Le Mouvement Vevey Libre a toujours, depuis sa création, essayé de créer des ponts et de travailler dans la nuance pour le bien de la Ville de Vevey. Il n’en demeure pas moins que les débats, au sein du groupe, sont nourris. Pour certains sujets, le mouvement ne réussit pas à se mettre d’accord. Ce qui est le cas pour le référendum sur la vidéosurveillance. Sarah Dohr explique pourquoi il faut accepter le projet municipal et Jérôme Christen défend son refus.
Ce qui me rassure, en tant que Présidente du mouvement Vevey Libre, c’est que nos représentants, qui sont dans les deux camps, sont d’accord sur un certain nombres de points, les voici :
Insécurité latente : le sentiment d’insécurité autour de la gare est réel et partagé.
Trafic de drogue : reconnu comme un problème croissant, nécessitant une réponse urgente.
Politique des quatres piliers : la prévention, la prise en charge, la répression et la réduction des risques.
Cadre légal : les images ne sont utilisées qu’en cas de dénonciation ou plainte pénale, ou d’indices concrets.
Efficacité : possible déplacement du trafic, mais doute sur un effet réel à long terme.
En résumé, les deux camps s’accordent sur la gravité du problème d’insécurité et de trafic de drogue à Vevey, ainsi que sur la nécessité de mesures complémentaires pour y faire face. Ils reconnaissent également les limitations légales et les coûts associés à la vidéosurveillance.
“Oui à la sérénité”
Le préavis, soutenu par la grande majorité de la Municipalité et du Conseil communal, propose plusieurs mesures pour renforcer la sécurité à Vevey, dont la vidéosurveillance dissuasive. L’accent a toujours été mis sur la politique des quatre piliers : prévention, prise en charge, répression et réduction des risques.
Le sentiment d’insécurité autour de la gare est une préoccupation majeure. Il est essentiel d’y répondre avec des moyens concrets. Le renforcement de l’éclairage public et le recrutement de TSP (travailleurs sociaux de proximité) professionnels s’ajoutent au dispositif de vidéosurveillance.
Les acteurs concernés, comme l’ASR (Association sécurité de la Riviera) et les TSP, soutiennent ce dispositif, qui vise à prévenir le trafic de drogues, les incivilités et autres délits. Ce n’est pas une surveillance permanente : elle est strictement encadrée par la LPrD (loi sur la protection des données) et le règlement intercommunal de l’ASR. Les images sont conservées 7 jours et ne peuvent être consultées qu’en cas de plainte, dénonciation pénale ou indices concrets d’un acte punissable, par des autorités habilitées. Elles peuvent notamment être utilisées en cas d’infraction à la LStup (loi sur les stupéfiants).
Ce sont des dépenses modestes pour protéger l’ensemble de la population, y compris les personnes les plus fragiles, particulièrement exposées aux effets du trafic. Et si cette mesure ne donne aucun résultat, elle pourra être retirée.
La Commune a déjà assumé des pertes bien plus importantes, comme pour un collège jamais construit. Ici, on propose une action mesurée et réversible.
Si nous n’agissons pas maintenant, nous risquons de devoir tolérer encore longtemps le trafic devant la gare, faute d’autres leviers disponibles à l’échelle communale.
Soyons courageux. Votons oui, et observons les effets.
Agir pour agir, ou agir pour réussir ?
Le trafic de drogue de rue est insupportable, et cette impuissance à sanctionner les « marchands de mort » l’est tout autant. Mais la vidéosurveillance, telle que proposée, n’y changera rien. Ce projet ne vise qu’à rassurer la population sous pression, sans effet réel.
Les caméras ne seront pas visionnées en direct : notre cadre légal l’interdit. Les images seront regardées uniquement après une plainte, sur décision du ministère public, dans un délai de 7 jours — puis détruites. On verra deux personnes échanger quelque chose, sans pouvoir prouver qu’il s’agit de substances illicites. Résultat : aucune preuve, aucune sanction. Et tout le monde le sait, les trafiquants comme les consommateurs. Le trafic sera peut-être un peu dérangé, mais il se déplacera simplement ailleurs. Il a déjà commencé à essaimer dans d’autres quartiers.
Peut-on vraiment investir autant pour se donner bonne conscience ? Est-ce cela, notre seule réponse ?
Les vraies solutions sont ailleurs : Prévention, pour éviter les consommations. Prise en charge, pour aider ceux qui y sont tombés. Répression, avec une présence policière renforcée, comme à Bex il y a 20 ans.
Ces leviers relèvent du Canton, de la Confédération et de partenaires comme l’ASR (Association sécurité Riviera). La Ville doit continuer à faire pression, comme elle l’a fait récemment avec une réponse de l’État de Vaud.
Et que dire de la Police judiciaire fédérale, dont les moyens sont insuffisants ? Son chef, Yanis Callandret, l’a rappelé : seuls 200 postes ont été engagés sur les 400 prévus, faute de budget.
Refusons un dispositif inefficace, coûteux et illusoire. Soutenons des mesures véritablement utiles.



