Des citoyens sont mécontents des nuisances qui s’aggravent sur la place Robin et ses abords : Eric Bays, conseiller communal de Vevey Libre, s’est fait leur relais dans une interpellation à la Municipalité. Alors que le réaménagement définitif reste lointain, il demande des mesures pour améliorer le quotidien des riverains. Les réponses de la Municipalité sont à la fois «suffisantes» et et insuffisantes.
Plusieurs courriers signalent consommation d’alcool et de stupéfiants, bruit nocturne, déchets, altercations, occupation prolongée du mobilier urbain et sentiment d’insécurité. Les habitants dénoncent une dégradation de leur qualité de vie et un manque de réponses concrètes. Eric Bays souligne qu’ils comprennent les délais nécessaires à l’élaboration d’un projet urbain, mais pas que les nuisances quotidiennes restent sans réponse suffisante. Pour lui, une étude peut attendre. Une nuisance quotidienne, non.
UN CONSTAT CONTRASTÉ
La Municipalité rappelle le bilan favorable d’octobre 2024 : moins de nuisances routières, déplacements à pied et à vélo facilités, sécurité accrue pour les enfants. Végétalisation, mobilier et jeux étaient appréciés, malgré des réserves sur le stationnement, la vitesse des vélos et trottinettes et le bruit en soirée.
Depuis, elle reconnaît de nouveaux signalements de bruit, d’alcool, parfois de stupéfiants, et de déchets. La fermeture du terrain de Pra pour travaux pourrait avoir déplacé certaines présences vers la place. Selon elle, les personnes suivies par les structures sociales respectent généralement le voisinage ; les difficultés concernent plutôt d’autres publics, dont certains groupes de jeunes adultes. Elle relève aussi le succès des événements Spark accueillis en 2025 et 2026.
DES MOYENS RENFORCÉS
Dans son interpellation, Eric Bays s’interroge sur l’augmentation des nuisances et des interventions de police. Six courriers, dont un collectif, sont parvenus à la Ville depuis le 14 août 2026. La Municipalité les prend au sérieux et a pris langue avec les professionnels du quartier. L’Association Sécurité Riviera confirme une hausse de ses interventions par rapport à 2025.
La Ville a renforcé la présence quotidienne des travailleurs sociaux et assure un nettoyage chaque jour. Une permanence hebdomadaire de la Cohésion sociale doit ouvrir à l’Espace Bel-Air, où une rencontre avec la population est prévue. Un projet social et un plan d’action interservices sont en préparation.
Ces mesures suffisent-elles ? La Municipalité juge prématuré de considérer la situation comme stabilisée. Elle veut suivre le dispositif sur plusieurs saisons, selon la météo et les périodes scolaires.
L’URGENCE DU QUOTIDIEN
Eric Bays insiste sur les actions possibles sans attendre le réaménagement. La Municipalité étudie plusieurs pistes : repérer les pics d’incivilités, simplifier les signalements, adapter le mobilier et cibler le nettoyage. Tout déplacement du mobilier devrait s’accompagner d’un travail social pour éviter de reporter les problèmes ailleurs.
Sur le renforcement ciblé des interventions, elle rappelle les patrouilles de proximité et les contacts des travailleurs sociaux avec des groupes de jeunes. Pour les adultes vulnérables ou marginalisés, elle entend solliciter des partenaires spécialisés.
ÉVALUER AVEC LES HABITANTS
L’élu Vevey Libre demande d’associer les riverains au suivi. La Municipalité affirme, de son coté, miser sur la permanence, des contacts directs et l’observatoire social annoncé. Une consultation du quartier est prévue pour le réaménagement.
Eric Bays a interrogé la Municipalité sur les objectifs de convivialité, de sécurité et de qualité de vie. Celle-ci défend la plus-value des installations transitoires d’août 2024, conçues avec le quartier et primées par le Flâneur d’Or, tout en reconnaissant que les nuisances doivent être intégrées au projet définitif.
À sa demande d’une évaluation formelle avant de nouvelles dépenses, elle présente la phase transitoire comme un temps d’observation et d’adaptation. L’évolution des usages doit nourrir le projet, sans être nécessairement imputable aux aménagements.
DES RÉPONSES QUI NE LE CONVAINQUENT PAS
Eric Bays reste insatisfait. Il regrette l’absence de calendrier clair pour les prochaines actions et s’interroge sur la composition, le travail, le coût et l’efficacité de l’observatoire social annoncé comme il s’interroge sur l’efficience des travailleurs sociaux et les autres mesures placebo.
Pour le conseiller communal, expliquer les causes des nuisances ne suffit pas. Il craint que la collecte des données, leur analyse puis le choix des mesures retardent encore les réponses attendues. Il réclame des actions concrètes et rapides pour soulager le quotidien des habitants.

