Discours aux élèves et aux parents lors de la journée des promotions du vendredi 6 juillet 2007

Le traditionnel discours des promotions est surtout l’occasion d’adresser un message aux élèves, puisque j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer hier soir devant les enseignants. C’est le moment, où je souhaite, en temps que Municipal de l’éducation, adresser un message d’encouragement ou une réflexion sur leur avenir aux élèves qui terminent ou sont proches de terminer l’école obligatoire.

Cette année, j’aimerais vous parler du temps, pas du soleil qui va faire sa réapparition, mais ce temps qui passe, celui qui manque, celui qui file top vite à notre goût. Ce temps qui est précieux et qu’il convient d’utiliser à bon escient. Et pour cela, j’aimerais partager avec vous tous cette histoire d’un auteur inconnu:

Cela se passe en France il y a quelques années. Un vieux professeur de l’École Nationale d’Administration Publique fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.

Ce cours constituait l’un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour “faire passer sa matière”.

Ce groupe d’élite était prêt à noter tout ce que l’expert allait lui enseigner. Le vieux prof, debout face à eux, les regarda un par un, lentement, puis leur dit: “Nous allons réaliser une expérience”.

Il pris – sous la table qui le séparait des élèves – un immense pot de verre de plus de 4 litres qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda:

“Est-ce que ce pot est plein?”.

Tous répondirent: “Oui”.

Il attendit quelques secondes et ajouta: “Vraiment?”.

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question:

“Est-ce que ce pot est plein?”. Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.

L’un d’eux répondît: “Probablement pas!”.

“Bien!” répondît le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda: “Est-ce que ce pot est plein?”.

Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves répondirent:

“Non!”.

“Bien!” répondît le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’a ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda: “Quelle grande vérité nous démontre cette expérience?”

Le plus audacieux des élèves, songea au sujet de ce cours et répondît: “Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire”.

“Non” répondît le vieux prof. “Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante:

“Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite”.

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.

Le vieux prof leur dit alors: “Quels sont les gros cailloux dans votre vie?”

“Votre santé?”

“Votre famille?”

“Vos ami(e)s?”

“Réaliser vos rêves?”

“Faire ce que vous aimez?”

“Apprendre?”

“Défendre une cause?”

“Vous relaxer?”

“Prendre le temps…?”

“Ou… tout autre chose?

“Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même, la question:

“Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?”

Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)”

D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et quitta lentement la salle.

Vous allez bientôt progressivement être amenés à gérer totalement votre temps de manière autonome, dans quelques jours, dans un ou deux ans. Soit parce que vous serez dans la vie active, soit parce que vous poursuivrez votre cursus scolaire, mais dans un contexte forcément moins rigide que celui que vous avez connu à l’école obligatoire. En dépit de toutes les contraintes et de toutes les difficultés, quelle que soit la voie choisie, vous aurez tous la possibilité de saisir la chance qui permettra de vous épanouir.

Faire les bons choix avec passion et engagement permet de soulever parfois des montagnes. Dans quelque secteur d’activité, à tous les échelons de la société, vous verrez qu’apprendre c’est comprendre, et que celui qui n’essaie pas de comprendre le monde qui l’environne ne peut pas s’épanouir aussi pleinement car il n’a pas la même capacité d’échange avec les autres. Je suis convaincu que vous êtes tous capables d’apporter un démenti cinglant à tous ceux qui prétendent que le niveau baisse qu’il n’y a plus de rigueur, ni de sérieux.

Votre réussite résidera dans votre capacité à voir les cotés positifs en toutes circonstances, à être curieux à remettre en question, à faire preuve d’initiative et de créativité. Et vous parents, faites confiance à vos enfants qui veulent sortir des sentiers battus, faire un autre choix que celui que vous auriez fait, certes, après qu’ils aient bien mesuré avec vous les risques encourus par leur choix. N’oubliez pas que la motivation permet des choses formidables, la démotivation, elle mène à l’échec.

Je vais m’arrêter ici, pour éviter de vous lasser, ce qui me permet de faire une transition avec une perle issue d’examens scolaires il y a quelques années: Le futur du verbe “je baille” est “je dors”.

Au nom de la Municipalité, je vous souhait une bonne journée, un bel été, une bonne route et tous mes vœux de succès pour la suite.