Face à la pénurie de places en crèche, Jérôme Christen a demandé en septembre dernier une stratégie plus active auprès des acteurs privés et associatifs. Au nom du groupe Vevey Libre, il a regretté que la réponse municipale au postulat de Mickael Bertschy n’explorait pas suffisamment les possibilités de complémentarité entre structures publiques, associatives et privées.
Les chiffres consignés dans le rapport de la commission chargée d’étudier la réponse municipale illustrent l’ampleur des besoins : le taux de couverture de l’accueil préscolaire atteint 26 %, alors que l’analyse cantonale des besoins prévoit 43 % pour Vevey. Environ 200 enfants figurent sur la liste d’attente, avec des délais dès la naissance pouvant atteindre huit à douze mois. Une situation qui complique l’organisation professionnelle et familiale des parents concernés.
La Ville prévoit 99 nouvelles places : 44 à la Valsainte, annoncées pour 2027, et 55 à la rue des Moulins, à l’horizon 2030. Ces projets constituent une avancée, mais l’ensemble des places ne sera donc disponible que dans plusieurs années. Pour Vevey Libre, ce calendrier justifie d’examiner dès maintenant toutes les possibilités d’élargir l’offre.
C’était précisément l’objectif du postulat déposé par Mickael Bertschy au nom du mouvement. « Il demandait d’étudier concrètement la complémentarité entre les structures publiques, associatives et privées », a rappelé Jérôme Christen. Or, selon lui, la réponse municipale souligne surtout les difficultés et les risques du secteur privé, sans présenter d’étude comparative, de scénarios chiffrés ni de démarche proactive auprès d’éventuels partenaires.
La Municipalité défend l’accessibilité financière, la qualité et la pérennité de l’accueil. Elle souligne notamment les tarifs élevés et les surcoûts que peuvent entraîner certaines collaborations avec des exploitants privés. Elle se dit néanmoins disposée à examiner les projets qui lui seraient proposés. Une ouverture jugée insuffisante par Jérôme Christen : « Attendre qu’un acteur privé se manifeste spontanément ne constitue pas une véritable stratégie. »
L’élu a relevé qu’il avait été reconnu en commission que le modèle mixte est celui qui fonctionne le mieux. Mise à disposition de locaux, conventions, réservation de places ou enseignements tirés d’autres communes : ces pistes auraient dû, à ses yeux, faire l’objet d’un examen concret, permettant d’en comparer les coûts, les délais et les bénéfices pour les familles.
« Refuser cette réponse ne signifie pas vouloir privatiser l’accueil préscolaire », a insisté Jérôme Christen. Il s’agit de demander « une analyse plus complète et une stratégie plus active, afin d’apporter rapidement des solutions aux familles veveysannes ». Malgré cet appel, le Conseil communal a finalement accepté la réponse municipale et considéré le postulat comme réglé.
