10 septembre 2026
Face aux problèmes liés aux drogues, Vevey ne manque ni d’acteurs ni de plateformes ni de groupes de travail. Ce qui manque encore, c’est une vision globale, des indicateurs partagés et un calendrier à la hauteur de l’urgence. En réponse à l’interpellation de Sarah Dohr, la Municipalité annonce la mise en place d’un Observatoire social « courant 2027 ». Un outil nécessaire, estime la conseillère communale de Vevey Libre, mais dont la lente mise en œuvre interroge.

Drogues à Vevey : beaucoup d’acteurs, mais quels résultats?

Dans une interpellation consacrée à la politique communale en matière de drogues, Sarah Dohr avait adressé neuf questions à la Municipalité, portant notamment sur la politique menée par la Ville, sa coordination, les moyens engagés, l’évaluation de son efficacité et les résultats attendus du futur Observatoire social. Les réponses mettent en évidence un dispositif institutionnel particulièrement étoffé : plateformes, groupes de travail, task force, partenaires institutionnels et associatifs, mécanismes de coordination et consultations.

UN DIAGNOSTIC ENCORE FLOU

Plusieurs questions centrales restent pourtant ouvertes. La Municipalité ne précise notamment pas clairement si Vevey dispose d’une politique communale globale et formalisée en matière de drogues. Les indicateurs permettant d’en mesurer l’efficacité sont décrits comme « partiels et dispersés ». Quant au futur Observatoire social, ses moyens, ses objectifs précis et ses modalités de fonctionnement doivent encore être définis. Sa mise en œuvre opérationnelle est annoncée « courant 2027 ».

Pour Sarah Dohr, le principe de l’Observatoire ne fait pas débat : « Pour savoir ce qui fonctionne, il faut des données. Pour pouvoir comparer et mesurer, il faut des indicateurs. Et pour prendre de bonnes décisions, il faut connaître la réalité du terrain. » C’est la durée du processus qui interpelle la conseillère communale.

UNE COMPLEXITÉ QUI RALENTIT

Les institutions, les services et les acteurs concernés sont déjà connus. La plupart travaillent depuis longtemps sur différents aspects de la précarité, des addictions, de la sécurité ou de l’occupation de l’espace public. Lors de la séance du Conseil communal, la Municipalité a expliqué que leur coordination était rendue complexe par la multiplicité des services, des structures, des responsables et des modes de gouvernance. Sarah Dohr reconnaît cette complexité, mais estime qu’elle ne peut pas justifier une telle lenteur.

Les réalités auxquelles cette politique doit répondre n’attendent pas la création d’un nouvel outil administratif. Le trafic de rue, les addictions, la précarité et les nuisances dans l’espace public sont déjà visibles et font régulièrement l’objet de signalements d’habitants. « L’Observatoire sera certainement utile. Mais il ne faudrait pas qu’il devienne une raison supplémentaire d’attendre. La rue, elle, ne fonctionne pas selon le calendrier administratif », estime Sarah Dohr.

UN PARADOXE PERSISTANT

La conseillère communale résume avec une pointe d’ironie le paradoxe qu’elle décèle dans les réponses de la Municipalité : « Tout le monde travaille sur le problème, tout le monde se coordonne pour travailler sur le problème… et pendant ce temps, le problème, lui, travaille tout seul. »

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