. Désormais la commune paiera l’installation et il n’y aura même pas de bar, ni musique, ni décoration. Et pas de sable blanc, mais gris comme les idées de la Municipalité sur ce dossier.

    Je n’étais pas un assidu de cette plage, mais elle répondait à une demande et était devenue connue loin à la ronde. Défendre l’intérêt public, c’êst aussi défendre un lieu qui plaît à d’autres avant de plaire à soi-même.

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