18 avril 2026
Aux Transports publics Vevey–Montreux–Chillon–Villeneuve (VMCV), le fossé se creuse entre les déclarations officielles relayées par la Municipalité - lors de la séance du Conseil communal de décembre dernier - et la réalité vécue par le personnel.

VMCV: une crise persistante derrière un discours rassurant

Aux Transports publics Vevey–Montreux–Chillon–Villeneuve (VMCV), le fossé se creuse entre les déclarations officielles relayées par la Municipalité – lors de la séance du Conseil communal de décembre dernier – et la réalité vécue par le personnel. Malgré des réponses se voulant rassurantes à une interpellation de Jérôme Christen, de nombreux éléments témoignent d’un malaise persistant, touchant à la fois les conditions de travail, la sécurité et la gouvernance de l’entreprise.

La taille modeste du groupe AGIR qui regroupe des chauffeurs contestataires illustre surtout un climat de peur au sein de l’entreprise. Plusieurs licenciements sont intervenus après des dénonciations de dysfonctionnements internes, tandis que d’autres employés ont quitté les VMCV ces derniers mois. Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que peu de chauffeurs osent s’exprimer publiquement, même si les constats d’AGIR correspondent largement à ce que vivent nombre de leurs collègues au quotidien.

Les contradictions en matière de sécurité sont particulièrement révélatrices. Lors du Montreux Jazz, des consignes internes invitaient les conducteurs à klaxonner aux passages piétons pour progresser dans la foule, une pratique contraire au droit et potentiellement dangereuse pour les visiteurs. À l’occasion de Noël Riviera, les directives ont été inversées, interdisant strictement le klaxon. Cette absence de ligne cohérente interroge. De même, la surcharge des bus durant le festival, d’abord niée, a finalement conduit à la mise en service de véhicules en doublon, confirmant la réalité du problème.

Les conditions de travail demeurent un autre point de crispation. Les améliorations annoncées, présentées comme une plus grande flexibilité, restent en grande partie théoriques. Les mêmes difficultés se répètent d’année en année : horaires fluctuants, relèves trop courtes, déplacements à vide, pression accrue sur le personnel. Les congés garantis, mis en avant comme un progrès, relèvent pourtant d’une obligation légale. Quant à l’enquête de satisfaction interne, avec une participation limitée, elle est jugée peu représentative.

Sur le plan managérial, si la communication institutionnelle s’est professionnalisée, la culture de gouvernance, elle, n’a guère évolué. Le manque d’écoute et un climat de contrôle permanent continuent d’être dénoncés. Des problèmes pourtant reconnus depuis longtemps restent non résolus, comme l’absence de toilettes à certains terminus, notamment à Rennaz Hôpital, une situation qualifiée d’inadmissible il y a deux ans déjà.

Plusieurs dossiers sensibles alimentent encore les interrogations. Un accident survenu à La Tour-de-Peilz fait l’objet d’une procédure judiciaire, alors même que la Municipalité affirme qu’aucun accident n’a eu lieu. Dans un autre cas à Montreux, un conducteur n’était autorisé médicalement à ne travailler qu’à 50 %. Mais son activité a été planifiée à 100% sur plusieurs jours de travail consécutifs. Cela soulève de sérieuses questions sur le suivi de la santé du personnel. Des zones d’ombre subsistent également autour d’un cas de harcèlement et de son règlement, ainsi que sur les licenciements litigieux d’agents de propreté ayant conduit à des indemnisations importantes.

Enfin, la transparence financière et institutionnelle est pointée du doigt. Les communes propriétaires ne disposent ni des comptes détaillés ni des rapports des audits et enquêtes internes pourtant menés depuis 2021. Les statuts de l’entreprise, censés avoir été modifiés en 2022, restent introuvables. Dans une entreprise largement subventionnée, ces manques interrogent. Les représentants des communes au sein du Conseil d’administration sont donc invités à reprendre fermement la main afin de restaurer la confiance, améliorer les conditions de travail et préserver un service public régional essentiel.

2 réflexions sur « VMCV: une crise persistante derrière un discours rassurant »

  1. Il s’agirait d’aller poser des questions autre qu’au groupe agir.Nous avons un syndicat venez donc leur poser des questions pas a un groupe avec qui vous êtes amis qui n’a aucun pouvoir syndicale.
    Bien a vous.

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