8 août 2026

Discours prononcé lors de la soirée du corps enseignant du jeudi 5 juillet 2007

Chers enseignantes et enseignants, Mesdames et Messieurs,

Même si aucun projet de réforme scolaire n’est venu troubler la bonne marche de l’école, cette année scolaire n’aura pas été pauvre en événements, surtout à son début.

En septembre déjà, le DFJ mettait en consultation la révision de la Loi scolaire dans le but notoire de rendre obligatoire les deux années d’école enfantine dès la rentrée scolaire 2008-2009. Alors que la polémique sur les caméras dans les cours d’école n’était pas encore tout à fait terminée, commençait celle sur la tenue vestimentaire et l’introduction de l’uniforme à l’école que le syndicaliste Jacques Daniélou présentait dans l’Educateur comme le hochet de la rentrée scolaire.

En octobre, on apprenait avec soulagement que les diplômes de la HEP vaudoise, étaient désormais tous reconnus, sans conditions, également avec effet rétroactif. La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique prenait également acte du fait que les différentes théories pédagogiques (enseignement frontal, comportementalisme, socio-constructivisme) n’étaient pas présentées aux étudiants comme des véritées absolues, mais comme des outils à disposition à utiliser à bon escient.

Cela n’était toutefois pas suffisant pour rassurer les détracteurs d’EVM qui, après avoir vu tomber Jean-Jacques Schwaab et Francine Jeanprêtre espéraient que le tour d’Anne-Catherine Lyon était venu à l’occasion des élections de mars 2007. Ils ont été déçus. La patronne de l’école vaudoise s’en est sortie avec les honneurs. Même si certaines de ses décisions et son approche consensuelle ont parfois été contestées dans le milieu des enseignants, il n’en demeure pas moins que vous conviendrez avec moi qu’un échec aurait de nouveau troublé la bonne marche des écoles vaudoises.

Pour en revenir à la question de l’uniforme à l’école, le parlement vaudois ayant pris un tel retard dans le traitement de certains dossiers, il aura fallu attendre la mi-juin 2007 pour savoir si les écoliers vaudois seraient contraints ou non “d’aller se rhabiller.” Le verdict des députés est clair: l’école ne doit pas être un lieu neutralisé qui estompe les différences. Il faut au contraire apprendre aux élèves de vivre avec ces différences. Si elles peuvent poser parfois problème lorsqu’elles symbolisent les disparités sociales, très souvent, elles constituent la richesse multiculturelle de notre société et permettent aux enfants d’affirmer leur identité.

Dans tous les cas, tôt ou tard, ils devront apprendre à vivre avec des différences, dès lors qu’y a-t-il de mieux que le cadre scolaire pour comprendre et apprendre à gérer la problématique de l’apparence et des dérives commerciales.

Pour ce qui est du service de l’éducation de la commune de Vevey, je souhaite relever l’aboutissement de trois dossiers principaux:

Primo, le renouvellement de la convention qui lie la commune aux médecins-dentiste pour les contrôles dentaires. Désormais, ce sont eux qui devront courir après les mauvais payeurs.

Secundo, la révision du règlement pour le remboursement de frais de repas des élèves de la scolarité obligatoire qui sont amenés à fréquenter un établissement en dehors de Vevey. La direction de l’Education a proposé un système qui encourage les élèves à manger le plus sainement possible, en les incitant à recourir aux réfectoires scolaires, le cas échéant aux établissements publics plutôt qu’à des pique-niques mal équilibrés.

Tertio, la direction de l’Education a entrepris une visite générale des bâtiments scolaires, en collaboration avec la direction de l’Urbanisme et des constructions, afin de déterminer les travaux de réfection à entreprendre en priorité dans le courant de l’été. Même s’il y a forcément des déçus, cette visite aura permis d’avoir une vision globale afin de mieux dégager les priorités. Cette année encore, en raison d’un nombre considérable de visites de bâtiments à effectuer, c’est encore au dernier moment que les directeurs ont été informés du choix effectué par la Direction de l’Urbanisme et des Constructions. Mais ce travail est un investissement sur les années à venir et gageons que l’an prochain, nous serons au point plus tôt.

Pour conclure, j’aimerais tous vous remercier, au nom de la Municipalité, pour tout le travail accompli au cours de l’année scolaire écoulée. Votre métier devient toujours plus exigeant. Nombreux sont les élèves qui ne bénéficient pas d’un encadrement familial idéal et qui vous donnent du fil à retordre. Les parents également ont des revendications qui compliquent passablement votre tâche.

Nous vous sommes gré de continuer à exercer votre métier avec rigueur, enthousiasme et dans la bonne humeur. Et pour vous aider à faire preuve de diplomatie, je souhaite vous donner quelques tuyaux extraits du petit lexique du “Politiquement correct” de l’enseignant. (à utiliser lors des entretiens avec les parents, ou pour remplir les livrets scolaires). L’auteur est inconnu, mais ne manque pas d’humour.

On ne doit plus dire… mais on doit dire… :

  1. “Il est très paresseux”, mais “Il ne présente aucune appétence génétique manifeste pour le travail scolaire et se montre réfractaire à toute dépense d’énergie intempestive.”
  2. “Il est fainéant”, mais “Il manifeste un léger déficit de motivation induisant une phase de repos intellectuel qui n’est probablement que temporaire.”
  3. “Il ne fait rien”, mais “On ne trouve nulle trace concrète, ni virtuelle, de son activité débordante, mais sa volonté de bien faire commence à devenir perceptible.”
  4. “Il est nul”, mais “Les objectifs pédagogiques sont inadaptés à ses potentialités mais sa marge de progression n’en demeure pas moins substantielle.”
  5. “Il est bête”, mais “Ses connexions cervicales ne sont pas encore toutes assurées mais le processus de réflexion devrait connaître un déblocage imminent.”
  6. “Il dort en classe”, mais “Il connaît un léger décalage horaire et son horloge biologique semble réglée sur l’heure estivale de l’hémisphère sud.”
  7. “Il fait le clown”, mais “Son sens inné de la plaisanterie le conduit à distraire ses camarades et à animer le cours sans se soucier de l’ordre établi.”
  8. “Il monte sur les tables”, mais “Il recherche le meilleur point de vue panoramique en tentant d’oxygéner d’avantage les cellules de son cerveau afin d’augmenter sa productivité.”
  9. “Il est violent”, mais “Son instinct possessif et revendicatif le pousse à des actes impulsifs qu’il regrette immédiatement malgré ses récidives chroniques.”
  10. “Il est pris en grippe”, mais “Il est victime d’un déficit affectif de la part de la maîtresse qui ne concentre pas toute l’attention nécessaire à son égo.”

Sur cette note humour, je vous souhaite un bel été.