Parking sous la place du Marché: Un projet coûteux et démodé

“Une première fissure à la Municipalité de Vevey” titrait 24 Heures le 4 novembre faisant état de mon opposition au projet de parking sous la Place du Marché. Les titres font lire les journaux, il faut donc parfois forcer le trait. Mais rassurez-vous, il règne une bonne entente au sein de la Municipalité et on ne peut pas parler de dissension, mais plutôt de divergences de vue sur un objet en particulier. Le contraire eut tout de même été étonnant dans un exécutif tricolore (VL, PS, LIB) et où le PS dispose de la majorité absolue.

Une première rupture de collégialité après quatre mois de fonctionnement, c’est mal parti, diront certains. Pourtant si l’on y regarde de plus près, c’est parfaitement logique: la Municipalité vient d’établir son programme pour les cinq ans à venir. Si ce n’est pas maintenant qu’un municipal doit affirmer ses divergences de vue sur un objet fondamental, quand donc pourra-t-il le faire? En l’occurence, ce projet figera l’avenir de la place du Marché pour au moins une cinquantaine d’années et se trouve en contradiction avec une vision urbanistique moderne. Il m’est donc apparu essentiel d’afficher clairement mon point de vue sur un objet aussi fondamental pour l’avenir de notre ville. Qu’aurait-on dit si, après avoir dépensé encore plusieurs dizaines de milliers de francs en études, dans une année environ, j’aurai fini par déclarer que, dès le début, je ne croyais pas à ce projet…

Voilà pour la forme. Maintenant sur le fond, quels sont ses avantages et ses inconvénients:

Avantages

  • esthéthique, avec la disparition de la mare de voitures
  • maintien des possibilités de parcage lorsque la place est occupée par une manifestation
  • possibilité de mettre en valeur un immense espace et d’en faire un lieu convivial.

Inconvénients

  • opération coûteuse: 50’000 francs la place alors que le coût communément admis se monte à 35’000 francs la place. Ce prix s’explique notamment par les difficultés techniques liées à la proximité du lac. Inévitablement, les tarifs du futur parking seraient donc élevés.
  • augmentation de l’endettement de la ville de 18 millions. Sauf en cas de réalisation privée. Mais le PS qui détient la majorité au sein de la Municipalité y est opposé. A noter que cela générerait une perte annuelle pour la commune de près d’un million (non-encaissement des parcomètres et des amendes d’ordre)
  • diminution importante du nombre de places de parc de 440 à 330 places (selon les intentions de la Municipalité, il y aura 280 places souterraines et une cinquantaine seraient conservées en surface)
  • fin de la gratuité du parcage durant la nuit et lors de jours fériés
  • importantes contraintes d’aménagements liées la présence annuelle du cirque et de la Fête des vignerons tous les 20-25 ans, ainsi que la nécessité de conserver la vue sur le lac
  • création d’un immense espace vide difficile à faire vivre sans un gros budget d’animation, d’autant plus qu’il y a de nombreux autres espaces publics tels que les quais et les Jardins Doret, Roussy et du Rivage.
  • Inconvénients liés à un giga-chantier d’une durée d’au moins un an (fragilisation des commerçants de la vieille ville)

Réduisons plutôt légèrement l’emprise de la voiture sur la place du Marché pour agrandir les terrasses des restaurants à l’ouest (Cep, Genève,Raisin), au nord (Bois d’Amour) et à l’est (Riviera Lodge). Cela permettra également de réaliser un aménagement convivial digne de ce nom au sud de place. En compensation, de nouvelles possibilités de parcage souterraines pourraient être créés au nord de la Gare CFF sous le Parc & Rail actuel et sous la chaussée de la Ginguette, à quelques pas du centre.