Les perspectives financières de la ville de Vevey sont inquiétantes. Non pas à cause de la dette qui n’est certes pas négligeable, mais qui est compensée par un important patrimoine financier et immobilier. S’il y a quelque chose à faire décroître, c’est la vitesse à laquelle cette dette risque de se creuser. Or, les comptes communaux laissent perplexe. La marge d’autofinancement – soit l’argent qu’il reste pour financer les investissements après avoir payé les charges de fonctionnement – n’atteint que 3,2 millions alors que les charges d’investissement atteignent quelque 20 millions.

Et pourtant, l’année est faste en matière de recettes sur les personnes morales. Près de 29 millions de recettes contre les 19 millions budgetés. Qui dit recettes extraordinaires aurait dû signifier marge d’autofinancement extraordinaires. Que nenni, nos charges sont beaucoup trop élevées.
Le problème, c’est que ces fameuses recettes extraordinaires, elles sont liées à des impôts aléatoires et certaines ne se reproduiront pas, d’autres sont incertaines.
Au nom du groupe Vevey Libre, son président Jérôme Christen a expliqué que « si l’on mettait ceci en regard avec le budget 2025, il y avait de quoi prendre peur. Nous avons en effet tablé sur de recettes de 37,5 millions, soit dix millions de plus que cette année, dont du rattrapage qui a déjà eu lieu cette année et qui ne se produit qu’une seule fois, tandis que nos charges, elles, sont pérennes. C’est d’autant plus préoccupant que parallèlement, nous avons engagé des investissements importants qui ne pourront pas être couverts par la marge d’autofinancement. Nous devons nous attendre plus que jamais à des années difficiles. Nous espérons que la Municipalité et ce Conseil communal finiront par en prendre conscience et prendront les mesures qui s’imposent, car l’heure est grave. »
Les finances doivent aussi être gérées de manière durable. Le débat budgétaire de décembre prochain s’annonce d’ores et déjà épique.
