Vente du Château de l’Aile: une aubaine pour Vevey

Affection publique du Château de l’Aile. Franz Weber et Pierre Chiffelle ont une guerre de retard!

Vevey Libre avait en 2004 déposé une motion demandant d’étudier une affectation publique du Château. Cette proposition dont j’étais l’auteur a été balayée par le Conseil communal de l’époque. L’idée se justifiait alors par le fait que le dossier n’avançait pas et que l’on craignait le pire à propos du projet que la Municipalité était en train d’élaborer avec Christian Constantin.

Depuis, un projet beaucoup plus intéressant a vu le jour, celui de Bernd Grohe qui propose de rénover le château avec toutes les garanties de bien facture par un investissement de quelque 19 millions. Mieux encore, il investit pour la reconstruction du restaurant du Rivage, crée des locaux pour une garderie, pour un centre de formation sur le développement durable, ainsi que des logements (on en a bien besoin pour détendre le marché veveysan). Il nous permet en plus d’encaisser 1,9 million, un prix qui se situe dans la moyenne du marché actuel.

C’est une chance unique pour Vevey. Les prises de position négatives qui sont exprimées sont incompréhensibles. Comment peut-on accorder la moindre once de crédibilité aux propos tenus par Pierre Chiffelle dans l’hebdomadaire gratuit “Le Régional”? Ces déclarations ne sont que du vent. Pierre Chiffelle adore les combats politiques, c’est sa raison de vivre; malheureusement cette passion l’aveugle et il se trompe de cible.

Le leurre d’une affectation publique

L’étude réalisée par l’architecte Eligio Novello conclut à une affectation privée pour le Château de l’Aile afin de préserver au mieux la substance historique du bâtiment. Une affectation publique nécessiterait une redistribution des espaces qui casserait l’harmonie intérieure des lieux.

Par ailleurs, si l’étude Novello parle d’un coût de rénovation de 12 millions, il faut être conscient qu’un tel montant permettrait exclusivement le maintien de l’affectation actuelle du Château (logement). Il n’est en outre pas tenu compte des coûts de réhabilitation des dépendances et du jardin. Dès lors qu’il y aurait une affectation publique, le renforcement des planchers et le respect de normes de sécurité imposées aux bâtiments publics feraient grimper la facture à au moins 19 millions pour l’ensemble de l’opération.

Ajoutons à cela que que nous n’avons aujourd’hui pas de projet concret d’affectation publique. Franz Weber aboie, mais n’a rien proposé depuis son opposition au projet de Christian Constantin. Lorsque nous avons annoncé en novembre que nous avions choisi Bernd Grohe comme partenaire, il n’a pas bougé une oreille.

Qui fait un cadeau à qui?

Si cette affaire était vraiment un cadeau, depuis le temps que les agences font savoir que le château est en vente, pourquoi n’y aurait-il pas eu d’offre plus intéressante? Il faut être réaliste. Le risque pris pour la rénovation est énorme, l’investissement impossible à rentabiliser. C’est pour cela que M. Constantin voulait une plus grande surface que Projet 109 (préavis 5/2007) et sans débourser un sou.

Lorsque la Municipalité a rencontré M. Constantin, après avoir annoncé que son choix se portait sur Bernd Grohe, l’architecte valaisan a déclaré avec fair-play: “Tant mieux pour vous si vous avez trouvé quelqu’un qui peut vous faire un cadeau.”

Il a fallu quatre mois de négocations pour arriver à un accord sur les actes de vente avec MM. Grohe et Gumy de Projet 109. Nous avons défendu au mieux les intérêts de la commune. Notamment en exigeant l’élaboration d’un plan partiel d’affectation (PPA), justement pour pouvoir maîtriser l’impact de la construction future et permettre au Conseil communal de se prononcer. Difficile d’être plus démocratique. Bernd Grohe prend un risque puisque il rénovera le Château sans être certain d’obtenir les droits à bâtir souhaités et concrétisés au travers du PPA.

Peu gourmand en énergie

Par rapport à l’offre de départ de Projet109, nous n’avons pas cédé un mètre carré supplémentaire de surface brute de planchers. Nous avons exigé un bâtiment au label Minergie qui tend à “Minergie Plus”, nous avons obtenu de pouvoir louer des locaux pour une garderie au même prix que celle prévue aux ACMV alors que la situation géographique du Rivage est particulièrement privilégiée.

Une large majorité du Conseil communal devrait comprendre l’enjeu de ce projet et en accepter les conclusions. En cas de référendum, le peuple devrait en faire de même. Il faut être conscient que si, par malheur, il échouait, nous repartirions de zéro. L’étude d’un projet public devrait prendre plusieurs années, pendant lesquelles le Château continuerait de se détériorer. Sans compter que nous devrions certainement faire des choix draconiens en matière d’investissements sans pouvoir contenir la dette.

Accusations sans fondement

Le tandem Chiffelle-Weber est un piège. Les deux trublions ont certes par le passé mené des combats utiles, mais là ils se trompent. Comment faire confiance sur ce dossier à quelqu’un qui salit l’image de la famille Grohe sans avoir vérifié les faits qu’il dénonce? M. Grohe a vendu son entreprise en 1999. Depuis, elle s’est revendue à Texas Pacific et Credit Suisse First of Boston. Eux seuls sont aujourd’hui responsables de la politique de l’entreprise que M. Grohe déplore car elle ternit l’image de sa famille.

Quant au frère de M. Grohe, il est exact qu’il vient de vendre le Château de Vincy plus cher qu’il ne l’avait acheté. Mais pourquoi ne dit-on pas qu’il a investit plusieurs dizaines de millions pour le rénover? S’il a fait un bénéfice, tant mieux pour lui. Il a pris un risque. Cela fait partie du jeu. Ajoutons qu’en cas de bénéfice à la revente, les gains immobiliers sont imposés.