Les classes veveysannes seront finalement dotées d’écrans numériques. La demande de crédit a été adoptée à la raclette le 19 mai par 40 oui contre 36 non et 2 abstentions. Après un premier refus il y a un an, la Municipalité est revenue à la charge. Au lieu de viser les élèves de la 3e à la 6e année, l’investissement était cette fois ciblé sur les années 5P à 11S. La somme prévue, soit environ 540’000 francs, est légèrement inférieure à celle demandée l’an dernier. Le débat a été vif et le vote serré. Vevey Libre, le PLR, l’UDC, les Vert’libéraux-Le Centre et le PS ont soutenu un projet combattu par Décroissance-Alternatives, Les Verts et quelques élus du PS et un Libre. En Avant Vevey s’y est aussi opposé, mais une minorité de ses élus étaient présents au moment du vote.
Vous trouverez ci-après le point de vue du conseiller communal Nicolas Bonjour, qui représentait l’avis largement majoritaire de Vevey Libre qui estimait qu’il fallait faire confiance aux professionnels de l’éducation pour un enseignement numérique adapté et intelligent et celui, minoritaire, du conseiller communal et député Jérôme Christen, qui s’en est surtout pris à l’Etat de Vaud qui continue d’aspirer les finances communales et qui pêche par l’absence d’une politique cantonale claire en matière d’éducation numérique.

Il ne faut pas confondre outil pédagogique et éducation numérique. Dans notre situation, nous parlons bien d’équiper nos salles de cours d’UN seul équipement pédagogique nécessaire, obligatoire et approuvé par les utilisateurs – les enseignants et les autorités cantonale ! Un refus, ce serait un refus de donner les outils nécessaires à nos établissements et de refuser de les mettre au niveau des établissements environnants. C’est l’enseignant qui a la maîtrise de l’outil pour lui faciliter la pratique de son métier et également offrir d’autres perspectives qu’un tableau noir fixe et statique qui ne disparaîtra de toute façon pas. De plus, soutenons nos établissements et nos enseignants, qui sont déjà mis à rude épreuve dans des collèges qui sont à bout de souffle (selon le préavis dernièrement déposé pour leur rénovation), Refuser c’est certainement perdre de bons éléments dans nos établissements et de rendre le recrutement plus difficile. La lettre lue et les personnes présentes ce soir sont la preuve du besoin des professionnels d’être équipés.

Sur le fond, en équipant toutes les classes, on numérise l’éducation. Or pour permettre aux élèves de bien appréhender l’évolution numérique et en déjouer les pièges, c’est d’éducation numérique dont vous avons besoin. Et à ce sujet, l’Etat de Vaud n’a toujours pas exposé sa vision. Or une étude PISA menée par l’OCDE en 2015 relève que la plus-value pédagogique de l’école numérique n’est pas démontrée et montre une corrélation entre les pays qui ont misé sur le numérique à l’école et ceux qui ont vu les performances de leurs élèves diminuer. Il ne s’agit pas de refuser les innovations technologiques mais de les utiliser dans de bonnes conditions. Sur la forme, cela fait de nombreuses années que les communes se laissent danser sur le ventre sur le plan financier. On ne peut pas continuer sur cette voie. Tant que nous n’aurons pas avancé dans les négociations avec l’Etat de Vaud, nous ne devrions pas entrer en matière sur des nouvelles charges pour les communes, soit ne pas ajouter à la facture sociale une facture numérique!
